lundi 3 décembre 2012

Royaume-Uni — Les Britanniques favorables à l’enseignement du christianisme à l’école

Selon un sondage YouGov réalisé sur un panel représentatif de 1 832 personnes pour l’Université d’Oxford, 64 % des Britanniques pensent que le christianisme doit être enseigné à l’école afin d’aider les enfants à bien comprendre l’histoire du Royaume-Uni.

Cinquante-sept pour cent des sujets de sa Majesté pensent aussi qu’une bonne compréhension du christianisme est essentielle pour permettre aux plus jeunes d’appréhender la culture et le mode de vie britanniques.

En outre, 44 % souhaitent par conséquent qu’une plus grande attention soit accordée à son enseignement dans l’éducation religieuse dispensée à l’école. Mais 37 % s’inquiètent du manque de connaissances des enseignants sur le christianisme…

Plus de la moitié des Britanniques interrogés pensent qu’il est important que les enfants connaissent l’histoire du christianisme (58 %), les grandes fêtes chrétiennes (56 %) et la façon dont cette religion distingue le bien du mal (51 %).




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samedi 1 décembre 2012

Impasse sur les années SIDA dans le film Les Invisibles

C'est aujourd'hui la journée mondiale du sida. En France, un film Les Invisibles est sorti le 28 novembre. Il a été adulé par les gros médias conformistes : « un film sur l'homosexualité piquante et assumée » ou encore « Poignant et bouleversant ».

Petit débat autour du film et pourquoi celui-ci fait l'impasse sur les années SIDA, le choix comme témoins de vieillards sympas, l'occultation des aspects les plus sordides (les backrooms). Pour Éric Zemmour, il s'agit d'un film de propagande qui vise à faire des homosexuels de nouveaux héros.






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vendredi 30 novembre 2012

L'école de l'État « n'a pas suffisamment travaillé sur les mentalités »

Remarques franches de la part de la ministre française des Droits des femmes.

« C'est le rôle de l'école que de véhiculer des valeurs, c'est le rôle de l'école de venir contrecarrer que la société envoie en permanence qui sont des messages d'inégalités, de stéréotypes. L'école trop souvent conforte les schémas et les stéréotypes nous lui demandons de les contrecarrer ».

L'inégalité est d'abord la différence (tant valorisée par ailleurs) entre l'homme et la femme. Les stéréotypes la culture. La ministre veut changer la mentalité et la culture des élèves captifs de l'État.

Afin de lutter contre ces prétendues inégalités, un enseignement idéologique supplémentaire, cette fois à l'égalité entre les filles et les garçons va être mis en place « dès la dernière section de maternelle jusqu'à la fin de la primaire ». Cela doit être mis en œuvre dans cinq académies [grandes commissions scolaires] différentes à titre expérimental dans les mois à venir, « puis généralisé l'année suivante ».

« On est en 2012, on regarde les chiffres, tout est inscrit dans la loi et pourtant les inégalités sont bel et bien là. On est très loin du compte. L'égalité réelle, c'est une génération dans laquelle on va regarder pourquoi les lois ne s'appliquent pas, on rentre dans le dur des choses. On comprend très vite que les lois ne s'appliquent pas parce que on a eu beau adopter des textes on n'a pas suffisamment travaillé sur les mentalités. Ce qui est a la racine des inégalités, c'est un certain nombre de stéréotypes, de constructions qui enferment chaque sexe dans un rôle préétabli ».

L'indifférenciation donc comme dernier Grand Soir...

Rappelons cette autre idée de cette ministre de la gauche sociale pour banaliser l'homosexualité à l'école. Pour cette ministre des Droits des femmes (des femmes!) il faut mentionner systématiquement l'orientation sexuelle des personnages historiques dans les manuels, enfin uniquement le mentionner quand ils sont des homosexuels :
« Aujourd'hui, ces manuels s'obstinent à passer sous silence l'orientation LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) de certains personnages historiques ou auteurs, même quand elle explique une grande partie de leur œuvre comme Rimbaud. »
Pour Le Nouvel Observateur, de gauche, cette petite phrase n’aurait pas tant fait réagir, si la porte-parole du gouvernement avait fait l’économie d’un mot. Un seul. L’adverbe "même". Parce que, s’il paraît normal d’évoquer l’homosexualité d’un auteur ou d’un personnage historique dès lors que son orientation sexuelle éclaire son œuvre ou la trajectoire d’un personnage, pourquoi s’y intéresser dans le cas où cela n’aurait eu aucune incidence connue ? Car, en plaçant l’adverbe "même", Najat Vallaud-Belkacem entend bien systématiser cette mention, même si cela ne venait pas à éclairer le passage enseigné.




« Ils ne savent pas quoi faire pour rétablir la compétitivité industrielle de la France, mais ils veulent changer les programmes. C'est toujours la même chose. Je rassure la ministre : les livres sont déjà de la propagande. Ça continue. Ils veulent faire la promotion de l'homosexualité. »


Voir aussi

Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre





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jeudi 29 novembre 2012

Autriche — son école et son plein emploi







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Des garderies poursuivent l'État pour concurrence déloyale

Des propriétaires de garderies privées non subventionnées se préparent à déposer une requête en recours collectif contre le ministère de la Famille qu'ils accusent de concurrence déloyale.

Le 12 novembre dernier, le ministère de la Famille a donné le feu vert à la création de 13 000 places en garderies d'État, annoncées en 2011 par le gouvernement Charest, en plus de s'engager à lancer un appel d'offre pour 15 000 places supplémentaires, en février prochain.

Le gouvernement péquiste a indiqué que ces places fortement subventionnées à 7$, seront toutes accordées à de nouveaux CPE (garderies d'État). Cette décision pourrait fort probablement être néfaste pour les 600 garderies privées non subventionnées de la province.

«Malheureusement, nous perdrons des enfants. Nous en perdons aussitôt que les parents ont un appel pour une place à 7$», a exprimé Jaleh Raissi, propriétaire de deux installations privées, situées sur la Rive-Sud de Montréal.

Elle a souligné que dans des établissements non subventionnés, ce sont les parents qui paient 100 % de la note, de 35 $ à 38 $ par jour selon les garderies. « Ils peuvent recevoir un crédit d'impôt du gouvernement couvrant une partie de la somme. Mais plusieurs n'ont rien parce que leurs revenus sont trop élevés », a-t-elle poursuivi.

L'Alliance des garderies privées non subventionnées pilote le projet de recours collectif au nom des propriétaires d'établissements non subventionnées comme Jaleh Raissi. « Nous avons fourni un service pendant de longues années et le gouvernement vient de nous bannir du système », a déclaré Khalid Daher, président de l'Alliance et propriétaire de la garderie Joyeuses Marguerires.

L'homme travaille avec un cabinet d'avocats montréalais pour préparer le dépôt de la requête en recours collectif. Selon lui, la poursuite sera intentée le plus rapidement possible, en 2013.

L'Alliance veut réclamer obtenir des dédommagements en raison des préjudices subis par l'écartement des appels d'offres et la concurrence déloyale du gouvernement. L'annulation de l'appel d'offre en cours et des subventions pour les garderies non subventionnées seront également réclamées.

« Sinon, ce sera la fin pour nos garderies parce que nous allons perdre encore plus d'enfants. Nos taux d'occupation oscillent déjà de 55 % à 66 % », a déploré M. Daher, soulignant que plusieurs propriétaires ont investi de 500 000 $ à plus d'un million dans leur garderie. Le pire, c'est qu'environ 600 garderies privées sont actuellement subventionnées dans la province pour offrir des places à 7 $.







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Québec — chômage des immigrés africains et arabes à 21,3 %


En 2011, le taux de chômage des nouveaux arrivants venus d’Afrique ou du Moyen-Orient s’élevait à 21,3 % alors que celui de travailleurs venus d’Europe se situait à 9,4 %. Au Canada, le taux de chômage atteignait 5,5 %.

Les nouveaux arrivants ont davantage de difficulté à trouver un emploi. Le taux de chômage des immigrants établis au Québec se situait à 12,4 % en 2011 tandis que celui des natifs du Québec atteignait 7,0 %.

Les immigrés gagnaient en moyenne 63 % du salaire moyen des Canadiens en 2006, contre 85 % en 1985.

Au Québec, parmi les immigrants, ceux ayant obtenu leur dernier diplôme au Canada affichent le taux de chômage le plus faible (8,5 % en 2009), soit seulement 0,9 point de plus que celui des natifs.

Liens connexes

L'immigration essentielle pour combler le manque de travailleurs au Québec... Vraiment ?

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Le Québec reçoit-il trop d'immigrants ? L'immigration profite-t-elle au PLQ ?

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mardi 27 novembre 2012

« Éducation préscolaire: le Québec en avance, selon la TD »

Article de La Presse avec ce titre trompeur : « Éducation préscolaire: le Québec en avance, selon la TD ».

Le titre donne l'impression que les enfants du Québec auraient une meilleure éducation préscolaire qu'ailleurs au Canada. Or, il ne s'agit pas de cela. Non, simplement le fait que le gouvernement dépense plus d'argent que les autres gouvernements sur l'éducation préscolaire (indirectement avec l'argent de la péréquation, car le Québec est plus pauvre que les autres provinces).

Pour le reste, l'économiste de la TD interrogé répète ce canard pourtant démonté depuis longtemps par nombre d'économistes sérieux : « Des études montrent que la mise en place du programme a eu des effets positifs, notamment une augmentation du taux d'activité des femmes, qui était autrefois le plus faible et qui est maintenant le plus élevé du Canada, une hausse de la moyenne nationale aux tests normalisés, une augmentation du taux de fécondité. »

À peu près tout est faux ou induit en erreur. Le taux de fécondité a augmenté ailleurs au Canada en même temps qu'au Canada, dans à peu près la même mesure, pire alors que le programme ne fait que s'étendre et coûte de plus en plus cher le taux de fécondité du Québec diminue depuis 3 ans... 2012 devrait voir une nouvelle diminution si l'on se base sur les chiffres des huit derniers mois (400 naissances de moins en huit mois par rapport aux huit premiers mois de 2011 alors que la population ne cesse de croître surtout à cause de l'immigration).

Quant au taux d'activité, ces études sont habituellement, à notre connaissance, celles de Fortin, Godbout et Saint-Cerny mises en pièce par une économiste comme Martin Coiteux dont voici un résumé des objections :

Pourtant, si le gouvernement n'avait pas créé le programme des garderies, l'économie québécoise aurait quand même créé des emplois, tout simplement en utilisant à d'autres fins les quelque 2 milliards de dollars qui sont aujourd'hui consacrés chaque année à ce seul programme.

Combien de ces emplois alternatifs auraient été créés ? Nul ne peut le dire avec certitude. On peut cependant être certain d'une chose : cette création n'aurait pas été nulle. Elle aurait même pu être supérieure à celle induite par le programme des garderies. Il est donc méthodologiquement faux d'affirmer que le programme aurait créé au net 70 000 nouveaux emplois.

[...] on ne trouve aucune accélération de la tendance à la hausse du taux d'emploi dans le cas des femmes québécoises âgées de 25 à 44 ans. Une telle accélération n'a été observée que pour les femmes âgées de 15 à 24 ans, celles-ci étant moins susceptibles que les premières d'utiliser les services de garde.

[...] En somme, le taux d'emploi des femmes âgées de 25 à 44 ans n'a fait que suivre la tendance haussière stable observée simultanément dans trois provinces de l'Atlantique, tandis que celui des femmes âgées de 15 à 24 ans semble avoir réagi au Québec comme dans ces mêmes provinces à une réforme commune de l'assurance-emploi. Comment peut-on alors attribuer 70 000 emplois bruts au seul programme des garderies ?

Voici les graphiques sur lesquels Coiteux s'appuie pour écrire ces derniers paragraphes. Dans chaque cas, la moyenne mobile de 12 mois des données mensuelles est présentée et la source est Statistique Canada.

Taux d'emploi du Québec p/r au Nouveau-Brunswick (1991 à 2011)



Taux d'emploi du Québec p/r en Nouvelle-Écosse (1991 à 2011)



Taux d'emploi du Québec p/r à Terre-Neuve (1991 à 2011)


Selon Coiteux, les similitudes entre le Québec et ces trois provinces de l'Atlantique sont frappantes. Comment attribuer alors à un programme inexistant dans trois d'entre elles toute l'augmentation du taux d'emploi dans une seule d'entre elles ?

Il faut dire que l'économiste interrogé par La Presse avoue être novice dans ce domaine : « C'est la première fois que je m'intéresse à l'éducation préscolaire ».

Mais bon quand il s'agit de se faire plaisir et de satisfaire les groupes de pression organisés par l'État (les féministes, les syndicats, les employés des CPE)... En face, des parents désorganisés, rendus dépendants à l'argent de l'État et aux garderies qui ne coûteraient que 7 $ par jour... (Qui paie, ces garderies qui coûtent plus près de 50 $/jour ?) Il faut raviver la flamme du mythe étatiste quitte à ne pas interroger des personnes qui corrigeraient les faits.


Voir aussi

Québec — Natalité pour six premiers mois de 2012 en léger déclin

Taux de natalité du Québec à nouveau légèrement en baisse en 2011

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains (l'économiste  Martin Coiteux)

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Défendre l’indéfendable… sans succès! (Nathalie Elgrably-Lévy de l'IEDM)

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Pourquoi le patriarcat a de l’avenir





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Pourquoi l’anglais intensif uniquement pour les francophones, partout ?

Lettre ouverte de Frédéric Lacroix - docteur en génie

[...] En permettant à l’implantation de l’anglais intensif obligatoire de continuer parce que cela n’a pas « de conséquences budgétaires » (je pense bien que les commissions scolaires ne seront pas d’accord !), le gouvernement de madame Marois se trouve à normaliser la question de l’anglais intensif et à en faire de facto la nouvelle norme pédagogique, alors que la bilinguisation du primaire de l’école française aurait été impensable il y a seulement quelques années de cela. Les opposants à cette mesure se trouvent dès lors catalogués comme « radicaux » et neutralisés. Et cela par le seul parti théoriquement en faveur du Québec français. De plus, en envoyant un message aussi fort en faveur de l’anglais, le gouvernement se trouve à invalider en amont toutes les mesures favorables au français qui pourraient éventuellement être prises.

Il est encore plus consternant de constater que la mesure d’anglais intensif ne vient ni du MELS, ni des commissions scolaires, ni des parents, mais qu’elle a été soufflée à Jean Charest par la SPEAQ (Société pour la promotion de l’enseignement de l’anglais langue seconde au Québec), un lobby financé généreusement par Heritage Canada. La SPEAQ a rencontré la ministre Lyne Beauchamp le 25 janvier 2011 pour lui « présenter le programme d’anglais intensif ». On sait aussi que « la ministre avait beaucoup de questions » ! Jean Charest a ensuite pris le milieu de l’éducation par surprise en annonçant la mise en place de l’anglais intensif obligatoire souhaité par la SPEAQ lors du discours du trône de février 2011.

L’anglais intensif répond-il même à un besoin réel ? Le dernier recensement indique que le bilinguisme anglais-français des jeunes francophones frôle les 60 % au Québec et est de 78 % à Montréal, ce qui est plus élevé que le bilinguisme des jeunes anglophones. De plus, les données du MELS indiquent que les jeunes francophones réussissent mieux en anglais que les jeunes anglophones en français, mais curieusement, les écoles anglaises sont exemptées du français intensif. Résurrection des écoles passerelles et bilinguisation de l’école française : la seule mesure de la loi 101 qui a eu un effet sur les transferts linguistiques des allophones, soit l’obligation de fréquenter les écoles françaises, se trouve maintenant quasiment vidée de sa substance. [...]

Voir aussi

Deux démographes sur l’avenir du français au Québec

Québec — Moins d'anglais au primaire, révision du cours d'histoire (promesse du PQ)

Le français nuit-il au Québec ?

L’enseignement intensif de l’anglais au primaire financé à coup de dizaines de millions de dollars par Ottawa

Réaction contre l'imposition de l'année bilingue aux jeunes écoliers francophones québécois

Québec — la 6e année bilingue pas imposée aux anglophones, mais bien aux francophones et 

aux immigrants que l'on prétend franciser

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?

Mythe : « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise »

Lent déclin du français à Montréal et sa banlieue

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

Élèves de l'école publique à Montréal : le français perd du terrain depuis 1998 tandis que l'anglais demeure stable

Les francophones bientôt minoritaires à Montréal, légère baisse des francophones dans l'ensemble du Québec

Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?

L'immigration, le remède imaginaire





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samedi 24 novembre 2012

Le sommeil perturbé des adolescents



L'ordinateur, néfaste pour le sommeil de votre adolescent ? C'est un fait, les jeunes ont de plus en plus de mal à lâcher leur écran ou leur console de jeux, avec pour corollaire une fatigue récurrente lors des cours. Et un impact sur leurs résultats scolaires.




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À partir de quand la liberté d'enseignement est-elle devenue un enjeu politique ?

Le professeur Charles L. Glenn, professeur à l’Université de Boston et grand spécialiste de la liberté scolaire dans le monde, explique comment la revendication du libre choix de l’école par les parents est peu à peu montée en puissance en Occident. Elle a été longtemps en conflit latent avec la prétention des élites au pouvoir de remodeler selon leurs conceptions les enfants du peuple. Mais depuis quelques dizaines d’années, la capacité de l’Etat à satisfaire les besoins éducatifs véritables des enfants est fortement mise en question de tous côtés. La tendance est de d’inciter la société civile, le « troisième secteur » à prendre leurs responsabilités en matière éducative. C’est la théorie de « l’appropriation », qui n’a rien à voir avec une quelconque marchandisation de l’école. Par leur implication concrète dans les écoles libres, les citoyens passent du statut d’objet du pouvoir à celui de contributeurs actifs de la société, ce qui correspond à un processus de démocratisation véritable de la vie de la cité.

Traduction d’une tribune libre de Charles Glenn.


Bien que la liberté d’enseignement ait fait l’objet de protections dès le XIXe suite à des combats politiques dans quelques pays – notamment en Belgique, avec le mouvement d’indépendance de 1830, et plus tard aux Pays-Bas avec la mobilisation de Protestants et de Catholiques du « kleyne luyden » [Les petites gens] – la protection de la liberté d’enseignement reste exceptionnelle jusqu’au lendemain de la deuxième Guerre mondiale.

Ce n’est qu’en réaction aux régimes totalitaires du vingtième siècle que la communauté internationale prend conscience de la nécessité de protéger la liberté des familles de choisir une alternative aux écoles publiques. Les régimes communistes et fascistes ont cherché à mettre en œuvre systématiquement ce qui faisait partie implicitement des programmes éducatifs des gouvernements « doucement progressistes » de la fin du dix-neuvième siècle. Ils l’ont fait d’une manière qui a démasqué la volonté des élites de remodeler selon leur conception, par l’éducation, les enfants du peuple.

Le mouvement d’après-guerre de définition des Droits de l’homme a inclus le droit à la liberté d’enseignement : « les États s’engagent à respecter la liberté des parents de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics […] et de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions. »

Ce droit est pourtant loin d’être évident, même dans les régimes démocratiques, où les élites « progressistes » peuvent juger qu’il est de leur devoir d’utiliser le système éducatif pour rendre les enfants meilleurs que leurs parents.

Le passage manquant de l’extrait du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels donné ci-dessus – à savoir « qui se conforment aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l’État » – donne la possibilité aux gouvernements d’imposer des exigences aux écoles non gouvernementales (écoles privées), exigences qui peuvent conduire à rendre impossible le maintien du caractère propre et des spécificités éducatives en faveur desquelles les parents avaient pourtant fait leur choix.

Il y a clairement une obligation qui pèse sur les gouvernements contemporains de prendre les mesures nécessaires à la protection des enfants tout en faisant en sorte que l’intérêt public soit servi par toutes les acteurs – privés ou publics – du système éducatif.

L’éducation des générations futures est une question d’intérêt public et doit être guidée, dans un système démocratique, par des hypothèses partagées sur le bien commun… dans des limites qui reflètent la nature pluraliste de la société.

L’effort pour respecter le rôle des parents comme premiers éducateurs de leurs enfants et donc pour trouver le juste équilibre entre la liberté et la responsabilité en éducation – pour s’assurer que les objectifs nécessaires de la société soient atteints et que les individus et les groupes vulnérables soient protégés sans tomber dans ce que Kant appelait « le plus grand despotisme concevable » : un gouvernement paternaliste – est précisément le thème de l’ensemble des quatre volumes que nous publions sur le sujet (Cf. Balancing Freedom, Autonomy, and Accountability in Education, Nijmegen: Wolf Legal Publishers).

La période allant de 1900 à 1945 peut être vue, rétrospectivement, comme celle du triomphe de l’école d’État dans la plupart des pays occidentaux. Alors que les écoles catholiques ou les autres écoles privées éduquent des millions d’enfants, elles jouent un rôle secondaire, comme une alternative ou, aux États-Unis et en Australie, comme le lieu réservé à la classe ouvrière immigrée. L’école publique représente alors la pierre angulaire de la société et n’a aucun concurrent sérieux.

L’école d’Etat a commencé à être concurrencée après la Seconde Guerre mondiale et la rivalité s’est accrue en particulier dans les années 1970.

Dans le raisonnement politique qui a été formulé petit à petit dans un certain nombre de pays, des termes tels que « subsidiarité » et « champ de souveraineté » ont commencé à se faire entendre. On a fait valoir que le gouvernement devrait créer activement dans tous les secteurs les conditions du développement d’initiatives entrepreneuriales selon un principe de libre entreprise, au lieu de vouloir occuper lui-même tout l’espace social.

La centralisation excessive a commencé à être considérée comme un problème. Alors que l’État-providence continuait de se développer et les activités du gouvernement de s’étendre à de plus en plus de domaines de la vie, il y avait en même temps un désenchantement croissant à l’égard de la capacité du gouvernement et de sa rationalité bureaucratique de répondre efficacement aux besoins de l’homme.

Dans ce contexte d’insatisfaction, certains ont appelé à un « retrait de l’État », pour « réinventer le gouvernement », en adoptant de nouvelles techniques d’organisation sociale qui conduisent à la prise en main par les gens de leur propre destinée (cf. théorie de l’« empowerment » [l'appropriation, l'autonomisation]) dans des secteurs et des organismes éloignés du centre, et donc à la création d’institutions par les citoyens pour eux-mêmes.

Les autorités publiques de la Finlande à l’Australie, et les régimes politiques de gauche comme de droite, ont cherché des façons de maintenir les acquis apportés par l’État-providence sans avoir gouvernement un monopole public qui fournisse services et prestations. Selon Peter Berger et Richard John Neuhaus :
Le projet est que, si ces institutions (créées par la société civile) pouvaient être plus reconnues dans les politiques publiques, les individus se sentiraient davantage « chez eux » dans la société, et l’ordre politique serait mieux compris. Sans processus institutionnels fiables de médiation, l’ordre politique se détache des valeurs et des réalités de la vie individuelle. Privé de son fondement moral, l’ordre politique est « délégitimé. »
Selon ces propositions, les citoyens sont conçus en de nouveaux termes par les décideurs politiques qui les percevront non pas comme des objets de l’action gouvernementale, mais plutôt comme des acteurs se caractérisant par la responsabilité, l’autonomie et le choix, et dotés de la ressource et des informations disponibles pour les finalités communes de la société.

Ces propositions ne doivent pas être confondues avec la « marchandisation » des services à la personne, dont l’éducation, car ils ne sont pas une manifestation du « capitalisme sauvage ». Ses partisans insistent sur le fait que ce qu’ils demandent, c’est l’utilisation d’un « troisième secteur » composé d’associations volontaires qui ne sont ni gouvernementales ni mercantiles, mais qui relèvent simplement d’association d’intérêt général conclues sur la base du volontariat.

Les réformes proposées visent à renforcer les pouvoirs des citoyens en tant que membres actifs de la société, cherchant à améliorer leur qualité de vie et celle de leurs familles par des actes de choix.

Source




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