Ce qui est frappant et inattendu, c'est que le déclin de la fécondité s'accélère. Le rythme de la baisse mondiale a doublé entre les années 2000 et 2010, puis a encore doublé au cours de cette décennie, chutant en moyenne de près de 2 % par an. Dans de nombreux endroits, le taux de fécondité diminue beaucoup plus rapidement. Des niveaux qui auraient autrefois été inimaginables deviennent monnaie courante. La Corée du Sud affiche un taux de fécondité total inférieur à 1 depuis sept ans. Si cette tendance se maintient, sa population diminuera de plus de moitié en l'espace d'une seule génération.
De nombreux pays ont déjoué les prévisions des démographes, à l'instar de la Turquie. L'ONU pensait que les femmes thaïlandaises enregistreraient un taux de fécondité total de 1,2 en 2024. Le chiffre réel n'était que de 1. En Colombie, ils s'attendaient à un indice de fécondité de 1,63 et ne voyaient que 2,5 % de chances qu'il soit inférieur à 1,4. Mais l'agence nationale des statistiques estime que la Colombie est déjà passée sous ce seuil, avec 1,2 naissance par femme en 2023. Jesús Fernández-Villaverde, économiste à l'université de Pennsylvanie, pense que le taux de fécondité total de la Colombie pourrait avoir chuté à 1,06 en 2024. Moins de 2 millions de bébés sont nés en Égypte l'année dernière, un seuil qui ne devait pas être franchi avant 2100.
Seul un tiers environ de la population mondiale vit dans des pays où la fécondité est suffisamment élevée pour maintenir la croissance démographique, et même dans ces pays, les taux diminuent rapidement. L'Afrique produit certes encore beaucoup plus de nourrissons que la norme mondiale, mais elle ne fait pas exception à la règle d'un déclin plus rapide que prévu. Tout cela signifie que la population mondiale devrait atteindre son pic beaucoup plus tôt que ne le prévoyaient les experts, et à un niveau beaucoup plus bas. Au lieu d'atteindre 10,3 milliards d'individus en 2084, comme le prévoit actuellement l'ONU, elle pourrait cesser de croître dans les années 2050 et ne jamais dépasser les 9 milliards. À ce moment-là, la population mondiale commencera à diminuer, ce qui ne s'est pas produit depuis le XIVe siècle, lorsque la peste noire a décimé près d'un cinquième de l'humanité.
Un pic démographique inférieur aux prévisions et un déclin plus imminent ont des implications considérables pour l'humanité. Il ne s'agit pas simplement d'une question de planification, même si la Banque mondiale, le FMI et de nombreux gouvernements s'appuient sur les statistiques de l'ONU pour cela. L'économie mondiale pourrait avoir du mal à faire face à une contraction démographique soutenue, même si les prophètes de malheur exagèrent probablement. L'équilibre international des pouvoirs, l'environnement, les structures sociales et politiques : tout cela risque d'être radicalement remodelé.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 17 septembre 2025
Les prévisions démographiques trop optimistes de l'ONU
Brève : mise à jour de l'indice de fécondité en Israël pour 2024 et (1T2025)
En Israël, le taux de fécondité pour 2024 s'est élevé à 2,87 enfants/femme en Israël alors que cet indice en 2024 était de
- 1,33 au Québec,
- 1,24 au Canada,
- 1,62 en France,
- 1,29 en Suisse et
- 1,44 en Belgique.
L'indice synthétique de fécondité (nombre de naissances par femme) des femmes juives laïques israéliennes a eu tendance à augmenter au cours des 25 dernières années.
Indice de fécondité (enfants/femme) par religion 1er trimestre 2025 (entre parenthèses indice de l'année 2024) :
- Juifs 3,04 (3,06)
- Musulmans 2,62 (2,76)
- Chrétiens 1,57 (1,58)
- Druzes 1,69 (1,66)
- Non classés par religion 1,13 (1,13)
Selon Yoram Ettinger, la croissance unique du taux de fécondité juif en Israël est attribuable à l’optimisme, au patriotisme, à l’attachement aux racines juives, à la solidarité communautaire, à une mentalité de pionnier et à une diminution du nombre d’avortements (34 % depuis 1990).
Le Kazakhstan et Israël ont un indice synthétique de fécondité similaire, mais les moyens d'y parvenir sont différents. Au Kazakhstan, beaucoup de gens ont 3, 4 ou 5 enfants, mais rares sont ceux qui en ont plus de 5. En raison des Haredim (les ultra-orthodoxes), Israël compte une forte proportion de familles très nombreuses. 2,4 % des enfants sont le 9e enfants ou plus de leurs parents, contre 0,1 % au Kazakhstan.
Voir
Québec — les naissances des francophones s’affaissent, celles des anglophones sont stables
Natalité au plus bas — La Presse de Montréal s'étonne des femmes tradis qui font des enfants dans une société « laïque » [les valeurs québécoises !]
Québec — les naissances des francophones s’affaissent, celles des anglophones sont stables
Alors que l'anglais comme seule langue d'usage demeure stable, voire augmente légèrement, le nombre de naissances des francophones s’affaisse rapidement ces dernières années.

mardi 16 septembre 2025
Netflix — Jihad Alexander Abdallah incarnera le roi suédois Gustave III

L'acteur Jihad Alexander Abdallah, dont les parents sont libanais, incarnera le roi suédois Gustave III (1746-1792) dans le nouveau film dramatique de Netflix Les de Fersen (The von Fersens) portant sur les intrigues de la cour du roi.
Trame annoncée : Le nouveau film romantique se déroule dans le Stockholm du XVIIIe siècle, en Suède. Il retrace la vie tumultueuse des personnages historiques Sophie et Axel de Fersen. Issus d'une des familles les plus influentes et nobles, les deux frères et sœurs sont rapidement devenus le couple incontournable de leur époque. Lorsque leur statut leur est retiré, ils se battent pour protéger l'avenir de leur famille et découvrent que l'amour pourrait être la clé pour le sauver.
Il semble que cette déchéance soit une licence artistique de plus. Car il n'existe aucune preuve à notre connaissance d'une déchéance ou d'une « annulation » du rang des Fersen par le roi. Leur influence a décliné plus tard, après l'assassinat de Gustave III en 1792. Axel de Fersen est célèbre pour son rôle de favori et d'intrigant auprès de la reine de France Marie-Antoinette.
Enfin la fin de l'écologisme et le retour de l'écologie ?
Une enquête de l’institut Verian analysée par la Fondapol fait état d’une demande grandissante, dans l’opinion publique, d’une écologie enfin débarrassée de son carcan idéologique. Une mise au point bienvenue qu’il convient cependant d’approfondir.
L’étude publiée à la fin du mois d’août par l’institut Verian (ex-Kantar) et qui porte sur la perception qu’ont les Français de la religion des temps modernes : l’écologie ? Il faut l’espérer car les résultats qu’elle met en avant pourraient dessiller bien des yeux chez nos élites dirigeantes. « La principale leçon de cette étude, observe Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, qui en a assuré le commentaire, est de mettre en lumière un fait dont on sait l’existence mais qui reste pourtant négligé et peu traité : dans l’opinion publique française, une large adhésion à l’écologie cohabite avec un rejet massif de l’écologisme. » La nature, oui ; ceux qui s’en font les porte-parole, non.
Regardons le détail. L’étude devant être présentée à l’occasion des Rencontres des entrepreneurs de France (Ref), un accent particulier est mis sur le lien entre l’écologie et les entreprises. Lien passablement dégradé, les écologistes n’ayant que mépris pour l’entreprise, l’industrie, l’agriculture et pour tout ce qui, de manière générale, fonctionne et soutient une société. Bonne surprise, cette triste réalité est connue ! Ainsi, 66 % des personnes interrogées pensent qu’il y a “trop de normes environnementales pour les entreprises” et que ces normes, “révélatrices d’une bureaucratie trop importante” (75 %), “fragilisent la compétitivité de l’industrie française” (67 %).
Autre point intéressant, et très actuel : la fiscalité verte [penser taxe carbone]. Les “gilets jaunes” sont passés par là, et la fin du monde ne fait plus le poids face aux fins de mois. Cette fiscalité à but écologique est considérée par 62 % des sondés comme “un outil injuste qui pèse d’abord sur les classes moyennes, rurales ou défavorisées”. Revenus des grands discours catastrophistes, les Français sont également 62 % à voir dans l’écologie politique “un prétexte pour créer un nouvel impôt” et pas du tout “une nécessité face à l’urgence environnementale”, qui est pourtant l’un des arguments massues du discours écologiste sur l’air du “c’est pour le climat, c’est pour la planète”. Conclusion de l’étude : ça ne marche plus.
« J’avoue que je n’espérais pas un tel soutien populaire à nos entreprises, ni une telle défiance envers les excès écologistes », s’enthousiasme Benoît Rittaud, président de l’Association des climato-réalistes. Bertrand Alliot, porte-parole d’Action Écologie, abonde dans son sens : « Cette étude montre de manière éclatante qu’une grande majorité de Français estime que l’excès d’écologisme est un puissant facteur de désorganisation. » Plus important encore, selon lui, en estimant à 78 % que “l’écologie devrait davantage s’adapter aux réalités économiques et industrielles”, les Français « réfutent l’idée d’une “crise existentielle” pour l’humanité liée aux enjeux écologiques car, dans le cas contraire, ils diraient que c’est l’économie qui doit s’adapter aux réalités écologiques ».
Plus encourageant encore (quoique de manière moins nette), plus d’un Français sur deux (55 %) considère “la fiscalité verte” comme “une contrainte inefficace qui culpabilise sans offrir d’alternatives concrètes”. Les mots sont importants : “inefficace”, “culpabilise”. On touche ici à la nature même de l’écologisme : une construction essentiellement théorique, dogmatique, dont le but — changer la société — est sans rapport avec l’objet concerné (pesticides, bassines, plastique, etc.).
Résultat notable également: les sondés sont 84 % à estimer que “les mouvements écologistes tentent souvent d’imposer leurs convictions par la pression médiatique et judiciaire, sans passer par le débat démocratique”. Un chiffre qui n’est pas étonnant quand on sait que les écologistes ne se soucient du peuple que lorsqu’il pense comme eux ou pour prétendre le corriger. Le peuple en question n’étant pas dupe, cela explique aussi bien ce résultat écrasant que les scores misérables des candidatures écologistes à l’élection présidentielle (3,26 % des suffrages en moyenne depuis 1974), que l’étude rappelle. « On sait depuis longtemps qu’il y a une distorsion énorme entre la visibilité médiatique de l’écologisme et son poids réel dans l’opinion, mais ce rapport qui quantifie les choses est tout à fait bienvenu », poursuit Benoît Rittaud.
Parlant à ce propos d’une « illustration de la théorie de la tyrannie des minorités », Dominique Reynié pose la question essentielle : « Pourquoi, ou à quel titre, un courant électoralement insignifiant, et depuis si longtemps, parvient-il à bénéficier d’une considération politique et médiatique que l’on pensait réservée à de grands partis ou à de grands électorats? »
La réponse est peut-être dans la question (et aurait mérité de ce fait de figurer dans le sondage) : il s’agit du rôle crucial joué par les médias, où le traitement des questions environnementales relève quasiment exclusivement de l’écologisme et non de l’écologie. Une mainmise décisive qui explique d’ailleurs quelques résultats étonnants, présents dans l’étude; ainsi 57 % des sondés ont “une bonne image des associations ou mouvements écologistes”, 49 % considèrent que les associations environnementales constituent un “contre-pouvoir constructif” et 45 % les jugent plus “responsables” que “radicales”. « Ils sont très majoritairement assez sévères et lucides, en les considérant comme des organisations idéologiques, déconnectées du terrain, mais, paradoxalement, ils en ont majoritairement une bonne image, alors que la mise en œuvre de l’écologie punitive sur le territoire français et européen leur doit beaucoup », commente Bertrand Alliot. Preuve que la propagande a bien travaillé, les Français semblent considérer l’écologisme non comme un système intrinsèquement pervers, une erreur anthropologique, mais comme la regrettable dérive d’une idée demeurée malgré tout positive. Or la vérité oblige à dire que l’écologisme a tout envahi, ne laissant rien d’intact dans ce qu’on appelle aujourd’hui, en France, l’écologie. Tout est à reprendre. Par chance, et c’est le grand mérite de cette étude que de le démontrer, pour la grande révolution intellectuelle dont elle a besoin, l’écologie pourra compter sur le soutien populaire.
Enseignant montre à ses élèves de 10 et 11 ans des images de l'assassinat de Charlie Kirk
La directrice de l’école publique Corvette Junior, Jennifer Koptie, a déclaré dans une lettre envoyée vendredi (ci-contre) aux parents que cet incident était « extrêmement troublant et inacceptable ».
Un enseignant du primaire de Toronto relevé de toutes ses fonctions après avoir montré à ses élèves une vidéo liée au meurtre de Charlie Kirk.
Mme Koptie a déclaré que la vidéo avait été montrée aux élèves du programme d’immersion française parce qu’ils avaient des questions « sur un événement tragique survenu récemment aux États-Unis ».
Un porte-parole a refusé de commenter les informations parues dans les médias selon lesquelles les enfants auraient été « forcés » de regarder la vidéo plusieurs fois ou si des commentaires sur M. Kirk avaient été faits.
Le Toronto Sun a cité une source anonyme qui a déclaré que plusieurs élèves avaient été « traumatisés » et en avaient parlé à leurs parents, qui ont à leur tour contacté la direction de l’école. La source a également affirmé que l’enseignant « avait fait un discours à ses élèves sur l’antifascisme, l’antitrans et le fait que Charlie Kirk méritait ce qui lui était arrivé ».
lundi 15 septembre 2025
Infographie tendancieuse du Monde
dimanche 14 septembre 2025
Société « systémiquement » dépressive
Un jeune sur quatre serait dépressif : la conclusion d’une récente étude sur la santé mentale des 15-29 ans a de quoi alarmer. Fondée sur un sondage auprès de 5633 jeunes, elle complète celles de Santé publique France, qui pointait, en 2021, la proportion inquiétante de 20,8 % des 18-24 ans touchés par la dépression, contre 11,7 % en 2017. Surtout, elle corrobore les innombrables constats du monde médical sur la détérioration de la santé mentale dans l’ensemble de la population française.
Les explications ne manquent pas, des inquiétudes quant à l’avenir (catastrophisme écologique, crises internationales) aux difficultés du quotidien : fin du monde et fin du mois se conjuguent pour déprimer le moi. Pandémie et stress des confinements sont régulièrement pointés du doigt. Mais si ces causes conjoncturelles sont réelles, on est tenté de dire que la conjoncture a bon dos. Et que ces explications ont surtout pour mérite d’éviter de remettre en question le modèle de société “systémiquement” anxiogène que les élites qui nous gouvernent ont peu à peu mis en place.
Car, oui, la vie est source d’angoisses, et cela est aussi vieux que l’expulsion d’Adam et Ève du jardin d’Éden. La peur du lendemain, la crainte du chômage ou de la maladie, des guerres ou des catastrophes naturelles : quelle époque peut se vanter d’y avoir échappé ? L’existence n’a jamais été autre chose qu’un processus de conjuration de ces inquiétudes universelles. Mais les sociétés traditionnelles avaient une arme fatale pour contourner ces angoisses : elle s’appelait “stabilité”. Pour répondre aux peurs du quotidien, il n’est de meilleur refuge que des points fixes qui nous permettent de constater jour après jour que le monde n’est pas seulement le lieu de l’imprévu, du bouleversement, de la menace, de l’accident toujours possible, mais aussi et surtout un lieu familier, constant, où nos existences étonnamment fragiles résistent malgré tout aux aléas parce qu’elles sont fondées sur le roc des solidarités humaines, des communautés, des traditions, de l’histoire longue. Comme le note Roger Scruton dans Conservatisme (Albin Michel) : « Au cours d’une vie, les habitudes, les lieux, les réseaux, les institutions et les manières d’être partagées augmentent l’étendue de nos attachements et suscitent le sentiment d’être chez soi dans le monde parmi les choses et les êtres connus et dignes de confiance. Le sentiment de familiarité et de confiance nous est précieux, sa perte est une source d’angoisse et de regret. »
Or, au lieu de conforter tout ce qui nourrit ce précieux sentiment de familiarité et de confiance, nos sociétés, depuis des décennies, se sont ingéniées à le saper. Sacrifiant au bougisme et à l’idolâtrie de la nouveauté, le progressisme a minutieusement banni tout élément de stabilité de nos sociétés : on a décomposé la famille, sacrifié les identités locales à une mondialisation abstraite, promu la mobilité au détriment de l’enracinement, l’individualisme au détriment de la communauté ; un État providence anonyme s’est substitué aux solidarités concrètes; on a sacrifié l’enseignement de l’histoire et de la culture générale et, des billets de banque aux plaques d’immatriculation des voitures en passant par les noms des provinces, on a systématiquement gommé tous les symboles qui nous rappelaient que nous venons de quelque part. On a consciencieusement bâti une société liquide qui, dénonce le sociologue Zygmunt Bauman, a abouti à la création d’un « lumpenprolétariat spirituel » qui, n’ayant plus rien de concret et de stable à quoi se raccrocher, s’agrippe à des bouées illusoires qui ne font que l’enfoncer davantage dans le vide existentiel: sans surprise, les symptômes de dépression croissent à mesure du temps passé sur les réseaux sociaux.
Mais il est un critère que cette étude a oublié d’aborder: celui de la vie spirituelle. D’autres enquêtes ont montré que la prière était un moyen efficace de conjurer la dépression. Il n’y a là nulle pensée magique : quel point de repère plus stable que de croire que nous avons été aimés de toute éternité par le Dieu qui nous a créés et qu’il nous appelle à partager sa félicité éternelle ? Cette espérance-là, nos élites ont voulu l’éteindre au nom des Lumières et, ce faisant, elles ont plongé l’Occident dans l’obscurantisme de la désespérance.
Source : Laurent Dandrieu, Valeurs actuelles
samedi 13 septembre 2025
Évolution du spectre politique
Voir aussi
Charlie Kirk assassiné, la gauche radicale joyeuse
États-Unis — une réfugiée ukrainienne poignardée à mort dans le tramway, lourd silence médiatique
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| Robin Westman achète des armes peu avant le bain de sang |
Il y a quelques semaines (2025), un transgenre mécontent a ouvert le feu dans une école catholique de Minneapolis. Il y a tué deux enfants et blessé une douzaine d'autres personnes. La psychotranssexualité est l'une des nombreuses nouvelles identités passionnantes de notre époque, mais les médias américains somnolents ne semblent pas intéressés par le sujet. Ils persistent, de manière tout à fait frauduleuse, à désigner Robin Westman par le pronom « elle », alors que M. Westman lui-même avait renoncé à sa transsexualité avant le carnage.
La journaliste Marion Van Renterghem (ci-dessous), récipiendaire de nombreux prix parmi les plus prestigieux au monde — tels que le prix Albert-Londres ou le prix Louise-Weiss —, a été épinglée pour avoir relayé de fausses informations. Elle a notamment partagé un grossier photomontage accusant à tort le présumé assassin de Charlie Kirk de porter un tee-shirt à l'effigie de Donald Trump.
On a longtemps cru que les enfants du Moyen Âge n’étaient que peu considérés par leur famille
On a longtemps cru que les enfants du Moyen Âge n’étaient que peu considérés dans des familles obsédées par la survie. C’est tout l’inverse, montre l’historien Didier Lett.
Des nourrissons sanglés dans leur berceau, des emmaillotages si serrés qu’ils pouvaient retarder les premiers pas, des débats sur le lait maternel face à celui des nourrices… Nos obsessions parentales ne datent pas d’hier.
Dans son dernier ouvrage, Enfants au Moyen Âge (XIIe-XVe siècles, le bas Moyen Âge donc) aux éditions Tallandier, Didier Lett, professeur d’histoire médiévale à l’université Paris-cité, redonne chair à ces pratiques et à leur signification. Loin des caricatures d’une époque dite « obscurantiste », son enquête révèle des parents partagés entre amour et crainte, piété et devoir.
LE FIGARO. — Aujourd’hui, avec internet et les réseaux sociaux, les parents surveillent de près les étapes de développement. Mais c’était déjà le cas au Moyen Âge. Pourquoi la marche, la parole ou l’« âge de raison » étaient-ils si décisifs ?
DIDIER LETT. — Les médiévaux se concentraient beaucoup sur des âges symboliques. Le chiffre 7, par exemple, est très présent dans la société chrétienne : l’« âge de raison », à partir de 7 ans, reste d’ailleurs une référence encore aujourd’hui. C’est aussi proche de l’âge de l’entrée à l’école, moment clé de l’apprentissage. Les traités de pédagogie médiévaux, de plus en plus nombreux à mesure qu’on avance vers la fin du Moyen Âge, accordent une attention particulière à ces étapes. Ils ne sont plus seulement écrits par des clercs ou des moines, mais aussi par des laïcs, des pères de famille, donc des gens qui observent les enfants au quotidien. Toutes les étapes du développement sont scrutées. Le sevrage, par exemple, est décrit comme un processus progressif, avec des aliments semi-solides avant le passage à la nourriture adulte. La marche fait aussi l’objet d’une grande vigilance. L’archéologie et l’iconographie ont révélé l’usage de « youpalas » ou de petites charrettes à quatre roues, sortes de parcs roulants. Déjà à l’époque, on cherchait la meilleure manière d’apprendre à marcher à un enfant ! Faire marcher l’enfant sur une surface plane, le tenir sous les hanches, etc.
La parole, enfin, est une étape cruciale. Les parents sont très attentifs aux éventuels retards. On actionnait même des roues à carillon en priant Dieu pour que l’enfant parle. La maîtrise du langage, tout comme la marche ou le sevrage, était perçue comme un moment décisif du développement.
— Qu’est-ce qui préoccupait le plus les parents ?
— Les grandes angoisses, ce sont d’abord l’accident et la mort. À l’époque, la mortalité infantile est extrêmement élevée. Le moindre rhume, la plus petite angine - qui nous paraissent aujourd’hui bénins - peuvent être fatals. Les parents cherchent donc à protéger l’enfant de ces dangers. Ils redoutent aussi les accidents, même si, dans les familles paysannes où l’on compte cinq ou six enfants, la surveillance n’a évidemment pas l’intensité de celle que nous connaissons aujourd’hui.
Du côté de l’éducation, ce qui les inquiète le plus, c’est le rapport à Dieu. On est dans une société profondément chrétienne. Les parents insistent sur les bons comportements religieux, comme ne pas mentir, ne pas parjurer, tenir ses promesses, bien faire ses prières. Ce qui les angoisse, c’est de voir leur enfant s’écarter de la foi, basculer vers l’image repoussoir de l’hérétique, du « Juif » ou du « Sarrasin », figures perçues comme des contre-modèles à rejeter absolument.
—Vous décrivez aussi l’attention portée à la grossesse, à l’allaitement, au sommeil du nourrisson. Qu’avez-vous découvert ?
— Ce n’est pas seulement moi, mais aussi Danièle Alexandre-Bidon, pionnière dans l’étude des gestes de puériculture, ainsi que les archéologues qui ont beaucoup travaillé sur les sépultures. On a ainsi découvert que l’enfant était souvent emmailloté dans des bandelettes très serrées. Cela peut nous sembler aujourd’hui antihygiénique, mais, au Moyen Âge, c’était un geste de protection. Le corps de l’enfant était perçu comme fragile, comparable à de la cire molle, et l’emmaillotage visait à éviter les déformations.
On a aussi retrouvé dans les tombes des jouets, y compris pour de très jeunes enfants, preuve que leur univers matériel comptait. Et les traités de médecine, largement hérités d’Hippocrate ou de Galien, montrent combien on cherchait à protéger l’enfant dès sa naissance, et même avant, puisque la femme enceinte bénéficiait d’une attention particulière dans la société médiévale. Sur l’allaitement, il y a beaucoup d’idées reçues. On croit souvent qu’il faut attendre Rousseau, au XVIIIe siècle, pour voir apparaître l’injonction aux mères d’allaiter. Or, au Moyen Âge, l’immense majorité (95 à 99 %) nourrit son enfant au sein. Seules les femmes qui n’avaient pas de lait, ou les grandes familles aristocratiques, princières et royales, faisaient appel à des nourrices. Le lait maternel était perçu comme le meilleur aliment pour l’enfant et son importance était unanimement reconnue. Ce n’est qu’aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles que la mise en nourrice s’est développée. Rousseau réagit donc bien davantage à son époque qu’au Moyen Âge.
— Peut-on dire qu’il existait déjà une « norme éducative » ?
— Oui, tout à fait. Elle n’est évidemment pas la même que la nôtre et peut paraître plus coercitive, plus violente. Les enfants recevaient sans doute plus de coups qu’aujourd’hui, mais guère plus qu’au XIXe siècle. La Bible elle-même - Ecclésiaste 7, 22 - conseille : « As-tu des fils ? Fais leur éducation et fais-leur plier l’échine dès l’enfance. »
Mais les traités de pédagogie médiévaux sont très clairs : il faut d’abord reprendre l’enfant par la parole, lui donner de bons exemples, le conseiller. Ce n’est qu’en dernier recours, si rien n’y fait, qu’une gifle ou un soufflet peuvent être administrés, et toujours « avec modération ». Les mauvais parents sont ceux qui frappent avec excès, assimilés dans les textes à des figures repoussoirs.
« Quand on dit aujourd’hui “je t’aime” à son enfant, ce n’est pas la même chose qu’au XIIIe ou au XIVe siècle »
— Qu’est-ce qui nous rapproche le plus des parents du Moyen Âge ? Et qu’est-ce qui nous en éloigne ?
— Ce qui nous rapproche, c’est l’amour. Le sentiment de l’enfance existe dans toutes les sociétés. Là où l’historien Philippe Ariès, qui parlait de la « naissance du sentiment moderne de l’enfance », s’est trompé, c’est en oubliant qu’il y avait déjà un attachement très fort. Bien sûr, ce sentiment n’est pas exprimé de la même manière selon les époques. Quand on dit aujourd’hui « je t’aime » à son enfant, ce n’est pas la même chose qu’au XIIIe ou au XIVe siècle. Au Moyen Âge, un nouveau-né avait une chance sur trois de mourir à la naissance. L’amour parental était donc vécu dans une tension constante. Et dans une société profondément chrétienne, la différence était immense entre perdre un enfant baptisé et un enfant mort sans baptême.
En somme, le point commun, c’est l’affection, mais elle se décline différemment selon les périodes. Le rôle de l’historien est précisément de contextualiser, de montrer que les sentiments existent mais qu’ils ne se traduisent pas de la même façon. Longtemps, on a jugé le Moyen Âge comme une époque « noire », pour l’enfance aussi. Les recherches récentes permettent au contraire de montrer la complexité et la richesse du rapport à cet âge de la vie.
— Qu’est-ce que cela nous dit de notre propre angoisse contemporaine d’être de « bons parents » ?
J’espère que ce livre aidera les lecteurs à relativiser. L’allaitement, la grossesse, l’éducation : ce sont des préoccupations universelles, présentes à toutes les époques. Et il est sans doute rassurant de constater que, malgré nos angoisses, nous vivons dans un temps où les progrès techniques et médicaux ont bouleversé les choses.
Source : Le Figaro
Présentation de l'éditeur
Les stéréotypes sur le sombre Moyen Âge ont la vie dure. Parmi ceux-ci, la place des enfants, que l’on imagine encore peu aimés et exploités, travaillant durement à un âge très précoce aux côtés des adultes. Rien, pourtant, n’est plus faux que cette vision misérabiliste.
Didier Lett, spécialiste et précurseur de ce champ historique, nous montre la vive attention à l’enfance dès le ventre maternel. Il s’intéresse à la naissance, au baptême, aux premiers soins apportés au nourrisson et aux relations que l’enfant entretient avec ceux qui vivent avec lui : père, mère, frères et sœurs... Plus de doute possible : la société médiévale a bien connu un fort « sentiment de l’enfance », manifestant une profonde affection à l’égard des plus petits et développant une riche réflexion sur l’éducation mais avec des différences en fonction du sexe, de l’âge, de la place dans la fratrie et du milieu social. L’auteur s’attarde aussi sur les malheurs de l’enfance dus aux pestes ou aux famines, à des accidents ou à des handicaps et parfois à la violence des adultes, des animaux ou d’autres enfants.
En s’appuyant sur de profonds renouvellements historiographiques, Didier Lett propose une riche synthèse, totalement inédite, centrée sur les quatre derniers siècles du Moyen Âge, qui nous conduit à réfléchir à la longue histoire de l’enfance en Occident.
Biographie de l'auteur
Didier Lett est professeur émérite d’Histoire médiévale à l’Université Paris Cité, membre senior honoraire de l’Institut universitaire de France et spécialiste de l’enfance, la famille, la parenté et le genre. On lui doit notamment Hommes et femmes au Moyen Âge. Histoire du genre XIIe-XVe siècles (2023) et Crimes, genre et châtiments au Moyen Âge. Hommes et femmes face à la justice (XIIe-XVe siècles) (2024), récompensé par le prix de la Dame à la licorne du Musée de Cluny.
Enfants au Moyen Âge: XIIe-XVe siècles
de Didier Lett,
paru aux éditions Tallandier,
le 8 mai 2025,
416 pp,
ISBN-13 : 979-1021057852








