Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Panneaux solaires, éoliennes, voitures électriques… ces technologies vertes sont déployées à grande échelle pour accélérer la transition énergétique. Or les Technologies vertes nécessitent des métaux tels que le cuivre et des minerais, plus rares, comme le graphite, le cobalt ou le lithium. En Amérique Latine et en Asie, des pays miniers paient déjà un lourd tribut environnemental et humain pour permettre à l’Occident de passer au vert. Et si le remède des énergies vertes n’était qu’une vaste illusion ?
Éric Zemmour le célèbre essayiste a entamé une tournée de la France pour promouvoir son dernier ouvrage La France n’a pas dit son dernier mot. Il a suscité l’intérêt de la foule et des médias dans son premier déplacement à Toulon. Cette conférence n’a pas attiré que les aficionados de l’essayiste, mais aussi tous les journalistes, de Quotidien à BFMTV en passant par l’AFP, C dans l’air et bien d’autres, venus surveiller les paroles et espérer un dérapage de celui qui semble être le phénomène politique de ces dernières années.
Sorti en librairie jeudi 16 septembre, le nouveau livre d’Éric Zemmour, La France n’a pas dit son dernier mot (éditions Rubempré) caracole en tête des ventes. Une réédition est même déjà en cours.
L’engouement du public est tel que l’ouvrage était d’ailleurs déjà numéro un des ventes sur certaines plates-formes d’achat avant même sa sortie.
Imprimé initialement à 200 000 exemplaires, le livre est maintenant en rupture de stock dans plusieurs points de vente. Ce faisant, il vient d’être réédité à 100 000 nouveaux exemplaires.
Dans cet essai de 350 pages, que l’éditorialiste édite lui-même dans la mesure où sa maison historique, Albin Michel, a renoncé à le publier, Éric Zemmour relate notamment des conversations avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron ou encore Xavier Bertrand.
L’immigration y tient également une grande place, notamment lorsque le polémiste évoque le cas de la Seine–Saint-Denis, qu’il qualifie « d’enclave étrangère » en France.
Vers 18 h, le service de sécurité ouvre les portes et commence à contrôler : billets, passes sanitaires et sac à dos. Les mesures de sécurité sont dures, même les gourdes sont confisquées pour ne pas être jetées sur la scène. Les premières personnes s’installent dans l’auditorium de 800 places. Mais les restrictions sanitaires retardent le début de la conférence, initialement prévue à 19 h. Alors que les premières personnes s’installent, une dizaine d’antifas s’approchent devant le palais de Congrès et profèrent des insultes telles que « sale sioniste » ou encore « retourne en Israël ».
« Guerre de civilisation », « s’affranchir de la CEDH » : pour Zemmour, les candidats à la présidentielle « commencent à courir après ses idées »
Alors que l’attente s’étire, la foule tape des mains pour marquer son impatience et faire venir Éric Zemmour. Voyant l’impatience des gens, le journaliste qui animera l’entretien, Jérôme Lévy, prend un micro et essaye tant bien que mal de meubler. Dans son monologue improvisé, il tient à rappeler « à tous les services politiques [des rédactions] que l’objectif de cette soirée est de présenter un ouvrage et non pas d’annoncer une candidature à la présidentielle ».
Les derniers retardataires prennent place dans leurs confortables fauteuils et à 19 h 40, l’homme de la soirée entre en scène. Eric Zemmour se place au milieu de la scène, la salle se lève, les caméras s’agglutinent sur le devant de la scène pour filmer la « bête médiatique ». La salle s’embrase, le public scande le nom du polémiste à tue-tête et chante « Zemmour président », les applaudissements n’en finissent plus.
La guerre est déclarée
En terrain conquis, le « Z » joue sa partition à la perfection, évoque Toulon, le siège de la ville de 1793, sa passion pour Napoélon Ier. Vient ensuite le temps de parler d’actualité. Jeudi dernier, l’humoriste de France Inter Charline Vanhoenacker s’est filmée en train de dessiner une moustache d’Hitler sur le visage du journaliste, et d’écrire « zob » sur une affiche électorale d’Éric Zemmour. Interrogé à ce sujet, il n’y va pas par quatre chemins : « Tout le monde sait, qu’ils sont des agents de contrôle politique […] ce ne sont pas des comiques, ce sont les chiens de garde de l’idéologie dominante. » « Ça, ce n’est pas de la politique, c’est de l’humour et ce n’est pas décompté dans leur temps de parole », poursuit-il, en référence à son éviction de CNews depuis que le CSA a décidé de décompter son temps de parole au même titre que les partis politiques. Il en vient même à faire une proposition : « Il faut en finir avec le service public et le privatiser. » Une idée qu’il avait déjà formulée il y a quelque temps dans Face à l’info. À ce sujet, il n’a pas hésité à lancer une pique à Marine Le Pen qui a repris sa proposition il y a une semaine. Au fil de l’échange, différents thèmes seront abordés comme la discrimination positive et la crise des sous-marins entre la France, l’Australie et les États-Unis.
Éric Zemmour, fervent défenseur du débat, a longtemps souhaité débattre avec le chef de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier s’est souvent défilé, avant que l’on apprenne lors de cette conférence, que les deux personnalités débattront jeudi 23 septembre sur BFMTV de 21 h à 23 h. Malgré son éviction forcée de CNews, l’essayiste à succès n’est pas prêt de quitter les écrans français.
Après plus d’une heure d’échanges, la conférence prend fin. Les journalistes se précipitent avec leurs caméras et micros afin de recueillir la moindre parole. Et surtout, espèrent-ils, une phrase, un mot, un signe qui donnerait un indice sur l’officialisation de sa participation à la présidentielle. « C’est à moi de choisir le moment, ce n’est pas une décision facile, on me promet des grands malheurs si je fais ça, on me menace. C’est une décision lourde, il faut la mesurer. Mais ne vous inquiétez pas, je le dirai ». Pour les confidences, il faudra repasser…
Les dédicaces et photos se poursuivent tard dans la soirée ; aux alentours de 23 h 25 Éric Zemmour signe son dernier livre à une jeune fille réjouie.
C’est un rythme marathonien qui commence pour le journaliste qui sera dès le lendemain à Nice pour une nouvelle conférence.
De l’arrivée des libéraux au pouvoir en octobre 2015 à juillet 2021, nous pouvons observer que l'indice des prix des propriétés MLS® a bondi de 303 500 $, ou 70 %. Le prix de référence s’établissait alors à 1,176 million de dollars dans le Grand Vancouver et à 1,054 million dans le Grand Toronto. La région métropolitaine de Montréal se trouvait sous la moyenne canadienne, à 496 000 $. En 2019, Toronto a attiré 118.000 immigrants, Vancouver 40.000 et Montréal 34.000.
Si les prix ont évolué très rapidement à compter de 2016 et tout particulièrement pendant la pandémie, une accélération s’observait déjà sous l’ère du gouvernement conservateur de Stephen Harper.
Au premier du rang du G7
L’indice des prix de l’immobilier de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) démontre en effet que le pays a connu la plus importante progression aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, du Japon et de l’Italie.
Une analyse de la Banque Scotia soulevait en mai que le Canada comptabilise le moins grand nombre de logements par tranche de 1000 résidents parmi tous les pays du G7. La raison invoquée : la brusque hausse de la croissance de la population due à l’immigration. Autrement dit, la construction ne suit pas le rythme et la demande devient plus forte que l’offre.
Immigration au Canada, une des plus fortes dans le G7
En 2015, on comptait près de 8 millions d'immigrants au Canada, ce qui
représentait 21,8 % de la population. Le Canada figure parmi les pays
ayant une des plus fortes proportions d'immigrants, devant les États-Unis et
la moyenne des pays européens.
Mal informés, terrifiés, pas étonnant que les gens approuvent des mesures extraordinaires
Le professeur de psychologie à l'université de Toronto, Jordan Peterson, revient sur ce sondage qui souligne les Démocrates exagèrent nettement plus les effets de la Covid-19. Merci les gros médias subventionnés qui prétendent être du côté de la « Science » !
Traduction: J'ai été informé hier par une source fiable [le New York Times dans un graphique] que la moitié [41 %] des démocrates enregistrés pensent que l'infection à Covid comporte 50% de risques d'hospitalisation. Si cela est vrai [oui, selon le sondage Franklin Templeton-Gallup], il n'est pas étonnant que les gens soient terrifiés. Le vrai risque est de 2 % et bien inférieur à celui des jeunes en bonne santé.
Billet originel du 18 abril 2021
L’institut Brookings a utilisé les données mensuelles de 35 000 adultes qui ont répondu à l’étude économique Franklin Templeton-Gallup pour analyser les différences entre les électeurs démocrates et républicains sur une série de faits reliés à la Covid-19.
L’affiliation politique a profondément façonné la manière dont les Américains comprennent et réagissent à la pandémie. Comme l’indique une autre étude de Gallup et d’autres instituts, les attitudes concernant les risques de la Covid-19 et la volonté d’adopter des gestes barrières comme la distanciation sociale sont fortement liées à l’affiliation politique des personnes interrogées, davantage que l’exposition locale au virus ou à des facteurs démographiques comme l’âge ou des comorbidités existantes.
La recherche nous apprend également que l’adoption de la distanciation sociale variait parmi les républicains qui regardaient Fox News, selon qu’ils étaient plus susceptibles de regarder Tucker Carlson — qui avait mis en garde contre le virus — ou Sean Hannity — qui l’avait d’abord minimisé.
Désaccord sur les faits fondamentaux
Risque par tranche d’âge
Lorsqu’on lui demande d’estimer la part des décès par groupe d’âge, l’Américain moyen surestime considérablement la part des décès dus à la Covid-19 chez les personnes âgées de 24 ans et moins, la situant autour de 8 %, alors qu’en fait, elle était de 0,1 % jusqu’en août 2020 et est restée proche de ce niveau depuis. Pendant ce temps, les personnes âgées, celles de 65 ans et plus, représentaient 81 % des décès au moment de l’enquête (et 79 % jusqu’en novembre). Les démocrates surestimaient nettement plus que les républicains les risques pour les jeunes, même quand on tient compte des différences d’âge, de race, de sexe, de géographie et d’éducation. Le fait que la Covid-19 présente un risque de mortalité beaucoup plus élevé pour les personnes âgées que pour les jeunes était la caractéristique la plus claire du virus dès le début ; il est remarquable que de nombreux Américains restent mal informés sur ce facteur fondamental. Ce fait est peut-être moins étonnant quand on considère à quel point les médias progressistes pro-démocrates ont dramatisé les effets de la Covid-19 quitte à monter en épingle les très rares cas de jeunes qui mouraient de la Covid-19.
Le risque grave en cas d’infection
Le public américain, et particulièrement le partisan démocrate moyen, est également profondément mal informé sur la gravité du virus pour une personne infectée. En décembre, l’Institut Brookings a demandé : « Quel pourcentage de personnes infectées par le coronavirus a dû être hospitalisé ? »
La bonne réponse n’est pas connue avec précision, mais il est fort probable qu’elle se situe entre 1 % et 5 % selon les meilleures estimations disponibles, et il est peu probable qu’elle soit beaucoup plus élevée ou beaucoup plus basse. (Plus de détails ici.)
Moins d’un adulte américain sur cinq (18 %) donne une réponse correcte comprise entre 1 et 5 %. De nombreux adultes (35 %) disent qu’au moins la moitié des personnes infectées doivent être hospitalisées. Si cela était vrai, les millions de patients qui en auraient résulté auraient submergé les hôpitaux tout au long de la pandémie.
Les démocrates sont beaucoup plus susceptibles que les républicains de surestimer ce risque. Quarante et un pour cent des démocrates et 28 % des républicains ont répondu que la moitié ou plus des personnes infectées par la Covid-19 doivent être hospitalisées. Les républicains étaient également beaucoup plus susceptibles d’obtenir la bonne réponse, 26 % identifiant correctement le risque contre seulement 10 % des démocrates.
Les chercheurs se sont ensuite demandé si la compétence en calcul (la numératie) de base pouvait jouer un rôle important dans la capacité des gens à appréhender correctement les risques. Cette supposition a été confirmée par les données. La numératie a été mesurée à l’aide d’une version modifiée du test de numératie de Berlin. Les personnes avec un score de numératie important ont choisi nettement plus souvent les réponses correctes quant au taux d’hospitalisation des personnes infectées, mais un écart partisan important subsistait, même parmi ceux qui avaient une numératie élevée. Ceux qui ont de faibles scores en numératie surestiment considérablement les risques d’hospitalisation, quel que soit le parti, mais les démocrates sont encore plus susceptibles de se tromper.
Ces chiffres n’ont pas échappé à Bill Maher, un libertarien de gauche
L’animateur vedette de « Real Time » sur HBO, Bill Maher, a eu des mots durs à l’encontre des progressistes et à leur gestion de l’épidémie de Covid-19.
Dans son monologue de clôture ce vendredi soir, Maher a pris pour cible le traitement des médias pendant la pandémie, citant une étude de l'université Dartmouth qui révèle que « près de 90 % » de la couverture médiatique aux États-Unis sur la Covid-19 était négative alors qu'elle était de 50 % dans les médias non américains alors même que les conditions s’amélioraient.
« Quand toutes nos sources d’information médicale ont un angle politique, oui, vous vous retrouvez avec une population mal informée, y compris à gauche », a déclaré Maher aux téléspectateurs. Les libéraux se moquent souvent de la bulle de désinformation républicaine… mais qu’en est-il des libéraux ? Vous savez, ces gens très bien informés, ces partisans de la Science ?
Maher a ensuite présenté l’enquête Franklin Templeton-Gallup dont nous avons parlé ci-dessus.
« [Les démocrates] ont également une vision très exagérée du danger de la Covid-19 et du taux de mortalité chez les enfants, ce qui explique pourquoi aujourd’hui les États avec la plus forte proportion d’écoles encore fermées sont tous des États démocrates », a déploré Maher.
La vedette de HBO a critiqué le magazine Atlantic pour son utilisation de photos de plage quand ce magazine veut sensibiliser sur la propagation du virus « alors même qu’il semble de plus en plus que la plage est le meilleur endroit pour l’éviter ».
« La lumière du soleil est le meilleur désinfectant et la vitamine D est la clé d’un système immunitaire robuste », s’est exclamé Maher. « Le Texas a récemment éliminé les restrictions liées à la Covid et leurs taux d’infection ont diminué en partie à cause du fait que les gens sont sortis pour laisser le soleil et le vent faire leur travail. Mais pour de nombreux libéraux, “cela ne peut pas marcher parce que le Texas et la Floride qui aiment la plage ont des gouverneurs républicains”, mais la vie est compliquée ! »
Maher a ensuite félicité le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, pour être « un consommateur vorace de la littérature scientifique ».
« Et c’est peut-être pour cela qu’il a protégé sa population la plus vulnérable, les personnes âgées, bien mieux que le gouverneur de New York », a déclaré Maher, éreintant le gouverneur démocrate Andrew Cuomo. « Ce ne sont que des faits, je sais que c’est irresponsable de ma part de les rappeler. »
Dans un livre sur l’Europe à paraître ce 16 septembre en Italie, le pape émérite Benoît XVI alerte sur les conséquences en cascade de la séparation entre sexualité et fécondité. Une analyse partagée et saluée par le pape François.
« Avec la légalisation du “mariage homosexuel” dans seize États européens, le thème du mariage et de la famille a pris une nouvelle dimension qui ne peut certainement pas être ignorée ». Telle est la première phrase du texte inédit du pape émérite Benoît XVI introduisant l’ouvrage La Vera Europa, identità e missione, – La vraie Europe, identité et mission – qui paraît le 16 septembre aux éditions Cantagalli. Le livre de 264 pages est le troisième volume d’un projet éditorial qui rassemble une sélection des textes de Joseph Ratzinger-Benoît XVI. Les deux précédents ouvrages avaient également été préfacés par le pape François.
Liens étroits entre la pilule et le suicide assisté
Dans son texte d’un peu plus de deux pages envoyé à l’éditeur en avril dernier, Benoît XVI dresse un raisonnement en quatre temps. D’abord, il explique que « le “mariage homosexuel” est en contradiction avec toutes les cultures de l’humanité qui se sont succédées jusqu’à présent ». Jamais auparavant n’avait été remis en question le fait que « l’existence de l’homme – en tant que mâle et femelle – [était] ordonnée à la procréation », insiste-t-il. Cette « certitude originelle qui a été évidente pour l’humanité » a selon lui été bouleversée avec l’introduction de « la pilule » contraceptive. Car celle-ci a rendu possible la « séparation entre fécondité et sexualité ». Dès lors, toutes les formes de sexualité sont devenues « équivalentes » ; « il n’existe plus aucun critère de fond », constate le pontife émérite.
Il en déduit que, si la sexualité est séparée de la fécondité, « alors, inversement, la fécondité peut naturellement être pensée sans sexualité ». L’homme ne serait donc plus compris comme « un don reçu » mais un comme « produit planifié ». Or, « ce qui peut être fabriqué peut aussi être détruit », prévient le théologien de 94 ans. Et de s’inquiéter de la « tendance croissante » au recours au « suicide comme fin planifiée de la vie ». Finalement, le pape émérite assure que derrière les réflexions sur le mariage homosexuel, la pilule ou bien le suicide assisté se cache une « question fondamentale » : « qui est l’homme ? ». Il pose alors cette alternative : « soit l’homme est la créature de Dieu, l’image de Dieu, le don de Dieu, soit l’homme est un produit que lui-même sait créer ».
Un raisonnement salué par le pape François
Dans sa préface rédigée le 28 juillet dernier, le soutien du pape François au pape émérite est manifeste. « Je suis heureux de présenter ce volume », commence-t-il par écrire, avant de reprendre brièvement l’alternative existentielle proposée par son prédécesseur et les enjeux qu’elle soulève. Il s’attriste lui aussi du fait qu’en Europe, « l’idée de respect de toute vie humaine disparaît de plus en plus, à partir de la perte de la conscience de son caractère sacré ».
Puis il écrit : « au fil des ans, Benoît XVI n’a pas craint de dénoncer avec beaucoup de courage et de clairvoyance les nombreuses manifestions de ce renoncement dramatique à l’idée de création, jusqu’aux conséquences actuelles les plus récentes ». Des conséquences qui, selon le pontife argentin, sont « décrites de manière absolument claire et convaincante dans le texte introductif [de Benoît XVI, ndrl]».
En conclusion de sa préface, le pape François fait sienne l’espérance de son prédécesseur, convaincu que « le désir de Dieu » est « profondément inscrit dans chaque âme humaine et ne peut disparaître ». Et de le citer : « nous les humains, sommes agités jusqu’à ce que nous ayons trouvé Dieu. Cette agitation existe aussi aujourd’hui. C’est l’espérance que l’humanité, encore et toujours, se mette en route vers ce Dieu ».
Selon un sondage Léger auprès de 2005 Canadiens recrutés à partir du panel LEO (Léger Opinion) du 27 au 30 août 2021, les priorités du prochain gouvernement devraient être celles reprises dans la colonne de droite du tableau ci-dessous. Le chiffre qui suit chaque thème indique pour quelle part des personnes interrogées il devrait s’agir de la priorité du prochain gouvernement. Notons que cette liste n’est pas complète et omet certains sujets peu politiquement corrects, notamment la lutte contre la criminalité. En outre, devoir préciser une seule priorité ne permet pas de bien saisir l’importance relative des priorités : de nombreuses personnes peuvent trouver que l’inflation est le problème le plus pressant, mais les mêmes nombreuses personnes peuvent également penser que l’immigration est la seconde priorité, mais l’importance de ce second thème n’apparaîtra pas dans cette liste. Un sondage de juin 2021 montre bien que ce sujet inquiète de nombreux Canadiens : Près de 40 % des Canadiens (32 % des Québécois) croient que l’objectif de 400 000 immigrants par an est trop élevé.
Dans la colonne de gauche, on trouve les cinq thèmes abordés lors du dernier débat des chefs, en anglais. Chaque sujet a été débattu pendant environ 20 minutes. L’établissement de ces thèmes par les diffuseurs du débat n’est pas innocent, il s’agit de dire aux spectateurs ce qui importe, quels sont les sujets légitimes, ce qui peut se discuter entre personnes sérieuses. Par un pur hasard, les thèmes du débat sont plutôt ceux de la gauche canadienne. Aucun thème de droite : l’immigration, les confinements étaient-ils nécessaires, la dette publique qui explose, la participation du Canada aux échecs militaires (l’Afghanistan), l’identité occidentale, la criminalité, la liberté d’expression menacée, la lutte contre la drogue ou l’alcoolisme, notamment sur les réserves indiennes, l’effondrement de la natalité, les dégâts de la culture woke, la crise des valeurs, etc.
Notons aussi que la façon d’aborder ces thèmes était souvent typique du prisme de gauche. C’est ainsi que pour la question autochtone aucun des chefs n’a osé parler franchement de la viabilité à long terme du système de réserves soutenu à bout de bras par l’argent public. Les réserves sont souvent aujourd’hui des petites villes, des villages. Or, le Canada voit ses petites villes et villages se vider. Pourquoi les réserves indiennes devraient-elles bénéficier d’un traitement de faveur exorbitant sur le plan financier pour qu’elles survivent dans des régions souvent fort éloignées et qui se vident par ailleurs ? Aucun chef n’a tenté d’aborder cette question de manière honnête. Et bien sûr, la modératrice n’a pas non plus posé cette question taboue pour la gauche. (Elle a été nettement moins timide quand il s’est agi de condamner le prétendu racisme qui soutiendrait des projets de loi québécois récents.)
Un véritable chef conservateur aurait dit ou pensé : « j’ai vu les thèmes proposés, je pense qu’ils ne répondent pas à ce que les Canadiens attendent d’un parti comme le mien, il faut parler des priorités conservatrices ». Il n’aurait pas dû concéder la manière dont était abordé le débat, il aurait dû présenter ses priorités peu importe la question posée. Cela requiert bien sûr du courage et une grande maîtrise de ses dossiers, mais il aurait alors vraiment dynamisé sa campagne électorale et montré qu’il avait l’étoffe d’affronter les décisions difficiles d’un futur Premier ministre conservateur responsable même si cela déplaît à la classe médiatique. En cédant sur les termes du débat, en concédant que les thèmes progressistes choisis étaient légitimes et les plus importants, Erin O’Toole ne pouvait gagner ce débat. Son manque de dynamisme, de courage, de spontanéité a fait le reste. Peu importe ce qu’il répétait comme réponses robotiques. Les thèmes de la campagne étaient établis par les adversaires des conservateurs.
Priorité des sondés
Thèmes du dernier débat
1. Le coût de la vie et l’inflation : 13,5 %
Accessibilité (coût de la vie)
2. L’augmentation du financement en santé : 11,5 %
3. La reprise économique post-pandémie : 10,9 %
Reprise économique post-pandémie
4. La gestion de la pandémie : 10,1 %
5. Les impôts que paient les Canadiens : 8,5 %
6. L’accessibilité au logement : 8,4 %
7. La lutte aux changements climatiques : 8,2 %
Changement climatique
8. La réduction de la pauvreté et de l’itinérance : 7,7 %
9. La réduction des déficits publics et de la taille de la dette fédérale : 6,7 %
10. La création d’un programme d’assurance-médicaments : 6 %
11. La réconciliation avec les peuples autochtones : 3,7 %
Réconciliation avec les autochtones (4 % de la population au Canada, un peu plus d’un 1 % au Québec)
12. L’augmentation des places et la réduction des frais en garderie : 2,7 %
Texte de Pierre Vermeren, auteur de nombreux ouvrages remarqués. Pierre Vermeren a en particulier publié La France qui déclasse. Les gilets jaunes, une jacquerie du XXIe siècle (Tallandier, 2019) et On a cassé la République. 150 ans d’histoire de la nation (Tallandier, 2020).
C’est un fait social majeur et pourtant occulté : plusieurs millions de jeunes hommes français en grande difficulté se sont mis en marge de notre société. Or ils ne suscitent nulle empathie et ne bénéficient d’aucune sollicitude, explique l’universitaire, normalien, agrégé et docteur en histoire.
Des millions de jeunes hommes nés en France dans les années 1990 et 2000 sont à la dérive dans notre société, et cela ne se limite nullement aux classes populaires. Cette réalité humaine augure mal de l’avenir du pays en tant que nation libre et souveraine, socle de notre démocratie. Certes, la France n’a jamais été avare du sang de ses jeunes hommes, comme l’ont prouvé tant de guerres ou de faits sociaux (l’automobile a tué 600 000 Français pendant un gros demi-siècle d’accidents de voiture, de 1948 à 2015, très majoritairement des jeunes hommes). Mais notre longue période de paix accouche d’un mode sacrificiel inédit pour des millions de jeunes concitoyens. Par où commencer, tant les éléments de cette crise sont avérés, nombreux et irréfutables pour peu qu’on les observe avec attention ?
Notre société âgée — cela saute aux yeux de retour d’un autre continent — a fait le choix d’occulter ses jeunes hommes, de passer outre leur avenir. Que l’on songe à la crise du Covid-19, qui a aggravé leurs maux, notamment la déprise éducative, alors qu’ils n’ont jamais couru de péril mortel ; à la réussite scolaire et universitaire des filles, qui, à situation comparable, surclassent partout les garçons, sauf en sciences (seul ce second sujet n’est pas tabou) ; à la déliquescence de leurs domaines professionnels traditionnels, l’artisanat, l’industrie, l’agriculture et la chose militaire ; et, plus généralement, à l’abandon des activités productives, transférées à l’étranger, au profit des services qui sont plus propices aux femmes ; enfin, à la désintégration de la famille comme structure de protection, de transmission culturelle, mais aussi de responsabilisation et d’amour. La liste n’est pas close.
On rétorquera dans les milieux favorisés que les grandes écoles sont peuplées de garçons brillants, que tout un chacun connaît un jeune ingénieur ou un financier junior plein d’avenir, un jeune chef cuisinier prometteur ou un ambitieux médecin, un énarque qui ira loin ou un talentueux journaliste ! Mais ces arbres cachent la forêt.
Une poignée de repêchés de la filière ZEP [Zone d’éducation prioritaire] et la réalité de jeunes femmes en grandes difficultés ne changent rien à cet effet de structure : la disqualification et la mise à l’écart de millions de jeunes hommes dans notre société, alors même que les générations sont moins nombreuses. Ce phénomène a été dévoilé en Grande-Bretagne, où les statistiques révèlent que les jeunes hommes blancs des classes populaires sont, par leur éloignement culturel et géographique, presque exclus des études supérieures (voir, par exemple, Christopher Snowdon, The Lost Boys. The White Working Class Is Being Left Behind, The Spectator, 18 juillet 2020). [Voir aussi Angleterre : enfants blancs défavorisés moins aidés que ceux des minorités ethniques.]
Nos dirigeants sont passés à côté d’un phénomène de masse qui compromet gravement l’avenir du pays : la perte de confiance, d’estime, de motivation, pour tout dire de pulsion vitale, de millions de jeunes hommes
La France accepte bon an mal an de vivre avec 6 millions de chômeurs, inactifs tout ou partie, et 2 millions d’allocataires du RSA (une faible part se recoupant). L’OCDE a pointé dans ce pays l’existence de 3 millions de jeunes ni à l’université, ni exerçant un travail, ni en stage. Le gouvernement se félicite à juste titre des progrès de l’apprentissage, puisque 500 000 apprentis (16-29 ans) sont entrés dans cette filière l’an passé. Fort bien. Mais, alors que la France traverse une période de chômage et de sous-emploi à son acmé, les employeurs attendent en vain des centaines de milliers de travailleurs et autant d’offres d’emploi demeurent non pourvues.
Il y a longtemps que la désincitation sociale et médiatique au travail, a fortiori quand il est physique, manuel et exigeant, décourage des millions d’actifs potentiels. Les causes et les justifications de ce refus de travailler trouvent leur rationalité. Les revenus sociaux de toutes sortes permettent de vivre petitement, mais tranquillement, hors du monde du travail ; le travail au noir et l’économie délictueuse emploient beaucoup de monde ; l’école, puis l’enseignement supérieur, en fourvoyant des millions de jeunes, leur ont laissé une piètre image d’eux-mêmes, incitant les plus dynamiques à partir (1 million de jeunes Français ont quitté la France en dix ans, et pas seulement de brillants diplômés), et d’autres à sombrer ; le travail ouvrier et les stages, mal payés en France, ne permettent pas de se loger dans les métropoles, sauf à jongler entre allocations, familles ou colocations, toutes choses dont il n’est pas aisé de se dépêtrer. La carence de main-d’œuvre corvéable est la première cause de l’immigration, les classes supérieures réfugiées dans les métropoles ayant besoin d’hommes (et de femmes) à tout faire. Enfin, nous avons tous en tête le suicide d’agriculteurs ou de policiers, ce qui révèle la piètre condition offerte à de nobles métiers.
Bercés par le ronron rassurant d’une poignée de psychiatres médiatiques des années 1990 et 2000, expliquant aux boomeurs que jamais les jeunes Français n’avaient été si bien dans leur tête — ce que ces derniers voulaient entendre pour attester des vertus de leur éducation libérale-libertaire —, nos dirigeants sont passés à côté d’un phénomène de masse qui compromet gravement l’avenir du pays : la perte de confiance, d’estime, de motivation, pour tout dire de pulsion vitale, de millions de jeunes hommes. Il y a belle lurette que de jeunes Français n’ont plus gagné le Tour de France et que nos équipes professionnelles de football sont en grande partie peuplées de jeunes étrangers chargés d’animer nos stades. Nos clubs de football ont d’ailleurs souvent fermé leurs centres de formation. Mais le mal est plus grave.
La nature ayant horreur du vide, ces millions de jeunes hommes ont reconverti leur pulsion de vie. Les jeunes Français des siècles derniers étaient en majorité paysans, marins, soldats ou ouvriers ; ils se mariaient jeunes et fondaient une famille qu’ils avaient pour mission de nourrir. Tout cela est devenu résiduel, notre brillante économie de services ayant rendu inutiles des millions d’existences. La dignité du paysan, de l’ouvrier, du clerc et de l’instituteur ayant fait long feu, tout homme ne pouvant devenir un « intellectuel », le capitalisme libéral a offert des champs d’action et de substitution au réel. Car tout le monde ne peut pas partir ou disparaître.
Le ministère de l’Intérieur affirme que 200 000 jeunes sont enrôlés dans l’économie active de la drogue, un chiffre qui fait de cette filière d’emploi une des premières du pays (si l’on a des doutes, le film Bac nord, actuellement à l’écran, en présente une illustration dramatique). Mais à qui cette drogue est-elle revendue et pour quels usages ? Notre pays est devenu le premier consommateur européen de psychotropes, de cannabis en particulier. Chaque jour, 1,5 million de consommateurs réguliers s’adonnent à cette drogue « de la crétinisation », qui altère peu à peu les capacités neuronales et la volonté, « faisant stagner ses victimes dans des statuts des plus modestes, en faisant même des assistés à vie », selon les termes de la « Lettre ouverte aux députés à l’origine du rapport sur le cannabis “récréatif” » (une mission parlementaire homonyme a été créée en janvier 2020, NDLR) du président du Centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT), le 17 mai 2021.
Cette drogue censément interdite est disponible pour tous à faible coût. C’est le retour de L’Assommoir, dans lequel Zola décrivait la condition d’ouvriers parisiens du XIXe siècle ayant sombré dans l’alcoolisme. Des centaines de milliers de jeunes voient leur santé mentale irrémédiablement affectée par le cannabis, cependant que l’État réduit encore le nombre de lits en psychiatrie. Chacun peut observer au quotidien les jeunes toxicos de la rue, souvent en groupes avec des chiens, la France comptant 300 000 SDF… en grande majorité des hommes.
Outre le cannabis, il existe deux autres faits technologiques qui ont pour conséquence de neutraliser les volontés et de tenir à domicile un nombre élevé de jeunes hommes : les jeux en ligne et la pornographie librement accessible
Il existe deux autres faits technologiques qui ont pour conséquence de neutraliser les volontés et de tenir à domicile un nombre élevé de jeunes hommes en les occupant nuitamment. Il s’agit d’une part des jeux en ligne, dont la France se targue d’être un champion en termes de créativité et de production. Les jeux en réseau mobilisent certainement des centaines de milliers de jeunes gens, nuit et jour, soustraits pour un temps indéterminé aux échanges humains « en présentiel ». Comme la drogue, les jeux peuvent devenir une source d’addiction féroce qui arase tout sur son passage : la vie affective et conjugale, le travail et la vie sociale, la culture et l’éducation. La prise en compte de ce risque social, qui n’est pas incompatible — tant s’en faut — avec la prise de psychotropes — car il faut se tenir éveillé durant des dizaines d’heures parfois — n’est que marginalement actée par la santé publique, qui se concentre sur les urgences.
La tabagie stagne en France (la contrebande compensant la baisse des recettes taxées) et l’obésité ne cesse de croître. Elles amplifient les effets de la sédentarité et des addictions que l’on vient d’évoquer. Il serait naïf et faux de croire que seuls les jeunes démunis sont frappés par ces phénomènes, car la drogue ou le jeu demandent des moyens matériels et intellectuels parfois conséquents.
Enfin, tout cela est imbriqué à la pornographie librement accessible, fournie à foison par les États-Unis, qui perturbe la sexualité vécue et la fréquentation du deuxième sexe, voire s’y substitue. Malgré des tentatives de restriction poussées par les autorités françaises pour les mineurs, la pression du capitalisme libertaire souffle puissamment pour maintenir ouvertes ces vannes.
Face à tant de dysfonctionnements, […] toute la société est bousculée, fragilisée et menacée
Que l’on comprenne bien, pour résumer, qu’il existe en France peut-être 3 millions de jeunes hommes, pour reprendre le chiffre suggéré par l’OCDE (soit deux fois le nombre de morts en 1914-1918), qui sont enfermés dans ces nouveaux faits sociaux et ces spirales addictives ; ces hommes manquent cruellement et peut-être définitivement pour beaucoup à la vie sociale, économique et démocratique. Car, entre non-inscription sur les listes électorales, absence de participation à la cité ou radicalités politiques, les conséquences sont lourdes.
Le déséquilibre ainsi fait à la société compromet son avenir. Depuis dix ans, la chute avérée de la natalité (moins 100 000 bébés en une décennie) en France, en dépit d’une surnatalité migratoire que tout démontre (comme le triplement en vingt ans des prénoms musulmans attribués à la naissance, selon la base Insee), en est un indice avancé. Elle va s’intensifier avec la progression du célibat et des couples sans enfants encouragés par une tendance radicale de l’écologie. L’effondrement de la production française, que révèle notre déficit extérieur croissant depuis 2000, est un autre indice de notre paralysie : il faut importer toujours davantage ce que nous ne produisons plus.
Pour compenser ces tendances lourdes, l’État français joue sur deux tableaux : financer les dépenses courantes en empruntant, avec pour résultat une croissance quasi nulle ; et recourir à une forte immigration (surtout des hommes), avec le même résultat.
Face à tant de dysfonctionnements, qui ne sont pas sans affecter les jeunes femmes, souvent plus diplômées, mais confrontées à la défaillance de tant d’hommes, toute la société est bousculée, fragilisée et menacée. Notre société politique oscille entre deux pôles : les 17 millions de retraités, soit la moitié des Français qui votent — et qui « font » la présidentielle —, raison pour laquelle les candidats les aiment (la génération Belmondo) ; et la jeunesse minoritaire et supposément rebelle des métropoles (la génération Greta), portée aux nues, qui offre de belles images médiatiques. Entre les deux, le monde du travail et les déclassés sont priés de se faire discrets. À notre péril.
Un succès de librairie américain enfin traduit en français nous raconte les origines et les principes des théories de l’identité du genre et de la race qui gangrènent l’université.
Une militante du groupe « Woke vote » se tient devant une statue d’Abraham Lincoln, en août 2020.
Une actrice qui compte « les noirs dans la salle », des pronoms neutres pour ne pas offenser, un autodafé de bandes dessinées jugées racistes, une pièce de théâtre interdite, une conférence annulée, des portraits d’ancêtres décrochés, des statues déboulonnées, des toilettes transgenres… ? Il ne se passe plus un jour sans que le militantisme woke ne fasse l’actualité.
« Privilège blanc » « masculinité toxique », « grossophobie », « intersectionnalité », « hétéronormativité » : leur jargon prétentieux envahit l’espace public. Leurs postures radicales sont tellement fantaisistes qu’on finit par se demander s’il s’agit d’une menace bien consistante ou bien d’une minorité d’activistes sans réel pouvoir. La lecture de l’essai des deux intellectuels américains Helen Pluckrose et James Lindsay Le Triomphe des impostures intellectuelles vient nous démontrer qu’il faut prendre très au sérieux la théorie qui anime ces nouveaux utopistes. Foisonnant de références (nos auteurs ont pris la peine de lire tous les prophètes de la théorie critique) et écrit dans un style peu littéraire, mais extrêmement clair, ce succès de librairie américain traduit pour la première fois en français est le livre qu’il faut lire pour tout comprendre aux racines et à l’ampleur du mouvement.
Des incohérences en pagaille
Au départ il y a la théorie : le postmodernisme. Pluckrose et Lindsay remontent aux origines de ce mouvement intellectuel né en France dans les années 1960 (et baptisé « French Theory » aux États-Unis) dont les Pères fondateurs furent Michel Foucault, Jacques Derrida et Jean-François Lyotard. Un credo : la déconstruction. Et deux grands principes : le principe postmoderne de connaissance, un scepticisme radical sur la possibilité même d’une connaissance objective (tout est construction sociale, y compris le savoir), et le principe politique postmoderne selon lequel la société est structurée par des systèmes de pouvoir (le patriarcat, le privilège blanc, etc.). Pouvoir partout, vérité nulle part. Ce « complot sans comploteurs », pour reprendre la formule de Boudon parlant de Bourdieu, se mue en délire paranoïaque : nos démocraties, loin d’être des sociétés égalitaires où s’est déployé un progrès unique au monde pour les femmes et les minorités seraient le théâtre d’une oppression aussi puissante que sournoise.
Pluckrose et Lindsay dégagent quatre grandes thématiques postmodernes : le brouillage des frontières, le pouvoir du langage, le relativisme culturel, la fin de l’individu et de l’universel. À l’université, la théorie, au service de la cause de la justice sociale se déploie dans divers départements : postcolonialisme, théorie de la race, théorie queer, études de genre, « fat studies » (« études de corpulence » sic). Le point commun entre ces domaines de recherche ? Indexer la science sur le militantisme, et fonder la recherche sur le nouveau « cogito victimaire » : « Je subis l’oppression, donc je suis… comme sont aussi la domination et l’oppression ».
Le tout enrobé d’un langage délibérément abscons puisqu’il s’agit d’œuvrer dans l’indéfinissable. « Si pendant un certain temps, la ruse du désir est calculable pour les usages de la discipline, bientôt la répétition de la culpabilité (…) des autorités fallacieuses et des classifications peut être considérée comme l’effort désespéré de normaliser formellement la perturbation d’un discours de clivage qui viole les prétentions rationnelles et éclairées de la modalité énonciative » écrit ainsi Judith Butler, la papesse du Queer. Vous n’avez rien compris ? C’est normal : chez les théoriciens de la justice sociale, le manichéisme simplificateur va de pair avec la sophistication intimidante.
Le monde universitaire, ce n’est pas comme Las Vegas — ce qui se passe à l’université ne reste pas cantonné à l’université
Helen Pluckrose et James Lindsay
Contrairement à la psychanalyste Élisabeth Roudinesco, qui dans son livre Soi-même comme un roi, tentait de disculper la French Theory des dérives identitaires de ses héritiers, Lindsay et Pluckrose démontrent la continuité entre les grands discours déconstructeurs des années 1960 et les fruits vénéneux du wokisme. Ils comparent les trois phases du postmodernisme à un arbre : le tronc, c’est la théorie, élaborée dans les années 1960-1970, les branches, c’est le postmodernisme appliqué (postcolonialisme, études queer, théorie critique de la race, études de genre, fat studies), et les feuilles de l’arbre c’est l’activisme proprement dit de justice sociale et ses méthodes de cancel culture. « Le monde académique, ce n’est pas comme Las Vegas — ce qui se passe à l’université ne reste pas cantonné à l’université » remarquent nos auteurs, qui soulignent que l’université, gagnée par la théorie devient « outil d’endoctrinement culturel nuisible à nul autre pareil ».
Nos auteurs ne manquent pas de relever les incohérences de la théorie. Ainsi elle professe un scepticisme absolu sauf en matière d’oppression conçue comme une réalité objective et irréfutable (Robin di Angelo, la papesse de la race, écrit ainsi : « la question n’est pas : “Y-a-t-il eu du racisme ?”, mais plutôt “Comment le racisme s’est manifesté dans cette situation ?” »). Elle brouille les frontières en permanence sauf quand il s’agit de la race. Elle prétend déconstruire tout essentialisme et multiplie les catégories (LGBTIQ). Surtout, point essentiel, on comprend à les lire le paradoxe d’un postmodernisme qui, parti du relativisme le plus radical, arrive au dogmatisme le plus extrême. Parce que justement, s’il n’y a de vérités que subjectives, c’est la dictature des ressentis qui s’installe.
Un échec du libéralisme
« Le nihilisme s’est fait moralisme » remarquait déjà Allan Bloom dans son chef-d’œuvre L’Âme désarmée, où il analysait dès 1987 les dérives à l’œuvre dans les universités américaines. Lindsay et Pluckrose dédouanent eux complètement le libéralisme progressiste des dérives du postmodernisme, et en font même l’antidote. De l’arbre du postmodernisme surgi brutalement dans les années 1960, ils oublient les racines. Pour le conservateur Allan Bloom il y a au contraire une continuité entre le principe d’ouverture radicale prônée par les démocraties libérales, l’idée progressiste de table rase et le terreau sur lequel s’épanouissent les rêves rageurs de déconstruction. Si l’éthique minimale promue par le libéralisme se veut une promesse de paix, elle échoue dans les faits à maintenir une société ensemble. Il n’y a pas de civilisation composée uniquement d’individus. Une société dont les rapports sont organisés uniquement par le marché et le droit, sans traditions ni transmission est vouée à l’implosion.
Le délire woke n’est qu’une hérésie de la religion du progrès.
Source : Le Figaro
Le triomphe des impostures intellectuelles
Comment les théories sur l’identité la race, le genre gangrènent l’université et nuisent à la société,
par Helen Pluckrose et James Lindsay,
publié aux éditions H&o
paru le 3 septembre 2021,
à Paris,
380 pages,
ISBN-13 : 978-2845473843
Le wokisme se répand dans les entreprises, dans son ouvrage (La Grande Déraison) Douglas Murray indique :
L’activisme
en faveur de la justice sociale est censé — à juste titre — être le paramètre par défaut de tous les employés des grandes entreprises et la plupart d’entre elles, y compris Google, font passer des tests aux candidats pour éliminer toute personne ayant des penchants idéologiques non conformes.
Ceux qui ont passé ces tests confient avoir dû répondre à de multiples questions sur les problèmes liés à la diversité — sexuelle, raciale et culturelle — et témoignent que des réponses « correctes » à ces questions constituent la condition préalable à tout recrutement. La théorie de la « fragilité blanche »
Professeur émérite — en titre et en réalité — d’histoire à l’Université Baylor, Jenkins formule d’emblée une généralisation évidente sur le plan intuitif, mais puissante : « Les sociétés à forte fécondité… ont tendance à être ferventes, dévotes et enthousiastes sur le plan religieux. Inversement, plus le taux de fécondité est bas et la taille de la famille réduite, plus la tendance à se détacher de toute religion organisée ou institutionnelle est grande. » En d’autres termes, plus succincts, « la fécondité et la foi font route ensemble ».
La majeure partie de l’étude de Jenkins développe ensuite les aspects parfois peu évidents de cette thèse. Ainsi « ce qui, dans l’économie religieuse, distingue les gagnants des perdants n’est pas la solidité de leur théologie, mais leurs taux de fécondité » ou « les religions doivent développer de nouvelles méthodes de présentation de leurs opinions » si elles veulent survivre et réussir, ou encore « la sécurité et la stabilité tendent à réduire la fécondité » (et donc la foi).
Concernant les musulmans, Jenkins se concentre sur ce qu’il appelle « l’islam à deux niveaux », et distingue pour ce faire les pays à forte fécondité comme le Yémen et l’Afghanistan, et les pays à faible fécondité comme l’Albanie et l’Iran. Le premier niveau se caractérise par un « ensemble de valeurs » caractérisé par le communautarisme, une mentalité traditionnelle, une conception des sexes moins égalitaire et plus régentée, un sens plus aigu de l’honneur, une plus grande propension à l’agressivité et à l’instabilité ainsi qu’une adhésion inconditionnelle à des valeurs religieuses. Le second niveau se caractérise par une mentalité plus occidentale, une grande stabilité et un sens développé de l’individualisme. Les dirigeants iraniens méprisent tellement cette mentalité de plus en plus occidentale qu’en 2010, Mahmoud Ahmadinejad a décrit le désir de consommer plus plutôt que d’avoir des enfants comme « un acte de génocide ».
Contre toute logique, Jenkins observe que « même l’Arabie saoudite se trouve désormais sous le seuil de remplacement [des générations] », et insiste dans le même temps sur le fait que « aucun critère rationnel ne permet d’affirmer que l’Arabie saoudite… est en voie de sécularisation ». Or, les preuves manifestes d’un tel mouvement ne manquent pas. Pour ne citer qu’une statistique, un sondage WIN/Gallup de 2012 a montré que les « athées convaincus » représentaient 5 % de la population en Arabie saoudite tandis que les personnes « non religieuses » représentaient 19 %.
Jenkins émet plus d’une observation perspicace. En voici trois. La démographie signifie que « les chrétiens du Sud du globe sont à bien des égards plus proches de leurs voisins musulmans que de leurs coreligionnaires européens. » « L’idéologie de l’honneur [est] un indicateur de développement rarement pris en compte par les décideurs politiques. » Le déclin démographique de l’Iran « rend moins probable l’hypothèse d’une chute du régime à la suite d’une agitation populaire ».
À l’instar de ses autres écrits, Jenkins donne ici beaucoup de matière à réflexion et à discussion.
Fertility and faith par Philip Jenkins publié aux éditions Baylor University Press, à Waco (Texas), en juillet 2020, 270 pages, ISBN-13 : 978-1481311311, 37,18 $ canadiens
« Pour les garçons sans problèmes de santé sous-jacents, le risque d'événement cardiaque indésirable ou d'hospitalisation pour un tel événement, après leur 2e dose de vaccin à ARNm est considérablement plus élevé que leur risque d'hospitalisation COVID sur 120 jours, même en périodes de grande prévalence de la maladie » (c-à-d. pendant les vagues).
« Les conséquences à long terme de cette inflammation cardiaque associée au vaccin ne sont pas encore complètement définies et devraient être étudiées. Au lieu d'obliger les enfants à se faire vacciner, les États-Unis peuvent : 1) envisager de récolter des données sur les infections antérieures dans ce groupe d'âge ou 2) suivre l'exemple de l'Allemagne, la Suède, la Norvège et l'OMS et s'abstenir de recommander définitivement la vaccination des enfants à faible risque contre COVID-19, ou 3) offrir une seule dose aux adolescents comme le Royaume-Uni vient de l'annoncer tandis que plus d'informations sur les risques, les avantages, les inconvénients et le dosage ou la vaccination alternatifs les stratégies sont étudiées et considérés. »
Graphique de la BBC qui résume des avantages et risques de la vaccination des enfants et adolescents. Les risques (ceux identifiés comme les cas de myocardites) sont supérieurs pour la 2e dose aux bénéfices.