lundi 21 avril 2025

Canada — Mark Carney patine, bafouille et trébuche sur des questions simples liées au genre

Mark Carney patine, bafouille et trébuche sur des questions simples liées au genre et aux espaces réservées aux femmes biologiques. Carney ne répond pas à la question sur le nombre de genres (il dit 2 sexes ce qui est une question différente pour les LGBTQ). Quel brilliant et chaleureux orateur.

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Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post)

jeudi 17 avril 2025

Pourquoi les intellectuels se trompent (si souvent)


 

Chronique d'Eugénie Bastié sur le dernier livre de Samuel Fitoussi.

Lors des législatives anticipées de juin dernier des intellectuels et écrivains français, mais aussi du monde entier, ont appelé à voter pour le Nouveau Front populaire. Des centaines d’économistes bardés de diplômes ont soutenu un programme économique aberrant. Sur les campus des facultés les plus prestigieuses du monde occidental, on a vu des étudiants crier leur haine de l’Occident, juger la médecine « trop blanche » ou proclamer que la différence biologique des sexes n’existait pas. Comment expliquer un tel parti pris dans la frange de la population censée être la plus éduquée ?

« Et si la culture, l’intelligence et l’éducation n’étaient pas gages de sagesse, mais en réalité prédisposaient à l’erreur ? » : c’est la thèse audacieuse du jeune essayiste Samuel Fitoussi dans son dernier livre Pourquoi les intellectuels se trompent (Éditions de l’Observatoire). Dans la lignée d’un Raymond Aron (L’Opium des intellectuels), d’un Raymond Boudon (Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme), d’un Jean-François Revel (La Connaissance inutile), ou d’un Jean Sévillia (Le Terrorisme intellectuel), Fitoussi se penche sur une question épineuse de notre temps : comment des gens éclairés et cultivés peuvent-ils embrasser les pires options idéologiques ? Le XXe siècle en fut plein d’exemples funestes. L’écrasant soutien des intellectuels au communisme a montré la propension des clercs à s’aveugler sur le pire et même à le justifier. Simone de Beauvoir a fait l’éloge du maoïsme, Jean-Paul Sartre estimait qu’on n’avait pas tué assez pendant la Terreur. Les Khmers rouges, qui ont commis un génocide sur leur propre peuple, étaient dirigés par huit intellectuels francophones qui avaient tous étudié à la Sorbonne. À la conférence de Wannsee où les nazis décidèrent de la Solution finale, la moitié des participants détenaient un doctorat.

Féru de psychologie évolutionniste, cette discipline qui explique les comportements humains à partir de la théorie de l’évolution, Fitoussi cite abondamment (trop, peut-être) des études scientifiques pour expliquer les biais de l’intelligence. L’évolution a, dit-il, favorisé le conformisme. La raison n’est pas seulement une faculté orientée vers la recherche de la vérité, elle est aussi au service de notre réputation. Le souci de la vérité et le souci d’être bien vu s’affrontent en nous. Or les intellectuels ont souvent beaucoup à perdre à reconnaître qu’ils ont fait fausse route : que resterait-il de leur crédit ? C’est pourquoi, note Fitoussi, même « les intellectuels de gauche qui finissent par être en désaccord avec “la gauche” sur la quasi-intégralité des sujets ne passent jamais à droite, mais affirment plutôt vouloir rebâtir une “vraie gauche” ». En revanche l’intellectuel n’a pas grand-chose à perdre s’il se trompe. À la différence d’un entrepreneur qui fait faillite s’il fait les mauvais choix, l’intellectuel paie rarement le prix de ses erreurs. Le biais de confirmation, qui nous fait sélectionner des informations allant déjà dans le sens de nos croyances, et la douceur du déni, qui fait que notre cerveau évite au maximum les informations désagréables, font qu’il est très difficile à un intellectuel d’admettre avoir eu tort.

L’intellectuel est en outre prédisposé à l’idéologie car celle-ci lui donne un rôle prépondérant de grand organisateur social. Si la société est un jeu de Meccano à construire et déconstruire, l’intellectuel en devient le grand architecte, d’où sa propension à adopter les idéologies les plus constructivistes, à haïr la société telle qu’elle est et à s’éloigner du sens commun.

On sort de ce livre brillant un peu découragé. Si ni la culture ni l’intelligence ne nous préservent de l’erreur, et pire, si elles nous y prédisposent, à quoi bon lire, fréquenter les chefs-d’œuvre du passé et nourrir son âme ? Il semble que les philosophes ne sortent de la caverne que pour mieux y enchaîner leurs semblables. Fitoussi insiste sur « l’humilité » à laquelle devrait nous pousser la compréhension des biais de l’intelligence, mais aussi sur la nécessité de préserver la liberté d’expression, qui permet de mettre les idées en concurrence et de corriger les erreurs. « Personne ne méprise autant la crétinerie d’hier que le crétin d’aujourd’hui », écrivait Nicolás Gómez Dávila. Ce livre nous invite à nous méfier des doxas du présent qui seront les hérésies de demain.

Pourquoi les intellectuels se trompent
par Samuel Fitoussi,
paru le 9 avril 2025,
aux éditions de l'Observatoire,à Paris,
272 pp.,
ISBN-13: 979-1032933886

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Autres citations de l'aphoriste colombien Nicolás Gómez Dávila :


« L'instruction ne guérit pas la bêtise, elle lui donne des armes. »

 « “Social” est l'adjectif qui sert de prétexte à toutes les escroqueries. »

« L’homme d’aujourd’hui est libre, comme le voyageur perdu dans le désert. » 


mercredi 16 avril 2025

Selon Dany Laferrière, les Haïtiens emigrés au Québec ont aidé le Québec à devenir moderne, il faut en accueillir plus

Dany Laferrière, de l'Académie française, n'est pas le seul à dire que l'immigration massive d'Haïtiens est une richesse pour le Québec.

Voir cette chroniqueuse du site Noovo (réseau de télévision qui a remplacé V) pour qui c'est, semble-t-il, toute la richesse du monde.




Billet du 12 avril



Selon Dany Laferrière,  qui partage son temps entre la France et la Floride, les Haïtiens émigrés au Québec ont aidé le Québec à devenir moderne, il faut en accueillir plus surtout les réfugiés menacés d'être chassés par Trump.

Rémi Villemure lui a répondu. 

 
Les difficultés socio-économiques des Haïtiens au Québec sont connues.

Les données du recensement de 2021 de Statistique Canada offrent un portrait actualisé de la situation socio-financière des Haïtiens au Québec, bien que les informations spécifiques à cette communauté soient moins détaillées que pour 2016 dans les sources publiques. Voici ce qu’on peut en tirer :

Population : En 2021, environ 165 095 personnes d’origine haïtienne vivaient au Canada, dont 86 % résidaient au Québec, soit environ 142 000 personnes. Cette population est en croissance par rapport aux 143 164 recensées en 2016.

Revenus : Les données précises sur les revenus des Haïtiens en 2021 ne sont pas isolées dans les sources disponibles, mais les immigrants récents (2011-2016) au Québec, dont une part significative est d’origine haïtienne, affichent un revenu moyen annuel d’environ 29 000 $ pour les 25−54 ans,contre 49 000 $ pour les 25-54 ans, contre 49 000 pour les 25-54 ans, contre 49 000 pour les non-immigrants. Les personnes noires (incluant les Haïtiens) ont un salaire moyen de 29 390 $. En 2016, environ 74 % de leurs revenus proviennent de l'emploi, mais 20,7 % dépendent des transferts gouvernementaux, une proportion plus élevée chez les femmes (25,8 %) par rapport à la moyenne des femmes québécoises (20,9 %). Ces écarts suggèrent une persistance des défis financiers pour la communauté haïtienne.

Emploi et chômage : En 2021, le taux d’emploi des personnes issues de minorités visibles (incluant les Haïtiens) âgés de 15 à 64 ans est de 68 %, contre 74,9 % pour les non-minorités, soit un écart de 7 points. Les données spécifiques aux Haïtiens indiquent un taux de chômage toujours supérieur à la moyenne québécoise, estimé à environ 8,3 % en 2019, contre 5,2 % pour la population générale, une tendance probablement similaire en 2021. Les secteurs d’emploi restent concentrés dans les soins de santé (environ 25 %), le commerce de détail, la fabrication et les services administratifs.

Pauvreté : Plus de 34 % des immigrants récents (2011-2016) âgés de 25 à 54 ans vivent avec un faible revenu, contre 10 % des non-immigrants. Cette situation affecte particulièrement les Haïtiens.

Éducation : Les niveaux de scolarité progressent. En 2021, 29,5 % des Québécois de 25 à 64 ans détiennent un diplôme universitaire, et les Haïtiens suivent cette tendance avec une augmentation des diplômés universitaires (18,6 % en 2016) et des certificats professionnels (20,3 % en 2016).

Concentration géographique : La quasi-totalité des Haïtiens (92 %) vivent dans la région métropolitaine de Montréal, principalement sur l’île de Montréal (61 %), à Laval (16 %), en Montérégie (11 %) et à Lanaudière (9 %). Cette concentration limite parfois l’accès à des opportunités hors des centres urbains.

Langue et intégration : En 2021, la maîtrise du français reste quasi universelle (98 %) chez les Haïtiens, avec 54 % parlant uniquement le français et 44 % étant bilingues (français-anglais). Le créole est encore une langue maternelle importante (33 %).

Résumé : Comparé à 2016, le recensement de 2021 montre une légère croissance démographique et une amélioration de la scolarité, mais les écarts de revenus, le chômage élevé et la précarité financière persistent, particulièrement pour les immigrants récents. Les données spécifiques aux Haïtiens sont moins granulaires en 2021, mais les tendances générales des minorités visibles et des immigrants récents s’appliquent. Pour un portrait plus détaillé, consultez les tableaux de Statistique Canada (ex. : Tableau 98-10-0430-01) ou les rapports de l’Institut de la statistique du Québec.



 

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Histoire moderne racisée — « Les Haïtiens ont éduqué les Québécois »

Incendie de la Plaine du Cap le 22 août 1791. Massacre des Blancs par les esclaves noirs révoltés. France militaire

Massacres des blancs à Haïti

En 1791, un homme d'origine jamaïcaine nommé Dutty Boukman devint le chef des Africains réduits en esclavage dans une grande plantation de Cap-Français. Au lendemain de la Révolution française, il projeta de massacrer tous les Français vivant à Cap-Français. Le 22 août 1791, les Africains réduits en esclavage descendirent au Cap, où ils détruisirent les plantations et exécutèrent tous les Français qui vivaient dans la région. Le roi Louis XVI fut accusé d'indifférence face à ce massacre, alors que les esclaves semblaient penser que le roi était de leur côté. En juillet 1793, les Français des Cayes furent massacrés.

Malgré la proclamation française d'émancipation, les Noirs se rangèrent du côté des Espagnols venus occuper la région. En juillet 1794, les forces espagnoles assistèrent passivement au massacre des Blancs français à Fort-Dauphin par les troupes noires de Jean-François.

Dessalines arriva au pouvoir après l'évacuation par la France de ce qui était auparavant connu sous le nom de Saint-Domingue. En novembre 1803, trois jours après l'évacuation des forces de Rochambeau, Dessalines ordonna l'exécution de 800 soldats français qui avaient été laissés sur place pour cause de maladie pendant l'évacuation. Dessalines déclara : « Il y a encore des Français dans l'île, et vous vous croyez libres ».

Les discussions entre Dessalines et ses conseillers suggèrent ouvertement que la population blanche devrait être mise à mort au nom de la sécurité nationale. Les Blancs qui tentent de quitter Haïti en sont empêchés.

Le 1er janvier 1804, Dessalines proclama l'indépendance d'Haïti. À la mi-février, Dessalines demanda à certaines villes (Léogâne, Jacmel, Les Cayes) de se préparer à des massacres de masse. Le 22 février 1804, il signa un décret ordonnant la mise à mort de tous les Blancs dans toutes les villes. Les armes utilisées devaient être des armes silencieuses, comme les couteaux et les baïonnettes, plutôt que des armes à feu, afin de tuer plus discrètement et d'éviter d'alerter les victimes par le bruit des coups de feu et de leur donner ainsi la possibilité de s'enfuir.

En février et mars, Dessalines sillonna les villes d'Haïti pour s'assurer que ses ordres fussent exécutés. Il aurait ordonné aux récalcitrants de participer aux tueries, en particulier aux hommes métis, afin que la population noire ne portât pas seule le fardeau de la responsabilité. Les massacres eurent lieu dans les rues et à l'extérieur des villes.

À Port-au-Prince, après l'arrivée de Dessalines le 18 mars, le nombre de tueries augmenta. Selon un capitaine marchand, environ 800 personnes furent tuées dans la ville, tandis qu'une cinquantaine d'entre elles survécurent. Des sources de l'époque firent état de 3.000 morts au Cap-Haïtien.

Avant de quitter une ville, Dessalines proclama une amnistie pour tous les Blancs qui avaient survécu en se cachant pendant le massacre. Cependant, lorsque ces personnes quittèrent leur cachette, la plupart des Français furent tués à leur tour.

 Le secrétaire de Dessalines, Louis Boisrond-Tonnerre, se plaignit que la déclaration d'indépendance n'était pas assez agressive, disant que « ... Pour écrire un tel acte, il me faut le crâne d’un blanc pour écritoire, son sang comme encre, une baïonnette pour plume et sa peau pour parchemin », Dessalines lui-même s'engagea plus tard à « tuer tout Français qui souillerait la terre de la liberté par sa présence sacrilège ».

Les victimes blanches étaient presque toutes françaises, proportionnellement à leur part dans la population blanche d'Haïti. En ce qui concerne les cibles du massacre, le slogan de Dessalines illustre sa mission d'éradication de la population blanche : « Cassez les œufs, enlevez les jaunes [jeu de mots sur le mot “jaune” qui signifie aussi les mulâtres] et mangez les blancs ». Les Blancs des classes supérieures n'étaient pas les seuls visés ; tous les Blancs, quel que soit leur statut socio-économique, devaient également être tués, y compris les pauvres des villes connus sous le nom de « petits blancs ». Au cours du massacre, les coups de couteau, les décapitations et les éviscérations étaient monnaie courante.

Parallèlement aux meurtres, des pillages et des viols eurent également eu lieu. Comme ailleurs, la majorité des femmes ne fut pas tuée dans un premier temps, et les soldats auraient hésité à le faire. Les conseillers de Dessalines firent toutefois remarquer que les Haïtiens blancs ne disparaîtraient pas si on laissait les femmes donner naissance à des hommes blancs, et Dessalines ordonna ensuite que les femmes fussent également tuées, à l'exception de celles qui acceptaient d'épouser des hommes non blancs.

L'un des participants les plus célèbres au massacre est Jean Zombi, un mulâtre résidant à Port-au-Prince, connu pour sa brutalité. Un récit décrit comment Zombi fut arrêté un homme blanc dans la rue, l'a déshabillé et l'a emmené dans les escaliers du palais présidentiel, où il l'a tué à l'aide d'un poignard. Dessalines aurait été parmi les spectateurs ; il aurait été « horrifié » par l'épisode. Dans la tradition vaudou haïtienne, le personnage de Jean Zombi est devenu le prototype du zombie.

À la fin du massacre, Dessalines aurait déclaré : «  Je me rendrai heureux dans ma tombe. Nous avons vengé nos frères. Haïti est devenue une tache rouge sang sur la face du globe ! »  

À la fin du mois d'avril 1804, quelque 3 000 à 5 000 personnes avaient été tuées et les Haïtiens blancs étaient pratiquement éradiqués. Rappelons que la majorité des blancs avaient fui Haïti par vagues successives pendant la décennie précédente.

Dans la constitution de 1805, tous les citoyens sont définis comme « noirs ».

Girard écrit dans son livre Paradise Lost : « Malgré tous les efforts de rationalisation de Dessalines, les massacres étaient aussi inexcusables qu'insensés » L'historien trinidadien C. L. R. James partage ce point de vue dans son ouvrage de référence The Black Jacobins, écrivant que « le malheureux pays [...] était ruiné économiquement, sa population manquait de culture sociale, [et] ses difficultés ont été redoublées par ce massacre ».

Pour les anciens propriétaires blancs, la création d'Haïti signifie la perte de leurs biens, répartis entre les officiers et soldats de l'armée insurrectionnelle noire. Après la chute de Napoléon, ils réclament une autre intervention militaire française pour soumettre l'ancienne colonie, que les traités de Paris de 1814 et 1815 déclaraient toujours française.  Pour les armateurs et négociants des ports français, il faut que la France reconnaisse au plus vite l'indépendance d'Haïti, afin de reprendre leurs fructueuses liaisons transatlantiques. Finalement, craignant une nouvelle guerre désastreuse et un veto des États-Unis, le régime de la Restauration impose le versement par Haïti d'une indemnité pour les anciens propriétaires blancs de Saint-Domingue, en échange d'une reconnaissance de son indépendance.

Le 11 juillet 1825, sous la menace que fait peser sur l'île, une escadre de 14 vaisseaux pourvue de 500 canons, le roi de France contraint le président haïtien Boyer au règlement de frais d'indemnités d'un montant de 150 millions de francs-or. Condition à laquelle Charles X « concède », en souverain, l'indépendance de l'île. Dès 1826, les impôts qui ont été levés pour financer la dette sont la cause de révoltes paysannes. Sous la monarchie de Juillet, en 1838, cette dette est réduite à 90 millions de francs-or par Louis-Philippe.

(Source principale Ph. Girard)


Autriche - taux de fécondité par nationalité de la mère

Le tableau ci-dessous illustre le Indice synthétique de fécondité (ISF) en Autriche selon la nationalité des mères en 2023. Les femmes autrichiennes (nées en Autriche) ont 1,23 enfant en moyenne, celles à l'étranger ont un ISF de 1,56.

Les mères syriennes, afghanes et kosovares sont en tête du classement, tandis que les mères iraniennes et ukrainiennes ont toutes deux un ISF inférieur à 1,0 en Autriche (c'est-à-dire moins d'un enfant par femme en moyenne).

Les mères turques sont également en dessous des mères de Serbie et de Bosnie-Herzégovine pour la première fois avec un ISF de 1,67.


La Cour suprême du Royaume-Uni déclare que les «femmes transgenres» ne sont pas légalement des femmes

La Cour suprême du Royaume-Uni a déclaré que la définition légale du mot « femme » en vertu de la loi sur l'égalité de 2010 se réfère au sexe biologique - et non au genre acquis. Dans un arrêt unanime rendu par Lord Hodge, la Cour a conclu que « le sexe est binaire » et que la caractéristique protégée du sexe dans la loi sur l'égalité s'applique sur la base de la biologie, et non de l'identité.

Susan Smith, centre gauche, et Marion Calder, centre droit, du groupe For Women Scotland, réagissent après que la Cour suprême a statué sur leur appel, mercredi devant la Cour suprême à Londres.

Cette décision met fin à une longue bataille juridique entre le gouvernement écossais et le groupe de campagne For Women Scotland. Le groupe avait contesté la législation qui incluait effectivement les femmes transgenres dans les quotas pour les conseils d'administration. Le tribunal a estimé que la redéfinition du terme « femme » pour inclure les personnes nées de sexe masculin mais titulaires d'un certificat de reconnaissance de genre (CRG) par les ministres écossais était illégale.

Dans un passage pertinent, Lord Hodge a déclaré : « La définition des termes “femme” et “homme” n'est pas conforme à la loi : La définition des termes  “femme” et “sexe” dans la loi sur l'égalité de 2010 fait référence à une femme biologique et à un sexe biologique. Il a toutefois ajouté qu'il ne fallait pas y voir « un triomphe d'un ou de plusieurs groupes de notre société au détriment d'un autre ».

Les personnes transgenres restent protégées par la loi sur l'égalité. Elles ont le droit de ne pas être discriminées ou harcelées, directement ou indirectement, qu'elles soient ou non titulaires d'un certificat de genre.

Les défenseurs de l'égalité des sexes ont salué ce jugement comme un retour au bon sens. L'ancienne députée travailliste Rosie Duffield, qui a démissionné de son poste l'année dernière en raison de la position du parti sur les droits des femmes, a appelé le parti travailliste à « reconnaître et à respecter les droits fondamentaux des femmes fondés sur le sexe ». Kemi Badenoch a déclaré que la décision confirmait « qu'on ne peut pas changer son sexe biologique » et que l'idée de l'auto-identification du genre « n'a jamais été vraie dans les faits, et ne l'est plus non plus en droit ». « Les femmes sont des femmes , a-t-elle déclaré,  et les hommes sont des hommes ».

mardi 15 avril 2025

17 avril 1975 — Il y a cinquante ans, les Khmers rouges investissaient Phnom Penh

Il y a cinquante ans, les Khmers rouges investissaient Phnom Penh. Suivrait un génocide qui coûtera la vie à un tiers des Cambodgiens.

Le presse de gauche française a salué la prise de pouvoir des Khmers rouges
 

Le 17 avril 1975, les Khmers rouges pénétraient dans Phnom Penh, capitale du Cambodge. Leur marche victorieuse avait commencé en 1968. Combattant le prince Sihanouk, puis le maréchal Lon Nol, allié des États-Unis, ces troupes pauvrement équipées avaient à leur tête un communiste formé à Paris : Pol Pot. À partir du désengagement américain, en 1973, elles avaient étendu leur emprise sur le pays. Le 1er avril, Lon Nol s’était exilé ; deux semaines plus tard, les habitants de Phnom Penh voyaient sortir de la jungle ces guerriers âgés de dix à quinze ans, tout de noir vêtus. Des gamins qui obéissaient à l’Angkar, l’organisation communiste révolutionnaire.

Quelques heures après leur arrivée, ils vidaient la ville de ses habitants. Hommes, femmes, enfants, vieillards, malades, tout le monde devait partir. Rithy Panh, alors âgé de onze ans, était embarqué avec sa famille au milieu de ce flot humain affamé, épuisé et terrorisé. Il survivra au règne des Khmers rouges, après avoir perdu toute sa famille, et trouvera refuge en Thaïlande, en 1979, puis en France l’année suivante.

Après une dizaine d’années de silence, devenu cinéaste, il racontera la tragédie de son peuple et tentera d’exorciser son passé à travers une série de films documentaires – S21, la machine de mort khmère rouge (2003), Duch, le maître des forges de l’enfer (2011), Les Tombeaux sans noms (2018) –, mais aussi de livres coécrits avec des Français – La Machine khmère rouge (2003), La Paix avec les morts (2020).

Paru en 2011 et coécrit avec Christophe Bataille, L’Élimination tire son titre de l’aveu formulé par Kang Kek Ieu, dit « Duch », responsable du centre S21 de Phnom Penh, où périrent, de 1975 à 1979, des milliers de victimes abominablement torturées, bourreau condamné à trente-cinq ans de prison pour crime contre l’humanité et filmé par Rithy Panh en attente de son procès d’appel : « Les Khmers rouges, c’est l’élimination. L’homme n’a droit à rien. »

L’ouvrage, enrichi d’une préface, alterne la relation du génocide cambodgien – 1,7 million de morts, presque un tiers de la population – et les souvenirs personnels de l’auteur. « La peur ne nous quittait jamais, c’était la seule vérité », écrit-il. Un texte glaçant mais puissant, qui ouvre d’insondables abîmes sur la capacité de l’homme fanatisé à faire du mal à son semblable.

Source : Le Figaro Magazine

L’Élimination,
par Rithy Panh et Christophe Bataille,
paru le 2 avril 2025,
chez Grasset,
272 pp.
ISBN-13 : 978-2246842309

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Pourquoi les intellectuels se trompent (si souvent) 



Pourquoi les richissimes universités américaines ne peuvent-elles pas faire face à la perte de quelques centaines de millions ?

COLUMBIA, première victime de l'assaut de Donald Trump contre les plus grandes universités américaines, dispose d'une dotation d'environ 15 milliards de dollars. (Voir aussi Trump et sa réforme de l'éducation)

L'administration de M. Trump n'a retenu que 400 millions de dollars de financement fédéral lorsqu'elle a remis à Columbia sa liste péremptoire d'exigences. Pourquoi, s'indignent les anciens étudiants, Columbia n'a-t-elle pas simplement dit à M. Trump d'aller se faire voir et ne s'est-elle pas rabattu sur son matelas bien garni de milliards ?


Hélas, pour Columbia et d'autres universités riches, le calcul n'est pas si simple. Leurs dotations ne sont pas faciles d'accès. Les subventions de recherche ne sont pas le seul levier du gouvernement. Et le chaos que M. Trump a créé sur les marchés fait que ce n'est pas le moment de vendre ni d'emprunter. En effet, même si le financement de la recherche continuait d'affluer, les comptables des grandes écoles auraient des insomnies.

Les subventions fédérales à la recherche représentent une part à deux chiffres des revenus de la plupart des universités privées prestigieuses, de sorte que leur perte définitive serait un coup dur pour chacune d'entre elles. Elles représentent respectivement 11 %, 15 % et 18 % des revenus des universités de Harvard, Yale et Princeton. Columbia, avec 20 %, est particulièrement vulnérable.

Même pour les institutions qui reçoivent encore de tels versements, le gouvernement impose de nouvelles règles ardues. Les National Institutes of Health (NIH), qui distribuent la plupart des fonds destinés à la recherche médicale, ont annoncé en février qu'ils plafonneraient à 15 % la part des subventions pouvant être consacrée aux frais généraux. Auparavant, environ 26 % des subventions étaient ainsi dépensées. Les universités ont contesté ce changement devant les tribunaux et, le 4 avril, un juge a annulé le plafonnement. Mais l'administration a déclaré qu'elle ferait appel, de sorte que toutes les universités pourraient bientôt devoir trouver des fonds supplémentaires pour assurer le fonctionnement de leurs laboratoires.

Les fonds de dotation des universités ne sont pas aussi utiles que leur valorisation en milliards de dollars pourrait le laisser penser. Tout d'abord, une grande partie de l'argent est réservée à un usage particulier, par exemple au financement d'un poste de professeur ou d'un centre de recherche spécifique. Des clauses juridiques empêchent souvent qu'il soit détourné à d'autres fins. Quoi qu'il en soit, les revenus d'un fonds de dotation sont généralement utilisés pour financer une grande partie des coûts de fonctionnement d'une université. Si l'on entame le capital, on entame cette source de revenus.

Le piège de la liquidité

De plus, il est difficile d'entamer le capital. De nombreux fonds de dotation, à la recherche de revenus plus élevés, ont investi massivement dans des actifs non liquides, tels que le capital-investissement, l'immobilier et le capital-risque. C'est une stratégie raisonnable pour les institutions qui prévoient d'exister pendant des siècles, mais il est beaucoup plus difficile de vendre des actifs pour couvrir un déficit budgétaire soudain. Dans un contexte de turbulences sur les marchés, les prix des actifs liquides, tels que les actions et les obligations d'État, ont fluctué ces derniers jours. Les fonds de dotation qui « décapitaliseraient » maintenant risqueraient de cristalliser d'importantes pertes.

Le battage médiatique autour des manifestations sur les campus au cours des 18 derniers mois a effrayé les grands donateurs, ce qui a réduit la collecte de fonds. Il n'est donc pas étonnant que de nombreuses universités cherchent à emprunter pour survivre. Les investisseurs ne paient pas d'impôt fédéral sur les revenus de la plupart des obligations vendues par les établissements d'enseignement, ce qui permet aux universités d'émettre des emprunts à des taux d'intérêt relativement bas. Au cours des trois premiers mois de l'année, les universités ont vendu pour près de 12 milliards de dollars d'obligations exonérées d'impôt, soit le montant le plus élevé jamais enregistré. Harvard a vendu 434 millions de dollars d'obligations exonérées d'impôts cette année et prévoit d'émettre 750 millions de dollars d'obligations imposables, malgré sa dotation de 52 milliards de dollars. Mais sa première vente d'obligations cette année a rapporté moins que prévu : il semble que les investisseurs ne soient pas totalement confiants dans les finances des universités.

Cela s'explique sans doute en partie par le fait que l'administration Trump a bien d'autres moyens de faire souffrir les universités sur le plan financier que de retenir les fonds destinés à la recherche. Elle pourrait rendre plus difficile l'accès des étudiants aux programmes d'aide financière du gouvernement. Elle pourrait délivrer moins de visas aux étudiants étrangers, qui ont tendance à payer l'intégralité des frais de scolarité. Avec l'aide du Congrès, il pourrait modifier les lois fiscales de manière à nuire aux universités.

L'administration précédente de M. Trump a institué un impôt relativement modeste sur les revenus des universités provenant des fonds de dotation, de 1,4 % par an sur les sommes dépassant 500 000 dollars par étudiant à temps plein. Cette taxe, dite d'accise, n'a touché que 52 établissements l'année dernière, bien que le seuil n'ait pas été indexé sur l'inflation, de sorte que ce nombre augmentera progressivement.

Les membres républicains du Congrès souhaitent étendre la portée et l'ampleur de la taxe. Un projet de loi proposé par Mike Lawler, de l'État de New York, étendrait la taxe aux fonds de dotation d'une valeur supérieure à 200 000 dollars par étudiant. Cela doublerait le nombre d'universités qui devraient payer. Un autre projet de loi prévoit de multiplier par 15 la taxe d'accise pour la porter à 21 %. En tant que sénateur, J.D. Vance, aujourd'hui vice-président, a préconisé de porter la taxe à 35 % pour les établissements les plus riches. Tout cela aurait un impact sur l'aide financière aux étudiants les plus pauvres en particulier : près de la moitié des revenus des universités provenant des fonds de dotation y sont consacrés, selon l'Association nationale des responsables d'entreprises des collèges et universités (NACUBO), un groupe de pression, et Commonfund, une société de gestion d'actifs.

En fait, la taxation des fonds de dotation a aussi des partisans à gauche. Deux législateurs démocrates du Massachusetts, où se trouvent Harvard et le MIT, ont proposé une taxe de 2,5 % sur les fonds de dotation des universités privées les plus riches, afin de financer l'enseignement public. Les démocrates du Connecticut (où se trouve Yale) envisagent de faire de même.

Les intérêts non taxés des obligations sont également dans le collimateur des républicains qui souhaitent réduire les impôts dans d'autres domaines. L'élimination de la subvention, non seulement pour les universités, mais aussi pour les États et les collectivités locales, permettrait de récolter quelque 25 milliards de dollars par an. Le fait qu'une partie de la charge pèse sur les universités qui sont des bastions de l'internationalisme libéral n'est que la cerise sur le gâteau.

lundi 14 avril 2025

Trois semaines dans un collège marseillais « dans la moyenne » : carnet de bord d’un observateur

Texte de Jean Mizrahi, entrepreneur, enseignant, ancien haut fonctionnaire (il y a plus de 30 ans).

Poursuivant mon exploration de l'Éducation nationale, j’ai effectué ces derniers jours un remplacement à temps partiel dans un collège public de Marseille, chargé de l’enseignement des mathématiques. Une aventure que je qualifierais volontiers de pédagogique et sociologique.
 
J’avais déjà exercé, à mi-temps, deux années durant, dans deux lycées professionnels de la région : l’un en filière « bac pro commerce » (traduisez : futurs vendeurs souvent plus intéressés par TikTok que par la TVA), l’autre en CAP mécanique et conduite. Ces expériences m'avaient convaincu que l'inculture littéraire et mathématique ne surgissait pas au lycée comme par magie, mais était un mal enraciné de puis bien plus longtemps. Curieux de voir à quoi ressemblait la situation plus en amont, je suis donc allé au collège. Et je me suis instruit. 
 
Le collège en question est "moyen" : ni ZEP hardcore ni perle rare, mais tout de même situé en périphérie. Classé en milieu de tableau dans les statistiques officielles du ministère de l’Éducation nationale pour 2024 (résultats du brevet), il offrait un terrain d’observation exemplaire. Voici quelques instantanés du terrain : 
 
1. Bases fondamentales aux abonnés absents Les tables de multiplication ? Inconnues au bataillon. Les divisions ? Posées au petit bonheur la chance. Le calcul mental ? Un cauchemar éveillé. Quant à la compréhension écrite, elle tient parfois plus du décryptage archéologique que de la lecture. 
 
2. Bazar quotidien garanti Chaque classe compte au moins un élève relevant de la psychiatrie – je n’exagère pas. Résultat : exclusions fracassantes (chaises lancées, livres jetés, etc.) mais temporaires, retours rapides, et rebelote. L’institution, impuissante, laisse se dérouler le même scénario indéfiniment. 
 
3. Un tiers d’élèves mal élevés Un tiers des élèves affichent un comportement oscillant entre la grossièreté et le je-m’en-foutisme. Les résultats scolaires s’en ressentent, les sanctions glissent sans avoir aucun effet. Impossible de sonder les familles sur trois semaines, mais le désintérêt parental transpire au travers de leurs rejetons. 
 
4. Un tiers de suiveurs Un tiers d’élèves, à potentiel, se laisse entraîner par les trublions. Pas foncièrement mauvais, mais faibles en caractère – ce qui, au collège, est une dangereuse vulnérabilité. 
 
5. Un tiers de naufragés de la salle de classe Un dernier tiers d’élèves sages, presque hébétés par l’agitation ambiante. Gentils, attentifs... mais freinés par le comportement désordonné de leurs camarades. 
 
6. Entre enseignants, un même diagnostic Les collègues décrivent la même situation : des classes plus ou moins difficiles, mais partout des éléments perturbateurs qui ralentissent la progression. Le métier relève autant du pédagogue que de l’arbitre de match de catch. 
 
7. Littérature + mathématiques = bug système La transposition d’un problème exprimé de façon « littéraire » en équation mathématique ressemble pour beaucoup à une expérience de physique quantique : on comprend vaguement les mots pris séparément, mais pas leur signification une fois mis dans le bon ordre. 
 
8. Désintérêt pour la réalité tangible Parler d’exemples concrets ? Peine perdue, alors que c’est le fondement de ma pédagogie. Ce qui compte, c’est : « Combien de points pour cet exercice ? » et « Est-ce que c’est noté ? » Le savoir pour le savoir, aucun intérêt. 
 
9. Chacun pour soi Projet pédagogique global ? Connaît pas. Chacun enseigne dans son coin, sans concertation, ni stratégie commune. 
 
10. Bienvenue au survival teaching Le remplaçant est largué sans boussole : pas de programme clair, débrouille-toi. Heureusement, j’ai pu joindre l’enseignant titulaire. À noter : les élèves "à problème" ne sont pas toujours ceux qu'on signale – les vrais champions du chaos savent rester discrets... quelques minutes. Après, bonne chance. 
 
11. Harcèlement ? On vous rappellera Un cas de harcèlement repéré et signalé. Réponse : « On s’en occupe et on vous dira ce qu’il en est. » J’attends encore. 
 
12. Vies cabossées Certains visages trahissent des enfances cabossées, marquées très probablement par la violence familiale. Ces élèves sont parmi les plus instables. Comment leur en vouloir ? Comment le système ne les a pas repérés et s’en est occupé : une honte. 
 
13. "Quart d’heure lecture" ou "quart d’heure bazar" ? Instauré quotidiennement, le quart d’heure lecture vire dans mes classes à une cacophonie où deux tiers des élèves oublient leur livre. J’ai dû jeter l’éponge, avec regret, pour reprendre un cours normal. 
 
Quelques conclusions (provisoires): 
 
A. Mélanger élèves sérieux et perturbateurs est une absurdité pédagogique
Il est totalement contre-productif de vouloir faire coexister dans une même classe des élèves motivés, des élèves fragiles et des élèves franchement ingérables. Le résultat est prévisible : le niveau général baisse et l’énergie des enseignants est absorbée par la gestion des troubles au lieu d’être consacrée à l’enseignement.

La solution ne passe pas par l’exclusion pure et simple, mais par la création de structures spécifiques adaptées pour les cas difficiles :
  • Petites classes encadrées par des enseignants formés à la pédagogie spécialisée,
  • Internats éducatifs pour les jeunes issus d’environnements violents ou toxiques,
  • Programmes spécifiques de remise à niveau pour réintégration éventuelle.

Oui, cela demande des moyens. Mais continuer à mélanger tout le monde par peur de stigmatiser revient à sacrifier les élèves sérieux (à plus forte raison quand ils rencontrent des difficultés) sur l'autel d’une illusion d’égalité. 
 
B. Discipline et implication des parents : un duo inséparable
La discipline ne peut être efficace sans l’implication des familles, sans que cela se traduise par une violence contre les gamins une fois rentrés à la maison. Les parents doivent donc être associés, et ne plus être vus comme des empêcheurs de tourner en rond, mais sans tomber dans le travers socialiste du parent qui a forcément raison. Il est grand temps que les parents écoutent les enseignants et les respectent.

Il faut simplifier drastiquement les procédures de sanction pour les familles défaillantes :
  • Suspension automatique d’aides en cas de violence grave répétée, sans labyrinthes administratifs comme c’est actuellement le cas,
  • Obligation d’assister à des réunions de suivi sous peine de sanctions pécuniaires,
  • Responsabilisation claire : l’école n’est pas un substitut à l'éducation familiale.
L’éducation commence à la maison. L’école ne peut réparer seule ce qui a été cassé à la source. 
 
C. Des classes de niveau... intelligemment pensées
Créer des classes de niveau ne signifie pas reléguer les élèves plus faibles dans des ghettos éducatifs. Au contraire : il s'agit d'adapter l'enseignement au profil des élèves :
  • Petits effectifs pour les élèves en difficulté : plus de soutien, de pédagogie différenciée, moins d'effet de masse. J'aide par ailleurs des gamins de l'ASE, et je vois bien que les groupes plus restreints sont efficaces pour des profils en difficulté.
  • Classes plus denses mais dynamiques pour les élèves à l’aise et souvent plus disciplinés, capables de progresser plus vite. C'est la seule manière d’éviter de tirer tout le monde vers le bas.
Égalité ne signifie pas uniformité. Et croire que tous les élèves doivent avancer au même rythme est une cruauté pédagogique déguisée en bonne conscience. J’ai connu plus jeune des camarades de classe un peu lents mais qui se sont révélés plus tard. Chacun doit conserver ses chances tout au long du cursus général. 
 
D. La catastrophe commence dès la maternelle 
On ne rattrape pas dix ans d’échec éducatif en quatre ans de collège. La racine du problème est dans les écoles maternelles et primaires, où :
  • La maîtrise de la lecture,
  • Les bases du calcul,
  • L’acquisition du vocabulaire, sont tout simplement insuffisantes.
Un enfant qui entre en 6e sans savoir lire couramment et compter rapidement dans sa tête est perdu dans le secondaire. Les réformes du lycée, les milliards d’euros pour de nouveaux équipements, les chartes de bonne conduite... ne servent à rien si l’on ne reconstruit pas des fondamentaux solides dès le départ. 
 
E. Un chef d’établissement doit être un véritable chef... pas un gardien de prison 
Aujourd'hui, les chefs d’établissement sont souvent réduits au rôle ingrat de gestionnaires administratifs et de gardes chiourme, sans pouvoir réel sur la pédagogie (et avec un pouvoir limité sur la discipline). Cela doit changer.

Un chef d’établissement doit être :
  • Un leader pédagogique, capable de fixer des objectifs aux équipes enseignantes,
  • Un manager d’équipe, sachant fédérer ses enseignants autour d’un projet commun,
  • Un responsable, avec des objectifs clairs et des leviers d’action réels.
Confier la cohérence pédagogique uniquement aux inspecteurs est un anachronisme : c’est comme vouloir diriger une armée par pigeons voyageurs. 
 
F. Programmes clairs + évaluation sérieuse = socle commun solide
Le contenu des programmes doit être précis, net et contrôlable. Pas de « compétences vagues » ou de « projets transversaux » où l’on perd élèves et enseignants dans un nuage de mots creux.
Chaque année :
  • Des savoirs fondamentaux doivent être acquis,
  • Des évaluations nationales régulières, chaque année, doivent permettre d’identifier les lacunes,
  • Des mesures correctives immédiates doivent être prises.
Et cela sans que les enseignants deviennent des scribes obsédés par la paperasse. Liberté pédagogique sur les méthodes, exigence sur les résultats : voilà l’équilibre juste. 
 
G. Rémunérer dignement ceux qui portent l'avenir 
Je me foutais de la rémunération que je devais recevoir car ce n’était pas mon objectif. Mais que penser d'un pays où l'on confie l’éducation des futures générations à des professionnels payés à peine plus qu’un smicard ? C’est indigne, irresponsable, et mortifère pour l’avenir national. On ne construit pas une nation forte avec des enseignants démotivés et précarisés. Réévaluer significativement leur rémunération est un impératif stratégique, non une faveur corporatiste.

Et pour conclure... Le collège où j’ai exercé n’est pas un enfer sur Terre. Mais sur 91 collèges marseillais, les 20 premiers au classement de l'Éducation nationale sont tous privés. Et dans les 30 premiers, un seul est public. Faut-il vraiment en dire plus ? Il est urgent, vital même, de refonder entièrement notre système d’instruction publique, en cessant de répéter les mêmes erreurs sous couvert d’idéalisme mal placé.

samedi 12 avril 2025

France — Le nombre de baptêmes d’adultes a doublé en deux ans

En deux ans, le nombre de demandes volontaires de baptême a été multiplié par deux : 10 384 en 2025, contre 5 423 en 2023. Une formation pourtant exigeante, qui dure deux ans. Pour l’église, cet afflux « n’est pas un épiphénomène ».

Dans la nuit de Pâques, selon les chiffres de la Conférence des évêques, ils ne seront pas moins de 10 384 à être baptisés, contre 5423 en 2023, malgré une préparation et une formation exigeantes, d’une durée de deux ans. À ce nombre qui a doublé s’ajoutent les baptêmes d’adolescents (entre 12 et 18 ans), eux aussi en forte progression : ils étaient 2 953 en 2023, ils seront 7 404 cette année. Pour l’église, cet afflux d’adultes et de jeunes «n’est pas un épiphénomène », il traduit un authentique retour à l’intériorité, observé par de nombreux prêtres.

Le nombre de baptêmes catholiques d’adultes en France ne cesse de progresser. En deux ans, il a même doublé. Selon les chiffres de la Conférence des évêques, publiés le 10 avril, il y aura 10 384 baptêmes d’adultes lors de la nuit de Pâques, du 19 au 20 avril prochain. Ils étaient 5 423 en 2023, 7 135 en 2024. Aux chiffres de cette année s’ajoutent les baptêmes d’adolescents (entre 12 et 18 ans), qui connaissent, eux aussi, une progression spectaculaire : ils étaient 2953 en 2023, ils seront 7404 en 2025. En tout, 17788 adolescents et adultes seront baptisés, à leur demande, dans l’église catholique cette année.

L’église appelle «catéchumène» les adultes qui demandent le baptême. Elle leur propose une formation exigeante, qui dure deux ans, où la personne suit des cours de formation chrétienne tout en étant accompagnée dans les paroisses par des fidèles expérimentés. Quelque 11000 catholiques, dont 80% de laïcs, se dédient à cette mission bénévolement. Le comédien Gad Elmaleh avait immortalisé ce parcours de conversion et de suivi très personnalisé vers le baptême dans le film Reste un peu, en 2022.

Le contrepoint du recul des baptêmes d’enfants

C’est au moment de l’épidémie de Covid-19 et des confinements successifs qu’un certain retour à l’intériorité a eu lieu, selon le témoignage de beaucoup de pasteurs. Les courbes des catéchumènes l’indiquent clairement : de 2015 à 2022, elles oscillent autour de 4 000 baptêmes par an. La hausse ne commence qu’en 2023, or il faut deux années de préparation pour être baptisé.

L’autre facteur de fond expliquant cette hausse des baptêmes d’adolescents et d’adultes est celui de la chute, en France, des baptêmes de petits enfants : en l’an 2000, un bébé sur deux était baptisé ; en 2024, seul un sur trois l’est. Le diocèse de Strasbourg illustre ce phénomène. Il est celui qui compte le moins de baptêmes d’adultes en proportion de sa population, car la pratique de baptêmes d’enfants y est encore élevée.

Pour Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon et évêque « référent » de la conférence épiscopale pour le dossier des baptêmes adultes, «l’enquête annuelle du catéchuménat montre que l’afflux de catéchumènes – adultes et jeunes – n’est pas un épiphénomène». Il y voit, dans la note de présentation des chiffres 2025, «un signe venu du Ciel». «Nous pouvons y voir un encouragement de la part du Seigneur nous rappelant que c’est lui le Maître de la mission, c’est lui qui attire à lui, touche les coeurs et se révèle », ajoute-t-il. Même si 52 % des catéchumènes sont issus de milieux chrétiens. Les musulmans convertis, par exemple, forment 4 % des catéchumènes.

Pour sa part, le père Jean-baptiste Siboulet, aumônier des étudiants pour le diocèse de Nantes, explique dans le même document : « Cela fait deux années que l’on sent une dynamique autour du carême. Les jeunes commencent leur recherche sur les réseaux sociaux. Ils disent vouloir “faire le Carême”, ce qui se traduit par “un peu de jeûne, un peu de prières, aller à la messe”. Cette curiosité spirituelle - qui bénéficie peut-être de l’effet ramadan (qui a eu lieu au même moment cette année, NDLR) - peut aussi être une vraie expérience spirituelle ». Il conclut : « Ces demandes de jeunes correspondent à un besoin d’appartenance à un groupe, ils recherchent l’église comme communauté avant de s’accrocher au Christ. Dans une vie fragmentée, où l’avenir peut sembler sombre, la foi représente un socle solide pour se construire. »

« Soif de vie fraternelle »

Catherine Lemoine, en charge de la pastorale des adolescents au niveau national, observe que « ces jeunes qui naviguent sur les réseaux sociaux sont très à l’aise pour parler de leur foi. Ils portent des signes religieux avec la même décontraction. Ils assument, ils sont acteurs de leur foi. De plus, ils vont bien, ils ont soif de Dieu et soif de vie fraternelle. »

Anaë Delion, 20 ans, catéchumène à Nantes, donne ce témoignage dans ce document épiscopal : «Venant d’une famille athée et très loin de la religion, je n’ai jamais eu ni entourage chrétien ni éducation religieuse. Mon tout premier contact avec la foi chrétienne a eu lieu en janvier 2022. À cette période, je ne sortais plus de mon lit, plus rien ne m’animait, je passais mes journées à broyer du noir. J’ai alors entendu parler du carême. Sans comprendre pourquoi, à ce moment précis, j’ai ressenti comme une force dans mon coeur qui me poussait à me renseigner sur ce que c’était. Je voulais absolument tout connaître. » Elle ajoute : « J’ai réalisé plus tard que mon coeur cherchait en réalité à connaître Dieu. Deux mois après, le 2 mars 2022, j’ai débuté mon tout premier temps de carême. Depuis ce jour, je n’ai jamais lâché le Seigneur. »

Source : Le Figaro

vendredi 11 avril 2025

Carney maintient le cap Trudeau en ce qui a trait aux traitements chimiques et chirurgicaux des enfants qui se disent trans


Le nouveau Premier ministre désigné par le Parti Libéral, Mark Carney (ci-dessus), a affirmé sa volonté de poursuivre l’orientation libérale en matière de politiques identitaires, en s’engageant à répondre aux revendications des groupes LGBT, notamment en matière d’accès aux bloqueurs de puberté pour les mineurs, et ce, « sans exception ».

Lors d’une conférence de presse tenue le 8 avril en Alberta, M. Carney a réitéré son appui aux mesures visant à faciliter l’accès à des traitements hormonaux et chirurgicaux pour les personnes se déclarant en questionnement ou en transition de genre, qualifiant cet accès de « droit fondamental ». Cette déclaration est intervenue environ 28 minutes après le début de l’événement.

Des journalistes l’ont interrogé sur la possibilité d’inscrire ces revendications dans la Loi canadienne sur la santé, notamment en réaction à une loi récemment adoptée en Alberta qui interdit l’accès des mineurs à des bloqueurs de puberté ou à des interventions chirurgicales de « réassignation de genre ». Carney a répondu qu’il entendait défendre l’accès universel à ces traitements « sans exception », dans le cadre d’un système de santé qu’il décrit comme un droit et non un service à but lucratif.

« Le Canada est une mosaïque. Les gens doivent pouvoir être eux-mêmes, aimer qui ils aiment... L’accès aux soins n’est pas une entreprise commerciale, c’est un droit fondamental, que nous défendrons pour tous les Canadiens », a-t-il déclaré.

Cependant, plusieurs voix médicales et scientifiques mettent en garde contre les effets irréversibles de ces pratiques. Des organismes comme genethique.org  ont recensé de nombreux experts qui alertent sur les risques associés aux transitions médicales, évoquant des séquelles physiques et psychologiques durables, telles que des maladies cardiovasculaires, la perte de densité osseuse, un risque accru de cancer, des troubles de la fertilité, et une augmentation du risque suicidaire.

Des études, notamment une recherche suédoise, ont révélé que les personnes ayant subi une chirurgie de « changement de sexe » présentaient un taux de suicide jusqu’à 19 fois plus élevé que la population générale, ce qui soulève des interrogations sur l’efficacité de ces interventions dites nécessaires pour résoudre les problèmes de mal-être des gens qui se disent trans.

En dépit de ces données, M. Carney semble déterminé à poursuivre la politique entamée sous le gouvernement Trudeau. Au cours de sa première semaine au pouvoir, il a accordé plus de 2,1 millions de dollars à des groupes LGBT en Ontario et au Québec, dans le cadre d’initiatives destinées à « lutter contre la discrimination » et à réduire les « obstacles systémiques à l’égalité ».

Par ailleurs, sa fille aînée, Sasha Carney, qui s’identifie comme non binaire, a été suivie à la controversée clinique de genre Tavistock au Royaume-Uni fermée à la suite d'un rapport gouvernemental accablant. Diplômée de Yale, aujourd’hui âgée de 24 ans, elle est écrivaine et milite publiquement en faveur des interventions médicales liées à la transition de genre.

Voir aussi
 
 

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

Sondage (n=1500) — Près des 2/3 des Canadiens contre le triplement de la population du Canada d'ici 2100 (le plan de l'Initiative du Siècle)

Le chef libéral Mark Carney a été accusé de s'approprier les idées des autres au cours de la campagne électorale fédérale (en anglais, Globe and Mail)

Les Britanniques avertissent que le nouveau premier ministre canadien a une « touche Midas inversée ». La réputation de Mark Carney en tant que gouverneur de la Banque d'Angleterre est plus entachée qu'il ne le laisse entendre (en anglais, National Post)

Tenir compte des avertissements sévères de la Grande-Bretagne à l'égard de Mark Carney. La presse britannique tant de gauche que de droit s'est montrée beaucoup plus critique à l'égard de notre nouveau premier ministre que la nôtre.  (en anglais, National Post)

« Transition de genre » : des « études » sous influence