mercredi 4 janvier 2023

Quand les Français s'acharnent à massacrer leur propre langue

Les entreprises ont de plus en plus de mal à trouver des noms de marque [en français] en France. L'hebdomadaire The Economist, souvent présenté comme la bible des « élites mondialisées » , en fait le constat dans sa dernière livraison avec des exemples truculents et navrants à la fois. Kiloutou, Kinougarde, Napaqaro, Izipizi, Yomoni, Mirakl, Lunchr, etc. Autant de marques apparues récemment qui semblent sorties de la bouche d'un enfant de trois ans. Autant de borborygmes qui ne nomment pas des start-up technologiques mais des produits et des services grand public.


 

Chacun de ces noms nécessite d'être traduit pour en saisir le sens. Kiloutou , « qui loue tout » , est la marque choisie par une entreprise de location de matériel du bâtiment. Kinougarde , « qui nous garde » , est un spécialiste de la garde d'enfants. Napaqaro , entendre « nappe à carreaux » , est le nouveau nom de la chaîne de fast-food Buffalo Grill. Pour décrypter Yomoni , un gestionnaire d'épargne en ligne, il faut passer par l'anglais et entendre « Your money » (votre argent). Plus hermétique encore, Izipizi ne désigne pas la quéquette d'un bébé ; le distributeur de lunettes qui a inventé cette riche allitération avait en tête « easy-peasy » , formule familière anglaise que l'on peut traduire par « facile fastoche » . N'épiloguons pas sur Mirakl , Heetcht , Lunchr et autre Swile , qui sonnent « british » tout en n'existant nullement dans la langue de Shakespeare.

De telles trouvailles dignes du mouvement lettriste des années 1950 relèvent d'une double démarche. Tout d'abord l'écriture phonétique des messages SMS et des chats qui modifient systématiquement l'orthographe et la grammaire habituelles : on écrira « koi » au lieu de « quoi » , ou encore l'abréviation phonétique « bjr Sava ? » remplacera « Bonjour, ça va ? » .

Ces pratiques se corsent quand elles s'anglicisent, devenant totalement obscures tant pour un Français que pour une oreille britannique, souligne The Economis t. Il décortique ainsi la nouvelle appellation de titres-restaurants Swile , un mix de swill (rincer) et bile (bile). C'est censé faire chic dit en anglais alors que le sens véhiculé est peu ragoûtant en français. Mais comme personne ne comprend le néologisme Swile , chacun reste dans sa docte ignorance.

La France quoi.

Comprenne qui pourra à ces galimatias. La recherche d'un nom pour une entreprise a toujours été délicate. Interdit de copier une marque déposée. La mondialisation oblige à trouver des mots prononçables sur tous les continents au risque de choisir des sons qui n'ont de sens pour personne. Tel l'assureur français devenu une multinationale avec AXA en 1985, acronyme qui ne veut rien dire. Sauf en japonais où le phonème « axa » signifie « la mort » , ce qui a obligé AXA à rester écrit à l'occidentale à Tokyo, sans transcription phonétique. Quant à Engie, l'ex-GDF Suez, la marque a été créée en 2008 parce qu'elle « évoque l'énergie dans toutes les cultures » , selon ses promoteurs. Un volapuk n'ayant de racine nulle part.

Avec Swile , Napaqaro et Izipizi, on n'en est plus aux dérives du franglais dénoncées depuis des lustres. Il s'agit désormais d'une sorte de « grand remplacement linguistique » . On jette par-dessus les moulins toutes les composantes de la langue, sa syntaxe, sa grammaire et son orthographe.

Lorsque le groupe Lagardère a repris Hachette il y a trente ans, il a cru bon de rebaptiser en « Relay » [en réalité en 2000] la chaîne « Relais H » qui a l'exclusivité de la distribution de la presse dans toutes les gares SNCF et les aéroports. [Cette forme anglaise a été vendue à l'origine vendu comme nécessaire à une « internationalisation » de ces kiosques. Comme si le nom ne pouvaient varier d'un pays à l'autre et avoir une couleur locale. Depuis, on ne peut pas dire que cette internationalisation soit un succès : « Lagardère Travel Retail France » a ainsi vendu en 2016 sa centaine de points de distribution en Belgique à la Poste belge [BPost]...] Cette anglicisation avait provoqué la fureur du philosophe et académicien Michel Serre. Résultat, plus personne ne sait la bonne orthographe ; des économistes bac+10 écrivent « relai ».

Ségolène Royal, candidate à la présidentielle en 2007, avait parlé de « bravitude » (bravoure) suscitant une rigolade générale. Mais quinze ans plus tard, de tels barbarismes sont encouragés. Nombre d'entreprises les considèrent comme un instrument de marketing leur permettant de créer leur propre champ linguistique. Ce que les linguistes appellent des « sociolectes » , des usages de la langue réservés à un groupe socio-économique à l'instar des dialectes propres aux communautés territoriales.

C'est un véritable massacre collectif de notre langue que The Economist déplore, sans agressivité ni moquerie, car cette mutilation délibérée pollue en même temps le français et l'anglais, regrette-t-il.

« L'écriture phonétique fait des ravages et devient totalement obscure en s'anglicisant, tant pour un Français que pour une oreille britannique

Source : Le Figaro


mardi 3 janvier 2023

Film Tirailleurs : La France n’a pas gagné la Première guerre mondiale grâce aux Africains « chair à canon »

Au total, la France eut entre 8 207 000 et  8 410 000 hommes mobilisés pendant la Première Guerre mondiale (source).

    1) Effectifs de Français de « souche » (Métropolitains et Français d’outre-mer et des colonies) dans l’armée française durant le premier conflit mondial :

  • Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Français furent mobilisés, soit 20 % de la population française totale.
  • Parmi ces 7,8 millions de Français, figuraient 73 000 Français d’Algérie, soit 20 % de toute la population « pied-noir ».
  • Les pertes parmi les Français métropolitains furent de 1 300 000 morts, soit 16,67 % des effectifs.
  • Les pertes des Français d’Algérie furent de 12 000 morts, soit 16,44 % des effectifs.

    2) Effectifs africains

  • Le Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) fournit 218 000 hommes (dont 178 000 Algériens), soit 2,65 % de tous les effectifs de l’armée française.
  • Les colonies d’Afrique noire dans leur ensemble fournirent quant à elles, 189 000 hommes, soit 2,3 % de tous les effectifs de l’armée française.
  • Les pertes des Maghrébins combattant dans l’armée française furent de 35 900 hommes, soit 16,47 % des effectifs.
  • Les chiffres des pertes au sein des unités composées d’Africains sud-sahariens (les Tirailleurs) sont imprécis. L’estimation haute est de 35 000 morts, soit 18,51 % des effectifs ; l’estimation basse est de 30 000 morts, soit 15,87 %.

Ces chiffres contredisent donc l’idée reçue de « chair à canon » africaine d’autant plus qu’au minimum, un tiers des pertes des Tirailleurs « sénégalais » furent la conséquence de pneumonies et autres maladies dues au froid, et non à des combats. D’ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les régiments coloniaux, qu’ils fussent composés d’Européens ou d’Africains, alors que les troupes métropolitaines se mutinèrent.

Exécution d’un soldat français (blanc) par un peloton français lors de la Première Guerre mondiale

Enfin, une grande confusion existe dans l’emploi du terme « Coloniaux ». Ainsi, l’héroïque 2° Corps colonial engagé à Verdun en 1916 était composé de 16 régiments (pour 254 régiments et 54 bataillons composant l’Armée française), mais ces 16 régiments étaient largement formés de Français mobilisés, dont 10 régiments de Zouaves composés majoritairement de Français d’Algérie, et du RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), unité alors très majoritairement européenne.

Autre idée reçue utilisée par les partisans de la culpabilisation : ce serait grâce aux ressources de l’Afrique que la France fut capable de soutenir l’effort de guerre.

Cette affirmation est également fausse, car, durant tout le conflit, la France importa 6 millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire et 170 millions du reste du monde.

Des Tirailleurs « sénégalais » ont courageusement et même héroïquement participé aux combats de la « Grande Guerre ». Il était bon de rendre hommage à ces soldats, souvent enrôlés de force.

Cependant, il est malhonnête d’utiliser leur mémoire pour des buts idéologiques, car, durant la guerre de 1914-1918, ils ne composèrent que 2,3 % du corps de bataille français et leurs pertes furent du même ordre que celles des troupes métropolitaines.


Extraits de la critique du Figaro du film Tirailleurs :

Mathieu Vadepied, ancien chef opérateur de Jacques Audiard et de Nakache et Toledano, a choisi le didactisme et les bons sentiments. Omar Sy, également producteur, se retrouve donc sur la ligne de front en compagnie de son fils dont les autorités ne savent pas qu’il est son fils (vous suivez ?).

Il n’a qu’une idée : retourner chez lui. Le gamin ne l’entend pas de cette oreille. Il veut grimper dans la hiérarchie militaire, conquérir ses galons, être un vrai Français (vous suivez encore ?).

Un ensemble convenu

Le conflit de générations se déroule au milieu des tranchées. L’incompréhension grandit sous les obus. Le papa surveille son rejeton comme le lait sur le feu et personne ne se doute de leur relation. Ah, ces troufions, sans cesse occupés à racketter la solde de leurs compagnons. Les scènes de bataille sont d’une confusion rare. Les hommes piétinent dans la gadoue, sous un déluge d’explosions.

Les dialogues sont lourdement signifiants. Sous son uniforme bleu horizon, Omar Sy jette des regards affolés, comme s’il cherchait désespérément le fauteuil roulant d’Intouchables sur le théâtre des opérations. L’expression prend soudain tout son sens, tant l’ensemble paraît théâtral, convenu, amidonné.

Tout cela serait inoffensif si le réalisateur ne s’offrait, par moments, des embardées pseudo-poétiques, comme cette petite fille blonde avec sa poupée dans une maison abandonnée ou ce pauvre renard empêtré dans les fils barbelés que le héros libère courageusement sous le feu de l’ennemi. On retrouvera l’animal beaucoup plus tard sous l’Arc de Triomphe, dans une séquence qui pourrait être un hommage à la Fondation Bardot, car vous n’ignorez pas que le soldat inconnu est évidemment un tirailleur (vous suivez toujours ?).

Un suspense absent

Quant au suspense, il figure aux abonnés absents. La raison en est bien simple : fébrile et sûr de lui, le sous-officier ressemble à Emmanuel Macron. À ce détail, on devine que sa mission va virer à la catastrophe. La décence interdit de comparer le résultat aux Sentiers de la gloire, de Stanley Kubrick, longtemps invisible en France.

Le film, présenté au dernier Festival de Cannes en ouverture de la section Un certain regard, est donc plein d’humanité. On aurait préféré qu’il soit bourré de talent. Nos tirailleurs meurent au champ d’honneur pour la deuxième fois. Rompez !

La note du Figaro : 1/4.

Ajoutons au dossier, ce texte de Guillaume Perrault, rédacteur en chef au Figaro. Maître de conférences à Sciences Po, il enseigne l’histoire politique française et les institutions politiques. Il est l’auteur de quatre livres.

France — Aucun lien avéré entre « séparatisme » et instruction à la maison

Le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye
Le ministère de l’Éducation française a communiqué fin novembre, sur demande il y a plusieurs de l’association Les Enfants d’abord, les rapports bisannuels de la Dgesco sur l’instruction en famille (IEF) pour les années 2019/2020 et 2021/2022. Ils arrivent à la fin d’une procédure judiciaire en cours avec le ministère de l’Éducation nationale.

enquête 2019-2020

enquête 2021-2022

Dans un contexte où le gouvernement prétend que l’IEF représente une menace pour l’intégrité de la République, au point d’avoir mobilisé un temps, une énergie, et des moyens financiers considérables énormes sur le projet de loi, sur les différents recours, et sur la poursuite des familles, pour y porter la plus grande atteinte possible, l’association Les enfants d’abord se montre très étonnée que les rapports 2021/22 soient réduits à un document de 2 pages, ridiculement — et de plus en plus — pauvre en informations. La logique aurait voulu au contraire qu’il se donne les moyens d’une enquête approfondie. Mais le ministère sait pertinemment que ses allégations ne seraient pas confirmées par de telles enquêtes, comme elles ne l’ont jamais été par le passé. Cette réticence à la délivrance d’informations confirme une fois de plus son hypocrisie quant aux inquiétudes avancées.

Les rapports se suivent et se ressemblent depuis des années, voici les éléments que nous pouvons toutefois relever :

  • la courbe suit, depuis plusieurs années maintenant, une augmentation constante. Pour 2021/22, on note une hausse de 50 % du nombre d’enfants en IEF après le confinement.
  • au niveau sociologique, pour 2019/20 et comme par le passé, il y a toujours plus de garçons que de filles instruits en famille.
  • le nombre de jeunes hors CNED est toujours en croissance.
  • des contrôles pédagogiques réalisés en très grande partie et toujours aussi satisfaisants.
  • des mises en demeure et saisine du procureur à la marge et une administration qui a les moyens de faire le suivi de toutes les situations.
  • des chiffres absents en 21/22 sur les raisons ou motivations de l’IEF et le sexe des jeunes.
  • aucun chiffre ne vient étayer la thèse de « séparatisme » (euphémisme étrange) ou radicalisation en IEF.

[Note sur le terme de séparatisme : qu’est-ce que cet euphémisme recouvre exactement ? Est-ce que des gens qui refusent la société de consommation, qui veulent se séparer d’un monde matérialiste et superficiel font preuve de séparatisme ? Est-ce devenu interdit en France ? Plus de hippies ? Plus de moines ? De quel séparatisme veut-on parler ? De l’islamisme ? Mais celui-ci se porte très bien dans les écoles publiques de la République, car ce sont des quartiers entiers qui se sont séparés, bientôt des villes entières qui ne ressemblent plus à la France historique. Nul besoin d’enseigner l’école à la maison à ses enfants, les profs « laïcs » de la République ne heurtent pas sérieusement les préceptes des musulmans (ce serait islamophobe, voire raciste), de toute façon ces enseignants sont vus avec méfiance pour ce qui a trait à l’histoire, la morale, la religion. Que l’on sache les terroristes islamistes qui ont frappé la France et la Belgique n’ont pas été instruits à la maison… Voir Salah Abdeslam qui a fréquenté une école publique en Belgique, Abdelhamid Abaaoud qui lui a même été inscrit, un an, dans un collège catholique dans une banlieue huppée de Bruxelles, les frères Kouachi élevés dans des écoles publiques françaises, idem pour Karim Mohamed-Aggad, un des tueurs du Bataclan élevé en Alsace, etc.]

En 2019/20, 48 008 jeunes étaient déclarés en IEF, on passe à 72 369 jeunes en 2021/22. En France, comme dans le monde, le nombre d’enfants instruits en famille est en croissance régulière chaque année, mais reste toutefois très minoritaire (de l’ordre de 0,5 % des jeunes en âge d’être scolarisés) et de courte durée (50 % des enfants sont en IEF une année ou moins et 2/3 ne le sont plus au bout de deux ans.

Cette augmentation serait-elle le signe de la montée des « séparatismes » ? Il est à noter que la crise sanitaire est la raison majoritaire de cette augmentation. Cependant, elle ne peut à elle seule l’expliquer totalement. Les enquêtes indiquent également que de plus en plus d’enfants [2/3] sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.

Les contrôles sont toujours aussi satisfaisants, rien ne justifiait donc les préoccupations quant au droit à l’instruction qui ont été émises par le Gouvernement afin de légitimer les importantes restrictions. Ainsi, en 2019/20 : 92 % des 1ers contrôles sont satisfaisants et 90,4 % en 2021/22. En cas d’insatisfaction au premier contrôle, un second contrôle doit être réalisé.

Notons que l’instruction à la maison constitue une économie pour l’État en 2021/2022 de près de 400 millions d’économies pour l’État [7000 euros par écoliers]. Le rapport de 2019/20 permet de constater le nombre d’enfants concernés par les motifs prévus dans le questionnaire de l’administration :

Pour les familles inscrites au CNED réglementé :

  • 60,5 % des enfants sont itinérants
  • 26,9 % des enfants suivent des soins médicaux en famille
  • 6,8 % des enfants suivent des activités artistiques ou sportives
  • le handicap ne représente que 1,9 % et l’éloignement géographique d’un établissement scolaire 0,8 %.

Le CNED est le Centre national d’éducation à distance, il dispense des cours qui suivent le programme officiel français. En classe réglementée, les élèves suivent toutes leur scolarité à distance. Ces cours du CNED en classe complète permettent de préparer les examens nationaux, tels que le brevet et le baccalauréat. Cette inscription en classe réglementée est depuis peu soumise à autorisation [plutôt que simple déclaration]. On peut aussi s’inscrire au CNED en inscription libre pour un cours particulier ou même tous les cours d’une année [on ne satisfait pas alors à l’obligation scolaire en France, même lorsque l’on suit tous les cours du programme].

Pour les familles hors CNED réglementé dont les raisons invoquées sont prévues par l’administration [20,8 %] on trouve notamment : 5,9 % : inadaptation au système scolaire

  • 2,9 % : des problèmes de santé
  • 2,1 % : itinérance des parents en France
  • 1,8 % la phobie scolaire.
  • Le motif religieux ne représente que 0,6 %.

Tout cela montre que les exigences apparues progressivement au fil de cette attaque législative, puis réglementaire, puis judiciaire contre l’IEF n’ont jamais eu la vocation de préserver cette liberté pour les familles, mais bien au contraire de réduire toutes les possibilités leur permettant d’y recourir.

Intimidations et phobies en hausse, restrictions draconiennes de la part du CNED

Les enquêtes de l’association Les Enfants d’abord indiquent également que de plus en plus d’enfants [2/3] sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.

Ces raisons pédagogiques et liées au bien être de l’enfant expliquent sans doute également en partie l’augmentation du nombre de jeunes qui s’instruisent hors CNED réglementé versus CNED [65 % en 2019/20, 72 % en 2021/22], mais les motifs de cette augmentation sont également à rechercher en grande partie dans le fait que l’accès au CNED réglementé est de plus en plus rationné par l’administration, même pour les familles qui peuvent en bénéficier, en raison du déficit du CNED et de la baisse de la dotation publique. Le CNED réglementé est autorisé uniquement dans une situation de handicap, itinérance, pratiques sportives et artistiques de haut niveau, mais dans des conditions de plus en plus draconiennes.

Baisse du nombre d’élèves à la maison en 2022 ?

D’après des chiffres qui ont circulé officieusement cet été, il semble que les effectifs de jeunes en IEF aient baissé fortement à la rentrée 2022. Le ministère de l’Intérieur se félicite, dans son bilan de la loi séparatisme, d’une baisse de 30 % des effectifs pour cette rentrée scolaire.

Ce bilan n’est pourtant pas à mettre au bénéfice de la lutte contre le séparatisme, mais plutôt de l’atteinte aux libertés et à l’intérêt supérieur de l’enfant. Aucun refus d’autorisation relevé cette année par les associations n’a mis en évidence de cas problématique à ce niveau, les nombreux refus portant plutôt sur la négation de toute possibilité de choix, même pédagogique, de la part des familles, voire sur l’absence de démonstration d’une « impossibilité à scolariser ». Le nombre de refus d’autorisation pour les 1res demandes, motif 4 [correspondant à « la situation propre de l’enfant »] atteint en effet presque 100 % dans certaines académies, comme à Besançon, Nice, Toulouse, Orléans/Tours.

Concernant les familles qui étaient régulièrement en IEF l’année dernière et qui pouvaient bénéficier d’une autorisation de plein droit, on note que 20 % ont toutefois été rejetées selon notre enquête et dans les académies sus-citées, ce sont parfois plus de la moitié des demandes de plein droit qui ont été refusées.

Source

Voir aussi 

L’enseignement à domicile a doublé au Canada entre 2019 et 2021  

France — Des propositions de loi pour restaurer la liberté d’instruire à la maison vont être déposées  

Les centres d’apprentissage libre, dits « écoles démocratiques », se multiplient depuis trois ans ; le gouvernement cherche à légiférer [Québec] 

France — Victoire pour la liberté scolaire devant le tribunal administratif de Toulouse

France — Chute de 9100 à 4000 des nouveaux enfants instruits en famille 

France — École à la maison : comment faire pour obtenir une autorisation pour la rentrée prochaine ?

France, instruction à domicile : des décrets beaucoup trop restrictifs

France : décrets d’application de la loi sur l’école à la maison : carton rouge pour le ministère

France — Le ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, a placé ses enfants dans une école privée élitiste pour avoir une « scolarité sereine » 

Le Macron nouveau : Ndiaye militant communauriste noir à l’Éducation nationale française

Bock-Côté sur Pap Ndiaye, le controversé nouveau ministre de l’Éducation en France

vendredi 30 décembre 2022

Italie — pas de « parent 1 » et « parent 2 » : « mère » et « père » restent sur la carte d'identité

Tout reste tel quel. Le gouvernement italien a tranché : les mots « mère » et « père » resteront sur la carte d’identité, sans donner ainsi de poids politique à la récente décision d’un tribunal qui a jugé valide l’utilisation du terme neutre « parent ». L’exécutif ne veut pas reculer, continuant sur sa lancée et confirmant que les mots « mère » et « père » seront conservés même pour les couples de même sexe. Le choix a été fait à la fois par le ministère de l’Intérieur et celui de la Famille, selon lequel il n’y a pas lieu de modifier du tout les dispositions en la matière.

Réaction du chef de la Ligue, Matteo Salvini, vice-président du Conseil des ministres et ministre des Infrastructures et de la Mobilité durable

 

« Mère » et « père » sur la carte d’identité

La volonté de l’exécutif est très claire : verrouiller le contenu du décret signé par Matteo Salvini en 2019 et empêcher l’utilisation des qualificatifs neutres « parent 1" et « parent 2". La nouvelle a été diffusée par l’édition du 27 décembre de La Repubblica, qui a rapporté la position d’Eugenia Roccella, Ministre italienne pour la Famille, la Natalité et l’Égalité des chances, sur l’appel présenté par le couple homoparental : « Il y a eu beaucoup de bruit autour de cette décision, mais c’est une décision de justice individuelle qui ne s’applique qu’au couple célibataire qui avait fait appel ».

Carte d’identité avec deux mères Le gouvernement : système en péril

La ministre de la Famille et de l’Égalité des chances a confirmé que sur la carte d’identité « la mère et le père resteront inscrits », ajoutant que dans tous les cas les couples formés par deux mères ou deux pères — s’ils le voulaient — pouvaient « toujours faire appel ». Depuis novembre, le gouvernement avait exprimé de forts doutes sur la décision du tribunal civil de Rome quant à la qualification de « parent » sur la carte d’identité.

Fratelli d’Italia et Salvini se réjouissent

Des sources au Palazzo Chigi, siège de l’exécutif, avaient immédiatement réagi à la décision du tribunal, faisant savoir que le gouvernement l’examinerait « avec une attention particulière ». En effet, l’exécutif avait mis l’accent sur des « problèmes de mise en œuvre évidents » qui, entre autres, auraient pu mettre le système d’identification personnelle « en danger ». C’est pourquoi le gouvernement a préféré conserver les mots « maman » et « papa », en évitant de changer les formulaires et logiciels en question.

Pour Fratelli d’Italia, il s’agit d’une « bataille de bon sens pour la défense des droits des plus petits ». Matteo Salvini s’était dit choqué, lui qui avait appris l’arrêt du tribunal avec stupéfaction. Désormais, le secrétaire de la Ligue a accueilli avec enthousiasme le choix du gouvernement : « Maman et papa, les mots les plus beaux et les plus doux du monde, on n’y touche pas ».


mercredi 28 décembre 2022

États-Unis — École de premier plan refuse de décerner les prix du mérite national pour éviter de blesser les sentiments des autres élèves

Une école secondaire de premier plan dans le comté de Fairfax, Thomas Jefferson High School for Science and Technology, est accusée d’avoir refuser de décerner les prix du mérite national (qui pourraient aider les étudiants à entrer à l’université) pour éviter de blesser les sentiments des autres étudiants.

L’un des meilleurs lycées publics de Virginie du Nord (près de Washington DC) a privé les élèves de leur prix du mérite national, selon un parent dont le fils est une des victimes.

Les parents du lycée Thomas Jefferson pour la science et la technologie exigent que les administrateurs soient tenus responsables.

Près de 1 200 étudiants de Thomas Jefferson ignoraient qu’ils étaient boursiers du mérite national. Parent et journaliste, Asra Nomani, a écrit un article récent détaillant ce qu’elle appelle une « guerre contre le mérite ».

 Les parents interrogés par la chaîne locale de télévision FOX 5 sont absolument scandalisés.

« Le rôle de ces éducateurs est de faire en sorte que les enfants réalisent tout leur potentiel, pas de limiter leur potentiel. Or c’est ce qu’ils ont fait », a déclaré Harry Jackson, un parent de Thomas Jefferson. « Ils ont trahi la confiance de notre communauté. On ne peut pas leur faire confiance. Je ne peux plus leur faire confiance avec mon enfant. »

Des élèves de la Thomas Jefferson High School for Science and Technology ont mis au point un satellite à partir de zéro. Certains élèves ont passé 7 ans à concevoir, construire et coder le satellite TJ REVERB. Thomas Jefferson High School a admis en 2020 moins de 10 étudiants noirs dans la future promotion de 2024 ce qui avait suscité l’indignation et le débat parmi les étudiants actuels et les anciens élèves.


L’inconduite présumée de l’école a été découverte par un parent dont le fils n’a pas été informé qu’il faisait partie des 3 % des meilleurs élèves du pays. Le parent a déclaré qu’on leur avait dit que les enseignants avaient laissé tomber les certificats sans cérémonie sur les bureaux des élèves environ un mois après la date-butoir de demande de bourse pour les récipiendaires du prix du mérite national.

Cette pratique d’occultation et de remise trop tardive des prix au mérite national durerait depuis cinq ans.

La mère d’un élève a déclaré que lorsqu’elle a confronté le directeur des services aux étudiants à ce sujet par téléphone, il lui aurait dit que les chefs de classe (des étudiants) avaient minimisé l’importance de ces prix parce qu’ils ne voulaient pas blesser les sentiments des autres étudiants auxquels ces prix n’étaient pas décernés.

Certains parents d’élèves, cependant, estiment qu’il est criminel de refuser aux élèves qui ont obtenu ce prix le droit d’améliorer leurs perspectives d’admission à l’université et de se voir décerner des bourses. Ils veulent que le directeur de l’école soit tenu responsable.

« Cela m’a rendu malade. Ça me fait bouillir le sang, je déteste dire ça », a déclaré Srilekha Palle, mère d’un élève qui fréquente Thomas Jefferson.


dimanche 25 décembre 2022

Comment les wokes ont volé Noël...

 
(la plateforme Rumble est censurée en France, pays de la liberté, parce qu'elle retransmettait la chaîne RT, ordre du gouvernement Macron) 
 
 
(nous avons donc ajouté cette même vidéo sur Odysee, qui nous croyons n'est pas pour l'instant complètement censurée en France)

samedi 24 décembre 2022

ChatGPT, l’intelligence artificielle qui inquiète les profs : « Elle réussit l’examen d’entrée pour les ingénieurs ! »

ChatGPT : c’est le nom de la nouvelle intelligence artificielle qui agite le monde de la « tech ». Pourtant, elle n’est qu’au stade de développement. Pourquoi alors en parle-t-on tellement et qu’est ce qui explique son succès ?

Elle a déjà gagné 1 million d’utilisateurs en 1 semaine. Premièrement, parce qu’il y a Elon Musk derrière. Deuxièmement, parce que chacun peut tester derrière son écran d’ordinateur cette version bêta. Troisièmement : parce qu’on a tenté l’expérience et que c’est bluffant.

Exemple de requête à ChatGPT (faite en français) et sa réponse (en français)

 Alors c’est quoi exactement ?

Imaginez que vous avez une question précise et que vous voulez avoir une réponse dans la seconde. C’est ce que propose ChatGPT : plus besoin de chercher des heures sur internet. Et puis et surtout, l’intelligence vous pond un texte, bien rédigé, sur des questions qui sont parfois existentielles. ChatGPT n’est pas sans faille : elle ne peut évidemment pas prédire l’avenir et ses compétences se limitent au savoir acquis. Plus intéressant qu’un Google, elle permet d’écrire en clic de souris des dissertations ou de la poésie avec le nombre de mots que vous souhaitez.

Un exemple de question : L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer l’être humain ?

Réponse de ChatGPT : « Il est vrai que l’intelligence artificielle est en train de devenir de plus en plus avancée et qu’elle pourrait un jour être capable de remplacer l’être humain dans certaines tâches. Cependant, il est important de garder à l’esprit que l’IA ne peut pas remplacer l’être humain dans toutes les situations. Les êtres humains ont des qualités uniques, comme l’empathie et la créativité, qui ne peuvent pas être reproduites par l’IA. De plus, il est important de veiller à ce que l’IA soit utilisée de manière éthique et responsable pour ne pas nuire aux êtres humains. »

Une aide à la triche

Et puis — vous me voyez venir —, c’est un bon moyen pour certains de gagner du temps, pour les étudiants de composer un travail de fin d’année en un clic de souris. Nous avons fait l’exercice sur une dissertation de 6e secondaire.

Autre requête (il n’y a pas d’exemples précis dans ce cas…)

 

Résultat : l’intelligence artificielle a reçu la cote de 5 sur 5. « J’ai toutefois repéré que c’était écrit par un ordinateur : le style, le peu de fautes d’orthographe (sic), le manque d’humour ou de prise de position », nous explique Lionel Dohet-Eraly, professeur de français. « Mais à part cela, c’est excellent. Il faudra être attentif et se réinventer : demander des dissertations plus créatives aux étudiants. »

« Il réussit l’examen d’entrée pour les ingénieurs ! », constate Axel Legay, professeur d’informatique à l’Université catholique de Louvain. « En tout cas, je crois que cela signe la mort des examens à distance, comme on le faisait pendant le Covid. »

ChatGPT est capable d’écrire de petits programmes simples. Il est nettement moins bon quand l’énoncé est plus compliqué. Exemples ci-dessous de programmes produits erronés.

 

Il faudra que les profs soient vigilants. Oui, mais comment ? En vérifiant sur ChatGPT ? Ce sera compliqué. Il faudra également être attentif pour qu’elle ne diffuse pas de fausses informations, ou, qui sait, qu’elle crée de nouvelles arnaques via des personnes malintentionnées.

Source : RTBF

Autres exemples :

Scrabble francophone : soixante mots bannis dont « poufiasse », « schleu », « tarlouse », « travelo », « femmelette » et « bamboula »

Texte de Christian Rioux, correspondant du Devoir à Paris depuis 1995, il a aussi écrit pour L’actualité, Le Monde, Libération, La Croix, Courrier international et le journal espagnol La Vanguardia.

La vie politique ressemble parfois à ces jeux de société qui font fureur à Noël. Ces passe-temps, dont on trouve des traces jusque dans les tombes mésopotamiennes, tirent d’ailleurs leur nom de leur capacité à exprimer la sociabilité et les mœurs de leur époque. Comment ne pas voir, par exemple, dans Monopoly, un concentré des valeurs qu’exalte le capitalisme moderne ? Ou dans Clue, l’engouement qui s’est développé tout au long du XXe siècle pour le roman policier ? Les jeux vidéo n’ont-ils pas de même contribué à faire basculer notre monde dans un univers virtuel et technologique ?


On ne devrait donc pas prendre à la légère la décision du fabricant de jouets Mattel de modifier les règles du Scrabble en bannissant des mots dont l’éditeur prétend qu’ils « constituent une incitation à la haine et à la discrimination ». S’il faut en croire le magazine L’Express, après les universités, de nombreuses sociétés d’État, les musées et plusieurs grands de la communication et du cinéma, la société qui détient les droits du jeu de Scrabble hors des États-Unis a décidé de se conformer au nouveau catéchisme néopuritain qui a cours dans ce pays. Malgré l’opposition du comité de rédaction, plus d’une soixantaine de mots devraient être bannis de la prochaine édition de L’Officiel du Scrabble, publié par les éditions Larousse, la bible de la Fédération internationale de Scrabble francophone, qui regroupe plus de 20 000 membres.

Au menu, des injures de nature sexuelle ou ethnique et des mots d’argot comme « poufiasse », « schleu », « tarlouse », « travelo », « femmelette » ou « bamboula ». Dans son délire idéologique, Mattel voulait même bannir le mot « salope », mais pas son équivalent masculin (« salop »), les hommes pouvant subir toutes les avanies du monde sans que la multinationale ne s’en offusque. Aux États-Unis, d’où provient ce nouveau maccarthysme, le fabricant Hasbro avait déjà amputé le dictionnaire de plus de 400 mots. Parmi eux, on trouve même les mots « Jesuit » (jésuite) et « Jew » (juif), que l’éditeur anglophone juge péjoratifs.

On connaissait le cache-sexe du mot en n. Voilà que l’on vient d’un seul coup d’inventer les mots en P, S, T, B, J et j’en oublie. Étrange paradoxe, plus le dictionnaire rétrécit, plus il faudra ajouter des lettres à l’alphabet ! On dira qu’il ne s’agit que d’un jeu et que rien de tout cela ne porte à conséquence. C’est ce qu’on a cru aussi la première fois où une rumeur évoqua la possibilité de modifier le titre des Dix Petits Nègres, le succès de librairie ded’Agatha Christie. Qui aurait cru, alors, que l’on pourrait aujourd’hui perdre son emploi pour avoir simplement évoqué Nègres blancs d’Amérique, de Pierre Vallières, ou l’Anthologie nègre, de Blaise Cendrars ?

C’était sous-estimer l’esprit de soumission qui règne parmi nos élites. En fin connaisseur des États-Unis, l’écrivain Romain Gary ne s’y était pas trompé. Dès 1970, dans Chien blanc, il faisait remarquer que « le signe distinctif de l’intellectuel américain, c’est la culpabilité. Se sentir personnellement coupable, c’est témoigner d’un haut rang moral et social, montrer patte blanche, prouver que l’on fait partie de l’élite. Avoir “mauvaise conscience”, c’est démontrer que l’on a une bonne conscience en parfait état de marche et, pour commencer, une conscience tout court ». L’écrivain ne pouvait cependant imaginer qu’un jour, toutes les élites occidentales se prendraient pour des Américains.

Un éditeur français de retour du Salon du livre de Montréal me confiait qu’on lui avait suggéré de faire comme aux États-Unis et de soumettre ses livres à des « sensitivity readers ». Ces représentants autoproclamés de divers groupes ethniques ou minoritaires ont pour rôle de censurer ce qui pourrait les offenser. « C’est la fin de l’édition, me disait-il. On ne peut pas publier des livres en se pliant aux caprices de chacun. »

Avec cette peur des mots, qui aurait publié Michel Tremblay, dont le vocabulaire avait été jusque-là jugé ordurier et donc indigne du théâtre ? Et Michel Marc Bouchard, dont la pièce Les feluettes porte un titre pour le moins équivoque ? On n’imagine pas le nombre de films, comme ceux dont Michel Audiard a signé les dialogues, qu’il faudra censurer. Ce délire puritain nous ferait presque regretter les anciennes interdictions de blasphémer. Au moins, à cette époque, les censeurs étaient reconnaissables à leur soutane.

De la censure des mots à celle des livres, il n’y a qu’un pas. On s’étonne pourtant du peu de cas que suscitent ces mises à l’index. Comme si nos élites médiatiques et culturelles en avaient pris leur parti. Cela a quelque chose de déconcertant qui nous aide à comprendre comment les idéologies les plus délétères ont pu se répandre dans l’histoire sans qu’on lève le petit doigt.

À lire ces listes de mots interdits venues d’un autre âge, on songe à l’époque de Voltaire. Dans un texte prophétique intitulé De l’horrible danger de la lecture, le polémiste ironisait sur le Grand Mufti de la Sublime Porte lui prêtant un discours dénonçant « le pernicieux usage de l’imprimerie ». Il fallait, disait-il, ne surtout pas « dissiper l’ignorance » et que dans toutes les conversations on n’utilise que « des termes qui ne signifient rien ».

Trouverait-il un éditeur aujourd’hui ? Entre deux parties de Scrabble, ce pourrait être une lecture salutaire à Noël.

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