dimanche 20 novembre 2022

Chute de la natalité et hausse du vieillissement historiques en Espagne

La natalité en Espagne préoccupe. Le nombre de naissances recensées n’a jamais été aussi bas depuis 1941.

C’est désormais un fait : en Espagne il y a davantage de personnes qui meurent que de nouvelles naissances. Un déséquilibre continu qui préoccupe l’équilibre du pays : les spécialistes estiment que durant les 50 prochaines années, la population (autochtone) sera de plus en plus faible.

113 364 décès de plus que de naissances en 2021

Selon les chiffres de l’Institut national espagnol de statistiques (INE), le taux de natalité espagnol ne cesse de baisser depuis 2010, avec une chute plus importante à partir de 2015. 

En effet, depuis 2015, le pays subit une perte progressive de population causée par un taux de natalité de plus en plus bas et une mortalité plus élevée. Une tendance qui a été aggravée par la pandémie de Covid.  Les dernières statistiques de l’INE avec des données de 2021 révèlent une certaine baisse du nombre de décès, qui a diminué de 8,7 % par rapport à l’année précédente, même si, avec 450 744 décès, ce chiffre se place au second rang du nombre de décès depuis que l’Institut de la Statistique enregistre ce nombre. Les décès ont dépassé les naissances de 113 364. Le  taux de fécondité en Espagne est de 1,19 enfant/femme. Le taux de remplacement de la population est généralement établi à 2,1 enfants/femme.

Nombre de naissances depuis 1941 (la population de l’Espagne était alors de 26 millions de personnes, en 2021 elle était de 47,4 millions)
Une génération sans enfants

Les naissances sont inégalement réparties sur le territoire : les zones les plus rurales et moins habitées recensent peu de naissances, et il y a en revanche davantage de nouveau-nés le long du littoral méditerranéen.

Deux principales raisons expliquent le phénomène. Il y a d’une part une baisse de la volonté d’avoir des enfants pour toute une génération : de nombreux Espagnols autour de la trentaine expliquent ne pas ressentir le besoin de devenir parents ; ils préfèrent leur carrière professionnelle, mais se disent aussi satisfaits de leur vie sociale sans enfants. L’État providence rassure et éloigne le spectre d’une vieillesse sans descendance. D’autre part, ceux qui souhaiteraient avoir des enfants deviennent parents de plus en plus tard, ou jamais, à cause du contexte économique du pays : les projets de grossesse sont reportés pour des raisons financières, par peur de l’avenir, de l’instabilité et du manque de perspectives professionnelles.

Un problème d’équilibre national

Les données de l’INE font état de 337 380 naissances l’année dernière, soit 1,15 % de moins que l’année 2020. Il s’agit du chiffre le plus bas depuis qu’il existe des registres de la natalité dans le pays. La baisse de la natalité et les progrès de la médecine transforment la population espagnole en une population vieillissante, pour laquelle des problèmes de pensions sont à venir. Le système de retraite espagnol va devoir affronter un souci de taille : plus de 30 % de la population appartient à la génération dite du baby-boom. Ces travailleurs seront tous à la retraite d’ici moins de vingt ans. Or, la génération qui devra permettre de payer leurs pensions de retraite est celle dite des millénariaux, qui représentent tout juste 16 % de la population, deux fois moins nombreuse donc.

Pour le gouvernement de gauche espagnol, il s’agit d’un « problème arithmétique à résoudre » pour les prochaines décennies. Le ministre de la Sécurité sociale José Luis Escrivá a expliqué que la prochaine génération, qui sera moindre, « va obliger à renforcer le système de retraite durant les vingt prochaines années ». Les experts estiment que le déséquilibre le plus important sera atteint en 2050, puis la situation devrait s’adoucir avec des coûts qu’il sera à nouveau possible d’assumer une fois la génération nombreuse des baby-boomers disparue. Plusieurs solutions sont à l’étude pour pouvoir passer ces deux décennies compliquées, notamment des modifications du système de calcul des retraites, l’augmentation des bases de cotisation, et la promotion de la retraite partielle ou de la « retraite active », entre autres.

Taux de vieillissement en forte hausse

Les chiffres du vieillissement de la population espagnole sont une année de plus étonnamment élevés. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique INE, l’Espagne a enregistré en 2022 un nouveau taux de vieillissement maximal de 133,5 %, autrement dit on compte 133 personnes âgées de plus de 64 ans pour 100 personnes de moins de 16 ans.

Évolution de l’indice de vieillissement de l’Espagne de 1999 (en bas) à 2022 (en haut)
 
Ce chiffre représente la plus forte croissance depuis 1999, soit 4,4 points de pourcentage, compte tenu du fait que l’année dernière, il était de 129,1 %. En d’autres termes, l’Espagne n’a pas autant vieilli en 23 ans.
 
Nationalité des mères
 
En 2020, 262 982 (77,5 %) bébés sont nés de mères de nationalité espagnole (y compris les immigrés naturalisés), 25 861 (7,6 %) de mères de nationalité africaine (y compris l'Afrique du Nord), 23 395 (6,9 %) de mères de nationalité américaine ( Amérique du Nord et du Sud), 20 089 (5,9 %) aux mères de nationalité européenne (pays européens et non membres de l'UE) et 6 751 (2,0 %) aux mères de nationalité asiatique.
 

 Sources : INE, El Mundo, El Diario

 

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vendredi 18 novembre 2022

mercredi 16 novembre 2022

Ontario — l'euthanasie pour éviter la pauvreté et l'itinérance

Autre conséquence de la folie des prix du logement en Ontario qui concentre une grande partie de l’immigration du Canada, pays avec le plus haut taux d’immigration du G7 : le désespoir des gens qui ne parviennent pas à se loger et qui, parfois, considèrent l’euthanasie plutôt que de devoir être confrontés à l’itinérance et à la pauvreté.

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mardi 15 novembre 2022

Une fois en Amérique Nord, l'empreinte carbone d'un immigré est multipliée par plus de trois (3)

M. Trudeau veut importer un demi-million d’immigrés par an au Canada, très peu provenant d’Europe. Il se dit aussi très soucieux du bilan carbone du Canada. Comment ces deux buts sont-ils conciliables alors que chaque habitant en Amérique du Nord a une empreinte carbone très largement supérieure à celle des pays d’où proviennent les immigrés ?

Même le Québec aurait une véritable empreinte carbone de 15 tonnes de gaz à effet de serre par habitant (et non 10 tonnes selon d’autres calculs). C’est bien plus que les moins de 2 tonnes par personne en Afrique subsaharienne, les 2 à 3 tonnes en Asie du Sud-Est et près de 4 tonnes pour l’Amérique du Sud. 

Chaque personne qui immigre au Canada en provenance du Sud détériore donc le bilan carbone de la planète, il aurait eu une empreinte carbone nettement moindre s’il était resté dans son pays ou avait immigré dans un pays avec une moindre empreinte carbone (soit quasiment tous les pays du monde).

Il existe sans doute une solution pour concilier à la fois la mégalomanie immigrationniste du fils Trudeau et diminuer le bilan carbone du Canada : réduire considérablement notre niveau de vie en augmentant sensiblement le prix de l’énergie. Le confort, le transport, l’industrie et l’automatisation ne sont qu’énergie transformée. En réduisant sensiblement notre niveau de vie, l’État pourra imposer la simplicité « involontaire » à tous et accueillir plus d’immigrants tout en baissant le bilan carbone du pays. Quel avenir radieux ! Est-ce là la voie ensoleillée dont nous parlait Trudeau en 2015 ?

 La hauteur correspond aux émissions moyennes exprimées en tonnes de CO2 par personne et par an. La largeur désigne la taille de la population. Le Canada est à 15,2 tonnes (tout en haut en vert) alors que l’Inde est à 1,7 tonne…

Les calculs d’un groupe d’économistes de l’École d’économie de Paris (PSE) sont légèrement différents avec des données de 2019 et en comptabilisant les importations nettes de biens et services. En moyenne, chaque être humain émet 6,6 tonnes de CO2 par an. Comme l’indique notre carte, cette moyenne varie de 1,6 tonne par personne en Afrique subsaharienne, à 20,8 tonnes par habitant en Amérique du Nord. Sur le Vieux Continent, le niveau d’émissions de CO2, qui inclut l’impact des biens et services importés d’autres régions, se situe actuellement à 9,7 tonnes par Européen.

 

Pour ce qui est de l'impact de la hausse des coûts de l'énergie sur l'économie, il suffit de considérer ce qui se passe en Europe actuellement.


lundi 14 novembre 2022

Humour déconstructeur


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M. Drainville, faites cesser le tripotage des notes !

Un texte de Joseph Facal publié dans le Journal de Québec.

Le nouveau ministre de l’Éducation, Bernard Drainville (ci-contre), disait récemment vouloir s’attaquer à des questions concrètes et obtenir des résultats concrets.

Excellente idée. Il n’aura pas à chercher bien loin.

Je lui suggère un point de départ à la fois concret et crucial : qu’il fasse cesser le maquillage des notes.

M. Drainville disait récemment qu’un des grands dangers qui le guettent est de devenir l’otage des fonctionnaires. Je ne suis pas sûr qu’il mesure pleinement à quel point il a raison.

Maquillages et tripotages

Commençons par le primaire.

La question n’est pas neuve. La pratique a souvent été dénoncée, mais elle se poursuit et se réinvente, sans cesse justifiée par les fumisteries qui servent de fondements théoriques aux gourous qui tiennent en otage le ministère et les facultés de sciences de l’éducation.

Un exemple récent vient d’être dévoilé dans un excellent reportage de la journaliste Louise Leduc.

Vous allez voir, c’est assez tordu, merci.

La nouvelle trouvaille, le nouveau tour de passe-passe se nomme le régime de « modification des attentes ».

Un jeune a des difficultés. Normalement, les notes dans son bulletin devraient refléter ses difficultés. Il sera, comme le dit le jargon éducatif, « en situation d’échec ». Mais au Québec, on ne veut pas faire échouer et forcer le redoublement.

L’enfant sera donc dans une classe [normale], mais ne fera pas les mêmes examens que ses camarades.

L’enseignant baissera ses attentes et modifiera sa correction. Dans le bulletin, il sera dit que l’enfant aura « réussi » et, hop, il passe à l’année suivante.

Disparues les notes épouvantables ! Les écoles, elles, pourront afficher de belles statistiques de « réussite ».

Mais cette « réussite » est fausse, artificielle.

Mme Leduc rapporte le cas d’une jeune fille en 6e année du primaire, dans une classe régulière, qui fait ses mathématiques… de 4e année.

L’an prochain, elle doit entrer au secondaire. Il arrivera quoi vous pensez ?

On a répertorié au moins 16 000 enfants dans cette situation, mais ils sont en réalité beaucoup plus nombreux parce que beaucoup de directions ont refusé de répondre aux questions de la journaliste.

Les parents interrogés, eux, ne sont pas du tout complices de la supercherie. Ils veulent la vérité.

La vraie manière sensée d’attaquer ces difficultés serait évidemment de faire des classes particulières, de mettre des orthopédagogues et des psychoéducateurs dans le coup, et de cesser de dénigrer les métiers manuels.

Fondamentalement, c’est très simple : pour savoir si on s’améliore ou pas, il faut mesurer objectivement.

Comment mesurer objectivement si on tripote ce qui est censé servir de marqueur ?

En fait, c’est plus pervers encore : on sait que ça va mal, mais on fait semblant que ça va bien.

Bouillie pour les chats

M. Drainville disait aussi récemment qu’un des grands dangers qui le guettent est de devenir l’otage des fonctionnaires.

Je ne suis pas sûr qu’il mesure pleinement à quel point il a raison.

Je mets ma main au feu qu’on lui expliquera que ces traficotages ont d’excellentes raisons d’être et qu’ils sont là pour le bien des enfants.

L’explication sera très convaincante. Cela ne l’empêchera pas d’être de la bouillie pour les chats.


samedi 12 novembre 2022

À l'usage, l’écriture dite « inclusive » se révèle excluante

Texte paru dans La Dépêche du Midi en marge de la publication de l’ouvrage collectif intitulé Malaise dans la langue française. Pour La Dépêche, Sami Biasoni, qui a dirigé le projet, revient sur les questions soulevées par les signataires. 

 — Selon vous, le langage inclusif perturberait l’évolution de la langue française ?

— Ces personnes, favorables à l’écriture inclusive, pensent qu’on peut changer la langue française à l’image d’un produit mécanique. Mais nous pensons que de telles tentatives sont dommageables, car il ne faut pas oublier que nous avons affaire à un bien commun. On ne peut accepter, sans débattre, qu’il soit confisqué par certains aux revendications militantes queer ou wokistes, en vue d’être remanié et imposé à tous. D’ailleurs, à l’image du wokisme, qui pouvait avoir des aspirations justes, il y a des conséquences et une forme d’irresponsabilité dans ce mouvement.

Des femmes tués ?

— Pourquoi ne serait-il pas envisageable de modifier radicalement notre langue ?

— D’une part, parce que la langue se forme dans et par le temps. Elle est le résultat d’usages « naturels » entre des groupes d’individus libres de leurs choix langagiers et non pas de confrontations directes, au sens politique du terme. Ici, nous faisons face à une démarche forcée, c’est-à-dire que l’on vient édicter des règles, non pas parce qu’elles sont nécessaires à la langue, mais parce que d’aucuns estiment que les critères qui doivent prévaloir sont des critères de nature morale qui sont ceux des théories de la déconstruction. Par exemple, si via l’usage du point médian [ndlr : utilisé pour tenter de regrouper au sein d’un même mot le masculin et le féminin], on met les Françaises avant les Français, on peut sous-entendre que vous avez fait un choix de préférence sociale. C’est extrêmement dangereux. 


 

— Vous parlez de conséquences, quelles seraient-elles ?

— Dans l’ouvrage, Mazarine M. Pingeot évoque une ligne de fracture entre « nous et eux ». Ce « nous » désigne ceux qui détiennent le capital social et symbolique — les intellectuels, les milieux académiques — et qui sont capables de suivre ces évolutions très rapides de la langue et de comprendre pourquoi « iel » [ndlr: pronom qui évoquerait selon ses partisans une personne, quel que soit le « genre » qu’il prétend avoir] existe. Le « eux », c’est la grande majorité des Français qui récuse très fortement les formes dites « inclusives » dont il est question.

— Vous insinuez que l’inclusif pourrait mettre en difficulté certains Français ?

 Les grandes associations qui luttent contre la dyspraxie et la dyslexie le disent très clairement, de nombreux parents, personnels éducatifs ou psychologues également : il s’agit d’une difficulté supplémentaire majeure dans l’acquisition des compétences de lecture et d’écriture pour les enfants, notamment pour ceux qui se trouvent déjà en difficulté. C’est là une autre ligne de fracture : lorsque l’on ne maîtrise pas la langue et ses subtilités, on risque l’exclusion du monde du travail, comme du champ démocratique. C’est notamment en cela que l’écriture dite « inclusive » se révèle, à l’usage, excluante.

Voir aussi 

Trente-deux linguistes énumèrent les défauts de l’écriture inclusive

Malaise dans la langue française — Promouvoir le français au temps de sa déconstruction 

Polémique autour de l’écriture inclusive en Espagne  

Des points bonus accordés pour l’utilisation de l’écriture inclusive 

France — Comment l’écriture inclusive prend le pouvoir à l’université

 


 

 

 

vendredi 11 novembre 2022

Trudeau au show travelo

Texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Québec.

La nouvelle a fait le tour du monde : Justin Trudeau se joindra le temps d’une soirée au jury d’une émission [nous venant d'Ontario et qui célèbre les] drag-queens. [Ces travestis masculins trop maquillés et vêtus de manière exubérante.]

Nulle surprise ici.

[Trudeau à la Cage aux folles]

Le premier ministre Justin Trudeau en compagnie du présentateur de Canada’s Drag Race, Brooke Lynn Hytes (nom de scène de Brock Edward Hayhoe)

Justin Trudeau, avant d’être un homme politique, est un homme de théâtre. Il n’aime rien tant que l’univers du déguisement. Depuis sa première élection, ne joue-t-il pas à être premier ministre ? De tous les déguisements, c’est hélas ! celui qui lui va le moins bien.

L’univers des drag-queens est fait pour lui faire : c’est celui du travestissement le plus extravagant, associé à la culture du cabaret.

[Cabaret, de l'anti-authenticité, une parodie outrée, de l'appropriation de genre]

Mais il y a quelque chose d’usé dans ce grand retour de Justin Trudeau qui mise sur la variété pour se refaire une popularité, comme s’il ne se rendait pas compte que son vieux tour de chant ne fonctionne plus. Le jeune premier qu’il était passera désormais pour un crooner sur le retour, cherchant désespérément un dernier micro pour réactiver un charme qui ne fonctionne plus.

À moins que Justin Trudeau ne mise sur le « buzz » entourant les drag-queens pour se redonner un peu d’éclat ? En Amérique du Nord, elles sont à la mode. On les retrouve partout.

Apparemment, on veut même faire de la drag-queen la nouvelle figure porteuse de la cause LGBTQI2T+, dans la mesure où elle parodie les codes du masculin et du féminin, et révélerait leur caractère artificiel. D’ailleurs, Justin Trudeau ira à cette émission pour faire la promotion de « l’inclusion ».

Notre époque veut croire que rien n’est plus important que de déconstruire ces codes, au point même de chercher à en convaincre les enfants, pour les persuader que leur identité sexuelle biologique importe peu, et qu’ils sont libres de choisir leur genre – autrement dit, de décider s’ils sont hommes, femmes, non-binaires ou autre chose. Nous ne sommes pas loin du jour où un homme né homme et se vivant comme un homme passera en société pour un affreux réactionnaire. Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

La drag-queen donne ainsi un air ludique à la théorie du genre.

Peut-être est-ce pour cela qu’une drag-queen jouera le rôle de la fée des étoiles lors de la parade du père Noël. Il ne faudrait pas manquer une occasion de s’emparer d’un symbole et de la redéfinir selon les codes diversitaires.

Mais revenons à Justin Trudeau.

Quoi qu’on pense de son initiative télévisuelle, n’a-t-il pas mieux à faire qu’aller aux variétés ?

Déconstruction

Je m’en suis souvent moqué en le surnommant la reine d’Angleterre, en disant qu’il régnait, mais ne gouvernait pas. Alors qu’il faisait le beau en nous montrant fièrement les motifs de ses chaussettes, les élites de Toronto et d’Ottawa gouvernaient le pays à leur manière.

Désormais, les choses sont un peu plus compliquées. Car si Justin Trudeau parade encore, on sait désormais que Chrystia Freeland lui succédera.

J’oserais même dire qu’elle lui a déjà succédé de manière officieuse.

Pendant ce temps, il va au carnaval, insouciant. Comme sur un nuage, il y est heureux.


Malaise dans la langue française - Promouvoir le français au temps de sa déconstruction

Pourquoi l'écriture inclusive aboutit-elle à l'exclusion et en quoi, faussement civilisatrice, repose-t-elle sur le barbarisme ? Ce sont Mazarine Pingeot, Boualem Sansal, Matthieu Bock-Côté qui, entre autres, répondent ici à cette question cruciale pour l'avenir du bien commun qui est notre langue.

Lutter contre les discriminations ? Si elles sont souvent réelles, parfois fantasmées, nous voilà aujourd’hui sommés d’adopter un idiome artificiel jugé conforme aux droits des uns et des autres. Pourquoi ? Afin de manifester notre adhésion sans réserve à la cause sacrée de l’« inclusion ». Or, la langue inclusive cristallise tensions et incompréhensions. Seulement, qui oserait la contester tant elle apparaît relever du progrès ?

Les systèmes autoritaires ont toujours voulu contrôler la parole et l’écriture. L’actualité montre qu’il est urgent de protéger la langue française des assauts qu’elle subit. C’est la conviction des douze écrivains et penseurs de premier plan et de tous bords que réunit ce livre. Ils y analysent et combattent ce phénomène de société paradoxal, défendant ensemble l’universalisme républicain. Un ouvrage salutaire.

Préfacé par Annie Genevard, dirigé par Sami Biasoni, cet ouvrage réunit Mathieu Bock-Côté, Jean-François Braunstein, Jean-Michel Delacomptée, Yana Grinshpun, Nathalie Heinich, Anne-Marie Le Pourhiet, Bérénice Levet, Mazarine M. Pingeot, François Rastier, Xavier-Laurent Salvador, Boualem Sansal et Jean Szlamowicz.

Malaise dans la langue française,
par collectif,
publié en septembre 2022,
aux éditions du Cerf,
264 pp.,
ISBN : 9782204145466