mardi 13 décembre 2011

Visite de la chapelle sixtine

Très belle application qui permet une visite virtuelle de la chapelle sixtine.


Cliquez sur la photo pour visiter, utilisez la souris pour changer l'angle de vision, « + » pour s'approcher, « - » pour reculer.




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Pays-Bas — On regroupe délibérément les élèves d’une même origine



« Quand il y a une grande diversité ethnique dans les écoles c’est mauvais pour les élèves d’origine immigrée et en plus cela n’apporte rien aux élèves européens. »




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Apprendre à lire, des sciences cognitives à la classe

Dans le nouvel ouvrage qu’il consacre à l’apprentissage de la lecture, Stanislas Dehaene propose un plaidoyer synthétique mais argumenté en faveur des méthodes traditionnelles (analyse syllabique, progression rationnelle dans la présentation des phonèmes et graphèmes, association du geste d’écriture à la lecture).

La question essentielle à laquelle ce livre entend apporter une réponse apparaît dès la première ligne : « Comment faisons-nous pour lire ? ». Et ses enjeux sont aussi posés : la recherche scientifique a clarifié « la manière dont le cerveau se modifie au fil de cet apprentissage ». Voilà qui doit arrêter le lecteur : l’apprentissage n’est plus une simple acquisition technique, mais il a un retentissement sur le fonctionnement même du cerveau de chaque individu. Cela redonne toute sa noblesse – et sa vigueur – au débat sur la pédagogie !

L’ouvrage de S. Dehaene est très clair dans sa progression : une première section « dissèque le fonctionnement du cerveau quand il lit et quand il apprend à lire ». Pour le grand public, c’est certainement la partie la plus nouvelle et la plus intéressante. Les deuxième et troisième sections sont immédiatement utilisables par les maîtres et les parents ; elles ne font toutefois que conforter ce que clament depuis trente ans les nombreux contempteurs des méthodes pédagogiques de la deuxième moitié du XXe siècle. Nous n’osons dire les « méthodes modernes », car le livre de Stanislas Dehaene prouve bien que la modernité, qui ne peut s’opposer aux preuves scientifiques, ira dans le sens des méthodes traditionnelles, lesquelles redeviendront, pour le coup, les méthodes d’avant-garde !

Que nous dit-il dans le détail ?

Les particularités du français rendent son apprentissage plus délicat que celui de l’italien ou de l’allemand, car les règles générales côtoient de nombreuses exceptions et irrégularités (exemple : chorale/chocolat ; patient/retient). Car « le français ne note pas seulement la sonorité des mots, mais fournit également des indices sur leur racine, leur sens et leur forme grammaticale » (p. 20). L’imagerie médicale nous montre où va se passer cette « activité artificielle et difficile » (Darwin, cité p. 22) : dans l’hémisphère gauche de notre cerveau. S.  Dehaene raconte d’abord l’acquisition du langage oral, dans un rapide panorama des quatre premières années de l’enfance. Vers 3-4 ans, un enfant enrichit encore quotidiennement son vocabulaire oral d’une dizaine de mots nouveaux ! Dans le même temps, « son système visuel » « se connecte aux aires cérébrales du langage ». L’écriture nécessite un traitement particulier, et c’est alors qu’intervient une région précise du cortex visuel, toujours dans l’hémisphère gauche. Dans la lecture interviennent les sons, traités par le planum temporale, situé derrière l’aire auditive primaire. Enfin l’attention dirigée permet d’accélérer l’apprentissage : « les jeux de langage, qui font manipuler les syllabes, les rimes et les phonèmes, préparent efficacement l’enfant à la lecture » (p. 40).

Les pages 44 à 47, rappelant au lecteur les travaux du Dr Wettstein-Badour, montrent que « la pratique du geste d’écriture accélère l’apprentissage de la lecture » (p. 47). Enfin un chapitre est consacré à la dyslexie, présentée comme « une maladie réelle » (p. 54), que l’on doit distinguer des errances éducatives, puis un autre à la lecture en milieu défavorisé. [Voir le livre de Colette Ouzilou sur le sujet.]

Lorsqu’il aborde les grands principes d’enseignement, Stanislas Dehaene reste très prudent, et se défend de pouvoir « déduire de la science de la lecture » « une méthode optimale d’enseignement ». Selon lui, « diverses stratégies éducatives » sont possibles. L’auteur entend toutefois « dresser une liste des principes éducatifs qui facilitent la découverte de la lecture » (p. 66), en insistant encore une fois sur « l’association des activités de lecture et d’écriture ». Méthodes syllabiques et analytiques, évaluations fréquentes et travail en petit effectif sont préconisés.

L’exposé pédagogique de cette deuxième partie et les preuves expérimentales de la troisième partie n’apportent guère d’éléments nouveaux à ceux qui sont déjà convaincus de l’efficacité des méthodes syllabiques traditionnelles. Peut-être ouvriront-ils les yeux de ceux qui s’entêtent dans des pratiques aujourd’hui largement décriées ? Selon l’auteur, en effet, « la véritable clé […] semble être la formation des maîtres. On sait combien ce point essentiel est aujourd’hui négligé dans notre pays ».

L’annexe deviendra le livre de chevet des maîtres de CP et des parents : en dix pages, l’auteur établit une « progression pédagogique à travers les difficultés de lecture du français ». De quoi remettre l’école sur de bons rails !

Stanislas Dehaene (sous la dir.),
Apprendre à lire, des sciences cognitives à la salle de classe,
Odile Jacob,
2011,
Paris,
155 p.

Stanislas Dehaene est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale, et membre de l’Académie des sciences.

Source




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lundi 12 décembre 2011

Plus d'anglais obligatoire, c'est moins d'autres matières... Des professeurs se plaignent

La décision du gouvernement d'imposer des cours d'anglais intensifs en sixième année continue de semer la controverse. Le plus important regroupement d'enseignants au Québec, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), craint pour la réussite des élèves dans les autres matières.

Notons d'une part qu'aucune étude n'a montré qu'il existait un besoin réel qui doivent pousser à tenter de bilinguiser tous les enfants du Québec à cet âge, ni que ces cours intensifs seront vraiment plus efficaces plutôt que de meilleurs cours à un âge plus avancé (voir ce qu'en pense un linguiste), ni bien sûr quel serait l'impact de ces cours sur les mauvais résultats des élèves québécois en lecture dans leur langue maternelle et en sciences, matières qui seront sacrifiées puisque le temps consacré aux études n'est pas extensible.

Selon la Fédération des syndicats de l'enseignement, l'obligation de consacrer la moitié de l'année scolaire des élèves de sixième année à l'anglais risque de compromettre la réussite de ceux qui sont déjà en difficulté. L'enseignement intensif de l'anglais devrait retrancher 400 heures par année aux autres matières.

La présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, Manon Bernard, croit que le projet du gouvernement Charest est un pari risqué. « Ce n'est pas parce que j'enseigne en sixième année que mes élèves sont au niveau de sixième année. On a des élèves qui ont des retards importants de deux ou trois ans parfois. » Manon Bernard ajoute que les services de soutien aux élèves de sixième année sont souvent déficients dans les écoles.

La Fédération des syndicats de l'enseignement, qui représente 60 000 membres, a mené une consultation auprès des professeurs d'anglais et de sixième année au cours des derniers mois pour connaître leurs préoccupations. Les enseignants déplorent ne pas avoir été consultés en marge des changements proposés par le gouvernement. Ils craignent aussi une pénurie de professeurs d'anglais et une surcharge de travail.

La Fédération des syndicats de l'enseignement entend faire valoir sa position officielle lundi par voie de communiqué.

Rappelons que le gouvernement Charest prévoit que l'anglais intensif sera obligatoire pour tous les élèves de sixième année d'ici l'année scolaire 2015-2016.

Voir aussi

Réaction contre l'imposition de l'année bilingue aux jeunes écoliers francophones québécois

Réactions critiques à l'imposition du bilinguisme dans toutes les écoles du Québec à la fin du primaire

Rappel : l'ADQ en 2008 préconisait de « remettre l'apprentissage du français au premier plan »




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État thérapeuthe : médicalisation de l'école

Julien Prud'homme, historien des professions de santé, professeur associé au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie de l'UQAM, s'insurge dans les colonnes du Devoir contre le projet de loi 21 qui risque de médicaliser l'école.

Extraits :
'Assemblée nationale a adopté en 2009 le projet de loi 21, qui constitue la dernière tranche de cette vaste réforme et doit réguler le partage des tâches dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines. Pour être pleinement mise en oeuvre, cette loi attend la parution d'un guide d'interprétation, dont une version quasi finale circule sous le manteau depuis peu. Or, ce guide prévoit que les troubles d'apprentissage des enfants d'âge scolaire seront considérés comme des « troubles mentaux » et que, à ce titre, leur évaluation passera des mains du monde scolaire à celles de professionnels [...] comme les psychologues [...] .

[...]

Cette rupture fait bel et bien craindre une médicalisation de l'école [...]

Le très moderne docteur Knock ne connaît que des malades qui s'ignorent et qui peuvent assurer la prospérité des professions médicales et pharmaciennes

Réserver l'évaluation des élèves à des thérapeutes de la santé, sous le label de «trouble mental» et dans le cadre d'une loi sur la santé mentale, accélérera la tendance à la médicalisation de l'enfance. «Médicaliser» signifie interpréter de plus en plus de problèmes, de plus en plus de cas, comme une maladie, d'origine individuelle et dont la solution passe par l'étiquetage et la thérapie; cela signifie aussi négliger toute autre interprétation du problème, pédagogique ou socioéconomique

[...]

Enfin, diverses études, portant sur des clientèles variées, montrent qu'en rendant des thérapeutes solidaires d'une catégorie médicalisante large (comme le «trouble mental»), on les incite à étendre les contours de cette catégorie pour y englober toujours plus de cas.






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Reproduire une annonce d'une revue homo et un verset biblique : un discours haineux ?

Dans notre couverture du procès Whatcott devant la Cour suprême du Canada, nous publions la mise à jour de ce jour.

Thomas Schuck à la barre
La juge en chef annonce qu’avant la pause de midi le tribunal entendra encore les procureurs de M.  Whatcott, Me Thomas Schuck et Me Iain Benson.

Me Schuck s’avance.

Il décide de se pencher sur les documents que la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan et le tribunal de première instance ont trouvé « haineux ».

S’agit-il du dépliant où M. Whatcott reproduit cette petite  annonce dans la plus grande revue homo qui indique qu’un « homme cherche garçon, peu importe âge » ? En quoi reproduire cela est-il haineux ?

Pour Me Schuck, le tribunal de première instance a condamné comme outrancier le fait que M. Whatcott reproduise cette annonce, mais il n’a pas dit pourquoi ce n’était pas le cas pour la revue homo.  Nous n’avons pas d’analyse qui démontrerait le caractère haineux de ce document.

Abella intervient pour indiquer que ce n’est pas seulement la reproduction de cette petite annonce qui est haineuse, mais le fait qu’elle soit accompagnée de phrases manuscrites qui reproduit un verset de l’Évangile : « Mais, si quelqu'un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu'on le jetât au fond de la mer. » (Marc 9,42 et Matthieu 18,6)

Mais en quoi cela est-il haineux ? Il ne s’agit pas de condamner toute la communauté homosexuelle, mais cette revue homosexuelle qui permet de telles annonces et qui ne défend pas les enfants.

Le juge Rothstein reprend l’arrêt Warman (le professionnel de la plainte lucrative auprès des commissions des droits de la personne, voir aussi vidéo à son sujet) et les « caractéristiques de la haine » que la Commission canadienne des droits de la personne avait proposées : serait haineux ceux qui identifient le groupe cible comme un groupe qui s'en prend aux enfants ! Le fait d’avoir seulement dénoncé une revue homosexuelle pour ce genre d’annonces est donc suspect pour le juge Rothstein, car cela laisserait entendre que tous les homosexuels s’en prennent aux enfants et que c’est là une caractéristique du discours haineux…

Pour Me Schuck, on n’a jamais parlé de ces « caractéristiques de la haine » dans les jugements précédents. Au lieu de quoi, on a eu droit à un syllogisme simple : Whatcott s'attaque à des homosexuels et comme ils sont protégés par la Loi, l’attaque est donc haineuse.

Alors qu'ici en réalité, de poursuivre l’avocat de Whatcott, il s'agit de protéger les enfants et n'importe qui aurait dû s'élever contre ces annonces et faire appliquer les lois, mais peut-être que les gens – y compris la police – ont peur de dénoncer cela, car ils seraient traités d'homophobes ? En réalité, il faudrait remercier Whatcott pour avoir averti le public à ce genre d’annonces potentiellement pédophiles.

La juge Abella – dont on a déjà noté ci-dessus qu’elle aurait pour ses critiques un parti-pris pour la cause homosexuelle – intervient alors :

« Selon vous, donc Me Schuck, ces commentaires n'ont pas tendance objectivement à exposer des personnes homosexuelles à la haine ?

— Non, objectivement ce ne devrait pas être le cas, car il critique une revue qui pourrait être la propriété d’un homosexuel ou non, de répondre le conseil de l’intimé.

— Oui, mais à première vue, est-ce que ces commentaires exposent oui ou non les homosexuels à la haine ?

— Certaines personnes pourraient se demander ce qui se passe dans la communauté homosexuelle si la plus grande revue accepte de publier de telles annonces. Mais ce n’est pas la faute de Whatcott si des gens se posent de telles questions ou n’aiment pas les homosexuels, mais plutôt à cette revue qui permet de telles annonces. »

Ce carnet craint que cela soit punissable cependant puisqu'est puni tout ce qui « expose ou tend à exposer » les personnes homosexuelles « à la haine ». Même si ce n’est pas l’intention de Whatcott et que la faute objective de cette mauvaise réputation reviendrait à cette revue. C’est ainsi qu’est écrit le code des droits de la personne et on a l’impression que c’est la seule chose qui intéresse la juge Abella, d'autant plus que le « tend à exposer » permet une grande interprétation de la part des juges. Rappelons que la nouvelle première Ministre de l'Alberta, Alison Redford, a récemment déclaré qu'elle abrogera l'article 3 du Code des droits de la personne qui réprime les propos « susceptibles d'exposer une personne ou une catégorie de personnes à la haine ou au mépris. » Le terme « susceptibles » étant trop subjectif et la vérité ne constituant pas une défense selon cet article.

L’arrêt Taylor (voir ici), rappelle le procureur de M. Whatcott, décrit la haine comme « une malice extrême », « des émotions exceptionnellement fortes et profondes de détestation se traduisant par des calomnies et la diffamation » et de « nature à la fois virulente et extrême  . Mais où sont les émotions extrêmement fortes et la détestation ici alors qu’il n’y a que reproduction d’une petite annonce, un verset biblique et quelques mots neutres pour indiquer la provenance de cette petite annonce  la plus grande revue homo ?

La juge en chef demande à Me Schuck si, donc, à l’aune de l’arrêt Taylor ces documents ne sont pas haineux selon lui. Il répond : « oui ». Où sont les émotions, la détestation ?


À suivre…


Le dossier au complet.

dimanche 11 décembre 2011

Fesser ou ne pas fesser l'enfant capricieux ou rebelle ?




Fesser ou ne pas fesser ? En lançant une grande campagne de sensibilisation sur ce thème il y a deux ans, le Conseil de l'Europe ne laissait aucun doute sur son objectif : faire voter à tous ses pays membres une loi interdisant la fessée. Derrière ce débat éducatif, c'est toute la question de la nature humaine qui est posée. Est-ce la violence de la société qui pervertit l'enfant ? L'État a-t-il pour mission de légiférer sur les méthodes éducatives des parents ? Ces questions, les Suédois y ont répondu en 1979, en votant l'interdiction de toute forme de punition corporelle sur les enfants. Aucune distinction ne pouvait plus être faite entre la vraie maltraitance et la bonne fessée des familles. Pour l'Europe entière, la Suède est alors devenue le pays pionnier en ce qui concerne les droits de l'enfant. Mais en quoi consiste ce fameux « modèle suédois » qui bannit la fessée de la sphère publique et privée ? Quelles politiques l'accompagnent ? Y a-t-il des dérives ? La Suède est-elle devenue le pays du bambin tout puissant ? Les Suédois sont-ils les parents parfaits que nous rêverions d'être ? La réalisatrice scrute la société suédoise avec un regard étonné.



« L'éducation est un dressage, l'enfant est un sauvage. »
« La violence c'est mal, parce que c'est mâle. »





Lors de la campagne des présidentielles 2002, le candidat centriste François Bayrou donne une gifle à un enfant qui lui fait les poches.




Voir aussi

La Suède est-elle en train de créer une génération de petits cons ?

Suède — Des enfants exécutent une vague de meurtres sous contrat alors que les gangs exploitent une faille dans la loi

 

Enfants gâtés pourris, les dégâts du sentimentalisme

L'enseignante belge Mia Vossen parle de son expérience et du livre du psychiatre britannique Theodore Dalrymple : Spoilt Rotten: The Toxic Cult of Sentimentality, paru en 2010 en broché et en poche depuis mi-2011.

Depuis longtemps, je m’étonne de ce que les observations de ceux qui enseignent ne rencontrent que très peu d’échos. J’ai trouvé la réponse dans un livre anglais :

Th. DALRYMPLE, Gâté pourri. Le culte toxique de la sentimentalité, 2010

Notre société est fragile et ne supporte plus qu’une approche sentimentale de la réalité

Ce livre n’a malheureusement pas (encore ?) été traduit en français. Il devrait l’être car quand Dalrymple dit : « Le peuple anglais craint ses propres enfants », je pense à tous ces parents, à tous ces enseignants qui ont peur… de gosses de 15 ans, ici en Belgique et en France !

Les enfants dont parle Dalrymple peuvent « tout » se permettre, ils ont tous les droits. Il est impossible de leur donner une instruction et « Dans la région où j’ai travaillé (comme psychiatre), une région pauvre, j’ai découvert que la plupart de mes patients qui avaient suivi 11 ans d’enseignement obligatoire – ou du moins de présence obligatoire à l’école – étaient incapables de lire un texte simple. Ils ne pouvaient déchiffrer des mots de trois syllabes […]. Quand on leur demandait de raconter en leurs mots le passage qu’ils venaient de lire, ils répondaient : « Je ne sais pas, j’ai seulement lu ce texte. » Quand on leur demandait s’ils étaient bons en calcul, 50 % répondaient : « C’est quoi, le calcul ? » Je fais remarquer que ces enfants n’étaient pas sous-doués, que des enfants sous-doués de parents qui avaient pris la peine de donner un enseignement aussi complet que possible à leurs enfants, savaient souvent mieux lire et mieux calculer que leurs contemporains nettement plus doués mais d’origine plus modeste. […] Il est prouvé que 100 % des enfants des milieux les plus modestes peuvent apprendre à lire et à écrire si on se sert des bonnes méthodes didactiques. » (pp. 14 – 15)

Dalrymple observe que « les bons sentiments » ont pris la place du bon enseignement et cite avec rage une idée qui vient de Maria Montessori:

« Il ne faudrait jamais dire à un enfant qui apprend à écrire qu’il a mal écrit une lettre… Chaque enfant, chaque adulte stupide est le fruit du découragement… Donne la liberté à la Nature et plus personne ne sera bête. »

Dalrymple : les parents occidentaux savent de moins en moins comment éduquer leurs enfants
(en anglais, titre de l'audio ci-dessus n'est pas exact comme Dalrymple le dira dans son allocution)


Avec ce genre d’attitude, il est interdit de sanctionner… interdit de former des enfants. Et je me souviens d’un directeur dans une école bien notée d’Arlon. À mon observation que traiter un prof de « pouffiasse, putain » méritait une punition, il a répondu : « Tu n’as jamais été jeune, toi ? » J’avoue avoir été bien incapable, ensuite, de faire travailler ce « jeune »-là! Mon directeur avait sûrement lu Pestalozzi, cité par Dalrymple: « Les facultés humaines se développent d’elles-mêmes » et Dewey : « N’imposez rien à l’enfant, laissez-le libre, laissez-le se diriger d’un objet intéressant vers l’autre… nous devons attendre le désir de l’enfant, son besoin. » Caldwell Cook a même écrit : « Le meilleur moyen d’instruire la jeunesse est le jeu » et Froebel estimait que l’enfant sait parfaitement ce qui est bon pour lui. Françoise Dolto, que Dalrymple ne connaît pas, disait exactement la même chose…

Le ministère de l’enseignement anglais a été jusqu’à préciser que « l’enseignement à l’école primaire doit se focaliser sur des activités et des expériences plus que sur des faits à connaître. » En ajoutant que « Ce principe est valable pour tous les niveaux de l’enseignement. »

On croirait entendre nos inspecteurs ! Ces idées datent des années 1930… Elles sont répandues depuis par les « pédagogues » officiels et toutes les critiques émises par des enseignants de terrain, par des parents, des chefs d’entreprise, des journalistes, des historiens, des philosophes… sont lettre morte. Ah, la « Soumission à l’autorité » que dénonce Stanley Milgram…

Dalrymple connaît aussi le « constructivisme » cher à nos « pédagogues » et signale cette opinion répandue:  « Un garçon écrit peut-être mieux l’anglais s’il a découvert lui-même les bases des exercices d’écriture que s’il les a apprises grâce à un enseignement ou un livre. » (p. 22)

Comme ce « constructivisme »[1] reste à la mode, je me permettrai mon grain de sel de vieille prof adorant enseigner et obtenant de bons résultats :
  1. le savoir se construit d’abord par un réel apprentissage et grâce à la mémoire. On ne construit pas sur du sable ! (Seuls les bébés apprennent en jouant et ils sont plus sérieux qu’on imagine).
  2. L’enfant, le jeune, complète son savoir grâce à des travaux personnels qui font suite à des explications point trop longues – les bases existent/sont à consolider – et ces travaux doivent être très nombreux et faits en classe ! (Grâce à internet, je fais beaucoup de « travaux personnels » pour d’anciens élèves…) Je sais pourquoi on fait peu de travaux et pourquoi ces travaux sont souvent stéréotypés : leurs résultats ne peuvent créer de problèmes avec parents, inspection, avocat…
  3. La contrainte est indispensable à la construction du savoir, la satisfaction vient ensuite. Attendre, comme le préconise Froebel, que l’enfant ait envie de savoir, c’est lui faire perdre son temps, c’est hypothéquer son avenir!

Mais créer et maintenir la discipline nécessaire n’est pas bien vu dans notre société sentimentale.

Société sentimentale où celui qui est gentil a nécessairement raison. La vérité, c’est ce que disent les gentils… et tout le monde est gentil. Même l’enseignement de l’histoire est perverti par ce besoin de « gentillesse » : le prof présente par exemple la traite des esclaves noirs par les colonisateurs en la sortant de son contexte. Les élèves ignorent les dates, les réalités humaines de cette époque, l’esclavage en général. La traite est isolée, gonflée, diabolisée et le tour est joué : l’élève ne voit plus que les « bons » et les « mauvais », il voudra être « on » et n’apprend ni sens de l’histoire, ni sens des proportions, ni réalités humaines… il n’apprend rien en définitive.

À ces élèves « bons » – nécessairement bons ! – on apprend à participer aux malheurs des autres en achetant l’une ou l’autre babiole, en faisant des marches ou des marchés « pour les affamés du Soudan ». L’élève croit participer à une bonté générale, croit jouer un rôle utile. Il ne fait rien, mais notre société sentimentale peut continuer à se cacher les vrais problèmes du monde, à ne surtout pas former des citoyens critiques, libres, individualistes.

Des gens libres et individualistes, à l’esprit critique ont construit l’Occident, mais l’Occident est mauvais et si nous battons notre coulpe, nous sommes gentils, pleins de bons sentiments et tout va bien…

Oui, Dalrymple est très agressif envers notre société sentimentale qui pourrit ses enfants, qui oublie que l’Occident inspiré par les stoïciens a inventé les « Droits de l’Homme », que l’Occident a mis fin à l’esclavage (allez voir, maintenant, en Afrique les nombreux esclaves qui y survivent péniblement!), que l’Occident nourrit et soigne le reste de la planète… L’Occident n’est pas arrivé à ces résultats en étant gentil, en jouant avec ses enfants !





[1] Les idées de Montessori, Froebel, Dewey e.a. ne sont pas à mettre entièrement de côté. Elles peuvent convenir exceptionnellement dans des cas particuliers et le constructivisme convient à certains pédagogues : ex cathedra ils informent les élèves de tous les éléments nécessaires à la solution d’un problème et posent alors la question qui oblige d’exploiter ces connaissances. L’enfant doué (!) trouvera la dernière pierre à ajouter à l’édifice pour résoudre le problème… Le constructivisme permet d’exercer son imagination, pas de reconstruire toutes les étapes de la connaissance et il serait même « génial » dans des écoles pour surdoués.

Aussi de Dalrymple :

Le multiculturalisme et sa haine de toute identité nationale détruit la Grande-Bretagne

vendredi 9 décembre 2011

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

On se rappellera que les résultats des élèves québécois en lecture sont très médiocres. Heureusement qu'on ne teste pas leur écriture disent les mauvaises langues.

Voici maintenant que les enseignants se plaignent de la décision du Parti libéral, parti soutenu par de nombreux anglophones, d'imposer plus d'anglais aux écoles francophones.


Dans une lettre à l'attention de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, et obtenue par Le Soleil, les enseignants de l'école primaire Marguerite-d'Youville, à Cap-Rouge, accusent Québec d'improviser une implantation «brutale, rapide et unilatérale» de l'anglais intensif.

«Les gens ne se rendent pas compte à quel point ça chamboule l'enseignement en sixième année», dit Ghislaine Taillon, l'auteure de la lettre qu'elle a écrite en son nom et en celui de tous ses collègues enseignants de l'école Marguerite-d'Youville.

La lettre critique la décision prise au début de l'année par le premier ministre Jean Charest d'obliger tous les élèves de 6e année des écoles francophones à consacrer la moitié de leur année scolaire à l'anglais. Elle remet notamment en cause la pertinence de l'anglais intensif pour les élèves en difficulté, qui auront aussi la moitié moins de temps pour apprendre les autres matières, dont le français.

Les enseignants rappellent que «la qualité du français est déjà critiquée», qu'on leur dit que «nos enfants ne savent pas écrire leur langue maternelle» et demandent : «À quand le français intensif?»

La lettre souligne également que les enseignants de 6e année «ont déjà beaucoup à faire pour couvrir tout le programme en un an» et qu'ils devront être responsables de deux classes au lieu d'une pour combler la perte de la moitié de leur charge de travail au profit de l'anglais.

«Comprenons-nous bien, écrit Mme Taillon dans la lettre. Nous sommes des enseignants qui sont aussi des parents et nous ne sommes pas contre l'apprentissage de l'anglais, mais pas n'importe comment et à n'importe quel prix.»

Obligatoire d'ici 2015-2016


«Ce qui est un peu difficile présentement, c'est que les enseignants, de façon très légitime, posent des questions [à savoir] comment on va travailler dans un contexte où on a des élèves en difficulté dans nos groupes et qu'ils doivent quand même suivre le programme d'anglais intensif, dit M. Saint-Pierre, directeur des services éducatifs de la commission scolaire des Découvreurs, à Québec. Et ces questions-là, on a peu ou pas de réponses» de la part du ministère de l'Éducation.


Alain Saint-Pierre explique que depuis que le premier ministre Charest a annoncé l'implantation de l'anglais intensif, les commissions scolaires jouent davantage le rôle d'exécutant. «On est depuis quelque temps déjà sur le mode "comment on va le faire", plus que "pourquoi on va le faire", puisque c'est une demande [un diktat] ministérielle.»




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jeudi 8 décembre 2011

Scouts Canada s'excuse des cas de pédophilie qui auraient pu survenir

Pas de prêtres catholiques... En parlera-t-on donc peu ?

Scouts Canada a offert des excuses publiques à tous ses anciens membres qui auraient pu «souffrir» par le passé entre les mains de leaders volontaires.

L'organisation a aussi annoncé un examen par une tierce partie de ses documents en lien avec des cas de pédophilie.

Dans la séquence, le commissaire en chef Steve Kent explique que les efforts pour empêcher de tels crimes n'ont pas toujours été couronnés de succès, et qu'il s'en excuse.

Le discours de M. Kent survient quelques semaines après qu'un reportage de l'émission « Fifth Estate » du réseau CBC eut allégué que Scouts Canada avait maintenu une liste de pédophiles suspectés remontant au milieu des années 1980 et ne l'avait pas partagé avec les autorités.

Scouts Canada a nié les allégations à répétition, affirmant que toutes les informations concernant de présumés pédophiles avaient été partagées avec la police.


Le réseau anglais de Radio-Canada a également rapporté que Scouts Canada avait signé plus d'une dizaine d'ententes à l'amiable avec des victimes présumées d'agression sexuelle et de pédophilie. Le réseau télévisé a expliqué que les ententes empêchaient les plaignants de divulguer les termes d'une entente financière ou de même mentionner qu'une telle entente existait.

Le radiodiffuseur public a cité des enregistrements juridiques dans son reportage et mentionné que Scouts Canada avait refusé de donner des détails à propos des ententes.

Une enquête du réseau anglais de Radio-Canada avait révélé plus tôt que Scouts Canada a déjà tenu un registre d'hommes renvoyés de l'organisation pour cause de soupçons d'agressions sexuelles sur des enfants.

Une telle liste existait aussi aux États-Unis, où un avocat a pu la consulter.

Il a été choqué par le nombre de noms sur le registre et l'inaction des scouts lorsqu'ils prenaient connaissance des soupçons envers leurs membres. En effet, tous ces cas de pédophilie n'auraient pas été transmis à la police par la hiérarchie scoute. Collusion et silence de l'organisation ? Va-t-on ruiner Scouts Canada comme on a ruiné des diocèses catholiques ?

Voir aussi

Pédophilie dans l'enseignement

Canada — La pédophilie  : une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité pour des experts

États-Unis — pédophilie et sévices sexuels dans les écoles américaines

École laïque et républicaine — Enseignants pédophiles, on n'en parle que depuis récemment





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