jeudi 24 juin 2010

Accommodements raisonnables : pourquoi les catholiques n'y auraient pas droit ?

Le journaliste d'enquête Normand Lester est en faveur de l'abolition du cours ECR.

Le Loyola High School est une école privée catholique. Les parents y envoient leurs enfants pour qu'ils soient éduqués dans un environnement religieux. Un juge de la Cour supérieure du Québec a décidé que l'institution avait le droit de donner le cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR) dans une perspective catholique. Normal non ? Pas au Québec. Le premier ministre Jean Charest, avec l'appui du PQ et de Québec Solitaire, a annoncé que le gouvernement allait en appeler du jugement. Tout cela va sans doute se rendre en Cour suprême. Il me semble que c'est là un accommodement raisonnable. Est-ce qu'au Québec c'est réservé aux juifs et aux musulmans ? On le dirait. Même si la pratique du catholicisme est en chute libre, les catholiques constituent encore la religion de l'immense majorité de la population. C'est sans doute pourquoi les pédagogues socioconstructivistes qui contrôlent le projet éducatif du ministère de l'Éducation ont le catholicisme dans leur mire. Les valeurs qu'il véhicule sont un des éléments centraux de l'identité québécoise que ces idéologues veulent détruire. Le cours d'Éthique et de culture religieuse (ÉCR) cible directement cette religion. L'ancien ministre péquiste, Jacques Brassard, considère avec raison que ce cours est une horreur : « C'est une macédoine indescriptible qui oblige des enfants de six ans à fréquenter au moins six religions. Jésus, Allah, Bouddha, Vichnou, Ganesh, Jéhovah et le Grand Manitou, c'est toute une ribambelle de dieux qui vont se bousculer dans le cerveau des tout-petits. L'effet recherché de ce cafouillis divin, c'est de relativiser (cela s'appelle le relativisme éthique) l'héritage judéo-chrétien des Québécois. » D'ailleurs, les auteurs du cours ne s'en cachent pas.

[...]

L'objectif du cours est de détruire la culture identitaire dominante du Québec pour reconstruire un homme nouveau, multiculturel et politiquement correct. Ces pédagogues néo-maoïstes ont imposé leur idéologie socioconstructiviste délirante avec la complicité des deux principaux partis politiques québécois. Les libéraux comme les péquistes sont directement responsables du lessivage de cerveaux qu'ont impose depuis 2008 à toute une génération d'enfants québécois. Ce cours est un produit du multiculturalisme trudeauiste et « Canadian » vomit par une majorité de Québécois. Plutôt que le défendre jusqu'en Cour suprême, le gouvernement du Québec devrait tout simplement le retirer du programme.




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Jugement Loyola — silence des évêques catholiques du Québec

Les évêques catholiques du Québec n'ont toujours pas réagi publiquement au jugement « Loyola ».

En sont-ils contents ? Sont-ils heureux qu'ils permettent aux institutions catholiques de présenter le cours ECR dans une perspective catholique et de mieux respecter ainsi le droit canonique de l'Église catholique ? Encouragent-ils les établissements catholiques privés à suivre la voie tracée par le collège Loyola ? Il y a certainement des parents catholiques qui aimeraient le savoir...

Extraits du droit canonique:

  • LIVRE III LA FONCTION D'ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE
        • TITRE III L'ÉDUCATION CATHOLIQUE (Cann. 793 - 821)
          • CHAPITRE I LES ÉCOLES

CHAPITRE I
LES ÉCOLES

Can. 796 — § 1. Parmi les moyens d'éducation, les fidèles attacheront une grande importance aux écoles qui sont en effet l'aide principale des parents dans leur tâche d'éducateurs.          
        § 2. Les parents doivent coopérer étroitement avec les maîtres d'école auxquels ils confient leurs enfants pour leur éducation; quant aux maîtres, dans l'accomplissement de leurs fonctions, ils collaboreront étroitement avec les parents et les écouteront volontiers; des associations ou des rencontres de parents seront instituées et elles seront tenues en grande estime.

Can. 797 — Il faut que les parents jouissent d'une véritable liberté dans le choix des écoles; c'est pourquoi les fidèles doivent veiller à ce que la société civile reconnaisse cette liberté aux parents et, en observant la justice distributive, la garantisse même par des subsides.

Can. 798 — Les parents confieront leurs enfants aux écoles où est donnée une éducation catholique; s'ils ne peuvent le faire, ils sont tenus par l'obligaion de veiller à ce qu'il soit pourvu en dehors de l'école à l'éducation catholique qui leur est due.


Can. 799 — Les fidèles s'efforceront d'obtenir que, dans la société civile, les lois qui régissent la formation des jeunes assurent, dans les écoles elles-mêmes, leur éducation religieuse et morale selon la conscience des parents.


Can. 800 — § 1. L'Église a le droit de fonder et de diriger des écoles de toute discipline, genre et degré.
        § 2. Les fidèles encourageront les écoles catholiques en contribuant selon leurs possibilités à les fonder et à les soutenir.

Can. 801 — Les instituts religieux qui ont l'éducation pour mission propre, en maintenant fidèlement cette mission, se dévoueront activement à l'éducation catholique, y pourvoyant même par leurs écoles fondées avec le consentement de l'Évêque diocésain.

Can. 802 — § 1. S'il n'y a pas d'école où est donnée une éducation imprégnée d'esprit chrétien, il appartient à l'Évêque diocésain de veiller à ce qu'il en soit fondé.
        § 2. Là où cela est opportun, l'Évêque diocésain veillera à  ce que soient fondées aussi des écoles professionnelles et techniques, et d'autres qui seraient requises par des besoins particuliers.



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École privée qui n'a pas demandé d'exemption pour le cours ECR, mais fait comme Loyola ?

Le Nouvelliste de Trois-Rivières rapporte que l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) n'aurait jamais empêché le Collège Marie-de-l'Incarnation (CMI), fondé il y a 312 ans, de poursuivre sa mission qui s'inspire des valeurs des Ursulines. Le collège n'a pas demandé d'exemption au programme ECR.

On peut cependant se demander si cette satisfaction rapportée ne serait pas due à une mise en œuvre particulière de ce nouveau programme.

Michel Boucher, directeur du collège, explique que l'application obligatoire du nouveau programme est assurée. Il confirme toutefois que de l'enseignement religieux catholique est dispensé à l'intérieur de la formation ECR : « C'est intégré l'un dans l'autre ».

Or cela n'était pas permis (voir Georges Leroux au procès) avant le jugement Dugré !

« Les gens qui sont ici partagent notre projet catholique », soutient le directeur ; mais il rappelle que le collège offre le programme ECR. « Nous, on le teinte de ce qu'on est, une école à vocation catholique ». C'est exactement ce que Loyola demandait à pouvoir faire.

D'ailleurs, il semble qu'il y ait d'autres malentendus entre ce que fait cette institution et ce que le Monopole de l'Éducation considère comme permis. C'est ainsi que la responsable des relations avec la presse du MELS, Ahissia Ahua, affirme que « Les écoles privées ne peuvent pas faire ce genre d'enseignement pendant les heures de classe où elles doivent enseigner les matières obligatoires du Régime pédagogique. »

Ahissia Ahua précise qu'il est possible de proposer de l'enseignement religieux en dehors des heures de classe, comme activité parascolaire ou dans le cadre de programmes complémentaires qui incluent le service d'animation spirituelle et d'engagement communautaire.

« Je suis un peu surpris. J'ai toujours compris que les écoles privées, qui sont presque toutes confessionnelles, avaient l'opportunité de maintenir ce qu'elles ont toujours été », commente M. Boucher avant de souligner que le programme d'initiation aux sacrements est également offert aux élèves du primaire du CMI, à l'intérieur toujours de la grille horaire.

On comprend qu'en adoptant de la sorte le cours ECR et en le combinant avec le cours d'instruction religieuse pour le teinter de catholicisme, cette institution n'ait pas fait de bruit. Il semble bien qu'elle faisait, sans demander la permission au MELS, ce que Loyola s'était vu refuser de la part de ce même Ministère.





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Les écoles privées francophones sont serviles

Lettre ouverte de Louis Dion envoyée à la Presse. L'auteur est directeur général d'un établissement privé à la retraite.
« Il est étonnant de voir les anglo-catholiques mener un combat qui ne semble pas intéresser les écoles privées francophones. Si la Fédération des établissements privés a mené quelque action pour empêcher l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) aux écoles privées, rien n'en a transpiré dans les médias. 
Cette fédération a poussé la docilité jusqu'à encourager les établissements à n'accorder aucune exemption !
En réponse aux propos de la Coalition pour la liberté en éducation, la Fédération des établissements d'enseignement privé rappelle qu'elle a encouragé ses écoles à donner le cours d'éthique et de culture religieuse.

« Nous avons incité nos établissements à offrir ce cours et nous nous sommes engagés dans une démarche de formation assez soutenue. [...] De mémoire, je vous dirais que très peu d'établissements ont reçu des demandes d'exemption, mais nous ce qu'on leur avait indiqué, c'est que, normalement, ils devaient refuser les demandes d'exemption », souligne le directeur des communications de la fédération, Auguste Servant.

(Radio-Canada, le jeudi 25 février 2010 à 14 h 54)
Si on se réfère à certains reportages montrant l'enthousiasme de certains établissements privés dans l'implantation de la réforme, je ne serais pas surpris que la plupart des écoles privées francophones aient implanté ce cours d'ECR avec leur obéissance habituelle face aux ordonnances du ministère de l'Éducation.
Les établissements qui ne donnent pas le cours ECR tel qu'édicté par le Monopole de l'Éducation — et nous en connaissons plusieurs — n'ont aucune raison financière à se faire connaître.
Pourtant, l'école privée francophone a toujours dispensé l'enseignement religieux catholique, certaines n'offrant même pas de possibilité d'exemption. C'est d'ailleurs cette longue tradition qui, à mon avis, a permis au réseau privé québécois francophone de durer et qui, jusqu'à un certain point, justifie sa pertinence. Pourquoi la société subventionnerait-elle des écoles privées qui ne se distinguent en rien des écoles publiques sinon dans le fait d'appliquer mieux qu'elles les diktats des réformes ?

Les écoles publiques brillent dans l'internationalisme, le multiculturalisme et l'écologie. Il n'y a donc pas dans ces avenues de caractère spécifique digne des écoles privées. Les écoles privées francophones, au Québec, n'ont d'avenir que si elles continuent de s'inscrire dans la tradition catholique qui inspira leurs fondateurs. En France, pays de la laïcité absolue, les écoles privées n'existent que parce qu'elles sont catholiques.

Le réseau des écoles privées francophones subventionnées ne veut pas d'affrontement avec le ministère. Il se fait obéissant et servile, croyant ainsi n'être jamais remis en question. Pourtant, plus les écoles privées subventionnées ressembleront aux écoles publiques, moins elles seront pertinentes. »




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mercredi 23 juin 2010

Deuxième journée du procès de Loyola : Gérard Lévesque et Douglas Farrow

La journée du mardi 9 juin 2009 a commencé par le témoignage de l'expert philosophe Gérard Lévesque.

Le mandat que les avocats de Loyola avaient confié à M. Lévesque consistait à vérifier la compatibilité du programme d'éthique et de culture religieuse (ECR) avec l'enseignement catholique.

M. Lévesque a procédé à l'analyse du programme ÉCR sur la version approuvée du programme. Pour éviter que ses considérations ne soient trop abstraites ou paraissent gratuites, il les a abondamment illustrées en se référant a huit (8) des cahiers ou manuels ÉCR.

La question de l'approbation de ces manuels et cahiers a fait l'objet de questionnement. M. Lévesque a dit ne pas savoir vraiment si ceux-ci avaient déjà été en tout ou en partie approuvés, mais il sait qu'ils sont utilisés en classe. En outre, il a dit n'attacher que peu d'importance à cette question d'approbation car il juge que ces manuels tout à fait conformes au contenu prévu par le programme et à l'esprit du programme. M. Lévesque a ajouté que, si des manuels ECR étaient substantiellement différents, ils ne pourraient être approuvés, car ils ne seraient alors pas conformes au programme.


Combien de minutes doivent séparer le cours ECR du cours d'instruction religieuse ?

Petite anecdote amusante tirée du procès Loyola c. Monopole de l'éducation, lors du troisième jour du procès, le mercredi 10 juin 2009.

Lors de son contre-interrogatoire, le témoin gouvernemental, Georges Leroux, insiste pour dire qu'une école comme Loyola a toute la liberté de contredire ou corriger la neutralité du cours d'ECR dans un cours de religion, mais jamais dans le cours même d'ECR.

Me Phillips, avocat du collège, lui demande alors combien de minutes devaient séparer les cours d'ÉCR et le cours de religion...

Le professeur Leroux a répondu qu'il fallait laisser aux jeunes le temps de faire la réflexion voulue par le programme ÉCR...





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Joëlle Quérin : « le cours ECR doit être aboli »

Joëlle Quérin, la sociologue qui avait dénoncé la dimension idéologique du cours d'éthique et de culture religieuse, publie une lettre ouverte dans la Presse de ce mercredi 23 juin.

Du jugement qui reconnaît au collège Loyola le droit d’être exempté du programme ministériel d’éthique et de culture religieuse (ÉCR), on a surtout retenu le fait que le juge Dugré a comparé l’attitude du ministère de l’Éducation à l’Inquisition. Cette phrase se trouve dans l’épilogue du jugement, où l’aridité des concepts juridique cède la place à un style plus libre. Il s’agit donc de l’aboutissement d’un jugement particulièrement dur à l’endroit du ministère, dont la position était absolument intenable.

En effet, il reconnaissait au collège Loyola le statut d’école confessionnelle, et donc le droit d’adopter une perspective chrétienne dans l’ensemble de ses cours… sauf ÉCR ! Cette contradiction n’a pas échappé au juge.

Le principal intérêt de ce jugement réside toutefois dans les éléments de preuve qui y sont retranscrits. La correspondance entre les représentants du ministère et ceux du collège Loyola est particulièrement instructive. Il y apparaît clairement que Loyola ne conteste absolument pas la légitimité d’un cours portant sur les différentes religions. Le collège avait même déjà introduit depuis plusieurs années un cours qui offrait aux élèves des connaissances approfondies sur les doctrines morales et les « religions de monde », et ce, bien mieux que ne le fait le programme obligatoire du ministère.

Le programme de Loyola n’est pas sans défaut, mais au moins, il ressemble à un authentique cours d’éthique et culture religieuse. Le volet éthique porte sur «un éventail de systèmes d’éthique, de croyances et de pratiques », alors que le volet culture religieuse « examine non seulement les coutumes externes des autres religions, mais aussi leurs croyances fondamentales ».

Or, les concepteurs du programme ministériel ont toujours rejeté une telle approche au nom du caractère dépassé des connaissances encyclopédiques qu’elle se propose de transmettre. En effet, le programme ministériel, obsédé par le «vivre-ensemble», est bien pauvre en contenu. Le volet éthique vise d’abord à faire accepter la diversité des modes de vie alors que le volet culture religieuse se limite à l’examen des manifestations du religieux qui entourent les élèves, et en particulier des pratiques vestimentaires et alimentaires qu’ils sont tenus de respecter et d’accommoder.

Le ministère a maintenu son opposition sans accorder la moindre attention au contenu du cours offert par le collège Loyola. Ce que le ministère ne supporte pas, c’est que « l’approche et la conception du bien commun développées dans le programme d’éthique et de culture religieuse et celles proposées par le collège Loyola sont très différentes ».

Autrement dit, le ministère reproche à Loyola de ne pas adhérer au cadre idéologique du cours. Cela nous montre encore une fois que le cours ne vise pas d’abord à transmettre des connaissances, mais à imposer un programme politique. Le cours ÉCR n’est pas « neutre », c’est un nouveau catéchisme multiculturaliste concocté par quelques intellectuels pour fabriquer une génération accommodante. Georges Leroux a qualifié ce cours de « thérapie » et affirmé qu’il devait amener les élèves à être favorables au port du kirpan à l’école. Le jugement de vendredi dernier aura eu le mérite de nous le rappeler.

Malgré tout, alors que le gouvernement Charest vient tout juste de déposer son projet de loi 103 sur les écoles-passerelles, ce jugement vient ajouter à la désagréable impression que tout est permis dans le secteur privé. On peut prévoir que plusieurs écoles confessionnelles s’appuieront sur ce cas pour demander à leur tour des « accommodements » pour enseigner ÉCR à leur manière.

Plutôt que de s’engager sur cette voie qui promet d’être un véritable casse-tête administratif et juridique, le gouvernement devrait opter pour la seule option véritablement « raisonnable » : abolir le cours ÉCR.




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Jugement Loyola — Pour Le Devoir et Québec solidaire, il faut une charte de la laïcité

Visiblement, on est fâché au Devoir de la décision du juge Dugré dans l'affaire Loyola c. le Monopole de l'Éducation.

Il y a de ces signes qui trahissent cet agacement : Le Devoir refuse la lettre constructive d'un des témoins experts au procès Loyola et préfère une lettre d'un instituteur qui transpire d'un ressentiment abondant, lettre par ailleurs singulièrement pauvre en faits précis et avérés. (Pour une critique de cette lettre rapidement acceptée par le Devoir, voir le billet du philosophe Jean Laberge.)

Le Devoir, un journal engagé dans l'imposition d'ECR

Il faut rappeler que ce journal qui se veut intellectuel a toujours pris fait et cause pour l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) aux enfants des autres. (Il serait d'ailleurs intéressant de savoir combien d'enfants ont ces phares de l'intellect que sont les journalistes du Devoir, mais nous nous égarons.) Les colonnes du quotidien de la rue de Bleury sont largement ouvertes à deux des pères du programme ECR, à savoir le « charmant sophiste » Georges Leroux, collaborateur au Devoir, et Jean-Pierre Proulx, ancien journaliste de ce même Devoir.

Le 27 février 2008, déjà, Marie-Andrée Chouinard du Devoir avait pris la défense du cours dans un éditorial et avait qualifié l'opposition à l'imposition du cours ECR de « Vain combat ».

Après quelques mois de silence, en octobre 2008, alors que des milliers de parents protestaient dans les rues de Montréal contre l'inflexibilité du Monopole de l'Éducation, le Devoir dut publier le pensum de, une nouvelle fois, Marie-Andrée Chouinard, pour dénoncer ces parents et cela au nom de « la majorité silencieuse », ce qui est un comble pour un journal qui n'a jamais hésité à défendre les points de vue les plus minoritaires progressistes dans la société ! Tout cela alors qu'un sondage du même mois démontrait que 72 % des Québécois étaient pour la liberté de choix dans le domaine de la formation morale et religieuse...

Alors que Loyola poursuivait déjà le Monopole de l'Éducation, sans doute désireux de marginaliser et de minimaliser l'opposition au cours ECR, le Devoir n'informa jamais ses lecteurs du fait !

Mais voilà que tombe la décision du juge Dugré en faveur de plus de souplesse et de tolérance pour le collège Loyola. Le Devoir ne pouvait la passer sous silence, ni la tolérer.

Marie-Andrée Chouinard s'insurge donc contre la décision du juge Dugré dans l'édition de ce mercredi. Elle a raison de penser que les recours judiciaires pourraient s'accumuler, mais elle ne comprend pas que son journal et elle-même ont encouragé le dogmatisme du gouvernement en la matière qui a mené à cette défaite. Elle affirme d'ailleurs encore aujourd'hui que « Le gouvernement, qui n'a d'autre choix que de contester »... Entendre s'entêter et s'exposer à une longue guérilla judiciaire. Pourquoi est-ce une priorité ? Pourquoi est-ce un bon usage des deniers publics ?

On remarquera au passage la petite pique inélégante contre les parents du public qui s'opposent au cours ECR et que Mme Chouinard ne peut s'empêcher de décocher : « des parents avaient l'an dernier faiblement tenté de démontrer que le cours ECR causait un préjudice grave à leurs enfants ». Pique inélégante, car il est facile de considérer comme faible une tentative qui a échoué en première instance. De toute façon, comment le Devoir pourrait-il juger de la défense ? En se basant sur le jugement très critiquable du juge Dubois qui ignorait les quatre expertises en faveur des parents ? Rappelons que Le Devoir n'envoya aucun journaliste au procès, même lorsqu'une de ses journalistes fut convoquée pour venir témoigner, le Devoir refusa et demanda à faire une déposition par téléphone... Le Devoir fut le seul journal qui fit de sorte...

Le Devoir et Québec solidaire, même combat

Marie-Andrée Chouinard termine son article sur un appel déjà lancé par Québec solidaire et le Mouvement laïque québécois (mouvement pourtant opposé au cours ECR) : l'inscription de la « laïcité » dans une charte qui empêcherait de nouvelles défaites en justice.

Passons sur le fait que cette laïcité n'est opportunément pas définie, ce qui permet de rallier le soutien de lecteurs pressés, passons sur le fait qu'on peut défendre le point de vue selon lequel l'État en imposant le cours ECR à une institution religieuse privée avait enfreint une saine laïcité. Ce qui est frappant c'est que cette suggestion suit immédiatement la même suggestion de la part de Québec solidaire pour résoudre le même problème : la défaite du MELS devant une école confessionnelle.

Québec solidaire demande des changements à la Charte québécoise

Dans un communiqué de presse, Québec solidaire saluait la décision du gouvernement libéral d'interjeter appel à la suite du récent jugement de la Cour supérieure permettant au Loyola High School de donner le cours Éthique et culture religieuse dans une perspective catholique.

Québec solidaire contre le droit ?

Québec solidaire s'inquiète que « les éléments invoqués par le juge Dugré portent à croire que sa décision a des chances d'être maintenue par les tribunaux d'appel ». Sans doute parce qu'elle est fondée en droit...

Québec solidaire poursuit : « L'absence d'un règlement ou d'une loi permettant au ministère de l'Éducation d'imposer sa perspective laïque est à la base de ce jugement. « Imposer », le maître mot de la gauche québécoise. Selon le parti d'extrême gauche, il faut à nouveau modifier la Charte des droits et libertés de la personne du Québec afin d'y inscrire, sans équivoque, la laïcité de l'État et de ses institutions. D'une part, la Charte a déjà été modifiée pour imposer le cours ECR — cela devient de l'acharnement ! — et, d'autre part, en quoi une école privée (une corporation dans le cas de Loyola) serait-elle une institution de l'État ?

Québec solidaire pince-sans-rire dogmatique

L'inénarrable Françoise David, présidente et porte-parole de Québec solidaire, n'hésite pas à déclarer sans rire que « L'idée n'est pas de restreindre la liberté religieuse. » Alors à quoi servirait cette Charte puisque c'est la liberté religieuse qui a fait échouer les prétentions « totalitaires » du gouvernement ? Il est bien sûr évident que Le Devoir comme Québec solidaire veulent restreindre la liberté de conscience au Québec.

Toujours selon Mme David, « Par contre, l'État que nous voulons laïque n'a pas à financer l'enseignement religieux avec les deniers publics », a-t-elle précisé. Il ne le fait pas : c'est pourquoi l'État ne finance que 60 % des coûts de fonctionnement des écoles privées, il finance une partie des programmes obligatoires qu'il impose aux écoles privées.

« De plus Québec solidaire propose depuis longtemps de cesser le financement de l'enseignement privé, qu'il soit religieux ou non. » Comme si les parents qui envoient leurs enfants dans une école privée n'étaient pas des contribuables comme les autres. Enfin, pas tout à fait comme les autres : ils paient deux fois pour l'éducation de leurs enfants.

Tiens, et si l'État ne finance plus l'enseignement privé, l'État abandonnera-t-il sa prétention d'imposer son régime pédagogique aux écoles privées ? Ou tout se fera-t-il à l'avantage des seuls bureaucrates de l'État ? Comme d'habitude à sens unique ?




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Sean Murphy of the Catholic Civil Rights League on the "Loyola" ruling


Sean Murphy of Catholic Civil Rights League examines the crucial liberty issues involved in a recent Quebec court decision involving parent's protected rights to instil your values and ethics in determining the education choices of their children. This is an important victory for some Canadians, commonsense and democracy. This decision limits the state’s power to impose a mandatory secular 'religion' and ethics course into all schools, be there private or public.

Listen to the broadcast from Roadkill Radio (Vancouver)

(29 minutes)

Read also:

Barbara Kay: Score one for Quebec’s religious freedom.

Prof. Zucchi: Being 'neutral' on religion, involves making a choice

Raymond J. de Souza: violation of liberty repaired

Montreal's Gazette editorial: Victory for religious freedom

Charles Lewis: Public money is religious too

Listen also to:

Doug Farrow: ERC, why the fuss?




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Être neutre, c'est déjà faire un choix

Article très intéressant du professeur Zucchi, père d'un élève du collège Loyola et un des plaignants dans l'affaire qui oppose Loyola au Monopole de l'Éducation.

Extraits :
The trial and judgment raise a deeper issue, however, than the points of law resolved by Charter argument. The proceedings dug into the possibility of the state acting in a "neutral" fashion when it is mandating a very specific perspective for even private institutions.

In his closing comments at the trial, our lawyer Mark Phillips asked just how far the state was prepared to go with its program. If it was telling a private religious institution that it could no longer teach a program from its own perspective, what was next? Would the state enter our churches and synagogues and tell preachers what they can or cannot preach?

Dugre understood the implications of this when he asked at mid-trial with what seemed to me a hint of frustration: "What does neutral mean? Is neutrality really neutral? Neutrality involves a choice. For example when Pontius Pilate washed his hands in front of the crowd he chose to send Jesus to his death."

I must think his example was chosen quite deliberately, given the subject of the trial. I believe, as well, that fair-minded Canadians of all religious persuasions would agree with him.

In education, a neutral position is not neutral. Neither is a secular position, nor a liberal one. Even neutrality involves a choice. The proponents of neutrality are advancing their own liberal perspectives as simply one more perspective out there in a plurality of positions.

Yet the dogged insistence of the forces of secularization in advancing their project to remove religion from the public forum in Quebec in recent years has made it plain that they bear their own version of religious zeal.

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