mardi 3 juin 2025

Pourquoi l'IA n'a pas remplacé votre emploi (pour l'instant)

Presque chaque semaine, le monde de la recherche se rapproche de l’intelligence artificielle générale.

Les modèles d’IA les plus avancés exécutent à présent une gamme stupéfiante de tâches, allant de la rédaction de rapports fouillés à la génération de vidéos à la demande. Les hallucinations, autrefois fréquentes, deviennent peu à peu l’exception.

Il n’est guère surprenant, dès lors, que nombre de nos contemporains redoutent de se retrouver bientôt relégués au rang d’accessoires ou d'inutiles. Plus tôt cette année, les recherches mondiales sur Google pour « chômage lié à l’IA » ont atteint un sommet historique. Dans des métropoles telles que Londres ou San Francisco, la question « Combien de temps penses-tu encore rester en poste ? » est devenue un sujet de conversation récurrent. Mais ChatGPT a-t-il réellement conduit quiconque au chômage ?

Nombre d’observateurs l’affirment. Ils invoquent notamment une étude récente de Carl Benedikt Frey et Pedro Llanos-Paredes, chercheurs à l’université d’Oxford, qui suggère une corrélation entre l’automatisation et le recul de la demande en traducteurs. Pourtant, les données officielles américaines indiquent que le nombre de personnes employées dans l’interprétation et la traduction a augmenté de 7 % en un an. D’autres citent l’exemple de Klarna, entreprise de technologie financière qui s’était vantée d’avoir automatisé son service à la clientèle grâce à l’IA. Mais la société semble aujourd’hui infléchir sa trajectoire : « Il y aura toujours un humain, si vous le souhaitez », a récemment déclaré son directeur, Sebastian Siemiatkowski.

Certains analystes scrutent les indicateurs macroéconomiques à la recherche des signes avant-coureurs d’un cataclysme de l’emploi dû à l’IA. L’un des indices les plus surveillés est le rapport entre le taux de chômage des jeunes diplômés et la moyenne nationale américaine. Ces jeunes sont désormais plus exposés au chômage que les travailleurs dans leur ensemble (voir graphique ci-dessus). L’on avance pour explication qu’ils occupent fréquemment des postes de début de carrière dans des secteurs à forte intensité cognitive — juristes auxiliaires, créateurs de présentations en cabinets de conseil, etc. Or ce sont précisément ces tâches que l’IA accomplit avec brio. La technologie aurait-elle donc supprimé ces emplois ?

En réalité, il n’en est rien. Les données ne corroborent pas cette hypothèse. Le taux relatif de chômage des jeunes diplômés a commencé à augmenter dès 2009, bien avant l’avènement de l’IA générative. Et leur taux de chômage absolu, autour de 6 %, demeure modeste.

Revenons à une méthode d’analyse fondée sur les données d’emploi par profession aux États-Unis, en ciblant les métiers réputés vulnérables à l’IA. Il s’agit d’emplois de col blanc : soutien administratif, opérations financières, ventes, entre autres. Là encore, le constat est sans équivoque : nulle trace d’un impact négatif attribuable à l’intelligence artificielle (voir graphique ci-contre). Bien au contraire : la part des emplois dits de col blanc a légèrement progressé au cours de l’année écoulée.

Dans l’ensemble, le taux de chômage américain reste bas, à 4,2 %. La croissance salariale demeure soutenue, ce qui cadre mal avec l’idée d’un effondrement de la demande de travail. Les tendances observées hors des États-Unis vont dans le même sens : les salaires progressent dans l’ensemble du monde développé — au Royaume-Uni, dans la zone euro, comme au Japon. En 2024, le taux d’emploi au sein de l’OCDE, mesurant la proportion de personnes en âge de travailler effectivement en activité, a atteint un sommet historique.

Deux explications concurrentes se font jour. La première est que, malgré les innombrables déclarations d’entreprises vantant l’intégration de l’IA à leurs opérations, peu en font réellement usage pour des activités productives. Une estimation officielle indique que moins de 10 % des entreprises américaines recourent à l’IA dans la fabrication de biens ou la fourniture de services. La seconde hypothèse est que, même lorsque les firmes adoptent la technologie, elles ne se séparent pas pour autant de leurs salariés. L’intelligence artificielle servirait davantage à accroître l’efficacité du travail qu’à le remplacer.


Quoi qu'il en soit, pour l'heure, selon The Economist, nul besoin de céder à la panique.



Source : The Economist

L'idéologie avant la compétence ? Premier vol d'Air Canada assuré par un équipage entièrement 2ELGBTQIA+

Mathieu Bock-Côté a commenté sur 𝕏 : « Que je comprenne bien : l'orientation sexuelle ou "l'identité de genre" des membres de l'équipage d'un avion est désormais une question d'intérêt public ? »
 
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L'Armée canadienne, la plus « woke »

L'un des objectifs déclarés du gouvernement Carney est de réorganiser les différentes relations militaires du Canada. Après avoir suivi pendant des décennies les États-Unis sur les questions de défense, les libéraux annoncent leur intention de se rapprocher de l'Europe.


Dans son discours du trône de cette semaine, le roi Charles III a déclaré que le Canada allait rejoindre « ReArm Europe », un vaste programme de renforcement de la puissance militaire du continent, largement considéré comme un moyen de contrer la Russie.

Mais alors que le Canada s'efforce de se faire de nouveaux amis, ces nouveaux alliés pourraient découvrir une armée canadienne légèrement différente de celle dont ils se souviennent. Même pour les armées occidentales qui ont adopté les principes d'équité et d'inclusion, le Canada est allé plus loin qu'elles à bien des égards.

Le code vestimentaire de l'armée canadienne est désormais le plus laxiste au monde

C'est en 2022 que les Forces armées canadiennes ont considérablement assoupli leurs normes en matière d'habillement, de toilette et de présentation. Il n'y a plus aucune restriction concernant la longueur ou la couleur des cheveux, et tout, des boucles d'oreilles aux écarteurs d'oreilles en passant par les extensions de cils, peut désormais être porté librement sur les places d'armes.

Le Canada a reconnu à l'époque que personne d'autre ne faisait cela. Wayne Eyre, alors chef des forces armées canadiennes, a déclaré à l'époque que le Canada était « à l'avant-garde » en matière de codes vestimentaires militaires du XXIe siècle. « Nous avons consulté nos alliés, qui nous ont dit que nous avions plusieurs années d'avance sur eux », a déclaré M. Eyre.

Trois ans plus tard, le Canada reste une exception avec ses unités remplies de barbus, de cheveux verts, de piercings faciaux et de favoris. Partout en Europe, l'interdiction de la barbe est la norme, avec des exceptions autorisées sous des conditions strictes. L'armée norvégienne, par exemple, n'autorise la barbe qu'avec une autorisation écrite explicite.

Même la France, un pays connu pour ses codes vestimentaires libéraux sur le lieu de travail, oblige ses soldats à se raser avant de défiler dans Paris le jour de la fête nationale.

Aucune autre armée n'impose l'utilisation de tampons dans les toilettes pour hommes

Pratiquement toutes les armées européennes comptent désormais des membres ouvertement transgenres et ont adopté des politiques visant à protéger ces derniers contre la discrimination. La Pologne est probablement l'exception la plus notable, mais même cela pourrait changer, car des signes récents indiquent que le transgenre ne sera plus un motif d'exclusion du service militaire.

Selon l'armée britannique, la première femme à avoir servi en première ligne est transgenre ; il s'agit d'un soldat qui a été recruté en tant qu'homme, mais qui a « changé de sexe » pendant son service. L'Allemagne compte une commandante de bataillon transgenre : le lieutenant-colonel Anastasia Biefang, qui a fait l'objet d'un documentaire en 2019.

Mais là où le Canada va encore plus loin, c'est en imposant à l'ensemble de l'armée de fournir des tampons dans les toilettes pour hommes, qu'il y ait ou non des hommes transgenres dans l'unité.

Comme le rappellent rapidement les initiés de l'armée aux détracteurs, cette politique n'est pas propre aux Forces armées canadiennes. Le ministère de la Défense est simplement soumis à un mandat plus large qui exige la mise à disposition gratuite de tampons dans tous les lieux de travail réglementés par le gouvernement fédéral.

Mais cela signifie que les bases militaires et les navires de guerre canadiens sont les seuls au monde (et dans l'histoire de l'humanité) où il est obligatoire de stocker des tampons à côté des urinoirs.

Les pays les plus proches sont peut-être la Norvège et la Suède. Ces deux pays ont un service militaire obligatoire pour les deux sexes et fournissent gratuitement des produits menstruels à leurs recrues féminines. En Norvège, les hommes et les femmes partagent même des casernes et des toilettes mixtes. Pourtant, même en Scandinavie, cela ne s'est pas traduit par une politique imposant la mise à disposition gratuite de tampons dans toutes les toilettes.

Les quotas diversitaires (raciaux et sexistes) au Canada sont bien plus explicites qu'ailleurs

Pratiquement toutes les grandes armées de l'Union européenne et de l'OTAN ont fait des ouvertures en faveur de la « diversité et de l'inclusion ». Être soldat dans une armée occidentale du XXIe siècle, c'est participer à au moins un atelier sur l'importance de la diversité, de l'équité ou de l'égalité des sexes.

L'OTAN publie désormais un rapport annuel sur la « diversité et l'inclusion » qui recense le sexe, la nationalité et l'âge de son personnel militaire. Chaque unité de l'armée britannique dispose désormais d'un conseiller désigné pour la « diversité et l'inclusion ».

La Bundeswehr allemande explique aux recrues qu'elles rejoignent une organisation où tous les âges, toutes les capacités et toutes les origines nationales sont les bienvenus. « Ils insufflent de la vie aux troupes, représentent la diversité de la Bundeswehr et renforcent ses liens avec notre société diversifiée », peut-on lire sur le site officiel de l'armée allemande.

Les Forces armées canadiennes ont peut-être suscité des réactions mitigées ces dernières années en déployant des conseillers en matière de genre dans des zones sensibles telles que Haïti et l'Ukraine, mais de telles mesures sont désormais monnaie courante dans les armées occidentales. Ce poste a même son propre acronyme militaire reconnu à l'échelle internationale : GENAD (GENder ADvisor).

Néanmoins, toutes ces initiatives en faveur de la diversité visent généralement à rendre la vie militaire plus accueillante pour les femmes et les minorités, et à supprimer les obstacles au recrutement et à la promotion.

Le Canada est allé plus loin en précisant explicitement le nombre idéal de femmes et de membres de minorités qu'il souhaite voir porter l'uniforme. Les Forces armées canadiennes, à l'instar du gouvernement fédéral dans son ensemble, fixent des objectifs précis quant au nombre de membres non masculins et non blancs qu'elles doivent recruter.

Dès 2018, le ministère de la Défense a fixé un quota de diversité pour 2026, selon lequel au moins 11,8 % des militaires seraient issus de minorités visibles, 3,5 % seraient autochtones et 25 % seraient des femmes.

Lorsque tous ces groupes ont systématiquement échoué à se présenter en nombre suffisant dans les centres de recrutement, l'armée a imputé la responsabilité à la discrimination systémique. Il y a trois ans à peine, un rapport officiel du ministère de la Défense déclarait que « le racisme au Canada n'est pas un dysfonctionnement du système ; il est le système. Le colonialisme et les systèmes interdépendants tels que le patriarcat, l'hétéronormativité et le capacitisme constituent les causes profondes de l'inégalité au Canada ».

Source : National Post

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lundi 2 juin 2025

OCDE — Le PIB réel par habitant du Canada en berne, il est plombé par l'immigration de masse

Un nouveau profil de l'économie canadienne établi par l'OCDE fournit l'une des analyses les plus définitives à ce jour sur la façon dont la croissance du PIB canadien de ces dernières années a été en grande partie illusoire. Le Canadien moyen a vu sa richesse et son pouvoir d'achat diminuer plus rapidement que presque tous les autres habitants des pays développés. Mais cela ne s'est pas reflété dans les chiffres du PIB, car un nombre sans précédent d'immigrants a artificiellement gonflé les chiffres.

Graphiques extraits du rapport de l'OCDE (le PIB réel par habitant du Canada est inférieur aujourd'hui à ce qu'il était en 2019, il a crû de plus de 10% aux États-Unis):







« Nous avons besoin d’une grande politique de remigration pour ramener la paix en France. »

Les émeutes de samedi en France n’ont rien à voir avec le football. Elles sont les premiers symptômes d’une guérilla de civilisation, selon Éric Zemmour.

« Nous avons besoin d’une grande politique de remigration pour ramener la paix en France », de déclarer le chef de Reconquête!


Un film chinois devient le dessin animé le plus rentable de l’histoire

Il était une fois… un succès inattendu au box-office. Le film d’animation chinois, Ne Zha 2, aurait dépassé les 300 millions d’entrées dans le monde depuis sa sortie en salle début janvier. Le titre complet du dessin animé est 哪吒之魔童闹海 soit approximativement en français Nezha, le garçon-démon vainqueur du roi-dragon.

Avec 80 millions de dollars de budget, il s’agirait du dessin animé le plus rentable de l’histoire, devant les américains Vice-versa 2 et Le Roi Lion. Tous genres confondus, il serait même le premier long-métrage non hollywoodien à dépasser les 2 milliards de dollars de recettes. Suite d’un premier film qui avait lui aussi eu du succès en salle, Nezha2 (réalisé par Yu Yang) surfe sur l’intérêt croissant du public chinois pour les récits tirés de la culture traditionnelle. 

Le film raconte l’histoire d’un dieu qui utilise ses pouvoirs pour combattre diverses créatures maléfiques après la destruction de son village. Cette réussite 100 % nationale, largement soutenue par le régime, est un véritable bond en avant pour le cinéma chinois.

La qualité visuelle du film, qui fait la part belle aux dernières technologies et a nécessité cinq ans de travail, place Ne Zha 2 en rivalité directe avec les productions de Disney. Et comme son rival américain, il revisite un classique, en l’occurrence un roman chinois du XVIe siècle. Si son public est essentiellement chinois, le film est sorti en salle aux États-unis le 14 février, peu avant le début de l’offensive commerciale contre la Chine. Malgré ce contexte houleux, il s’y est maintenu trois semaines dans le top 10, un exploit pour une production non anglophone. En France, où il est projeté depuis fin avril, Nezha2 a attiré seulement 38 500 curieux.

dimanche 1 juin 2025

samedi 31 mai 2025

Canada — Des logements trop chers

Le coût du logement a fortement augmenté en proportion des revenus et il a contribué à alimenter l’endettement et l’inflation, plus qu’ailleurs dans la zone OCDE. L’offre est insuffisante pour répondre à une demande qui continuera de croître malgré la timide réduction annoncée des niveaux d’immigration.

Le problème ne date pas d’hier, relève le rapport, et il peut s’expliquer par des questions de réglementation et de permis, mais aussi par le fait que le Canada privilégie la construction de maisons individuelles (plutôt que des cages à lapin?) et encourage l’accès à la propriété qui aggrave le déséquilibre entre l’offre et la demande.

Le prix des logements a dépassé de 60 % la croissance des salaires et les solutions mises de l’avant jusqu’ici ne sont pas adéquates, selon l’OCDE.

« Les aides à l’emprunt hypothécaire pour l’achat d’un logement sont à éviter », selon le rapport, parce qu’elles tirent les prix vers le haut et peuvent barrer la route à d’autres types d’aide au logement. L’allongement de la période d’amortissement et les autres mesures qui visent à tenir compte de l’équité générationnelle sont à proscrire, selon l’OCDE.



vendredi 30 mai 2025

Nouveau député à Ottawa dit représenter le Roi au parlement fédéral et non ses électeurs

(La vidéo a été supprimée)

Il s'agit de Natilien Joseph élu dans Longueuil–Saint-Hubert.

Le 9 avril, Le Courrier du Sud révélait que M. Joseph suivait sur son compte Instagram officiel de candidat un nombre important de comptes à caractère sexuellement explicite.

Moins d’une journée après une publication Facebook de «L’Actualité en mèmes» à ce propos, de nombreux abonnements avaient disparu (dont les plus suggestifs), avant que la page du compte soit entièrement supprimée. M. Joseph a évoqué la thèse d’un piratage.

Le Journal a joint l'agente de M. Joseph: «On est au courant pour la demande de retrait, mais on va en rester là. Pas de commentaire», de déclarer Nersa Dorismond. Le candidat libéral s’est désisté à la dernière minute d’un débat prévu entre lui et le député sortant Denis Trudel, à la radio FM 103,3 lors de la campagne électorale.

Convoqué par Le Courrier du Sud à une entrevue réunissant aussi les députées sortantes libérales Sherry Romanado et Alexandra Mendès, M. Joseph ne s’est pas pointé. Il avait confirmé sa présence plusieurs jours plus tôt, et l’avait réitéré quelques heures avant. 
 
Le journaliste Pierre Allard, anciennement au Droit et lauréat du Prix de journalisme Olivar-Asselin 2014, indique :



Québec ne veut pas d'enfants avec trois parents : la question des «trouples» portée en appel

Québec s’oppose à la reconnaissance d’une parentalité à trois têtes.

Le gouvernement de M. Legault, fidèle à une conception classique des fondements de la famille, a résolu de porter en appel une décision judiciaire l’enjoignant de reconnaître, en droit, la pluriparentalité. Le ministre de la Justice, Me Simon Jolin-Barrette (ci-contre), entend défendre ce qu’il qualifie de « modèle québécois », fondé sur le principe de la dualité parentale.

Il n’est pas dans les vues du gouvernement du Québec de reconnaître légalement les liens de filiation unissant un enfant à plus de deux adultes. Un trio amoureux, aussi sincère soit-il dans ses affections, ne saurait à ses yeux fonder une cellule parentale aux yeux de la loi. C’est cette position, qualifiée de principe fondamental, que le gouvernement s’apprête à faire valoir devant la Cour d’appel.

« Le modèle québécois qu’on a choisi, c’est deux parents », proclame Me Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et Procureur général, dans un entretien accordé à notre Bureau parlementaire. Selon lui, cette norme repose sur la pierre angulaire du droit familial : l’intérêt supérieur de l’enfant.

Or, voilà qu’un jugement récent de la Cour supérieure, émis par le juge Andres C. Garin, est venu ébranler cette conception. Celui-ci a estimé que le Code civil du Québec, en restreignant la reconnaissance parentale à deux individus, portait atteinte aux droits fondamentaux consacrés par la Charte canadienne. Cette restriction constituerait une forme de discrimination à l’égard de ceux qui, selon ses termes, vivent dans un « modèle familial particulier ».

Pour appuyer sa réflexion, le magistrat a examiné trois affaires singulières : la première concernait un trio amoureux revendiquant le droit d’élever ensemble leur progéniture ; la seconde, un couple de femmes ayant sollicité l’aide d’un ami afin de concevoir un enfant ; la troisième, une femme, convalescente après un traitement de chimiothérapie, ayant fait appel à une mère porteuse et au concours fidèle d’une amie pour donner naissance à ses enfants.

Néanmoins, le gouvernement ne souhaite point s’engager sur la voie d’une reconnaissance juridique de telles configurations parentales, fussent-elles motivées par les circonstances de la vie ou la générosité des cœurs. Procréation assistée, gestation pour autrui : autant de cas particuliers qui ne sauraient, selon l’exécutif, justifier une remise en cause des fondements du droit civil québécois.

« On est en désaccord avec la décision du juge Garin », déclare sans détour Me Jolin-Barrette. Il affirme que la province portera cette cause devant le plus éminent tribunal de son ordre juridictionnel.

La filiation, un pacte à double sens


Le ministre rappelle que les parents conservent la liberté de désigner, dans la vie de leur enfant, les personnes qui leur sont chères. Toutefois, ajoute-t-il avec gravité, il revient à l’État de veiller à l’intérêt fondamental de l’enfant et à la cohérence de ses liens juridiques de filiation.

« Si on est dans la logique du jugement, il n’y a pas de limite, ça peut être quatre, cinq, six, sept, huit parents qui auraient des droits reconnus sur les enfants. Donc on se retrouve dans une situation où, en cas de conflit, en cas de séparation, ça pourrait être pas nécessairement dans l’intérêt de l’enfant, [...] qui ne choisit pas cette situation. »

Et ce lien de filiation, précise le ministre, n’est point unilatéral. Le droit québécois reconnaît que si les parents sont tenus de subvenir aux besoins matériels et moraux de leurs enfants, les enfants, à leur tour, doivent assistance à leurs géniteurs.

« L’enfant [devenu majeur] a des obligations alimentaires et financières envers ses parents », rappelle Me Jolin-Barrette. Dès lors, l’on peut concevoir qu’une multiplication des liens de filiation pourrait engendrer, dans les années futures, des situations complexes où un adulte serait appelé à soutenir un nombre croissant de personnes légalement reconnues comme ses parents.

Un choix de civilisation

Par sa décision de contester ce jugement, le Québec affirme une volonté d’autonomie doctrinale, distincte des orientations adoptées ailleurs au Canada. Provinces et territoires tels que l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan ou le Yukon ont déjà reconnu la légalité de la pluriparentalité. Le Québec, pour sa part, entend s’en tenir à sa propre voie.

« C’est le choix comme société que nous faisons, clame Simon Jolin-Barrette. Au Québec, on a le droit de faire nos propres choix en fonction de notre propre modèle, [...] qui place l’enfant au cœur des décisions. »

Ainsi s’exprime le ministre, soucieux de préserver une conception structurée de la famille, qui, à ses yeux, demeure l’un des piliers de la stabilité sociale.