vendredi 18 octobre 2024

Complotisme — Trudeau affirme que les Russes financent Jordan Peterson et Tucker Carlson

Jordan Peterson, personnalité médiatique conservatrice et auteur à succès, a déclaré qu’il envisageait une action en justice après que le Premier ministre Justin Trudeau a affirmé cette semaine que M. Peterson recevait des fonds de la part du média gouvernemental russe RT.

M. Trudeau a fait ces commentaires sous serment lors de son long témoignage mercredi à la Commission d’enquête publique sur l’ingérence étrangère et n’a fourni aucune preuve à l’appui. (Voir vidéo ci-dessous.)

Jordan Peterson déclare qu’il envisage une action en justice après que M. Trudeau l’a accusé d’avoir accepté de l’argent russe.

Peterson a déclaré au National Post qu’il n’avait jamais accepté d’argent russe, « ni dans le passé, ni aujourd’hui ».

« C’est une accusation très sérieuse », a déclaré M. Peterson lors d’une interview accordée jeudi au National Post. « Vous auriez dû faire vos fichus devoirs et si vous devez faire des accusations, vous auriez dû au moins les faire à bon escient. Je ne pense pas qu’il soit raisonnable pour le Premier ministre du pays de me qualifier de traître et je ne trouve pas cela amusant ».

M. Peterson a indiqué qu’il envisageait d’intenter un procès en diffamation contre le Premier ministre, mais il a ajouté que ce type de procès était souvent « une défaite » (une victoire à la Pyrrhus), même s’il avait des chances raisonnables de le gagner.

« Je sais ce que sont les procès et ils sont pénibles, et je n’ai pas envie de m’encombrer de ce genre de contraintes, d’un point de vue pratique. Mais en même temps, que diriez-vous de ne pas me diffamer lorsque vous êtes le Premier ministre, surtout de manière stupide », a déclaré M. Peterson.

« J’ai discuté avec ma famille pour savoir si j’avais l’obligation morale de le poursuivre pour diffamation. Il n’est pas comme mon voisin, il est le Premier ministre », a-t-il ajouté.

Le bureau du Premier ministre s’est refusé à tout commentaire vendredi quand le National Post l’a contacté.



 

Billet du 17 octobre

Hier, Justin Trudeau lors de son témoignage devant la Commission sur l’ingérence étrangère, le Premier ministre du Canada a accusé Jordan Peterson et Tucker Carlson, deux personnalités critiques de Trudeau, d’être financés par RT, le diffuseur russe. Voir vidéo ci-dessous.

Jordan Peterson a demandé à recevoir cet argent. 

Sa fille, Mikhaila se demandait s’il ne faudrait pas poursuivre Justin Trudeau en justice pour ces affirmations infondées.



Cette affirmation, assénée sans preuve fournie, intervient quelques semaines après que le député libéral Mark Gerretsen a présenté des excuses publiques pour avoir accusé une autre influente conservatrice canadienne (Kat Kanada) d’être financée par la Russie.

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« Recherché, mort ou vif » : pour une histoire de casquette, un enseignant menacé de mort et un lycée public bloqué à coups de mortiers d’artifice


Le professeur de mathématiques d’un lycée de Corbeil-Essonnes (France) indique avoir reçu des coups de poing par un élève à qui il demandait de retirer sa casquette. Le proviseur n’a pas soutenu l’enseignant.

Un élève du lycée public Robert-Doisneau (Corbeil-Essonnes, 91) a été placé en garde à vue vendredi 11 octobre, a indiqué le parquet d’Évry, confirmant une information du Parisien : le jeune homme a été accusé la veille par un enseignant du lycée de l’avoir frappé, insulté et menacé, après que le professeur de mathématiques lui a confisqué sa casquette. L’élève portait son couvre-chef dans un couloir de l’établissement, ce qui est proscrit par le règlement intérieur. Il nie cependant les faits et son père a porté plainte en retour contre l’enseignant pour violence envers l’élève. Deux enquêtes ont été ouvertes, et l’élève a été libéré dans la soirée. Le commissariat d’Évry poursuit ses investigations et a procédé à l’audition de plusieurs témoins.

Le professeur de mathématiques a indiqué aux enquêteurs avoir demandé à l’élève de retirer sa casquette, puis lui aurait confisqué à la suite du refus de l’élève. Ce dernier est revenu en compagnie d’un camarade pour intimer à l’enseignant l’ordre de restituer la casquette. L’élève a alors dit à l’enseignant : « je vais te buter, sale fils de pute » — des propos que l’élève reconnaît avoir proférés — avant de lui porter un coup de poing — ce qu’il nie en revanche. L’élève indique quant à lui que les violences physiques auraient été du seul fait de l’enseignant, qui l’aurait agrippé et plaqué contre un mur.

Mâchoire tuméfiée, hématomes à la jambe

Le professeur de mathématiques, qui a déposé plainte après l’altercation, a reçu un examen médico-légal attestant qu’il présentait une tuméfaction à la mâchoire et des hématomes aux jambes, et s’est vu prescrire 2 jours d’ITT [« Incapacité Temporaire de Travail »]. Une autre enseignante du lycée indique être sortie de classe en entendant du bruit, et avoir vu une dizaine d’élèves entourant l’enseignant en lui décochant des coups de pied et des croche-en-jambe. Un autre membre de la communauté éducative a témoigné avoir vu le professeur poursuivi par les deux élèves au sujet de la casquette, puis contraint de sortir de la salle pour s’expliquer avec eux : à travers la porte ouverte de la salle où il se trouvait, il n’a pas assisté à toute l’altercation, mais a vu l’élève empoigner l’enseignant et conteste formellement que le professeur aurait plaqué l’élève contre un mur.

Plusieurs élèves ont témoigné en revanche en faveur du lycéen, affirmant que c’est l’enseignant qui s’est montré violent à son endroit. La communauté enseignante semble divisée, depuis une semaine, au sujet de la responsabilité de chacun dans l’agression : plusieurs professeurs se sont en effet désolidarisés de leur collègue, en soutenant que celui-ci « a un historique » au sein du lycée. Il aurait ainsi déjà demandé à une lycéenne, il y a quelques semaines, de retirer également le bandeau qu’elle portait dans les cheveux. « C’est en effet une ruse qu’ont trouvée plusieurs lycéennes pour contourner l’interdiction du port du voile dans l’établissement », défend un autre enseignant du lycée, qui estime que la décision du professeur visait donc à faire appliquer correctement les consignes de laïcité.

Depuis l’incident, une vidéo circule également au sein de l’établissement, que Le Figaro a pu consulter : on y voit l’enseignant tenant à distance un lycéen par le col, sans qu’il soit possible de discerner s’il se défend ou s’il l’a agrippé de sa propre initiative, et exigeant de lui qu’il lui présente son carnet de correspondance. La vidéo est antérieure à l’altercation du 10 octobre, selon plusieurs sources.

Mais les faits n’en sont pas restés là. Prenant fait et cause pour leur camarade, les lycéens issus de la filière technologique du lycée ont décidé cette semaine d’installer un blocus aux abords de l’établissement et d’empêcher la tenue des cours, pour exiger le départ du professeur et obtenir l’assurance que le jeune homme, lui, ne sera pas inquiété. Le lycéen est pour l’heure convoqué par le proviseur à un conseil de discipline qui doit se tenir le mercredi 6 novembre, au retour des vacances de la Toussaint. Mais plutôt que de soutenir le professeur de mathématiques, le proviseur du lycée, Dominique Nguyen Duc Long, a décidé de ne convoquer le conseil de discipline que pour le motif des violences verbales reconnues par le jeune homme, écartant donc le coup de poing que l’enseignant assure avoir reçu. Visé par une mesure conservatoire, le lycéen a pour l’heure interdiction de se rendre au lycée.

« Demain, ça va dégénérer, il y aura des mortiers ! »

Au cours de la semaine, le blocus devant le lycée s’est prolongé, les élèves fauteurs de troubles ayant même été rejoints par d’autres jeunes du quartier des Tarterêts — un quartier sensible, emblématique des tensions urbaines qui agitent les banlieues d’Île-de-France. Selon Alexandre Maquestiau, parent d’élèves et élu (divers gauche) au conseil départemental, le lycée est habitué aux blocus, mais celui-ci semblait « moins structuré que d’habitude ». L’élu cantonal a entendu mercredi certains lycéens prévoir une intensification de leur action : « demain, ça va dégénérer, il y aura des mortiers ! » Et en effet ce jeudi 17 octobre, plusieurs individus cagoulés ont tiré sur le lycée avec des mortiers d’artifice, manquant de blesser au passage les élus et parents d’élèves venus s’interposer en jouant les médiateurs. La police a dû intervenir et des interpellations ont eu lieu.

Au cours de ces événements, des affiches ont été placardées aux abords de l’établissement, montrant le visage de l’enseignant et son nom, avec la mention « wanted: dead or alive » [en anglais, autre signe de la faible attraction de la culture française, de la fascination pour l’Amérique]. Une vidéo consultée par Le Figaro a circulé sur Snapchat : on y voit de jeunes hommes s’amuser de cette campagne d’affichage sauvage qui constitue une menace de mort pour le professeur. Ce dernier n’a pas souhaité répondre aux questions du Figaro, car « on [lui] a demandé de ne pas répondre à la presse », mais se dit tout de même « moralement pas bien, pas bien du tout » à la suite de ces menaces. Il a sollicité auprès du rectorat de l’Académie de Versailles une protection fonctionnelle, qui est pour l’heure à l’étude « en urgence », selon le rectorat. Ces menaces de mort ont fait l’objet d’un signalement au procureur par le rectorat et une enquête a également été ouverte « afin d’identifier le ou l(es) auteur(s) », précise le parquet d’Évry.

Pendant ce temps, le proviseur Dominique Nguyen Duc Long qui n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations, a reçu le Conseil de la vie lycéenne pour donner des gages d’apaisement aux représentants des lycéens. Les lycéens ont exigé une sanction disciplinaire contre l’enseignant, et exigé des démentis de la part du proviseur au sujet des premières informations parues dans la presse. Surtout, ils ont réclamé de revoir le règlement intérieur sur le port des casquettes à l’intérieur des bâtiments du lycée, ce que le proviseur a accepté, tout en refusant donc de soutenir son enseignant.

Ce vendredi 18 octobre, le blocus s’est néanmoins poursuivi devant le lycée : « les élèves ne comprendraient pas que le professeur de mathématiques puisse revenir enseigner dans l’établissement », relate Reynal Jourdin, maire adjoint de Corbeil-Essonnes responsable des sports et professeur d’EPS au sein du lycée Robert-Doisneau. À rebours des témoins parmi les enseignants qui ont confirmé la version du professeur, lui fait partie de ceux qui prennent leur distance, relayant des accusations d’élèves qui lui reprochent d’avoir souvent « poussé hors de leurs gonds » les adolescents en veillant à une application trop stricte du règlement intérieur. Une nouvelle assemblée générale s’est tenu vendredi matin dans le réfectoire de l’établissement, pendant que certains cours reprenaient dans le lycée : au cours des échanges, d’après des documents consultés par Le Figaro, les meneurs ont notamment déclaré : « on en est arrivés à la conclusion que les torts étaient partagés ». C’est parce que cette conclusion n’a pour l’heure pas été partagée plus largement que les lycéens ont finalement décrété un nouveau blocus, faisant de nouveau usage de fumigènes et de mortiers d’artifice aux abords du lycée. « Ils veulent des réponses sur la situation qu’ils ont vécue », relativise Reynal Jourdin, qui ajoute : « ils craignent surtout qu’une injustice soit commise contre l’élève, sur la base de rumeurs ».

Contexte hautement inflammable

Ces incidents surviennent également dans un contexte déjà très tendu. Depuis septembre, une vive contestation a lieu au sein du lycée à cause d’emplois du temps présentant des « anomalies », selon les élèves et les parents : des cours avaient en effet été positionnés dès 7 h 30 du matin ou jusqu’à 19 h certains soirs pour plusieurs classes du lycée, avec parfois d’importantes plages laissées vacantes à l’intérieur des journées scolaires. Par ailleurs, un effectif important d’élèves de filière professionnelle a été ajouté en cours d’année, après la rentrée des classes, rendant plus compliquée la tenue des cours dans l’établissement. Autant de motifs de mécontentement qui ont conduit à la constitution de collectifs, avec le soutien des parents et des élus.

Du reste, le proviseur de l’établissement, un fonctionnaire excentrique connu sur les réseaux sociaux pour ses publications décalées, en tenue de karatéka, est également dans le viseur de l’inspection de l’Éducation nationale : l’IGESR avait été saisie à la suite d’accusations portées l’an dernier par le gestionnaire de l’établissement. Lors du conseil d’administration du lycée, celui-ci avait relevé près de 250 000 € de dépenses jugées détournées à des fins personnelles : usage de la carte bleue du lycée pour de fastes repas au restaurant, travaux somptueux dans les logements de fonction du proviseur et de ses adjoints… L’inspection de l’Éducation nationale enquête sur ces soupçons de détournement d’argent ainsi que sur des accusations relatives au management au sein de l’établissement. Alors que le proviseur est accusé par des enseignants d’avoir lâché leur collègue, il n’a pas non plus jugé utile de faire appel aux brigades régionales de sécurité mises en place par la région Île-de-France pour intervenir lorsque des faits de violence se produisent à l’intérieur ou aux abords d’un lycée.

Du reste, rappelle l’entourage de Valérie Pécresse, le contexte global de cette première période de l’année scolaire 2024-2025 semble préoccupant : alors que moins de 300 interventions des brigades régionales de sécurité avaient été recensées sur la même période l’an passé, essentiellement à cause de fausses alertes à la bombe, cette fois les brigades ont dû intervenir plus de 350 fois, dont une soixantaine de fois en urgence pour fait de violences en milieu scolaire.

Source : Le Figaro

La solitude des enseignants face à la montée de l’islamisme

C’est une école [publique] où certains professeurs arabo-musulmans pratiquaient une discrimination systématique envers les femmes — l’un d’eux s’était même inventé un prétexte pour ne pas leur serrer la main ; d’autres parlaient en arabe dans des classes composées à 80 % d’élèves marocains ; une dizaine d’entre eux refusaient de se réunir avec leurs confrères et avaient créé une deuxième salle des professeurs ; d’aucuns se vantaient même de ne pas croire à la théorie de l’évolution des espèces. Quant aux autres professeurs, souvent traités de « belgo-frites », ils évitaient les sujets litigieux, comme la sexualité et la religion. Comme par hasard, le personnel et les directeurs étaient fréquemment remplacés.

Non, je ne vous parle pas du climat dit « toxique » de l’école [publique] Bedford [de Montréal], où, selon un rapport d’enquête, on aurait négligé certaines matières peu compatibles avec l’islam, certains professeurs allant même jusqu’à faire leurs prières et leurs ablutions devant les élèves. Je vous parle de l’école Athénée royal Serge Creuz de Molenbeek, un quartier musulman de Bruxelles, où les journalistes Jean-Pierre Martin et Laurence D’Hondt ont recueilli ces témoignages ahurissants de la bouche même de nombreux enseignants (Allah n’a rien à faire dans ma classe. Enquête sur la solitude des profs face à la montée de l’islamisme [voir plus de détails ci-dessous]).

Comme à Bedford, une enquête a été diligentée en 2016 par le Service général de l’inspection de Wallonie-Bruxelles. Même si les rapporteurs semblaient marcher sur des œufs, ils pointaient du doigt une « ghettoïsation » et « l’affirmation d’une identité culturelle communautaire, voire religieuse ». L’Athénée royal Serge Creuz a notamment été fréquenté par le cerveau des attentats du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud.

Au moment où la France commémore les assassinats des professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard, tous deux égorgés par un militant islamiste, il serait évidemment ridicule de croire que tous les islamistes rêvent d’assassiner des professeurs. Mais il ne fait guère de doute que l’islamisme cherche à étendre son influence sur le monde de l’éducation.

Les Québécois ne sont pas les premiers à en prendre conscience. D’autant que ce prosélytisme est ouvertement revendiqué. Ainsi, en Europe, les Frères musulmans ont-ils pour priorité de lutter contre « l’emprise laïque occidentale », tout particulièrement en éducation. Depuis 1993, cette organisation tentaculaire s’est donné pour mission de réislamiser la diaspora musulmane afin de prévenir son assimilation. Ceux qui n’y voient qu’une lubie sans conséquence devraient lire le « plan culturel islamique unifié » destiné à défendre l’identité musulmane dans les pays d’immigration, adopté à Doha en 2000 par la neuvième Conférence islamique de l’ISESCO. Une sorte d’UNESCO islamique qui regroupe… 54 États !

Dans ce document, on affirme sans détour que tout doit être fait pour éviter que les petits musulmans acquièrent les valeurs de leur pays d’accueil. Bref, qu’ils deviennent français ou québécois ! La laïcité y est considérée comme un problème, de même que le fait d’« inculquer » aux jeunes « les valeurs occidentales » ou le « modèle de pensée et les coutumes locales ». Cette véritable déclaration de guerre à « l’école occidentale » prétend que celle-ci aurait « programmé […] la démolition méthodique et systématique des valeurs [musulmanes] qu’il [l’enfant] tient de sa famille et de sa culture originale ». C’est pourquoi « le déclin de l’éblouissement de la civilisation occidentale » est considéré comme un « éveil béni ».

Tenez-vous bien ! S’agissant des pays occidentaux, les auteurs ne proposent rien de moins que l’élaboration « d’une civilisation de substitution qui s’appuie sur l’Islam authentique ». À l’image probablement du programme scolaire turc, qui proscrit la théorie de Darwin et prescrit l’enseignement du « bon djihad ».

En Europe, « l’entrisme des mouvements islamistes dans le monde de l’enseignement se fait à bas bruit », écrivent Jean-Pierre Martin et Laurence D’Hondt. En 2014, les Britanniques n’avaient-ils pas découvert avec stupéfaction que six écoles de Birmingham étaient infiltrées par des islamistes ? Ils souhaitaient bannir l’enseignement de la musique et des arts et avaient même financé avec les deniers publics plusieurs pèlerinages à La Mecque.

En France, les islamistes s’évertuent à « maintenir un niveau de connaissances faible afin de tuer l’esprit critique et le rationalisme, l’imaginaire et la fiction, ou encore ignorer l’Histoire, qui n’aurait aucun intérêt pour la connaissance de Dieu », dit l’historien Pierre Vermeren. Sans parler de l’éducation sexuelle…  
 
[Note du carnet : Oui, enfin, l’Occident n’aide pas leur cause à imposer ou promouvoir dans les écoles la théorie du genre et les extravagances LGBTQ2SAI+ qui font encore plus facilement passer l’école occidentale pour une école de la décadence.]

On ne s’étonnera pas que, laissés à eux-mêmes, 56 % des professeurs français s’autocensurent sur la Shoah, le conflit israélo-palestinien, et n’osent plus montrer à leurs élèves la Vénus de Botticelli. Avant l’assassinat de Samuel Paty, ils n’étaient que 38 %. Pourtant, combien sont-ils à se cacher la tête dans le sable sans même oser prononcer le mot « islamisme » ? Face à la démission de ceux qui ne veulent pas faire de vagues, ne vous demandez pas pourquoi les professeurs se sentent abandonnés.

Source : Le Devoir
 


 

Allah n’a rien à faire dans ma classe.
Enquête sur la solitude des profs face à la montée de l’islamisme
par Jean-Pierre Martin et Laurence D’Hondt
paru le 23 septembre 2024,
aux éditions Racine,
à Bruxelles (Tour & Taxis),
192 pp,
EAN : 9 782 390 253 013

Présentation de l’éditeur


L’enquête-choc sur la montée de l’islamisme dans les écoles

Pourquoi la théorie de l’évolution est-elle contestée dans nos écoles ? Pourquoi les cours d’histoire sont-ils remis en cause ? Pourquoi le port du voile est-il devenu un tel enjeu ? Pourquoi Samuel Paty a-t-il payé de sa vie l’exercice de l’esprit critique ?

Enseigner est aujourd’hui devenu un métier dangereux. L’école n’est plus un sanctuaire, un lieu protégé de la fureur du monde. Les islamistes la considèrent comme l’école de la mécréance, parce qu’elle enseigne la liberté de conscience. De Kaboul à Bruxelles ou Paris, elle est une cible. Déconsidérés, trop peu entendus, les enseignants ne sont pas armés pour y faire face.

Dans cet ouvrage qui se veut un cri d’alarme, Laurence D’Hondt et Jean-Pierre Martin sont partis à la rencontre de ces professeurs qui osent évoquer leur solitude et briser le silence. Des témoignages entrecoupés de chapitres qui raconteront l’influence de l’islamisme au cœur de nos écoles publiques et privées, la détresse des directeurs, le silence embarrassé des syndicats et des partis politiques, les enjeux de la laïcité. Enfin, les auteurs rapporteront, à travers les réflexions et les expériences de professeurs, des initiatives pour refaire de l’école un lieu d’instruction et non de prosélytisme.

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En 1989, à Bruxelles, sur 100 jeunes de moins de 20 ans, 40 sont étrangers. Et dans cette école, 90 % des enfants ont les cheveux bouclés et le teint bronzé. Le proviseur (directeur) Monsieur Caudron, lui, est un vrai belge, grande gueule, bon cœur et collier de barbe blanche. Mais on dirait bien que pour les petits Maghrébins, les discours du proviseur, c’est du chinois… Et vice versa. L’école en question est l’Institut communal technique sur la rue de la Ruche à Schaerbeek (Bruxelles).

 

Voir aussi le film Amal, un esprit libre. Amal, enseignante dans un lycée (très « métissé ») à Bruxelles, encourage ses élèves à s’exprimer librement. De par ses méthodes pédagogiques audacieuses et son enthousiasme, elle va bouleverser leur vie. Jusqu’à en choquer certains. Peu à peu, Amal va se sentir harcelée, menacée. Bande-annonce ci-dessous.

Est-il possible d'enrayer le déclin démographique ?

Le bouleversement le plus important de ce siècle, le changement fou auquel est confronté l'humanité, c'est la chute de la natalité. De la France aux États-Unis en passant par la Chine et la Corée du Sud, l'hiver démographique est partout. Quelles sont les causes de ce bouleversement anthropologique ? Faut-il s'en réjouir ou le déplorer ? Est-il possible d'enrayer ce déclin démographique ?

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jeudi 17 octobre 2024

Quand la télé publique française veut « déconstruire » le roman historique national

Avec « Notre Histoire de France », France 2 a pour ambition affichée de « moderniser le documentaire » mais surtout « déconstruire le roman national ». Pour ce faire, la chaîne publique a mis les moyens avec Tomer Sisley à la présentation, et entend se distinguer en abordant l'Histoire au-delà des rois et des grands personnages. À l'opposé donc de l'Histoire façon Stéphane Bern, Franck Ferrand ou Lorant Deutsch.

Pari réussi ? France 2 est-il parvenu à « déconstruire » ce vilain roman national accusé de tous les maux ?


Les chrétiens du IVe siècle, des persécuteurs comme les païens avant eux ?

Un collectif d’historiens, dirigé par Marie-Françoise Baslez, fait la part des réalités et des légendes dans l’histoire des violences religieuses du IVe siècle.

Voltaire avait statué, dans son Dictionnaire philosophique, à l’intention de l’intelligentsia de son temps : Constantin avait bien pu proclamer la liberté de religion dans son édit de Milan (313) ; lui et ses successeurs n’avaient rien eu de plus pressé que de persécuter les religions concurrentes d’un christianisme devenu triomphant. L’entreprise les avait occupés au point qu’elle leur en avait fait perdre le sens des devoirs de leur charge et les avait conduits à négliger la défense des frontières face aux incursions des Barbares.

La caricature a traversé les siècles. Elle inspire encore aujourd’hui documentaires et œuvres de fiction. Elle a été relayée par un courant historiographique que le spectacle du fondamentalisme musulman a conduit depuis 2001 à populariser l’idée d’une violence intrinsèque aux monothéismes, et plus généralement, à toutes les religions fondées sur une communauté de foi.

Dans une veine similaire, le philosophe Georges Leroux, un des pères du cours d’éthique et de culture religieuse, avait écrit en oubliant sans doute la Première Guerre mondiale, le nazisme et le stalinisme : « Alors que la période prémoderne se caractérisait par la recherche de l’hégémonie religieuse et par le prosélytisme qui conduisit l’Europe aux guerres les plus meurtrières de son histoire, la période moderne se caractérise par la sécularisation, la tolérance et le respect mutuel dans l’aire occidentale. » (page 24 de son Rapport d’expert présenté dans la requête Suzanne Lavallée et Daniel Jutras relative au programme d’éthique et culture religieuse, février 2009). Il assènera la même assertion dans son expertise remise dans l’affaire Loyola c. le Monopole de l’Éducation du Québec qui s’est également rendue jusqu’en Cour suprême du Canada et dont on attend avec impatience la décision.

Spécialiste de l’Orient hellénistique et du christianisme primitif (elle est l’auteur d’une biographie de Saint Paul, aux éditions Pluriel), professeur d’histoire des religions de l’Antiquité à la Sorbonne, Marie-Françoise Basiez avait consacré en 2007 à la question des persécutions durant l’Antiquité une somme couronnée par le prix Chateaubriand (Les Persécutions dans l’Antiquité. Victimes, héros, martyrs, chez Fayard). Elle a réuni aujourd’hui une équipe pluridisciplinaire pour ouvrir à nouveaux frais le dossier des persécutions dont se seraient rendus coupables les chrétiens. Privilégiant l’étude de cas, la contextualisation des sources, la confrontation méthodique des témoignages littéraires avec les découvertes de l’archéologie, Chrétiens persécuteurs, le recueil qui en réunit les contributions, offre, en dépit du caractère unilatéral de son titre, un antidote aux généralités marquées du sceau de l’anachronisme en même temps qu’un tableau tout en nuances de l’histoire religieuse d’un siècle charnière.

Le Figaro Histoire a rencontré Mme Baslez, nous en reproduisons les grandes lignes. Nous tenons à préciser qu’il faut se garder, notamment, de confondre des hommes de pouvoir qui se disent chrétiens, parfois par opportunisme, et le christianisme véritable.

Question – Votre titre reprend à son compte le paradoxe de Voltaire, selon lequel, à peine réchappés des persécutions dont ils avaient été victimes, les chrétiens seraient eux-mêmes devenus persécuteurs des païens. S’agissait-il dans votre esprit d’illustrer ce paradoxe ou de le mettre à l’épreuve des faits ?

Mme Baslez – Nous sommes surtout partis du choc provoqué chez ceux qui l’ont vu par un film récent, Agora, qui retraçait l’histoire d’Hypatie, cette philosophe païenne lynchée dans les rues d’Alexandrie en 415. Le film désignait en effet le patriarche Cyrille comme l’instigateur du crime et faisait des parabalani, cette confrérie chrétienne chargée de soigner les pauvres, les exécuteurs de ses basses œuvres, dans un climat d’intolérance exacerbé.

Scène du film Agora d’Alejandro Amenabar (2009) qui raconte de façon romancée l’histoire d’Hypatie, philosophe païenne lynchée à Alexandrie au Ve siècle
Notre titre est évidemment provocant, et il aurait sans doute été plus clair en le dotant d’un point d’interrogation. Nous avons en effet voulu partir du préjugé qui nous a paru dominant, et dont ce film donnait l’illustration, préjugé selon lequel, en dépit de la tolérance proclamée en principe par Constantin en 313, dans son fameux édit de Milan, les chrétiens seraient devenus persécuteurs dès qu’ils en auraient eu les moyens. La christianisation du monde romain avait-elle été pacifique ou violente ? L’âpreté des luttes religieuses de l’époque était-elle liée à la romanité, aux mœurs de l’Antiquité tardive ou à la nature propre du christianisme ? Notre équipe pluridisciplinaire, qui compte aussi bien dans ses rangs des historiens de Rome que des professeurs de littératures anciennes, des juristes, des spécialistes de Byzance, du judaïsme ou du christianisme, s’est donné l’objectif de faire justice des idées reçues en passant les faits au crible de la critique historique.

Comment définir ce qu’est une persécution ?

— Il s’agit au départ d’un terme juridique désignant les poursuites ordonnées lors d’une instruction judiciaire. Il a été utilisé par les chrétiens au IIe siècle pour dénoncer l’injustice de la répression dont ils faisaient l’objet de la part des autorités romaines. Le terme a dès lors été marqué d’une connotation subjective, exprimant le ressenti des victimes. L’historien ne peut évidemment se contenter de ce point de vue.


Il lui appartient de le confronter à d’autres, et singulièrement à celui de l’État, tel qu’il s’exprime dans les formes de répression légales.

Nos contemporains parlent de persécution lorsque cette répression porte atteinte aux droits de l’homme. Ce critère n’est évidemment pas applicable à l’Antiquité. L’historien doit trouver autre chose. Ma proposition a été de recourir au contexte et de considérer comme persécution tout ce qui, dans l’inventaire des mesures policières, militaires, légales ou illégales contre un groupe religieux, dépassait la norme de la répression ordinaire. J’y ajouterai le choix de donner à cette répression une forme symbolique : il me semble en effet que ce n’est pas la même chose de tuer un prêtre ou un évêque au cours d’une manifestation, parmi d’autres, ou de l’assassiner dans sa cathédrale en habits sacerdotaux, comme on l’a fait au Moyen Âge pour Thomas Becket ou de nos jours au Salvador pour Mgr Romero.

Comment est-on passé de la proclamation de la liberté de religion par Constantin, en 313, à la fermeture des temples par Théodose quatre-vingts ans plus tard ?

— La religion faisait traditionnellement partie chez les Romains des éléments constitutifs de la communauté politique et de l’État. L’idée d’une séparation leur était absolument étrangère (comme elle l’était d’ailleurs à Saint Paul et aux Pères de l’Église). L’unité politique reposait à leurs yeux sur l’unité de religion.

Constantin proclama en 313 la liberté de chacun de prier « la divinité » de la manière de son choix. Il n’en souhaitait pas moins, dès l’origine, le rétablissement de l’unité religieuse par l’élimination progressive des religions concurrentes à celle qu’il identifiait comme « la véritable religion ». La phase de christianisation était, à ses yeux, transitoire. Elle devait aboutir à la disparition du paganisme.

Comme leurs prédécesseurs et tous les gouvernants romains du temps de la République, les empereurs chrétiens estimaient qu’ils devaient s’appuyer sur la religion et pourfendre les superstitions. À l’époque de Constantin, celles-ci ne vont être assimilées qu’aux pratiques divinatoires : magie, divination, haruspicine étrusque. Petit à petit, la définition de la superstition va pourtant s’élargir pour englober d’autres manifestations du polythéisme. Il y avait, par exemple, une désaffection générale pour les sacrifices sanglants. Ils inspiraient un même dégoût aux chrétiens, aux juifs et aux néoplatoniciens, qui étaient adeptes du culte des images. Cela a permis à Constantin et à ses successeurs de les inclure parmi les superstitions prohibées. In fine, à la fin du siècle, Théodose va étendre le concept à tous les cultes non chrétiens.


Le temple de Zeus à Olympie. Il était l’un des plus importants lieux du culte panhellénique de 456 av. J.-C. à 393 apr. J.-C. quand l’empereur Théodose Ier interdit les Jeux olympiques. Il fut complètement détruit lors d’un tremblement de terre au VIe siècle.

La persécution du christianisme avait été fondée aux trois premiers siècles sur une prohibition légale d’une religion considérée, en soi, comme « illicite » et qu’il suffisait de confesser pour être condamné au supplice. Elle avait pris, sous Dèce, sous Valérien et sous les Tétrarques, la forme d’une persécution d’État frappant de la peine de mort ceux qui refusaient de pratiquer les anciens cultes. Trouve-t-on, au IVe siècle, des pratiques analogues à l’encontre, cette fois, des païens ?

— C’est poser la question en termes de pratique répressive, ce que l’on fait rarement. Toute une littérature est en effet fondée sur la systématisation de considérations théoriques selon lesquelles ceux qui avaient été capables, au cours des trois premiers siècles, de mourir pour Dieu seraient naturellement passés à l’idée de tuer pour Lui, le lien se faisant autour de la notion de mort expiatoire.

Dans une série d’émissions télévisées consacrées à l’Apocalypse qui a eu un grand retentissement, Jérôme Prieur et Gérard Mordillat voyaient déjà dans Ignace d’Antioche le prototype des fous de Dieu parce qu’il avait accepté avec sérénité de mourir martyr.

Ce que doit constater tout historien honnête de cette période, c’est qu’aucune comparaison symétrique ne peut être dressée entre les persécutions des chrétiens au cours des trois premiers siècles de notre ère et ce qui s’est passé lors de la christianisation de l’empire au IVe siècle. L’interdit légal du polythéisme, accompagné de la fermeture des temples et des écoles philosophiques, de la prohibition des mystères d’Éleusis et de la suppression des Jeux olympiques, n’est en effet intervenu qu’à la fin du siècle, alors que la christianisation de l’empire avait touché la majorité de la population, dans un contexte où l’on s’attendait à la mort naturelle du paganisme, auquel il ne s’agissait que de donner le coup de grâce. Ce fut en outre une prohibition des pratiques du culte qui ne visait pas les convictions personnelles.

Il n’était nullement interdit aux polythéistes de continuer à croire aux anciens dieux et de le dire dans leurs livres : les écrits néoplatoniciens fleurissent au contraire au IVe siècle sans que leurs auteurs soient inquiétés par l’État. Certains païens firent certes parfois l’objet de condamnations, mais toujours dans le cadre de conspirations politiques auxquelles ils étaient soupçonnés d’avoir participé. Au contraire de ce qui s’était passé lors de la persécution des chrétiens, il n’y a pas d’exemple de condamnations à mort prononcées pour des raisons religieuses.

Les cultes païens n’en ont pas moins fait l’objet de restrictions de plus en plus sévères dans la législation impériale du IVe siècle.

— Il y a là probablement une illusion d’optique, due au recueil ultérieur de ces textes dans le Code théodosien, une compilation réalisée au Ve siècle. Au IVe siècle, les empereurs chrétiens ont en réalité multiplié les mesures ponctuelles pour encadrer les anciens cultes. Il s’agit pour l’essentiel de rescrits, c’est-à-dire de réponses données par le gouvernement impérial aux autorités locales qui les interrogeaient sur les mesures applicables aux païens. Cela montre que les conflits religieux restaient à l’époque des affaires locales. La lecture du Code théodosien donne aujourd’hui le sentiment d’une législation insistante et répétitive, mais cette impression est anachronique. On a cru que les nombreuses réitérations contenues dans ces textes successifs montraient que les prohibitions n’étaient pas respectées, ce qui avait obligé les empereurs à revenir sans cesse sur le même sujet. On pense aujourd’hui qu’il s’agissait plutôt de mesures locales qui ne s’appliquaient pas à l’ensemble de l’empire.

Julien l’Apostat, durant un règne
de vingt mois (361-363),
 tenta d’opérer un retour
au paganisme
Il ne faut pas négliger non plus le fait que ces textes relèvent parfois aussi de la propagande. Au moment où l’empereur est amené à sévir contre un certain nombre de chrétiens en prenant parti dans leurs disputes théologiques, où il exile des évêques et met le bras séculier au service d’une partie de la hiérarchie ecclésiastique contre une autre, il est important pour lui d’apparaître, en promulguant de tels textes contre les païens, comme un intrépide défenseur de la foi. Ces textes étaient-ils, en pratique, strictement appliqués ? Il est difficile d’arriver, en la matière, à des conclusions générales. Ce qui est sûr, c’est que dans l’état actuel de la documentation, ils ne semblent l’avoir été ni partout ni tout le temps.

N’assiste-t-on pas, au moins, à une chasse aux sorcières visant à exclure les païens des hauts postes de l’administration ?

— Absolument pas. Des païens affichés ont occupé des postes considérables sous Constantin et ses fils et jusqu’à Théodose, pourtant réputé avoir fait du christianisme la religion de l’État romain. Le sénat de Rome est demeuré païen jusqu’à la fin du siècle et il n’en est pas moins resté la pépinière d’où les empereurs chrétiens tiraient les membres de la haute administration. Ami de l’empereur Julien, cet empereur qui avait entrepris, pendant ses trois années de règne, de restaurer le paganisme dans ses privilèges et de marginaliser les chrétiens, Libanios d’Antioche, qui était lui-même un païen engagé, a écrit un discours pour la défense des temples qui a pu laisser croire que les partisans de Julien avaient été victimes d’une épuration de la part de ses successeurs chrétiens.

Nous avons effectué à ce sujet un travail statistique en suivant leurs carrières après sa mort. Le résultat de cette approche quantitative est très clair : ils n’ont en aucun cas été victimes d’une chasse aux sorcières. Ils sont, au contraire, à deux ou trois exceptions près — dont la mise à l’écart s’est, encore une fois, expliquée par des considérations politiques, et non pas religieuses —, restés en place à des postes très importants.

Parmi les manifestations de l’intolérance chrétienne, on cite souvent l’exemple des destructions de temples, qui fait l’objet de témoignages recoupés, puisque des païens comme Libanios s’en plaignent, tandis que des auteurs chrétiens les célèbrent. Cela ne suffit-il pas à l’historien pour tenir de tels faits comme établis ?


— C’est un point d’histoire que l’archéologie permet de trancher. Il y a eu des destructions, dont la plus célèbre reste celle du Sérapéum d’Alexandrie. Mais elles n’ont pas eu le caractère systématique qu’on leur a prêté sur la foi d’une mauvaise interprétation des sources. Car ce qui est revendiqué dans des hagiographies chrétiennes comme une destruction délibérée, et donc significative d’un climat de violence religieuse, a souvent relevé de catastrophes naturelles, comme des séismes, ou d’accidents, comme des incendies.

La Vie de saint Martin écrite par Sulpice Sévère présente ainsi l’évangélisateur des Gaules comme un infatigable destructeur de temples. Il s’agit en réalité d’une récupération de phénomènes purement accidentels. Les écroulements ont été perçus par les chrétiens de l’époque comme autant de châtiments divins, suscités par la médiation du saint.


Il y a eu moins de destructions que d’abandons ou de réaffectations au culte chrétien. Celles-ci ont en réalité sauvé les bâtiments de la destruction à laquelle paraissait les vouer leur désaffectation.

On assiste en effet à l’époque à une séparation entre le culturel et le religieux, puisque les chrétiens prennent conscience de la beauté formelle des temples, comme de la valeur artistique des statues qui représentent les dieux païens et qu’ils acceptent, de ce fait, de participer à leur sauvegarde, non comme objets ou édifices de culte, mais comme objets d’art. Cette distinction constitue l’une des révolutions intellectuelles apportées par la christianisation. C’est elle qui permettra la sauvegarde du Parthénon ou celle du temple de Syracuse, intégré dans les murs de la cathédrale. Elle qui conduira Constantin et ses successeurs à peupler les rues de Constantinople avec des statues enlevées aux temples du paganisme. Parmi elles, la colonne serpentine de Delphes, que l’on peut voir encore aujourd’hui à Istanbul.

La christianisation n’a pas remis en question l’une des valeurs constitutives de la pensée antique, qui est le respect de l’héritage reçu des ancêtres. Elle a dès lors débouché sur l’émergence de la notion de patrimoine culturel. Cela se vérifie au IVe siècle dans la pratique, avant d’être sanctionné, au tournant du IVe et du Ve, par le droit, avec la publication de nombreuses lois prévoyant la sauvegarde des chefs-d’œuvre artistiques qui avaient été liés à l’exercice de la religion païenne.

[…]

Les grands sanctuaires oraculaires auraient dû logiquement être détruits, dans la mesure où ils étaient liés à des pratiques magiques qui faisaient l’objet de la plus forte réprobation, notamment de la part des autorités. On a souvent préféré les transformer en églises dédiées aux martyrs pour préserver l’identité locale, les traditions qui voulaient qu’ils soient des lieux de réunion et d’identification. Le christianisme a voulu éviter par là une rupture brutale qui aurait désorienté les populations.

En l’absence d’une véritable répression d’État, la persécution des païens n’a-t-elle pas été le fait de pogroms ou d’émeutes dont ceux-ci auraient été les victimes de la part des chrétiens ?

— De même qu’il faut distinguer dans l’action de l’État ce qui relève de la politique et ce qui relève de l’intolérance religieuse, il faut distinguer dans les mouvements sociaux ce qui relève de la violence sociale et ce qui relève de la violence religieuse. Les chrétiens sont en effet des acteurs du jeu social, dont toute l’identité ne se résume pas à leur appartenance religieuse, comme l’illustre l’affaire du lynchage d’Hypatie. Celle-ci est devenue la figure emblématique du paganisme persécuté par le christianisme.

 

Affiche du film Agora (2009)
Sans doute moins jeune et moins séduisante que ne l’a représentée le cinéma, c’était une philosophe assez éclectique qui enseignait à Alexandrie, au début du Ve siècle. Une spirale de violence avait alors entraîné dans une série de conflits les juifs et les chrétiens, le gouverneur d’Égypte, un chrétien du nom d’Oreste et le patriarche Cyrille d’Alexandrie. Dans ce contexte de tension, Hypatie fut, alors qu’elle se promenait en ville, agressée et lynchée, son corps étant même mis en pièces dans l’excitation de l’émeute par les moines du désert auquel le patriarche avait, comme ses prédécesseurs, pris l’habitude de faire appel pour marquer une forte présence dans les rues de la ville et exercer une certaine pression contre les adversaires du christianisme. Femme, philosophe, païenne et victime, Hypatie a pris depuis les Lumières une dimension mythique, tandis qu’était incriminée la responsabilité directe d’un patriarche devenu l’un des Pères de l’Église.

L’exemple est spectaculaire et il a quelque chose de terrible. Mais lorsqu’on lui applique une stricte méthode historique, on est obligé de constater qu’il a été surinvesti pour prêter une signification exemplaire à un cas isolé dans l’histoire du christianisme, mais commun dans celle d’Alexandrie, de manière à donner une consistance à des présupposés que rien d’autre ne justifie. Si l’on fait des lectures croisées de l’événement, si on le contextualise, on constate qu’il n’est pas réductible à une opposition entre écoles philosophiques païennes et Église, puisque Hypatie comptait des chrétiens parmi ses élèves, notamment Synésios de Cyrène, futur évêque de Ptolémaïs. On découvre que l’événement n’a eu qu’une portée locale, l’empereur n’en ayant nullement été saisi, ce qui n’aurait pas manqué si un personnage aussi considérable que le patriarche avait été impliqué dans l’affaire. On doit rappeler par ailleurs que le contexte alexandrin est traditionnellement d’une extrême violence et que les émeutes de rue étaient considérées par les contemporains comme des phénomènes endémiques à Alexandrie : on y avait déjà coupé des femmes en morceaux aux IIe et IIIe siècles, et même, auparavant, à l’époque hellénistique, du temps de Cléopâtre.


Il s’agit donc d’un lynchage commis au cours d’une émeute dans une ville en ébullition du fait de la violence des tensions intercommunautaires, et non de la mise à mort symbolique d’une figure de la philosophie, qui serait symptomatique de la volonté d’éradiquer le paganisme. Le film Agora qui a été l’un de nos points de départ attribue son exécution aux parabalani, qu’il représente comme une milice au service du patriarche, sur le modèle de ce qu’ont pu être les gardiens de la Révolution dans l’Iran de l’ayatollah Khomeiny. Il s’agissait en réalité d’une confrérie charitable liée au patriarche, formée de jeunes gens de la bonne société, et dont l’essentiel de l’activité consistait à soigner gratuitement les malades indigents. Le seul indice existant à leur encontre est une loi postérieure de plusieurs années, qui a encadré plus strictement leurs conditions de recrutement et limité leur dépendance vis-à-vis du patriarche. C’est un peu léger pour prétendre qu’ils avaient joué un rôle de premier plan dans la mise à mort d’Hypatie.

La destruction de la synagogue de Callinicon par des moines chrétiens de Syrie en 388, est un autre symbole de l’intolérance chrétienne. L’affaire était remontée jusqu’à l’empereur, qui avait ordonné à l’évêque du lieu de faire reconstruire immédiatement la synagogue en question, mais il en avait été dissuadé par saint Ambroise, qui l’avait exhorté à laisser les choses en l’état. L’épisode ne témoigne-t-il pas de l’émergence d’un certain antijudaïsme chrétien ?

— Il faut, là encore, appliquer la méthode historique. Or, lorsqu’on considère le dossier dans son ensemble, on constate qu’une chapelle de valentiniens, des dissidents chrétiens, avait été détruite dans le même mouvement. Cela conduit à considérer que s’il y a bien là un cas d’intolérance religieuse et d’engagement de certaines factions monastiques dans des manifestations de violence, il ne s’agit pas pour autant d’une manifestation d’antisémitisme.

Il faut aussi rappeler que le judaïsme était resté, dans l’empire chrétien, ce qu’il était depuis César et Auguste : une religion licite. De grandes synagogues monumentales furent construites au IVe siècle en Palestine et en Asie Mineure. Dans ce contexte, la réaction d’Ambroise de Milan paraît moins relever de l’antijudaïsme que de la volonté, traditionnelle sous l’empire, d’entraver le prosélytisme juif. 

S’ils n’ont pas véritablement persécuté le paganisme ou le judaïsme, les empereurs chrétiens sont en revanche intervenus dans les affaires internes de l’Église. Qu’est-ce qui les y a conduits ?

— La préoccupation majeure des empereurs est là encore celle de l’unité romaine. Inaugurant le concile de Nicée en 325, Constantin fait un parallèle entre son action militaire pour mettre fin aux périls extérieurs et la nécessité d’assurer la paix à l’intérieur en réglant les conflits internes au christianisme. Le bonheur de l’empire dépend de la paix avec la divinité qui est au ciel. Celle-ci ne peut considérer qu’avec horreur les dissidences.

En s’efforçant d’y mettre fin, les empereurs ne cessent donc pas de faire de la politique. Ils y sont appelés par les chrétiens eux-mêmes — donatistes, ariens ou orthodoxes —, toutes communautés confondues. Plus que leur propre point de vue, ils appliquent très généralement l’avis de la majorité des évêques, tel qu’il se dégage des conciles. Ils fondent l’unité sur la majorité, comme c’était la règle dans la Cité antique.

Le comportement des empereurs est, en outre, conditionné par ce qu’il y a de plus traditionnel dans la mentalité romaine, qui est la théologie de la Victoire : l’idée que les succès que l’on remporte sur cette terre sont dus au premier chef à la faveur divine. C’est ce que pensaient jusqu’à la fin du IIIe siècle les empereurs païens qui persécutaient les chrétiens parce qu’ils refusaient de rendre aux anciens dieux le culte qui leur était dû. C’est ce que croient aussi Constantin et ses successeurs. Constantin est convaincu que c’est le Dieu des chrétiens qui lui a donné la victoire sur ses adversaires et que cela lui crée donc, envers lui, des obligations. Les honneurs rendus à la divinité ne relèvent pas seulement pour lui de la reconnaissance, ils sont la condition même de ses succès à venir, et par là, de la paix et du bonheur de l’empire. En intervenant dans les querelles religieuses, les empereurs chrétiens ne croient pas, dès lors, se détourner de leurs devoirs de chefs d’État, mais au contraire les accomplir.

Parmi les idées reçues, domine celle qu’à la racine de l’intolérance chrétienne se trouverait le fait que les religions de foi seraient englobantes et persécutrices, à l’opposé du polythéisme, dont l’absence de doctrine garantirait au contraire le « libéralisme ».

— C’est toute la pensée antique qui est par nature englobante, au contraire. Le souci de l’unité y prime celui de la liberté individuelle. La Cité grecque est intolérante : elle l’a montré en mettant à mort Socrate parce qu’il ne respectait pas les dieux de la Cité. La liberté y est circonscrite à la sphère du privé, où l’on reste libre de penser ce que l’on veut pourvu qu’on ne fasse pas état des opinions dissidentes et que l’on participe aux manifestations publiques qui sont constitutives du vivre ensemble.

Un courant historiographique marqué, aux États-Unis, par la prise de conscience de la menace islamiste tend aujourd’hui à identifier foi et intolérance. Les djihadistes du Hamas et les démolisseurs des bouddhas de Bamiyan y ont influencé le regard posé sur les moines syriens du IVe siècle, comme si tous les monothéismes étaient à la fois identiques et monolithiques, dans toutes les régions du monde et dans tous les temps. Il s’agit d’une grille idéologique qui déforme notre regard sur l’histoire.



Chrétiens persécuteurs
sous la direction de Marie, Françoise Baslez
avec Jaime Alvar, Philippe Blaudeau, Jean Bouffartigue, Bernadette Cabouret, Béatrice Caseau, Laurent Guichard, Pierluigi Lanfranchi, Yann Le Bohec, Pierre Maraval, Clelia Martinez Maza, Sébastien Morlet, Capucine Nemo-Pekelman, Christian R. Raschle, François-Xavier Romanacce et Emmanuel Soler.
Destructions, exclusions, violences religieuses au IVe siècle
publié chez Albin Michel
le 7 mai 2014,
à Paris
460 pages
25 €

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Non, les Jeux olympiques antiques n’ont pas disparu à cause d’un édit antipaïen de l’empereur Théodose Ier

mercredi 16 octobre 2024

Kamala Harris et ses cinq années d'adolescence passées à Montréal (m à j)

Dans un long profil hagiographique sur Kamala Harris, le Washington Post ajoute ces détails:

Le gouvernement du Parti québécois de René Lévesque prit le pouvoir en 1976, l'année même où la mère de Kamala Harris déménagea à Montréal pour y travailler à l'université McGill. Le Washington Post note qu'en 1978, la Westmount High School [dans la banlieue très cossue anglophone de Westmount], où Harris était inscrite, accueillit un important contingent d'élèves noirs à faible revenu, dont les écoles de langue anglaise allaient fermer leurs portes.

En tant que personne d'origine noire et indienne, sans parler de son statut d'étrangère aux États-Unis, Mme Harris serait devenue la cible d'insultes raciales.

« Elle a été victime de brimades dans une certaine mesure », a déclaré Jamie Ward, un camarade de classe de Westmount, au journal, tout en refusant d'entrer dans les détails. « Je ne répéterais jamais cela. Moi-même étant biracial, c'est nuisible et blessant ».

Mais le journal affirme que Kamala Harris aurait été endurcie par les épreuves. « La vie quotidienne dans le Montréal de la fin des années 1970 et du début des années 1980 a montré à Kamala Harris les conséquences concrètes d'une profonde division politique, tandis que les éruptions de conflits à son école secondaire lui ont fait comprendre la réalité du racisme auquel elle serait confrontée en tant que femme biraciale », écrit le quotidien.

L'article se poursuit : « Harris affina ses premiers instincts politiques alors qu'elle affrontait les brutes du lycée et une atmosphère politique en ébullition, émergeant, selon ses camarades de classe, comme une étudiante confiante et populaire au-delà des lignes raciales. »



Billet du 23 juillet

Kamala Harris, dans son livre Nos vérités : Mon rêve américain (2019), fait largement l’impasse sur ses années passées à Montréal, où elle a terminé ses études primaires avant de faire son secondaire à la Westmount High School. Non seulement la native d’Oakland expédie-t-elle son expérience montréalaise en moins de 400 mots — dans un livre de 352 pages —, mais elle ne retient qu’un seul souvenir positif de son séjour québécois et aucun de son expérience à l’école secondaire de Westmount, dont elle ne mentionne même pas le nom.

« J’étais heureuse là où j’étais », écrit-elle après avoir raconté son enfance à Oakland, où sa mère d’origine indienne, divorcée de son père né en Jamaïque en 1938. Donald Jasper Harris est un économiste jamaïcain-américain et professeur émérite à l'université Stanford.

« Mais quand j’étais [en sixième année, en 1976], nous avons dû partir. Ma mère s’était vu offrir une occasion unique à Montréal : enseigner à l’Université McGill et poursuivre ses recherches [sur le cancer du sein] à l’Hôpital général juif. C’était une étape excitante dans la progression de sa carrière. Ce n’était pas, cependant, une occasion excitante pour moi. J’avais 12 ans, et l’idée de quitter la Californie ensoleillée en février, au milieu de l’année scolaire, pour aller dans une ville étrangère d’expression française ensevelie sous 12 pieds de neige m’était pour le moins pénible. » [12 pieds = 3,65 mètres, devenus 12 cm dans un article du 17 août 2020 du Monde... C'est inexact. Il tombe en réalité en moyenne un peu plus de 2 mètres de neige par an à Montréal, mais comme la neige fond certains jours en hiver et se tasse, il n’y a jamais plus d’un mètre [102 cm] de neige au sol là où la neige n’est pas accumulée en congères, souvent beaucoup moins.]

Sa mère, la doctoresse Shyamala Gopalan Harris, titulaire d’un doctorat en endocrinologie et nutrition de l’Université de Californie à Berkeley, a passé 16 ans à Montréal, à l’Hôpital général juif et à la Faculté de médecine de l’Université McGill. Mme Gopalan Harris est décédée en 2009. La famille a habité une maison victorienne sur l’avenue Grosvenor.

L’impression d’être une cane (coin, coin) à l’école francophone

Selon Kamala Harris, le choc du déracinement a été d’autant plus grand que sa mère, Shyamala, a insisté pour que sa sœur cadette Maya et elle aillent à l’école primaire Notre-Dame-des-Neiges, fréquentée par des petits Montréalais francophones.

Elle écrit : « Cela a été une transition difficile, étant donné que le seul français que je connaissais venait de mes cours de danse, où madame Bovie, ma professeure de ballet, criait : “Demi-plié, and up !” J’avais l’impression d’être un canard, car durant toute la journée à notre école, je répétais : “Quoi ? Quoi ? Quoi ?” »

Sa mère a mis fin à ses difficultés linguistiques en la transférant dans une école anglophone.

Passage par une école artistique

Kamala Harris et sa jeune sœur Maya ont fréquenté la FACES (Fine Arts Core Elementary School) en 1977-1978 (et peut-être pendant une partie de l’année scolaire précédente, 1976-1977). Harris est alors en huitième année.

Comme l’école accueillait seulement les élèves jusqu’à la 8e année à l’époque, les élèves étaient ensuite obligés de changer d’école. Plusieurs d’entre eux, parmi lesquels Kamala Harris, se retrouvèrent à l’école secondaire de Westmount.

Harris se plaignait de ses cours de français

Kamala Harris fréquenta l’École secondaire de Westmount de 1978 à 1981. L’école secondaire de Westmount (en anglais Westmount High School), est une école secondaire publique située dans le quartier très aisé de Westmount, au Québec. L’école a été construite en 1961.

Kamala Harris, au centre en chemisier blanc et veste beige, photographiée en 1981 avec ses camarades de classe à l’école secondaire de Westmount

Selon le New York Times, « ses amis d’enfance se souviennent d’une jeune femme sûre d’elle, qui manifestait des velléités de militantisme, trouvait une affirmation culturelle dans son identité noire et se plaignait du cours de français. »

Cégep anglophone

Kamala Harris a également brièvement fréquenté le Cégep anglophone Vanier l’année suivante en 1982. Le cégep correspond à un collège pré-universitaire et post-secondaire. La première année du cégep correspond à la terminale du lycée en France.

Nostalgie des États-Unis dans son livre lancé pour sa candidature à la présidence des États-Unis

 « Au moment d’arriver au secondaire, je m’étais adaptée à notre nouvel environnement […] Ce à quoi je ne me suis jamais habituée, c’est le sentiment de nostalgie pour mon pays », écrit Kamala Harris avant d’enchaîner sur sa décision inéluctable de faire ses études universitaires aux États-Unis, où elle a d’abord fréquenté l’Université Howard, surnommée la Black Harvard, avant de s’inscrire à l’École de droit Hastings de l’Université de Californie.

Kamala Harris relie à son éducation auprès des amis militants de sa mère à Oakland sa seule anecdote positive concernant son séjour à Montréal. « Un jour, Maya et moi avons organisé une manifestation devant notre immeuble pour protester contre le fait que les enfants n’étaient pas autorisés à jouer au soccer sur la pelouse. Je suis heureuse de rapporter que nos demandes ont été acceptées », écrit-elle.


Kamala parmi ses camarades de promotion en 1981 (livre des diplômés de l’école). Elle y dit la nostalgie persistante pour son pays natal, quand elle cite encore « la Californie » au rang de ses « meilleurs souvenirs », mais elle témoigne aussi des bons moments vécus, en confiant que son passe-temps préféré est de « danser avec la bande des six, les Midnight Magic » — une troupe de danse montée avec cinq copines, qui se produit dans des maisons de retraite ou dans des galas de collecte de fonds.

Kamala Harris est la descendante d'un propriétaire d'esclaves irlandais en Jamaïque

Des recherches menées par un historien irlandais révèlent que l'ancêtre du vice-président américain, Hamilton Brown, propriétaire d'esclaves, est né dans le comté d'Antrim en 1776.

Mme Kamala Harris est la fille de Donald J. Harris, né en Jamaïque, et de Shyamala Gopalan Harris, originaire d'Inde.

Des recherches généalogiques menées par l'historien nord-irlandais Stephen McCracken ont révélé que le quadruple arrière-grand-père paternel de Mme Harris, Hamilton Brown, est né dans le comté d'Antrim en 1776, l'année de la Déclaration d'indépendance des États-Unis.

Brown a émigré en Jamaïque, alors colonie britannique, et est devenu un propriétaire d'esclaves enthousiaste dans les plantations de sucre qui constituaient le pilier de l'économie de l'île. Il s'opposa à l'abolition de l'esclavage dans tout l'Empire britannique en 1832 et se rendit à Antrim pour remplacer ses esclaves par des travailleurs de son comté natal.

Il a donné son nom à Brown's Town en Jamaïque et est enterré à l'intérieur de l'église anglicane St Mark, qu'il a construite avec ses propres fonds.

Le père de Mme Harris, professeur émérite d'économie à l'université de Stanford, a reconnu le passé esclavagiste de sa famille dans un article publié dans un journal jamaïcain en 2018. Curieusement, sa mère s'appelle Finegan. Les ancêtres irlandais du président Joe Biden s'appellent également Finegan (Finnegan).

Donald Harris a écrit : « Mes racines remontent, de mon vivant, à ma grand-mère paternelle, Miss Chrishy (née Christiana Brown, descendante de Hamilton Brown, dont on sait qu'il était propriétaire de plantations et d'esclaves et fondateur de Brown's Town) et à ma grand-mère maternelle, Miss Iris (née Iris Finegan, agricultrice et éducatrice, originaire d'Aenon Town et d'Inverness, dont l'ascendance m'est inconnue).

« Le nom Harris vient de mon grand-père paternel, Joseph Alexander Harris, propriétaire terrien et exportateur de produits agricoles (principalement du piment ou du quatre-épices), qui est décédé en 1939, un an après ma naissance, et qui est enterré dans la cour de la magnifique église anglicane construite par Hamilton Brown à Brown's Town (et où, enfant, j'ai appris le catéchisme, j'ai été baptisé et confirmé, et j'ai servi en tant qu'acolyte) ». 

La mère indienne de Kamala Harris et son père professeur d'économie d'origine jamaïcaine

Burnard, qui a écrit un livre sur le surveillant d'esclaves jamaïcain Thomas Thistlewood, nous dit que si le père de Kamala Harris dit qu'il est un descendant d'Hamilton Brown, « je serais enclin à le croire ».

Il ne serait pas inhabituel que Kamala Harris ait « un certain héritage de propriétaire d'esclaves », a déclaré M. Burnard. « Ce serait tout à fait normal pour les membres de la classe moyenne jamaïcaine, en particulier l'élite éduquée, d'où vient Kamala Harris.

Jessian Prince, que l'arbre généalogique identifie comme la mère de Miss Crishy et qui serait donc l'arrière-arrière-grand-mère de Kamala Harris, figure sur les registres de naissance et de décès en tant qu'« ouvrière ». Selon M. Zoellner, les travailleurs de la Jamaïque à cette époque étaient presque toujours « des personnes d'origine africaine, enfants et petits-enfants de personnes asservies qui avaient été libérées en 1838 ».

Voir aussi

Ce groupe de discussion composé de femmes du Wisconsin consulté par la chaîne MSNBC (plutôt démocrate) a été brutal envers Kamala Harris.

Elise Jordan : « Comment percevez-vous la vice-présidente Harris par rapport au président Biden en termes de compétence et d'expérience ? »
Groupe de discussion : « Je pense qu'elle est pire ».
« Elle ne sait même pas ce qui se passe à la frontière. Or, c'est ce qu'elle était censée faire. »

Elise Jordan : « Y a-t-il quelqu'un que Kamala Harris pourrait nommer vice-président et que vous trouveriez rassurant ? »
Groupe de discussion : « Je n'envisagerais jamais de voter pour elle. Je penserais à RFK Jr bien avant de voter pour elle ».

Elise Jordan : « Quand pensez-vous que l'Amérique aura une femme présidente ? »
Groupe cible : « Quand il y en aura une compétente ».
« Je ne la sens pas bien. »
« Je pense que c'est une idiote. »

Elise Jordan : « Pourquoi pensez-vous qu'elle n'est pas très intelligente ? »
Groupe de discussion : « Parce qu'elle n'a rien fait pendant le temps qu'elle a eu. Elle n'est pas très intelligente.»

Les origines indiennes de Kamala Harris :

Certificat de naissance de Kamala Harris (mère de race/couleur « caucasienne », père de race/couleur « jamaïcaine »)

Éric Zemmour adapte son succès Le Suicide français en une mini-série de documentaires pour Canal+

Selon Le Parisien, l’ex-candidat à la présidentielle s’est lancé dans le tournage d’une série documentaire adaptée de son livre Le Suicide français.


Éric Zemmour de retour devant les caméras. Dix ans presque jour pour jour après la sortie du « Suicide français », l'écrivain et président du parti Reconquête en prépare l’adaptation télévisuelle. Selon les informations du quotidien, il vient de donner le coup d’envoi, à Paris, du tournage d’une mini-série documentaire de quatre épisodes de 52 minutes. Il s’agit de l’adaptation de son essai sorti en octobre 2014 et écoulé alors à 500 000 exemplaires. L’information a, depuis, été confirmée par Diane Ouvry, attachée de presse d’Éric Zemmour.

En costume cravate sombre, écharpe bleu ciel lui protégeant la gorge entre les prises, il enregistrait ce mardi 15 octobre, au matin, une séquence au jardin mémorial des enfants du Vél d’Hiv (XVe arrondissement de Paris). Face à son équipe technique, il répétait son texte où il était question du Maréchal Pétain et de Jacques Chirac, qui a reconnu la responsabilité de l’État Français dans la rafle de juillet 1942. La veille, Éric Zemmour tournait rue Nicolas Appert, dans le XIe arrondissement de la capitale, là où siégeait la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo jusqu’à l’attentat islamiste de janvier 2015, qui a coûté la vie à 12 personnes.

La série adaptée du « Suicide français » est destinée à être diffusée sur les antennes du groupe Canal+ dans un an au plus tôt. C’est la chaîne Planète+, consacrée aux documentaires notamment historiques, qui a été choisie par les dirigeants du groupe propriété de l’homme d’affaires breton Vincent Bolloré. Le documentaire est produit par Pallas Télévision, société de production d’Éric Pierrot, qui assure d’habitude des sujets pour les magazines « Zone interdite », « Capital » ou « Arnaques » de M 6, ou pour la chaîne France 5 et qui a signé en 2022 pour C8 « Le Puy du Fou raconté par Philippe de Villiers ».

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Le secteur automobile européen est mal en point (en cause le passage à l'électrique)


La bascule vers l’électrique déstabilise le monde de l’auto

L’inquiétude grandit chez les constructeurs et les équipementiers face à la désaffection des clients, peu enclins à adopter cette nouvelle motorisation.

L’édition 2024 du Mondial de l’automobile ouvre ses portes ce lundi pour une semaine à Paris, avec la participation de la plupart des grands constructeurs, qui présenteront en avant-première une cinquantaine de nouveaux modèles. Cet événement se tient dans une période très difficile pour le secteur, qui doit gérer sa conversion industrielle accélérée vers l’électrique, sans que la demande soit au rendez-vous. Craignant une nouvelle crise, plusieurs groupes ont commencé à prendre des mesures de restructuration.

Côté face, l’édition 2024 du Mondial de l’auto s’annonce comme une grande fête de l’automobile. Déserté il y a deux ans par les Allemands, les Japonais et les Américains, le Salon de l’automobile de Paris a réussi cette année à attirer tous les grands noms de l’industrie auto. Tesla a répondu présent, comme Ford. Cadillac, la marque mythique de GM, présentera ses modèles électriques. Le groupe Volkswagen est là avec Audi et Skoda. BMW aussi, comme le coréen Kia. Les chinois BYD, Xpeng, MG (Saic) ne ratent aucune exposition occidentale. Renault est chez lui avec les derniers modèles de Dacia, Alpine et un prototype du Losange. Stellantis a cette fois fait briller quelques-unes de ses quinze marques (Peugeot, Citroën, Alfa Romeo), dont la chinoise Leapmotor, un constructeur dans lequel il a pris une participation de 21 % au capital.

Mais côté pile, l’inquiétude est à son comble. Fermetures d’usines programmées chez Volkswagen, Audi, Valeo ; chômage partiel chez Fiat et Michelin, projets d’usines de batteries repoussés, amendes de l’union européenne en perspective… Les constructeurs européens et derrière eux tous les équipementiers et sous-traitants s’alarment d’une nouvelle crise.

Celle-ci n’a rien à voir avec celle qui avait frappé l’industrie après le Covid : le manque de composants et de semi-conducteurs ainsi que l’inflation avaient contraint la production. Les prix des véhicules avaient alors grimpé assurant de jolies marges aux industriels. Cette fois, les clients ne sont plus au rendez-vous. En France, les 139.003 ventes de véhicules particuliers neufs du mois de septembre sont les plus faibles enregistrées depuis vingt ans. Et les immatriculations sur neuf mois marquent encore un recul de 23% par rapport à 2019. Le marché du véhicule neuf en France porte sur 1,8 million d’unités aujourd’hui. C’était 2,2 millions en 2019.

« Deux indicateurs illustrent la crise actuelle, explique Olivier Hanoulle, consultant automobile au cabinet Roland Berger. D’une part, les volumes de production en Europe : en 2024, ils devraient atteindre 17,2 millions de véhicules légers. Le niveau le plus bas avait été atteint en 2020 à 16,6 millions de véhicules. Nous en serons finalement assez proches. Le deuxième indicateur est la rentabilité. En 2024, les marges vont terriblement diminuer.» De fait, les uns après les autres, Volkswagen, Stellantis, Mercedes, BMW, Aston Martin ou encore l’équipementier Forvia ont revu à la baisse leurs prévisions pour l’année 2024. La marge de Stellantis, champion des profits, va passer de 14 % en 2023 à une fourchette comprise entre 5,5 % et 7% en 2024. Les groupes allemands tiraient une part importante de leurs bénéfices de leur présence en Chine, leur premier marché. Ils sont désormais en difficulté. Les groupes chinois les éclipsent progressivement et les privent de leur rente.

Des constructeurs sous pression


L’année prochaine ne réservera pas de jours meilleurs aux industriels occidentaux. La réglementation européenne sur les émissions de CO2 promet de les mettre encore davantage sous pression. La part des véhicules électriques dans leurs ventes va devoir grimper de manière très importante pour leur éviter des amendes douloureuses. Ils doivent parvenir à réduire de 15% supplémentaires les émissions moyennes de CO2 sur l’ensemble des ventes de véhicules neufs réalisées au cours de l’année prochaine. Or ces derniers mois, la trajectoire d’adoption des véhicules 100% à batterie (BEV) s’est affaissée. En Europe, leur part a fondu pour atteindre 12,6% du marché. Elles devraient atteindre 22 % pour éviter les pénalités européennes en 2025.

Combien risquent-ils de devoir acquitter ? Le cabinet de conseil Alix Partner a étudié trois scénarios plus ou moins tendus pour estimer le montant global des amendes. Dans tous les cas, la facture risque d’être salée. Les pénalités atteindraient entre 28 milliards d’euros et 75 milliards d’euros cumulés pour la période 2025-2029. Elles dépendront aussi du succès des nouveaux modèles électriques «abordables» (R5, ë-c3…) promis par les grands groupes et livrés à partir de l’an prochain.

L’ONG Transport & Environment (T&E), qui défend une décarbonation accélérée des transports, est plus optimiste. Selon elle, les ventes de BEV devraient atteindre 24 % de part de marché en 2025 (contre 14 % au premier semestre 2024). Elles seraient soutenues par une expansion de l’offre sur le marché de masse avec sept modèles abordables à moins de 25.000 euros. Seuls Ford et Volkswagen peineraient à atteindre les seuils requis d’après ses prévisions.

Les raisons du désamour des clients pour les voitures électriques sont nombreuses. Mais Carlos Tavares, le patron de Stellantis, pointe lui-même la plus importante : « Elles sont trop chères, s’exclamait-il à Sochaux il y a quelques jours devant des journalistes. Tous les problèmes liés à l’usage de ces voitures sont en train d’être résolus un par un : le prix de l’électricité par rapport au prix de l’essence par exemple. Or le problème du prix, c’est un problème de coût », argumente le dirigeant.

Les groupes chinois à l’offensive

Produire un véhicule électrique coûte toujours environ 40 % plus cher qu’un véhicule à essence en raison de sa batterie, mais aussi des volumes encore trop maigres pour réaliser les économies d’échelle. Résultat, quasiment tous les petits véhicules électriques sont assemblés en Europe de l’est. La ë-c3 de Citroën est produite en Slovénie. Le chinois Leapmotor s’est installé en Pologne à Tychy, chez Stellantis. La nouvelle Twingo à batterie sera fabriquée en Slovaquie à partir de 2026.

Toutes les marques réclament le maintien d’incitations versées par les États pour soutenir l’achat des voitures zéro émission. Mais les politiques de rigueur budgétaire se sont invitées dans les agendas de nombreux gouvernements. En Allemagne, la suppression des aides en décembre 2023 a fait couler les ventes : -68 % en août dernier. En France, l’enveloppe de 1 milliard et demi consacrée au bonus écologique et à la location sociale (avec option d'achat) sera rabotée d’un tiers… tandis que le malus sera étendu à de nombreux véhicules thermiques populaires. Certes, le bonus ne profitera pas aux modèles produits en Chine depuis qu’il est soumis à des critères environnementaux (production, transport…). Pour se protéger d’un déferlement de véhicules électriques chinois - qui représentent aujourd’hui une part de marché de 3 % -, l’Union européenne n’a pas retenu le critère écologique choisi par la France. Elle a privilégié les barrières douanières établies en fonction des subventions perçues par les groupes chinois auprès de l’État et de leur coopération lors de l’enquête menée par la Commission. Ainsi Saic, qui possède MG, devra payer 35,3 % de droits de douane supplémentaires qui s’ajoutent aux 10 % déjà fixés, Tesla 7,8 %, BYD 17 % et Geely 18,8 %.

Mais malgré ces taxes, les groupes chinois sont déterminés à poursuivre leur offensive sur le Vieux Continent. Ainsi la marque MG affirme qu’elle maintiendra ses prix pratiqués l’an dernier jusqu’à la fin de l’année. Par ailleurs, les nouveaux droits de douane ne s’appliqueront pas aux véhicules hybrides et hybrides rechargeables dont le succès ne se dément pas alors qu’ils doivent être bannis en 2035. De plus, les BYD, Chery, Leapmotor, Saic… installeront très prochainement leurs usines en Europe et échapperont ainsi aux taxes. Les projets sont lancés en Hongrie et en Espagne. « Le gâteau est devenu plus petit et nous avons plus d’invités à table, résumait Oliver Blume, le patron du groupe Volkswagen dans une interview à Bild. Il se vend moins de voitures en Europe. Dans le même temps, de nouveaux concurrents asiatiques occupent le marché, notamment chinois. »

Les dirigeants de Stellantis, Renault et leurs homologues n’hésitent plus à parler de leur « survie ». Dans ce contexte, les constructeurs et les équipementiers réclament que « les discussions prévues en 2026 dans le cadre de la clause de revoyure (destinée à réexaminer la trajectoire de décarbonation, NDLR) - avec la Commission démarrent dans les meilleurs délais », selon les mots de Luc Chatel, le président de la PFA, entité qui coiffe les entreprises françaises de la filière automobile. La déprime risque de s’inviter dès la fin du Mondial.

Source : Le Figaro