mardi 23 avril 2024

Si Apple perd face à la Chine, l'Occident perdra aussi selon The Spectator

Cela fait longtemps que l'Occident ne domine plus la construction navale ou la sidérurgie. Nous savons déjà que l'Occident perd du terrain dans le domaine des biens de consommation, ainsi que dans les secteurs de la finance et des transports. Si l'on fait le compte, on ne peut plus s'attendre à ce que les États-Unis, l'Europe ou leurs alliés dominent le marché mondial dans la plupart des grands secteurs d'activité. Pourtant, même si d'autres industries ont perdu du terrain, il y a une chose sur laquelle la plupart des économistes et des experts industriels étaient sûrs que nous pouvions compter : Apple. Rien, quoi qu'il arrive, ne ferait tomber son iPhone - sans conteste le produit le plus rentable au monde - de son perchoir bien assuré. Mais il n'en est rien. La part de marché d'Apple diminue à un rythme accéléré et ses rivaux chinois progressent rapidement.
    

Selon les chiffres publiés lundi, Apple n'est plus le premier fabricant mondial de téléphones intelligents, après une chute brutale des ventes au cours du premier trimestre de l'année. En 2024, Apple ne s'est adjugé que 17 % du marché, contre 20 % pour son grand rival Samsung. Xiaomi, la première marque chinoise, occupe la troisième place, avec près de 15 % du marché, non loin d'Apple, et Huawei, en pleine renaissance, a également réalisé d'importants progrès. Le Parti communiste chinois ayant restreint l'accès d'Apple au vaste marché chinois (ce qui n'est guère étonnant compte tenu du protectionnisme de l'administration Biden), cette tendance se poursuivra pendant le reste de l'année et au-delà.

Au cours des 20 dernières années, Apple a dominé le marché des téléphones intelligents haut de gamme, tandis que Samsung, qui utilise le logiciel de Google, occupait la deuxième place. La montée en puissance de la Chine dans le domaine des téléphones intelligents n'est toutefois qu'un aperçu de ce qui se passe déjà dans de nombreux autres secteurs. Dans l'automobile, avec les véhicules électriques comme moyen de pénétrer les marchés étrangers, la Chine est aujourd'hui le plus grand exportateur mondial, avec de nombreuses autres marques entrant sur le marché (y compris Xiaomi, qui devient rapidement un nom familier). Cela commence à se produire dans le domaine des puces électroniques, la Chine est forcée par les interdictions technologiques américaines de fabriquer ses propres semi-conducteurs à basse nanométrie ; dans le domaine pharmaceutique ; et cela pourrait se produire très bientôt dans l'aérospatiale, l'avion de passagers Comac C919 fabriqué en Chine étant déjà opérationnel et prêt à prendre des parts de marché à un Boeing de plus en plus en difficulté.

En réalité, la Chine est en train de passer du statut de fournisseur des entreprises occidentales à celui de concurrent direct. L'époque où les entreprises occidentales pouvaient utiliser les composants chinois bon marché et les usines hyperconcurrentielles de la Chine pour réduire leurs coûts et augmenter leurs marges bénéficiaires est révolue. Au lieu de cela, elles sont confrontées à une concurrence de plus en plus brutale de la part de rivaux chinois agressifs et bien gérés qui s'installent désormais sur les marchés de consommation courante. Même le puissant Apple pourrait ne pas être de taille à résister à cet assaut. Si Apple perd la guerre économique avec la Chine, l'Occident en fera de même - et à l'heure actuelle, les perspectives ne sont pas bonnes.


Source : The Spectator

Marguerite Stern et Dora Moutot alertent sur les dérives de l’idéologie transgenre

Figures du féminisme à la fin des années 2010, Marguerite Stern et Dora Moutot ont pris leur distance avec les mouvements qu'elles côtoyaient, tant ces derniers leur sont apparus gangrénés par l'idéologie transgenre. Aujourd'hui, elles tentent d'alerter sur les dérives de cette idéologie et des dommages qu'elle peut causer pour les plus jeunes et les plus vulnérables.

Dora Moutot et Marguerite Stern, essayistes et auteures de l'ouvrage « Transmania. Enquête sur les dérives de l'idéologie transgenre » aux éditions Magnus, répondent aux questions de Dimitri Pavlenko.


« Le destin belge de la France ? »

«Le destin belge de la France ?» (Partie 1) : l'édito de Mathieu Bock-Côté dans #Facealinfo sur CNews

2e partie


Suède — Malgré l'annonce du retour des manuels, encore des écrans à l’école

Le grand retour annoncé du papier-crayon pourrait prendre des années à se mettre branle, s’il se concrétise

En Suède, l’introduction aux appareils numériques est prévue dans le programme de la petite enfance, dans les services de garde du réseau scolaire. Il s’agit d’une orientation que le gouvernement veut modifier, une consultation est en cours présentement.

Alors que la présence des écrans dans les écoles québécoises est de plus en plus remise en question, la Suède est souvent citée en exemple comme étant le pays où le bon vieux livre a pris sa revanche sur la tablette en classe. Or la petite révolution annoncée n’est pas encore réalité et certains se demandent même si elle finira bel et bien par se concrétiser, a constaté Le Journal.

Mai 2023. La nouvelle ministre de l’éducation suédoise, Lotta Edholm, annonce qu’elle veut réduire la place des écrans à l’école et y ramener les manuels scolaires et l’écriture manuscrite.

Des millions de dollars seront investis pour l’achat de livres dans les écoles suédoises, où les écrans sont présents depuis une bonne quinzaine d’années, et ce, parfois dès les classes de la petite enfance dans l’équivalent de nos garderies qui sont intégrées au réseau scolaire suédois.

« Les élèves ont besoin de davantage de manuels scolaires. Les livres papier sont importants pour l’apprentissage des élèves », a déclaré la ministre, qui estime que le réseau scolaire est allé « trop vite » avec l’introduction du numérique à l’école.

En Suède, de récentes études font état de problèmes de mémorisation, de concentration et d’apprentissage de la lecture liés à l’utilisation des tablettes en classe.

La proportion d’élèves suédois de 10 ans ayant de la difficulté à lire est d’ailleurs passée de 12 % à 19 % en cinq ans, ce qui a poussé le gouvernement de centre-droite à aller de l’avant avec ce virage.

La pandémie et la hausse récente de l’immigration dans ce pays pourraient toutefois aussi expliquer cette baisse, selon des experts.

Peu de changements concrets

Or depuis la rentrée, peu de changements ont réellement eu lieu dans les écoles suédoises.

Au cours des derniers jours, Le Journal a contacté une vingtaine d’écoles de Stockholm, sans réussir à en trouver une qui a procédé à des changements concrets cette année.

« Ce virage est très récent, aucune décision ou stratégie n’a encore été prise à ce sujet dans nos écoles », indique de son côté Nadia Bhere, agente des communications responsable des écoles primaires à Malmö, la troisième plus grande ville de Suède.

« Au cours des dernières années, nous avons consacré beaucoup d’efforts pour introduire le numérique en classe, il s’agit donc d’un grand virage annoncé, mais qui n’est pas encore amorcé », ajoute-t-elle.

Pas encore de directives
 
Il faut dire qu’aucune directive formelle n’a encore été adoptée à la suite de cette annonce.

Des démarches sont en cours afin de modifier le programme d’apprentissage en petite enfance, pour les enfants âgés de 5 ans et moins, afin de retirer l’obligation d’utiliser des appareils numériques dans les services de garde.

Une consultation menée par l’agence nationale d’éducation, qui encadre le réseau scolaire, se déroule présentement jusqu’au début juin.

La ministre veut aussi apporter des modifications au programme de l’école primaire, mais rien de concret n’est encore sur la table.

Réseau scolaire décentralisé

Le réseau scolaire suédois est par ailleurs très décentralisé et il sera difficile de mettre en branle des changements malgré de nouvelles directives nationales, ajoute un Québécois qui enseigne dans une école secondaire en Suède depuis des années, mais qui a refusé d’être identifié.

« Les écoles ici ont beaucoup de latitude, elles font à peu près ce qu’elles veulent. Les changements impliquent beaucoup de résistance, plusieurs élèves ont leur ordinateur ou tablette en classe, alors ça va être très difficile de revenir en arrière », affirme-t-il.

Un directeur d’école primaire située près de Stockholm partage son avis. « C’est une annonce qui est avant tout politique. Je ne pense pas que ça va amener beaucoup de changements concrets, les appareils numériques sont déjà dans les écoles », affirme Thomas Österas.

« Mais il est possible d’avoir une approche plus équilibrée, ajoute-t-il. Chez nous, comme dans d’autres écoles, on n’a jamais cessé d’utiliser des livres et des manuels scolaires, même si on a des tablettes. »

Source : Journal de Québec

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lundi 22 avril 2024

« On ne peut plus se contenter de défendre la liberté d’expression théoriquement. Il faut démanteler le complexe juridico-politique qui l’entrave »

Texte de Mathieu Bock-Côté paru dans Le Figaro du 20 avril 2024 sous le titre : « Trans­pho­bie » : quand les progres­sistes trans­forment leurs contra­dic­teurs en délin­quants idéo­lo­giques.

La ten­ta­tive de cen­sure du colloque des natio­naux-conser­va­teurs, à Bruxelles, auquel devait par­ti­ci­per Éric Zem­mour, et des confé­rences de Jean-Luc Mélenchon, a placé la ques­tion de la liberté d’expres­sion au coeur du débat public, au point où Emma­nuel Macron a cru devoir rap­pe­ler qu’en démo­cra­tie, mieux vaut com­battre poli­ti­que­ment une idée que l’inter­dire. Ce qui relève du simple bon sens, mais ce qui est bien peu, pour peu qu’on scrute l’actua­lité.

Car au même moment, une cam­pagne pour cen­su­rer la publi­cité d’un ouvrage était menée sur Twit­ter par des figures impor­tantes de la mai­rie de Paris, sans que cela ne sus­cite la moindre réac­tion. Elle visait Trans­ma­nia, de Mar­gue­rite Stern et Dora Mou­tot, un livre enquête sur l’idéo­lo­gie trans et les dan­gers qu’elle fait por­ter sur la jeune géné­ra­tion.

C’était le cas d’Emma­nuel Gré­goire, pre­mier adjoint à la mai­rie, qui a tweeté : « La trans­pho­bie est un délit. La haine de l’autre n’a pas sa place dans notre ville. Paris n’est pas la vitrine de cette haine crasse. » Il annonçait vou­loir sai­sir l’entre­prise expo­sant cette affiche «pour deman­der le retrait de cette publi­cité ». Il en rajou­tait le len­de­main. « Invo­quer la liberté d’expres­sion pour jus­ti­fier les dis­cours hai­neux, c’est la spé­cia­lité de l’extrême droite et c’est tou­jours aussi détes­table et ridi­cule. Paris est et res­tera une ville refuge pour tous et toutes. Ne lais­sons pas gagner les dif­fu­seurs de haine. »

David Bel­liard, autre figure de la mai­rie de Paris, n’était pas en reste : « (…) Cette publi­cité pour un bou­quin trans­phobe par­ti­cipe à la nor­ma­li­sa­tion de la haine envers les per­sonnes trans. Une idéo­lo­gie mor­ti­fère, à mille lieues des valeurs de Paris. Cette publi­cité doit être reti­rée. »

Le pan­neau publi­ci­taire a été retiré. La cam­pagne pour cen­su­rer la publi­cité du livre a fonc­tionné. On y trou­vait tous les élé­ments jus­ti­fiant aujourd’hui l’exten­sion du domaine de la cen­sure. D’abord l’assi­mi­la­tion de la cri­tique du pro­gres­sisme à un pro­pos hai­neux, la haine consis­tant à ne pas sous­crire au grand récit de la diver­sité heu­reuse. Dans le cas pré­sent, c’est la théo­rie du genre et l’idéo­lo­gie trans qu’il faut sanc­tua­ri­ser en expli­quant que leur cri­tique ne relève pas de l’opi­nion mais du délit et de la haine de l’autre : on parle alors de trans­pho­bie. On pour­rait aussi dire que la cri­tique de la théo­rie du genre relève désor­mais du délit d’opi­nion, même du délit de blas­phème, que le régime diver­si­taire a sécu­la­risé.

On en appelle alors à l’inter­dic­tion de tels pro­pos. Elle peut pas­ser par un appel clas­sique à l’invi­si­bi­li­sa­tion de celui qui est trans­formé en déviant idéo­lo­gique, en délin­quant de la pen­sée. Elle peut aussi pas­ser par des pour­suites judi­ciaires, menées par des asso­cia­tions mili­tantes, sou­vent publi­que­ment finan­cées, pra­ti­quant le har­cè­le­ment judi­ciaire contre ceux qui s’entêtent à mal pen­ser.

L’objec­tif est tou­jours le même : asso­cier une épi­thète calom­nieuse à un adver­saire poli­tique, géné­ra­le­ment en le fai­sant condam­ner par une jus­tice elle-même idéo­lo­gi­sée, et réduire désor­mais ce contra­dic­teur à cette condam­na­tion, en le trans­for­mant en délin­quant idéo­lo­gique, et en délin­quant mul­ti­ré­ci­di­viste, si les condam­na­tions s’accu­mulent. Le récit média­tique per­met­tra de pré­sen­ter le condamné en paria. Dès lors qu’un indi­vidu est asso­cié à «l’extrême droite», au «racisme», à la «trans­pho­bie», ou à d’autres termes sem­blables, il sera consi­déré comme radio­ac­tif. Tous com­pren­dront qu’il vaut mieux ne pas s’y asso­cier, sous peine d’être soi-même conta­miné par ces mêmes éti­quettes.




Il s’agit de condam­ner à la mort sociale, qui peut alors prendre la forme du ban­nis­se­ment des réseaux sociaux, de la per­sé­cu­tion ban­caire, de l’inca­pa­cité à tenir une confé­rence (car des anti­fas mena­ce­ront de la per­tur­ber, ce qui jus­ti­fiera son inter­dic­tion pour pré­ve­nir le moindre trouble à l’ordre public), et de bien d’autres méthodes qui condamnent objec­ti­ve­ment à une vie sous le signe de la dis­si­dence.

On ne peut plus se conten­ter de défendre la liberté d’expres­sion théo­ri­que­ment. Il faut déman­te­ler le com­plexe juri­dico-poli­tique qui l’entrave. Cela implique de reve­nir sur les lois sur les pro­pos « hai­neux» (et sur le concept même de «pro­pos hai­neux») qui se sont accu­mu­lées avec le temps, d’en finir avec le droit accordé aux asso­cia­tions de traî­ner les dis­si­dents devant les tri­bu­naux et de stop­per le finan­ce­ment d’asso­cia­tions mili­tantes dont la seule fonc­tion consiste à décré­ter un scan­dale média­tique quand l’idéo­lo­gie domi­nante est cri­ti­quée.

Les seules limites à la liberté d’expres­sion devraient être l’appel à la vio­lence et la dif­fa­ma­tion. Pour le reste, en démo­cra­tie libé­rale, les argu­ments s’échangent dans le débat public, et non pas devant les tri­bu­naux. Rares sont ceux, hélas, qui sont prêts à une telle remise en ques­tion du dis­po­si­tif de cen­sure que subissent nos contem­po­rains.

Transmania
par Dora Moutot et Marguerite Stern,
paru le 11 avril 2024,
chez Magnus,
398 pp.,
ISBN-10 ‏ : ‎ 2384220403
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2384220403.

Voir aussi

Sur l'interdiction d'une réunion politique à Bruxelles par un bourgmestre belgo-turc lié aux Loups Gris :

dimanche 21 avril 2024

Écosse : la Santé publique interrompt la prescription de bloqueurs de puberté pour les mineurs

À la suite du rapport du Dr Hilary Cass insistant sur les « faibles preuves » et le manque de recherches sur les bloqueurs de puberté, la clinique Sandyford de Glasgow, le seul service spécialisé dans les questions de genre en Écosse, a décidé d’interrompre la prescription de bloqueurs de puberté aux mineurs. Quant aux nouveaux patients de 16 ou 17 ans, ils ne recevront plus de traitements hormonaux de changement de genre avant l’âge de 18 ans. Les jeunes qui reçoivent déjà un tel traitement ne seront pas concernés par cette mesure.

Le 18 avril, le NHS Greater Glasgow and Clyde (NHSGGC) a révélé qu’il avait déjà suspendu le traitement de nouveaux patients depuis la mi-mars suite à la décision du NHS England de suspendre la prescription de bloqueurs de puberté.
 
Les bloqueurs de puberté provoquent des problèmes de fertilité « irréversibles »

Selon une étude prépubliée fin mars sur le serveur bioRxiv [1], les bloqueurs de puberté peuvent provoquer des problèmes de fertilité « irréversibles » chez les garçons. Pour arriver à cette conclusion, onze scientifiques de la Mayo Clinic, basée à Rochester, ont analysé les cellules testiculaires de garçons, âgés de 17 ans ou moins, qui avaient pris des bloqueurs de puberté pendant une période allant de 3 à 52 mois, et les ont comparées aux cellules d’un groupe témoin qui n’avait pas pris de bloqueurs (cf. Enfants « trans » : des études, des faits). Parmi les 87 patients inclus dans l’étude, 16 garçons se déclaraient du sexe opposé et 9 d’entre eux prenaient des bloqueurs de puberté (cf. Bloqueurs de puberté : un effet souvent négatif sur la santé mentale des adolescents).

Des preuves « sans précédent »

« Nous fournissons des preuves histologiques sans précédent qui révèlent des réactions néfastes des glandes sexuelles testiculaires pédiatriques à ces traitements », affirment les auteurs de l’étude. Ils ont en effet observé « une atrophie légère à sévère des glandes sexuelles chez les enfants traités par des bloqueurs de puberté ». Un garçon de 12 ans, sous traitement depuis 14 mois, avait « près de 60 % de ses glandes sexuelles “complètement atrophiées” ». Deux patients présentaient des caractéristiques anormales au niveau des testicules observables lors d’un examen physique.

Les scientifiques ont en outre constaté l’apparition de microlithiases, c’est-à-dire de petits amas de calcium dans les testicules. Or une autre étude de la Mayo Clinic a associé ce phénomène à un risque accru du cancer des testicules.

Une nouvelle alarme

Les chercheurs tirent la sonnette d’alarme alors que le site web de la clinique soutient encore que les bloqueurs ne font que « mettre en pause » la puberté sans provoquer de changements physiques permanents. « À notre connaissance, aucune étude rigoureuse n’a été réalisée sur le blocage prolongé de la puberté dans les populations pédiatriques et ses conséquences à long terme sur la capacité de reproduction », soulignent-ils.

Face au manque de données sur les bloqueurs de puberté, plusieurs pays ont mis en place des restrictions ou des interdictions comme la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni (cf. Angleterre : le NHS met fin aux bloqueurs de puberté ; Genre aux É.-U. : de nouvelles lois pour protéger les mineurs ; « Transidentification des mineurs » : des sénateurs LR [centre-droit en France] lancent un cri d’alarme).

 
Sources : The Guardian, Libby Brooks (18/IV/2024); BBC, Mary McCool (18/IV/2024), Daily mail, James Reinl (5/IV/2024) ; CNA, Kate Quinones (11/IV/2024) ; Fox news, Melissa Rudy (11/IV/2024), via Généthique

Voir aussi

 

La thérapie hormonale, et les conséquences irréversibles de la chirurgie pour les enfants dits « trans »

Trans — Recours constitutionnel d’une enseignante québécoise obligée de mentir aux parents

Bloqueurs de puberté : des données « insuffisantes »

Canada — Personne qui souhaite avoir à la fois un vagin et un pénis obtient un financement public pour cette chirurgie non pratiquée ici 

Le nouveau calendrier liturgique officiel : le jour de la fierté, la semaine de la fierté, le mois de la fierté et la saison de la fierté

J.K. Rowling et Sunak contre une loi écossaise censée lutter « contre l’incitation à la haine transgenre »

Extrémisme — vandalisme contre Radio-Canada pour un documentaire sceptique envers les « soins transgenres » sur les ados

Sortie « culturelle » scolaire, spectacle de « cirque » travesti pour lutter contre les stéréotypes de genre

La présentation sélective et tronquée des faits par Isabelle Hachey de la Presse

 

Réputés singes pacifiques, les bonobos sont plus bagarreurs qu’on ne l’imaginait

Les mâles les plus querelleurs s’accouplent plus souvent avec les femelles, pour une raison qui reste encore à établir.


Il faut se méfier des bonobos. Sous leurs airs pacifiques, ces singes parfois qualifiés de « hippies » cachent en réalité des comportements violents, pas très différents des autres grands primates. À une nuance près. Quand la violence des chimpanzés est souvent intense et aveugle, pouvant aller jusqu’à l’infanticide, celle des bonobos est plus mesurée et ciblée. Les mâles bonobos ne se battent presque exclusivement qu’entre eux et ne s’entre-tuent pas. Une étude menée par la chercheuse française Maud Mouginot, actuellement en poste à l’université de Boston, et publiée dans la revue Current Biology, révèle en outre que ce comportement bagarreur offre plus de succès auprès des femelles..

«De précédents travaux avaient révélé plus d’inégalités reproductives entre les mâles chez les bonobos que chez les chimpanzés, explique Maud Mouginot. Cela pouvait indiquer l’existence d’une compétition intense entre mâles. On a donc voulu étudier et comparer les stratégies d’agression chez ces deux espèces.» Les scientifiques ont observé pendant deux ans douze bonobos mâles de trois communautés dans la réserve de Kokolopori, située au cœur de la République démocratique du Congo, et quatorze chimpanzés mâles de deux communautés du parc national de Gombe Stream, en Tanzanie..

Sociétés matriarcales.

Les deux espèces sont très proches génétiquement mais vivent dans des environnements différents. Les chimpanzés occupent ainsi de vastes étendues d’Afrique centrale, y compris des zones montagneuses où ils doivent rivaliser avec les gorilles ou les babouins pour se nourrir. Les bonobos, quant à eux, ne vivent que dans une partie relativement isolée du bassin du Congo, dépourvue de montagnes et d’espèces concurrentes. Là où les chimpanzés se répartissent sur une plus grande aire géographique et ont commencé à se battre pour des ressources limitées, les bonobos cantonnés au sud du fleuve Congo semblent bénéficier d’un environnement plus tranquille.

Ces deux espèces ont donc un comportement très différent. Les chimpanzés évoluent dans un environnement patriarcal. Les mâles forment des coalitions qui patrouillent sur un territoire. «Les rencontres intergroupes de chimpanzés sont impossibles, commente ainsi Maud Mouginot. Car, en fonction du nombre d’individus dans chacun des groupes, le risque qu’ils s’entre-tuent est très important ! ».

À l’inverse, les bonobos sont beaucoup moins nombreux (environ 15.000 individus restants selon l’union internationale pour la conservation de la nature, UICN) et vivent dans des sociétés matriarcales. Les interactions amicales entre les communautés sont courantes et fréquemment marquées par des démonstrations d’activité sexuelle enthousiastes. Ils sont notamment connus pour leurs comportements homosexuels très répandus, notamment chez les femelles, et pour leur propension à partager leur nourriture. « Il y a eu une tendance à sous-estimer, a priori, la violence chez les bonobos à cause de ces comportements que l’on considère très amicaux », commente Maud Mouginot. Il faut aussi rappeler qu’aucun meurtre de bonobo par un congénère n’a jamais été documenté dans la littérature scientifique, ce qui allait aussi dans ce sens..

Pourtant, les analyses de l’équipe de Maud Mouginot montrent que les mâles bonobos avaient presque trois fois plus d’interactions agressives que les chimpanzés, et trois fois plus d’altercations physiques. Si aucune des rencontres ne s’est avérée mortelle, les bonobos n’ont pas hésité à pousser, frapper ou mordre leurs adversaires. La violence est donc un trait commun aux deux espèces, que l’on retrouve au passage également chez leur plus proche cousin commun, l’être humain. Il est donc probable qu’on la retrouve également chez un ancêtre commun et qu’elle ait ensuite dérivé de différentes manières.

Un moyen d’éliminer les rivaux.

« Chez les chimpanzés, les mâles sont très agressifs envers les femelles et les contraignent à avoir des rapports sexuels, explique Maud Mouginot. C’est un comportement que l’on ne retrouve pas du tout chez les bonobos.» Les femelles bonobos sont souvent en position dominante dans leur groupe, et forment des alliances pour stopper les mâles qui pourraient tenter de s’accoupler avec elles. Les mâles n’ont donc que peu d’intérêt à se confronter à elles. « À l’inverse, la violence entre mâles chez les chimpanzés est beaucoup plus dangereuse, continue la scientifique. Car en s’en prenant à un individu, on peut se retrouver face à tout un groupe. Ce qui peut expliquer que, quoique plus agressifs, les mâles chimpanzés se battent moins souvent entre eux. Ils ont beaucoup plus à perdre. »

L’agressivité des bonobos entre mâles pourrait aussi jouer un rôle dans la reproduction. Les scientifiques ont noté que les femelles bonobos s’accouplaient plus souvent avec les mâles les plus agressifs. « On ne sait pas quel mécanisme il y a derrière cela, explique la scientifique. Ce n’est peut-être pas un choix des femelles. Mais en éloignant leurs rivaux potentiels, les mâles agressifs passent plus de temps auprès des femelles.» Plus qu’un outil de séduction, les auteurs pensent ainsi que l’agressivité serait un moyen d’éliminer les rivaux.

De précédents travaux avaient aussi montré que des mères bonobos de haut rang pouvaient aider leurs fils dans les combats entre mâles, les présentant même à des femelles fertiles et allant jusque monter la garde pendant l’accouplement. «Ces résultats nous interrogent sur la notion de conflit chez les grands singes», juge Maud Mouginot. Les rapports entre les individus sont bien plus complexes qu’on a pu le penser par le passé. Si les bonobos conserveront encore longtemps leur réputation de singes « hippies » adeptes de la cabriole, il ne faut pas oublier que, pour eux, faire l’amour, c’est aussi faire la guerre.

Source : Le Figaro

samedi 20 avril 2024

Le tiers des jeunes de 21 ans qui sont passés par la Protection de la jeunesse dans une situation précaire à l'âge adulte

Le tiers des jeunes de 21 ans qui sont passés par la DPJ se retrouvent dans une situation précaire à l'âge adulte. Ils sont 3 fois plus nombreux à être sans emploi, sans diplôme et sans formation.

mercredi 17 avril 2024

Canada — Le gouvernement Trudeau va commencer à explorer les « hypothèques halal »

Réaction de Mathieu Bock-Côté sur la nouvelle ci-dessous :

On apprenait mercredi qu’Ottawa envisage désormais, dans le cadre de sa politique d’habitation et d’accès à la propriété, de s’ouvrir à ce qu’on nomme les hypothèques halal, et plus largement, aux exigences de la finance islamique.

On peut parler, de ce point de vue, d’une islamisation relative des politiques publiques.

Le gouvernement fédéral veut ainsi trouver ce qu’on appellera un accommodement raisonnable pour les musulmans les plus intégristes qui ne se sentent pas capables de vivre selon les codes des sociétés où ils se sont installés.

Je dis bien les musulmans les plus intégristes, ou si on préfère, les islamistes, car on devine qu’un très grand nombre de musulmans ne réclament rien de tel.

Multiculturalisme

Mais c’est la folie du multiculturalisme canadien de permettre aux radicaux de chaque communauté de s’en prétendre les représentants, et ainsi, de les prendre en otage, comme s’ils étaient les seuls à pouvoir parler en leur nom.

Le multiculturalisme, au Canada, n’est pas seulement une idéologie dominante constitutionnalisée. C’est une véritable religion d’État.

Le Canada sacralise tout ce qui se réclame de la diversité, pour peu que cette diversité soit «minoritaire».

Le Canada est ce pays qui a ajusté l’uniforme de ses policiers aux exigences religieuses des différentes communautés.

Le Canada est ce pays qui juge normal qu’on puisse prêter son serment de citoyenneté en niqab, et qui traite celle qui le fait en militante exemplaire, et même en citoyenne modèle!

Le Canada est ce pays qui représente publiquement une fillette voilée sur la couverture d’un document de la Commission des droits de la personne.

Le Canada est ce pays qui mobilise l’appareil fédéral pour combattre la loi québécoise sur la laïcité, en l’accusant de verser dans la discrimination.

Le Canada est ce pays qui a nommé une femme voilée représentante spéciale de la lutte contre l’islamophobie – et qui avalisait ainsi le concept d’islamophobie, consistant à criminaliser et à diaboliser toute critique de l’islam, et même de l’islamisme.

De ce point de vue, l’halalisation des hypothèques était probablement inévitable.

Et tout cela est appelé à aller bien au-delà des accommodements à répétition avec l’islamisme.

Le Canada est ce pays qui finance des catégories de gens d’affaires selon le critère de la couleur de la peau, et qui pratique aussi la discrimination positive excluant par principe les individus «blancs» de certains postes.

L’idéologie multiculturaliste s’est fanatisée: chaque communauté réclame désormais que l’État se plie à ses caprices ethnoreligieux.

Folie

Si l’État ne le fait pas, il est accusé de racisme systémique et d’exclure certaines catégories de la population. C’est ce qu’on appelle inverser notre rapport à la réalité.

Le Canada segmente sa population en communautés fermées les unes aux autres, il multiplie les silos identitaires, il refuse l’idée d’une citoyenneté partagée, pour préférer la racialisation des appartenances et le fanatisme religieux.

Le Canada est un pays qui marche sur la tête, et cela, depuis longtemps.

 


Billet du mercredi 17 avril

Le premier ministre Justin Trudeau, la vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland sont rejoints par des ministres pour une photo avant le dépôt du budget fédéral sur la Colline du Parlement à Ottawa, le mardi 16 avril 2024.

Le gouvernement fédéral dit qu'il a l'intention d'explorer de nouvelles mesures pour élargir l'accès aux « produits de financement alternatifs, comme les hypothèques halal ».

Selon le budget fédéral, le gouvernement libéral a déjà entamé des consultations avec les fournisseurs de services financiers et les diverses communautés « pour comprendre comment les politiques fédérales peuvent mieux soutenir les besoins de tous les Canadiens qui cherchent à devenir propriétaires. »

La religion islamique considère que le prélèvement d'intérêts est une forme d'usure et que les gains réalisés grâce aux intérêts sont injustes.

Des prêts hypothécaires conformes à la loi islamique sont déjà proposés par certaines institutions financières au Canada, bien qu'aucune des cinq « grandes banques » canadiennes ne les offre actuellement.
Selon des fonctionnaires s'exprimant en coulisses, les prêts hypothécaires alternatifs ne seraient pas nécessairement sans intérêt, mais pourraient inclure des frais réguliers qui remplaceraient les charges d'intérêt.

Le fait que peu d'institutions offrent actuellement des hypothèques islamiques au Canada et que le financement de ces hypothèques doit être halal sont autant de facteurs pouvant entraîner des frais d'emprunt plus élevés, dit M. Zuhair Naqvi, prêteur islamique interrogé par la SRC.

Comment ça marche ?

Des frais sont imposés, plutôt que les intérêts ajoutés à une hypothèque habituelle

Le prêteur peut rester propriétaire de la maison jusqu'à ce que l'emprunteur ait remboursé l'hypothèque, qui est repayée sous la forme d'une location à long terme, par exemple

Les sources de financement d'une hypothèque islamique doivent être halal

Le prêteur ne peut pas saisir la propriété en cas de non-paiement, contrairement à une hypothèque traditionnelle

Sources : CityNews et SRC

mardi 16 avril 2024

Février 1934 en France : une menace fasciste ?

En ce matin du 6 février 1934, Paris se réveille en colère. Ses habitants découvrent, placardés aux murs et dans les pages de leur journaux, des appels à manifester. « La dictature du sectarisme veut s’implanter chez vous ! » «Ton parlement est pourri», «À bas les voleurs ! » Et le soir même, sur la place de la Concorde à Paris, la manifestation tourne à l’émeute. On compte vingt morts et des centaines de blessés. Reste le souvenir de la violence. On a souvent interprété cette manifestation comme un coup d’État fasciste ou du moins, une tentative de prise de pouvoir par l’extrême droite. La veille de son exécution, l’intellectuel fasciste Robert Brasillach faisait mémoire des morts du 6 février : "Sur onze ans de retard, serai-je donc des vôtres ? Je pense à vous, ce soir, ô morts de février". L'émeute n’a-t-elle été portée que par les fascistes ? Cet épisode dramatique a-t-il véritablement constitué une menace pour la IIIe République ? Derrière les slogans, quelles sont les revendications des manifestants ? Quels sont les différents éléments déclencheurs de cette manifestation qui a marqué l’Histoire ?



L'auteur : Olivier Dard est professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne Université, spécialiste d’histoire politique. Il est l'auteur de biographies de référence consacrées à Bertrand de Jouvenel (Perrin, 2008, 527 p., 27 €) et à Charles Maurras. Le nationaliste intégral (Dunod, 2023, 432 p., 11,90 €). Il publie avec Jean-Philippet : Février 34. L'affrontement (Fayard, 752 pages, 34 €). Grâce à la mobilisation de nombreuses archives, le livre replace la manifestation du 6 février dans une plus large séquence.

Présentation du livre par l'éditeur

Le spectre des années trente plane sur la France d’aujourd’hui. Des mobilisations de masse récentes comme les gilets jaunes ont ravivé la mémoire de l’émeute sanglante du 6 février 1934, largement assimilée à une tentative de coup de force fasciste des ligues. La réalité fut bien plus complexe.

Olivier Dard et Jean Philippet s’appuient sur un dépouillement systématique des sources pour replacer cette journée au cœur d’une séquence de deux ans, de « l’hiver du malaise » de 1932-1933 à l’échec de « l’union nationale » autour de Doumergue à l’automne 1934. Ils racontent au plus près du terrain, entre Paris et la province, l’affaire Stavisky et ses multiples rebondissements, les coulisses et le déroulement de la manifestation meurtrière du 6 février, de même que ses répliques, tout aussi violentes, des 7 et 9 ainsi que du 12, marqué par une grève générale.

En examinant les multiples acteurs de ces journées – membres des ligues, communistes, forces de l’ordre ou simples passants –, cette somme propose une lecture renouvelée du 6 février 1934, par-delà les mythes et les récupérations.

Les auteurs

Professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne Université [et non plus La Sorbonne pour épouser l'ordre anglais des mots : Sorbonne University], Olivier Dard est un spécialiste d’histoire politique et tout particulièrement des années trente. Outre une synthèse sur le sujet (Les années trente. Le choix impossible, LGF/Le Livre de poche, 1999) et une étude sur Le rendez-vous manqué des relèves des années 30 (PUF, 2002), il a notamment publié des biographies consacrées à Bertrand de Jouvenel (Perrin, 2008) et à Charles Maurras. Le nationaliste intégral (Dunod/Poche, 2023).

Docteur en histoire de Sciences Po, Jean Philippet est chercheur indépendant après une carrière de conseiller parlementaire dans les deux Chambres. Sa thèse « Le temps des ligues. Pierre Taittinger et les Jeunesses Patriotes » fait autorité sur le sujet.

Février 1934,
L'Affrontement,
par Olivier Dard et Jean Philippet,
paru chez Fayard
à Paris,
le 24 janvier 2024,
752 pp.,
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2213655260