mercredi 21 février 2024

« Le monopole d’État sur l’éducation n’est pas dans l’esprit des Lumières »

Ancien professeur à l’ESCP et maître de conférences à HEC, Philippe Nemo est l’auteur de Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ?  (Grasset) et du Chaos pédagogique (Albin Michel). Il revient ici sur la longue histoire des combats pour la libéralisation de l'école.  Philippe Nemo, ci-dessus, a traduit et préfacé l’année dernière le livre important du philosophe Enzo Di Nuoscio, Pourquoi les humanités sauveront la démocratie (Éditions PUF).


— De quoi l’affaire Stanislas est-elle révélatrice ?


— La campagne menée contre Stanislas, visiblement concertée, est un déchaînement de haine contre le christianisme, la bourgeoisie, l’excellence, la liberté. Je suis assez âgé pour avoir été témoin de cent autres éruptions du même genre, qui sont retombées ensuite du fait de leur inconsistance. L’épisode ne m’inquiète donc pas. Mais il est une occasion de reposer le problème des structures de l’éducation en France. Nous savons, grâce à Mediapart, que l’Inspection générale chargée d’enquêter sur Stanislas a écrit qu’elle « ne confirme pas les faits d’homophobie, de sexisme et d’autoritarisme mis en avant par les articles de presse », tout en ajoutant que « la culture de l’établissement, “l’esprit Stan”, peut favoriser de telles dérives ». Voilà donc que l’État voit d’un mauvais œil, non des contraventions réelles à des règles juridiques, mais des intentions supputées. Il sonde les cœurs et les reins, comme jadis l’Inquisition. L’école Stanislas sent le fagot. on voit que, dans cette affaire, les plus « catholiques » ne sont pas ceux qu’on croit. En tout cas, cet exemple où l’État s’en prend directement à l’esprit (le mot est écrit) montre bien qu’il prétend exercer un pouvoir spirituel, être une Église.

— Qu’entendez-vous par « pouvoir spirituel » ?


— C’est la faculté de discerner le vrai du faux, le bien du mal, le beau du laid. L’État ne peut prétendre à aucun titre détenir un tel pouvoir, pressé qu’il est par des responsabilités pratiques urgentes, qui l’empêchent de cultiver pour lui-même ces idéaux de l’esprit. C’est là l’office de pouvoirs spirituels détachés, jadis l’Église, aujourd’hui encore en partie les Églises, mais aussi les scientifiques, les intellectuels, les artistes, la presse, les think tanks, en fait toute la société civile. Or en France, du fait du monopole qu’il exerce sur l’école, l’État détient ce pouvoir spirituel simultanément à son pouvoir temporel. Il prétend dire ce qu’il faut enseigner et comment l’enseigner. Par la voix des inspecteurs généraux, il énonce que ne pas vouloir enseigner la sexualité à Stanislas de la manière souhaitée par l’idéologie LGBTQ+ est « mal », que c’est une « dérive ». Qu’est fini le temps où on accusait les éducateurs d’attenter aux bonnes mœurs, qu’en notre temps il faut condamner ceux qui refusent d’y attenter. Cette confusion des pouvoirs spirituel et temporel est le propre des sociétés totalitaires. Au contraire, dans toutes les démocraties libérales, les deux pouvoirs sont séparés.

—Pourquoi en va-t-il autrement en France ?


— C’est un héritage de notre histoire récente. Le monopole de l’État sur l’éducation n’est nullement un « droit régalien » ancien. Il a été établi par Napoléon en 1806. Auparavant, l’éducation était faite ou contrôlée par l’Église. La Révolution a été partagée à ce sujet : seuls les Jacobins voulaient une éducation monopolistique d’État. Quand la Terreur prit fin, la Constitution de l’an III affirma la liberté d’enseignement, conforme aux idées des Lumières. Les hommes des Lumières avaient promu la liberté de resont cherche scientifique et l’esprit critique ; ils n’avaient certes pas combattu le dogmatisme de l’Église pour applaudir à la mise en place d’un nouveau dogmatisme d’État. Tout ce qui était libéral en France au XIXe siècle contesta donc le monopole napoléonien, qui fut aboli par trois lois, celle de Guizot (1833) libérant le primaire, la fameuse loi Falloux (1850) le secondaire, la loi Dupanloup-Laboulaye (1875) le supérieur (d’où la création des universités catholiques de Paris, Lille, Lyon, Angers, Toulouse). Mais, quand les républicains obtinrent le pouvoir complet en 1879, ils voulurent réutiliser et durcir le monopole napoléonien parce que c’était un outil bien commode pour terrasser l’Église. Cependant, Jules Ferry vit très bien qu’il y avait un grave danger à placer pouvoirs spirituel et temporel dans les mêmes mains. Il crut résoudre le problème en instituant des conseils, des commissions, des jurys « souverains » qui proposeraient des programmes et nommeraient les professeurs. Il crut ainsi pouvoir scinder le pouvoir d’État en deux pouvoirs, l’un gouvernemental, l’autre scientifique, chargés respectivement de l’intendance et des choses de l’esprit.

Donc, tout était pour le mieux ? Hélas non, car des forces partisanes s’emparèrent très vite de l’enseignement public. Elles étaient animées, depuis leurs origines, par un profond mouvement néomillénariste, très proche, dans sa structure, de la religion judéo-chrétienne qu’elles combattaient. Elles avaient donc un dogme. Peu de temps après, quand elles devinrent marxistes, leur philosophie de l’histoire les persuada qu’elles savaient très bien ce que le vrai et le faux, le bien et le mal et qu’elles n’avaient pas à attendre ces connaissances d’une pratique modeste, progressive, collective et critique de la science. Dès lors, le pluralisme disparut de l’Éducation nationale. L’État républicain, qui s’était attribué un monopole scolaire déjà contestable en lui-même, se laissa déposséder de ce monopole par lesdites forces partisanes. Et ce sont elles, non l’État démocratique, qui persécutent aujourd’hui les écoles privées sous contrat et hors contrat coupables de ne pas partager leur idéologie.

— Comment pourrait-on séparer à nouveau les pouvoirs spirituel et temporel dans l’éducation ?

En développant le pluralisme scolaire. Je crois qu’on peut poser les principes suivants. D’une part, l’école doit être libre, si l’on veut échapper à la tyrannie des nouveaux Torquemada. Mais, d’autre part, elle ne doit pas être abandonnée au pur marché, car il y a des motifs impérieux pour que l’éducation, qui profite à toute la société, soit financée et contrôlée en partie par la puissance publique. Or il existe un moyen bien simple de concilier ces deux exigences : c’est de découpler financement et prestation. On peut parfaitement avoir un financement collectif de l’éducation, ou du moins de l’éducation générale de base, et une prestation du service éducatif par une pluralité d’acteurs libres et concurrentiels. Cette formule peut se décliner de différentes façons. On peut financer les familles par des « bons » (vouchers) éducatifs apportés ensuite aux établissements qu’elles choisissent. On peut aussi, et cela est sans doute plus réaliste, financer des établissements qui, dès lors qu’ils satisfont à un certain cahier des charges, auront le droit de définir eux-mêmes leur pédagogie et leurs programmes, c’est-à-dire leur « esprit ». C’est ce qui se fait déjà en partie en France, bien imparfaitement, avec les contrats d’association : l’État finance des établissements privés tout en reconnaissant leur « caractère propre ». Ce principe peut et doit être généralisé.

Source : Le Figaro Magazine


Le Figaro Magazine



Histoire — Un papyrus carbonisé d’Herculanum partiellement déchiffré

Les quelque 800 manuscrits de la villa de Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, beau-père de Jules César, forment l'unique bibliothèque du monde antique qui nous soit parvenue, mais dans un état illisible. Peut-être plus pour très longtemps...

Un des rouleaux carbonisés
 

Trois chercheurs ont remporté lundi un prix de 700 000 dollars pour avoir réussi à déchiffrer grâce à l’intelligence artificielle une petite partie de rouleaux manuscrits vieux de près de 2000 ans et gravement endommagés par l’éruption du Vésuve en 79 après J.C.

Les papyrus d’Herculanum consistent en quelque 800 rouleaux, selon les organisateurs du concours, carbonisés lors de cette éruption qui a enseveli Pompéi et Herculanum.

Ressemblant à des bûches calcinées et conservés à l’Institut de France à Paris et à la Bibliothèque nationale à Naples, les rouleaux s’effritent et sont facilement endommagés lorsque l’on tente de les dérouler.

Le concours, nommé « Vesuvius Challenge » a été créé par Brent Seales, un chercheur en informatique à l’université du Kentucky aux Etats-Unis, et Nat Friedman, fondateur de la plateforme Github, détenue désormais par Microsoft.

Les organisateurs avaient réalisé au préalable des scans de quatre rouleaux et offraient une récompense totale d’un million de dollars pour qui déchiffrerait au moins 85% de quatre passages de 140 caractères.

Le trio récompensé par le « Vesuvius Challenge » est composé de Youssef Nader, un doctorant à Berlin, Luke Farritor, un étudiant et stagiaire de SpaceX originaire du Nebraska aux Etats-Unis, et Julian Schilliger, un étudiant suisse en robotique.

Ils ont notamment utilisé l’intelligence artificielle pour distinguer l’encre du papyrus et ont déterminé la nature des caractères grecs en détectant les répétitions.

Grâce à cette technique, Luke Farritor avait déchiffré le premier mot d’un passage, le mot grec pour violet.

Unissant leurs efforts, ils ont désormais déchiffré environ 5% d’un rouleau, selon les organisateurs. Selon Nat Friedman, son auteur serait « probablement le philosophe épicurien Philodemus », écrivant « à propos de nourriture, de musique, et de comment profiter des plaisirs de la vie ».

Certains historiens estiment que ces documents ont appartenu un temps à Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, père de Calpurnia, l’une des épouses de Jules César. La « villa des papyrus », où ont été retrouvés au 18e siècle les rouleaux, est toujours en majorité enfouie et pourrait contenir plusieurs milliers d’autres manuscrits.

« Certains de ces textes pourraient complètement réécrire l’histoire de périodes clés du monde antique », a estimé Robert Fowler, chercheur en études classiques et président de la Herculaneum Society, auprès du magazine Bloomberg Businessweek.

Le déchiffrage de ces textes pourrait en effet représenter une percée majeure: selon un inventaire de l’université de Californie à Irvine, seuls 3 à 5% des textes de grec ancien auraient survécu jusqu’à l’ère moderne.

Déchiffrage par AI

En octobre 2023, dans le cadre d'un concours international, le Vesuvius Challenge, auquel participent plus de 1 200 équipes, des experts en informatique ayant mis au point un programme d'intelligence artificielle pour repérer les traces d'encre ont réussi à faire apparaître dans un rouleau carbonisé quatre colonnes de texte et à déchiffrer le mot πορφυρας. On peut dès lors envisager de rapides progrès dans le déchiffrage des quelque 500 rouleaux encore jamais ouverts.

Le mot πορφύρας à la deuxième ligne (c'est le mot grec pour pourpre d'où porphyre)

Le 5 février 2024, le site du "Vesuvius Challenge" annonce les trois gagnants du grand prix 2023. Travaillant en équipe, Youssef Nader, Luke Farritor et Julian Schilliger ont réussi à récupérer 4 passages de 140 caractères chacun, avec au moins 85% des caractères déchiffrables. Leur contribution contenait également 11 colonnes supplémentaires, pour plus de 2000 caractères au total.

Les papyrologues de ce projet avaient pu à cette date lire 5% du premier rouleau. Ils ont pu affirmer qu'il contient un texte inédit de l'Antiquité. Il s'agit fort probablement d'un texte de Philodème de Gadara, de l'école épicurienne, dont on pense qu'il était le philosophe résident de la villa et travaillait dans la petite bibliothèque où ont été trouvés les rouleaux. L'auteur pourrait aussi être Métrodore de Scepsis ou Démétrios Lacon. Le sujet général du texte est le plaisir. Dans ces deux extraits de deux colonnes consécutives du rouleau, l'auteur se demande si et comment la disponibilité des biens, tels que la nourriture, peut affecter le plaisir qu'ils procurent.

Le projet annonce dans la foulée son nouveau concours 2024, dont le but est de déchiffrer 90% des quatre rouleaux déjà scannés par leurs soins, et ainsi de poser les bases nécessaires au déchiffrement de l'ensemble des 800 rouleaux. Le problème principal étant la segmentation - le processus initial consistant à "séparer" les feuilles sur la numérisation en 3D du papyrus - qui reste pour le moment une étape principalement manuelle et donc très couteuse. À environ 100$ le centimètre carré, il en coûterait plusieurs centaines de millions voire des milliards de dollars pour déchiffrer tous les rouleaux. La mise au point du processus d'auto-segmentation sera donc primordiale pour la suite de ce projet.

Un couple affirme que l'Indiana leur a retiré leur fils parce qu'ils refusaient d'utiliser les pronoms qu'il préférait

Un mari et une femme catholiques de l’Indiana demandent à la Cour suprême d’entendre leur cause après que le gouvernement de l’État leur a retiré leur enfant après qu’il a commencé à se dire « transgenre ».

Mary et Jeremy Cox ont refusé d’accepter l’identité féminine autoproclamée de leur fils en 2019, préférant suivre une thérapie pour traiter ce qu’ils considéraient comme des problèmes de santé mentale sous-jacents.

En 2021, le gouvernement de l’Indiana a commencé à enquêter sur la famille Cox après avoir appris qu’elle refusait d’appeler son fils par l’identité qu’il avait choisie. Les autorités ont ensuite retiré leur fils de leur foyer et l’ont placé dans un autre foyer qui « reconnaissait » les convictions transgenres de l’enfant.

Le gouvernement de l’État a ensuite abandonné les accusations de maltraitance à l’encontre du couple, tout en soutenant que le « désaccord sur l’identité de genre » était pénible pour l’enfant et contribuait à un trouble de l’alimentation permanent. Des décisions judiciaires ultérieures ont confirmé la décision de ne pas confier la garde de l’enfant aux Cox.

Jeudi dernier, le Becket Fund for Religious Liberty a annoncé que Mary et Jeremy Cox avaient déposé une requête auprès de la Cour suprême, demandant à cette dernière de « tenir l’État pour responsable de son refus de leur confier la garde de leur enfant ».

« C’est ce que tous les parents craignent. Nous aimons notre fils et nous voulions nous occuper de lui, mais l’État de l’Indiana nous a privés de cette possibilité en le retirant de notre foyer et en nous interdisant de lui parler de son sexe », ont déclaré les parents dans le communiqué. 

« Nous espérons que les juges se saisiront de notre cas et éviteront à d’autres parents d’avoir à endurer le cauchemar que nous avons vécu. » 

Dans leur requête, les requérants notent que l’Indiana « a jugé les parents aptes, mais a tout de même retiré l’enfant en raison d’un différend idéologique ».

« Bien que l’Indiana ait estimé que toutes les allégations d’abus et de négligence étaient sans fondement, il a refusé de renvoyer [l’enfant] chez lui, substituant le jugement de l’État à celui de parents reconnus aptes », peut-on lire dans la requête.

« Si cela peut se produire dans l’Indiana, cela peut se produire n’importe où », a déclaré Lori Windham, vice-présidente et avocate principale de Becket, dans le communiqué de presse de l’association. « Arracher un enfant à des parents aimants en raison de leurs croyances religieuses, qui sont partagées par des millions d’Américains, est un outrage à la loi, aux droits parentaux et à la décence humaine élémentaire. »

« Si la Cour suprême ne se saisit pas de cette affaire, combien de fois cela arrivera-t-il à d’autres familles ? » L’association a qualifié le litige d’« importance nationale », soutenant que les actions de l’Indiana sont en conflit avec les précédents de la Cour suprême en matière de liberté d’expression et de liberté religieuse.

« Dans ce contexte difficile, où la vie de vrais enfants et de vraies familles est en jeu, la Cour devrait faire droit à cette requête et confirmer ses précédents sur le droit des parents en bonne santé à la garde de leurs enfants », indique le document.

Sources : National Catholic Register, Fox News, New York Post

Nouvelle étude : la dysphorie de genre chez les ados ne les expose pas en soi à un risque plus élevé de suicide

Une nouvelle étude remet en question l’affirmation commune selon laquelle les jeunes dysphoriques sont exposés à un risque élevé de suicide s’ils ne sont pas traités par des interventions médicales « d’affirmation du genre ». Si c’est vrai, cela devrait avoir un impact sismique sur l’approche médicale acceptée pour les jeunes qui disent souffrir de confusion sexuelle.

Publiée dans le British Medical Journal (BMJ), l’étude examine les données d’une cohorte d’adolescents finlandais orientés vers des services spécialisés dans l’identité de genre (le « groupe orienté ») entre 1996 et 2019, et compare leurs taux de mortalité toutes causes confondues et de suicide à ceux d’un groupe témoin. Bien que les taux de suicide dans le groupe orienté étudié soient plus élevés que dans le groupe de contrôle, la différence n’est pas importante : 0,3 % contre 0,1 %. Et surtout, cette différence disparaissait lorsque les deux groupes étaient contrôlés pour les problèmes de santé mentale suffisamment graves pour nécessiter l’aide d’un spécialiste en psychiatrie.

En d’autres termes, si l’identité transgenre semble être associée à un risque élevé de suicide, le lien n’est pas très fort. Qui plus est, le lien de causalité n’est peut-être pas celui qu’affirment les activistes.

L’association entre la dysphorie de genre et la maladie mentale est bien documentée par les prestataires de « soins d’affirmation du genre » et les groupes de défense des transgenres, ainsi que par la recherche en psychologie clinique. Mais une affirmation moins bien étayée, fondée sur cette association, est que ces difficultés sont causées non pas par le fait d’être transgenre, mais par la stigmatisation politique et sociale qui y est associée. On veut nous faire croire que la dysphorie de genre n’est pas en soi un problème de santé mentale. Ce qui causerait les problèmes de santé mentale chez les jeunes transgenres — jusqu’au suicide — serait le rejet par le monde entier de leur identité et du cadre métaphysique de « l’identité de genre » en tant que telle.

C’est là l’origine de l’affirmation maintes fois répétée dans les médias sociaux selon laquelle quiconque émet des doutes sur l’identité transgenre, même de façon modérée, est complice d’un « génocide transgenre ». L’affirmation selon laquelle la remise en question ou la non-acceptation de l’identité de genre (l’invalidation dans le jargon) des jeunes transgenres les pousse à se suicider est également à l’origine de la question rhétorique couramment utilisée pour intimider les parents afin qu’ils consentent à une transition sociale et médicale pour leur progéniture dont le genre est confondu : « Préférez-vous avoir une fille vivante ou un fils mort ? »

Elle est à l’origine de l’interdiction de la « thérapie de conversion trans » déjà en vigueur dans plusieurs pays comme le Canada et promise par le parti travailliste en Angleterre. Ces mesures interdisent aux thérapeutes d’examiner avec leurs clients s’il existe un lien entre leur dysphorie de genre et, par exemple, un traumatisme de la vie ou d’autres problèmes de santé mentale. En effet, si la cause de la détresse et du suicide des personnes transgenres est qu’elles ne sont pas acceptées pour ce qu’elles sont, tout thérapeute qui cherche à explorer les liens entre la dysphorie de genre et d’autres problèmes biographiques ou psychiatriques est complice de ce type de non-acceptation et, par conséquent, n’aide pas son client, mais lui fait du tort.

Mais comme l’indique l’étude : « La dysphorie de genre clinique ne semble pas être un facteur prédictif de la mortalité toutes causes confondues ou de la mortalité par suicide lorsque les antécédents de traitement psychiatrique sont pris en compte ». Ce qui prédit le risque dans cette population, c’est plutôt la « morbidité psychiatrique ». Et contrairement à ce qu’affirment les activistes, la transition ne contribue en rien à la réduire : « Le changement de sexe médical n’a pas d’impact sur le risque de suicide. »

Personne ne veut être complice du fait de pousser un jeune sur cette voie. C’est pourquoi la suggestion que remettre en question les croyances d’une personne en matière de genre peut entraîner le suicide constitue un argument émotionnel de taille. Mais si l’étude finlandaise est correcte, tout cet édifice rhétorique, législatif et médical semble reposer sur du sable. Si le risque élevé de suicide chez les jeunes transgenres disparaît lorsque l’on contrôle les autres difficultés psychiatriques, cela suggère fortement que les jeunes transgenres ne sont pas plus à risque en raison de la transphobie ou de l’invalidation, mais en raison du fait bien documenté que la dysphorie de genre a tendance à se produire chez les personnes qui sont perturbées et malheureuses de manière plus générale.

Il devrait en découler que la façon de gérer le risque de suicide chez les jeunes qui se disent trans n’est pas « d’affirmer » leur identité de genre et de les soumettre à des interventions médicales, mais de surveiller et de traiter les comorbidités psychiatriques. En fin de compte, les revendications de l’idéologie du genre sont moins scientifiques que métaphysiques. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que les preuves scientifiques qui contredisent les prescriptions de l’idéologie du genre aient beaucoup d’impact sur les défenseurs des transgenres. Même si le fait de « suivre la science » ferait une réelle différence dans le risque de suicide chez les jeunes dysphoriques de genre.

Source 

Voir aussi 

Aucune étude fondée sur les preuves démontre le bénéice d’affirmer la transition de genre d’un mineur sur l’argument du risque suicidaire

Démystifier les mythes diversitaires sur le sexe et l'identité de genre

Suicide : déclin mondial mais augmentation chez les blancs américains 

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s'identifier comme transgenres ?

À la lumière de six études, Remafedi trouve que le suicide chez les jeunes homosexuels s’explique peu par l’homophobie, mais davantage par la prostitution, la famille désunie, l’agression sexuelle en bas âge, les peines d’amour et l’étiquetage prématuré de l’orientation sexuelle.

 

mardi 20 février 2024

Québec — Doublement de la population qui travaille principalement en anglais en 12 ans

Québec : 

  • « la population travaillant principalement en anglais serait donc passée de 653 918 en 2011 à 922 044 en 2023, soit une augmentation d’environ 41 % ».
  • En 2021, 33,4 % de l’immigration temporaire était incapable de soutenir une conversation en français, soit 60 635 personnes de 15 ans et plus.
  • De 2021 à 2023, la population non permanente qui ne connaissait pas le français aurait pratiquement triplé.
  • La population totale qui ne connaît pas le français aurait crû d’environ 52 % depuis 2011. 
  • La proportion de la population québécoise incapable de soutenir une conversation en français aurait atteint environ 7,2 % en 2023, comparativement à 5,6 % en 2016.


lundi 19 février 2024

Le « lait humain », aussi bon que le lait maternel ?

Une lettre du directeur médical de l’University Hospitals Sussex NHS Foundation Trust, qui a fait l’objet d’une fuite, décrit le lait hormoné d’hommes qui se disent femmes transgenres et le lait de femmes biologiques comme du « lait humain », et affirme qu’ils constituent tous deux, et à proportion égale, « un aliment idéal pour les nourrissons ».

La lettre où ces indications apparaissent a été envoyée au nom du directeur général de l’établissement en réponse à la plainte d’un groupe militant concernant les politiques de l’établissement en matière d’égalité des sexes, rapporte le Daily Mail.

Selon le directeur médical, « il existe des preuves claires et sans équivoque que le lait humain est un aliment idéal pour les nourrissons », faisant ainsi référence à la fois au lait maternel et à la « lactation induite » chez des hommes qui se disent femmes. Il défend également le terme de « lait humain » « censé être neutre » et qui « n’est pas sexiste ».

Des études scientifiques ?


Pour étayer son propos, le directeur mentionne une étude scientifique de cinq mois réalisée en 2022. Cette recherche a mesuré « les concentrations de testostérone dans le lait des nourrissons » et n’a identifié « aucun effet secondaire observable chez les bébés » nourris par des hommes qui se disent femmes transgenres.

Contrairement à ces affirmations, des experts déplorent que le manque d’études empêche de tirer des conclusions sur d’éventuels effets secondaires de la lactation induite. « Il y a eu très peu de publications et la grande majorité d’entre elles n’ont pas examiné ce qui se trouve dans le lait lui-même. »

Des nourrissons « cobayes » ?

« Les bébés ne peuvent pas servir de cobayes pour le choix de vie de quelqu’un », dénonce la députée travailliste Rosie Duffield. En outre, elle estime que « l’utilisation par le NHS Trust du terme “lait humain” pour désigner le lait des mères et des femmes transgenres risque d’effacer les femmes ».

Le University Hospitals Sussex Trust est membre du programme « Diversity Champions » de Stonewall. Il a admis que sa politique découlait des conseils d’« organisations externes », mais a refusé de préciser lesquelles (cf. Des militants trans dans un groupe de travail de la HAS ?).

En 2018 déjà, des doses massives et très peu de lait

En 2018 déjà, six ans de traitement féminisant et 3 mois d’hormones à haute dose avaient permis à un homme qui se dit femme (une femme transgenre dans le jargon) d’allaiter six semaines le bébé de sa compagne.

« Ce cas montre que, dans certaines circonstances, une lactation modeste, mais fonctionnelle peut concerner les femmes transgenres », affirment les auteurs d’une étude parue dans le dernier numéro de la revue Transgender Health [1]. La « femme » — née homme — a pris un traitement à base d’estradiol et de progestérone pendant les trois derniers mois de grossesse, couplé à la dompéridone, qui augmente la quantité de lait, et à un usage intensif du tire-lait pour stimuler. La montée de lait n’a permis d’allaiter exclusivement le bébé que pendant six semaines, les biberons ont alors pallié l’insuffisance.

 « Il faut vraiment qu’elle ait pris de grosses doses pour avoir des montées de lait », s’étonnait la Dr Sandrine Brambilla, endocrinologue à Paris, « prendre des hormones en si grosse quantité est loin d’être anodin ».

Si l’enfant a grandi normalement et est en bonne santé, les chercheurs ajoutent tout de même qu’il faudrait faire une étude pour vérifier les apports nutritifs d’un lait « maternel » obtenu avec de tels traitements.

Dompéridone interdite aux États-Unis

La dompéridone est interdite aux États-Unis en raison des problèmes cardiaques qu’elle pourrait provoquer.

Le NHS le propose parfois aux femmes qui allaitent et qui ont du mal à produire du lait, à condition que ni la mère ni le bébé n’aient de problèmes cardiaques, et avec des instructions claires pour signaler tout changement dans le comportement du bébé.

En outre, on ne sait pas du tout ce que contient le « lait » d’un homme qui se dit femme transgenre. Étant donné que ces hommes sont susceptibles de prendre d’autres médicaments sur ordonnance dans le cadre de leur transition, tels que des anti-androgènes pour réduire leur production de testostérone, ainsi que des estrogènes et de la progestérone pour les aider à donner une apparence moins « masculine », les critiques affirment que le lait est potentiellement dangereux pour un nouveau-né, ou qu’il devrait à tout le moins faire l’objet de tests rigoureux.

Les féministes marmonnent qu’il y a encore deux poids deux mesures de la part de l’establishment médical — après tout, on dit aux femmes d’éviter l’aspirine pendant l’allaitement et de s’abstenir même de boire un verre de vin, car personne ne sait quelle quantité de produit passe dans le lait.
 
Les accusations de transphobie étouffent le débat et la recherche

« Nous ne disposons tout simplement pas d’études », a déclaré au Daily Mail la professeur Jenny Gamble, spécialiste des sages-femmes à l’université de Coventry.

En fin de compte, nous devons déplacer le centre de la question et nous demander pourquoi cette pratique a lieu en premier lieu. Quels sont les avantages pour le bébé ou la mère biologique ?

Cependant, à l’instar d’une grande partie du débat sur les questions transgenres, il est plus difficile qu’il n’y paraît de soulever ces questions. Pourtant, comme les personnes qui émettent des doutes sur le fait que des hommes se faisant appeler femmes transgenres induisent la lactation sont immédiatement accusées de transphobie, il est presque impossible de trouver des experts disposés à s’exprimer sur la question.

Plusieurs d’entre eux ont déclaré au Daily Mail : « Je ne peux pas associer mon nom à cette affaire, cela pourrait me coûter mon inscription ».

De nombreux professionnels de l’allaitement ont déjà été menacés de mesures disciplinaires ou éjectés de groupes de médias sociaux pour avoir exprimé leurs préoccupations.

Un grand nombre d’entre eux appartiennent à des groupes WhatsApp ou Facebook secrets, mais ne peuvent pas exprimer publiquement leur point de vue. « Si je suis expulsée de mon organisation, ce sont finalement les mères et leurs bébés qui en pâtiront », m’a dit l’une d’entre elles. Pour l’instant, je dois donc garder le silence.

Le lait maternel, une substance vivante

Ce que de nombreux experts disent en privé semble toutefois tout à fait incontestable pour la plupart d’entre nous : le lait maternel féminin est une substance biologique miraculeuse dont les propriétés ne peuvent être reproduites par l’équivalent masculin.

Après tout, le lait maternel est une substance « vivante » qui s’adapte aux besoins du bébé avec une précision remarquable.

Beaucoup d’entre nous connaissent le colostrum, « l’or liquide » produit dans les premiers jours de l’allaitement. Il contient des anticorps, des antioxydants, des vitamines et des nutriments en quantités bien plus importantes que le lait maternel.

La production de colostrum n’a jamais été observée chez les hommes.

Environ trois jours après la naissance, le lait de la femme « monte », mais change constamment pendant environ deux semaines, jusqu’à ce qu’il s’établisse en tant que lait maternel mature.

Ensuite, il continue à se modifier, souvent de manière très subtile, en fonction des besoins du bébé.

Si le bébé tète pendant une courte période, il reçoit un lait plus aqueux et désaltérant, connu sous le nom de premier lait. S’il continue à téter, il recevra du lait de fin de tétée, plus riche et plus calorique.

Le lait maternel évolue également au fur et à mesure que le bébé grandit, s’adaptant parfaitement à son âge et à son développement. Le lait des prématurés est spécifiquement plus riche en graisses, en calories et en protéines, tandis que le lait des bébés plus âgés est plus abondant en substances qui renforcent l’immunité.

En fait, nous découvrons constamment des façons étonnantes dont ce liquide remarquable sert le nouveau-né.

Lorsqu’une mère embrasse son bébé, par exemple, elle prélève des agents pathogènes sur son visage, qui se déplacent ensuite vers son système lymphatique et provoquent la création d’anticorps, que le bébé reçoit par l’intermédiaire de son lait.

On pense également qu’il existe une boucle de rétroaction complexe entre la salive du bébé et le mamelon de la mère, qui « informe » le sein des besoins du bébé en matière de santé, provoquant à nouveau une augmentation des anticorps en cas de virus, par exemple.

Le lait produit par les femmes est une usine à système immunitaire en temps réel. Rien ne prouve que la lactation induite chez les hommes puisse avoir l’un ou l’autre de ces effets.

Pénurie de moyens pour aider les femmes à allaiter, détournés par la cause trans ?

Bien entendu, il n’est pas toujours facile pour les nouvelles mères d’allaiter. Pourtant, l’aide du NHS et des organisations indépendantes est déjà très limitée, et de nombreux professionnels me disent qu’ils sont déconcertés et exaspérés par les ressources consacrées à la promotion de l’idée que les hommes essaient d’allaiter alors que tant de femmes luttent pour trouver un soutien adéquat. L’association La Leche League, qui milite pour l’allaitement, consacre par exemple un long espace à cette question sur son site web.

« Environ 85 % des mères commencent à allaiter au Royaume-Uni, mais ce chiffre chute d’environ 50 % au cours des six premières semaines, et neuf sur dix disent qu’elles ne voulaient pas arrêter, mais qu’elles ne trouvaient pas l’aide nécessaire », a dit au Daily Mail une femme qui ne souhaite pas être nommée, mais qui est impliquée dans l’éducation à l’allaitement.

Nous devrions nous efforcer de faire évoluer ces chiffres plutôt que détourner des moyens pour que des hommes allaitent.

Narcissisme ?

Une grande partie des discussions autour de l’allaitement par les hommes qui se disent femmes transgenres porte sur comment le rendre possible, sur la nature exacte du liquide et sur la question de savoir si c’est sûr ou non.

Ces questions sont toutes intéressantes, mais elles n’abordent pas le véritable problème : pourquoi est-ce nécessaire ?

Les femmes transgenres affirment que l’expérience de l’allaitement est une « affirmation de genre ». En d’autres termes, elles se sentent plus « féminines ». Mais « affirmer » les sentiments d’un adulte n’est pas la raison d’être de l’allaitement. Il s’agit d’abord d’alimenter un nourrisson le mieux possible.

[1] http://online.liebertpub.com/doi/full/10.1089/trgh.2017.0044

Source : Daily Mail

Évolution démographique de la France (1800-2021) et quelques autres pays





dimanche 18 février 2024

Méta-analyse : les traumavertissements n'ont aucun bénéfice et peuvent même susciter un malaise accru par anticipation

Une méta-analyse (25 études, plus de 7 000 participants) conclut que les avertissements de déclencheurs (traumavertissement) mettent les gens mal à l’aise et n’ont aucun effet bénéfique. Ces résultats suggèrent que ces mises en garde ne devraient pas être utilisées comme un outil de santé mentale.

Les traumavertissements, les avertissements de contenu ou les notes de contenu sont des alertes concernant un contenu à venir qui pourrait contenir des thèmes liés à des expériences négatives passées chez les personnes vulnérables ou qui pensent l’être.


Les partisans de ces avertissements affirment qu’ils aident les gens à se préparer émotionnellement à des contenus pénibles ou à les éviter complètement. Ses détracteurs affirment que les avertissements contribuent à une culture de l’évitement qui va à l’encontre des pratiques de traitement fondées sur des données probantes et qu’ils suscitent la peur face au contenu à venir. Un ensemble de recherches psychologiques a récemment commencé à examiner empiriquement ces affirmations.

Les résultats d’une méta-analyse de toutes les études empiriques sur les effets de ces avertissements constatent que les avertissements n’avaient aucun effet sur les réactions affectives aux contenus négatifs ou sur les résultats scolaires. Cependant, les avertissements augmentent de manière fiable les émotions anticipées. Les résultats concernant l’évitement sont mitigés, suggérant soit que les avertissements n’ont aucun effet sur l’engagement vis-à-vis du matériel, soit qu’ils renforcent l’engagement vis-à-vis du matériel négatif dans des circonstances spécifiques. 

Voir aussi
 
 
 

Le président de l'université de Stanford a été démasqué pour falsification de données. Les preuves sont choquantes et il est déprimant de voir que Marc Tessier-Lavigne, ancien éminent neuroscientifique, n'ait pas été sanctionné comme il se doit pour sa faute professionnelle. (Voir les articles qui ont dévoilé ces scandales 1re partie, 2nde partie).

Fraude délibérée aurait plombé deux décennies de recherche sur Alzheimer 

Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode

Une nouvelle étude nous apprend par ailleurs, la même semaine, qu’il n’y aurait aucun lien entre la dépression et la sérotonine. Cette découverte remet en cause l’efficacité de nombreux antidépresseurs.

Comment la science se trompe.... Dans The Economist du 26 octobre, un dossier sur l’évolution du système mondial de recherche scientifique : « How science goes wrong ». On y apprend notamment qu’un nombre important et croissant de publications souffrent de biais statistiques ou défauts méthodologiques qui devraient inciter à la prudence sur les conclusions, quand il ne s’agit pas d’erreurs pures et simples. 

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?  La menace stéréotypée n’expliquerait pas la différence de résultats entre les sexes en mathématiques (suite) 

Mythe : le traitement de l’« hystérie » féminine à l’époque victorienne 

Recherche — Failles dans le mécanisme de relecture par des pairs

Comment publier un article scientifique en 2020 

Reproduction d’études marketing — Jusqu’à présent (2022), seules 3 tentatives de réplication sur 34 (8,8 %) en marketing ont réussi sans ambiguïté.

Religion — Pourquoi le cerveau (de progressistes ?) refuse-t-il de changer d’opinion politique ?

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ? 

Immigration et niveau de vie ne riment pas

 
 
 

samedi 17 février 2024

L'Europe des grandes invasions germaniques

Les cinq leçons des grandes invasions par Michel de Jaeghere

Le temps n’est plus où l’union des Wisigoths, des Burgondes, des Francs et des Gallo-Romains face aux hordes d’Attila, aux champs Catalauniques, était racontée aux enfants des écoles comme le passage de témoin de la civilisation entre les élites de l’Antiquité finissante et les royaumes sur le point de naître de la dislocation de l’Empire romain ; où, la hache levée, Charles Martel apparaissait, dans la galerie des Batailles de Versailles, comme le symbole même de la résistance à l’islam qui avait permis à l’aventure de la France et à l’Europe médiévale de prendre leur envol ; où la conversion des rudes guerriers vikings au christianisme était présentée comme le coup de maître d’une Église qui était parvenue, en les civilisant, à transformer les peuples prédateurs de l’Europe chrétienne en auxiliaires de sa sécurité et en agents de son expansion et de son rayonnement. Le sujet est au contraire de ceux qui suscitent désormais la réserve inquiète des historiens. Soucieux d’éviter à-peu-près et anachronismes, instrumentalisations politiques ou manipulations, dans un contexte où notre continent est devenu la destination et la cible de l’immense vague migratoire venue des pays du tiers-monde, ils répugnent à ce que la question des grandes invasions soit laissée aux spéculations imprudentes d’un public ignorant des mille nuances qui la rendent spécifique, incomparable, irréductible aux trompeuses analogies par quoi chaque époque a tenté d’y trouver des leçons d’énergie ou des incitations à la résignation.

La précaution est légitime, mais décidément vaine. Impossible de convaincre les Français, les Européens, que ce moment où se joua le destin de leurs pères, où il ne parut tenir qu’à un fil que s’achève la grande aventure dont nous sommes issus, où surgit sur les ruines du monde antique l’immense mêlée d’où devait procéder l’Europe moderne et contemporaine, doive être étudié avec le même détachement que la migration du bruant des neiges ou du canard colvert. Car nul épisode ne paraît mieux répondre en réalité à la vocation donnée à l’histoire par Thucydide et Cicéron : aiguiser notre discernement en proposant des exemples qui, à défaut de nous fournir des certitudes (les faits ne se répètent jamais à l’identique), nous permettront de dessiner les grandes lignes d’un avenir incertain.

À la mort de Théodose Ier, en 395, l’Empire romain fut divisé entre ses fils de l’empereur défunt. Des divergences apparurent très vite entre les deux parties, notamment pour la possession de la Dacie et de la Macédoine.

De la vaste histoire de la déferlante des peuples qui provoqua la chute de l’Empire romain d’Occident et secoua le haut Moyen Âge jusqu’aux environs de l’an mille, se dégagent, de fait, au moins cinq leçons.

1. La première est qu’il est vain de croire que puisse subsister éternellement un espace de prospérité, où rayonnent les feux d’une brillante civilisation, entouré de zones d’anarchie et de chaos, où la vie tribale se conjugue avec la misère. L’Empire romain a pu tenir les Germains à distance aussi longtemps qu’ils ont végété comme une insignifiante poussière de peuples ; qu’ils ont conjugué l’atonie démographique à une inconsistance politique qui interdisait à chacune de leurs tribus d’oser affronter sa puissance. Il est entré en crise quand la multiplication des relations entre le monde romain et le Barbaricum — l’emploi de soldats germains comme auxiliaires, la circulation de l’or et des annones qui rétribuaient les mercenaires, les échanges commerciaux avec les provinces frontalières, les commandements accordés à quelques-uns de ses guerriers, l’éducation reçue, parfois, par certains rois barbares — a permis à certains de ses chefs de constituer des fédérations qui atteignaient la taille critique pour percer la frontière en même temps qu’ils faisaient naître, par les prestiges qu’ils avaient fait connaître, une irrésistible force d’attraction sur les peuples qui vivaient dans le sous-développement. Les historiens qui s’efforcent de nier tout caractère tragique à la première vague des invasions (IIIe-Ve siècle) insistent généralement sur l’importance des contacts qui avaient permis aux Germains de découvrir et d’envier le monde romain. Ils estiment que la fascination exercée par l’empire sur les Barbares, que manifeste l’empressement de leurs chefs à en singer les institutions en acceptant les titres de maîtres de la milice, de consuls, de patrices dont les gratifiaient les autorités romaines, disqualifie l’idée d’un choc de civilisations.

C’est passer à côté de l’essentiel. C’est parce qu’ils connaissaient et enviaient ses réalisations que les Barbares ont voulu pénétrer dans le monde romain, fût-ce au prix de la disparition des conditions matérielles et morales qui en avaient permis l’émergence : les échanges à longue distance assurés par la paix romaine et par les voies de communication, qui concouraient à la spécialisation des compétences et à l’émulation ; la richesse de la vie urbaine, qui avait fait de chaque cité — avant qu’elles ne se recroquevillent derrière les murailles qui protégeaient leur centre — un marché pour les produits manufacturés et les productions agri­coles autant qu’un foyer culturel ; la sécurité apportée par un droit qui s’appliquait à tous les hommes libres nés sur le même sol ; la tranquillité assurée par la présence d’une armée de métier aux ordres d’un seul gouvernement. Les Barbares n’entendaient pas tarir les sources de l’opulence du monde romain. Ils ne voulaient que s’emparer de ses richesses. Faute de partager les disciplines qui les avaient fait éclore, ils y mirent fin en même temps qu’ils provoquèrent, chez ceux de leurs congénères qui étaient restés dans le Barbaricum et qui ne bénéficiaient plus, du fait de sa dislocation, des échanges avec le monde romain, un recul du niveau de vie à des conditions proches de celles de la préhistoire. L’Empire romain est mort d’avoir renoncé (faute de moyens démographiques et militaires, faute d’énergie vitale) à coloniser des voisins auxquels il avait fait voir les lumières de sa civilisation sans les mettre en mesure d’être éclairés par elles.

2. La deuxième leçon est que, formidablement adaptée à la conquête et à l’expansion territoriale, la forme de l’empire multinational l’est moins à la défense. Elle permet à un peuple conquérant de puiser dans d’énormes ressources démographiques qui, concentrées en un même point d’attaque, rendent sa force irrésistible, et de financer son effort de guerre par les profits tirés de ses victoires. Elle débouche sur la formation d’une immense frontière qu’il est harassant et ruineux de défendre sans qu’un fort sentiment d’appartenance permette de mobiliser des populations adonnées aux arts de la paix et de bénéficier de leur ardeur patriotique pour sa protection. L’Empire romain avait fini par apparaître à ses habitants comme la forme inévitable, évidente, du gouvernement.

L’attachement qu’il suscitait était moins fondé sur la conviction d’être dépositaire d’un précieux héritage reçu des ancêtres et voué à être préservé et transmis à ses descendants que lié à une manière de vivre que la mise en œuvre des efforts humains et financiers qu’aurait rendue nécessaire sa défense aurait elle-même remise en question.

Les élites foncières et les populations préférèrent, dès lors, s’entendre avec les Barbares que donner leurs vies et leurs biens pour un empire devenu impuissant, et qui ne se manifestait qu’en la personne du collecteur d’impôts.

Il en alla de même face à la conquête arabe du Proche-Orient (où les divisions religieuses firent en outre préférer à certains évêques la domination musulmane à celle d’un empereur professant une foi divergente sur la nature de l’union hypostatique des trois personnes de la sainte Trinité, et devenu, partant, persécuteur de leur communauté), de l’Afrique du Nord et de l’Espagne. Pas plus que les envahisseurs germaniques, les combattants arabes ne représentèrent jamais des masses considérables. Ils s’imposèrent par la violence et obtinrent la soumission de majorités inaptes à prendre en main leur défense. Il en fut probablement ainsi (l’histoire est plus obscure) des Slaves dont les bandes guerrières vainquirent les troupes de l’Empire romain d’Orient : ils ne parvinrent à pérenniser leur domination sur les Balkans qu’en intégrant largement les peuples qu’ils avaient soumis dans leurs propres rangs.

Charlemagne avait reconstitué, par la guerre et par la conquête, une partie significative de l’ancien empire d’Occident. Il avait emmené son aristocratie guerroyer victorieusement en Germanie contre les Saxons et en Pannonie contre le royaume des Avars ; en Italie contre les Lombards ; il avait conduit des expéditions jusqu’en Bohême contre les Slaves, et fini par doubler la superficie du royaume hérité de son père. Ses successeurs se révélèrent pourtant incapables de faire face aux raids de pillage des Vikings, dont les destructions contribuèrent à hâter la dislocation du monde carolingien. Peter Heather a montré (Empires and Barbarians, 2009) que l’incapacité des rois francs à maintenir un système fiscal permettant de financer, comme l’avait fait longtemps l’Empire romain, une armée permanente les avait placés dans la dépendance de leurs grands, qu’ils pouvaient gratifier durant les périodes de conquête en leur donnant leur part de terres et de butin, mais qu’ils n’étaient, sans s’appauvrir eux-mêmes dangereusement en les récompensant avec leurs propres fonds, pas en mesure d’associer à une défense qui ne rapportait rien.

Face aux grandes invasions, le seul exemple significatif et durable de reconquête fut donné en définitive par les petits royaumes chrétiens du nord de la péninsule Ibérique, qui s’appuyèrent sur leur isolement même pour nourrir un sentiment identitaire qui allait, au terme de longs siècles, leur permettre de reprendre possession de l’Espagne et d’en chasser les musulmans.

3. La troisième leçon tient au caractère déterminant, essentiel, que joue la religion pour la définition des relations qui s’établissent, au lendemain d’une conquête, entre populations soumises et conquérants.

En Europe, c’est parce que les Barbares avaient été convertis, avant même leur irruption dans le monde romain, au christianisme (fût-ce sous la forme de l’hérésie arienne) que leur domination ne se traduisit pas par un changement brutal de civilisation spirituelle.

C’est l’Église catholique, maintenue dans ses positions, qui, par son organisation en diocèses, calqués sur les cités qui avaient formé le maillage du monde romain et pris en main par les représentants de l’ancienne aristocratie foncière, assura après la chute de l’empire d’Occident la continuité de l’encadrement des populations et la sauvegarde de son unité morale avec l’émergence progressive du primat du pontife romain ; c’est elle qui en fit survivre la langue et en transmit le patrimoine culturel dans ses évêchés, ses écoles, ses monastères.

C’est la conversion de Clovis au catholicisme romain qui était, dès alors, la religion dominante des populations de la Gaule qui permit, par mariage, la rapide fusion en un seul peuple des Francs et des Gallo-Romains. Il en fut de même au VIe siècle en Espagne wisigothique avec le passage du roi arien Récarède au catholicisme (589), qui ouvrit la voie à l’union des élites barbares avec l’aristocratie ibérique en même temps qu’à la fondation, par l’évêque Isidore de Séville, d’un sentiment patriotique enraciné dans la fidélité à l’héritage romain. C’est encore la conversion au christianisme (912) qui fit du viking Rollon la souche de la dynastie qui devait régner pacifiquement sur la Normandie avant l’Angleterre. C’est la prédication chrétienne de Cyrille et Méthode qui provoqua, par imitation de Byzance, l’émergence des premiers États slaves et leur introduction dans le concert européen, comme c’est sur la propagation de la foi vers l’est que s’appuya l’empereur Otton Ier pour assimiler ses conquêtes et consolider les frontières de l’empire dont il avait entrepris la restauration, ou Étienne de Hongrie pour donner aux Magyars un État national calqué sur le modèle carolingien.

C’est au contraire parce que les cavaliers arabes étaient portés par une religion conquérante, qui semblait leur avoir procuré des succès militaires éclatants en leur permettant de vaincre successivement les Perses et les Romains d’Orient, que leur conquête du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord se traduisit par l’éradication de la civilisation romano-chrétienne, dont ils ne récupérèrent que les savoir-faire matériels (l’art de la construction, les thermes, les jardins, la partie pratique du patrimoine littéraire de l’Antiquité), mais dont ils firent disparaître au profit de l’arabe les langues, tandis que les peuples autochtones étaient sommés de choisir entre la conversion ou la réduction à un statut humiliant, et que les modes de vie et de pensée étaient remodelés à l’aune du Coran.

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4. La quatrième leçon est qu’« il n’est de richesse que d’hommes », selon le mot de Jean Bodin : la cause profonde de l’impuissance de l’Empire romain face aux invasions pourtant limitées des Barbares tient à la faiblesse de sa population (sans doute moins de 25 millions d’habitants au Ve siècle pour l’ensemble de l’empire d’Occident, étendu de l’Angleterre au Maroc et au Rhin [et au Danube jusqu'à Serbie], d’où procéda son incapacité à entretenir et former les armées considérables qui auraient été nécessaires pour défendre son interminable frontière. Les mêmes observations peuvent être faites à l’égard de la submersion des Balkans, dévastés par les guerres et les invasions, lors de la grande migration des Slaves. La terre appartient aux vivants.

5. La cinquième leçon est seule consolante. Elle est que nulle fatalité ne gouverne l’histoire. Celle de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge fut ponctuée par le surgissement de personnalités exceptionnelles, de Stilicon à Bélisaire, d’Aetius à Justinien. Tous n’ont pas obtenu des succès pérennes. Chacun s’est pourtant efforcé, un instant, de suspendre le temps pour faire face à une situation qui semblait promettre leur monde à la disparition. Philosophe néoplatonicien, lettré, diplomate, poète, le jeune Synésios de Cyrène avait suscité en 399, à Constantinople, une révolution de palais d’où avait émergé une violente réaction antigermanique qui avait éloigné de l’empire d’Orient la menace alors imminente d’une rapide submersion. Lui-même avait combattu, les armes à la main, à Cyrène, les incursions des tribus nomades qui harcelaient sa patrie. Il mourut, devenu évêque, adonné aux œuvres de charité tandis que semblait s’écrouler l’Occident. Resserré sur ses terres de vieille implantation hellénique et associant les prestiges de la romanité à la réalité d’un État grec enté sur la profession du christianisme orthodoxe, l’Empire byzantin ferait face, après lui, aux vagues successives des invasions pendant plus de mille ans.


Étude sur la diversité, l'équité et l'inclusion : ce type d'enseignement n'est « pas étayé par des preuves empiriques »

Un rapport universitaire sur l’enseignement en diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) révèle que ce type d’enseignement conduit « à des préjugés plus importants, voire à des préjudices ».

Dans un rapport publié par la Fondation Aristote pour les politiques publiques, David Haskell (photo du 3 octobre 2019 à Toronto) a passé en revue sept études tirées de périodiques scientifiques de premier plan, dont certaines méta-analyses portant sur des centaines d’expériences.

Rien ne prouve que les initiatives en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) réduisent les préjugés, et elles pourraient même les accroître, affirme un professeur canadien qui a examiné des décennies de recherche pour un nouveau rapport.

« Les partisans de l’enseignement de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (DEI) soutiennent hardiment que “ça marche”. En d’autres termes, ils affirment que ces cours sont efficaces et qu’ils permettent de modifier les comportements dans un sens positif. Cette affirmation n’est pas étayée par des preuves empiriques », a déclaré l’auteur de l’étude, David Haskell, professeur à l’université Laurier, dans un communiqué de presse annonçant ses conclusions. « Il existe des preuves empiriques évidentes que certains aspects de ces programmes de DEI entraînent des préjugés plus importants, voire des préjudices ».

 Pour M. Haskell, l’adoption généralisée d’initiatives de DEI sans un examen approfondi de leur efficacité sur le lieu de travail est tout aussi préoccupante.

« L’enseignement de la DEI est désormais solidement ancré à tous les niveaux de notre système éducatif, de la maternelle à l’université », a déclaré M. Haskell.  « Les concepts fondamentaux de l’enseignement, tels que le “privilège blanc” et les “préjugés implicites”, sont présentés comme des vérités établies. Mais la recherche montre que ces concepts ne sont pas ancrés dans des preuves empiriques solides. Ironiquement, les organisations publiques que nous avons chargées de fournir des connaissances factuelles font, sur ce front, le contraire ».

Dans un rapport publié par la Fondation Aristote pour les politiques publiques, M. Haskell a passé en revue sept études tirées de revues scientifiques de premier plan, dont certaines méta-analyses portant sur des centaines d’expériences.

Malgré les affirmations des partisans de la DEI selon lesquelles ce type d’enseignement permet d’obtenir de meilleurs résultats et une plus grande compréhension, l’analyse documentaire de l’universitaire de l’Université Laurier a permis de trouver des preuves suggérant le contraire. L’une des études mentionnées par M. Haskell, menée par des chercheurs de l’université de Toronto, a révélé que les campagnes conçues pour « exercer une forte pression sur les gens pour qu’ils n’aient pas de préjugés se sont retournées contre eux, entraînant des niveaux accrus de sectarisme ».

La formation diversitaire dans la pratique : Agressive et justifiée par des « preuves » circulaires

Pour « prouver » l’efficacité de l’enseignement de la DEI, les partisans de cette méthode se réfèrent souvent à des enquêtes menées avant et après les ateliers, qui montrent qu’à l’issue de la formation, les participants sont beaucoup plus susceptibles de formuler des réponses qui concordent avec les idées des partisans diversitaires. En d’autres termes, une personne qui suit la formation peut, par la suite, réciter ce qu’on lui a dit. Dans ces témoignages, il est rarement mentionné que, pour de nombreux participants, la sécurité de l’emploi et l’avancement de la carrière dépendent des « bonnes » réponses données.

Ce type de méthodologie a suscité des critiques et s’est avéré peu fiable. Dans un article paru en 2022, Patricia Devine et Tory Ash, chercheurs en psychologie, ont conclu, après avoir passé en revue la bibliographie sur l’enseignement de la DEI, que les spécialistes de la formation à la diversité « utilisent trop souvent des mesures indirectes de réussite qui sont très loin des types de résultats solides et conséquents auxquels prétendent les objectifs de ces formations ».

Un décalage entre les affirmations de la DEI et les résultats de la DEI : tour dhorizon de la recherche

Un article de référence, « Les stéréotypes sur le retour », publié il y a trois décennies, a montré que les tentatives de « suppression des pensées indésirables […] sont susceptibles de réapparaître par la suite avec davantage de force que si elles n’avaient jamais été réprimées ».

Selon M. Haskell, l’accent mis par la DEI sur l’inclusion et la diversité nuit paradoxalement à la compréhension mutuelle. Un article portant sur l’enseignement du privilège blanc a révélé que les étudiants n’éprouvaient pas de compassion pour les minorités visibles défavorisées et qu’ils pouvaient au contraire « réduire la sympathie et augmenter le ressentiment… à l’égard des Blancs qui luttent contre la pauvreté ».

Les méta-analyses montrent également l’incapacité de la DEI à produire des « changements de comportement positifs et durables ».

Dans certains cas, la sécurité de l’emploi et l’avancement professionnel des participants dépendaient des « bonnes » réponses qu’ils donnaient, ce qui pouvait fausser les résultats, écrit M. Haskell.

M. Haskell cite des méta-analyses s’appuyant sur des centaines d’études pour mettre en évidence les lacunes de la DEI. « Bien que ces études fassent état de conclusions optimistes, nous identifions des indications troublantes de biais de publication susceptibles d’exagérer les effets », a écrit une équipe de chercheurs dans une méta-analyse de 2021 publiée dans l’Annual Review of Psychology.

La même étude a été citée par Jesse Singal, un journaliste américain, qui a cherché à savoir si les initiatives de DEI aidaient les personnes de différentes origines à mieux se comprendre. Selon Jesse Singal, l’« industrie a explosé » à la suite du meurtre de George Floyd et de la popularité croissante de Black Lives Matter. Rien qu’en 2020, l’industrie a dépassé les 3 milliards de dollars américains.

Le rapport de M. Haskell affirme que les initiatives de DEI vont souvent à l’encontre de la mission qu’elles se sont fixée, à savoir rassembler des personnes d’origines diverses. « Ce qu’ils enseignent s’est avéré diviser la société : la preuve empirique en est évidente », a déclaré M. Haskell.

Le rapport est publié moins d’un an après le suicide de Richard Bilkzto, un enseignant du Conseil scolaire du district de Toronto (TDSB), à la suite d’un atelier DEI au cours duquel il avait été ostracisé pour avoir défié l’instructeur Kike Ojo-Thompson.

La famille de M. Bilkszto a accusé Mme Ojo-Thompson et son entreprise, l’Institut KOJO, d’avoir détruit la réputation de cet enseignant estimé.

« Malheureusement, le stress et les effets de ces incidents ont continué à affecter Richard. La semaine dernière, il a succombé à cette détresse », affirmait un communiqué publié par l’avocate Lisa Bildy à la suite de son décès. « Sa famille et ses amis ont été ébranlés et ont souhaité avoir la chance de le convaincre qu’il était aimé, respecté et nécessaire ici. »

Voir aussi

Étude sur les pressions, les sanctions, la discrimination politique et l’autocensure à l’université (chiffres)

 
Pendant le Grand Réveil woke, l’écart des résultats en maths et en lecture entre les élèves noirs et blancs a crû de 20 %