jeudi 12 juillet 2012

Histoire — Le Moyen Âge, une imposture.

Pour Jacques Heers[1], l’invention du Moyen Âge a répondu à des préoccupations pédagogiques. Il fallait bien, pour fixer les idées, encager l’évolution historique dans une grille temporelle, forcément conventionnelle. Le problème, c’est que le Moyen Âge, comme son nom l’indique, n’a été défini que par ses bornes : en amont, la chute de Rome, en aval, l’émergence de l’humanisme italien. Problème, car pour commencer, on serait bien en peine de fixer une date précise à la chute de Rome – qui s’étale, en réalité, sur une période immense, du IIe au VIe siècle. Problème encore, car à vrai dire, l’émergence de la modernité s’étale, elle aussi, sur une très longue période, du XIIIe au XVIe siècle. Dante est déjà, par certains côtés, un homme de la modernité. L’art français du XVIe siècle est encore, à l’inverse, largement médiéval. Problème toujours, car il est contestable qu’on puisse regrouper dans la même « époque » Clovis et Jeanne d’Arc, sans voir que Clovis est évidemment plus proche du Bas Empire romain que de Jeanne, tandis que celle-ci est forcément plus proche des guerres d’Italie que de Clovis.

En somme, le Moyen Âge n’existe pas…

Si l’on approfondit le sujet, on se rend compte que la notion de Moyen Âge est issue de la propagande humaniste de la Renaissance. Dire que le Moyen Âge existe, c’est sous-entendre qu’entre le Ve et le XVIe siècle, il ne s’écoule rien d’important, d’autonome. C’est ramener l’Europe à l’Antiquité – une manière, pour les humanistes italiens, de critiquer l’Église et d’imposer une nouvelle figure du clerc : eux-mêmes. C’est donc d’une propagande italienne contre l’Europe du Nord, latine contre Byzance, humaniste contre le christianisme, qu’est né le Moyen Âge, cachot du millénaire chrétien, instrument de dénigrement. Au reste, les Nordiques ne s’y trompèrent pas : le néo-gothique a été pensé, dès le XVIIIe siècle, comme une contre-propagande de l’Europe du Nord face aux produits du classicisme humaniste latin.

Cette première imposture a été aggravée par une seconde : celle qui, à partir des Lumières, veut en condamnant la féodalité justifier l’ordre bourgeois, et à partir du XIXe siècle, en peignant la monarchie en noir, parer la République de tous les mérites. Seconde imposture qui se décompose elle-même en deux mensonges :

— d’une part, assimiler tout le Moyen Âge à la féodalité (qui n’a recouvert, en réalité, que trois siècles, et les plus brillants de l’époque, et ne les a recouverts encore que très imparfaitement : pour l’essentiel, les structures domaniales étaient antérieures au système féodal) ;

— d’autre part, faire de la féodalité un régime anarchique et cruel (alors que la société féodale, déconcentrée, n’en était pas moins fort bien policée). Heers donne de nombreux exemples de cette propagande, et n’a guère de mal à démontrer qu’elle constitue « un recueil de sornettes ».

Heers expose en particulier comment le passage du servage au salariat a été accompagné, dans plusieurs pays et en particulier dans l’Italie de la Renaissance, d’une résurgence de l’esclavage antique. Un lecteur de Luther ne sera pas surpris d’apprendre que la « Renaissance » italienne a donc largement recouvert une guerre de classes impitoyable, ainsi qu’une tentative de faire renaître le système impérialiste romain. Un lecteur de Spengler ne sera pas surpris qu’on puisse voir, dans la « Renaissance », l’instant où une culture se fige et dégénère. Un Français élevé dans le culte « républicain » de « l’humanisme », lui, sera sans doute plus surpris…

Peu à peu, Jacques Heers nous fait prendre conscience du fait que la « légende noire » du Moyen Âge est un produit de la fin de la période visée – en gros, le XVe siècle. Et que cette « légende noire » correspond à la perception que les hommes de la modernité naissante pouvaient avoir de l’époque antérieure, époque qu’ils percevaient à travers la crise décisive où, précisément, la modernité l’avait plongée. En réalité, le « Moyen Âge » dépeint par la Renaissance est sombre exactement comme les « temps païens » décrits par les clercs médiévaux l’étaient : chaque époque perçoit sa devancière en fonction de sa chute, à laquelle elle a assisté. Mais la réalité, bien sûr, est infiniment plus complexe que ce tableau noir, et noirci volontairement. Peut-on croire que l’Europe médiévale, dont la population triple entre l’an mil et l’an 1300, pour atteindre un niveau jamais vu jusque-là, peut-on croire que cette Europe-là était « tenue » par un régime de vexations absurdes et de misères ?

En réalité, le portrait du Moyen Âge « époque sombre » a été fait par des classes sociales ascendantes, qui commencèrent, à partir de 1250, à rogner l’ancienne économie centrée sur les campagnes. Ces classes sociales, bourgeoises, c'est-à-dire urbaines, inversèrent progressivement le rapport de dépendance entre villes et campagnes. C’est cette inversion (issue de la croissance démographique) qui rendit possibles à la fois la crise du monde médiéval (en réalité : sa perturbation anarchique par l’émergence du monde moderne) et sa réduction à ce qu’il était au moment de sa chute. La diffamation du Moyen Âge par les cléricatures du monde moderne (humanistes italiens, « philosophes » français des Lumières) n’a été que l’idéologisation d’une guerre de classe : celle faite par les nouvelles élites prédatrices (bourgeoisie) aux anciennes élites prédatrices (noblesse d’épée). La légende du servage universel (une erreur historique) n’a servi qu’à faire accepter l’émergence du salariat, nouvelle figure de la dépendance. La véritable fonction de l’historien médiéviste n’a jamais été que de faire apparaître la nouvelle domination (celle des bourgeoisies urbaines sur les campagnes et les masses émigrées dans les villes) comme plus douce que l’ancienne (celle des guerriers sur les paysans). Un travail de propagande d’autant plus important, pour les nouveaux pouvoirs, que les charges fiscales pesant sur la paysannerie ont augmenté avec le passage à l’économie urbaine. Il faut donc bien lire l’histoire médiévale comme celle d’une lutte des classes, mais cette lutte des classes n’oppose pas uniquement, comme le croyait Marx, le prolétariat naissant à la bourgeoisie naissante : elle se joue d’abord entre la bourgeoisie et la noblesse d’épée, et son objet n’est pas tant de définir la confiscation de la plus-value que de savoir qui a le droit de confisquer !

L’attaque systématique contre l’Église catholique médiévale doit elle aussi être interprétée à la lumière de cette lutte des classes. Confondre toute l’Église avec les Borgia, et ramener 1000 ans d’histoire aux quelques décennies de la Rome catholique décadente du XVIe siècle naissant, là encore, n’est qu’une figure de l’amalgame entre Moyen Âge et chute du Moyen Âge (une analogie qui prend sa source dans le grand schisme occidental du XVIe siècle, mais fut artificiellement prolongée par des stratégies de classes et de pouvoir, jusqu’au XXe siècle). Et Jacques Heers de rappeler, tout à fait à bon droit, que ce que l’on reproche si régulièrement à l’Église médiévale fut reproduit, en pire parfois, par les mouvements religieux et politiques issus de la modernité (la chasse aux sorcières était une spécialité protestante, en plein XVIIe siècle – et nullement le fait de l’inquisition médiévale).

La preuve conclusive du fait que le Moyen Âge « noir » est une imposture, et que cette imposture traduit des stratégies de classe, réside enfin pour Jacques Heers dans le fait que l’on a reproché au Moyen Âge le refus de l’usure. Thèse absurde, qui voudrait que l’origine de la Réforme se trouvât dans la volonté de pouvoir pratiquer le prêt à intérêt… alors que dans la pratique, ce que Max Weber appela « l’éthique protestante » était déjà très largement pratiqué par les catholiques au Moyen Âge – le prêteur à intérêt se rachetant de ses fautes par ses dons et legs aux institutions charitables. Alors, encore, que l’origine du développement capitaliste, par le prêt à intérêt sur grande échelle, la commandite et la société anonyme, remonte à l’Italie du XIIe siècle. Alors, toujours, que la première grande crise du capitalisme, liée à l’explosion d’une bulle spéculative, a lieu en Lombardie, au début du XIVe siècle, en plein Moyen Âge.

Un Moyen Âge, conclut Jacques Heers, qui a été « inventé » pour servir de faire-valoir à la modernité. Une modernité qui a toujours voulu nier l’évidence : à savoir qu’elle est le prolongement du « Moyen Âge », qu’elle en est issue, et que la Renaissance, au fond, n’a été que l’instant de l’imposture moderne.

Source

Le Moyen Âge, une imposture
de Jacques Heers
édition de poche
Collection Tempus
chez Perrin
à Paris
en 2008
358 pages
ISBN-10 : 2262029431.


[1] Jacques Heers, spécialiste de l’histoire du Moyen-Age, est professeur honoraire à la Sorbonne. Il a notamment publié La Première Croisade, et Les Négriers en terres d'islam.






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mercredi 11 juillet 2012

Violences de la part d'une « pro-choix » à Toronto

Violence physique et verbale d'une partisane pro-avortement à Toronto qui ne pouvait souffrir des pancartes qui dénonçaient l'avortement.

Une femme d'âge mûr, comme l'on dit poliment, vêtue d'un maillot rose, lunettes noires et un casque de vélo a détruit trois écriteaux pro-vie en plein Toronto. La militante pro-vie Alissa Golob a enregistré l'incident à l'aide de son iPhone.

« Vous êtes des malades. Je casse leurs pancartes de malade » de crier la militante musclée de l'avortement.

Alissa Golob, la coordinatrice de la Coalition jeunesse de la campagne pour la vie, a déclaré que la femme avait également « giflé » Rosemary Connell, l'organisatrice de l'événement. Elle s'en serait également « prise à plusieurs reprises » à Golob « en essayant de lui saisir son Iphone ».


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Vancouver, 17 mai 2010 — Jeune partisan pro-avortement s'en prend furieusement à des manifestants pro-vie aux cris de « Pourquoi haïssez-vous les femmes ? », « Dépêchez-vous de mourir » et autres insultes et vulgarités (« f*!?ck*$ng d*uche b%g »).



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Débat sur l'avortement : l'ainée est pro-avortement et défend l'ordre établi, la cadette pro-vie veut dialoguer






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« Une première mondiale », Québec subventionne la dénonciation anonyme de propos et moqueries « homophobes »

En pleine crise économique, il y a plus de deux ans, le gouvernement québécois avait lancé une lutte prioritaire menée de front par plusieurs ministères contre l’« homophobie » et l’« hétérosexisme ». L'hétérosexisme est défini dans un long rapport gouvernemental que l’on aurait cru pondu par le lobby LGBT comme la simple « affirmation de l’hétérosexualité comme norme sociale ou comme étant supérieure aux autres orientations sexuelles ; pratiques sociales qui occultent la diversité des orientations et des identités sexuelles dans les représentations courantes, dans les relations et les institutions sociales ».



C’est dans le cadre de cette lutte des plus urgentes — en ces temps de vaches maigres — que le gouvernement québécois a décidé de subventionner la mise en place d’un registre anonyme d’actes homophobes tenus par le groupe militant Gai écoute. Est considéré « acte homophobe » « toute parole ou tout geste négatif à l'égard d'une personne homosexuelle ou de l'homosexualité en général ». Est-ce à dire que le simple fait de dire qu’on trouve l’homosexualité repoussante est un acte homophobe ? Et si on dit que c’est contre-nature ? Et si on dit que c’est une pratique malsaine au niveau médical comme ce docteur ? Est-ce que rappeler l’opposition catégorique de la Bible envers l’homosexualité est un acte homophobe ? (C’est une question posée en Cour suprême du Canada.)

Notons au passage que, si un pasteur s'est fait condamné en Alberta pour avoir rappelé dans une lettre au journal local que la Bible condamne l’homosexualité, la même commission des droits de l’homme de l’Alberta n’avait rien trouvé à redire à une chanson qui en appelait à répétition à tuer des chrétiens. Apparemment, pour la commissaire albertaine Lori Andreachuk, les chrétiens ne sont tout simplement pas aussi menacés que les homosexuels, voilà comment on justifie la partialité des poursuites au Canada... Rappelons également que les amendes pour propos homophobes c'est bon pour les pasteurs qui rappellent des versets bibliques, mais pas pour un imam salafiste quand il souhaite aux homosexuels « qu'Allah les maudisse et les anéantisse ». Là, la Commission canadienne des droits de la personne rejette les plaintes. Le même imam considérait également les non-musulmans des « kouffars » (mécréants, impies, infidèles), les femmes du Québec de vraies perverses et le peuple québécois « bête et ignorant »... Aucun problème : ces groupes n'étaient pas protégés par l'article 13 (désormais aboli) de la Loi canadienne sur les droits de la personne ! Sans rire. Pour le plaignant, Marc Lebuis, il s'agit d'une censure à sens unique.

Maintenant, si Gai écoute veut mettre sur pied un registre anonyme des propos et écrits « homophobes » à ses frais grand bien lui fasse. Mais pourquoi le gouvernement québécois doit-il participer à cet exercice ? Pourquoi le gouvernement du Québec doit-il consacrer plus de sept millions de dollars à sa croisade anti-hétérosexiste qui voit également Jean-Marc Fournier, ministre de la Justice et procureur général, devenir ministre de la Justice, procureur général, responsable de la lutte contre l'homophobie…? Quel étrange sens des priorités !

Comme d'habitude avec ces censeurs patentés, « acte » est défini de manière très large afin d’inclure toute « moquerie blessante » (bonjour la subjectivité !) et toute « couverture médiatique inappropriée ». Pas des mensonges, notez bien, pas d’erreur objective, malicieuse, mais un caractère qui subjectivement ne plaît pas à des membres de la communauté homosexuelle qui seront seuls juges. Pourtant le droit de se moquer et d’être « inapproprié » ou inopportun n’est-il pas inhérent à toute société libre ? Mais Québec nous rassure qu'il s'agit d'une avancée merveilleuse, car c’est une première mondiale. Voilà bien la religion du progressisme : comme si toutes les innovations étaient louables !

L’État subventionne un registre anonyme. Le registre est anonyme, mais il permet de citer des gens ou des organes de presse qui auraient déplu à des militants. Qui vérifiera les déclarations anonymes ? Comment évitera-t-on les fausses déclarations ? On ne sait pas plus qui aura accès à ce registre. La police, le ministère de la Justice qui « s'associe à ce projet novateur », des tiers ? On ne sait pas vraiment grand-chose sur l’utilisation de ce registre, si ce n’est qu'il devrait servir à « briser le silence et de conscientiser la population. » Pourquoi le ministère ne s’en servirait-il pas pour poursuivre les importuns, les moqueurs, le tout afin bien sûr de « briser le silence » et de « conscientiser » ?

Pour annoncer le lancement de leurs fichiers secrets sur les moqueurs inopportuns et les journalistes qui ne propageraient pas la bonne nouvelle, les dirigeants de Gai Écoute étaient flanqués de Johanne Paquin, inspectrice-chef à la police de Montréal et du commandant Alain Gagnon. Le fait que ce spectacle — des policiers qui participent à l’annonce de la mise en œuvre d’un fichier anonyme sur les propos de citoyens dissidents soupçonnés de crimes de la pensée avec l'approbation de communautés prétendument « libérales » et « progressistes » — est désormais tout à fait normal dans les sociétés occidentales est bien plus inquiétant que les propos que ce registre est supposé corriger.

Addendum

Daniel Hannan, député britannique au parlement européen, revient sur la question de savoir pourquoi en ces temps de désastre économique, de déficits monstres, on légifère sur une définition commune de l'homophobie en Europe. Au Québec on échaffaude d'ambitieux plans interministériels de lutte contre l'homophobie, on subventionne une chaire universitaire à ce sujet (une autre glorieuse et superbe première dans le monde francophone nous dit-on!), on soutient la mise en place d'un registre qui permettront la délation anonyme (donc peu fiable), on insiste sur le sujet dans les écoles. En Ontario, le gouvernement n'a pas de cesse que d'imposer des cercles homo-hétéros aux écoles catholiques qui n'en veulent pas (lire Mark Steyn sur le peu de succès de ceux-ci dans son coin de pays).

Pourquoi ?

Parce que cela donne l'impression aux législateurs et aux gouvernements qu'ils font quelque chose et que passer des lois et peaufiner des règlements soulagent les parlementaires, c'est un geste habituel, coutumier, rassurant (et nous ajouterions que cela coûte souvent peu en termes financiers). Et c'est bien là que repose la tragédie.








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France — les écoles indépendantes offrent une pédagogie adaptée aux enfants précoces

Un enfant précoce en échec scolaire ? Pour Arielle Adda, psychologue clinicienne qui reçoit de très nombreux enfants précoces ou « doués », le cas est fréquent. Leurs différences ne sont pas assez prises en compte dans une classe ordinaire, ce qui peut avoir de graves conséquences sur leur parcours scolaire et sur le développement de leur personnalité. Et si la solution venait des écoles indépendantes, qui jouissent d’une liberté pédagogique sans pareille pour s’adapter à la façon d’apprendre de ces enfants précoces ?






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mardi 10 juillet 2012

L'homme, cet animal idéologue

« On pourrait définir l’homme : un animal qui fait des dogmes. Alors qu’il empile doctrine sur doctrine et conclusion sur conclusion pour édifier un formidable système de philosophie et de religion, il devient vraiment, dans le seul sens légitime du terme, de plus en plus humain. Quand, au contraire, il rejette une à une ses doctrines avec un scepticisme raffiné, quand il refuse d’être lié par aucun système, quand il dit qu’il ne croit plus à la finalité, quand, dans sa propre imagination, il s’installe comme Dieu, observant toutes les formes de croyances sans en partager aucune, alors par ce procédé même il retourne lentement à l’état vague des animaux errants, à l’inconscience de l’herbe.

Les arbres n’ont pas de dogmes. Les navets sont singulièrement larges d’esprit. »

G.K.CHESTERTON, Hérétiques




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France — les prénoms qui réussissent et ceux qui échouent au bac

Un sociologue a comparé une liste de prénoms avec leurs résultats au bac (D.E.C québécois), en 2011 et en 2012.

Cindy, Kevin et Jennifer s’en sortent très souvent mal.

Mohamed et Sofiane aussi.


Fatima et Yasmine un peu mieux et en tout cas beaucoup moins bien que Claire, Aude et Henri. Les prénoms rares qui fleurent bon la vieille France font très bien : Alix, Hortense, Adèle, Clotilde, Béatrice, Augustin et Philippine. On notera aussi la prédominance des prénoms féminins.

Ce classement traduirait la valeur attribuée à l’éducation, aux diplômes et au savoir scolaire des parents de ces jeunes élèves.


On peut aussi remarquer que, parmi les prénoms qui réussissent le moins, on retrouve de nombreux prénoms musulmans (encore relativement rares) mais aussi les prénoms anglo-saxons à la mode parmi les classes populaires françaises (plus nombreux pour l'instant) : « Aucun des quelque 125 Youssef et 105 Nabil n'a obtenu de mention “ TB ” (très bien), explique le chercheur. Mais plus de 30 % d'entre eux seront soumis à un oral de rattrapage. » On compte seulement une ou deux Sandy, Alison ou Sofiane parmi les candidats ayant décroché la mention « TB ». Les prénoms anglo-saxons très populaires de Kevin, Cindy, Melissa, Jordan et Antony sont aussi parmi ceux qui réussissent le moins bien au bac (voir graphique ci-dessus).




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Enseigner les mathématiques, la méthode Singapour

Découvrez en vidéo la méthode Singapour. Singapour arrive en tête des classements internationaux.

Témoignage d'un enseignant en CE1 (2e année du primaire) : découvrez comment la méthode de Singapour a révolutionné sa façon d'enseigner les mathématiques !



La méthode est publiée par la Librairie des Écoles. Accédez à son site internet, feuilletez-y les manuels.

Elle propose un manuel et un cahier d’exercices pour l’élève ainsi qu’un guide pédagogique pour chaque niveau du CP (1re année du primaire) au CM2 (5e année du primaire).




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lundi 9 juillet 2012

Le « mariage gay » et la logique libertarienne new-yorkaise

Rediffusion estivale, première diffusion 29/VI/2011.

Michael Bloomberg amoureux
Pour le maire de New York, Michael Bloomberg, 20e fortune du monde avec 18 milliards de dollars, la raison principale de son soutien au « mariage gay » serait que « le gouvernement ne devrait pas nous dire que faire, à moins qu'il y ait une raison publique impérieuse ».

Traditionnellement, l'État soutenait la famille comme cellule reproductrice de la société en donnant des avantages fiscaux et juridiques aux couples stables (et donc mariés) qui font des enfants et les élèvent. Fiscalement et juridiquement, les avantages des familles traditionnelles ont en pratique disparu. Il est sans doute plus rentable fiscalement, par exemple, d'être à la tête d'un foyer monoparental que d'une famille traditionnelle, alors que les foyers monoparentaux concentrent pourtant sur eux de nombreux problèmes sociaux.

La conclusion logique de ce mouvement qui tend à défavoriser les familles traditionnelles pour en favoriser d'autres aurait été que l'État se départisse totalement de l'officialisation des mariages (qui ne comportent en réalité plus d'avantages) et laisse le champ libre aux Églises et autres communautés qui considèrent ce lien comme étant important, voire sacré. Ç'aurait été la conclusion à laquelle aurait dû arriver Bloomberg. Enfin, peut-être se dit-il que le mariage est tellement dévalué que l'État peut aussi bien le donner à tous que ne plus s'en occuper du tout.

Mais ce qui est comique de la part du maire Bloomberg c'est qu'il sorte cette antienne libertarienne alors qu'il est un micro-régulateur maniaque qui a imposé un règlement qui interdit de fumer sur des propriétés privées, dans les parcs et les rues, un autre qui interdit la cuisson au gras trans et un dernier qui limite le droit des bénéficiaires d'aide sociale à boire des boissons gazeuses ! (Ils ne peuvent acheter des sodas avec des timbres alimentaires émis par le gouvernement.)

À bien y penser, New York n'est pas une exception et la restriction de façade « à moins qu'il y ait une raison publique impérieuse » n'est qu'un laissez-passer pour le gouvernement de limiter la liberté quand bon lui semble, notamment, dans le domaine de la santé et de l'alimentation. Normal, la santé est socialisée, l'État a donc un « intérêt impérieux » à ce que vous fassiez plus d'exercices, ne fumiez plus, mangiez moins gras.

C'est la rançon du socialisme. L'État peut prétendre avoir un intérêt impérieux à tout réglementer : vous devez suivre le programme scolaire de l'État qui s'est arrogé un droit de préemption en la matière, car il va de son intérêt que vous soyez « tolérant » et « multiculturel ». En Allemagne, l'État interdit en pratique l'instruction à la maison, il emprisonne des parents chrétiens qui s'opposent au programme d'éducation sexuelle et interdit à Berlin les exemptions à un cours d'éthique « humaniste », le tout pour des raisons impérieuses à son goût. Pour l'Allemagne, l'État — et non les parents — « est investi de la mission de l'éducation ». Cette mission « habilite celui-ci à poursuivre des objectifs pédagogiques propres indépendamment des parents » et les parents ne peuvent « demander que, lors des cours scolaires, les enfants ne soient pas confrontés à d'autres croyances ou opinions qui leur étaient étrangères ». Bref, l'État allemand impose quand il le veut au nom d'impératifs vagues son point de vue sans réels égards pour les convictions des parents, le tout pour « prévenir l'éclosion de phénomènes communautaristes à caractère religieux ou philosophique ». C'est-à-dire pour prévenir une réelle diversité religieuse et philosophique. Toutes ces restrictions s'opèrent actuellement contre des familles allemandes de souche et non des communautés allochtones.  Il n'est donc pas étonnant que Québec utilise la jurisprudence allemande et berlinoise (Appell-Irrgang c. Allemagne) en Cour suprême du Canada pour imposer sa philosophie jacobine et le programme d'éthique et de culture religieuse.

En échange de ces pertes de liberté, New York et les États occidentaux offrent plus de liberté dans un seul domaine : le sexe. Enfin, l'identité sexuelle : homosexuelle, bisexuelle, transsexuelle, transgenre et travestie. L'identité sexuelle comme exutoire à bon marché pour les gouvernements, comme compensation à la perte de libertés imposée dans les autres domaines par l'État  microgestionnaire, le gouvernemaman. Pour l'instant, il reste quelques tabous : l'inceste, la polygamie et la pédophilie. Pour combien de temps ? Après tout, selon certains experts qui sont venus témoigner en commission parlementaire, la pédophilie est une orientation sexuelle (comme l'homosexualité) dont on ne guérirait pas...


Voir aussi

Marie Geiss-Galimard : « Pour les Allemands, les enfants sont la propriété de l’État »

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Parents allemands demandent l’asile au Canada.

École à la maison : les familles fuient l’Allemagne




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dimanche 8 juillet 2012

De l'avortement à l'infanticide... pour le bien-être de la famille

Rediffusion estivale, première diffusion, 29/II/2012.

Infanticide au Moyen-âge
Deux chercheurs en bioéthique, Francesca Minerva de l'Université de Melbourne et Alberto Giubilini de l'Université de Milan ont co-signé un article du Journal of Medical Ethics où ils plaident pour le droit de supprimer des nouveau-nés de la même manière que l'on peut avorter :
« Nous affirmons que le droit de tuer un nouveau-né devrait être éthiquement permis dans toutes les mêmes circonstances que l'est l'avortement. Ces circonstances incluent les cas où les nouveau-nés [...] peuvent être un risque pour le bien-être de sa famille ».

Les deux chercheurs font valoir :
«Le statut moral d'un enfant est équivalente à celle d'un foetus dans le sens où il manque aux deux les propriétés qui justifient l'attribution d'un droit à la vie à un individu. »
Plutôt que d'être des « personnes réelles », les nouveau-nés ne seraient que « des personnes potentielles ». Les deux scientifiques ajoutent que : « Le foetus et le nouveau-né sont pour sûr des êtres humains et des personnes potentielles, mais ils n'est pas non plus des « personnes » au sens de « sujet d'un droit moral à la vie ».

Les chercheurs distinguent ensuite cet « avortement post-natal » de l'euthanasie, affirmant que l'euthanasie est l'acte de faire mourir quelqu'un dans son propre intérêt, tandis que l'« avortement post-natal » est celui de tuer dans l'intérêt des personnes impliquées et non dans celui du bébé lui-même.

Pour ces deux auteurs utilitaristes,
« si des critères de coût social, psychologique ou économique pour des parents potentiels sont d'assez bonnes raisons pour avorter même si le fœtus est en bonne santé, [...] les mêmes raisons doivent pouvoir justifier l'avortement post-natal ».
Est-ce que seule la mère décidera de cet avortement post-natal ?

Homme socialement responsable ? Mère égoïste ? Sans doute religieuse ?



Massacre des innocents de Nicolas Poussin




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jeudi 5 juillet 2012

France — Bras de fer autour de l'école à la maison

Des familles qui ont fait le choix de l'instruction en famille refusent de se prêter aux modalités de contrôle de l'État.

Conformément à la loi Ferry de 1882, elles ont fait le choix de l'école à la maison. Mais elles refusent de soumettre leurs enfants aux modalités de contrôle imposées par les académies. Une soixantaine de familles réparties sur l'ensemble de la France ont signé un appel à la désobéissance civile.

« Si nous avons choisi de ne pas mettre nos enfants à l'école, ce n'est pas pour leur faire imposer des tests établis par l'Éducation nationale », résume Sylvie Martin Rodrigues, qui a lancé ce collectif en avril. Maman de Tom, 12 ans, et de Lilou, 9 ans, cette habitante de Mijoux, petit village de l'Ain, a fait le choix avec son mari de l'école à la maison, pour respecter le rythme des enfants et ne pas les « enfermer ». Ils pratiquent l'apprentissage « informel ». « Toute situation permet d'apprendre, à condition que l'enfant soit prêt à assimiler les notions », explique-t-elle.

Leurs ennuis avec l'Éducation nationale ont débuté en 2009, lorsqu'une inspectrice est venue frapper à leur porte, pour un premier contrôle. « Elle n'avait aucune animosité, mais elle est revenue à l'académie les mains vides, sans les tests. » Signalés début 2011 au procureur, ils sont passés devant le tribunal correctionnel le 22 mai, qui a prononcé la relaxe. Mais les choses ne se sont pas arrêtées là. La famille a été à nouveau contrôlée le 26 juin. « Nous leur avons montré nos supports pédagogiques. Nous leur avons aussi proposé d'aller voir la cabane de Tom ou de regarder les dessins de Lilou, mais nous refusons leurs tests. »

Après trois ans et demi de procédure, Sylvie Martin Rodrigues n'est guère optimiste sur les suites de l'affaire. D'autant plus qu'une autre famille vient de passer devant le tribunal pour mineurs de Vesoul, pour des raisons similaires. Verdict ? La juge pour enfants a laissé aux deux parties - la famille Claudin-Taponnot et l'académie - jusqu'au 25 juillet pour fixer un nouveau contrôle.

Pour quelle raison le bras de fer s'arrêterait-il là ? Avocat des familles, Cédric Plantavin parle de « lutte idéologique et philosophique ». Engagé sur ce terrain depuis deux ans, il défend sept familles et en conseille une quinzaine. « J'essaie d'obtenir des décisions de jurisprudence », évoquant les zones d'ombre laissées par la loi sur les modalités du contrôle mené au moins une fois par an par l'inspection d'académie.

Quel que soit le mode d'instruction choisi par les parents, il doit permettre d'acquérir, à l'issue de la période de l'instruction obligatoire — de 6 à 16 ans — un ensemble de connaissances et de compétences identique à celui des enfants scolarisés. La loi précise cependant que l'évolution des acquisitions s'apprécie « en fonction des choix éducatifs », « sans référence au niveau scolaire d'une classe d'un établissement public ou privé sous contrat », ce contrôle n'ayant pas pour objet de « valider le niveau scolaire ». De tests, il n'est donc pas question dans la loi. Mais la circulaire du 26 décembre 2011 sur l'obligation scolaire va dans le sens d'un renforcement du contrôle. Elle précise notamment que lors de l'entretien il est «souhaitable que l'enfant s'exprime» et que «des exercices individualisés adaptés, dans la mesure du possible, aux choix pédagogiques effectués, peuvent lui être demandés». C'est à cette circulaire, appliquée avec plus ou moins de zèle selon les académies, que les familles s'opposent aujourd'hui.

Une vraie alternative

Cet affrontement en dit beaucoup sur le fossé qui sépare les deux mondes. Selon les chiffres, 30.000 enfants et adolescents ne seraient pas scolarisés, soit 0,3% d'une tranche d'âge, pour des raisons philosophiques, mais aussi médicales, sportives, artistiques. Parmi eux, 27.000 suivent des cours par correspondance, Cned en tête. 3000 sont instruits directement par les parents. « Depuis une dizaine d'années, de plus en plus de parents font d'emblée le choix de l'instruction en famille, explique Christelle, bénévole au sein de l'association Laia (Libres d'apprendre et d'instruire autrement). Auparavant, ils le faisaient davantage en réaction à un problème avec l'instituteur, à la suite de violences ou de phobie scolaire. » Loin de l'image du précepteur réservé à l'élite, l'instruction à la maison se présente comme une vraie alternative pour tous. De quoi poser des questions à ceux qui ont pour ambition de refonder l'école.

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