jeudi 23 février 2012

Le Conseil supérieur de l'Éducation veut encore plus de contrôle sur les universités

Le Conseil supérieur de l'Éducation (CSE), une créature gouvernementale, recommande au gouvernement d'instaurer une instance gouvernementale dite indépendante pour « évaluer la qualité de programmes universitaires et favoriser la transparence ».

Cette recommandation, rendue publique jeudi, coïncide avec une revendication de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

L'organisme gouvernemental a publié un avis de plus de 100 pages, intitulé « L'assurance qualité à l'enseignement universitaire : une conception à promouvoir et à mettre en œuvre », dans lequel il fait cinq recommandations à la ministre Line Beauchamps.

Dans ce document de plus de 100 pages, le CSE remet en question l'indépendance de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) qui exerce un rôle de vérification dans l'évaluation des programmes existants.

L'État tente-t-il d'étendre son contrôle de la sorte sous le couvert de « transparence » ?

Subventions, pièges à c.. ?

C'est comme toujours (écoles, garderies) la rançon du financement public. L'État offre « gratuitement » des subventions massives, élimine par asphyxie les concurrents potentiels qui ne sont pas subventionnés, les étudiants allant d'abord vers les universités subventionnées. Puis, il serre la vis et demande plus d'imputabilité envers la technocratie bureaucratique que l'on confond avec le peuple.

Aux États-Unis, en Allemagne et au Japon, l'établissement universitaire peut choisir l’organisme d’assurance qualité qui sera chargé de les évaluer ou de les accréditer. « Aux États-Unis, il n’existe pas à proprement parler de pouvoir central sur les établissements et celui de chacun des États demeure relativement limité. La diversité des caractéristiques des formations est somme toute alimentée du fait qu’aux États-Unis les programmes sont peu soumis à des standards nationaux et à des processus d’évaluation par des instances gouvernementales » de préciser le rapport du Conseil supérieur de l'Éducation, ce qui ne semble pourtant pas avoir porté malchance aux universités américaines.

Un autre modèle : les États-Unis

Le paysage de l’enseignement supérieur étatsunien regroupe des établissements diversifiés sur le plan du statut (public ou privé), de la visée (à but lucratif ou non) et de la mission. On y trouve, entre autres, des universités de recherche, des collèges communautaires, des liberal arts colleges, des collèges d’État, des établissements religieux, des établissements spécialisés en arts, en sciences ou dans des domaines professionnels, des académies militaires, des établissements historiquement noirs et d'autres au service des Hispaniques ainsi que des collèges tribaux. Ce réseau très hétérogène accueille, à la  grandeur du territoire, plus de 17 millions d’étudiants.

C’est dans le contexte d’une forte indépendance et d’une grande autonomie que s’inscrit cet ensemble stratifié et compétitif d’établissements et de programmes. De fait, il n’existe pas à proprement parler de pouvoir central sur les établissements et celui de chacun des États demeure relativement limité. La diversité  des caractéristiques des formations est somme toute alimentée du fait qu’aux États-Unis les programmes sont  peu soumis à des standards nationaux et à des processus d’évaluation par des instances gouvernementales.

Ainsi, parce que « le contexte réglementaire ou les politiques de l’État ne sont pas suffisamment rigoureux pour éliminer les établissements ou les programmes qui n’offrent pas les garanties de qualité suffisantes », les États-Unis ont une solide tradition en matière d’accréditation d’établissements et de programmes. On peut en effet remonter à la fin du XIXe siècle pour trouver les premières traces d’une agence d’accréditation des établissements d’enseignement supérieur en territoire étatsunien.

De fait, il existe aux États-Unis un grand nombre d’agences qui accréditent les établissements et les programmes. Ainsi, en 2011, on dénombrait 19 agences d’accréditation d’établissements :

  1. six agences sont régionales, c’est-à-dire qu’elles desservent un certain nombre d’États rapprochés, et mènent leurs activités auprès des établissements généralistes (un exemple est fourni dans l’encadré ci-dessous);  
  2. les autres accréditent soit des établissements spécialisés, soit des établissements d’enseignement collégial. 
La New England Association of Schools and Colleges (NEASC)

La NEASC, la plus ancienne agence d’accréditation régionale, exerce ses activités à tous les ordres d’enseignement dans les six États de la Nouvelle-Angleterre. Elle comporte la Commission on Institutions of Higher Education, qui est responsable de l’accréditation des universités et des collèges offrant des formations générales. Cette instance autonome compte dix-huit membres qui sont administrateurs ou professeurs dans des établissements concernés de même que trois membres représentant le public. Elle dispose d’un personnel composé de six personnes, doit trois sont des professionnels. Afin de mener ses activités d’évaluation, elle a recours à un registre d’experts expérimentés qui, par leur collaboration régulière, assurent le maintien d’une expertise et la formation de nouveaux experts. Les évaluations des établissements portent sur onze objets relatifs à leur capacité à s’acquitter de leur mission, à partir de standards élaborés en collaboration avec les établissements. La Commission peut accorder à un établissement une accréditation sans restriction, auquel cas celui-ci doit, après cinq ans, lui transmettre un rapport décrivant les principaux développements observés depuis l’évaluation, les suites données aux recommandations et commentaires reçus alors, de même que les grandes lignes de sa planification pour les cinq prochaines années. La démarche d’accréditation est reprise après dix ans. Dans d’autres cas, le statut d’accréditation comporte des restrictions; des visites et la production de rapports peuvent alors être prévues sur une base plus fréquente.

Source : L’Écuyer, 2008.


Les agences font elles-mêmes l’objet d’une accréditation de la part d’un organisme national : le Council for Higher Education Accreditation (CHEA) ou le US Department of Education (USDE).

  1. Le CHEA est une association nationale privée à but non lucratif dont sont membres des établissements et les agences elles-mêmes afin d’acquérir une légitimité académique au sein de la communauté nationale de l’enseignement supérieur (CHEA, 2006).
  2. Représentant le gouvernement fédéral, le USDE voit à l’application de la loi obligeant le  ministre de l'éducation fédéral à publier la liste des agences d’accréditation reconnues à l’échelle de la nation. Sur la base du travail du National Advisory Committee on Institutional Quality and Integrity, le ministre de l'éducation fédéral détermine les agences d’accréditation jugées fiables. Les établissements et les programmes doivent être reconnus par des agences qui sont elles-mêmes reconnues par le USDE pour que leurs étudiants soient admissibles aux programmes d’aide financière aux études. 








  1. Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Le Réseau Liberté-Québec déplore le manque de courage du gouvernement et l'opacité des négociations

QUÉBEC, le 23 février 2012 - Le Réseau Liberté-Québec déplore le manque de courage du gouvernement et l'opacité des négociations entourant les conditions de travail dans les centres de la petite enfance (CPE).

« La ministre de la Famille, Mme Yolande James, et la présidente du Conseil du trésor, Mme Michelle Courchesne, auraient toutes deux intérêt à s'inspirer de la fermeté de leurs collègues et ministres Mme Lise Thériault et Mme Line Beauchamp », a déclaré la cofondatrice du RLQ, Joanne Marcotte.

« À un moment où d'importantes réformes s'imposent au Québec pour redresser les finances publiques, l'occasion est belle de revoir de fond en comble ce qui pourrait être fait du côté des services de garde », ajoute-t-elle.

Les fondateurs du RLQ déplorent également l'opacité des négociations entourant les conditions de travail des employés des CPE et jugent qu'il est anormal que le contribuable ne connaisse pas l'ampleur des engagements qui sont pris, à huit clos, en son nom.

« Les parents doivent être les décideurs ultimes quand vient le temps de déterminer le choix optimal pour leur famille en ce qui a trait à la garde des jeunes enfants », selon Ian Sénéchal, cofondateur du RLQ. « L'État ne doit pas favoriser un choix plus qu'un autre en octroyant des subventions démesurées pour les services de garde institutionnalisés et sujets aux grèves
probables des employés du secteur public. »

Le Réseau Liberté-Québec rappelle qu'un sondage effectué en avril 2010 révélait qu'une importante majorité de ses adhérents prônaient le remplacement des subventions aux garderies soit par une allocation directe aux parents en fonction du revenu, soit par une diminution d'impôt.

Finalement, 97% des adhérents du RLQ transformeraient le réseau des CPE en un ensemble d'organismes privés à but lucratif ou sans but lucratif entièrement responsables de leur administration.

Dans ce scénario, les éducatrices ne relèveraient plus de l'État, mais relèveraient du Conseil d'administration de leur entreprise (OSBL ou entreprise privée selon le cas).

Le Réseau Liberté-Québec (RLQ), qui tiendra son 3e grand événement le 18 mars à Lévis, est un organisme sans but lucratif visant à favoriser le réseautage de tous les Québécois qui partagent des idéaux de liberté et de responsabilité individuelles. Plus de détails sur cet organisme sont disponibles au http://www.liberte-quebec.ca.

– 30 –
Pour de plus amples renseignements :

Ian Sénéchal,
medias@liberte-quebec.ca
581-982-6779





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Dérapage en ECR : enfant prône élimination des trisomiques, devant le frère d'un tel enfant, silence complice de l'enseignant

Monsieur Valère Audy, le problème dans ce débat n'est pas que les opposants veulent couper leurs enfants des autres religions ou cultures.

Les parents s'opposent entre autres au fait que certains contenus sont enseignés en bas âge. Ils s'opposent aussi à la nouvelle posture neutre obligatoire de l'enseignant d'ÉCR. Par exemple, il y a ce jeune garçon de 13 ans de Saint-Laurent sur l'île de Montréal qui, en première secondaire, a entendu un élève de sa classe d'ÉCR déclarer que les trisomiques sont des êtres qui souffrent et que c'est une bonne chose que l'on s'en débarrasse avant la naissance. Il a fait face au mutisme de son professeur qui n'a rien rectifié en prétextant que tous ont droit à leur point de vue. Ce jeune est rentré à la maison totalement ébranlé: il a un petit frère trisomique! Dans son esprit, l'école a validé l'idée qu'il aurait mieux valu que son frère ne soit jamais né. Ce cours ouvre inévitablement la porte au dérapage et la CLÉ a compilé quantité d'histoires semblables.

La décision rendue par la Cour Suprême ne doit pas faire croire que ce cours est constitutionnel et ne brime pas les libertés civiles. Le jugement démontre seulement que dans une seule et unique cause, les preuves au dossier fournies en 2009 sont insuffisantes pour la cour. D'ailleurs, même si les Juges Lebel et Fish ont rejoint les 7 autres juges, ils manifestent des «inquiétudes» par rapport au cours comme tel. Au paragraphe 44 du jugement, le juge Lebel dit: «[...] Cependant, je n'entends pas pour autant confirmer définitivement la validité constitutionnelle du programme ÉCR, ni, surtout, de son application particulière dans la vie quotidienne du système d'éducation.» Il ne faudrait surtout pas que nos politiciens croient que cette cause rend son imposition par l'État légitime. Malheureusement, c'est exactement ce que vous faites M. Audy tout comme la ministre de l'Éducation. Le juge Lebel ouvre même la porte toute grande dans sa conclusion à une plainte renouvelée avec des cas concrets des effets de ce programme sur nos enfants. Il y est écrit: «Ce sont des questions et des inquiétudes possibles. Le dossier soumis à notre Cour ne permet pas d'y répondre. Toutefois, il se peut que la situation juridique évolue au cours de la vie du programme ÉCR.»

Il faut donc espérer que l'évidence sera reconnue par l'État le plus rapidement possible. Le jugement se doit donc d'être interprété comme un match nul. Instruire, qualifier, socialiser. Oui, mais pas de cette manière. De plus, l'éÉtat n'a pas fait la preuve que cette manière de faire pour garder la religion à l'école était ce que les parents désiraient comme premiers éducateurs des enfants, comme le stipule le Code civil. C'est pour cela que 76 % des Québécois sont d'ailleurs en faveur du libre choix (sondage Léger Marketing 2009) dans ce domaine. Nos politiciens sont-ils réellement à l'écoute de leurs citoyens? Quelle belle occasion de le démontrer!

Patrice Gagnon, enseignant

Granby

Écoutez aussi le témoignage de la mère du trisomique.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Déjà trois ans de culture du dialogue en ECR : des étudiants contre la grève victimes de menaces

[Notons au passage que près de deux cents visiteurs (200) uniques ont consulté cette semaine cette ancienne page sur notre carnet : Frais de scolarité, taux de diplomation et dette du Québec d'actualité dans la dispute qui oppose les grévistes aux étudiants « responsables »]

Les étudiants qui s'affichent en faveur de la hausse des droits de scolarité ont la vie dure par les temps qui courent. La boîte courriel d'Arielle Grenier a été submergée de messages haineux après qu'elle eut dit à La Presse qu'elle se présenterait à ses cours même si son association se prononçait en faveur d'un débrayage.

D'autres ont utilisé les médias sociaux pour faire parvenir leurs menaces à la jeune femme. Sur la page Facebook de la faculté de science politique et de droit de l'UQAM, un étudiant a invité ses collègues à « inonder la messagerie d'Arielle Grenier de messages pro-grève et d'articles éclairés (pour) la pauvre brebis égarée ». L'auteur conclut sa note en écrivant : « Je veux sa tête sur son bureau. Point final. »

Mlle Grenier, qui est l'une des porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables, n'en est pas à ses premières menaces. Dans un cours de politique et économie de l'Université de Montréal, le professeur a demandé à sa classe de se prononcer sur la hausse des droits de scolarité. Mme Grenier a osé prendre la parole, mais ses propos ont déclenché des huées dans l'auditorium de 300 personnes, soutient-elle.

« On peut dire que c'est une forme d'intimidation de huer une personne. Je me fais traiter d'extraterrestre. On me dit que je viens d'une autre planète », affirme celle qui étudie en sciences politiques.

Mercredi, lors de l'assemblée générale de son association étudiante, Mme Grenier, qui portait le carré vert symbole des étudiants en faveur de la hausse des droits de scolarité, aurait aimé défendre son point de vue. La salle était pleine à craquer et le président de l'assemblée n'a pas semblé voir son bras s'agiter dans les airs. Elle a dû passer son tour.

À sa sortie de l'auditorium, des étudiants sont venus la voir, déçus parce qu'elle n'avait pas pu exprimer son point de vue. D'autres l'ont interpellée, en groupe de deux ou trois, pour carrément défier ses opinions.

Mlle Grenier croit que les étudiants doivent faire leur part pour permettre aux universités d'embaucher des enseignants compétents et pour réduire leur déficit. «En coupant deux bières par semaine, les étudiants réussiraient à absorber la hausse», résume-t-elle.

Traité de fasciste

Arielle Grenier n'est pas la seule à subir les représailles de ses pairs. À l'Université de Sherbrooke, Frédéric Lamontagne s'est aussi fait conspuer dans une assemblée générale, l'hiver dernier. «On m'a hué et en sortant, il y a des petits amis avec un carré rouge qui m'ont traité de fasciste et m'ont suggéré de retourner dans mon Allemagne nazie», dit-il.

Suite ici


Voir aussi

Le cours ECR, école de l'unanimisme politiquement correct

ECR en Cour suprême — Mémoire du Regroupement chrétien pour le droit parental en éducation

Extraits (les numéros de page renvoient au programme d'ECR) sur le consensus comme outil pour décider du bien  mieux vivre-ensemble :

13. En pratique, pour tout sujet abordé en classe de primaire ou secondaire d'ECR, cette philosophie pluraliste normative ne se distingue pas du relativisme. Devant toute question éthique au programme sur laquelle il n’y a pas consensus, aucune opinion ne pourra être considérée comme plus valable que les autres. Or, le programme ECR se penche sur de nombreuses questions épineuses : « Dans un cas comme dans l’autre la situation devra être porteuse de tensions ou de conflits de valeurs » (p.727, p.818) afin de faire ressortir le besoin de créer ensemble les valeurs qui « favorisent le vivre-ensemble » (voir les attentes de fin de cycle en éthique, mais aussi en culture religieuse et en dialogue, p.729 à 741).

14. La comparaison, d’abord de « règles de vie en famille » (p.753), puis de « normes » ou « valeurs » de communautés ou de religions distinctes (p.755), et au secondaire la confrontation entre différentes conceptions de « liberté » (p.839), d’ « ordre social » (p.840) ou de « justice » (p.842) amènera le jeune à débattre d’enjeux non résolus dans la société tels que « le clonage humain, l’eugénisme, le suicide, la peine de mort, l’euthanasie, l’avortement, etc. » (p.842) et à « à remettre en question (…) l’ordre social et les lois. » (p.840).

15. Cette « construction commune collective », sera gérée par des règles strictes de dialogue, où le jeune devra « questionner » ses « jugements de préférence », « de prescription » ou « de valeur » (ainsi que ceux des autres) et privilégier les « jugements de réalité » issus de l’observation « dans les faits » (p.769-770). Tout en évaluant constamment les justifications, à travers différentes formes de dialogue, dont la « délibération » dès le primaire, le jeune doit rechercher le « consensus » dans le groupe (voir définitions et conditions de dialogue, p.766).

16. Cependant, selon Leroux lui-même, ce consensus est impossible sur des sujets épineux : « Il paraît, en tout cas, à ce jour, impossible d'obtenir ce qu'on pourrait appeler un principe éthique pour régler des questions aussi graves. » Pourtant, ECR au secondaire regorge de questions porteuses de conflits de valeurs. Devant cette diversité irréconciliable, on fera comprendre au jeune que la question n’a pas de solution convaincante. En fonction des types de dialogue, de la dynamique de la classe, de la personnalité du professeur et de l’enfant, on arrivera à des « consensus » variés. Ses propres valeurs remises en question, le jeune est vulnérable à la position la plus populaire dans le groupe. S’il ne cède pas à ce mimétisme, il reste avec des points de vue contrastés et irréconciliables auxquels il est sommé de rester « ouvert » (conditions obligatoires du dialogue, p.766). Le résultat est le relativisme des valeurs, sans principes directeurs ou absolus




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mercredi 22 février 2012

Débat radiophonique : implication des parents, ECR, chèque-éducation et beaucoup sur des structures bureaucratiques

Débat à l'émission de Catherine Perrin (Radio-Canada) sur la gestion des écoles au Québec avec :

  • Jean-Pierre Proulx (un des pères fondateurs et partisan de l'imposition du cours ECR), 
  • Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements et une des fondatrices de la Coalition avenir Québec,
  • et Jeff Plante P.-D.G. du Parti Conservateur du Québec.





(durée : 20 minutes)


Voir aussi:

La liberté scolaire n'existe que lorsque l’État n’a pas le monopole de l’enseignement ni celui de la délivrance des diplômes

États-Unis, un éminent prélat s'engage résolument pour le chèque éducation

Chèque éducation ou laisser l'argent aux parents ?

Décentraliser et libérer l’école


États-Unis — fraude systématique depuis dix ans dans les écoles publiques d'Atlanta

Fascination française pour l'« Amérique d'Obama » et ses écoles à charte




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Mouvement américain prône retrait massif de l'école publique pour éviter « dissonance cognitive » que la Cour suprême du Canada valorise



Dans sa décision de la Cour Suprême, condamnée comme étant « illibérale » par le National Post, Madame Deschamps n'a pas hésité à écrire :

[38] Les appelants objectent aussi que l’exposition des enfants à différents faits religieux crée de la confusion chez ces derniers. La confusion ou le « vide » résulterait de la présentation, sur un pied d’égalité, de croyances différentes.

[39] (...) On peut soutenir que l’exposition à certaines dissonances cognitives est nécessaire pour que les enfants apprennent ce qu’est la tolérance.

[40] Les parents qui le désirent sont libres de transmettre à leurs enfants leurs croyances personnelles.

Quel est l'effet de cette dissonnance entre ce que l'école publique inculque aux enfants et ce qu'ils apprennent à la maison ? Un effondrement de la transmission de la religion chez ces enfants. Par contre, les enfants éduqués à la maison ne subissent pas du tout ces effets que Deschamps considèrent comme inévitables pour être « tolérant ». Tolérant à quoi ? Les enfants instruits à la maison produisent-ils plus de cas asociaux ? Rien ne permet pourtant de le prouver.

Selon le sociologue Reginald Bibby, seuls 21 % des Canadiens allaient à l'église en 2000, alors que ce chiffre était de 31 % en 1975 et 60 % en 1945. Une étude plus récente de Campus Crusade for Christ révèle qu'en 2010 seuls 12 % des jeunes de moins de 29 ans ont jamais été à l'église. Et de ceux-ci, seuls 12 % continuent d'y aller.

Aujourd'hui, selon une étude du Southern Baptist Council on Family Life, 88 % des enfants qui sont élevés dans des foyers protestants évangéliques quittent leur Église à 18 ans pour ne jamais y revenir.

Ce genre de statistiques amène de nombreux évangéliques américains à remettre radicalement en cause l'école publique et à prôner le retrait de leurs enfants de celles-ci comme le montre cette bande-annonce du film IndoctriNation qui fait le tour des églises évangéliques américaines.




Un seul groupe résiste à cette érosion massive : les enfants éduqués à la maison plutôt qu'à l'école (publique dans la plupart des cas). Selon une étude du Canadian Center for Home Education, environ 85 % des parents qui instruisent leurs enfants à la maison se disent chrétiens et près des trois quarts de leurs enfants de plus de 18 ans vont à l'église (ou au temple) une fois par semaine. En outre, 9 autres pour cent ont indiqué qu'ils y allaient une fois par mois. Enfin, 84%nbsp; des répondants disent participer à une activité religieuse par semaine. La reproduction des convictions religieuses semble donc assurée dans ces familles qui enseignent elles-mêmes leurs enfants.

À ce stade, 85 % des parents évangéliques au Canada confient encore leurs enfants à l'école publique.

Depuis quelques années, Québec serre la vis aux parents qui instruisent leurs enfants à la maison.

Voir aussi

La HSLDA déterminée à défendre en justice ses membres menacés par la DPJ (La DPJ a d'ailleurs réussi dans ce dossier à faire fuir hors Québec de nombreuses familles québécoises de souche ces derniers mois.)

Le Monopole de l'Éducation du Québec serre la vis aux parents-éducateurs.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Émission d'Isabelle Maréchal — Le débat sur le cours d'éthique et culture religieuse n'est pas terminé

Débat autour du programme d'éthique et de culture religieuse (39 minutes).




  • Patrice Gagnon, parent, enseignant et porte-parole de la CLÉ
  • Myriam Tétreault , parent dont les enfants suivent le cours ECR
  • Louise Mailloux, auteur du livre « La Laïcité, ça s'impose !»


Le fils de Patrice Gagnon partage d’ailleurs une anecdote particulière relié au cours d'ECR (les pierres talismans) avec les auditeurs. La mère d’un enfant trisomique nous parle de la triste expérience du frère de cet handicapé dans un cours d'ECR vers la fin de l’émission. Nombreux dérapages en ECR évoqués.

Pour Louise Mailloux, militante de la laïcité fermée : « Moi je pense que bien au contraire il faut séparer l'école de la religion. Une école laïque ça l'a ses avantages, c'est une école qui va soustraire les enfants à tout prosélytisme religieux, peu importe quelle est la religion, d'une part, donc une école qui va garantir la liberté de conscience... » Cela suppose que d'éduquer les enfants dans le vide idéologique et la liberté de conscience est vraiment possible.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Ethics and Religious Culture in Quebec: Canada’s Supreme Court has erred

Barbara Kay in the National Post writes:

Canada’s Supreme Court has erred in its latest ruling that a mandatory Quebec curriculum in Ethics and Religious Culture (ERC), from which a Drummondville Catholic couple wished to exempt their son, does not infringe the couple’s constitutionally guaranteed freedom of religion.

The ERC program, which begins in Grade 1 and continues throughout high school, was introduced into Quebec schools in 2008 without consultation with parents. It was designed to teach children about a wide variety of religious belief systems, including Catholicism, the religious provenance of 90% of Quebecers, with a view to creating a tolerant and open population. No Quebec child is exempt from it, not even the home schooled.

Justifying their denial of the bid for exemption, the Court privileged the entrenchment of a multicultural perspective in students over the parents’ right to entrench their son’s faith in Catholicism: “The early exposure of children to realities that differ from those in their immediate family environment is a fact of life in society. The suggestion that exposing children to a variety of religious facts in itself infringes their religious freedom or that of their parents amounts to a rejection of the multicultural reality of Canadian society and ignores the Quebec government’s obligations with regard to public education.”

But it was not the facts about other religions that bothered the parents, nor do they deny or object to the reality that Canada is a multicultural society. The mother argued that the ERC courses are ideologically based in religious relativism, which is offensive to her. Religious relativism teaches that all religions are but diverse and equally valid manifestations of human creativity. In the ERC courses, children learn that Catholicism is no truer or more respect-worthy than Wicca or Earth-worship or the tinfoil-hat cult of Raelism. Indeed, one ERC student activity, entitled “Youpi! Ma religion à moi!” has students inventing personal religions, to be accorded respect by all. So how could the upcoming 11 years of such banalization of his religion fail to confuse their son?

But the parents were trapped in a Catch-22. If they waited years to gather actual evidence of the program’s deleterious effect on their son’s faith, their suit would be pointless. Their complaint had to be anticipatory. Yet the Court, unfairly in my opinion, imposed the burden of proof on them.

Liberal tradition asks the state to be cautious in matters of religious conscience. I agree with the Canadian Civil Liberties Association, whose oral arguments strongly advocated that the burden fall on the government to prove it doesn’t infringe freedom of religion. The SCC’s shift of onus from the state to isolated, dissenting parents, insisting they justify their right to act as the child’s primary educator in religion, is something new and illiberal in Canada.

Quebec and the SCC have, crucially, failed to distinguish between a multicultural state and citizens who may or may not hold multicultural views. Surely the whole point of a multicultural state is to ensure harmonious and mutually respectful relations between those Canadians who do, and those who do not have a multicultural perspective, who indeed consider their own belief system superior to all others; and as well between people of faith and atheists who believe all religions are nonsense (atheism, by the way, is not represented in ERC and, logically, should be).

The ERC program is fixated on the idea of “tolerance.” But again, there is a difference between tolerance of other people and tolerance of other belief systems. The former is the state’s business; the latter isn’t.

How paradoxical it is that the foremost proponents of normative pluralism, a doctrine that exalts diversity, should insist on a one-size-fits all program of education about religion. But Quebec’s ill-conceived plan to inculcate children with the idea that all religions are equal — and therefore equally inconsequential — will backfire. Students will report what they have learned to their parents. Rightly defensive religious parents will “correct” them, which may well end in contempt for their teachers.

There is a simpler, and more equitable way for Quebec to encourage tolerance of the Other in the young. Scrap ERC. Create a primary school curriculum that promotes the secular values, principles and laws of Quebec. To wit: “Children, in Quebec, no matter where people come from and what they do or don’t believe, we respect and treat them as equals.” In secondary school, teach religions as objective phenomena in the history curriculum. It’s that simple. In matters of religious or a-religious belief, parents are the primary educators. The state has no place in the tender souls of the nation.



See also


Professor Douglas Farrow's "On the Ethics and Religious Culture Program" Report as Expert Witness in the Loyola High School vs. Ministry of Education court case.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Bock-Côté : La version tarte aux pommes du débat sur le programme ECR et la volonté thérapeutique

Mathieu Bock-Côté revient sur la polémique qui entoure l'imposition du programme unique d'éthique et de culture religieuse (ECR) à toutes les écoles québécoises (au nom de la diversité) par le Monopole de l'Éducation.


Les enjeux soulevés par le cours ECR sont fondamentaux. Pourtant, plusieurs chroniqueurs chargés d'éclairer le débat public n'y comprennent rien. Et répètent des faussetés. Conséquence de cela, l'opinion publique est confuse.

Version officielle de cette querelle: dans un monde où les cultures se rencontrent, pourquoi ne pas enseigner aux jeunes les grandes traditions religieuses pour les équiper mentalement devant la mondialisation? Ceux qui s'opposent au cours ne sont-ils pas bornés, fermés et ignorants?

Mais derrière cette version tarte aux pommes, l'enjeu est tout autre. Il suffit de lire le programme. ECR n'est pas un cours consacré aux religions. Il instrumentalise plutôt la religion pour faire la promotion du multiculturalisme. On aime les accommodements ? On passe le cours. On s'y oppose? On le coule.

Pour comprendre ECR, il faut revenir à la crise des accommodements raisonnables. De 2006 à 2008, on s'en souvient, les Québécois se sont révoltés contre le multiculturalisme. Ils se sont révoltés contre la dissolution de leur identité.

Les multiculturalistes ont interprété cette crise autrement. Pour eux, le rejet du multiculturalisme révèle la xénophobie populaire et le racisme larvé des Québécois « de souche » qu'on présente comme une collection de gros colons.

Il faut donc leur administrer une thérapie identitaire. Et les amener à consentir à cette idée simple: la culture de la majorité n'est qu'une culture parmi d'autres. Les immigrants n'ont plus à s'y intégrer.C'est l'idéologie de l'accommodement raisonnable.

Il leur faut donc changer le peuple. Ou même en fabriquer un nouveau. Ici, l'école joue un rôle fondamental.

Car si on peut difficilement convaincre les adultes, on peut gagner les enfants. On fera jouer à l'école la propagande pro-accommodements.
ECR désavoue la démocratie. En démocratie, le gouvernement n'a pas pour mission de fabriquer un peuple à sa convenance. Sauf s'il se croit dirigé par des experts se croyant absolument meilleurs que le peuple.

Berthold Brecht a déjà tourné cette posture en dérision. Il écrivait : « J'apprends que le gouvernement estime que le peuple a trahi la confiance du régime» et «devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités ». Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ? »

L'enjeu d'ECR est là. L'école doit-elle ou non inculquer aux jeunes l'idéologie des accommodements raisonnables ? Et passer de la pédagogie à l'idéologie? Ceux qui s'échappent de cet enjeu parlent pour rien dire. Ou pour nous endormir.

Cette chronique reflète le point de vue de l'auteur et non celui de 24H.







Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Prof. Durand : Relancer le débat autour du cours Éthique et culture religieuse

Lettre ouverte de Guy Durand, théologien et juriste spécialisé en éthique, auteur de Le cours d'ÉCR. Au-delà des apparences (Guérin, 2009).

Le récent jugement de la Cour suprême sur le cours Éthique et culture religieuse (ECR) ne ferme pas le dossier. Il laisse la porte ouverte à de nouveaux procès portant sur de nouveaux cas étayés par une meilleure preuve. Il laisse la voie ouverte aussi à une meilleure interprétation de l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique qui parle de prévention («éviter des préjudices graves»), plutôt que du simple constat des dommages déjà faits. Surtout, le jugement ne ferme pas le débat du point de vue pédagogique, politique et démocratique.

Je reconnais les faits: un programme récent difficile à changer, des manuels qui ont entraîné des coûts considérables, des enseignants qui en ont marre des changements. Mais les responsables politiques et administratifs doivent tenir compte de ce que le procès a permis de mettre en lumière à propos de la volonté de nombreux parents et au sujet des faiblesses du programme et de plusieurs manuels. C'est une question de responsabilité, de vérité et de courage.

Une anecdote rapportée récemment par certains journaux voulant qu'un enseignant à la recherche de «neutralité» a laissé un élève dire, sans le reprendre, que l'on devrait éliminer les foetus trisomiques avant la naissance est particulièrement inacceptable... et révélatrice. Les enseignants doivent comprendre leur rôle avec conscience et sens des responsabilités, en particulier en corrigeant certaines affirmations émises dans les discussions. Tout en étant attentifs à ne pas imposer à tort leurs jugements, ils ne peuvent rester complètement neutres, comme le prescrit le programme.

Il faut comprendre que l'objectif de tolérance ne permet pas de tout justifier. Il y a des jugements et des comportements inacceptables sur le plan éthique comme sur le plan des religions.

Sur le plan de l'éthique, en particulier, il faut savoir mettre en perspective le rôle du dialogue et du consensus, dont parle le programme. Même si la discussion et le consensus sont importants dans l'école, et plus globalement dans la vie sociale, ils ne peuvent servir de fondement véritable à l'éthique. L'éthique relève du travail de la raison en recherche des exigences d'humanisation.

Dans ce dessein, elle fait appel à l'héritage accumulé au cours des siècles, à la richesse des penseurs contemporains, à l'expérience de vie. Elle doit être portée par la visée d'universalité. Le consensus n'est qu'un moyen de s'en approcher. On a longtemps été d'accord avec l'esclavage, celui-ci n'en était pas pour autant éthique. On peut, par exemple, fonder l'éthique sur les valeurs (valeurs objectives qui interpellent chacun) ou sur les droits de la personne, compris comme notion philosophique, et non pas simplement de manière juridique et individualiste.

Le programme, enfin, demande explicitement qu'«un regard privilégié» soit porté sur le patrimoine du Québec. Que l'«importance historique et culturelle du catholicisme et du protestantisme soit particulièrement soulignée» afin que tous les citoyens, immigrants ou de souche, comprennent la richesse de notre héritage culturel. Il faudrait en tenir compte, même si le programme n'est pas structuré dans ce sens, et encore moins les manuels.

Voilà le genre de directives qui s'imposent à la ministre de l'Éducation, de manière urgente, en attendant une évaluation et éventuellement une révision du programme, particulièrement au niveau primaire. De leur côté, les commissions scolaires gardent leurs responsabilités conférées par l'article 222 de la loi et peuvent donc admettre des aménagements qui tiennent compte des remarques précédentes.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)