samedi 4 décembre 2010

ECR : cours de l'insignifiance, du fourre-tout politiquement correct ?

Denise Bombardier revient dans les colonnes du Devoir sur la dernière controverse liée au cours d'éthique et de culture religieuse.

Un débat passionnel avait entouré l'introduction du cours d'éthique et de culture religieuse dans nos écoles il y a quelques années. Plusieurs opposants y assuraient que ce cours, remplaçant le cours de religion disparu avec la laïcisation du système scolaire public, véhiculerait n'importe quoi. Eh bien, un fait divers révélé cette semaine par Le Journal de Montréal tend à leur donner raison.

Une enseignante a concocté un questionnaire en s'inspirant des interrogations de ses élèves de treize ans (2e secondaire) au sujet de la sexualité. Pour « faire tomber les préjugés », s'est-elle justifiée, elle a soumis une série d'énoncés vrais ou faux. Cela va ainsi : « Les personnes noires ont de plus gros pénis. » « Le sperme est sucré et fait maigrir. » « Quand j'ai mes règles, je dois accepter la pénétration anale si je veux une relation sexuelle. » L'enseignante de la commission scolaire Marie-Victorin, sur la rive sud de Montréal, fait l'objet d'une enquête administrative et a été retirée temporairement de sa classe, mais elle a apparemment des appuis parmi les élèves. Ce qui n'est pas surprenant, car les enseignants les plus populaires auprès des ados sont souvent les plus complaisants à leur endroit. Rares sont les profs sévères ou qui ne tombent pas dans le jeunisme qui ont la cote auprès des jeunes.

Ce fait divers n'en est pas un dans la mesure où il nous éclaire sur une forme d'errance pédagogique et sur les préoccupations des enfants du siècle. Évidemment, son questionnaire révèle un jugement défaillant, une ignorance de la psychologie des ados, qui vivent leurs fantasmes sexuels alimentés par Internet d'abord sur un mode plus hard que les ados de l'eau bénite, qui eux s'agitaient autour de la masturbation ou du French kiss.

Cette prof n'a pas semblé comprendre qu'en soumettant un pareil exercice, elle légitimait d'une certaine manière une vision rocambolesque de la psychologie et de la sexualité. Il y a d'autres façons de combattre les préjugés à l'endroit des Noirs dans un cours d'éthique et de culture religieuse que d'assurer les enfants de la taille moyenne du vit noir. On peut aussi informer les jeunes sur les régimes amaigrissants sans mettre par écrit les délires d'une jeune fille obsédée par l'obésité et atteinte du syndrome de Monica Lewinsky.

Les chantres de la libération sexuelle post-péché mortel doivent déchanter. Ce questionnaire, inspiré par les ados et légitimé par l'enseignante, montre bien que l'obsession sexuelle demeure le moteur de la vie et que, tabou ou non, péché ou pas, le sexe alimente les fantasmes. La supposée libération sexuelle n'a réglé que des interdits légaux et sociaux. La sexualité demeure un mystère que chaque génération expérimente à sa manière. Le dérapage de cette enseignante devrait suffire à remettre le cours d'éducation sexuelle à l'école, donné par des enseignants formés à cet effet. Soit en psychologie, soit en sexologie.

Ce fameux cours d'éthique et de culture religieuse, vécu par nombre d'élèves comme une pause-café et considéré par trop de profs comme un fourre-tout, est probablement le cours le plus difficile à donner, celui qui devrait être réservé aux profs les plus instruits dans le sens ancien du terme.

Plusieurs lecteurs, au fil des mois, nous ont fait part de leurs doléances au sujet des contenus de ce cours. L'orientation idéologique y est souvent dénoncée et il appert que le multiculturalisme y est présenté comme un modèle social, idéal et surtout idéalisé. « Toutes les cultures se valent » est un thème majeur, quand il n'est pas affirmé que certaines cultures primitives sont supérieures à la nôtre. Étonnons-nous après de la confusion de certains jeunes qui en arrivent à croire qu'il serait préférable pour eux de vivre aux îles Trobriand, dans le Pacifique, plutôt qu'à Montréal dans la barbarie québécoise.

Et que dire du relativisme lorsqu'il s'agit de l'enseignement des religions ? Est-on bien sûr que le vaudou, le spiritisme et la foi catholique soient interchangeables, comme le rapportait à une amie sa petite-fille de quatorze ans ? « Qui t'a dit ça ? », a demandé sa grand-mère. « Ma prof.» « Quelle prof ? », a insisté mon amie. « Celle de mon cours d'éthique, c'est la plus cool », a répliqué l'adolescente. « On parle de Dieu, de Bouddha, de Jean Charest, d'Occupation double, de Tout le monde en parle. » Ma copine ne s'en est pas remise.

C'est à se demander si l'enseignement religieux, qu'on ne va pas regretter, mais où l'on a retenu suffisamment d'informations sur la Terre sainte, le chemin de croix et l'Immaculée Conception pour décoder les chefs-d'œuvre de Michel-Ange, de Rubens, de Parmesan et de Velázquez, n'a pas été remplacé par une religion de l'insignifiance. Des enseignants très qualifiés sont responsables de ce cours, certes, mais trop d'enseignants recyclés se sont retrouvés là au gré des contraintes des conventions collectives.

D'autres, avec autant de bonne foi que de superficialité intellectuelle, se croient dans ce que l'on appelle dans le jargon des médias une émission de service, sorte de talk-show interactif où le contenu véhiculé par le maître s'inspire des préoccupations des jeunes. L'éthique en prend pour son rhume et la culture religieuse passe à la trappe.





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vendredi 3 décembre 2010

L'Écosse rejette la légalisation de l'euthanasie

Le Parlement écossais a rejeté par 85 voix contre 16 une proposition de loi visant à légaliser le suicide assisté, au premier stade des débats.

Le texte était présenté par une élue indépendante, Margo Macdonald, elle-même atteinte de la maladie de Parkinson.

Le rejet massif reflète la réalité de l'opinion des élus qui, sur ce « sujet de société » étaient invités à s'exprimer librement sans avoir à respecter la ligne de leurs partis respectifs. Il faut noter que les parlementaires d'Écosse ont entendu de multiples avis dans le cadre des préparatifs au débat. En janvier dernier, ils étaient 53 à y être opposés, 17 pour et 20 indécis (d'après une enquête auprès des deux tiers des élus), un chiffre que Margo Macdonald avait jugé encourageant. Mais dans les faits, le « droit » de choisir sa mort n'a pas convaincu.

Les parlementaires ont notamment refusé de décriminaliser l'homicide et ils ont également estimé que la définition des souffrances « intolérables », qu'elles résultent de l'évolution d'une maladie douloureuse ou d'un processus de dégénérescence, était trop floue pour pouvoir sélectionner les personnes susceptibles de « bénéficier » d'une aide au suicide. Ils ont également souligné qu'il restait trop difficile de déterminer si une personne n'avait pas été soumise à des « pressions indues » pour demander à mourir.

L'Église d'Ecosse, l'Église méthodiste et l'Armée du Salut ont publié une déclaration commune affirmant que ce projet de loi brise l'interdit de tuer une vie humaine. Selon le Dr Rosemary Barrett du Conseil écossais de bioéthique humaine, « les services de soins palliatifs en Ecosse sont capables de traiter adéquatement la douleur et il n'est pas nécessaire de présenter aux gens l'euthanasie comme un moyen d'échapper à une douleur sévère ».

Parlant comme « humaniste radical » et athée, Brendan O'Neill, éditeur du site Internet Spiked, affirme que la façon dont le suicide assisté paraît être une cause progressiste est un mystère. C'est lié sans aucun doute à « l'incapacité actuelle de la société d'estimer et de célébrer la vie humaine ».




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mercredi 1 décembre 2010

Nouveau dérapage en cours d'ECR : un autre questionnaire explicite sur la sexualité

Addendum du mardi soir en fin de billet

Le Journal de Montréal nous apprend aujourd'hui qu'une enseignante de la Rive-Sud fait l'objet d'une enquête administrative et a été retirée de sa salle de classe, après avoir distribué à des élèves de 13 ans un questionnaire à caractère sexuel qui a fait bondir plusieurs parents, il y a quelques jours.

Cette professeur, qui travaille à l'école André-Laurendeau dans l'arrondissement Saint-Hubert de Longueuil, a remis à des élèves de deuxième secondaire un questionnaire de type vrai ou faux qu'elle avait elle-même concocté, a expliqué hier le directeur général de la Commission scolaire Marie-Victorin, André Byette.

Ce test, administré dans le cadre d'un cours d'éthique et culture religieuse, dressait une liste d'énoncés relatifs à la sexualité humaine et visait, semble-t-il, à faire tomber des préjugés, selon ce qu'aurait raconté l'enseignante à ses supérieurs.

Certaines questions figurant dans ce test de connaissances étaient « inappropriées pour le groupe d'âge des élèves », tranche la sexologue Julie Pelletier, à qui le Journal de Montréal en a soumis une copie.

La trentaine d'élèves à qui ce questionnaire a été distribué - des jeunes de 13 ans pour la plupart - ont dû notamment se prononcer sur la véracité d'énoncés concernant la taille du pénis des personnes de race noire, la pénétration anale ainsi que les propriétés du sperme.

Au moins trois parents se sont plaints formellement du contenu de ce test à la Commission scolaire Marie-Victorin. L'organisme a depuis déclenché une « enquête administrative. »

«Inadéquat» pour des jeunes de 13 ans

 Avertissement : Même s'ils ont été soumis à des élèves de 13 ans, les énoncés suivants pourraient déranger certains de nos lecteurs.

Voici quelques-uns des énoncés figurant dans le questionnaire. Les élèves devaient indiquer s'ils étaient «vrai» ou «faux».

Vrai ou faux ?

  • «Les personnes noires ont de plus gros pénis»
  • «Le sperme est sucré et fait maigrir»
  • «Quand j'ai mes règles, je dois accepter la pénétration anale si je veux avoir une relation sexuelle.»
  • «Toutes les positions sont confortables et agréables.»
  • «Un couple de lesbiennes ne peuvent pas faire l'amour, puisque ni l'une ni l'autre n'a de pénis.»

« Ce questionnaire, je le trouve douteux, même pour des étudiants de niveau collégial, lance André Byette. On désapprouve le contenu de certaines questions. C'est totalement inadéquat », s'indigne-t-il. « En quoi ça peut aider l'éducation à la sexualité des adolescents ? », demande-t-il. M. Byette juge que le moyen pris par cette enseignante pour « faire tomber des préjugés » est, « à tout le moins, extrêmement maladroit. »

L'école ne doit pas faire tomber les tabous

La sexologue Julie Pelletier avoue être « restée sans voix », en lisant certains énoncés figurant dans le questionnaire élaboré par cette enseignante. « Son idée de départ n'était pas mauvaise, ce sont les moyens qu'elle a pris qui ne sont pas bons », estime-t-elle. La sexologue, qui est aussi chroniqueuse au Journal, croit que ce n'est pas à l'école « de faire tomber les tabous » qui entourent la sexualité. Comment l'idée d'origine qui était de faire tomber les « préjugés » pouvait-elle être donc bonne ? Les tabous ne sont-ils pas des préjugés ? Et si l'école ne doit pas faire tomber les tabous en matière de sexualité, pourquoi valoriser l'homosexualité dans les cours d'ECR (sous le couvert de « la lutte contre l'homophobie »), justifier l'avortement (c'est une option parmi d'autres aussi légitimes que les autres) et toute une longue série de sujets où le jeune est confronté à des options morales et philosophiques qui ne sont pas nécessairement acceptées dans sa famille ?

Fin du test et suspension de l'enseignante

Dès que la direction de l'école eût pris connaissance de l'existence de ce test, la semaine dernière, la professeur a été sommée de récupérer toutes les copies en circulation et de « cesser immédiatement de parler de sexualité à ses élèves », ajoute le directeur général.

Au retour du week-end, à la suite de nouvelles plaintes de parents, « on a demandé à l'enseignante de ne plus avoir de contacts avec les élèves, le temps de l'enquête administrative et le temps que la Commission scolaire prenne une décision », indique André Byette. Un suppléant doit la remplacer à compter d'aujourd'hui. La Commission Scolaire a refusé de préciser le niveau d’expérience de cette enseignante.

Ce n'est pas un incident isolé

Il en s'agit pas d'un incident isolé : on se rappellera du formulaire demandant aux enfants de préciser leur sexe (masculin, féminin... et je ne sais pas encore) ou d'un autre « sur les limites et les désirs sexuels ».

Rappelons que la sexualité peut être traitée au premier cycle du secondaire selon le programme d'ECR. Voir « La transformation des valeurs et des normes », p. 536 du programme avec l'indication pédagogique suivante : « Faire prendre conscience aux élèves qu’il existe, selon les individus ou les groupes, différentes façons de comprendre l’ordre social [ici la sexualité, y compris donc l'homosexualité] et d’y réagir. »

Addendum mardi 1er décembre au soir

Mardi, le directeur général la de Commission scolaire Marie-Victorin, André Byette, a précisé que, selon les dires de la professeur incriminée, ce questionnaire avait été concocté «  à partir de préoccupations d’élèves ». L’enseignante aurait expliqué à ses supérieurs qu’elle avait agi de la sorte pour «  faire tomber des préjugés  ».

Mais le moyen qu’elle a choisi pour y arriver est « extrêmement maladroit », a estimé M. Byette, mardi. Il juge que ce test est « inadéquat » et « douteux », alors que la sexologue Julie Pelletier le trouve « inapproprié » pour des jeunes de 13 ans.

Selon une élève, «  une super bonne prof  »

En entrevue avec Pierre Pagé, sur les ondes de radio NRJ, hier, une ancienne élève de cette prof s’est portée à sa défense. «  Peut-être que les questions sont crues, a-t-elle convenu, mais elles viennent de nous.  » L’adolescente, qui est maintenant en troisième secondaire, a expliqué avoir rempli le même test, l’an dernier. Elle soutient que les énoncés qui y figurent sont fondés sur des interrogations que les jeunes avaient soumises anonymement à leur enseignante, sur une feuille mobile. On ne sait pas si cette explication est simplement ce que cette ancienne élève a entendu dire par son enseignante ou si elle a pu s'assurer que c'est vraiment le cas.

« [Ce qui lui arrive] me fait vraiment de la peine. C’est une super bonne prof d’éthique et culture religieuse », dit cette élève. On se demande ce qu'elle enseigne par ailleurs à ses élèves pour « faire tomber les préjugés » qui l'intéresse.

Bientôt l'éducation sexuelle dès le primaire !

La ministre de l’Éducation Line Beauchamp pense que l'abolition du cours d'éducation sexuelle n'est pas concluante. On ne sait pas trop pourquoi elle en arrive à cette conclusion, mais on se rappellera qu'au début septembre plusieurs groupes de pression avaient demandé à la ministre de réinstaurer ce programme d'éducation sexuelle. L'attaché de presse de la ministre, Dave Leclerc, rappelle que Québec a annoncé en octobre son intention de « ramener l’éducation sexuelle dans les écoles. » La ministre n'a pas indiqué quelle matière serait amputée pour faire place à cet autre programme de « socialisation ».

« Il nous reste à en définir la forme, dit M. Leclerc. Mais c’est clair que ça va être une formation obligatoire, du primaire jusqu’à la fin du secondaire. »

Test similaire dans une autre commission scolaire ?

Un auditeur a confié à l’animateur Paul Arcand, du 98,5 FM, qu’un test similaire aurait été administré à des élèves de la Commission scolaire des Samares. En fin de journée, hier, rien n’indiquait que ce soit le cas. « Mais si ça l’est, c’est sûr que nous allons intervenir, a assuré la directrice générale adjointe, Sylvie Anctil. Cette initiative-là est tout à fait inacceptable. »

Voir aussi 
 
Denise Bombardier, ECR : cours de l'insignifiance, du fourre-tout politiquement correct ?




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Activité en éthique pour des enfants de 13-14 ans

D'après nos informations, cette activité, concoctée par des universitaires payés par nos impôts, est infligée dans le cadre du cours ECR à de jeunes enfants de 13 à 14 ans au collège Charlemagne de Montréal au début 2009.  Cette photocopie nous a été remise par des parents montréalais outrés de ce questionnaire auquel a été soumis un de leurs enfants sans leur consentement.

Pourquoi si tôt ? Probablement parce que la sexualité peut être traitée au premier cycle du secondaire selon le programme d'ECR. Voir « La transformation des valeurs et des normes », p. 536 avec l'indication pédagogique suivante : « Faire prendre conscience aux élèves qu’il existe, selon les individus ou les groupes, différentes façons de comprendre l’ordre social [ici la sexualité] et d’y réagir. »

Cliquez sur l'image pour lire le texte très explicite qui pourrait choquer plus d'une personne.

Il faut préciser qu'il se peut que les enseignants de l'école Charlemagne aient fait preuve d'impatience, mais nous ne sommes pas sûr que même à 16-17 ans ce genre de contenu explicite doive être discuté en classe sans que les parents en soient avisés.

Ce genre de document ne devrait pas choquer ceux qui visitent la polyvalente de leurs enfants. Lors de mon dernier passage, j'ai remarqué une très grande affiche bien visible depuis les couloirs dans les toilettes des garçons qui leur demandait d'assurer leur bout (grosse capote jaune à l'appui). Et ceci dans un établissement qui accueille des enfants dès 12 ans .

Dans le même registre, dans la bibliothèque des brochures pour les jeunes homosexuels pour qu'ils osent se dévoiler et comprendre leur véritable sexualité. (Je rassure tout de suite les lecteurs : des brochures pour les écolières lesbiennes sont également disponibles gratuitement.)

Et ensuite, Le Devoir se demande pourquoi les jeunes filles québécoises sont hypersexualisées...



Ci-dessous extraits du documentaire Nos enfants sous influence de Sophie Bissonnette qui analyse l'hypersexualisation de notre environnement ainsi que ses effets nocifs sur les jeunes.


mardi 30 novembre 2010

Allemagne — Penser différemment le réchauffement climatique

Super le climat !
Focus est un des grands magazines hebdomadaires allemands. Bien que relativement récent, ce magazine est devenu en quelques années un concurrent sérieux du Spiegel. Il a un tirage hebdomadaire de 740 000 exemplaires.

Voilà donc que Focus se met à la mode du climatoscepticisme en consacrant une couverture intitulée « Super le climat ! » pour se féliciter des bienfaits du réchauffement climatique. « Penser différemment : le réchauffement climatique est bon pour nous » proclame le sous-titre de la couverture.

À l'intérieur, un dossier de onze pages aux titres provocateurs pour des lecteurs habitués au seul écocatastrophisme : les périodes chaudes sont des périodes d'abondance, la chaleur et le carbone produisent de meilleures récoltes, les forêts grandissent, les déserts se rapetissent. D'autres articles s'attaquent à de fausses prédictions censément liées au réchauffement climatique et se penchent sur des scientifiques respectés qui n'acceptent pas les théories alarmistes conventionnelles au sujet du « changement » climatique.

Pour Christian Pantle, rédacteur scientifique du magazine Focus, interrogé dans cette vidéo, il s'agit d'aborder la question du climat climatique sous un nouvel angle. De briser un tabou : est-ce que le réchauffement climatique pourrait avoir des avantages ?

Ours blanc s'abandonne dans la toundra en fleurs — « Ça se réchauffe, tant mieux ! »

Focus aborde sept prédictions catastrophiques exagérées que l'on attribue au réchauffement climatique, parmi celles-ci le sort de l'emblématique ours polaire. Extrait :
Les ours polaires sont-ils en voie de disparition ?

L'ours famélique agrippé à un maigre glaçon à la dérive est devenu l'icône du changement climatique. Alors même que la population totale des ours blancs a augmenté avec bonheur depuis la moitié du XXe siècle, même si quelques populations locales ont diminué.

La fonte de la banquise arctique a réduit certains habitats. Mais l'ours blanc existe depuis environ 150 000 ans et, depuis lors, il a survécu à une période plus chaude que l'actuelle. L'ours polaire a frôlé l'extinction au milieu du siècle dernier à la suite d'une chasse excessive. Mais depuis qu'il est protégé (seule une chasse à petite échelle est permise), le cheptel se reconstitue.

En 1950, à la suite d'un recensement, les écologistes estimaient le nombre d'ours polaires à seulement 5 000. Depuis, leur nombre se situe entre 20 000 et 25 000 plantigrades.

En outre, on n'a démontré aucune corrélation directe dans le passé entre l'étendue de la banquise et le nombre d'ours blancs. On ne peut donc conclure qu'à l'avenir une hausse des températures s'accompagnera d'une baisse du nombre d'ours. Car les ours chassent également les phoques sur des plages libres de glaces, et l'été ils s'ébattent dans la toundra en fleurs où ils se nourrissent de lemmings et de campagnols.
Le Sahara reverdit
Le Sahara reverdit lentement

Explication de l'illustration à gauche.

Le désert...


Dans les années 80, cette région au nord-ouest du Soudan n'était encore qu'un endroit sec, désertique et hostile.

...revit


Cette zone reverdit depuis 10 ans, parce qu'il pleut nettement plus — très probablement à cause du réchauffement climatique.

Stefan Kröpelin
Géoarchéologue, université de Cologne


Depuis plus de 30 ans, Kröpelin étudie l'histoire climatique du Sahara. C'est ainsi qu'il a documenté le début du reverdissement de l'immense désert.

Qui y gagne, qui y perd

Enfin, ci-dessous, une mappemonde qui illustre la façon dont les changements climatiques devraient affecter les rendements céréaliers existants de différents pays d'ici 2080. Les pays dont les rendements augmentent le plus, selon le modèle informatique de l'International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), sont en vert foncé, ceux dont le rendement diminue le plus sont en orange foncé. Parmi les grands gagnants : l'Afrique du Sud, l'Argentine, l'Asie centrale,  le Canada, le Chili,  l'Éthiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Paraguay, la Russie, la Scandinavie et la Syrie. Légèrement favorisés  : l'Algérie, l'Australie, la Chine,  le Maroc, le Niger, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, le Portugal et le Tchad. Dans l'ensemble, la production céréalière mondiale devrait augmenter de 3 % d'ici 2050 du fait du changement climatique.

Source : International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA)


Voir aussi

Ponte du GIEC : grâce à la politique climatique, nous redistribuons de facto la richesse planétaire

Les écologistes auraient « exagéré » la menace que fait peser le réchauffement sur les forêts tropicales







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École Belz : « le cours d'éthique et culture religieuse est enseigné façon juive »

Une école juive orthodoxe de Montréal, l'École communautaire Belz, rue Durocher, à côté de la gare de triage, a décidé de se conformer au programme d'enseignement du Monopole de l'Éducation du Québec afin d'obtenir une subvention pour les garçons du secondaire.

Alors que le collège Loyola a dû aller en justice pour pouvoir enseigner le programme d'éthique et de culture religieuse d'une façon conforme à sa nature d'établissement catholique, Le Devoir nous apprend que cette école juive enseigne désormais ce programme à sa façon (pas la façon laïque, ni profane donc) : « Petite concession à cet effet : le cours d'éthique et culture religieuse est enseigné façon juive, reconnaît le rabbin Hecht. »





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lundi 29 novembre 2010

France — Le professeur suspendu pour avoir montré un film sur l'avortement répond

Voici des extraits de la lettre envoyée au journal La Provence comme droit réponse à la suite de l'article qu'avait publié ce journal sur un professeur de Manosque (Provence) suspendu après avoir montré à sa classe un film assez cru sur les procédures d'avortement (voir ici).

Je tiens à vous faire part de mon indignation devant le lynchage médiatique dont j'ai fait l'objet dans ce journal.

Tout d'abord, je suis écoeuré par votre manque de déontologie car, au nom du principe d'équité, vous auriez dû me consulter pour recueillir mon avis, avant parution.

[...]

Sur le fond, je tiens à vous préciser que j'ai organisé, comme on me l'ordonne en éducation civique, juridique et sociale [ECJS], des débats sur des sujets de société. Ce qui suppose d'utiliser, contrairement à vous, des sources contradictoires.

L'un de ces débats, proposé à toutes mes classes soit 113 élèves cette année, concernait l'avortement. Il avait été annoncé à l'avance.

Les élèves pouvaient évidemment apporter toutes sources de leur choix, sans tabou ou interdit, pour étayer ce débat. Par ailleurs, le planning familial est intervenu dans toutes mes classes, pour faire l'apologie de l'avortement.

J'ai utilisé des sources variées suivant les classes : l'image d'un foetus à 12 semaines (neutre donc), texte de la loi Veil, discours de Mme Veil au moment du vote de la loi de 1975 (documents pro-avortement donc, en complément du planning familial), et documentaires vidéo (Sois un homme, No need to argue).

Concernant ce dernier documentaire, j'ai prévenu les élèves que, décrivant les procédures d'avortement, il était difficile à voir et j'ai invité ceux qui le souhaitaient à sortir. Ce que quelques élèves, une infime minorité, sur les 113 ont fait. Ceci afin de respecter la sensibilité de chacun.

Par ailleurs, le Rectorat a fait envoyer une lettre à toutes les familles, dans laquelle mon enseignement en ECJS était mis en cause et des accusations graves et injustes portées contre moi. Ceci dans le but de recueillir des témoignages et dénonciations m'accablant. Pratiques qui font penser plus aux régimes totalitaires nazi et soviétique qu'à une démocratie.

Enfin, une classe m'a remis une pétition de soutien, signée par tous les élèves et, qu'avec leur accord, je divulgerai, accompagné du texte rédigé par eux (34 élèves sur 34).

Je précise que l'inspection-sanction à la suite de ces débats s'est faite au mépris des lois de la République. Je n'ai été prévenu que le jour même, d'une double inspection, dans deux classes, sur deux heures et deux matières. Alors qu'il est réglementairement prévu de prévenir un professeur plusieurs jours à l'avance.

J'ai encouragé tous les élèves s'exprimer librement, dans le respect d'autrui et la tolérance. Mais, sur le sujet douloureux de l'avortement, il est interdit de décrire, de tenir compte de la science, de faire preuve de rigueur et d'esprit critique. Seule doit être enseignée et imposée aux élèves l'idéologie de l'État. Qui présente l'avortement comme un droit. Et impose à la population de penser comme lui. Ce même état qui souhaite que l'on note les opinions des élèves — et des professeurs — dans le cadre de l'ECJS afin de pouvoir s'assurer une population docile et servile.

[...]






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Π (pi) : un nombre irrationnel !

Mon premier est une lettre grecque. Mon deuxième sert à calculer la circonférence d’un cercle, son aire ou encore le volume d’une sphère. Mon troisième est un nombre aux décimales sans limite… Vous l’avez deviné, nous vous proposons de vous pencher sur le nombre π qui depuis plus de 2000 ans continue de susciter la curiosité des mathématiciens.

D’où provient cette valeur avoisinant les 3,14 ?
Pi n’est autre que la circonférence d’un cercle divisé par son diamètre et cela, quelle que soit la taille du cercle :
P (périmètre) = 2 x r x π.
Le plus souvent on dit : P = 2πr.

Quant à l’aire d’un disque, il s’agit de π x r²

Circonférence = π × diamètre


On associe à Pi la valeur 3,14 pour aller vite, mais en réalité, Pi est un nombre irrationnel : les décimales sont infinies.

Écoutez le billet sonore (5 minutes)








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vendredi 26 novembre 2010

ECR — Qui sont les plus fondamentalistes et intolérants dans ce dossier ?

La Voix de l'Est a publié plusieurs lettres récemment assez virulentes s'en prenant en termes peu courtois aux parents qui osent demander l'exemption au cours d'éthique et de culture religieuse. Réaction d'un des lecteurs de la Voix de l'Est à ces attaques souvent hargneuses.
Monsieur Beauregard écrivait récemment: «Suite à mes 30 années dans le monde de l'éducation, M. Andries, je n'ai jamais entendu dire que la transmission des valeurs morales et philosophiques était réservée exclusivement aux parents. Je serais très curieux de lire un document national ou international qui interdirait à l'État de transmettre par son système scolaire des valeurs morales et philosophiques.»

Il me semble que M. Beauregard et sans doute d’autres lecteurs ont mal compris mes propos. Je le remercie donc de revenir sur ce sujet crucial. Jamais je n’ai dit que les parents étaient les seuls à transmettre des valeurs morales ou philosophiques, mais que cette transmission devrait se faire dans le respect de leurs valeurs morales, leurs convictions philosophiques. Elle peut être assurée par des gens qu’ils désigneront pour ce faire. Ce qui n’est pas acceptable, dans une société qui se prétend pluraliste, c’est de se faire imposer une éducation particulière d’en haut par des gens qui disent parler au nom de tous en utilisant des formules ronflantes du type «Le Québec s’est donné un nouveau programme d’ECR». Le Québec ne s’est rien donné, le gouvernement impose d'autorité un seul programme. Une société démocratique et pluraliste laisserait le choix aux parents dans ces sujets délicats. Où est le danger? Pourquoi craindre le choix?

Pour ce qui est des textes nationaux et internationaux qui ancrent cette primauté des parents dans le choix (pas nécessairement l’exercice) de l’éducation morale et religieuse de leurs enfants, en voici trois: «Que la garde de l'enfant ait été confiée à l'un des parents ou à une tierce personne, quelles qu'en soient les raisons, les père et mère conservent le droit de surveiller son entretien et son éducation» (Code civil du Québec, article 599) et «Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. »(Déclaration universelle des droits de l’homme, article 26, paragraphe 3). Et finalement: «Les États parties respectent le droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Les États parties respectent le droit et le devoir des parents (…) de guider celui-ci dans l'exercice du droit susmentionné» (article 14, Convention des droits de l’enfant).

M. Beauregard prétend que le cours ECR n’est contesté que par 1% de la population. Où M. Beauregard va-t-il chercher ces chiffres? Même un journal peu suspect d'être pour le libre choix en la matière comme le Devoir (il a publié un éditorial intitulé «Vain combat» qui brocardait les parents récalcitrants au cours ECR) admettait que 45% des Québécois étaient contre le cours ECR (sondage août 2008), entretemps un sondage Léger-Marketing en mai 2009 indiquait que 76% des Québécois voulaient que les parents puissent choisir entre le cours ECR et un cours confessionnel.

Armé de si peu de faits, de si peu de chiffres vérifiables, M. Beauregard n’hésite pourtant pas à stigmatiser ceux qui ne pensent pas comme lui: «obscurantisme», «entêtement maladif», «peur panique et viscérale» et «fondamentalistes». Ces mots se veulent convaincants. Qui des parents qui demandent que leurs choix philosophiques soient respectés ou des militants pour l’imposition du cours ECR sont les plus fondamentalistes? M’est avis que les tolérants ne sont pas tous du côté des partisans du cours ECR. Ces partisans devraient mettre en pratique un dialogue plus constructif et montrer qu’ils tolèrent vraiment la diversité d’opinion sur la question plutôt que de recourir à l'invective.

P. Andries




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Ponte du GIEC : grâce à la politique climatique, nous redistribuons de facto la richesse planétaire

Ottmar Edenhofer
Ottmar Edenhofer, de l'Institut de recherche sur le climat de Potsdam (Allemagne), préside le groupe de travail n° 3 du GIEC qui se penche sur les moyens d'atténuer l'impact des changements climatiques.

Dans un entretien à un quotidien important suisse, il a récemment avoué avec franchise que l’objectif des conférences du GIEC n'a plus grand-chose à voir avec la protection de l'environnement. Le prochain sommet mondial du climat à Cancún sera en réalité un sommet d'affaires au cours duquel on discutera de la répartition et de la redistribution des ressources.

Extrait :
Journal — Cela ne ressemble plus à la politique climatique que nous connaissons.

Edenhofer — C'est une erreur fondamentale de séparer la politique climatique des thèmes les plus importants de la mondialisation. Le sommet sur le climat de Cancún à la fin du mois n'est pas une conférence sur le climat, mais l'une des plus grandes conférences économiques depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi ? Parce que 11 000 gigatonnes de carbone reposent dans les réserves de charbon sous nos pieds — et nous ne devons émettre que 400 gigatonnes dans l'atmosphère, si nous voulons respecter l'objectif des 2 degrés [d'augmentation dans la température terrestre]. 11 000 par rapport à 400, on ne peut contourner le fait que la grande majorité des réserves fossiles doivent rester dans le sol.

[...]

Tout d'abord, nous, les pays développés, avons virtuellement exproprié le reste de la communauté mondiale de l'atmosphère de notre planète. Mais il faut dire clairement que, grâce à la politique climatique, nous redistribuons de facto la richesse planétaire. De toute évidence, les pays riches en charbon et en pétrole ne seront pas enthousiastes à ce sujet. Mais il faut se débar­rasser de l'illusion selon laquelle la politique climatique inter­nationale est une politique environ­nementale. Cela n'a en pratique désormais quasiment plus rien à voir avec une poli­tique environ­nementale, comme les problèmes de la défores­tation ou du trou dans l'ozone.

Source : Neue Zürcher Zeitung, Zürich, le 14 novembre 2010




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