dimanche 14 novembre 2010

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?

À son congrès aujourd'hui à Granby, l'ADQ a fait approuver une résolution à la mode dans certains cercles : faire en sorte que l'anglais soit imposé par l'État à tous les jeunes Québécois dès la première année. Idée souvent reprise — comme nous avons pu le vérifier personnellement — par les mêmes qui veulent que l'État s'immisce moins dans la vie des gens, mais voilà ici l'État sert à imposer leur marotte pédagogique et linguistique. C'était au passage la seule résolution au congrès de l'ADQ parlant d'éducation ou de langue (même la  résolution sur une loi sur l'identité québécoise ne parle pas du français parmi les valeurs et coutumes propres du Québec !)

Proposition régionale 2  — adoptée

Un gouvernement de l'Action démocratique du Québec améliorera l'enseignement du français [!] et de l'anglais dans le système éducatif [public, privé ?] et ce, en rehaussant dès la première année du primaire l'apprentissage de la langue seconde tout en laissant le libre choix à la direction de l'école d'adhérer ou non aux programmes d'immersion réalisés au terme du primaire et de choisir la formule la plus appropriée pour son milieu afin de que les enfants deviennent tous bilingues.

Lors du très court débat qui a précédé l'adoption de cette résolution qui avait les faveurs du chef de l'ADQ, on entendit de nombreux slogans y compris le succès des écoles à immersion au Nouveau-Brunswick. Succès pourtant très relatif quand on sait que soixante-quinze pour cent (65 %) des étudiants inscrits en immersion francophone au Nouveau-Brunswick abandonnent le programme. ([1]) Le programme volontaire d'immersion précoce commence d'ailleurs depuis septembre 2008 deux années plus tard au Nouveau-Brunswick : il débutait en première année avant la rentrée 2008, depuis cette date il commence plus tard, en troisième année. ([2])

Mais qu'en pensent les linguistes ? Ci-dessous un article du professeur Gilles Bibeau, docteur en linguistique, Université de Montréal, sur le sujet.
« Depuis maintenant une bonne quarantaine d'années, l'idée de promouvoir l'éducation bilingue précoce, en général dans le monde occidental et en particulier au Canada, s'est répandue comme traînée de poudre. Devant les « insuccès » relatifs de l'apprentissage des langues secondes dans les écoles secondaires traditionnelles, devant l'affirmation de certaines personnes influentes, comme par exemple le neurologue québécois Wilder Penfield qui soutenait que, passé l'âge de 9 ou 10 ans, il était très difficile d'apprendre une langue seconde, devant l'expression de besoins pressant de personnels qualifiés par diverses personnes (chefs d'entreprise, fonctionnaires canadiens, travailleurs québécois, etc.), on a rappelé aux responsables de l'éducation que, dans la vie courante, plus les enfants étaient jeunes, mieux ils apprenaient une langue seconde et qu'il fallait en commencer l'enseignement le plus tôt possible. C'est ainsi qu'au Québec, et dans plusieurs régions du monde, y compris d'autres provinces canadiennes, on a commencé à reculer (ou à avancer) progressivement le début de l'enseignement de la langue seconde au primaire 6e année, 4e année, 3e année, et même 2e et 1re années.

Enfin, le système d'éducation devenait raisonnable en s'alignant sur des conceptions pragmatiques et fonctionnelles. Tout le monde sait que les enfants peuvent apprendre rapidement une langue seconde dans la rue, « sur le tas », et qu'il n'y a pas de raisons de penser qu'il en est autrement dans l'école. De plus, dans un État comme le Québec, où les francophones ne représentent que 2 % de la population de l'Amérique du Nord à grande majorité anglophone, il faut faire le maximum pour que les jeunes apprennent l'anglais. Et le plus tôt sera le mieux! Certaines personnes, moins enthousiastes que les autres quant à la précocité d'un tel apprentissage, considèrent malgré tout que l'allongement du temps consacré à l'enseignement d'une langue seconde ne peut pas nuire et peut même augmenter les chances de l'apprendre. Ces opinions favorables à l'éducation bilingue précoce sont devenues progressivement ce qu'on appelle en ethnologie des stéréotypes sociolinguistiques, c'est-à-dire des convictions toutes faites, des clichés, des automatismes à propos des langues qui finissent par faire partie des intérêts et des valeurs des membres de la communauté linguistique.

Mais les Sciences de l'Éducation, de même que les sciences humaines (psychologie, sociologie, ethnologie, linguistique) appliquées à l'éducation, comme c'est leur fonction normale, ont cherché à décrire et à comprendre ce qui se passe, ce qui favorise et ce qui défavorise l'apprentissage des langues, quels sont les facteurs qui interviennent, dans un sens ou dans l'autre, quelles sont les conclusions à tirer à ce sujet. Et les scientifiques de ces disciplines ont rempli leur fonction de manière très sérieuse et très étendue dans plusieurs régions du monde, dont le Canada, les États-Unis, le Japon, plusieurs pays d'Europe et d'Afrique. L'UNESCO même, qui avait recommandé en 1953 de faire débuter l'éducation scolaire dans la langue dite vernaculaire, a fait faire en 1974-75 des recherches descriptives sur cette question dans huit pays différents, avec la collaboration de chercheurs réputés.

Quelles sont donc les conclusions de cette expertise internationale ?

À propos de l'âge

Les résultats des recherches descriptives et des comparaisons d'expériences pédagogiques vont à peu près tous dans la même direction : à l'école, contrairement à la situation naturelle (dans la rue ou sur le tas), l'apprentissage des langues secondes réussit mieux à un âge plus avancé. Dans les systèmes scolaires institutionnalisés, les jeunes adultes (18-30 ans) apprennent mieux et plus rapidement que les adolescents et retiennent davantage ce qu'ils ont appris, et les adolescents (12-17 ans) apprennent mieux, plus rapidement et plus efficacement que les enfants du primaire (6-11 ans). Ce sont là des résultats stables, répétés dans plusieurs contextes et avec différentes méthodes d'enseignement. Il existe à ce sujet une documentation abondante et des références internationales nombreuses (Burstall, Carroll, Harley, Singleton, Stern). Ce qui peut expliquer en partie ces résultats c'est le niveau de développement intellectuel plus élevé chez les élèves plus avancés dans la scolarisation. Dans une bonne mesure, la langue seconde est une matière scolaire comme les autres.

Il en va pour l'anglais langue seconde au Québec comme pour n'importe quelle autre langue seconde : dans le milieu scolaire, on peut affirmer avec assurance que, règle générale et à conditions pédagogiques égales, les élèves du secondaire l'apprendront mieux, plus rapidement et plus efficacement que les élèves du primaire. Il n'y a pas de raisons «  sérieuses » de commencer l'enseignement de l'anglais au primaire, surtout au premier cycle du primaire, et à plus forte raison lorsque les conditions d'enseignement sont déficientes. Même les célèbres classes d'immersion canadiennes (français langue seconde) donnent d'aussi bons ou de meilleurs résultats au secondaire qu'au primaire. Et on arrivera aux mêmes conclusions avec les classes intensives d'anglais du Québec lorsqu'elles se tiendront au secondaire, comme cela se fait déjà dans quelques écoles, et qu'on pourra faire des comparaisons. Dans les deux cas, l'idée de les maintenir aussi systématiquement au primaire dépend surtout de problèmes d'organisation scolaire au secondaire et des stéréotypes sociolinguistiques évoqués plus haut. Et les décisions politiques, fondées essentiellement sur les stéréotypes sociolinguistiques, ne coïncident d'aucune manière avec les conclusions scientifiques. Dans les faits, on décide d'accorder plus d'importance aux stéréotypes des parents et de l'environnement qu'au développement personnel des enfants, ou encore davantage, comme on le verra plus loin à leur sécurité linguistique et socioculturelle.

Mais les conclusions scientifiques ne portent pas uniquement sur l'âge des apprenants. Elles touchent également plusieurs autres facteurs qui jouent un rôle souvent déterminant dans l'apprentissage des langues secondes.

Autres facteurs

samedi 13 novembre 2010

Pays-Bas — journaliste menacée de mort pour ses opinions sur l'avortement et la doctrine catholique

Mariska Orban de Haas
La nouvelle rédactrice en chef du Katholiek Nieuwsblad des Pays-Bas,  Mariska Orban, a révélé à quel point les catholiques conservateurs font l'objet d'une violente campagne médiatique dans son pays.

Elle a reçu un nombre impressionnant de courriels parmi lesquels plus de 100 menaces de mort. Une dizaine de menaces ont été publiées  sur internet évoquant la manière dont on allait la torturer. On l'a déguisée en diable.

Une telle explosion de haine est, selon elle, révélatrice. Racontant les menaces et agressions qu'elle a subies, Mariska Orban de Haas a précisé qu'elle travaille depuis des années comme journaliste dans le pays le plus libertaire de l'Europe, et qu'il lui est déjà arrivé « souvent » de « chercher à s'approcher des limites ». « Jamais il n'y a eu de telles réactions. Cela m'arrive maintenant que je suis journaliste catholique. »


Interrogée à la radio évangélique Evangelische Omroep sur les « erreurs de communication » et le « manque de sensibilité » de certains catholiques (Benoît XVI, Mgr Léonard primat de Belgique, elle-même), Mariska Orban précise qu'en général, la presse cherche à obtenir des déclarations qu'elle va ensuite citer hors contexte pour en faire de bons papiers scandaleux contre l'Église catholique. Qu'on peut passer les bornes dans n'importe quelle matière, sauf celle-là. Et que « la liberté d'expression, c'est pour tout le monde, sauf quand il s'agit d'exprimer le point de vue catholique ».

Sans doute parce que c'est le seul qui tranche vraiment avec l'air du temps en Europe. Notons que les présentateurs de la radio évangélique n'avaient rien à redire sur le fond des affirmations de ces catholiques, mais sur la manière dénuée de sensibilité de le faire... On se demande  comment dire avec sensibilité que l'avortement tue, que la promiscuité et la sodomie sont des comportements à risques ? En se taisant ?


Source : Evangelische Omroep (très progressiste). On peut y entendre en néerlandais l'entrevue de Mariska Orban.




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Que lire de 5 à 11 ans ?

Guide à l’usage des familles, des écoles et des bibliothèques.

À la maison, la lecture du soir est un moment de complicité partagée entre les adultes et les plus petits. Pour les enfants plus grands, c'est une fenêtre grande ouverte sur la liberté. À l'école, un silence absolu laisse vibrer la voix de la maîtresse, changée en celle du héros ou du « méchant ». À la bibliothèque, l'heure du conte est attendue avec impatience.

Mais comment s'y retrouver parmi les milliers de titres proposés chaque année ? Quels livres méritent-ils vraiment d'être lus par de jeunes lecteurs, alors que leur sensibilité et leur vision du monde sont en pleine construction ? C'est à nous de choisir quelle culture nous souhaitons leur transmettre à travers leurs premières lectures.

Les éditions TerraMare, au terme d'une longue enquête, a privilégié des livres écrits « en bon français », riches en vocabulaire et joliment illustrés. Leur souhait a été de proposer des œuvres mettant en scène des héros positifs auxquels les enfants puissent s'identifier, qui les enthousiasment et leur donnent envie de se lancer à leur tour dans l'aventure de la vie. L'humour et le réalisme y font bon ménage avec la poésie et le rêve.

Auteur : Anne-Laure Blanc
Éditeur : Les éditions TerraMare
Date de parution : Septembre 2010
Nombre de pages : 280 pages
Format : 10 cm par 19 cm
ISBN : 978-2-918677-12-3




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France — L'école libre primaire Ker Lann

École primaire libre française : école non subventionnée qui applique son propre programme et sa propre pédagogie.





Un reportage réalisé par France 5, dans le cadre de l'émission « Maternelles » sur l'école libre de Ker Lann.





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« Les parents font partie de l'équation »

La nouvelle ministre du Monopole de l'Éducation, Line Beauchamp, joint sa voix à celle du premier ministre pour interpeler les parents sur leur rôle et leurs responsabilités. « Il y a une publicité télé et radiophonique qui est diffusée où on illustre ça en disant que les parents font partie de l'équation. Et c'est exactement le même message que livrait M. Charest. Ce n'est pas un message nouveau du gouvernement, on a décidé de mettre l'accent là-dessus », a dit la ministre en parlant d'une position assumée.

Il est certain que les parents ont un rôle et une responsabilité et il est bon de l'entendre dire de la part de l'État. Encore faudrait-il que l'État ne les « tasse » pas, ne les évince pas quand ils veulent justement avoir leur mot à dire sur les programmes que leurs enfants devront suivre, la pédagogie que leur école adoptera, le bulletin que celle-ci utilisera et pourquoi pas le type d'examen que leurs enfants passeront. Car s'il y a choix de pédagogie et de programme, il doit y avoir des examens différents organisés au besoin par des organismes tiers. Cela se pratique dans d'autres pays où l'on peut choisir entre l'examen du ministère de l'Éducation local, des examens de type baccalauréat international, le baccalauréat français (c'est déjà le cas au Québec) et les examens communs d'entrée de différentes universités regroupées à cet effet.

Faut-il revenir ici sur la bataille autour du cours ECR ? Le slogan des parents réfractaires n'est-il pas justement : « C'est aux parents de choisir, pas au gouvernement ! » ? Qu'a fait le gouvernement devant ces parents qui voulait avoir le choix de la formation morale, philosophique et religieuse de leurs enfants ? Il s'est obstiné à dire et à faire en sorte qu'aucune exemption ne serait accordée, il savait lui ce qui était bon pour les enfants de ces parents trop jaloux de leurs prérogatives de premiers éducateurs.  Quel message a-t-il envoyé à tous les parents ? Qu'il faut se payer un avocat, débourser une petite fortune et aller jusqu'en Cour suprême pour espérer avoir son mot à dire dans la transmission de ses valeurs morales et philosophiques à l'école ?

Il en va de même des réformes pédagogiques imposées d'en haut et en rien sollicitées par les parents et dont l'utilité n'a en rien été démontrée. D'aucuns pensent que ces réformes de programme ont justement été imposées pour réaliser une coupure entre les parents et l'école, afin que les enfants de parents bien éduqués se retrouvent aussi démunis que les autres devant le nouveau langage hermétique adopté par le Monopole de l'Éducation. Le tout bien sûr avec la noble intention de donner la même chance à tous et de briser la reproduction des élites chère à Bourdieu.

Enfin, comme une image vaut mille mots, prenons ce diagramme :


Me Bélisle va poser quelques questions à son sujet lors du procès de Drummondville à M. Jacques Pettigrew responsable du programme ECR auprès du Monopole :


Me Bélisle – Est-ce qu’il y a une autre galaxie qui n’est pas là, qui devrait être là avec celle-là? Vous ne savez pas ?

M. Pettigrew – Je ne sais pas à quoi vous vous référez.

Me Bélisle – La galaxie des valeurs et des croyances des parents ? [pas de réponse] Oui ou non ? [pas de réponse] Pourquoi on n’en tient pas compte dans tout ce beau schéma technocratique qui est là de couleurs ? Pourquoi on ne tient pas compte de l’autorité parentale ? Des croyances et des valeurs des familles et des parents ? Pourquoi ?

M. Pettigrew – Tout ce que je peux dire c’est que c’est le programme de formation de l’école québécoise et tout le programme, évidemment, tient compte de… ne propose rien qui doit aller à l’encontre… euh..

Me Bélisle – C’est votre opinion, mais les parents ne sont pas là. Ils ne sont pas dans la galaxie. Okay, c’est beau.











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vendredi 12 novembre 2010

Jamais aussi peu de naissances en Allemagne depuis 1945

Les Allemands et les étrangers en Allemagne n'ont fait que 665.126 bébés l’année passée. La natalité est ainsi à son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, malgré les efforts budgétaires du gouvernement d'Angela Merkel en faveur de la politique familiale.

Le Bureau fédéral des statistiques de Wiesbaden rappelle qu'il y avait eu 682.514 naissances en 2008 et 770.774 en 1999. En 1945, alors que s'écroulait le IIIe Reich, il y avait eu 520.000 naissances.

L'Allemagne, qui compte 82 millions d'habitants, a l'un des taux de natalité les plus bas d'Europe. À titre d’exemple, 828.404 bébés sont nés en France en 2008, pour une population totale de 64,3 millions d’habitants.

Cette baisse est notamment imputable au recul du nombre de femmes en âge de procréer (de 15 à 49 ans), explique Destatis. Il naît ainsi dans la principale économie de la zone euro moitié moins d'enfants qu'en 1964.

En moyenne, une femme avait 1,36 enfant en Allemagne en 2009, contre 1,38 en 2008, selon la même source. Alors que le nombre de naissances a diminué chez les femmes les plus jeunes l'an dernier, il a en revanche continué de croître chez les femmes de plus de 33 ans, relève Destatis.

L'Allemagne a l'un des taux de natalité les plus faibles en Europe qui s'explique selon certains par la difficulté de concilier emploi et famille. Le gouvernement allemand a notamment promis de créer des milliers de places de crèches.




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Le rôle des femmes dans les religions selon le livre ECR d’ERPI pour la 2e secondaire

Comparaison du traitement dans les descriptions du rôle de la femme dans diverses religions telles qu’elles apparaissent dans le cahier de savoirs et d'activités de la maison d'édition ERPI « vivre ensemble 2 » destiné à la 2e secondaire. Ce cahier de savoirs et d'activités fait plus de 220 pages.

On y remarque une certaine concentration sur l’ordination ou non des femmes aux charges religieuses pour le catholicisme, le protestantisme et le judaïsme, mais le passage sous silence de cet aspect pour l’islam et la spiritualité autochtone.

En général, on note l’appel aux nuances et une certaine apologie (Mahomet aurait amélioré la situation des femmes en Arabie) quand il s’agit de l’islam et d’un grand lyrisme quand on parle de la spiritualité autochtone et du rôle traditionnel que les femmes y jouent.

On trouvera donc ci-dessous une description du rôle des femmes selon le livre d'ERPI. Pour chaque religion, nous avons produit sous la forme d'un tableau les éléments suivants :
  1. le pourcentage de cette religion au Québec selon le recensement de 2001 (ERPI rappelle ce chiffre sauf dans un cas);
  2. le texte d'ERPI qui décrit le rôle des femmes dans cette religion;
  3. les illustrations qui apparaissent sur la page où se trouve le texte descriptif cité ci-dessus (plusieurs thèmes sont abordés sur la même page) et
  4. des remarques de notre cru sur le traitement adopté par ERPI.

Catholicisme
Pourcentage au Québec (2001)83,4 %
Description du rôle des femmes« Le rôle de la femme dans l’histoire de l’Église a été variable. Marie, vierge et mère, est le modèle de la parfaite féminité. Les femmes ont une place importante, mais ne peuvent devenir prêtres. »
Illustrations de la pageMain avec hostie lors de la communion et Mère Teresa de Calcutta
Remarques
• Ton factuel.
•  Vague (« a été variable »).

Protestantisme et anglicanisme
Pourcentage au Québec (2001)4,7 %
Description du rôle des femmes« Dans certaines églises protestantes, depuis les années 1960, les femmes, mariées ou non, peuvent devenir pasteures et évêques. »
Illustration de la pageFemme noire pasteure.
Remarques
• Le protestantisme comprend de très nombreux courants (quel rapport entre les Amish et les unitariens ?), le cachier de savoir et d'activités choisit d’illustrer et de ne parler que d’une minorité du protestantisme. La plus « progressiste ».
• Le texte ne parle que des ordinations et pas de la place sociale de la femme.

Islam
Pourcentage au Québec (2001)1,5 %
Description du rôle des femmes« Cette question est complexe. L’arrivée de Muhammad [Mahomet], au 7e siècle, améliore la situation de la femme. De nos jours, cela varie d’un pays à l’autre. La femme peut être traitée comme l’égale, alors qu’ailleurs, elle sera traitée comme inférieure. En Iran, par exemple, la femme a droit de vote, mais pas au Koweït. »
Illustration de la pageUne femme voilée enseignant dans une école coranique.
Remarques
• Pourquoi ici la question serait-elle plus complexe ici qu’ailleurs ? Pour imposer de prendre des pincettes ?
• En quoi Mahomet a-t-il amélioré la situation des chrétiennes et des juives très nombreuses dans la péninsule arabique du VIIe siècle ?
• On aurait pu signaler plus haut, comme l'historien Jacques Le Goff, que « Le christianisme a libéré les femmes », on ne l'a pas fait. Voir aussi ici.
• Combien de femmes sont imams, muezzines, muftis, oulémas ou mollahs ? Excessivement peu : 200 imams conseillères en 2007 au Maroc par décision gouvernementale sur 42 000 mosquées, elles n'ont pas le droit de diriger la prière. Mais on n'en parle pas contrairement au christianisme. Tout à coup la fascination pour l'ordination des femmes disparaît.
• Depuis 2005, la femme a le droit de vote au Koweït (ce livre vient pourtant de sortir en août 2008!).

Judaïsme
Pourcentage au Québec (2001)1,3 %
Description du rôle des femmes« Les femmes peuvent être rabbins dans les courants réformés et chez certains conservateurs. Le judaïsme orthodoxe donne un rôle traditionnel à la femme. »
Illustration de la pageNaahman Kelman, première femme ordonnée rabbin  en Israël en 1992.
Remarques
• Il s’agit toujours d’un mouvement très minoritaire, on ne le dit pas.
• La première femme juive libérale a été ordonnée en 1935, à Berlin. Il a ensuite fallu attendre 1972 pour les États-Unis. Aujourd'hui, elles seraient 800 dans le monde, dont 500 dans le mouvement libéral principalement aux États-Unis. Il n'y a que deux femmes rabbins pour 500 000 juifs en France.

Spiritualité autochtone
Pourcentage au Québec (2001)0,01 %
Description du rôle des femmes« La femme représente la Terre-Mère et incarne la fécondité. Elle veille à la croissance et à la socialisation des enfants. Toutes les activités des femmes feront d’elles des Gardiennes de la vie.»
Illustration de la pageGrande carte des 11 nations autochtones du Québec, aucune illustration de femme religieuse de la spiritualité autochtone. Comme si être autochtone voulait dire être un adepte de la spiritualité autochtone...
Remarques
• Ton lyrique, valorisant (beaucoup de majuscules !)
• Alors que pour les autres religions le livre donne le nombre d'adeptes selon le recensement 2001, ici le livre donne le nombre d’Amérindiens et d’Esquimaux au Québec alors que la très grande majorité de ceux-ci se déclare chrétiens ! D'une certaine manière, cette héridité spirituelle (vous êtes né amérindien vous devez être de spiritualité autochtone) est exactement ce que le programme d'ECR semble refuser aux jeunes Québécois d'origine européenne : il faut en faire des jeunes « autonomes », les libérer de leurs traditions, les laisser choisir leur spiritualité dans un monde multiple et divers (son de violons politiquement correct ici).
• Aucune information sur le rôle des femmes lors des rites : sont-elles femmes-médecines, chamanes ? Faut-il comprendre de ce silence qui semble embarrassé qu'aucune ne peut l'être ?
• Ce rôle féminin — célébré ici sans complexe — est décrit comme « traditionnel » (souvent un mot-code pour « rétrograde ») dans le cas des juifs orthodoxes.

Suisse — les croix resteront dans les écoles lucernoises

Localisation du canton de Lucerne
Le gouvernement lucernois a pris position en faveur des symboles chrétiens dans les écoles publiques.

Les croix et crucifix (croix avec la figure du Christ) devraient pouvoir rester accrochés sur les murs des écoles lucernoises. Le gouvernement cantonal a pris position mardi après un mois de discussions publiques animées.

Les crucifix devraient aussi pouvoir rester généralement aux murs dans les écoles lucernoises. Le gouvernement cantonal a pris position mardi après un mois de discussions publiques animées. C’est le père de deux enfants d’une école de la commune de Triengen qui avait ravivé la question en exigeant que les crucifix de l’établissement soient décrochés. Depuis, le débat s’est échauffé, encore alimenté par le licenciement en Valais d’un enseignant qui avait refusé de suspendre un crucifix dans sa classe.

Dans sa prise de position, le gouvernement lucernois s’en est remis à la tradition chrétienne du canton. « Les croix sont aujourd’hui un symbole auquel n’est pas rattachée une seule appartenance religieuse », affirme-t-il, cité par la Neue Luzerner Zeitung. Il soutient la place du crucifix – soit la croix surmontée de l’image du Christ – et de la croix dans les classes. « Les crucifix peuvent rester accrochés tant qu’ils ne dérangent pas.» Si tel n’est pas le cas, ils seront, après discussion, remplacés par des croix.

Le gouvernement, sommé de réagir et d’édicter une ligne de conduite par le postulat d’un parlementaire UDC, approuve donc l’attitude choisie par Triengen. Les autorités du village avaient, suite aux remarques opposées aux crucifix, proposé de les remplacer par des croix, plus neutres. Membre de l’Association suisse des libres penseurs, le parent d’élève hostile à ces symboles, fondait lui sa requête sur un arrêt du Tribunal fédéral datant de 1990. Celui-ci stipule que l’exigence de neutralité confessionnelle des écoles publiques a été violée par la décision d’une commune tessinoise d’imposer un crucifix dans les salles de l’école primaire.

Depuis, la famille allemande objet de l'hostilité de nombreuses familles suisses de la région a décidé de quitter Triengen.




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jeudi 11 novembre 2010

Priorité aux soins palliatifs, méfiance grandissante face à l'euthanasie

Les résidents du Québec sont de plus en plus préoccupés par les répercussions qu'aurait la légalisation de l'euthanasie sur les membres les plus vulnérables de la société, selon un nouveau sondage.

Une proportion étonnante de 81 % des Québécois interrogés par Environics Research expriment maintenant la crainte que, si l'euthanasie est légalisée, on ne mette fin à la vie des personnes malades, âgées ou ayant des handicaps sans leur consentement. C'est 8 % de plus qu'un sondage semblable effectué par Environics en 1989. La proportion a augmenté de 15 % parmi les résidents de Montréal.

Le sondage, effectué en septembre, montre que 69 % sont d'accord avec la légalisation si le patient consent; c'est une baisse de 6 % par rapport à 2009. Et même chez ceux qui sont « plutôt en faveur » de la légalisation, 76 % craignent que la vie de certains ne soit mise en danger.

Ce sondage d'opinion publique est tenu au moment où une commission de l'Assemblée nationale du Québec examine la question de mourir dans la dignité.

D'après le sondage, 75 % des gens craignent aussi que des pressions ne soient exercées sur les personnes âgées pour qu'elles acceptent l'euthanasie afin de réduire les coûts croissants des soins de santé; c'est 10 % de plus qu'il y a un an.

À la question de savoir si la grande priorité du gouvernement devrait être de légaliser l'euthanasie ou d'améliorer les soins palliatifs aux mourants, 60 % ont dit que c'était d'améliorer les soins palliatifs; seulement 29 % ont dit que la légalisation de l'euthanasie devrait avoir priorité.

Ce sondage de 500 résidents du Québec est considéré exact avec une marge d'erreur de 4,4 %, 19 fois sur 20.

« Le débat en cours au Québec sur la mort est sain », a dit Monica Roddis, présidente intérimaire de VieCanada, l'organisation qui a commandé le sondage. « Il a été réellement important que les professionnels de la santé, les médecins et les infirmières qui travaillent auprès de ces personnes vulnérables aient pris la parole pour décrire leurs besoins. Cela contribue sans aucun doute à ce changement de l'opinion publique, que certains peuvent trouver surprenant.

« Les gens sont maintenant plus préoccupés que jamais au sujet des conséquences qu'aurait l'euthanasie sur les personnes plus faibles et plus dépendantes. »

Le sondage a également été effectué auprès des autres Canadiens, et il a révélé que ce sont les résidents du Québec qui ont le plus haut degré de préoccupation sur les conséquences possibles de la légalisation.

« C`est peut-être parce que les Québécois ont une compassion et une sollicitude particulières pour les personnes marginalisées et démunies, » a dit Mme Roddis.




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mardi 9 novembre 2010

Régis Debray : « L'idéologie du sans-frontière est l'idéologie du riche et du fort »


Régis Debray, écrivain et médiologue, sur France-Culture ce 9 novembre 2010.
Auteur de Éloge des frontières (éd. Gallimard)




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