jeudi 1 mai 2008

Marche le 3 mai à Sherbrooke

Vous croyez que l'école doit servir les parents et non l'État et ses experts qui désirent imposer leurs valeurs aux enfants des autres ?

Vous croyez que, en matière de morale et de foi, l'État devrait respecter le choix des parents ?

Une marche se tiendra à Sherbrooke le 3 mai pour dénoncer l'imposition du cours d'éthique et culture religieuse et réclamer la liberté de choix .

Le Québec est le seul endroit dans le monde où un cours à saveur multireligieuse est imposé à sa population. Pour la CLE, une coalition multiconfessionnelle pour la liberté en éducation, il s’agit d’une violation patente et gravissime de la liberté de conscience et de la Convention internationale des Droits de l’Homme.

À la suite du rejet récent (avril 2008) par le MLQ (Mouvement laïc du Québec) du cours imposé par le Monopole de l’Éducation, il appert que 95 % de la population du Québec, par la voix de ses institutions religieuses et philosophiques, rejettent maintenant ce cours forcé par l’État. Tous maintenant commencent à comprendre qu’il ne s’agit pas d’une simple affaire de religion ou d’éthique, mais de la perte d’un droit fondamental de la liberté de conscience de toute personne humaine (athées ou croyantes).

LIBERTÉ DE CONSCIENCE

Marche à Sherbrooke

Samedi le 3 mai 2008 à 13 h 30

Rassemblement devant l’Hôtel Delta ; 2685, rue King Ouest

Départ : 13 h 45 sur la rue King

Retour : 14 h 10 à l’Hôtel Delta

Brefs discours, remise de demandes d’exemption du cours, pétitions

Fin du rassemblement vers 14 h 40

Vous avez le droit de choisir !

infos<arrobe>coalition-cle.org   Tél. : 1-888-839-6236   www.coalition-cle.org

Conformisme inculqué et tabous

Extrait de la chronique hebdomadaire de Me Julius Grey :
« Notre société continue de réprimer les paroles qui paraissent blessantes ou haineuses, sans comprendre la nature étouffante de ce type de législation et le danger que des choses importantes mais impopulaires deviennent difficiles à exprimer.

On vient de rendre public le contenu des cours d'éthique et de culture religieuse pour nos écoles. Hélas, ce cours est un autre exemple de rectitude politique et de répression de la pensée indépendante.

Notre peur d'offenser nous empêche de discuter des sectes. De plus, on ne parle qu'en bien de toutes les religions et on omet de mentionner l'athéisme ou la morale sans religion comme alternatives légitimes.

Pourtant, l'humanisme laïc et le rejet de toute religion sont des éléments très importants dans la tradition occidentale.

Chacun de ces accrocs à la liberté est plutôt mineur. Toutefois, ensemble, ils présagent une société qui garde les formes d'une démocratie mais impose un conformisme rigoureux.

Une société où le concept douteux de « droit collectif » non seulement remplace la solidarité entre individus, qui était à la base de grandes réformes sociales au 20e siècle, mais obtient une préséance sur les libertés individuelles.

Bref, une démocratie totalitaire. »
Qui est vraiment pour l'imposition de ce cours unique à tous les enfants &mdash même dans les écoles privées et confessionnelles — pendant toute leur scolarité obligatoire ?

Ni les catholiques, dont même les évêques mous ne sont que résignés à ce fait, ni les évangéliques, ni les coptes orthodoxes, ni les athées et agnostiques du MLQ, ni Me Julius Grey...

Il doit rester les zélateurs habituels du correctivisme politique le plus navrant, les adeptes de la tolérance institutionnelle pour le bien public et la fondation d'un « Québec multiculturel et métissé ». Tolérance sauf en cette matière, bien sûr, car il n'est pas question de choix chez eux pour les enfants des autres !

mardi 29 avril 2008

Très bons résultats des élèves québécois dans une étude pancanadienne, mais leur taux de participation est nettement plus bas

Selon le rapport du Programme pancanadien d'évaluation (PPCE), publié par le Conseil des ministres de l'Éducation du Canada sous le titre Évaluation du PPCE-13 de 2007, les élèves québécois de 13 ans sont parmi les meilleurs au Canada.

Ils arrivent premiers en lecture et en mathématiques, et deuxièmes en sciences, selon un rapport du Conseil rendu public hier. Les francophones du Québec font étonnamment nettement mieux (532±6) que leurs homologues anglophones dans le domaine de la lecture (479±5), où ± x représente l'intervalle de confiance.

Quelque 20 000 jeunes de 13 ans de tout le pays ont participé au programme pancanadien d'évaluation (PPCE).

En sciences, les écoliers québécois se placent au-dessus de la moyenne canadienne. Ils sont toutefois devancés dans cette matière par les jeunes Albertains qui ont obtenu la meilleure moyenne.

Très faible taux de participation des Québécois

Alors qu'en Ontario 90 % des étudiants sondés ont pris part à l'enquête, seuls 64,7 % des jeunes Québécois francophones y ont participé. La moyenne canadienne (y compris les Québécois) est de 83,9 % de participants.

Au Québec, quelque 27,4 % des parents d'élèves francophones ont refusé que leur progéniture participe aux examens. Ce taux de refus n'est que de 19 % chez les anglophones québécois.

L'étude ne précise pas quel impact ce faible taux de participation a pu avoir sur les résultats obtenus.

lundi 28 avril 2008

Scepticisme à La Presse quant à l'opportunité du cours d'ÉCR

Éditorial instructif dans la Presse de ce lundi, où l'on nous dit que « la transition de l'école confessionnelle à l'école laïque ne se fera pas sans heurts ». Il s'agit des heurts probables qu'engendra le nouveau cours obligatoire d'Éthique et de culture religieuse que Mme Courchesne veut imposer à grands frais, quitte apparemment à outrepasser ses droits.

Remarquons, une nouvelle fois, que ce cours controversé sera également imposé aux écoles privées confessionnelles et non seulement aux écoles publiques dites laïques. On verra également qu'en réalité l'éditorialiste ne craint pas uniquement une transition douloureuse, mais que ce programme posera des difficultés permanentes en obligeant les enfants à s'identifier en termes religieux (« relater leur vécu ») par rapport à leur camarade, ce qui est pour le moins paradoxal pour des écoles qui se veulent désormais laïques :
Que dira-ton [sic] aux enfants lorsque viendra le temps d'aborder la question de la non-croyance? (Pour compliquer les choses, le mot « athéisme » ne fera pas partie du vocabulaire employé dans les manuels. Dans un excès de rectitude politique qui frise le ridicule, le Ministère a jugé que ce terme était péjoratif)
Il n'est pas évident que la rectitude politique soit à l'origine de cette occultation lexicale récente, il est plus probable qu'il s'agisse de ne pas effrayer les parents croyants qui avaient déjà dénoncé le fait que l'athéisme serait enseigné à leurs enfants.
Au Ministère, on répond que lors d'une discussion sur la naissance, par exemple, l'enseignant pourrait aborder les différents rites tout en faisant une place à ceux qui ne pratiquent pas. L'enfant baptisé pourrait apporter la bougie de son baptême, et celui qui n'a pas été baptisé raconterait que ses parents avaient tout de même organisé une petite fête... Cet exemple illustre parfaitement le cœur du problème: le nouveau cours créé [sic] un contexte où l'enfant doit se positionner et se définir par rapport à une religion. L'identité de l'Autre reposera en partie sur son appartenance religieuse. Résultat: ce qu'il risque de retenir, c'est que son copain Mohamed est musulman et que la petite Noémie est catholique. N'est-ce pas trahir l'esprit de la loi sur la laïcité qui devrait faire de l'école un espace neutre, sans référence au religieux?
L'éditorialiste préconise enfin, de façon quelque peu malhabile, que « [l]es religions devraient être enseignées dans un cours d'histoire ». On devine qu'il s'agit, plutôt que d'enseigner les religions censées sortir de l'école laïque, d'enseigner les grands faits historiques et sociologiques relatifs aux religions.

L'idée n'est pas sotte. Toutefois, quand on considère l'affligeant correctivisme politique du nouveau programme d'histoire pondu par le Monopole, on peut craindre le pire. Il faut enfin savoir si ce cours d'histoire incorporant plus de faits religieux serait une nouvelle fois imposé à toutes les écoles ou s'il existerait un choix, élément si rare au Québec dans le domaine de l'enseignement.

vendredi 25 avril 2008

« Abus de pouvoir » de la ministre du Monopole, Mme Courchesne

La Coalition pour la liberté en éducation continue à conseiller aux parents de signer un formulaire d'exemption pour le cours Éthique et culture religieuse qui fera son entrée dans les écoles à l'automne.

Lors de la conférence de presse tenue ce vendredi à Montréal pour annoncer leur prochaine marche à Sherbrooke, le 3 mai, les représentants de la Coalition se sont présentés en mentionnant leur affiliation religieuse : la présidente est catholique, la vice-présidente est évangélique. Le président de l'Association copte orthodoxe du Grand Montréal et un sociologue presbytérien les entouraient.

Même si la ministre de l'Éducation, Mme Courchesne, a averti que toutes les demandes d'exemption seront rejetées, la coalition affirme que Mme Courchesne usurpe la juridiction des organismes (les écoles privées et les commissions scolaires) qui doivent prendre cette décision.

L'avocat de la Coalition pour la liberté en éducation, Me Jean-Yves Côté, constate que bien des droits sont bafoués pour implanter ce cours. Il promet d'aller en Cour supérieure pour défendre les droits des parents et dénoncer l'abus de pouvoir de la ministre.

Pour sa part, selon Radio-Canada, la ministre Courchesne promet d'aller jusqu'au bout et de poursuivre sa croisade pour imposer ce cours.


Écoutez le reportage

jeudi 24 avril 2008

« Éthique et culture religieuse — Un utopisme malfaisant »

Lettre ouverte de Mathieu Bock-Côté, candidat au doctorat en sociologie à l'UQAM, écrite au vitriol dans le Devoir de ce jeudi 24 avril.

Quelques extraits :
« Avec la mise en ligne d'une vidéo faisant la promotion du programme Éthique et culture religieuse, la nomenklatura qui contrôle le ministère de l'Éducation s'est dévoilée. Au sens propre, cette vidéo verse dans un marketing idéologique caricatural qui rappelle la vieille propagande du régime soviétique, à la fois par la méthode et par le ton.

Enfants, pédagogues et parents y sont conscrits avec un air de benêt satisfait hochant la tête avec enthousiasme devant les injonctions du régime. Les premiers y répètent comme il se doit le catéchisme qu'on leur a appris. Les seconds reprennent les appels au «dialogue» et à la nécessité de lutter contre ce qui peut lui faire obstacle. Quant aux derniers, ils témoignent du fait que le programme n'a aucunement confirmé les craintes qu'ils pouvaient avoir devant son application et qu'il respecte à sa manière l'héritage culturel du Québec.

[...]

Mais le cœur du problème est ailleurs: on y voit surtout à quel point l'école est rendue loin dans sa conversion multiculturelle. Ce n'est pas sans raison que le programme Éthique et culture religieuse s'inscrit de plus en plus dans le débat public. C'est qu'on y trouve véritablement l'expression caricaturale de ce dévoiement progressiste de l'école qui s'est placée au service d'une idéologie.

[...]

Il y a longtemps que l'école a cessé de travailler à l'éducation de la jeunesse. Désormais, elle travaille plutôt à sa rééducation pour devenir un lieu de socialisation permettant la déconstruction, dès l'enfance, de l'identité nationale. Ce qu'on souhaite, c'est la reprogrammation de la jeunesse contre la culture que la société pourrait leur transmettre. C'est ce que les concepteurs du programme appellent l'aboutissement d'un long parcours dans la conformité au pluralisme.

Il faut être franc : ce qu'on demande ici à l'école, c'est de construire de toutes pièces par ses programmes un nouveau peuple, mieux disposé envers le multiculturalisme et relativement étranger à l'expérience historique de la collectivité. Derrière certaines expressions comme « éducation à la tolérance » et « sensibilisation à la différence », c'est une véritable haine de soi qu'on inculquera à une jeunesse devenue étrangère à sa propre culture.

On l'a insuffisamment rappelé, mais le programme Éthique et culture religieuse s'articule parfaitement avec le nouvel enseignement de l'histoire qui met de côté la dimension nationale pour le calibrer plutôt dans le registre du multiculturalisme le plus actif. Car ce dernier est en fait un nouveau régime politique qui, à défaut de reposer sur le consentement du Québec des adultes, a décidé d'accoucher au sein même des écoles d'un peuple qui ne le contestera plus.

Intoxiquée par l'idéologie multiculturaliste, la technocratie pédagogique s'est retournée contre le Québec. Le Québec historique n'est plus désiré par l'idéologie multiculturelle qui transformera la société en grand laboratoire à ciel ouvert où les ingénieurs sociaux pourront s'amuser avec des enfants devenus cobayes.

Le multiculturalisme est porteur de l'utopie d'une société postnationale et postoccidentale, une utopie qui entre en crise partout dans le monde, la crise des accommodements raisonnables en ayant témoigné au Québec. Mais c'est le propre des utopies malfaisantes de se radicaliser au moment de leur entrée en crise. Ainsi, pour les pluralistes, ce n'est jamais parce que leur vision du monde est allée trop loin qu'elle génère des convulsions sociales, mais parce que ses principes ont été insuffisamment appliqués.

Certains esprits cocasses se réjouissent de la laïcisation de l'école alors qu'on s'apprête à la confier pour de bon à un nouveau clergé, au service de la religion multiculturelle, avec ses dogmes et son catéchisme. Combien d'événements semblables devront-ils se produire pour qu'émerge enfin dans le domaine public cette coalition du bon sens que réclame le Québec réel et qui non seulement freinera l'implantation du régime multiculturel, mais entreprendra sa révocation pan par pan, pour engager notre société dans une autre direction?

Ce n'est pas d'un « pragmatisme » de pacotille qu'a besoin la société québécoise en ce moment, mais bien d'une mise en procès de la dynamique institutionnelle qui a enclenché la liquidation accélérée de son expérience historique. Le ministère de l'Éducation s'est retourné contre la culture québécoise. Il est temps d'en tirer les conséquences. Au-delà de la seule suspension impérieuse de ce programme, il faut profiter du malaise qu'il génère pour formuler un tout autre discours sur l'éducation qui permettra enfin d'ouvrir le chantier de sa restauration. »
Pour les auteurs de ce carnet, le remède est tout simplement la suppression du Monopole de l'Éducation. Or, si on peut émettre une critique de fond sur la lettre ouverte de M. Bock-Coté, c'est qu'il semble appeler de ses vœux une restauration du Monopole et non sa fin.

M. Bock-Côté paraît vouloir une école qui imposerait aux élèves une vision plus nationale, plus québécoise et non d'une école libre. Nous ne sommes pas contre les visions nationales en matière d'Histoire ou de valeurs, mais nous pensons qu'il devrait s'agir là d'un choix des parents et non d'un programme dont on peut craindre qu'il serait concocté à nouveau par quelques experts et une nouvelle fois imposé à tous cette fois-ci en prétextant les raisons inverses de celles avancées par le pluralisme qui suinte du programme d'ECR : il faut forger une nation québécoise par l'assimilation et l'appropriation par les jeunes immigrés de l'Histoire et des valeurs québécoises. Si l'immigration pose tant de problèmes d'intégration et amène à la privation de libertés en éducation — sans parler des coûts associés à la scolarisation d'enfants souvent peu francophones — peut-être faudrait-il enfin une véritable politique nataliste au Québec, plutôt qu'une aide au retour au travail pour les femmes qui ont eu un enfant (les garderies qui engloutissent la presque totalité du budget "famille" du Québec) ?

Il faut nettement plus de libertés scolaires au Québec et plus d'écoles vraiment libres. Le mal vient du dirigisme et de la privation de liberté et de concurrence des programmes et des pédagogies. Il faut laisser les parents choisir et non l'État et ses experts cooptés pour leurs opinions connues et approuvées à l'avance.

mercredi 23 avril 2008

Mme Courchesne très libérale avec l'argent des contribuables pour imposer ses idées fixes


La Presse du 19 avril nous apprend que la ministre Courchesne a décidé d'envoyer un million de dépliants aux parents, une vidéo partiale en faveur du cours d'ECR et d'organiser de très nombreuses rencontres aux quatre coins du Québec. Plus de quatre cents « formateurs », payés à même nos impôts, sillonneront la province durant toute la prochaine année scolaire. « Il y aura un suivi très rigoureux. On va s'assurer que tout se passe correctement. » Il faut sans doute comprendre ce « correctement » comme voulant dire selon les désirs de la ministre et de ses experts habituels.

Le tout avec nos sous, pour imposer un cours dont la majorité des parents ne veut pas.

Pourquoi cette obsession pour empêcher tout choix en matière d'éducation morale et religieuse et imposer cette autre idée fixe de Mme Courchesne ?

Mme Courchesne pince-sans-rire

Mme Courchesne a tenté de disqualifier les parents croyants (catholiques, protestants et orthodoxes) et laïques qui s'opposent à son programme : « Ce sont des groupes qui se situent aux extrêmes qui réagissent en ce moment ».

D'une part, ces groupes représentent beaucoup de gens, plus de la majorité de la population d'ailleurs selon un sondage, il est donc amusant de voir la ministre essayer de les faire passer pour des extrémistes.

D'autre part, qui est l'extrémiste, qui ne veut en aucun cas tolérer la diversité et la possibilité d'un choix en la matière  si ce n'est le Monopole et Mme Courchesne, entêtement qu'elle exhibe si facilement dans d'autres dossiers ?

Les écoles sont désormais laïques

Mme Courschesne poursuit en insistant sur le fait que les écoles sont désormais laïques. « Nous avons fait un choix de société. C'est la loi. Nous n'avons plus le droit d'enseigner la religion à l'école. Nous n'allons quand même pas invoquer la clause nonobstant indéfiniment ! »

Première remarque&thinsp: il existe encore des écoles confessionnelles privées, subventionnées ou non, au Québec. Elles sont malheureusement soumises aux mêmes diktats du Monopole de l'Éducation.

Et puis qui est ce « on » ? Cette laïcisation s'est faite sans débat public. Lire Gary Caldwell pour voir comment cette laïcisation a été imposée tout en prétendant réunir les principaux acteurs (soigneusement sélectionnés). Gary Caldwell le disait déjà : « alors que partout ailleurs en Occident on diversifie l’école, ici, le rapport Proulx veut tout uniformiser et accroître le monopole de l’État. Alors qu’ailleurs on cherche des formules pour des services meilleurs et plus variés, ici on réduit le financement de l’école privée même si on sait qu’elle est d’intérêt public. »

Naïveté iréniste comme seule foi de la ministre

Il faut bien avouer que Mme Courchesne est parfois très touchante tant semblent sincères et fréquentes sa naïveté et sa foi iréniste. C'est ainsi que la ministre du Monopole écrira elle-même une lettre à tous les parents, en août, pour leur expliquer ce programme, « qui marque un tournant très significatif dans notre histoire ». Trompettes et fanfare ici ! Elle devait ajouter de manière ingénue : « Quand on sait, on accepte. Quand on ne sait pas, on se méfie », dit-elle.

Cette sentence à l'emporte-pièce est bien sûr battue en brèche par la réalité : des communautés qui connaissent bien les préceptes religieux, philosophiques ou même linguistiques de leurs adversaires s'opposent fréquemment. Pire, parfois les luttes les plus cruelles sont justement celles qui opposent des sectes d'une même religion qui s'affrontent sur des points de détail que le spectateur étranger à ces querelles ignore même ! C'est ainsi que les chiites s'opposent souvent aux sunnites. Les musulmans connaissent bien les principes religieux des juifs, ils sont pourtant le plus souvent des frères ennemis ! Est-ce que les musulmans de France sont mieux intégrés à la France — et plus tolérants envers le christianisme — parce qu'ils vivent depuis des décennies en France ? La chose est loin d'être certaine, car on assiste plutôt à une radicalisation de l'islam comme s'il s'agissait justement de lutter contre l'Occident que ces musulmans connaissent justement mieux qu'auparavant et de se distinguer alors que la mondialisation augmente  !

Novlangue au Monopole : le mot athée désormais tabou

Le Journal de Montréal du 19 avril nous apprend que les élèves du cours d'ECR n'entendront pas prononcé le terme d'« athéisme », car le Monopole de l'Éducation aurait jugé ce mot trop « négatif » pour les jeunes oreilles. Ou s'agit-il plutôt de ne pas effrayer — pour l'instant — les parents croyants, le temps d'imposer le programme sans trop de résistance ?

Le Ministère en serait venu à la conclusion que le mot athée était tabou après avoir consulté 18 experts universitaires. Il faudrait donc user de circonlocutions pour enseigner la même chose :

« On pourra parler de gens qui donnent un sens à leur vie sans avoir de croyance religieuse. On pourra dire que ces gens n'ont pas de religion, mais le mot athée ne sera pas dans les manuels car il est tabou », signale Denis Watters.

Ministre Courchesne catégorique — quelle surprise !

Le 18 avril, Michelle Courchesne a pourtant été catégorique : l'époque des cours religieux est révolue, et toutes les écoles — y compris les écoles confessionnelles — sont obligées par le Monopole d'adhérer au nouveau régime pédagogique et devront donner le cours d'éthique et culture religieuse.

Marche à Sherbrooke le 3 mai contre l'imposition du cours dit d'éthique et de culture religieuse

Une marche se tiendra à Sherbrooke le 3 mai pour dénoncer l'imposition du cours d'éthique et culture religieuse et réclamer la liberté de choix .

Le Québec est le seul endroit dans le monde où un cours à saveur multireligieuse est imposé à sa population. Pour la CLE, une coalition multiconfessionnelle pour la liberté en éducation, il s’agit d’une violation patente et gravissime de la liberté de conscience et de la Convention internationale des Droits de l’Homme.

À la suite du rejet récent (avril 2008) par le MLQ (Mouvement laïc du Québec) du cours imposé par le Monopole de l’Éducation, il appert que 95 % de la population du Québec, par la voix de ses institutions religieuses et philosophiques, rejettent maintenant ce cours forcé par l’État. Tous maintenant commencent à comprendre qu’il ne s’agit pas d’une simple affaire de religion ou d’éthique, mais de la perte d’un droit fondamental de la liberté de conscience de toute personne humaine (athées ou croyantes).

LIBERTÉ DE CONSCIENCE

Marche à Sherbrooke

Samedi le 3 mai 2008 à 13 h 30

Rassemblement devant l’Hôtel Delta ; 2685, rue King Ouest

Départ : 13 h 45 sur la rue King

Retour : 14 h 10 à l’Hôtel Delta

Brefs discours, remise de demandes d’exemption du cours, pétitions

Fin du rassemblement vers 14 h 40

Vous avez le droit de choisir !

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Le Monopole s'entête : les ratés deviennent de plus en plus évidents

Selon La Tribune de Sherbrooke, les ratés deviennent de plus en plus évidents dans le dossier du nouveau programme d'histoire concocté par le Monopole de l'Éducation dont on sait à quel point il est grevé de toutes les tares du prêt-à-penser politiquement correct le plus navrant et si prévisible.

Les évaluations seraient difficiles à mettre en pratique, le matériel tarderait à arriver... Pour certains enseignants au secondaire et pour la présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE), Sylvie Simoneau, les élèves constitueraient une « génération sacrifiée ».

Les bases manquent, les ambitions sont universitaires
« Enseignant en histoire de troisième secondaire à l'école du Phare, Jacques Noiseux ne mâche pas ses mots lorsqu'il parle du programme d'histoire, d'approche par compétence et d'évaluations. Des exemples de compétences? "Interroger une réalité sociale dans une perspective historique", répond-il.

"Je pense qu'on pourrait être plusieurs adultes ici et se demander ce que c'est dans la réalité. On parle de développement de compétences disciplinaires chez des jeunes qui ont 13, 14, 15 ans et je ne pense pas que l'objectif soit d'en faire des historiens", lance-t-il en soulignant que les compétences au curriculum s'avèrent ardues.

[...]

Aux yeux de M. Noiseux et de son collègue, Benoît Dionne, enseignant en histoire en quatrième secondaire, les élèves de troisième secondaire n'ont pas les notions, en termes de connaissances et de contenus, pour aborder plusieurs concepts qui leur sont présentés. Ils estiment également qu'à la fin de l'année le programme sera charcuté de certaines réalités sociales que les enseignants n'auront pas pu présenter en classe. »
Augmentation des échecs, difficulté d'évaluation dans toutes les matières
« "Ce qu'on constate, avec le nouveau programme, je vois qu'il y a plus d'élèves en échec que j'en avais dans les anciens programmes", soutient M. Noiseux.

Enseignant en éthique et culture religieuse, François Fortin souligne que le problème d'évaluation est un problème pour toutes les disciplines.

De l'avis de Mme Simoneau, on peut maintenant voir les ratés de la réforme; fréquemment, dit-elle, les élèves n'ont pas les acquis nécessaires »
.
On frappe un mur

La présidente du SEE conclut par « On frappe un mur au niveau des ratés de la réforme », estime-t-elle en ajoutant que de la façon dont elle a été appliquée, ça ne fonctionne pas.

Entêtement et manque de prudence

Rappelons que la ministre du Monopole de l'Éducation, Mme Michelle Courchesne, a déjà refusé de retarder l'application du renouveau pédagogique en quatrième et cinquième secondaire.