jeudi 10 avril 2008

Reportage radio-canadien sur la résistance au cours ECR

L’émission Second regard de Radio Canada a diffusé un reportage le 30 mars 2008 portant sur les opposants au programme d’Éthique et de culture religieuse (ECR) que le Monopole de l’Éducation veut imposer à tous les élèves du Québec, dès six ans et ceci même dans les écoles confessionnelles.



Subtile allusion à la Grande Noirceur

Le reportage commence par de vieilles images en noir et blanc où l’on voit M. Duplessis en 1959 défendre l’enseignement confessionnel. On comprend qu’il s’agit de conjurer chez le pauvre téléspectateur des images d’un « passé ténébreux et heureusement révolu ». Le tout avec le commentaire exquis qui nous rappelle que « l’opposition à l’école laïque ne date pas d’hier ».

Cette séquence introductive mérite quelques commentaires :
—   Elle fait suite à un autre reportage idyllique sur le programme d’ECR filmé dans une école pilote à Outremont : classe proprette, lumineuse, jeunes enfants innocents qui parlent et approuvent, jeune et belle institutrice, jeune couple de catholiques « modernes » et bourgeois qui sont enchantés par le cours et qui font participer leurs enfants à une « interprétation moderne de la nativité ». Bref, l’opposition caricaturale entre, d’une part, l’ouvert, le jeune, l’innocent, le beau et le moderne en couleurs et, d’autre part, un Québec monochrome recroquevillé sur lui-même. Le trait est gros.
—   Nous reviendrons par la suite sur l’am­bi­güité entretenue autour du mot « laïque », notons cependant dès maintenant que le Mouvement laïque du Québec s’oppose au cours qui symboliserait selon Radio-Canada l’école « laïque », c’est pour le moins paradoxal et Radio-Canada n’en dira rien bien que ce reportage est censé nous parler des opposants au cours que le Monopole de l’Éducation veut imposer.
—   Enfin, notons que « l’opposition à l’école confessionnelle ne date pas d’hier » non plus et qu’on a parfois l’impression que le Québec suit la France républicaine avec un bon siècle de retard. Il est, en effet, facile de tracer un parallèle entre la glorieuse Révolution tranquille et la IIIe République avec le PQ dans le rôle des radicaux socialistes et les enseignantes québécoises dans celui des hussards noirs de la République. On aurait donc pu agrémenter cette séquence introductive de vieux daguerréotypes de quelque membre de l’Institut canadien de Montréal vitupérant contre le cléricalisme et l’obscurantisme qui n’a rien à faire dans les écoles du savoir et des Lumières, etc.

Jules ferry croqueurs de curés


Qui avait mis les catholiques dans un placard ?

La voix hors champ s’étonne ensuite que les catholiques « sortent du placard »... Mais qui les y auraient mis si ce n’est les médias qui ne s’intéressent pas à ces parents par trop traditionnels ? Il faut dire qu’entre les reportages sur les familles décomposées (pardon « recomposées » dans le jargon moderne), les familles monoparentales, les « droits » des homosexuels à se marier, à adopter, l’adoption internationale à encourager, l’avortement toujours aussi populaire et qu’il faut protéger, les hommages annuels aux femmes tuées lors de la tuerie de la Polytechnique par Marc Lépine (Gamil Gharbi), les combats des femmes chiliennes ou afghanes, il ne restait plus beaucoup de temps à la SRC pour s’intéresser aux mères traditionnelles québécoises parmi lesquelles, bien sûr, les catholiques. Ces mères qui soutiennent encore quelque peu la démographie et qui sont si souvent laissées pour compte : l’aide de l’État québécois va principalement ­– les garderies à 7 $ sont ruineuses, alors que seuls 50 % des enfants en bas âge les utilisent – aux femmes « modernes » salariées qui retournent au bureau. Une mesure dispendieuse si peu nataliste et si peu équitable.

Et voilà que la journaliste s’étonne de voir apparaître des femmes catholiques précédemment reléguées dans un placard. Redécouverte par Radio-Canada d’une espèce qu’elle croyait disparue. Cet étonnement ne trahit que la coupure qui existe entre ceux qui accaparent les antennes et la population que ces journalistes ne fréquentent pas. Ce n’est pas sans rappeler la réaction de la critique de théâtre américaine Pauline Kael à la suite de la victoire écrasante de Richard Nixon sur George McGovern en 1972 : « Comment est-ce possible ?» aurait-elle dit. « Je ne connais personne qui ait voté pour Nixon ! »

Ridiculiser et manier les ciseaux

Suit ensuite la séquence habituelle qui vise à discréditer les critiques par des scènes bien choisies, des répliques coupées et des commentaires hors champ qui aident le téléspectateur à interpréter correctement les images déjà soigneusement sélectionnées.

Monsieur Dumont passe de la lecture d’un texte préparé, dépose ce dossier et commence avec quelques secondes d’hésitation sa conclusion improvisée. L’hésitation est immédiatement expliquée par la SCR aux spectateurs : « Mario Dumont s'est empêtré dans les fils de son histoire ». Il n’y pourtant pas de contradiction dans les propos de M. Dumont, mais une simple pause alors qu’il passe de la lecture d’une liste étourdissante de figures historiques exotiques de différentes croyances à un résumé qu’il entame sans notes.

La SCR coupe également l'explication de la Dre Chevrier sur l'invasion de la vie privée que constituerait ce cours. On n’entendra donc pas que le cours ne fait pas qu’exposer des croyances, qu’il faut ensuite les confronter par le dialogue et que les enfants doivent ensuite expliquer ce qu’ils ont appris de ce « dialogue » sacrosaint. Il est évident que certains élèves en situation minoritaire pourraient se sentir bien mal à l’aise devant ce déballage et ce « dialogue » sur leur cas. Radio-Canada a coupé l’explication.

Notons au passage que l'idée selon laquelle l'information sur la religion de l'autre favorise un meilleur « vivre ensemble » est simpliste. Car, enfin, les juifs et les musulmans connaissent le plus souvent fort bien les fondements de leurs religions respectives, ceci n'empêche nullement ces communautés de s’affronter. Pour atteindre son but de meilleur « vivre ensemble » le Monopole devra donc aller plus loin que la simple exposition : il devra légitimer et relativiser ces différentes croyances, ce qui contrevient bien sûr à la neutralité en matière de croyances. Car, enfin, inculquer le relativisme ou l'athéisme ce n'est pas respecter la foi des parents croyants comme seule vérité !

Quelques mots encore sur les questions en cascade posées à la Dre Chevrier qui portaient sur les raisons pour lesquelles, selon Mme Chevrier, il n’est pas satisfaisant de reléguer l’enseignement de la religion à la maison ou à l’église. Notons tout d’abord que dans le reportage idyllique sur l’école pilote d’Outremont qui précède celui-ci, la journaliste n’oppose jamais un barrage de questions avant d’avoir une réponse. Sur le fond, si la religion doit sortir de l’école, pourquoi ne pas sortir l’ECR de l’école ? En effet, il s’agit également de transmission de valeurs, relativistes et pluralistes dans ce cas-ci, mais elles ne sont en rien obligatoires à la formation de futurs ingénieurs, mécaniciens ou médecins comme les langues ou les mathématiques. Enfin, le français peut aussi s’apprendre à la maison, les parents décident pourtant d’approfondir le sujet à l’école pour des raisons de commodité et d’expertise, pourquoi pas ne faire la même chose à l’école pour la religion du choix des parents ? L’école doit rendre un service aux parents, pas servir de chasse gardée à ceux qui veulent inculquer leurs valeurs aux enfants des autres au nom de la « laïcité ».

Le Devoir à la rescousse du programme d’ECR, ce « défi grandiose »

Alors que, dans la partie qui présentait le programme d’ECR en prenant le cadre idéal d’une école d’Outremont, on n’avait entendu aucune critique, voilà que dans la partie réservée aux opposants au programme d’ECR – dont on a évincé les laïques du MLQ – Radio-Canada a jugé bon d’interroger longuement et sans question agressive une journaliste du Devoir connue pour sa défense de ce programme !

La séquence commence par les images du bureau de la chroniqueuse Marie-Andrée Chouinard sur lequel s’étale en grand un article du Devoir selon lequel « Un lobby catholique réclame un accommodement ». Rappelons que ce titre contenait déjà trois imprécisions : lobby à un sens précis pour la Loi québécoise (la coalition en question n'en est pas un), cette coalition n'est pas catholique et regroupe des personnes non catholiques (par exemple MM. Caldwell et Walsh sur l’estrade plus tôt dans le même reportage de la SCR!) et, enfin, il ne s'agit pas d'un accommodement, mais d'un droit et d'une liberté religieuse retirée récemment, mais laissons M. Guy Durand rappeler quelques faits sur la laïcité et sur Mme Chouinard interrogée par la SCR :
«  Mme Marie-Andrée Chouinard, vous semblez trouver outrancière la position de la Coalition pour la liberté en éducation [à propos du cours d'éthique et de culture religieuse]. Il ne faudrait quand même pas sombrer dans l'exagération.

Vous parlez de laïcité. Mais vous savez bien que la laïcité admet des modèles multiples, y compris des options en enseignement religieux confessionnel, comme dans la plupart des pays européens, y compris dans une partie de la France (Alsace-Moselle et certains départements d'outre-mer). »
Il est intéressant de voir à quel point la journaliste du Devoir ose prendre fait et cause pour ce programme d’Éthique et de culture religieuse, elle en vient à conseiller le gouvernement qui doit « mieux communiquer » (signalons que cette communication se fait avec nos sous : dépliants, DVD, 400 formateurs à travers le Québec). Le gouvernement « devrait affirmer haut et fort la qualité du programme » selon Marie-Andrée Chouinard qui ensuite ne peut réprimer une envolée lyrique sur le « défi grandiose » (!) que serait ce programme. Belle impartialité !

Lettre ouverte du théologien Guy Durand à la ministre Michèle Courchesne

Mme la ministre Michèle Courchesne,

En lisant le journal Le Devoir du 7 avril, j'ai été frappé par l'article « L'Association des professeurs de français se retire du processus de validation des programmes » et je ne puis éviter de penser au programme d'enseignement de l'histoire et au programme projeté d'éthique et de culture religieuse. Les mêmes reproches s'entendent: programme conçu par une équipe restreinte selon une idéologie loin de faire consensus, consultations qui ne peuvent remettre en cause les orientations de fond et n'acceptent que des corrections cosmétiques, expérimentation trop restreinte et trop courte.

Je sais que vous ne pouvez pas tout faire en même temps. Raison de plus pour imposer un moratoire pour vous permettre d'analyser les choses et mettre de l'ordre dans votre ministère. Je veux bien qu'on se soit entendu, il y a plusieurs années, sur une réforme qui insistait sur les matières de base; malheureusement, celle-ci s'est transformée progressivement en une réforme pédagogique basée sur la méthode socio-constructiviste contestée partout et sur une idéologie tout aussi contestée, au moins en histoire et en éthique et culture religieuse (ECR).

Le programme projeté d'ECR, en particulier, s'est imposé en trompant la population, et ce, en opposition à la volonté de beaucoup de parents. Il conduit tout droit au scepticisme et au relativisme. Il risque de perturber l'enfant en l'exposant trop vite à des valeurs différentes de celles de ses parents.

La démocratie et l'avenir des jeunes exigent une intervention vigoureuse de votre part. Vos « compétences » nous le laissent espérer.

Guy Durand, le 8 avril 2008.

mercredi 9 avril 2008

Quatre cents formateurs du Monopole contre les parents mécontents

Selon M. Martin Pelchat du Soleil de Québec :
« Une coalition de parents en croisade [sic] contre le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse prépare un recours judiciaire en Cour supérieure pour contraindre les écoles d’en exempter les enfants qui en font la demande ».
Bref, ils espèrent pouvoir imiter les parents qui étaient rébarbatifs aux cours de religion et qui parvenaient à en faire exempter leurs enfants.

M. Pelchat continue :
« Pour lancer cette bataille, la Coalition, qui dit ne pas regrouper que des parents catholiques, mais aussi des orthodoxes et des protestants, affirme n’avoir besoin que d’une cause type.»
Petite remarque sur le professionnalisme indolent des journalistes québécois : pourquoi M. Pelchat ne vérifie-t-il pas simplement si la Coalition regroupe bien des parents autres que catholiques plutôt que d’ajouter ce « qui dit » dubitatif ? Ceci ne doit pas être très compliqué puisque certains orateurs aux conférences de cette coalition annoncent la couleur : voir ici. À la décharge de M. Pelchat, il faut ajouter qu'il s'occupe également de la rubrique automobile et technique au Soleil.

M. Pelchat de poursuivre :
Elle est sur le point de l’identifier puisque deux commissions scolaires de Montérégie viennent de rejeter des demandes d’exemption. La Coalition a d’ailleurs expédié par huissier à l’une d’elles une requête en mandamusafin de la forcer à répondre plus vite. Ces refus seront contestés en appel devant le Conseil des commissaires, et s’ils sont maintenus, la Coalition passera aux tribunaux. »

Parmi les motifs qu’elle invoque pour réclamer des exemptions, la Coalition soutient que le contenu du cours est susceptible de « causer des préjudices graves » à l’enfant, qu’il « brime les libertés fondamentales de religion et de conscience » et qu‘il peut « perturber l’enfant en l’exposant trop jeune à des convictions et croyances différentes de celles privilégiées par ses parents ». Le nouveau cours, qui remplacera les cours d’enseignement religieux et moral, fera place à plusieurs cultures religieuses.

Me Côté espère que la démarche de la Coalition aura les mêmes conséquences que la bataille des parents athées contre l’enseignement religieux, à la fin des années 70. « Les étudiants des parents athées réclamaient une exemption qui leur était accordée. Il y en avait tellement qui le demandaient que le juge s’est permis de dire : la solution n’est pas juridique, elle doit être politique. Alors, il a renvoyé les politiciens faire leurs devoirs et c’est là qu’on a accouché du régime de libre choix. »
Notons que même le Mouvement laïque du Québec se dit profondément opposé au cours imposé d’en haut par le Monopole de l’Éducation (MELS).

Concepteur du programme inquiet
L’offensive de la Coalition inquiète un des concepteurs du nouveau cours, Georges Leroux, qui appelle la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, à s’impliquer publiquement.

Elle l’a déjà fait de façon mémorable en déclarant que les enfants sont plus malins que leurs parents : « Nos enfants sont intelligents, ils comprennent souvent plus que nous. »
« Pour d’abord informer la population que ce cours n’est pas, comme le présente la Coalition, une infraction à la liberté de conscience et de religion. »

Mantra mille fois répété par les partisans de ce cours qu'ils veulent imposer.

Comme si la mise sur un même pied d’égalité, par des professeurs qui profitent de leur position d’influence, de toutes les religions et même de l’athéisme proclamés d’une égale légitimité ne pourrait pas saper ou contredire les convictions que les parents veulent transmettre à leurs enfants. Ce relativisme imposé contrevient bien évidemment à la liberté de choix de religion ou de conviction des parents pour leurs enfants.

Rappelons-nous de ce qui disait Mme Rachida Azdouz, psychologue à l'Université de Montréal responsable de la formation pour ce cours auprès des futurs formateurs, quand elle déclare à l’antenne de Radio-Canada (le 2 septembre 2007 à partir de 13 h 51 minutes 17 secondes) :
« des parents arc-boutés sur leur pratique religieuse – on appréciera la neutralité laïque dans la description – ne sont pas disposés à permettre à leur enfant de mieux cohabiter avec les autres, car ils transmettent à leur enfant que leur croyance est la seule, l’unique et la meilleure. Et c’est là qu’intervient l’école et le rôle des intervenants scolaires c'est d'apprendre à cet enfant de composer avec des enfants qui ont d’autres croyances religieuses et dire qu’elle est tout aussi légitime que la leur ou, des enfants qui n’ont pas de croyances religieuses et que cette position-là est tout aussi légitime que la leur. »
Tout se vaut, tout est légitime...
Au cabinet de la ministre, on souligne que des séances d’information pour les parents sont prévues. « Il y a une équipe de 400 formateurs sur le territoire pour s’assurer que tous les maîtres soient formés, explique en outre l’attaché de presse Jean-Pascal Bernier. »
Bref, quatre cents formateurs payés avec les sous des contribuables pour imposer aux parents à qui on n’a rien demandé ce qu’un groupe d’experts cooptés par le Monopole parce qu’ils donnent les bonnes réponses aura décidé d’imposer à tous les jeunes québécois captifs du Ministère en matière de transmission de valeurs. Groupe coopté dont un des chefs de file est désormais inquiet et demande plus de dépenses publiques pour défendre son bébé !

À quand deux ingrédients singulièrement absents au Québec en matière d'instruction : la prudence et la liberté ?

lundi 7 avril 2008

Le Monopole de l'Éducation, sourd aux propositions d'experts et d'enseignants de français insatisfaits

L'Association québécoise des professeurs de français (AQPF) a décidé de se retirer du processus de validation des programmes, processus qu’elle juge déficient. En outre, elle estime que le Monopole de l’Éducation (MELS) ne mène pas de «véritable consultation» dans l'élaboration des programmes de français. L’organisme déclare vouloir dénoncer publiquement de la sorte une démarche « aussi précipitée que mal ficelée ».

L’Association précise dans le Devoir du 7 avril 2008 que «[n]ous sommes déçus de constater une fois de plus que les consultations menées par l'équipe ministérielle responsable des programmes de français ne sont pas conformes à la conception généralement répandue de ce que devrait être ce type d'opération », « Nous considérons que l'élaboration des programmes n'a pas été faite, comme on le prétend encore à ce jour, par des dizaines voire des centaines d'enseignants. Non, les programmes ont été rédigés par quelques enseignants et des fonctionnaires du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, soucieux de ne pas se laisser détourner de leurs objectifs et sourds aux propositions d'experts et d'enseignants insatisfaits. »

L'Association dénonce le fait qu’elle a été tout bonnement écartée du processus pour ne plus jouer que le rôle de faire-valoir et de simple sceau d'approbation, même si ces membres sont les premiers concernés quand il s’agit de mettre en œuvre lesdits programmes.

Manuels d’histoire lamentables, validation des programmes de français détournée et bâclée, entêtement dans la mise en place du « renouveau pédagogique », baisse des résultats des élèves québécois aux tests internationaux PISA et PIRLS, imposition totalitaire d’un programme relativisme exempt de culture religieuse à tous les enfants dès six ans, même dans les écoles confessionnelles , menaces sur l'instruction à domicile, persécution bureaucratique avec menaces d'intervention de la DPJ contre les écoles évangéliques et mennonites permises ailleurs au Canada ! Surdité et autoritarisme laïcisme sacralisé, loin des priorités réelles.

Et ce Monopole voudrait imposer la tolérance et l’importance du dialogue ? Qu’il pratique d’abord ce qu’il prêche aux jeunes captifs des écoles québécoises !

Formons le vœu qu’un jour un parti politique sera suffisamment sage pour comprendre qu’il faut introduire une dose de liberté dans les programmes, dans les pédagogies et dans l’autonomie des écoles au Québec. Cette mise à mort du Monopole étatiste permettra de mieux protéger la diversité des opinions et de créer une concurrence qui permettra enfin aux parents de choisir des écoles vraiment différentes, libres et mieux adaptées à leurs enfants et à leurs convictions.

jeudi 3 avril 2008

Sherbrooke — Le cours d’éthique et culture religieuse et ses conséquences

CONFÉRENCE

Cours d’éthique et culture religieuse et ses CONSÉQUENCES

DATE : mercredi le 16 avril 2008 à 19 heures

LIEU : CÉGEP DE SHERBROOKE

375, rue du Cégep au pavillon 2

ENTRÉE GRATUITE

Programme de la soirée
  1. M. Gary Gordon Caldwell, sociologue, écrivain et protestant;
  2. Me Jean-Yves Côté, avocat et co-concepteur du formulaire d’exemption;
  3. Dre Jean Morse-Chevrier, psychologue et présidente de l’Association des Parents Catholiques du Québec;
  4. Mme Claudette Lavallée, psycho-éducatrice retraitée et membre de la CLÉ.
Dès septembre 2008, le gouvernement du Québec SUPPRIMERA l’option entre l’enseignement moral et religieux et IMPOSERA dans toutes les écoles primaires et secondaires, tant publiques que privées, ce cours qui abordera le christianisme, le judaïsme, l’islamisme, le bouddhisme, l’hindouisme, les nouveaux mouvements religieux, etc.

Parents de toutes convictions, c’est à vous de décider
pour vos enfants.

Ce n’est pas à l’État de décider pour vous !

Ce sont vos enfants qui sont en cause.

mardi 1 avril 2008

Résignation molle et confusion alambiquée des évêques catholiques du Québec

Louis O'Neil, professeur émérite à la faculté de théologie de l'Université Laval, a envoyé une lettre très intéressante au Devoir au sujet de la réaction si résignée et si molle des évêques catholiques du Québec face à la volonté du MELS d'imposer son cours de morale et de culture religieuse à tous les enfants dès six ans.

Résignation et confusion d'autant plus étonnantes que le Vatican s'est déjà prononcé sur les écoles « où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les choses divines, il importait peu d'avoir ou non de saines doctrines, d’adopter la vérité ou l’erreur ». Il faut les fuir.

Relevons ici quelques extraits de la lettre du professeur O'Neil[1] :
Dans le dossier sur la place de l’enseignement religieux en milieu scolaire les évêques du Québec donnent l’impression de naviguer dans la brume.

[...]

Résignation et collaboration

En 1997, ceux qui ont assumé la charge de guides spirituels de l’Église du Québec ont laissé tomber un droit inscrit dans la Constitution de 1867, confirmé en 1982 et dûment inséré dans la Charte canadienne des droits et libertés (art.29) ; un droit qui garantissait la confessionnalité des établissements scolaires. En 2005, ils ont approuvé le projet de loi 95 qui supprimait l’enseignement religieux à l’école et ont placé leurs espoirs dans le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse, croyant y déceler des « orientations prometteuses ». Ils veulent s’en tenir désormais à une collaboration critique et vigilante avec le pouvoir politique, se permettant à l’occasion d’exprimer leur opinion sur certains aspects du nouveau programme, par exemple la difficile pratique de la neutralité ou encore le manque de préparation des enseignants. Pour le reste, ils s’en remettent au bon vouloir de la ministre de l’Éducation et de sa ténébreuse bureaucratie qui ne cesse de concocter réforme sur réforme.

Ça fait de la peine aux évêques

Les évêques reconnaissent que les parents ont le droit de revendiquer pour leurs enfants un enseignement religieux à l’école et regrettent que ce droit n’ait pas été respecté. Mais ils n’ont pas l’intention de se battre pour qu’il le soit.

[...]

Puisque le pouvoir politique a décidé de le supprimer, ils se contentent de dire que ça leur fait de la peine. Ils aimeraient néanmoins que la ministre de l’Éducation accorde un traitement de faveur aux établissements privés en permettant à ceux-ci d’insérer dans l’horaire des périodes d’enseignement religieux. Quant aux jeunes qui fréquentent le réseau public, ils les abandonnent à leur sort. Pour ceux-là, pas de chance d’avoir accès à un cours de culture chrétienne.

Céder aux sirènes du « dialogue » et des « orientations prometteuses »

Selon les évêques, une orientation prometteuse du nouveau cours, c’est de favoriser le vivre ensemble et l’ouverture aux les autres. Voilà, il est vrai, un objectif fort louable. Mais qu’est-ce donc qui empêchait le cours d’enseignement religieux en vigueur jusqu’ici, dont ils étaient responsables et qu’ils ont approuvé, de poursuivre ce même objectif ? Depuis quand faut-il passer par la neutralité et par le décorticage sociologique du phénomène religieux pour s’ouvrir aux autres ?

On aurait aimé d’autre part qu’ils nous fassent connaître plus explicitement leur opinion sur certains postulats de base qui sous-tendent le nouveau cours, par exemple : la raison pure qui scrute les croyances religieuses et a préséance sur elles ; le relativisme ; le pluralisme normatif ; la posture professionnelle ; le socio-constructivisme. Ces composantes font-elles partie des « orientations prometteuses » ? N’a-t-on pas raison de craindre que cet amalgame douteux n’alimente un vice de fond qui rend illusoires les gains espérés ? Est-il vrai qu’on doive attendre cinq ans avant d’évaluer la validité des fondements idéologiques qui ont inspiré la nouvelle construction pédagogique ?

Décourager les parents, geste peu élégant

Les parents inquiets ou mécontents pourront revendiquer le droit d’exemption que leur reconnaît la loi. Mais les évêques estiment qu’on ne doit exercer ce droit qu’avec circonspection et aimeraient plutôt qu’on fasse confiance à l’appareil bureaucratique qui a concocté le nouveau cours. Mais vu que les parents ne peuvent compter sur leurs leaders religieux pour défendre leurs droits, il est bien normal que plusieurs d’entre eux recourent à d’autres moyens à partir du moment où ils estiment que le nouvel enseignement va à l’encontre de leurs convictions. Il apparaît peu élégant, dans une telle conjoncture, de vouloir les dissuader de contester.

[...]

Unicité du laïcisme québécois

Jadis directeur du journal Le Devoir et ancien ministre de l’Éducation, Claude Ryan rappelait, lors d’une conférence prononcée le 8 juin 1999, que « le droit à un enseignement religieux confessionnel dans les écoles publiques est reconnu dans la majorité des pays d’Europe occidentale. Cet enseignement est obligatoire en Allemagne, en Finlande, en Irlande, en Norvège et en Autriche. Il est offert sur une base optionnelle dans les écoles publiques de Belgique, d’Italie, de Pologne, d’Espagne et de Hongrie ». Et il ajoutait : « À ma connaissance, ces pays ne considèrent pas que leur législation scolaire est contraire aux chartes des droits. Je ne sache pas non plus qu’ils aient été trouvés en défaut à cet égard par les tribunaux compétents. Dans la perspective d’une conception pluraliste de la liberté, il y aurait davantage lieu de s’inquiéter à mon avis d’une politique qui, au nom d’objectifs sociétaux, viserait à imposer à tout le monde un modèle unique d’école publique et à bannir la religion de cette école ou à ne l’y tolérer que sous des formes diluées ».

[1] Les intertitres sont de nous.

Roumanie – la religion est de retour à l’école

Résumé et traduction d’un article de Raluca Popescu du 3 mars 2008

Bucarest – À la suite de discussions prolongées qui ont soulevé la passion au sein de la société civile et dans le clergé orthodoxe le plus convaincu, la religion remporte une victoire en Roumanie : elle demeurera une option du programme scolaire jusqu’en 12e année. Le ministère de l'Éducation avait, à l'origine, décidé de supprimer la religion du programme scolaire du lycée, mais cette décision fut mal accueillie par les représentants de l'Église orthodoxe et par diverses associations civiles.

Mihaela Sociu, conseillère auprès du ministère de l'Éducation, de la recherche et de la jeunesse (MECT) a déclaré que les parents et les étudiants pourront décider s’ils veulent étudier la religion ou non. Elle a ajouté qu'aucun élève ne sera pénalisé s’il refuse de suivre la classe de religion et que cette matière n’entrerait pas en ligne de compte dans le calcul de la note moyenne générale. Par ailleurs, le Ministère organisera des classes de culture générale ou encore d'autres classes de remplacement.

Le patriarche Daniel a déclaré qu'une éducation privée de dimension spirituelle à l'âge de l'adolescence ne pouvait qu’être incomplète. Le patriarche Daniel a également proposé que les symboles religieux de toutes les églises doivent être étudiés dans les écoles pour que des élèves les connaissent mieux. « La religion propose les modèles valables de bonté et de sainteté dans un monde de plus en plus individualiste » a conclu Sa Béatitude. Le représentant de la religion judaïque, le rabbin Sorin Rosen Slomo, a précisé qu'il avait proposé aux représentants de l'Église orthodoxe l'introduction de l'étude de l'histoire de la religion dans les écoles. L'Église catholique a opté pour la réouverture d’écoles confessionnelles subventionnées par l’État.

Selon l’agence de presse roumaine Rador, une étude de l'ONU conclut que, dans 46 pays parmi les 70 ayant répondu à son enquête, la Constitution ou la loi garantit le droit à une éducation religieuse. Il serait intéressant de savoir si le Québec a répondu à cette enquête. Toujours selon celle-ci, un pays sur cinq interdirait l’étude de la religion à l’école. Dans 35 pays, l'éducation religieuse est permise dès l'éducation primaire. Seuls neuf pays cités dans cette étude rendent obligatoire l’étude de la religion. Dans 30 autres pays, son étude est facultative.

Un nouveau carnet consacré au programme d'Éthique et de culture religieuse

On nous informe du lancement d'un nouveau blogue consacré au programme d'Éthique et de culture religieuse. On y présente des analyses permettent de réfléchir sur la nature du programme proposé et sur la manière dont il est mis en œuvre. Dernier article en ligne : « Les consultations 2005-2007 démontrent-elles l’appui de la population pour l’ÉCR ? »

Le Mouvement laïque québécois se dit profondément en désaccord avec le nouveau programme d'Éthique et culture religieuse

Le Mouvement laïque québécois se dit profondément en désaccord avec le nouveau programme d'Éthique et culture religieuse. Invité à soumettre son avis par le Comité des affaires religieuses, il estime la composante « culture religieuse » confondante et conflictuelle.

On trouvera ici les raisons de ce désaccord. Pour le lecteur pressé, voici, en bref, les raisons de son désaccord :
  1. Le programme ÉCR ne permet pas de faire des apprentissages enracinés dans la réalité du jeune.
  2. Le programme ÉCR ne permet pas de faire des apprentissages enracinés dans la culture québécoise.
  3. Le programme ÉCR ne respecte pas la liberté de conscience et de religion des élèves.
  4. Le programme ÉCR ne respectera probablement pas la liberté de conscience et de religion des enseignantes et des enseignants.
  5. Le programme ÉCR ne favorise pas le vivre-ensemble.
  6. Le programme ÉCR ne permettra probablement pas l'ouverture à la diversité religieuse par la découverte (au primaire) et l'analyse (au secondaire) des principales caractéristiques de différentes traditions religieuses et de ce qu'elles auraient en commun.
  7. Le programme ÉCR ne permet pas de se situer de façon réfléchie au regard des religions et des nouveaux mouvements religieux.
  8. Le programme ÉCR ne permet pas du tout de prendre en compte les représentations du monde et de l'être humain qui sont d'un autre ordre que religieux (représentations séculières).
  9. Le programme ÉCR ne permet pas la reconnaissance de l'autre et le développement d'attitudes appropriées à l'égard de la diversité religieuse (respect, tolérance, ouverture au dialogue).
  10. Le programme ÉCR ne permet absolument pas la reconnaissance des personnes qui interprètent la réalité autrement qu'à travers le prisme des religions.
  11. Le programme ÉCR devrait susciter des réactions négatives chez les divers groupes religieux.
En conclusion le MLQ déclare :« Nous souhaitons que disparaisse la composante de culture religieuse des programmes du primaire et du secondaire, car cette partie de la matière risque de générer de nombreux conflits et ne correspond certainement pas au niveau de maturité des enfants et des adolescents. [...] Nous pensons que des cours d'éthique et aptitude au dialogue tout au long du primaire et du secondaire seraient suffisants pour assurer l'instruction commune des jeunes. Des cours de culture religieuse pourraient cependant être offerts comme cours à option en 4e et 5e secondaires lorsque les jeunes ont la maturité suffisante pour assumer un tel apprentissage et mener les réflexions importantes qui en découlent nécessairement. »

Et si, dès le début, il existait tout simplement un choix, plutôt qu'un cours obligatoire pour tous qui ne pourra que déplaire à un groupe ou l'autre. Quoi ? De la tolérance et un choix ?

samedi 29 mars 2008

France — Appel pour le rétablissement des horaires de français

En 1976,
un élève qui sortait du collège [15 ans] avait reçu 2 800 heures d'enseignement du français depuis son entrée au cours préparatoire.

En 2004,
il en a reçu 800 de moins. Il a donc perdu l'équivalent de deux années et demie. C'est comme si, au milieu de son année de cinquième, on le faisait passer en seconde.

Puisque la lutte contre l'illettrisme est une priorité, et que l'efficacité d'un apprentissage dépend aussi du temps qui lui est consacré,

Une série d'associations françaises demandent en conséquence que les horaires suivants soient adoptés :

1/ à l'école primaire
- en CP, 15 heures par semaine au lieu de 9 heures 30 ;
- en CE 1, 11 heures 30 au lieu de 9 heures 30 ;
- en CE 2, 11 heures 30 au lieu de 6 heures 30 ;
- en CM 1 et CM 2, 9 heures au lieu de 6 heures 30.

2/ au collège
- en 6e, 6 heures par semaine, dont trois dédoublées, au lieu de 5 heures ;
- en 5e, 6 heures, dont deux dédoublées, au lieu de 4 heures ;
- en 4e, 5 heures, dont une dédoublée, au lieu de 4 heures ;
- en 3e, 5 heures au lieu de 4 heures 30.

La pétition ici.