lundi 29 mai 2023

Espagne — Défaite électorale de la gauche non à cause de son bilan économique (relativement bon) mais de ses réformes sociétales

 

Les élections municipales et régionales, dimanche 28 mai, ont donné un fort avantage au Parti populaire (de droite) et un avertissement sérieux au Parti socialiste, au pouvoir depuis cinq ans, à six mois des prochaines élections législatives.

Le Parti socialiste perd six régions sur neuf

Le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) du Premier ministre Pedro Sánchez perd six des neuf régions qu'il dirigeait. Aux municipales, de nombreuses villes passent à droite, comme Séville, Valence, Valladolid... Sur les dix premières villes du pays, les socialistes n'en dirigent plus qu'une seule.

De même, l’extrême gauche, avec le parti Podemos, est en net recul. Malgré l’engagement personnel des chefs des deux grands partis de gauche durant la campagne électorale, la gauche subit une sévère déroute.

Vox entre dans tous les parlements régionaux

Cette victoire massive de la droite pour ces élections municipales s’accompagne de la progression de la droite nationale. Le parti Vox, dirigé par Santiago Abascal, est celui qui progresse le plus, en doublant le nombre de ses voix aux municipales : il atteint 7 % à l'échelle nationale. Ses candidats entrent dans tous les parlements régionaux.

Le résultat de ces élections confirme la tendance plus générale à la droitisation en Europe. À l’instar de l’Italie, de la Finlande ou de la Grèce plus récemment, l’Espagne bascule à droite.

Dissolution du parlement

Lundi 29 mai, au lendemain de ces élections locales, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a annoncé la tenue d’élections législatives anticipées à la mi-juillet, rapporte Le Figaro.

Conformément à la constitution du Royaume, le chef du gouvernement socialiste a donc consulté le roi Felipe (Philippe) VI pour lui annoncer sa « décision de (…) dissoudre le Parlement et de procéder à la convocation d’élections générales » qui se tiendront « le dimanche 23 juillet », a déclaré Pedro Sanchez lors d’une allocution télévisée.

La sécession des élites (universités de Grenoble et Lyon et le wokisme)

Chronique de Christian Rioux correspondant du Devoir de Montréal à Paris.

Le jugement n’est pas anodin et passera peut-être à l’histoire. Le 11 mai dernier, un tribunal a décidé d’interdire l’utilisation de l’écriture dite « inclusive » dans les documents de l’Université de Grenoble. Le 16 juillet 2020, le conseil d’administration avait en effet décidé de rédiger les statuts de l’institution dans ce nouveau sabir idéologique qui fait fi de certaines des règles élémentaires de la langue française en multipliant les points médians et autres signes inconnus des grammaires.

On pouvait notamment y lire que « le.la Directeur·trice du Service des Langues est élu·e pour 5 ans au scrutin secret. Il.elle est élu·e au premier tour à la majorité absolue des membres élu·e·s, aux tours suivants, il·elle est élu·e à la majorité relative. » Je vous épargne la suite.

Le tribunal réagissait ainsi à la plainte déposée par un professeur agrégé d’anglais. Il estimait que ce texte enfreignait la Constitution puisque celle-ci stipule que « la langue de la République est le français ». À la surprise générale, les juges lui donnèrent raison au nom d’une jurisprudence selon laquelle les actes administratifs doivent répondre à un principe de « clarté et d’intelligibilité ». Tout document serait donc tenu d’avoir « un niveau de clarté propre à garantir son accessibilité immédiate ». La démocratie serait à ce prix.
 
« Als », « ouvertx », « reconnux » : un examen rédigé dans une écriture inclusive extrême fait polémique à l’université Lyon II

Dans son jugement, le tribunal s’appuie sur une déclaration de l’Académie française datée du 26 octobre 2017 qui affirme que « la multiplication des marques orthographiques et syntaxiques » de cette écriture « aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ».

Les Immortels ne croyaient pas si bien dire. Car au-delà du débat juridique et linguistique, ce jugement met en évidence ce que l’on pourrait désigner comme une forme de sécession de plus en plus manifeste des nouvelles élites intellectuelles et universitaires.

En effet, les membres du conseil d’administration de l’Université de Grenoble n’ont pas décidé de proposer une réforme linguistique, de convaincre la majorité de leurs idées, d’envoyer un mémorandum au gouvernement ou à l’Académie française. Ils ont décidé d’écrire comme bon leur semble. Qu’on se le tienne pour dit !

Peu importe que pratiquement personne n’écrive ainsi, que cette langue soit en réalité « excluante » puisqu’elle n’est enseignée nulle part et n’a ni grammaire ni règles connues de tous. Peu importe que, selon un sondage de l’IFOP réalisé en 2021, 63 % des Français en réprouvent l’usage et 42 % n’en aient même jamais entendu parler. Au nom de leurs bons sentiments et d’un féminisme dévoyé, ces élites se sont levées un beau matin et ont décidé que la langue commune que parlent plus de 300 millions de francophones dans le monde ne faisait plus leur affaire et qu’il fallait la changer. Comme si elle était leur propriété privée.

Voilà bien ce qu’on appelle faire sécession. Si les néoféministes agissent ainsi, pourquoi chacun n’utiliserait-il pas demain ses propres règles linguistiques, qui au nom de l’écologie, qui au nom de l’antiracisme, qui au nom de la simplification de la grammaire ? Quant aux partisans de la paix universelle, ils pourraient écrire en espéranto — certains n’en sont d’ailleurs pas très loin. Quid alors de la langue commune ?

Au-delà du délire inhérent à ce mode d’écriture abscons et totalement idéologique, l’exemple de l’Université de Grenoble illustre combien nos nouvelles élites « éclairées » vivent de plus en plus dans leur propre univers avec leurs propres références culturelles. Et donc, pourquoi pas leur propre langue ? C’est ce qu’avait décrit avant tout le monde l’historien et sociologue américain Christopher Lasch, décédé en 1994. Ce ne sont plus les masses, le prolétariat ou le peuple qui se révoltent, disait-il, mais les élites instruites, celles qui ont accès à l’université et inondent les médias, qui, au nom du Bien, ont décidé de faire sécession et d’en finir avec ce peuple qui serait de toute façon raciste, sexiste, pollueur et misogyne.

Contrairement à la vieille bourgeoisie nationale qui s’était résolue à « faire nation », nos nouvelles élites mondialisées se sont « retirées de la vie en commun », a écrit Lasch. Elles ont plus en partage avec les classes favorisées qui vivent à des milliers de kilomètres de là qu’avec les gens qui font leur ménage et ramassent leurs poubelles. Ce séparatisme élitaire explique toute une série de phénomènes étranges qui, autrement, demeureraient incompréhensibles. Qu’on pense aux discours exaltés, irrationnels et parfois même antiscientifiques sur les minorités sexuelles, raciales ou ethniques. Des discours à ce point extrémistes qu’ils dépassent l’entendement de la majorité. Et empêchent donc de faire société.

Quand on ne veut plus partager la langue du plus grand nombre, cela en dit long sur le degré de dissolution de la société. Récemment, deux professeurs de l’Université Lyon 2, convaincus de leur supériorité morale, n’ont pas hésité à imposer un examen de droit rédigé en sabir « inclusif ». On y trouvait des graphies comme « touz », « als », « appelae » et « reconnux ». À ceux qui s’estimaient lésés par un énoncé « illisible », l’université répliqua que la « liberté pédagogique » était sacrée. Le reste de l’humanité n’avait qu’à aller se rhabiller.

Le ministre français du Numérique se déclare prêt à « bannir » Twitter

Le réseau social d’Elon Musk (ci-contre) est sorti samedi du « code européen de bonnes pratiques contre la désinformation en ligne. »

Twitter « sera banni » de l’Union européenne en cas d’infraction à ses règles, a déclaré lundi le ministre français délégué au numérique Jean-Noël Barrot, qui s’est parallèlement inquiété d’une future régulation européenne « excessive » en matière d’intelligence artificielle (IA). « Twitter, s’il ne se conforme pas à nos règles, sera banni, en cas de récidive, de l’Union européenne », a martelé sur Franceinfo le ministre Jean-Noël Barrot.

Cette déclaration survient après la sortie officielle de Twitter du code de bonnes pratiques de l’Union européenne contre la désinformation en ligne, annoncée samedi par le commissaire européen à l’Industrie Thierry Breton. Ce dernier avait rappelé dans un message sur Twitter que le réseau social, dirigé par le milliardaire américain Elon Musk, demeurait assujetti légalement au respect des règles européennes.

« Twitter joue un rôle important dans le débat public, mais nous ne pouvons pas prendre le risque qu’un réseau social tel que Twitter se laisse prendre en otage par les partisans de la désinformation et que, par conséquent, notre débat public, notre démocratie soient affectés », a insisté Jean-Noël Barrot. « C’est la raison pour laquelle nous avons établi des règles claires et il faudra que Twitter s’y conforme », a-t-il ajouté.
 
Twitter avait déjà accepté un test de simulation de crise dans le cadre de la mise en place de ce Code, et M. Breton a déclaré que lui et son équipe se rendraient au siège de l’entreprise à San Francisco à la fin du mois de juin de cette année pour effectuer l’exercice de simulation volontaire. M. Breton n’a pas précisé en quoi consisterait ce test.
 
Garde-fous

Il existe des garde-fous pour les contenus générés par l’intelligence artificielle, tels que les vidéos « hyper truquées » (deep fake/contrefaçon profonde) et les images de synthèse, qui devront être clairement identifiés lorsqu’ils apparaîtront dans les résultats de recherche, a déclaré M. Breton. Il a également indiqué qu’en vertu de la loi sur les services numériques, les infractions pourraient être sanctionnées par de lourdes amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel d’une entreprise.

Les plateformes devront « revoir complètement » leurs systèmes afin de garantir un niveau élevé de confidentialité et de sécurité pour les enfants, notamment en vérifiant l’âge des utilisateurs, a déclaré M. Breton.

Les grandes entreprises technologiques devront également réorganiser leurs systèmes pour « empêcher l’amplification algorithmique de la désinformation », a-t-il ajouté, se disant particulièrement préoccupé par les systèmes de modération de contenu de Facebook à l’approche des élections de septembre en Slovaquie.

La société mère de Facebook a déclaré qu’elle soutenait la nouvelle directive européenne sur les services numériques. « Nous prenons des mesures importantes pour lutter contre la diffusion de contenus préjudiciables sur Facebook et Instagram dans l’UE », a déclaré Meta il y a plusieurs semaines. « Bien que nous le fassions tout au long de l’année, nous reconnaissons que c’est particulièrement important pendant les élections et les périodes de crise, comme la guerre en cours en Ukraine. »

Critiques du Code

 
Jacob Mchangama, historien danois, a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la loi sur les services numériques à la fin de 2022, écrivant dans un article d’opinion que ce plan pourrait bien être un « remède » serait « pire que la maladie ».

« Mais lorsqu’il s’agit de réglementer la liberté d’expression, les bonnes intentions n’aboutissent pas nécessairement à des résultats souhaitables », a-t-il écrit pour le Los Angeles Times. « En fait, il y a de fortes raisons de croire que la loi est un remède pire que le mal, susceptible d’entraîner de graves dommages collatéraux à la liberté d’expression dans toute l’UE et partout où les législateurs tenteront de l’imiter. »

Bien que « la suppression de contenus illégaux semble assez innocente », il écrit que « ce n’est pas le cas ». Ce terme — « contenu illégal » — est « défini de manière très différente en Europe », a-t-il déclaré. « En France, des manifestants ont été condamnés à des amendes pour avoir dépeint le président Macron en Hitler, et les discours de haine illégaux peuvent englober l’humour offensant, tandis que l’Autriche et la Finlande criminalisent le blasphème. »

Direction sur l’intelligence artificielle excessive

Interrogé sur la future réglementation européenne en matière d’intelligence artificielle générative (l’« IA Act » [franglais (ce serait AI Act en anglais) typique et croissante des instances européennes, ses règlements n’étant en outre pas des actes [lois]…]) actuellement en discussion, le ministre français, tout en reconnaissant la nécessité de « donner un cadre » au développement de l’IA, a taclé le positionnement du Parlement européen qui risque de « faire sortir l’Union européenne de l’histoire technologique ».

« À ce stade, la position du Parlement européen est excessive, car elle impose des obligations d’audits, des obligations de transparence qui sont excessives pour ce type de modèles », à l’image de ChatGPT, a-t-il estimé. Ces modèles d’IA « font l’objet d’une course effrénée dans laquelle nous ne devons pas nous laisser distancer, sans quoi nous nous enfermerions dans des décennies d’assujettissement et de dépendance technologique », a-t-il poursuivi, appelant à « investir » dans le domaine.

« Il est impératif de disposer dans les mois qui viennent de modèles tels que ceux qu’ont développés ces géants américains », a-t-il conclu, rappelant que Google avait pour l’heure renoncé à déployer son IA Bard dans l’UE, face aux contraintes réglementaires.

Voir aussi

Macron bloque Rumble et Odysee en France (novembre 2022)


Nudité et discours anti peau blanche au Musée de la civilisation de Québec

Nous ne savons pas ce qu'est « la peau blanche privilégiée, la peau blanche émaculée [sic] »... Un croisement woke entre émasculée et immaculée ? 
 
L'exposition, parrainée par la banque TD, se tiendra jusqu'en avril 2024.
 

 
 
Gratuit les bambins, prix spécial pour les familles...



Aucune nudité annoncée dans cette invitation sur Facebook:





 Sophie Durocher commentait par ailleurs la politisation des musées du Canada:
 
Vous pensiez que le rôle des musées canadiens était de préserver le patrimoine? Qu’on allait au musée pour être bouleversé, touché, pour être en contact avec le beau, la création?

Mon Dieu que vous êtes dépassé!

Dans le Canada de Justin Trudeau, les musées financés par les fonds publics sont là pour promouvoir une idéologie, militer pour une cause et rééduquer le pauvre contribuable ignare et arriéré que vous êtes.

LE CANADA A CHANGÉ

Si vous ne me croyez pas, allez consulter en ligne le «Guide de discussion» pour le «Renouvellement de la Politique muséale du Canada», une consultation qui se poursuit jusqu’en juin pour mettre à jour la politique muséale qui date de 1990.

«Depuis, la société canadienne a changé, et de nouvelles priorités sont apparues», lit-on dans le document. «La version de la Politique de 1990 ne tient pas compte de ces nouvelles priorités, comme la réconciliation avec les peuples autochtones, le traitement des questions d’équité, de diversité et d’inclusion, ou la transformation numérique en cours.»

Il se bâtit au Canada entre 200 000-300 000 unités de logement par an, en 2022 1 million de personnes s'est ajouté à la population

Bon an mal an, il se bâtit au Canada entre 200 000 et 300 000 unités de logement. Cette année, à cause des taux d’intérêt plus élevés, du prix des matériaux gonflé et de la pénurie de main-d’œuvre, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) prédit qu’il ne s’en construira que 214 000. 
 

Or, selon Statistique Canada, de janvier 2022 à janvier 2023, il s’est ajouté 1,05 million de personnes sur le territoire, dont 95,9% provenaient de l’immigration. Le double du seuil officiel. Et oui! Au Canada comme au Québec, les seuils ne représentent qu’une partie du nombre total de personnes arrivant par divers canaux migratoires. 
 
Ainsi, alors qu’une grave pénurie de logements sévit déjà, les nouvelles constructions seront insuffisantes pour couvrir les nouvelles arrivées. La pénurie ne fera que s’aggraver.
 

Entre mai 2022 et mai 2023, le coût des loyers a explosé de 16,8 % à Vancouver, selon les données de Rentals.ca. À Toronto, la hausse était encore plus élevée, atteignant même 21,2 %. En comparaison, les loyers montréalais ont enregistré une hausse moyenne de 10,7 % .

Mais quand on regarde les projections de la SCHL qui montrent que les loyers montréalais pourraient augmenter de 30 % d’ici cinq ans, les experts vont dans le même sens : Montréal est en train de prendre la même trajectoire.

La crise du logement est loin de s’arrêter à la frontière de la métropole. Que ce soit à Gatineau, Rimouski ou Sherbrooke, par exemple, la flambée des prix des loyers et la baisse des taux d’inoccupation inquiète à travers la province.
 
En mai 1973, il y a 50 ans, un appartement 4 1⁄2 [2 chambres à coucher, une cuisine, un salon et une salle de bain] sur l'avenue Papineau, en face du parc La Fontaine à Montréal, était disponible pour 120$ par mois. Ce montant incluait le chauffage, l’eau chaude, ainsi qu’une cuisinière et un réfrigérateur. 


La crise du logement mine la natalité

La crise du logement affecte le taux de natalité. En augmentant l'immigration de façon débridée, le gouvernement fait baisser le taux de natalité; le serpent se mord la queue. La cherté des logements influence même la « planification familiale », selon Desjardins. Certains jeunes retardent leur projet de fonder une famille et des femmes décident d’avoir moins d’enfants que souhaité pour des raisons financières.

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Canada — programme de financement du logement fondé sur la race 

Forte baisse de la fécondité au Québec en 2022 : 1,49 enfant/femme (-7,7 % pour les « langue maternelle français »)

Canada, champion de l'augmentation du prix du logement depuis 2000, aussi un pays à très forte immigration... 

Bloomberg: les salaires canadiens stagnent en raison de l’immigration de masse alors que l’inflation grimpe  

Crise du logement : le tabou des seuils d’immigration trop élevés

Immigration de masse : le Canada connaît la plus forte croissance démographique du G7

L’augmentation de l’immigration a amplifié la crise du logement

Canada — Faire passer l’immigration de 300 000 personnes par an à un million

L'initiative du Siècle (dont un des cofondateurs est Dominic Barton, actuellement ambassadeur du Canada en Chine populaire). En anglais uniquement.

Le patronat québécois reprend de plus belle sa campagne en faveur de l’immigration massive : 64 000 par année au Québec ! (1er avril 2021, ce n’est hélas pas un poisson d’avril)

On a consulté des circulaires [publicités] d’épicerie de 1999 et ça fait mal au cœur

dimanche 28 mai 2023

Électeurs immigrés en faveur des libéraux (PLC) : +8 % en 2015, +13 % en 2019, +19 % en 2021 par rapport aux non-immigrants

« Les libéraux fédéraux ont aussi un intérêt partisan à ouvrir les vannes. À leur dernier congrès, le sondeur Dan Arnold a révélé que les électeurs nés à l’extérieur du Canada sont les plus susceptibles de voter libéral. Leur niveau d’appui au Parti libéral (PLC) a dépassé celui des non-immigrants par 8 points à l’élection de 2015, par 13 points en 2019 et par 19 points en 2021. Est-ce parce que les immigrants votent libéral que le PLC en veut plus ou est-ce parce que le PLC veut plus d’immigrants que ceux-ci leur sont fidèles ? Chose certaine : c’est un puissant incitatif à poursuivre sur cette voie. Québec pourra continuer de débattre tout seul… »

Source : Le Nouvelliste, 26 mai 2023

En 20 ans, les enfants sont devenus nettement moins attentifs et plus anxieux

Quand on demande aux professionnels ce qui a le plus changé chez les enfants en 20 ans, certains répondent l’inattention, d’autres l’anxiété. Ce sont les deux réponses les plus courantes.

« L’inattention, c’est fou, 50 % de mon temps de travail, c’est de réveiller les élèves. Écoutes-tu ? Je suis obligée de leur dire de m’écouter. La moitié de la classe n’est pas là », raconte l’enseignante Martine Leduc, qui compte une trentaine d’années d’expérience. Sa stratégie : marcher constamment dans la classe dans l’espoir que son mouvement garde les esprits éveillés.
[…]


« Les jeunes ne bougent plus ! Ils arrivent à l’école avec un surplus d’énergie. C’est rendu qu’il faut leur faire prendre [faire] des marches pendant les périodes, leur donner des objets à manipuler, des pédaliers dans les locaux d’expulsion. Tu leur demandes ce qu’ils ont fait pendant la fin de semaine et ils n’ont rien fait. Ils l’ont passée sur leur téléphone, dans leur chambre, à chiller [se détendre, relaxer, paresser, buller] sur les réseaux sociaux », raconte Stéphane Garneau.

Ce « technicien en éducation spécialisée » (TES) qui travaille avec des jeunes de première secondaire depuis plus de 20 ans est abasourdi de voir à quel point les jeunes peinent à rester assis dans une classe. C’est vrai que les rues pleines d’enfants qui se dépensent se font rares.

Ce changement s’est fait sentir jusque dans les magasins de jouets, raconte l’acheteuse d’expérience Céline Grenier. « Il y a 20 ans, quand l’été arrivait, on avait des présentoirs dans les magasins avec plein de jeux pour l’extérieur, pour plusieurs enfants. Du badminton, des ballons, des cordes à danser [sauter], des fusils à eau, des trucs pour regarder les insectes. On ne voit presque plus ça. »

Tous les jouets de fabulation, ceux qui permettent à l’enfant de faire semblant, comme les déguisements et les outils en plastique, ont aussi perdu beaucoup d’intérêt.

C’est bien dommage, car ils stimulent la créativité, le langage, la motricité fine aussi. Et, surprise : « la motricité fine est directement liée aux compétences en lecture et en mathématiques »
, avertit Linda Pagani, chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine de l’Université de Montréal spécialisée dans le développement du cerveau de l’enfant.

Les troubles d’apprentissage comme la dyslexie et la dysorthographie sont d’ailleurs « en augmentation, mais il ne faut pas croire qu’il y a une sorte d’épidémie », soutient le président de l’Ordre des orthophonistes, Paul-André Gallant. À son avis, si les besoins des élèves ne sont pas comblés même s’il y a deux fois plus d’orthophonistes au Québec qu’il y a 20 ans, c’est parce qu’on diagnostique mieux. 

[Cela reste à démontrer, on note ainsi une baisse des capacités en France dans de grandes enquêtes générales échelonnées sur plus de 40 ans. Voir France — L’inquiétant niveau de français des bacheliers. Pourquoi les élèves français ont un niveau si médiocre... « dégringolade observée pour une même dictée soumise à 33 ans de distance : le manque d’heures de français, les élèves français passent en effet 800 heures de moins (de 12 à 16 ans) à étudier le français qu’en 1976 ». Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010. France — Malgré un budget de l’éducation publique en hausse constante, l’enseignement privé remporte la mise.]

Le pédiatre Gilles Julien s’inquiète particulièrement du bond important des troubles anxieux. « Pas de l’anxiété de base comme avoir mal au ventre avant un examen », précise-t-il.

Pour le neuropsychologue Benoît Hammarrenger, il ne fait pas de doute qu’il s’agit du changement « le plus significatif » qui soit. « L’absence d’anxiété, c’est quand on a réussi à surmonter un obstacle et qu’on s’est senti bon. Pour construire ce sentiment d’efficacité, il nous faut des preuves qu’on est capable de franchir un obstacle, de le surmonter, détaille-t-il. On peut donc penser que les jeunes n’ont pas eu beaucoup de difficultés. »

En protégeant de bonne foi ses enfants, on les empêche de s’outiller pour composer avec les coups durs. On les fragilise. « Beaucoup de parents ne veulent pas que leurs enfants vivent des malaises. Alors ils lèvent le drapeau facilement. Ils ne veulent pas qu’ils vivent des échecs. Ils nivellent le terrain devant eux », illustre la psychoéducatrice Brigitte Alarie, qui travaille dans une clinique de pédopsychiatrie à Trois-Rivières.

« Aujourd’hui, c’est rare que je voie des enfants heureux. C’est fou, hein ? Je leur demande s’ils sont heureux, ils répondent ‟bof »… C’est d’une lourdeur… », conclut le Dr Julien.

Source  La Presse de Montréal

Voir aussi 

Les enfants religieux seraient plus heureux

Trop d’enfants turbulents ou pénibles classés « précoces » ou « doués » ? 

Étude — École non mixte n’augmente ni résultats ni intérêt des filles pour les sciences, mais bien pour les garçons  

Boris Cyrulnik : l’école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons

Étude : famille biparentale constitue l’environnement le plus sûr pour les enfants

Les femmes mariées moins sujettes à la dépression et à la violence conjugale 

Les enfants de mères au foyer sont en meilleure santé

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l’obésité de leurs enfants 

Deux fois plus de dépression chez les femmes qu’il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

Pourquoi l’éducation jouerait un rôle moins important qu’on ne le pense 

Les gènes influeraient sur la réussite. Mais alors qu’est-ce que l’égalité en éducation ? 

Robert Plomin : « La génétique influe plus sur notre personnalité et notre réussite que l’environnement »

Les dirigeants de la Silicon Valley de ce monde ne veulent pas d’une école haute technologie pour leurs enfants

En Turquie et en Roumanie, les enfants seraient plus heureux 

Pierre Vermeren : « Les jeunes hommes sont-ils en trop dans la société » ?

Le décrochage massif des garçons, une particularité québécoise

« L’école des filles »

vendredi 26 mai 2023

La Chine lance un programme national pour encourager les mariages et les naissances

Craignant un effondrement démographique, la Chine lance un nouveau programme national visant à « créer une nouvelle culture du mariage et de la procréation » au sein de sa population.


Le projet pronataliste a été annoncé par le média d’État Global Times, qui a déclaré qu’il était destiné à coïncider avec la Journée internationale des familles après que l’Organisation des Nations Unies ait exprimé leur inquiétude quant à la baisse de la fécondité et aux « changements démographiques ».

Les Nations Unies ont déclaré la chose suivante :

[le projet] Se concentrera sur des tâches telles que la promotion du mariage et la naissance d’enfants à un âge approprié, l’encouragement des parents à partager les responsabilités en matière d’éducation des enfants et la réduction des “prix de la mariée” élevés et d’autres coutumes désuètes.

La référence au « prix élevé de la mariée » est une coutume chinoise selon laquelle la famille du marié offre à la famille de la mariée une importante contribution financière appelée « caili ».

En Chine, les jeunes femmes sont désormais invitées à signer des engagements dans lesquels elles promettent de ne pas exiger de « caili » de la part du marié.

Le vice-président de l’Association chinoise de planification familiale, Yao Ying, a déclaré à propos de cette politique :

La Chine devrait prendre des mesures innovantes et proactives pour favoriser des atmosphères propices à la procréation et contribuer à faire avancer la modernisation chinoise avec le soutien d’un développement de haute qualité de la population.

Selon les projections actuelles, la population de la Chine devrait passer sous la barre du milliard d’habitants d’ici 2080 et sous les 800 millions d’ici 2100.

Le démographe He Yafu a déclaré au Global Times :

La société doit guider davantage les jeunes sur le concept du mariage et de l’accouchement, et encourager les jeunes à se marier et à avoir des enfants.

Les autorités municipales chinoises s’efforcent d’organiser dans tout le pays des événements de type « salon de l’emploi » au cours desquels elles distribuent rapidement et facilement des licences de mariage afin d’encourager les couples à se marier et à avoir des enfants, compte tenu de la charge financière que cela représente pour eux.

La nouvelle politique chinoise est très éloignée de la fameuse politique de l’enfant unique, introduite en 1980 pour freiner la croissance démographique, mais qui a pris fin en 2016.

Voir aussi

Aucun écho dans les médias québécois, aucune demande de politique nataliste, de changement de valeurs : Forte baisse de la fécondité au Québec en 2022 : 1,49 enfant/femme (-7,7 % pour les « langue maternelle français »)

Corée du Sud — Les naissances atteignent un nouveau minimum historique en mars (2023)

Au Royaume-Uni, le Dr Paul Morland prévient que les enfants britanniques blancs risquent de devenir une minorité dans les écoles primaires d’ici 2060.

En ce qui concerne la rapidité du déclin, des démographes d’Oxford et d’autres travaux plus récents se sont penchés sur la situation en 2060, où nous aurons peut-être 50 à 60 % de personnes se définissant comme des Britanniques de race blanche

Mais bien sûr, à ce moment-là, si vous regardez l’école primaire, les enfants d’âge scolaire ou les habitants des grandes villes, il s’agira d’une minorité et d’une minorité en déclin. 

Malgré les promesses du parti conservateur de réduire l’immigration, plus d’un million de nouveaux migrants devraient entrer en Grande-Bretagne avant les prochaines élections générales.

L’été dernier, le solde migratoire vers le Royaume-Uni a déjà atteint un nouveau record annuel de 504.000 personnes.

Corée du Sud — Les naissances atteignent un nouveau minimum historique en mars (2023)

Le nombre de bébés nés en Corée du Sud est tombé au plus bas niveau historique en mars, selon les données de Statistique Corée (KOSTAT), illustrant la crise démographique que connaît la quatrième économie d’Asie.
 


Seuls 21 138 bébés sont nés en mars, en baisse de 8,1 % par rapport au même mois de l’année dernière, selon les données. Il s’agit du plus faible chiffre pour un mois de mars depuis que l’agence de statistiques a commencé à compiler des données connexes en 1981. Le nombre de bébés nés au pays du Matin-Clair a baissé en glissement annuel pour le 88e mois d’affilée.

Le faible taux de natalité est un vrai fléau dans la société sud-coréenne alors que les jeunes générations retardent ou renoncent à avoir des enfants en raison, selon l’agence Yonhap, des prix élevés de l’immobilier et des incertitudes économiques. Le taux de fécondité du pays, le nombre moyen d’enfants qu’une femme porte au cours de sa vie, s’est élevé à seulement 0,81 au premier trimestre de 2023, en baisse de 0,06 par rapport à la même période de l’année dernière.

Des experts prévoient que le taux devrait continuer à baisser à l’avenir compte tenu du fait que davantage de bébés naissent généralement en début d’année. Le taux est beaucoup plus faible que le niveau de remplacement de 2,1 qui permettrait au pays de maintenir stable la population à 51,5 millions d’habitants.

Les décès ont continué à dépasser les naissances, une tendance qui se poursuit depuis 2020. Le nombre de décès s’est élevé à 28 922 en mars, une baisse de 35,2 % par rapport à l’année dernière, selon les données publiées, entraînant une diminution naturelle de 7 784. Le recul du nombre de décès est intervenu sur fond d’impact allégé de la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19).

Le nombre de mariages a bondi de 18,8 % sur un an à 18 192, alors que les couples qui ont reporté leur mariage se sont mariés après la levée des restrictions antivirus. Les divorces ont augmenté de 4,7 % à 8 255 au cours de la période en question.

jeudi 25 mai 2023

Québec — Le quart des enseignants non légalement qualifiés en 2020-2021

Près de 30 000 enseignants, soit le quart des effectifs, ont enseigné dans les écoles québécoises sans être légalement qualifié, rapporte la vérificatrice générale du Québec, qui s’inquiète de la pénurie de main-d’œuvre sur la réussite éducative des enfants.
 
Pour la plupart d’entre eux, le ministère de l’Éducation ne sait même pas quelle est leur formation.

Il y a beaucoup plus d’enseignants non légalement qualifiés que ce que l’on croyait. Une nouvelle analyse du Vérificateur général du Québec révèle qu’il y en a près de 30 000, soit le quart de la force de travail du secteur public.
 
Ces 30 000 travailleurs sont « principalement des suppléants » qui ont « travaillé l’équivalent de 8,3 % des jours totaux travaillés ». L’absence de stabilité a des conséquences : « plusieurs élèves subissent des changements d’enseignants répétés, ce qui nuit à leur réussite scolaire selon diverses études », note Mme Leclerc.

L’explosion du nombre d’enseignants non légalement qualifiés témoigne de la pénurie de main-d’œuvre qui affecte le réseau scolaire. Mais on en sait peu sur ces travailleurs. « Parmi les 3778 détenteurs d’une tolérance d’engagement, les trois quarts détenaient un baccalauréat ou une maîtrise dans une discipline autre que l’enseignement », note la vérificatrice.

« Quant aux 26 743 enseignants sans autorisation, le MEQ ne dispose d’aucune information sur leur profil scolaire », note Mme Leclerc.

Car le ministère de l’Éducation ignore beaucoup de choses. La VG a d’ailleurs rédigé une liste de tout ce qu’il ne sait pas.
 

Ce que le ministère de l’Éducation ne sait pas

  •     Le nombre total de postes déjà pourvus et à pourvoir (réguliers à temps plein et à temps partiel)
  •     Le nombre d’enseignants actifs non légalement qualifiés et leur profil scolaire
  •     Le nombre moyen d’enseignants nécessaires pour pourvoir un poste
  •     Le nombre moyen d’élèves par classe
  •     Les prévisions du nombre de postes d’enseignants à pourvoir dans l’avenir
  •     Le taux de rétention, de roulement et d’absentéisme
  •     Les départs à la retraite
  •     Les démissions et les raisons de celles-ci