mercredi 17 mai 2023

Québec : immigration record et pourtant le nombre de postes à pourvoir double ensuite

De 2015 à 2019, le solde migratoire total du Québec a quadruplé, passant de 24 800 à 93 500 personnes. Mais plutôt que de diminuer, le taux de postes vacants a doublé au Québec pendant ce temps, passant de 1,8% de postes disponibles en 2015 à 3,5% en 2019.

 
De combien d’immigrants permanents le Québec a-t-il besoin ?

Le Conseil du patronat en réclame de 80 000 à 100 000 par année. Le gouvernement vise une cible de 50 000. Dans une analyse détaillée, dont nous vous présentons ici la synthèse, l'économiste Pierre Fortin (ci-dessous) tranche le débat en faveur du seuil le moins élevé.

Dans un Livre blanc sur l’immigration publié en mai 2022, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a réclamé une hausse du nombre d’immigrants permanents au Québec à 80 000 par année pour les quatre années 2023 à 2026, puis « idéalement » à 100 000 par année par la suite. L’objectif principal recherché est de soulager les entreprises de la pénurie actuelle de main-d’œuvre, dont l’intensité s’est accrue au moins jusqu’au printemps dernier avec la baisse du taux de chômage à un niveau jamais atteint depuis 50 ans. Le premier ministre Legault et ses ministres de l’Immigration, Jean Boulet, et de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, ont rejeté la demande du CPQ et veulent s’en tenir au seuil annuel relativement stable de 50 000 immigrants permanents observé depuis 15 ans.

Deux défauts majeurs

Comment le CPQ a-t-il fait cette évaluation ? Il a estimé le nombre d’admissions de nouveaux immigrants permanents dont le Québec aurait besoin de 2023 à 2026 afin de finir de combler l’écart qu’une étude de 2018 d’Emploi-Québec avait prévu entre le total d’emplois à pourvoir et l’offre de travailleurs disponibles localement pour l’ensemble de la période décennale 2017-2026. Le CPQ a déduit de cette étude de 2018 d’Emploi-Québec que l’écart offre-demande à combler pour toute la décennie 2017-2026 exigeait l’admission cumulée de 593 000 immigrants permanents. Mais comme 278 000 allaient être admis de 2017 à 2022, le CPQ en a conclu que les 315 000 restants devaient arriver de 2023 à 2026, soit environ 80 000 par année, afin que la commande décennale soit complétée.

Malheureusement, cette estimation d’un besoin annuel de 80 000 immigrants permanents présentée par le CPQ souffre de deux défauts majeurs. Ces deux défauts font gonfler démesurément le besoin annuel d’immigrants permanents estimé par l’organisme patronal.

La première des deux failles de l’estimation du CPQ est qu’elle est basée sur les prévisions d’une étude d’Emploi-Québec datant de 2018, donc d’avant la pandémie et forcément périmée, plutôt que sur la mise à jour postpandémique 2021 qu’Emploi-Québec a publiée au début de 2022. Cette dernière repose sur des perspectives économiques renouvelées et prolongées à la période décennale 2021-2030.

En appliquant à cette mise à jour 2021 d’Emploi-Québec la méthode d’estimation que le CPQ a utilisée avec l’édition périmée de 2018, on trouve que le nombre estimatif d’immigrants permanents dont le Québec aurait besoin en moyenne de 2023 à 2030 est de 63 000 plutôt que de 80 000. En employant l’édition périmée de 2018 plutôt que l’édition mise à jour de 2021, le CPQ s’est donc trouvé à gonfler démesurément (de 26 %) le résultat estimé pour les années 2023 à 2026.

Le second défaut de cette évaluation est d’être tenue implicitement pour certaine et de n’accorder aucune attention à la marge d’erreur dans le chiffre de 80 000 avancé, contrairement à la pratique professionnelle de tous les travaux qui reposent sur des hypothèses statistiques faillibles. En supposant, pour fixer concrètement les idées, qu’Emploi-Québec ait surestimé en 2021 la hausse de l’emploi à pourvoir d’un plausible et tout petit 0,1 % par année pour la période 2021-2030, on trouve après correction que le nombre estimatif d’immigrants permanents dont le Québec aurait besoin en moyenne de 2023 à 2030 serait de 53 000 plutôt que de 63 000. Cela ramènerait la réclamation du CPQ à un niveau voisin du taux annuel de 50 000 immigrants permanents par année planifié par le premier ministre Legault et ses ministres Boulet et Fitzgibbon.

Un copier-coller de la politique fédérale

Le CPQ ne fait pas que réclamer du Québec qu’il accroisse son taux d’admission à 80 000 immigrants permanents par année de 2023 à 2026, il l’invite également à « tendre idéalement » vers un taux annuel de 100 000 par la suite. Cette cible de 100 000 immigrants permanents par année n’est pas choisie au hasard. Elle équivaut à 22 % des 451 000 immigrants permanents que le gouvernement fédéral vient d’annoncer qu’il admettrait à partir de 2024. Or, 22 % est exactement la part de la population canadienne que représentent actuellement les 8,6 millions de Québécois. La proposition du CPQ pour le Québec est donc un copier-coller de la nouvelle politique fédérale, qu’il appuie sans discussion.

Les lobbys politiques canadiens qui, comme le CPQ, appuient l’accélération de l’immigration canadienne que planifie le gouvernement fédéral sont d’avis qu’elle apporterait trois avantages économiques majeurs au pays : elle résoudrait le problème des pénuries de main-d’œuvre, elle combattrait efficacement le vieillissement de la population, et elle favoriserait la croissance du niveau de vie moyen et du bonheur des gens. Malheureusement, il n’existe aucune preuve scientifique sérieuse de la présence de l’un ou l’autre de ces trois effets bénéfiques présumés.

De faux avantages économiques

Le premier avantage économique présumé est que plus on accueillera d’immigrants, plus la pénurie de main-d’œuvre va s’atténuer. Il est incontestable que le recours à l’immigration fait partie des moyens essentiels de soulager les pénuries de main-d’œuvre particulières des entreprises individuelles. Il doit être encouragé et facilité en réduisant la complexité administrative et les longs temps d’attente.

Mais malheureusement, le CPQ a tort d’affirmer que l’immigration peut faire diminuer la pénurie de main-d’œuvre pour l’ensemble de l’économie. Cette idée n’est en fait rien d’autre qu’un gros sophisme de composition. Ceux qui la défendent « oublient » de tenir compte du fait que les revenus supplémentaires encaissés et dépensés par les nouveaux arrivants finissent par faire augmenter la demande de main-d’œuvre autant que l’offre de main-d’œuvre, de sorte que l’effet net sur la rareté de la main-d’œuvre dans l’économie globale est à peu près nul. On doit travailler consensuellement à améliorer la composition et le bon fonctionnement de l’immigration et non s’employer à en augmenter la cible générale à l’aveuglette.

Les données récentes montrent que l'immigration ne diminuent pas la pénurie, au contraire

Cette affirmation voulant que l’immigration soit sans effet net sur la pénurie globale de main-d’œuvre est tout à fait conforme aux données de l’expérience. De 2015 à 2019 par exemple, le solde migratoire total du Québec, qui prend en compte l’addition annuelle nette de tous les immigrants permanents et temporaires, a quadruplé, passant de 24 800 à 93 500 personnes. Mais plutôt que de diminuer, le taux de postes vacants a doublé au Québec pendant ce temps, passant de 1,8 % de postes disponibles en 2015 à 3,5 % en 2019. Autre exemple : de 2015 à 2022, bien que le solde migratoire total de la Colombie-Britannique ait dépassé celui du Québec de 65 % à 75 % en proportion selon les années, le taux de postes vacants de cette province était récemment supérieur, et non inférieur, à celui du Québec, s’établissant à 6,5 % là-bas contre 5,8 % au Québec.

L'immigration n'entame pas le vieillissement de la population

Le deuxième avantage économique présumé d’une expansion migratoire comme celle que prévoit le gouvernement fédéral, soit 451 000 immigrants permanents à partir de 2024, est qu’elle aiderait à combattre le vieillissement de la population. Malheureusement, cet espoir est lui aussi contredit par la littérature de recherche, qui a clairement démontré que l’effet de l’immigration sur le rapport de dépendance des personnes âgées est minime, notamment parce que les immigrants arrivent souvent avec leurs vieux parents, puis vieillissent eux-mêmes.

Aucune preuve à la croissance du niveau de vie (et des exemples contraires...)

Le troisième avantage économique présumé d’une accélération majeure de l’immigration comme celle que planifie Ottawa est qu’elle favoriserait la croissance du niveau de vie et du bonheur des gens. Mais encore ici, il n’existe aucune preuve scientifique que la croissance du niveau de vie des Canadiens réagirait positivement (ou négativement) à une expansion accélérée de l’immigration et de la population.

Les synthèses de la littérature produites par les meilleurs chercheurs canadiens en économie de l’immigration ont au contraire fermement conclu que les effets de l’immigration sur le niveau de vie estimés par les nombreuses recherches sur la question sont généralement négligeables. Par exemple, malgré un taux d’immigration 19 fois plus faible que celui du Canada, la Corée du Sud a vu son PIB par habitant (inflation déduite) augmenter 4,5 fois plus que celui du Canada de 2000 à 2019. Et tout près de nous, bien qu’on dénombre sept fois moins d’immigrants à Québec qu’à Toronto, la croissance du PIB par habitant a été deux fois plus importante dans la Vieille Capitale que dans la Ville reine de 2001 à 2018.

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Choisir le bon rythme

À quel rythme optimal est-il souhaitable d’admettre des immigrants permanents au Québec ? Cela est difficile à déterminer, car le concept de « capacité d’accueil » d’une communauté n’est pas facile à mesurer. Néanmoins, il est clair que la réclamation maximale du CPQ, de 80 000 à 100 000 par année, doit être rejetée pour au moins quatre raisons.

Premièrement, doubler l’immigration permanente au Québec de 50 000 à 100 000 d’ici la seconde moitié de la présente décennie entraînerait une surcharge administrative impossible au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) et aux autres ministères responsables des services publics.

Deuxièmement, bien qu’il soit essentiel d’atteindre un volume d’admissions de base suffisant pour répondre de façon rapide et efficace aux demandes des entreprises individuelles souffrant de pénuries particulières, ce qui importe surtout pour le Québec, c’est d’améliorer sans cesse la composition de son immigration et d’honorer ses obligations morales et humanitaires.

Troisièmement, une explosion migratoire qui ferait passer soudainement le nombre d’immigrants permanents de 50 000 à 100 000 par année serait passablement téméraire sur le plan social. Elle risquerait d’attiser la xénophobie et d’encourager le rejet de l’immigration. On observe déjà cette malheureuse évolution des choses en Europe et aux États-Unis. Les recherches sur le terrain ont décisivement montré que l’introduction trop rapide de l’immigration et de la diversité ethnoculturelle dans une communauté tend naturellement à réduire les relations de confiance, le degré d’altruisme, l’intérêt à coopérer et la cohésion sociale.

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Quatrièmement, le recrutement et l’intégration des immigrants posent des défis plus difficiles et complexes à relever au Québec qu’ailleurs en Amérique du Nord, parce que la promotion du français, fragile mais essentielle à la protection et au développement de la culture distincte du Québec, doit forcément s’éloigner du principe de personnalité, selon lequel chaque personne choisit librement la langue qu’elle utilise dans l’espace public, en faveur du principe de territorialité en vigueur dans toutes les sociétés d’immigration sauf à Montréal, et voulant que chaque personne utilise dans l’espace public la langue officielle ou majoritaire de la population d’accueil.

Tous ces défis à relever ajoutent à la justification d’une politique générale d’immigration différente au Québec, contrôlée strictement par la province, et planifiant des volumes d’admissions plus modérés qu’au Canada, en conformité avec l’Accord Canada-Québec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains de 1991. La question du taux d’immigration optimal reste ouverte, mais l’idée de poursuivre la « règle » suivie par le MIFI au cours de la période de 15 ans de 2008 à 2022, soit d’admettre un niveau relativement stable de 50 000 immigrants permanents par année, n’est pas mauvaise, car il appert fréquemment qu’« une vieille règle est une bonne règle ».

Qu’adviendra-t-il du poids du Québec dans le Canada ?

Choisir d’accueillir de 50 000 à 55 000 immigrants permanents par année plutôt que de 80 000 à 100 000 comme le voudrait le CPQ par imitation de la politique fédérale aurait deux conséquences démographiques pour le Québec. En niveau absolu, la population du Québec croîtrait moins vite. Selon le plus récent scénario démographique de référence de l’Institut de la statistique du Québec, avec 50 000 immigrants (augmentés plus tard à 55 000), elle s’élèverait à 10 millions d’habitants en 2061, alors qu’elle pourrait atteindre 11,7 millions d’habitants avec les 100 000 immigrants annuels réclamés par le CPQ.

L’effet sur le niveau de vie moyen et le bonheur des Québécois serait à peu près nul, comme c’est le cas pour nombre de petites nations qui sont devenues riches et heureuses sans avoir dû à cette fin poursuivre un rêve de grandeur démographique, politique ou militaire (par exemple la Suisse, la Norvège, le Danemark, l’Autriche, la Suède ou la Finlande).

[...]

Source : L'Actualité

Un ministère de l'Éducation qui encourage l'illettrisme et les échecs en français ?

Une fois de plus, et sans grande surprise, on apprend que 52 % des élèves échouent en orthographe et en grammaire lors de l’épreuve de français de cinquième secondaire (habi­tuel­lement 16 ans). Et pour comble, ce résultat lamentable a été obtenu alors que l’élève peut consulter un dictionnaire, une grammaire, et un recueil de conjugaison.

Les accusations pleuvent. Pour Nathalie Elgraby, le coupable est le ministère accord que pour Luc Papineau, enseignant de français, la faute en revient au système qui encouragerait l’illettrisme.

Même les professeurs de cégep en sont venus à des constats simples : leurs étudiants ne maitrisent pas les accords dans les groupes du nom et sont confus quant à [distinguent mal] certains homophones. Des notions souvent de niveau primaire. 

On suggère aussi que les enseignants fassent écrire leurs élèves tous les jours. C’est un vœux [sic] pieu [sic] que je souhaiterais bien pouvoir accomplir. Sauf qu’il faudrait réaliser [comprendre, saisir] qu’avec mes 120 élèves […], je risque d’y laisser ma santé, surtout quand il est reconnu que la charge de travail des enseignants s’est alourdie au fil des années. 

On leur propose également de consacrer plus de temps à enseigner les régularités de la langue française. Comme si on ne le faisait déjà pas dans nos classes. Dans les faits, on « épure » tellement l’enseignement de la grammaire pour se consacrer à l’essentiel que des étudiants universitaires voulant passer le TECFÉE pour devenir eux-mêmes enseignants un jour sont confrontés à des règles peu ou jamais vues au secondaire. 

Enfin, on nous indique qu’il faudrait qu’on soit plus efficace et prenne plus de temps dans l’enseignement des stratégies de révision…  

Grille de correction laxiste 

Or, le secret que personne n’ose dire à voix haute est que les élèves peuvent se moquer de maitriser la grammaire et l’orthographe avant la cinquième secondaire parce que la place occupée par celles-ci dans les grilles de correction d’un texte est insuffisante. Ils savent pertinemment qu’ils peuvent réussir en écrivant un texte comprenant une faute de grammaire ou d’orthographe par mot. Sauf en cinquième secondaire où tout à coup, on a resserré ce critère.   

Une des solutions que les experts ne suggèreront jamais est de revoir les exigences des grilles de correction en écriture. Il est anormal que la maitrise de la ponctuation et de la syntaxe compte davantage que celle de la grammaire et l’orthographe. Il est anormal qu’un élève puisse réussir, sauf en cinquième secondaire, un texte en écrivant une faute par mot. On a habitué nos jeunes à un laxisme consternant et on se surprend ensuite quand ils échouent. 

Tant et aussi longtemps qu’on sera si peu exigeant avec nos jeunes, ils nous donneront exactement ce qu’on attend d’eux… comme on peut le constater avec les résultats récents dévoilés par le Journal de Montréal.  

Luc Papineau, Enseignant de français


Parions que cette nouvelle a dépité les bonzes du ministère de l’Éducation qui s’affairent sans doute à trouver un bouc émissaire pour expliquer pareil fiasco. Pourtant, les coupables, ce sont eux et leurs prédécesseurs.

Résultat

Depuis plusieurs décennies, le ministère a fait du taux de diplomation sa priorité.

Or, comme l’indique la loi de Goodhart, « lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure », car elle devient l’objet de manipulations afin d’en améliorer le résultat. C’est d’ailleurs l’incitation qu’a créée le ministère en stipulant que hausser le taux de diplomation exige « que tous les acteurs […] se sentent unis par une obligation de résultats ».

Ainsi, pour atteindre ledit résultat, les « acteurs » ont nivelé par le bas et bradé les diplômes, mais ils ont oublié que l’on récolte toujours ce que l’on sème.

Or, les enseignants d’aujourd’hui sont le produit des diplômes délivrés hier. Et comme on ne peut enseigner ce que l’on ignore, l’échec des élèves trahit les lacunes du corps enseignant. On comprend mieux pourquoi ils sont nombreux à réclamer une simplification de la grammaire !

Excellence

L’excellence ne procède jamais de la nullité. Le ministère ne pourra donc espérer relever le niveau du français sans exiger une mise à niveau rigoureuse de son corps enseignant et l’évaluation de ce dernier.

De plus, pour interrompre la dégénérescence de l’instruction publique causée par les réformes adoptées au nom d’un soi-disant « progrès », Québec devrait changer de paradigme et privilégier la qualité des diplômes plutôt que la quantité.

Interrompre la marche descendante est possible. Mais qui en aura le courage ?

Nathalie Elgraby, Journal de Québec


France — « Ils ont accusé les enfants d'être transphobes » à l'École alsacienne, où le ministre de l'Éducation a placé ses enfants...

 

Une intervention de l’association militante OUTrans devant des classes de 4ème de la prestigieuse école alsacienne, un établissement privé, a ému de nombreux parents. Ils dénoncent une prise à partie militante, et même agressive, de leurs enfants.

Cette association qui prône la lutte contre la transphobie et l’aide aux personnes trans est intervenue lundi devant trois classes de 4e de l’École alsacienne. Mais la teneur de l’intervention, supposément centrée sur la prévention des LGBTphobies (et finalement consacrée uniquement à la question trans) a scandalisé de nombreux parents d’élèves, obligeant la direction du collège d’empêcher la tenue ultérieure de nouvelles interventions d’OUTrans.

Choqués et en colère face à ce qu’ils qualifient de «propagande» en faveur du «militantisme trans», des parents se sont par la suite ouverts à «l’Observatoire du décolonialisme», un collectif d’universitaires regroupés autour de la défense de l’universalisme dans l’enseignement.

Les élèves ont par exemple été invités à s’exprimer sur leurs représentations du masculin et du féminin. Quand un intervenant explique qu’aujourd’hui, des hommes peuvent être « enceints», des élèves ont protesté – avant d’être sèchement recadrés par les intervenants : « ils ont accusé les enfants d’être transphobes», se plaint un parent d’élève.

Quand des collégiens expriment leur difficulté à imaginer partager les toilettes des filles avec des hommes trans, les intervenants leur ont de nouveau reproché d'être pétris de préjugés discriminatoires.

D'autres parents soulignent que la séance s'apparentait même à du « prosélytisme en faveur du transgenrisme». Leurs enfants se sont vus expliquer que « si un adolescent n'est pas bien dans sa peau, c'est qu'il est peut-être trans », et que cette question n'a pas forcément à être abordée avec un psychologue. « Être trans c'est un feeling », ont ajouté les intervenants, qui ont également déclaré devant leur jeune public : « dire qu'il y a seulement deux sexes, c'est une représentation datée et c'est faux ».

« Ce qui me frappe, c’est l’intolérance de ces gens qui étaient là pour prôner au contraire la tolérance» reconnaît le président de l’Association des parents d’élèves de l’École alsacienne.

Hasard ou coïncidence ? L'un des enfants du ministre de l'Éducation nationale est précisément scolarisé en classe en 4ème à l'École alsacienne - et certains parents en font état, soupçonnant Pap Ndiaye d'avoir lui-même recommandé directement de faire intervenir HandsAway à l'école. Ce que réfute catégoriquement la direction de l'établissement.

Source : Le Figaro


Billet du 26 juin 2022

France Le ministre de l'Éducation, Pap Ndiaye, a placé ses enfants dans une école privée élitiste pour avoir une « scolarité sereine » 

Le controversé ministre de l'Éducation en France, nommé récemment par Emmanuel Macron, assure d'ailleurs que ce choix du privé élitiste était celui de parents soucieux du bon développement de leurs enfants.

Pap Ndiaye, ministre de l'Education nationale de France

L’école publique, c’est comme les éoliennes : tout le monde dit aimer cela, mais pas chez soi. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, semble être de ceux qui pourraient correspondre à cette expression. Très critiqué depuis sa nomination, notamment pour ses prises de position sur l’antiracisme, il avait notamment dû faire face à certaines remontrances quant à la scolarité de ses enfants. Peu après sa nomination, Paris Match révélait que ces derniers avaient été scolarisés dans la très prestigieuse École alsacienne, dans le 6e arrondissement de Paris. Un établissement privé sous contrat réputé pour son élitisme revendiqué.

Une incongruité pour un homme désormais censé incarner l’école républicaine, publique et laïque. Dans un entretien accordé au Parisien, samedi 25 juin, Pap Ndiaye est cependant revenu sur le sujet, en assumant sans difficulté la scolarité de ses enfants. Le quotidien francilien, qui ne confirme pas que les enfants du ministre sont toujours inscrits à l’École alsacienne, évoque un « établissement privé et élitiste ». Un qualificatif que ne renie pas le ministre de l’Éducation nationale, qui admet que ses deux enfants sont « scolarisés dans un établissement privé sous contrat ». Une école qui, précise-t-il, « remplit donc une mission de service public ».

Un passage en « REP+ »

« Il y a des moments qui, dans le développement de l’enfant, peuvent être compliqués », se justifie-t-il, évoquant « le choix de parents » dont les enfants ne bénéficiaient plus « des conditions [nécessaires] à une scolarité sereine et heureuse ». Pap Ndiaye précise que ses enfants étaient, auparavant, scolarisés « en REP+ » – l’acronyme désignant les « réseaux d’éducation prioritaire renforcée » [souvent en banlieue immigrée]. Pas sûr, cependant, qu’une telle réponse suffise à convaincre les parents d’élèves qui n’ont pas d’autre solution que l’école publique…

Source : Valeurs actuelles

Voir aussi

Le Macron nouveau : Ndiaye militant communauriste noir à l'Éducation nationale française

Bock-Côté sur Pap Ndiaye, le controversé nouveau ministre de l'Éducation en France

mardi 16 mai 2023

Histoire — 17/18 mai 1642, fondation de Ville-Marie (Montréal)

Le 17 mai 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve et un groupe de colons fondent l’établissement de Ville-Marie sur l’île de Montréal. Baptisée Mons realis par Jacques Cartier en 1535, cette île est cartographiée par Samuel de Champlain lors d’un voyage exploratoire en 1611. Les alliances conclues entre les Français et les nations amérindiennes, plus particulièrement les Hurons, amènent les missionnaires jésuites et les Récollets à fréquenter ce carrefour, afin d’y porter leur mission évangélisatrice. À l’époque, les différents récits de voyage publiés en Europe frappent l’imagination de plusieurs Français et rendent la colonisation et le travail missionnaire de plus en plus populaires. Certains se donnent comme objectif de participer au rayonnement des valeurs françaises en Nouvelle-France. C’est le cas de Jérôme Le Royer de La Dauversière et de Jean-Jacques Olier qui forment, en 1639, la Société de Notre-Dame de Montréal, dont les buts sont de fonder une ville et de créer une nouvelle société chrétienne où cohabiteraient Français et Amérindiens.

L’île, d’abord concédée en seigneurie à Jean de Lauson, est acquise en 1640 par la société, qui la conserve jusqu’en 1663. Le Royer de La Dauversière choisit un jeune officier, Paul de Chomedey de Maisonneuve, pour gouverner la nouvelle colonie et une infirmière, Jeanne Mance, pour y fonder un hôpital. Une quarantaine de colons partent de La Rochelle, en France, le 9 mai 1641. Arrivés à Québec trop tard à l’automne pour pouvoir poursuivre leur route jusqu’à Montréal, ils passent l’hiver à Sillery (Québec). Malgré les efforts du gouverneur Charles Huault de Montmagny, qui tente de dissuader Maisonneuve de mettre son projet à exécution, l’expédition part pour Montréal le 8 mai 1642. Les colons, Montmagny, quelques missionnaires jésuites et Maisonneuve arrivent sur le site le 17 mai, à proximité de l’ancien village iroquois d’Hochelaga. Maisonneuve prend officiellement possession de l’île au nom de la Société de Notre-Dame de Montréal. Une messe est célébrée le lendemain et le nouvel établissement, dédié à la Vierge Marie, prend le nom de Ville-Marie, nom utilisé pendant une dizaine d’années avant d’être remplacé par Montréal. Rapidement, les colons se consacrent à la construction d’une clôture, d’une résidence pour le nouveau gouverneur et de quelques habitations. Sous la supervision de Jeanne Mance, l’Hôtel-Dieu de Montréal est érigé à l’automne.

En tant que poste le plus reculé de la Nouvelle-France, Ville-Marie se retrouve au cœur du réseau de communication donnant accès à l'Iroquoisie et à la Huronie. Sa position est stratégique tant au niveau militaire que commercial. La colonie devient un poste important pour le commerce des fourrures. Elle connaît toutefois des débuts difficiles en raison des attaques répétées des Iroquois. En 1645, Maisonneuve fait construire un fort et, huit ans plus tard, il engage en France une centaine de colons-soldats au cours de la Grande Recrue. L’arrivée de cette force défensive permet au jeune établissement de résister aux attaques iroquoises quoique sa sécurité ne soit définitivement assurée qu’avec la Grande Paix de Montréal en 1701.


Dérives de l’éducation sexuelle dans les écoles françaises

« Pour le plaisir, une fille peut su**r le p***s du garçon… », c’est le genre de propos tenus par une infirmière dans une classe de CM2 (5e année du primaire, 10/11 ans). Les faits se sont passés à Saint-Étienne au début de l’année. Christelle Comet des Mamans louves revient sur ce scandale dans une interview pour Nexus au micro d'Armel Joubert des Ouches.

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État adopte loi permettant de soustraire des enfants à l'autorité parentale si les parents ne consentent pas à une transition de genre

« À l’école de mon fils, ils n’ont pas arrêté de leur rabâcher les oreilles avec les différences sexuelles »

François Legault : « Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique » (vidéo)

DPJ — acharnement et impunité de la DPJ. Qui protège les parents contre la DPJ ?

Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l’État comme protecteur de l’intérêt de l’enfant  

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

Ce n’est pas aux législateurs de décider ce qui est bon pour les enfants, c’est aux parents  

France — « Toute une génération est prise entre wokisme et islamisme »

 

lundi 15 mai 2023

En 2023, l’anglais deviendra la principale langue des thèses et mémoires au Québec

Un point de bascule sera vraisemblablement franchi en 2023. Cette année, le Québec devrait compter un plus grand nombre de thèses et de mémoires publiés en anglais qu’en français.

C’est l’un des constats qui émerge de la mise à jour d’une étude que Jean-Hugues Roy a présentée à la fin avril dans le cadre du forum La science en français organisé par les Fonds de recherche du Québec.

Un corpus de 110 000 documents

Comment est-il arrivé à ces résultats ? Il a compilé la liste de l’ensemble des thèses et des mémoires disponibles dans les répertoires institutionnels de 17 des 20 universités du Québec.

M. Roy avait effectué ce travail une première fois en 2016 pour le Magazine de l’Acfas. À l’époque, il ne m’intéressait qu’à la longueur de ces documents, par grade, par discipline, par université.

Il a mis à jour cette étude cinq ans plus tard, en y ajoutant un volet dans lequel il a examiné la langue dans laquelle a été rédigé chaque document. Ses données couvraient les années 2000 à 2020 et la croissance de l’anglais était manifeste.

Il a fait une nouvelle mise à jour pour inclure les années 2021 et 2022 et vérifier si l’anglicisation des documents attestant des diplômes des cycles supérieurs se poursuivait. Elle se poursuit.

Son corpus comprend quelque 110 000 thèses et mémoires publiées au cours des 23 dernières années (2000 à 2022). Au cours de cette période, un peu plus de 62 % de ces documents qui attestent du parcours d’une personne aux cycles supérieurs ont été rédigés dans la langue de Molière.

Le graphique ci-dessous montre comment les langues se répartissent en fonction du grade octroyé. À la maîtrise, 33,4 % des mémoires ont été rédigés en anglais, et c’est le cas de 46,3 % des thèses au doctorat. En somme, depuis le début du siècle, un mémoire de maîtrise du trois et une thèse de doctorat sur deux a été écrite en anglais, au Québec.


Figure 1.

Évolution dans le temps

Quand on répartit les données en fonction des années, on se rend compte de la croissance de l’usage de l’anglais depuis une vingtaine d’années.

 Figure 2.

Les proportions indiquées avant 2007 sont peu représentatives, puisque les répertoires institutionnels contiennent moins de documents publiés ces années-là. Mais depuis, la tendance est claire. En 2022, sur les 4 452 thèses et mémoires trouvés dans les répertoires institutionnels au moment de la compilation de M. Roy (février 2023), 2 200 étaient rédigés en anglais, 2 248 l’étaient en français et quatre dans une autre langue. Si cette tendance se maintient, l’anglais dépassera le français en 2023 pour la production aux cycles supérieurs au Québec.

En distinguant les mémoires et les thèses, le portrait se raffine.

 Figure 3.

Figure 4.

Au deuxième cycle, on compte encore une majorité de mémoires publiés en français. Mais au troisième cycle, le français est minoritaire depuis 2018 déjà.

Situation dans les universités francophones

Cette prédominance de l’anglais s’explique peut-être parce que les deux universités anglophones de Montréal, McGill et Concordia, comptent pour près du tiers des documents que l’on retrouve dans les répertoires institutionnels québécois. Excluons-les pour ne se concentrer que sur les 15 universités francophones du Québec.

 

Figure 5.
Figure 6.

Les deux graphiques ci-dessus montrent que la langue française y est plus vigoureuse. L’anglais progresse néanmoins de telle manière qu’en 2022, une maîtrise sur six et un doctorat sur trois publié dans l’une des 15 universités francophones du Québec l’a été dans la langue de Rutherford.

Répartition par institution

Les deux graphiques ci-dessous, qui présentent la proportion de mémoires et de thèses publiés en anglais par année, et par institution, montrent que la situation n’évolue pas au même rythme partout.

 Figure 7.

Figure 8.

Ils montrent assez clairement que c’est au doctorat que ça se passe, notamment dans les universités qui se spécialisent en génie. En 2021 et 2022, 198 des 304 doctorats décernés à Polytechnique Montréal et à l’ÉTS l’étaient sur la base d’une thèse écrite en anglais (65 %).

Raffiner les métadonnées

Cela dit, au Québec, il est rare qu’une thèse ou qu’un mémoire soit rédigé intégralement en anglais. On trouve toujours minimalement un résumé en français.

Dans certains cas, une maîtrise ou un doctorat consiste à publier (en anglais) des articles dans une revue scientifique. Leurs signataires font alors l’effort de rédiger des introductions et des conclusions générales en français.

C’est ce qu’on retrouve, par exemple, dans ce mémoire réalisé à l’Université Laval. L’introduction est quand même costaude avec ses 44 pages. La conclusion fait pour sa part 16 pages. Toutes les deux sont écrites en français. Mais les quatre articles qui composent l’essentiel du mémoire sont rédigés en anglais et font 114 pages. La langue qui a été attribuée à ce document est donc l’anglais. Mais en réalité, il faudrait pouvoir indiquer que son contenu est en anglais à 65 % et en français à 35 %.

Les métadonnées associées aux mémoires et thèses ne permettent pas de préciser dans quelle proportion une langue est utilisée dans un document. Les normes qui définissent ces métadonnées, comme Dublin Core par exemple, disent que plusieurs langues peuvent être attribuées à un même document. Mais il faudrait les peaufiner pour pouvoir ajouter la proportion de chacune. On aurait alors un portrait sans doute plus fin, et peut-être moins dramatique, de la part du français dans les études supérieures.

Il n’en demeure pas moins que le tableau de la place du français demeure sombre dans toutes les activités scientifiques au Canada et au Québec. Le chercheur Vincent Larivière observait déjà qu’en 2015, les travaux publiés par les chercheurs québécois et indexés dans le Web of Science étaient en anglais dans une proportion de près de 100 % en sciences naturelles et en génie, de 95 % en sciences humaines et sociales, et d’environ 67 % dans les arts et les humanités.

Plus récemment Radio-Canada a démontré que 95 % des recherches financées au Canada entre 2019 et 2022 l’ont été après une demande rédigée en anglais. Les données présentées viennent compléter le portrait en se penchant sur la langue utilisée par les scientifiques en herbe que sont les étudiantes et étudiants à la maîtrise et au doctorat.

Il semble ainsi qu’à toutes les étapes, des études aux cycles supérieurs jusqu’à la publication dans les revues savantes, en passant par le financement de la recherche, la science au Québec doit se faire en anglais pour être reconnue.

Bien sûr, l’anglicisation de la science est un phénomène mondial. Il touche des puissances en recherche comme l’Allemagne, la France, le Japon ou la Chine. Mais la science n’est-elle pas également, au même titre que la littérature, la musique ou le cinéma, le reflet d’une culture ?

Sortie de la première saison d'un nouveau balado éducatif

Aujourd’hui, le 15 mai, est sorti le premier épisode d’un tout nouveau balado éducatif intitulé "Créer son école, c’est mon histoire !". Il est produit par Les Adultes de demain, à la demande de l’association Créer son école. Il est d’ores et déjà disponible gratuitement sur toutes les plateformes de podcast (Apple Podcast, Spotify etc…) : 

Ecouter l'épisode 1 sur votre plateforme d'écoute préférée

La première saison compte 10 épisodes, à raison de 2 par mois. Ce podcast raconte l’aventure d’hommes et de femmes de caractère, qui ont osé fonder leur propre école. De la maternelle au supérieur ! Pour cela, ils ont surmonté plein d’obstacles. Vous y découvrirez comment cet acte de créer leur propre école s’inscrit dans leur itinéraire de vie, et dans une recherche de sens qui peut faire des émules. En 15 minutes d’interview, vous verrez comment des personnes très variées en viennent à fonder une école indépendante en dehors de tout soutien public, alors qu’en France l’école publique est gratuite. Créer son école, c’est un sport complet, un parcours entrepreneurial et une aventure intégrale qui engage tout l’humain.  

Un premier épisode qui annonce la couleur

Pour le premier épisode, c’est Françoise Candelier qui présente l’itinéraire qui l’a conduite de l’école publique Jacques Brel de Roncq dans le Nord à la fondation de sa propre école indépendante, l’école du Blanc-Mesnil. Un fort tempérament qui appelle un chat un chat et qui n’a pas hésité, pour rester fidèle à son idée du service public, à passer du public au privé. Un itinéraire qu’elle n’aurait jamais cru devoir emprunter, tant elle a la passion de l’école publique chevillée au corps.

Les épisodes suivants nous feront découvrir une école professionnelle qui ne renonce pas à une solide formation généraliste, une création d’école supérieure atypique et ambitieuse, une école rurale dans un tiers-lieu, une école de la pédagogie Steiner-Waldorf qui soulève en France de nombreuses questions, un réseau de maternelles, cette spécialité française, une école Montessori, une école internationale, un lycée fonctionnant sur une autonomisation précoce des élèves, suivant le modèle des entreprises libérées etc…

Créer son école, l'association au service du développement des écoles indépendantes de qualité


Créer son école, qui a lancé ce podcast, est l’association engagée au service des écoles indépendantes et de la liberté scolaire depuis près de 20 ans. Elle est présidée par sa fondatrice, Anne Coffinier. Elle a accompagné la naissance ou le développement de plus de 700 écoles indépendantes à ce jour. Elle publie un annuaire, tient un observatoire scientifique, forme, défend, met en réseau, et s’engage pour améliorer l’accessibilité des écoles indépendantes au profit des enfants de toutes les origines. On peut retrouver ses actions sur son site www.creer-son-ecole.com et sur les réseaux sociaux.

Marion Maréchal : « La démographie fait l'histoire et le nombre fait la loi »

Invitée de Darius Rochebin sur LCI dans l’émission Le 20 heures de Darius Rochebin, Marion Maréchal a échangé sur les sujets d’actualité du moment : démographie, conflit Ukraine-Russie, démission du maire de Saint-Brevin, projet liberticide d’interdiction de manifester par Gérald Darmanin ou encore l’explosion des « atteintes à la laïcité ».

Quelques extraits :

« Le rôle de la France est d’être un médiateur, un acteur du dialogue vers la paix et une solution de sortie. En livrant des armes, on devient de fait partie prenante de la guerre et donc nous ne sommes plus une puissance d’équilibre. »
« La France devrait faire des alliances avec des pays qui ont les mêmes intérêts que nous pour engager un rapport de force avec la Commission européenne. Au lieu de ça, nous nous perdons dans un couple franco-allemand qui ne sert que les intérêts allemands. »
« Tous les gouvernements de droite qui arrivent au pouvoir en Europe sont le fruit de coalitions. Manifestement, la droite française est incapable de se parler, ce qui nous empêche de battre enfin la gauche. »
« La démographie fait l’Histoire et le nombre fait la loi. Aujourd’hui, la présence massive de populations extraeuropéennes fait que des pratiques islamiques, contraires à nos coutumes, s’installent. Cela aboutit à une dislocation de la concorde nationale. »


Québec — Le taux de natalité serait de 9,3 ‰ en 2022, une baisse de 6 % par rapport à 2021

Le taux de natalité est une mesure facile à calculer : il s’agit du rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à la population totale moyenne de l’année. Il est habituellement exprimé en pour mille (‰) habitants. Il faut le distinguer de l’indice synthétique de fécondité qui se réfère au nombre d’enfants qu’aurait hypothétiquement une femme au cours de sa vie reproductive. En général, l’indice synthétique de fécondité (ISF) est calculé pour les femmes de 15 à 49 ans. On l’exprime en nombre d’enfants par femme. Enfin, il faudrait écrire « nombre d’enfant » (au singulier) par femme depuis près de 50 ans au Québec. L’ISF est un meilleur indicateur de la fécondité d’un pays, car il n’est pas influencé par le vieillissement de la population (qui en soi est plutôt une bonne chose).

Le taux de natalité est simple à calculer, or nous ne l’avons trouvé nulle part dans les médias du Québec. Suppléons à ce manque : il est né 80 700 enfants au Québec en 2022 (chiffre provisoire, le chiffre final pourrait varier un peu) alors que la population du Québec était en 2022 de 8 695 659. Ce qui donne un taux de natalité de 9,28 ‰. Soyons prudents  : 9,3 ‰.

C’est le plus bas taux jamais enregistré. Il s’agit d’une baisse de 6 % par rapport à 2021.

L’indice synthétique de fécondité baissera probablement aussi, l’Institut de la statistique du Québec n’a toujours pas publié d’estimation de celui-ci alors que la plupart des pays industrialisés l’ont fait. C’est ainsi que la Corée du Sud a publié en février 2023 qu’elle avait enregistré le taux de fécondité le plus bas au monde pour 2022 : 0,78 enfant/femme.
 
Si la baisse de l’ISF était similaire à la baisse du taux de natalité, la fécondité des femmes au Québec en 2022 tomberait à ~1,5 enfant/femme par rapport à 1,58 en 2021.
 
(Cliquer pour agrandir)

Voir aussi
 
Les naissances continuent de diminuer en France. En mars 2023,  1 816 bébés y sont nés en moyenne par jour, soit 7 % de moins qu’au même mois l’année dernière, et 7 % de moins qu’en mars 2020, avant le début de la pandémie de Covid-19, selon les derniers chiffres de l’INSEE. C’est le niveau le plus faible enregistré depuis 1994. L’ensemble des régions de la France métropolitaine sont concernées par cette baisse de la natalité en particulier en Occitanie (-10,6 %) et en Île-de-France (-10,2 %). En Auvergne-Rhône-Alpes, la baisse atteint 8,1  %.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Seul 1,8 % des Canadiens hors Québec parlent français à la maison, deux fois moins qu'en 1969


Revue trimestrielle sur l’état du français dans le magnifique Canada censément bilingue…
 
En avril, nous apprenions qu’en Ontario, le taux de bilinguisme français-anglais était au plus bas depuis 40 ans (partout au pays, le bilinguisme devient une affaire de francophones seulement).

Toujours en avril, après qu’un homme de Saint-Jean-Port-Joli [au Québec] n’a pu recevoir d’aide en français de la part du 911, on découvrait que le CRTC savait depuis au moins 10 ans qu’il y avait des problèmes d’accès au 911 en français. Dix ans ! Le 911 ! Et le CRTC, un organisme fédéral, ne faisait rien.

Durant le même mois, Air Canada menaçait d’expulser un homme d’affaires qui voulait se faire servir en français. Ceci expliquant cela, un peu plus tôt, en mars, on apprenait que le syndicat des employés d’Air Canada se plaignait que l’entreprise exigeait trop de français de la part des agents de bord (!). À peu près dans la même semaine, dénoncés de toutes parts, Air Canada et le CN acceptaient enfin de se soumettre aux règles de l’Office québécois de la langue française, ce qui nous rappelait qu’ils s’y étaient opposés pendant des décennies.

L’offre rachitique de contenu télévisuel québécois sur les vols d’Air Canada faisait, elle aussi, la manchette. Sur les 200 séries de fiction, téléréalités, documentaires et autres émissions de variétés, cinq seulement (2,5 %) étaient québécoises. Dans le même mois d’avril, on apprenait qu’Air Canada avait triplé, oui, triplé, le salaire de son PDG, Michael Rousseau, celui-là même qui se vantait de pouvoir vivre à Montréal sans parler français. Ça ne s’invente pas. Beau symbole, cet Air Canada.

Quelques jours plus tard, une étude révélait le déclin « lent et irrémédiable » du français en sciences au Canada⁠. À la grandeur du pays, de 2019 à 2022, 95 % des subventions fédérales pour la recherche ont été versées à des projets rédigés en anglais. L’explication ? Pour avoir plus de chances d’être financés par le fédéral, les chercheurs soumettent leurs demandes en anglais. Et ils semblent avoir de bonnes raisons de le faire. Entre 2001 et 2016, l’Institut de recherche en santé du Canada a accepté 39 % des demandes rédigées en anglais contre seulement 29 % des demandes rédigées en français. [Ayant travaillé dans le domaine, nous nous rappellerons un patron francophone très libéral (PLC/PLQ), nous dire alors qu’il nous demandait de rédiger nos demandes de financement en anglais : « il faut écrire dans la langue des décideurs ».]  Y aurait-il là quelque chose de systémique ? À moins que les francophones soient moins bons ? Résultat : pas fous, les chercheurs francophones passent à l’anglais.

Finalement, à plusieurs reprises durant la même période, des élus fédéraux se sont félicités de l’atteinte, pour la première fois depuis 20 ans, de leur objectif de recrutement de 4,4 % d’immigrants francophones hors Québec. Ils ont tous oublié de dire qu’à ce rythme-là il faudra presque un siècle, oui, un siècle, pour rattraper le retard causé par leurs échecs des 20 dernières années, et cela, sans tenir compte du phénomène de l’assimilation. Non, il n’y a pas de quoi être fier.

Au Canada hors Québec, le français continue de s’effacer. Il y a aujourd’hui plus de gens qui parlent chinois (mandarin ou cantonais) qu’il y a de gens qui parlent français.

Le panjabi et le tagalog le dépasseront bientôt eux aussi. Le français est la 17e langue parlée à Toronto. Seul 1,8 % des Canadiens hors Québec parlent français à la maison. C’est la moitié de ce que c’était en 1969, au moment de l’adoption de la Loi sur les langues officielles. 

Voir aussi

« Le français hors Québec ? C’est terminé. » Sauvons les meubles…