lundi 23 septembre 2024

Armée de terre américaine élimine les critères de « diversité » pour les postes de sous-officiers supérieurs

Le sergent-major de l'armée de terre américaine Michael Weimer (ci-contre), le plus haut gradé enrôlé des forces armées, a récemment publié de nouvelles directives sur la sélection des sergents-majors commandant, essentiellement copiées-collées de celles de son prédécesseur, à une exception près. Il a en effet supprimé une ligne stipulant que la diversité des candidats au poste de sergent-major devait être prise en compte.

Cette décision intervient après que des législateurs républicains et des commentateurs politiques ont critiqué les forces armées depuis le début de l'administration Biden, les accusant d'avoir privilégié les postures progressistes tout en négligeant les priorités de combat.

Parmi ces exigences progressistes : l'idéologie diversitaire appliquée dans la sélection des soldats, sous-officiers et officiers.

La plupart des directives récemment publiées par Weimer sont inchangées et relativement anodines, comme l'exigence peu contraignante pour les chefs des forces armées aéroportées d'être des maîtres du saut et la condition physique comme facteur déterminant. La ligne de conduite qui a été supprimée se lit comme suit : « Tenir compte de la diversité pour s'assurer que les chefs représentent nos formations ».

Cette nouvelle intervient également alors que l'armée de terre a discrètement supprimé certains de ses autres dispositions en faveur de la diversité dans les rangs. Au début de l'année, l'armée de terre a fait disparaître sa campagne publicitaire intitulée « The Calling » (l'appel) sur YouTube. Cette campagne présentait des annonces individuelles de vrais soldats issus de milieux divers, dans le but d'attirer des groupes démographiques changeants.

L'une de ces publicités présentait une femme soldat élevée par un couple de lesbiennes en Californie. Cette publicité a immédiatement suscité la réprobation des principaux législateurs du Parti républicain.

Les gradés en chef, nouvellement arrivés à la tête de l'armée de terre, Weimer et le chef d'état-major, le général Randy George, ont également remplacé le slogan « People First » (Les gens d'abord), qui avait servi de fil conducteur à la politique pendant environ quatre ans. Ce principe se résumait à l'idée que la prise en charge des besoins individuels des soldats et de leurs familles aurait un effet boule de neige, créant ainsi une armée plus apte à combattre, mais il mettait également l'accent sur la création d'un service plus diversifié afin de mieux refléter la population des États-Unis et d'attirer les candidats potentiels.

Cette politique des « gens d'abord » s'est traduite par des exigences plus souples et plus accueillantes en matière de toilette pour les femmes, par une volonté d'étendre les services de santé mentale et par une politique de congé parental plus poussée que dans les autres armées.

« Tirer parti de la diversité des expériences, des valeurs et des talents permettra à l'armée de terre de conserver un avantage concurrentiel dans la guerre des talents », a déclaré le général James McConville, ancien chef d'état-major de l'armée de terre qui a depuis pris sa retraite, dans une note de service adressée aux forces armées en 2020. « Alors que la nation devient de plus en plus diversifiée, l'armée doit continuer à capitaliser sur les idéaux d'inclusion, à saisir l'opportunité d'innover, à se concentrer sur l'excellence et à étendre ses capacités. Nous devons acquérir, développer, employer et retenir les meilleurs et les plus brillants des talents américains ».

Entre-temps, les républicains du Congrès ont inclus un amendement dans la loi sur l'autorisation de la défense nationale pour l'exercice 2024 (National Defense Authorization Act, ou NDAA), la législation annuelle obligatoire qui fixe les priorités en matière de financement et de politique pour le Pentagone, soulignant que toutes les promotions sont censées être fondées sur le mérite, mais n'interdisant pas catégoriquement la prise en compte de la diversité.

Dans la doctrine de l'armée, la diversité ne prend pas immédiatement en compte l'origine raciale, mais s'appuie souvent sur des profils professionnels, économiques ou éducatifs différents.

Entre-temps, le président Joe Biden a nommé au Pentagone le premier secrétaire à la défense noir, Lloyd Austin, la première femme confirmée par le Sénat au poste de secrétaire adjoint à la défense, Kathleen Hicks, et la première femme confirmée au poste de secrétaire à l'armée de terre, Christine Wormuth.

Source : Military.com

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Qui était Alfred Kinsey, le « père de la Révolution sexuelle » ?

Il y a un « avant » et un « après » la Révolution sexuelle.

Le « avant » ? Une société pudique aux valeurs chrétiennes, un peu fermée d’esprit sur certains sujets.

Le « après » ? Quelques avancées concernant le droit des homosexuels et des femmes. Mais aussi la pornographie de masse, la banalisation de la pédophilie chez les intellectuels et l’éducation à la sexualité.
Eh bien, sachez que derrière cette fameuse « révolution », il y a un homme.

Qui est Alfred Kinsey, dynamiteur de tabou, sexologue, à l’origine de l’éducation à la sexualité dès les classes de maternelle ?

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Les populations européennes ont fait l'objet d'une forte sélection génétique récente pour un certain nombre de caractéristiques

Un nouvel article sur la sélection génétique publié par le laboratoire de David Reich de Harvard renforce ce que l'on ne cesse de constater : la sélection des populations se poursuit. Les gens continuent de changer, de sorte que nous ne sommes pas exactement les mêmes que les Européens de l'époque romaine par exemple. Ceux-ci avaient, notamment, une persistance de la lactase bien moindre. Selon l’hypothèse de la coévolution gène-culture, la capacité à digérer le lactose jusqu’à l’âge adulte (persistance de la lactase) est devenue avantageuse pour l’homme après la domestication d’espèces animales capables de fournir une source constante de lait. Cette persistance est surtout concentrée dans les populations d'Europe du Nord.

Résumé. Le nouvel article du laboratoire de David Reich concernant l'évolution des Européens au cours des derniers millénaires observent les changements génétiques suivants :

  • augmentation de l'intelligence,
  • moins de graisse corporelle,
  • moins de risques de troubles psychotiques,
  • une couleur de peau plus pâle.

Les chercheurs du MIT et de Harvard présente une méthode de détection des preuves de sélection naturelle dans les séries chronologiques d'ADN ancien qui exploite une possibilité non utilisée dans les analyses précédentes : tester une tendance cohérente dans le changement de la fréquence des allèles au fil du temps. 

En appliquant cette méthode à 8433 « Eurasiens de l'Ouest » (comprendre Européens) ayant vécu au cours des 14 000 dernières années et à 6510 personnes contemporaines, les chercheurs trouvèrent un ordre de grandeur de signaux significatifs à l'échelle du génome plus élevé que dans les études précédentes : 347 loci indépendants avec une probabilité de sélection supérieure à 99 %. 

Il s'agit de changements dans les scores polygéniques de l'ordre d'un écart-type, donc très importants.

Les travaux antérieurs ont montré qu'au cours des derniers millénaires, plusieurs centaines d'allèles ont été affectés par une forte sélection directionnelle. Les découvertes comprennent 

  • une augmentation de ~0% à ~20% en 4000 ans pour le principal facteur de risque de la maladie cœliaque (HLA-DQB1) ; 
  • une augmentation de ~0% à ~8% en 6000 ans du groupe sanguin B ; 
  • et une sélection fluctuante de l'allèle à risque de tuberculose TYK2 passant de ~2% à ~9% entre ~5500 et ~3000 ans avant de redescendre à ~3%. 

Cette étude identifie des cas de sélection coordonnée sur des allèles affectant le même trait: le score polygénique prédisant aujourd'hui le pourcentage de graisse corporelle ayant diminué d'environ un écart-type sur dix millénaires, ce qui est cohérent avec l'hypothèse du gène économe selon laquelle une prédisposition génétique à stocker de l'énergie en cas de pénurie alimentaire est devenue désavantageuse après l'avènement de l'agriculture. 

La diminution observée du tour de taille est également conforme à l'hypothèse du gène économe.

On pourrait supposer que la population samoane, par exemple, n'ait pas bénéficié d'une sélection récente aussi forte pour ces caractéristiques et qu'elle soit donc plus susceptible de souffrir d'obésité après l'introduction d'aliments modernes à haute teneur en calories.  Rappelons qu'aux îles Samoa américaines, 3 adultes sur 4 sont obèses et qu'à 15 mois, 23 % des garçons et 17 % des filles le sont déjà.

Les auteurs identifient également une sélection pour des combinaisons d'allèles qui sont aujourd'hui associées à une couleur de peau plus claire, à un risque plus faible de schizophrénie et de maladie bipolaire, à un déclin plus lent de la santé et à une augmentation des mesures liées aux performances cognitives (scores aux tests d'intelligence, revenu du ménage et nombre d'années d'études). 

Cela ne signifie pas que les Européens auraient été « noirs » il y a 10 000 ans, mais le changement n'est pas négligeable. Le phénotype pâle de l'Europe du Nord moderne serait largement absent, et les Européens auraient eu au moins une complexion méditerranéenne, voire plus foncée.

Les chercheurs ont également constaté une augmentation des gènes liés à un rythme plus rapide de la marche. Mais si l'on analyse les corrélations génétiques dans les sociétés modernes, le rythme de la marche reflète principalement l'état de santé général et la réduction de la graisse corporelle. On peut donc soupçonner qu'il s'agit principalement d'une réappropriation des changements dans la prédisposition à stocker les graisses.

Ils ont également constaté une réduction des gènes associés aux troubles bipolaires et à la schizophrénie. Les raisons de ce phénomène ne sont pas claires, mais il pourrait simplement refléter un modèle plus large d'amélioration de la santé du cerveau (en accord avec les résultats mentionnés précédemment).

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Origine génétique des Européens présentée par David Reich (en anglais, pour le sous-titrage en français traduit automatiquement, ajuster la molette)

dimanche 22 septembre 2024

En Allemagne, la gauche s’effondre électoralement, sauf l’Alliance SW, un parti néo-communiste, anti-immigré, anti-islam (m à j)

Le parti social-démocrate allemand (SPD) a devancé de peu la droite identitaire (AfD) dimanche, lors des élections régionales dans le Brandebourg. Malgré cette courte défaite, ce résultat traduit une nouvelle percée de l’AfD après ses deux victoires en septembre. Le SPD est crédité de 30,9 % des suffrages à ce scrutin dans le Brandebourg, qui entoure la capitale Berlin dans l’est du pays, en nette hausse par rapport aux précédentes élections, contre 29,2 au parti de droite anti-immigrés l'Alternative pour l’Allemagne (AfD), selon les résultats définitifs. L’AfD avait rassemblé 23,51 % des scrutins en 2019.

La participation de 73,5 % était en forte hausse par rapport à 2019 (61,3 %).

Résultats définitifs en pourcentage (p.ex. AfD a récolté 29,2 % des scrutins)

Gains et pertes (p.x. les Verts (Grüne) perdent 6,6 pour cent des voix exprimées depuis 2019

Ce résultat traduit une nouvelle percée de la droite allemande, après deux autres scrutins régionaux le 1er septembre, en Thuringe, que l’AfD avait remporté, et en Saxe, où elle était arrivée juste derrière les conservateurs.

Ce résultat s'est accompagné de l'effondrement des partis de gauche et du centre : les Verts devraient  perdre tous leurs sièges, il en va de même de Die Linke (la vieille gauche socialiste de l'Allemagne de gauche) et du Parti Uni des Citoyens (Brandenburger Vereinigte Bürgerbewegungen/Freie Wähler, BVB/FW, parti centriste et régionaliste).  Il semble, selon le sondage sortie des urnes de la l'ARD, que le SPD (socialiste) ait bénéficié d'un vote utile et d'un rapport des voix des Verts et de Die Linke afin d'éviter que l'AfD n'arrive en tête. Il n'en demeure pas moins que la somme totale des voix pour la gauche traditionnelle (SPD +  Vert + Die Linke) est en baisse de près de 10 % dans le Brandebourg.

Il ne resterait que quatre partis dans l'Assemblée régionale : la SPD (socialiste), l'AfD (droite anti-immigrés), la CDU (centre-droit) et la BSW (gauche anti-immigrés).

Répartition des 88 sièges dans l'Assemblée brandebourgeoise, 45 sièges sont nécessaires pour une majorité. Les vieux partis (SPD + CDU) n'ont que 44 sièges. L'AfD a une minorité de blocage de faire obstruction à toute mesure nécessitant une majorité des deux tiers pour être adoptée (la nomination de juges par exemple).

La campagne électorale a été accompagnée d'une diabolisation importante de l'AfD par les médias, notamment publics.  Le quotidien Tagesspiegel publiait ainsi un guide à l'usage des parents : « À l’aide, mon enfant glisse vers la droite ! huit tuyaux pour des parents démocrates avec enfants non-démocrates. » Dans l'émission « Die 100 » de la chaîne publique ARD, une centaine de personnes ont dit clairement ce qu'elles pensaient de l'AfD. La chaîne affirme que rien n'a été mis en scène, mais la participation d'un acteur amateur soulève des questions.  Le programme, qui a déjà été diffusé à plusieurs reprises sur la chaîne de télévision publique régionale Norddeutscher Rundfunk, a été diffusé lundi soir pour la première fois sur la chaîne nationale publique ARD. Très vite, des doutes sont apparus à ce sujet. Des téléspectateurs ont découvert que Schleiermacher travaillait par ailleurs comme acteur amateur. La coprésidente de l'AfD, Alice Weidel, a commenté sur  X (anciennement Twitter) que la radio-télévision publique diffusait « juste avant les élections dans le Brandebourg une émission anti-AfD - y compris un acteur non professionnel jouant le rôle d'un prétendu ex-électeur de l'AfD ». Ce « scandale » doit être « élucidé immédiatement ». De nombreux téléspectateurs se souviendront surtout des cinq dernières minutes de l'émission. Elles ont culminé dans une sorte de purification du l'acteur Schleiermacher qui se disait un participant et qui aurait subit une épiphanie rédemptrice et considéré l'AfD comme un parti dangereux

L'Ukraine et l'immigration avant l'éducation pour les électeurs brandebourgeois de l'Alliance (BSW)

Les enjeux nationaux comme la politique étrangère envers la Russie et l'immigration devancent les sujets régionaux comme l'éducation (elle est décentralisée en Allemagne) parmi les électeurs de l'Alliance Sahra Wagenknecht. La « protection du climat » ne constitue l'enjeu principal que pour 2 % de ces électeurs.

L'AfD est le premier parti pour les moins de 60 ans, alors que le SPD (socialiste) est celui des plus de 60 ans. L'alliance SW (gauche anti-immigré) arrive troisième dans toutes les tranches d'âge comme l'indique le graphique ci-dessous.
On note l'effondrement des Verts parmi les jeunes brandebourgeois de 16 à 24 ans, passant de 27 % en 2019 à 7 % en 2024. Ils semblent, en partie, s'être tournés vers le SPD (+ 6% dans cette tranche d'âge) pour empêcher l'AfD de l'emporter.





« En Allemagne, toute la gauche s’est effondrée électoralement, sauf l’Alliance de Sahra Wagenknecht, un parti néo-communiste, anti-immigré, anti-islam, le seul parti allemand de gauche en forte progression ». Ce parti a été créé en janvier 2024.

Rappel des résultats de Thuringe et de Basse-Saxe

Aux élections européennes de juin 2024, le parti obtient 6,2 % des voix, principalement au détriment de Die Linke (gauche) et du SPD (socialiste).

Les élections régionales de Saxe et Thuringe en septembre 2024 se concluent par un franc succès pour le parti. BSW arrive en effet troisième lors des deux scrutins, avec 12 et 16 % des voix, derrière le parti Chrétien démocrate (CDU) et l'AfD (droite anti-immigrée), mais devant le SPD, les Verts, le parti libéral-démocrate (FDP) et Die Linke.

Prévisions pour le scrutin de ce dimanche dans le Brandebourg

Les prévisions établies par la ZDF (et INSA entre parenthèses) pour le scrutin régional dans le Brandebourg ce dimanche prévoient que le parti de l'Alliance SW (BSW en allemand)  devrait remporter 13 % (14%) des suffrages alors que l'AfD, également anti-immigré mais de droite, devrait atteindre 28 % (28 %). Les partis au pouvoir au niveau fédéral auraient 4,5 % (4%) pour les Verts, 27 % (25%) pour le SPD et entre 0 et 2 % pour le FDP.

Aux élections régionales précédentes en 2019, l'Alliance SW n'existait pas, l'AfD avait récolté 23,51 % des voix, les Verts 10,78 %, le SPD 26,18 % et le FDP 1,5%.

samedi 21 septembre 2024

Falardeau tirait déjà le signal d'alarme quant aux difficultés d'intégration des enfants issus de l'immigration de Montréal

Déjà, en 2008, Pierre Falardeau tirait le signal d'alarme quant aux difficultés d'intégration (ne parlons pas d'assimilation) des enfants issus de l'immigration au Québec.

Quand les journalistes de manière prévisible lui disent que ces jeunes issus de l'immigration non intégrés sont des Québécois (sous-entendus comme les Canadiens français), Pierre Falardeau répond : « Moi, j'ai vécu dans le Grand Nord, je ne suis pas un esquimau. Camus a vécu en Algérie [il y est né et y a grandi], ce n'est pas un Algérien, c'est un Français. » La famille d'Albert Camus s'installa en Algérie avant 1852, Albert naquit à Mondovi (Constantinois) en 1913 et déménagea à Paris en 1940, mais revint souvent en Algérie où sa famille vivait toujours.

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Réaction hostile de la part des élèves immigrés à l'arrivée d'élèves « de souche » 

Montréal — 56 % des élèves y sont issus de l'immigration

Mépris de l'identité québécoise dans les écoles du Québec : français méprisé, élèves humiliés, propos dégradants sur les femmes, violences, fête de Noël perturbée 

Écoles du Québec — « Si je me ferme les yeux, je pourrais croire que je suis à Toronto » 

Les enfants de la loi 101, l'école en français : une immersion forcée, ensuite ruée vers l'anglais

 Anglicisation de Laval : le mythe des enfants de la Loi 101 ?

vendredi 20 septembre 2024

L'éducation sexuelle est-elle le rôle de l'école ? Avec Maurice Berger, Israël Nisand, Sophie Audugé

Face à l'explosion des violences sexuelles qui touchent les enfants mais aussi à celle de la pornographie à laquelle les mineurs sont de plus en plus confrontés, est-il nécessaire de parler de ces sujets à l'école ? Faut-il laisser ces débats intimes à la sphère familiale ? Certains estiment que l'éducation sexuelle n'est pas assez appliquée, d'autres au contraire pensent que l'Etat fait trop intrusion dans la vie intime et familiale.

Pour en débattre, Eugénie Bastié reçoit Israël Nisand, gynécologue, Sophie Audugé, déléguée générale de SOS Éducation et Maurice Berger, pédopsychiatre.


mercredi 18 septembre 2024

Montréal — 56 % des élèves y sont issus de l'immigration

Il faut rappeler les chiffres du dernier Portrait socioculturel des élèves inscrits dans les écoles publiques de l’île de Montréal pour mesurer l’ampleur du défi : 56 % de la totalité des élèves sont soit nés à l’étranger, soit nés ici de deux parents étrangers. Dans 38 % des écoles publiques, primaires ou secondaires, plus des deux tiers des élèves sont de ces catégories ; 25 % en accueillent 75 % ou plus ; 10 % en accueillent 85 % ou plus.

Sur l’île de Montréal, la proportion d’élèves du réseau public dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais a augmenté de façon constante jusqu’en 2013 et s’est par la suite stabilisée. La proportion d’élèves du primaire et du secondaire dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais (41,3 %) surpasse toujours celle des élèves dont la langue maternelle est le français (38,6 %) et l’anglais (20,1%).

La proportion d’élèves dont la langue parlée à la maison n’est ni le français ni l’anglais a constamment augmenté de 1998 à 2012. Toutefois, ce n’est plus le cas depuis 2013. Les autres langues devancent l’anglais comme langue parlée à la maison car la proportion d’élèves anglophones diminue depuis plusieurs années. Pour sa part, la proportion d’élèves parlant le français à la maison tend à remonter depuis 2012. En 2022, la proportion d’élèves francophones représente 51,7 % des effectifs sur l’île de Montréal
(50,4% en 2019) et surpasse celle des élèves allophones (23,5 %) et anglophones (24,8 %) (25,6% et 24% respectivement en 2019.



mardi 17 septembre 2024

Les Italiens étaient-ils vraiment refusés des écoles francophones ? (Rediff)

Un film documentaire sort sur la crise de Saint-Léonard de 1967-69 dans Saint-Léonard qui fut un jalon essentiel conduisant, 10 ans plus tard à la loi 101. Les Italiens voulaient à l'époque garder des écoles bilingues (anglais-français) et refusaient d'aller à l'école en français.

Le documentariste Félix Rose nous fait revivre cette crise en suivant les deux familles qui furent au coeur du conflit: celle de l'activiste Raymond Lemieux et celle du promoteur immobiler italien Mario Barone. La population de Saint-Léonard passera de 925 personnes en 1956 à 52 040 en 1971 avec l'arrivée de très nombreux Italiens.

En salles, le 11 octobre.


Bataille entre Italo-Québécois et Canadiens français à propos de l'intégration scolaire à l’école secondaire Jérôme-Le Royer à Saint-Léonard, 4 septembre 1969. Certains dirigeants de la Commission scolaire de Saint-Léonard, inquiets de l’anglicisation des enfants d’origine italienne, avaient mis en place une mesure pour rendre l’école francophone obligatoire. Cette mesure souleva l'ire de parents d'origine italienne.

Né en Italie en 1945, l'écrivain Marco Micone est arrivé au Québec en 1958. Il a écrit une nouvelle fois il y a quelques semaines avoir été refusé par une école francophone (Saint-André-Apôtre dans le quartier Ahuntsic) et avoir été obligé d'étudier d’abord en anglais. Ailleurs, il a affirmé « Quand les immigrants des années 50 disent que les écoles françaises les ont refusés, ils ont raison. Je l'ai vécu ! »

Il n'est pas question ici de remettre en question l'expérience personnelle de Marco Micone (on n'est pas à l'abri d'une direction bornée ou soumise à des conditions particulières comme le manque de place), mais plutôt de s'interroger sur l'idée reçue selon laquelle les Québécois auraient refusé les Italiens, des catholiques de langue romane, dans leurs écoles catholiques de langue française... Bref, que les Québécois francophones sont des xénophobes et que leur marginalisation démographique serait un peu de leur propre faute.

Le reportage de Radio-Canada ci-dessous semble bien indiquer que les immigrés choisissaient d'eux-mêmes l'anglais comme langue de promotion économique et sociale à 90 %. On se rappellera également que les Italiens protesteront en 1968 et 1969 à Saint-Léonard quand la commission scolaire locale tentera d'imposer l'enseignement en français à leurs enfants.


(La vidéo a été supprimée de YouTube depuis la première diffusion de ce billet en 2011)

Le reportage est aussi intéressant sous l'angle linguistique : plusieurs Italiens disent mieux parler le français que l'anglais (et c'est compréhensible étant donné la proximité linguistique des deux langues), mais qu'ils ont trouvé que leur manque de connaissance de l'anglais les a défavorisés dans leur recherche d'emploi.

Au-delà de ces aspects anecdotiques, il existe des raisons scientifiques de remettre en question l'idée que les écoles francophones refusaient (souvent ou systématiquement) les élèves italiens : les statistiques.

Voici ce qu'en dit le statisticien Charles Castonguay :

Marco Micone trace un parcours trompeur des Québécois d’origine italienne. Il insiste sur le fait qu’une école française l’a refusé, lui, lors de son arrivée au Québec dans les années 1950. Puis, en faisant un usage incorrect des données de recensement, il soutient que les « italophones » se francisent plus souvent qu’ils ne s’anglicisent, notamment en ce qui a trait à leur comportement linguistique au travail ou à la maison.

J’avais plutôt retenu que ce sont les Italiens qui, de leur propre chef, ont tourné le dos à l’école française et que leur préférence pour le français, du moins comme langue d’usage au foyer, est chose du passé. Pour tirer les choses au clair, j’ai consulté certains rapports ainsi que les résultats du recensement de 2006 qui sont accessibles à tout venant sur le site de Statistique Canada.

Dans une étude réalisée pour la commission Gendron, le démographe Robert Maheu relève qu’au début des années 1950, la moitié des enfants d’origine italienne inscrits à la Commission des écoles catholiques de Montréal étudiaient en français. Cela laisse entendre qu’en général, les écoles françaises de la CECM ne refusaient pas les jeunes Italiens. Maheu ajoute qu’au début des années 1960, cette proportion avait fondu à 28 %. Il semble bien qu’ayant constaté que la langue d’avancement socioéconomique à Montréal était plutôt l’anglais que le français, un nombre croissant de parents italiens choisissaient d’inscrire leurs enfants à l’école anglaise.

Quant à la langue d’assimilation préférée des italophones, que Micone prétend être toujours le français, la commission Laurendeau-Dunton notait, il est vrai, qu’au recensement de 1961 la population d’origine ethnique italienne au Québec avait plus souvent le français que l’anglais comme langue maternelle. Cette information témoignait cependant de la langue d’assimilation des parents, grands-parents ou ancêtres des personnes recensées, soit de ce qu’on peut nommer l’assimilation ancestrale.

Le recensement de 1971, le premier à poser la question sur la langue d’usage actuelle à la maison, permet d’observer l’assimilation courante, c’est-à-dire celle réalisée par les répondants eux-mêmes, de leur vivant. Il montre que les adultes de langue maternelle italienne âgés de 25 ans ou plus avaient effectivement adopté plus souvent le français que l’anglais comme langue d’usage au foyer, mais il révèle en même temps que, déjà à cette époque, la jeunesse italophone préférait s’angliciser.

Les recensements suivants n’ont cessé de confirmer cette nouvelle préférence. Celui de 2006 a compté 17 000 italophones (langue maternelle) de langue d’usage française au Québec, soit exactement le même nombre qu’en 1971. Mais le nombre d’italophones anglicisés est passé entre-temps de 15 000 en 1971 à 53 000 en 2006. La francisation a ainsi marqué le pas pendant que les générations montantes se sont anglicisées par dizaines de milliers.

Plus de détails

Pour en finir avec un mythe : le refus des écoles catholiques d'accepter les immigrants (23 pages, par Robert Gagnon de l'Université d'Ottawa)


lundi 16 septembre 2024

Immigration — Le peuple demande quelque chose de simple : le principe de précaution

Immigration : Et maintenant les Pays-Bas… : « Le peuple demande quelque chose de basique, que nos politiques ne veulent pas encore comprendre, c’est le principe de précaution ».

« Il y a un changement de l’air du temps chez nos élites. L’insécurité est le cœur du problème, on a dépassé la capacité de tolérance des peuples. »