samedi 11 juin 2022

Le plus gros bobard ? Un an plus tard, toujours aucune preuve de tombes anonymes dans les anciens pensionnats indiens...

Texte de Louis Fournier, écrivain et journaliste à la retraite, paru dans le Devoir le 11 juin 2022.

Il y a un an, le 27 mai 2021, on annonçait la découverte, par géoradar, de ce qu’on a décrit comme les restes de quelque 200 enfants autochtones disparus. Ces enfants auraient été enterrés dans un cimetière secret, situé dans un verger, près de l’ancien pensionnat des Oblats de Marie-Immaculée établi dans la réserve de Kamloops en Colombie-Britannique. On a d’abord parlé d’une fosse commune, une nouvelle démentie, mais qui est restée dans notre imaginaire, puis de tombes anonymes, ce qui n’est pas encore avéré.

En effet, nous n’avons aucune preuve matérielle de cette présumée découverte, car le géoradar est une technologie qui n’identifie pas directement les restes humains. Selon l’anthropologue qui a fait la recherche, seule une excavation serait probante. Mais la communauté autochtone locale est divisée sur le sujet et on peut douter sérieusement que des fouilles puissent avoir lieu. Qui donc établira alors la véracité des faits ?

Selon le Centre canadien de vérité et réconciliation, 51 élèves sont décédés durant les 80 ans d’existence du pensionnat. Grâce aux recherches de l’historien Jacques Rouillard, on connaît maintenant les lieux de sépulture de plus de la moitié de ces enfants, selon les informations disponibles. Quatre d’entre eux sont inhumés à Kamloops dans le cimetière de leur réserve situé non loin du pensionnat, ce qui fait douter de l’existence d’un autre lieu de sépulture secret. Vingt-quatre autres enfants sont enterrés dans le cimetière de leur propre réserve. L’historien a pu consulter les certificats de décès conservés dans les registres d’état civil de la province. Ces enfants ne sont donc pas disparus. Comment croire alors que les dépouilles de 200 enfants aient pu être enfouies près de l’école, à l’insu des familles et du conseil de bande ?

Depuis l’annonce de Kamloops, des groupes autochtones ont fait part de la « découverte » par géoradar de centaines de tombes anonymes, dans des cimetières abandonnés et déjà connus. Dans le cas du pensionnat des Oblats à Marieval en Saskatchewan, les 750 tombes étaient celles de personnes de tous âges, dont plusieurs n’étaient pas des Autochtones, a révélé l’enquête d’un journaliste de la CBC. Un certain lobby autochtone évoque le spectre de la « disparition » de milliers d’enfants. La Commission de vérité et réconciliation a qualifié l’existence des pensionnats de « génocide culturel », mais jamais elle n’a parlé de génocide physique.

Si des enfants sont disparus, n’est-ce pas parce que le ministère fédéral des Affaires indiennes refusait de payer les frais pour rapatrier les corps dans les réserves, empêchant ainsi les familles de les enterrer chez elles ? Le gouvernement Trudeau, déjà pétri de repentance, doit assumer les conséquences de cette politique odieuse. Et n’oublions pas que le système colonial des pensionnats autochtones fut créé et financé par l’État canadien en vue d’assimiler ces enfants.

Les souffrances, les luttes et la résilience des Autochtones ne peuvent qu’inspirer la plus grande bienveillance. Mais la victimisation à outrance n’aidera pas leur cause, qui est aussi la nôtre : la vérité et la réconciliation. Le meilleur chemin vers la réconciliation n’est-il pas de chercher et de connaître toute la vérité ? Les médias, dont c’est la mission, doivent nous aider à aller au fond des choses.


Billet du 27 mai 2022 (jour anniversaire de la « découverte »)

L’absence de preuves liées à la panique morale qui a suivi la prétendue découverte de sépultures d’enfants morts à Kamloops et ailleurs dans l’Ouest est répercutée dans la presse américaine. Extraits d’un article du New York Post.

[…]

Jacques Rouillard,
professeur à l’Université de Montréal,
a déclaré que
si un génocide culturel
avait eu lieu à l’école de Kamloops,
« il devrait y avoir des fouilles ».
Mais « tout est resté flou.
Les Canadiens se sentent coupables
alors ils se taisent. »


Mais un groupe d’une douzaine d’universitaires canadiens ne croit pas à toute cette histoire.

« Pas un seul corps n’a été retrouvé », a déclaré au [New Yok] Post Jacques Rouillard, qui est professeur émérite au département d’histoire de l’Université de Montréal. « Après […] des mois de récriminations et de dénonciations, où sont les restes des enfants enterrés au pensionnat indien de Kamloops ? ».

Le porte-parole de Tk’emlúps te Secwépemc, Larry Read, a confirmé au [New York] Post cette semaine qu’aucun corps n’a encore été exhumé de l’école de Kamloops et qu’aucune date n’a été fixée pour commencer les fouilles. Il a ajouté que le rapport montrant les résultats du radar à pénétration de sol (GPR) n’a pas été publié par la communauté, mais qu’il pourrait l’être à l’avenir.

M. Rouillard, qui a été le premier à défendre ce qu’il a appelé l’absence totale de preuves de l’existence de fosses communes dans un essai publié en janvier, ne nie pas que de sévices auraient pu être commis dans les pensionnats.

Mais lui et d’autres personnes remettent en question le récit surchargé de l’école de Kamloops, selon lequel des enfants auraient été assassinés et enterrés dans ce qui, selon certains anciens élèves, était un verger de pommiers.

[…] Le 17 mai 2021, la communauté avait engagé Sarah Beaulieu, une jeune anthropologue de l’Université de la vallée du Fraser, pour scanner et étudier le site. Mme Beaulieu a scanné le site entre le 21 et le 23 mai et le groupe a annoncé ses découvertes choquantes le 27 mai.

Mme Beaulieu a déclaré que les capteurs à distance avaient détecté des « anomalies » et ce qu’on appelle des « reflets » qui indiquent que des restes d’enfants pourraient être enterrés sur le site. Mme Beaulieu n’a pas répondu aux courriels envoyés par le [New York] Post.

[…] Comme M. Rouillard, Tom Flanagan, professeur émérite de sciences politiques à l’Université de Calgary, ne croit en rien à l’histoire.

« C’est le plus grand bobard de l’histoire canadienne », a déclaré Flanagan au Post. « Toute cette histoire de tombes non marquées et d’enfants disparus a déclenché une panique morale. Ils en sont venus à croire des choses pour lesquelles il n’y a aucune preuve et l’histoire a pris vie d’elle-même. »

Étrangement, Rouillard, Flanagan et leurs associés ont une sorte d’allié en la personne d’Eldon Yellowhorn, professeur et président fondateur du département d’études indigènes de l’Université de Fraser Valley — là même où travaille Sarah Beaulieu.

M. Yellowhorn, qui a grandi dans une ferme de la réserve indienne de Peigan et dont plusieurs membres de la famille ont fréquenté les pensionnats, est à la fois archéologue et anthropologue. Il fait partie de la nation Pied-Noir. Depuis 2009, il recherche et identifie les tombes des enfants autochtones ayant fréquenté les pensionnats du Canada, après avoir été engagé par la puissante Commission vérité et réconciliation du Canada.

Cependant, bon nombre des tombes qu’il a identifiées dans les pensionnats d’autres régions du pays proviennent de véritables cimetières et la façon dont ils sont morts n’est pas toujours claire.

Certains de ceux qui ont été trouvés avaient succombé à la maladie, a déclaré Yellowhorn, citant un cimetière où il est apparu que de nombreux enfants avaient péri de la grippe espagnole il y a un peu plus d’un siècle.

« Je peux comprendre pourquoi certaines personnes sont sceptiques quant au cas de Kamloops », a déclaré Yellowhorn au Post. « Tout cela est très nouveau. Il y a beaucoup de désinformation qui circule. Les gens parlent sous le coup de l’émotion ».

Pour Yellowhorn, les preuves réelles de la présence d’un charnier sur le site de Kamloops sont minces.

« Tout ce que le radar vous montre, c’est qu’il y a des anomalies ou des reflets », a-t-il dit. « La seule façon d’en être certain est de fouiller la terre et de vérifier ce qui se trouve en dessous. Nous ne sommes pas encore arrivés au point où nous pouvons le faire. C’est un travail énorme. »

Malgré son propre scepticisme, M. Yellowhorn affirme qu’il est tout à fait possible que si des fouilles sont un jour menées à Kamloops — de véritables restes humains soient découverts, un peu comme ce fut le cas en 2014 en Irlande après que le géoradar révéla des anomalies dans l’un des célèbres foyers pour mères et bébés du pays.

La professeure canadienne Frances Widdowson a déclaré que personne n’ose mettre en doute la parole des chefs autochtones au Canada de nos jours, ce qui rend difficile la vérification de leurs affirmations concernant les restes enterrés d’enfants.

Les gardiens du savoir, après tout, ne peuvent pas être remis en question, car cela serait perçu comme un « manque de respect » », a écrit Widdowson dans « The American Conservative » en février. Widdowson est un ancien professeur titulaire de l’université Mont-Royal à Calgary.

Widdowson a écrit que les propos « macabres » sur les enfants autochtones enterrés circulent depuis plus de 25 ans et sont « maintenant fermement ancrés dans la conscience canadienne ». Mais elle ajoute qu’il n’y a toujours pas de preuves tangibles.

Les professeurs canadiens contestent également les rapports selon lesquels au moins 150 000 enfants indigènes furent contraints de fréquenter les pensionnats, ce qui est aujourd’hui accepté comme parole d’évangile au Canada.

Flanagan et d’autres affirment que ce chiffre est au mieux trompeur, car un grand pourcentage de parents indiens ont volontairement opté pour les pensionnats, car c’était le seul moyen pour leurs enfants de recevoir une éducation.

Tomson Highway, Cri pur et dur, est un auteur-compositeur et pianiste canadien bien connu. Aujourd’hui âgé de 70 ans, il était le plus jeune d’une famille de 12 enfants qui vivaient dans une tente plantée sur un banc de neige sur une île d’un lac dans le nord-ouest du Manitoba. […]

 « J’y suis allé parce que mon père le voulait », dit Highway à propos de son père, un chasseur de caribous et champion de traîneau à chiens qui était analphabète. « Mon frère aîné était également analphabète. Il ne voulait pas que la même chose arrive à nous autres, les enfants. Alors nous y sommes allés. »

Highway a dit que l’école Guy Hill n’était pas parfaite et qu’il a été témoin et victime de certains sévices. Mais « je n’ai pas vu de morts étranges », a-t-il dit. « La plupart des Blancs qui étaient là étaient gentils. L’éducation que j’y ai reçue… m’a préparé à la vie. »

 

Source : New York Post


Billet originel du 26 mai 2022

Extrait et résumé d’un texte de Brian Giesbrecht, juge à la retraite de la Cour provinciale du Manitoba, de Nina Green, chercheuse indépendante, et Tom Flanagan, professeur émérite de sciences politiques à l’Université de Calgary.

Neuf affirmations des libéraux concernant le convoi d'Ottawa contredites officiellement

Le bureau du ministre de la Sécurité publique @marcomendicino affirme désormais qu’on a mal compris le ministre lorsqu’il a déclaré que la police avait conseillé au gouvernement libéral d’utiliser la Loi sur les mesures d’urgence. Pourtant, le ministre l’a affirmé au moins une douzaine de fois en Chambre. Qu’y avait-il à mal comprendre ?

Plusieurs témoignages clés minent la justification donnée par le Premier ministre Justin Trudeau quand il invoqua la Loi sur les mesures d’urgence pour écraser les manifestants pacifiques du « convoi de la liberté » à Ottawa en février.

Tout au long des manifestations, les libéraux et les médias de grand chemin ont fait un certain nombre d’affirmations sur le convoi, allant de la participation d’extrémistes, du financement par des étrangers et des millionnaires. À ce jour, toutes ces affirmations ont été remises en question par les responsables de l’application des lois et les responsables de la collecte de fonds.

Plusieurs ministres du cabinet Trudeau ont affirmé en février que des extrémistes étrangers finançaient le convoi pour saper la démocratie canadienne. Parmi ces ministres figurait le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, qui a déclaré — sans preuve — que bon nombre des dons « provenaient de l’étranger ». Le ministre de la Protection civile, Bill Blair, a également affirmé que des « entités étrangères » étaient à l’origine des manifestations.

Des médias, dont le Toronto Star et la CBC, ont également publié des articles suggérant à tort que le convoi était financé par des fonds étrangers. La CBC a été forcée de retirer un article qui affirmait que le soutien au convoi venait principalement de l’étranger.

Le député libéral Taleeb Noormohamed a également comparé les dons pour le convoi au « financement du terrorisme » et a appelé les organismes de surveillance du financement du terrorisme à enquêter sur les plateformes de collecte de fonds.

True North a répertorié neuf cas où des officiels ont catégoriquement réfuté les affirmations du gouvernement libéral concernant le Convoi de la liberté.

1. Pas de riches donateurs étrangers

Lors d’un comité des finances de la Chambre des communes le 17 mars, le président de GoFundMe, Juan Benitex, a rejeté les allégations selon lesquelles des millionnaires étrangers avaient financé le Convoi de la liberté. Selon Benitez, sa plate-forme « n’a découvert » aucun grand donateur qui l’aurait alerté quant à une possible influence étrangère.

« Y a-t-il eu de gros donateurs qui sortaient du lot, qui auraient soulevé des signaux d’alarme en essayant peut-être d’influencer le résultat de cette manifestation ? » a demandé le député conservateur Ed Fast lors du témoignage.

« Nous n’avons pas découvert cela, non », a déclaré Benitez. « Lorsque nous avons examiné les dons, nous n’avons pas identifié de dons ou de schémas de dons significatifs. »

L’avocate générale de GoFundMe, Kim Wilford, a également confirmé que le don le plus important était de 30 000 $ et provenait du Canada.

2. La GRC n’a aucune preuve de financement terroriste

Bien que le gouvernement libéral ait traité les dons pour aider le convoi comme du financement de terrorisme et du blanchiment d’argent, un chef de la GRC a déclaré que la police fédérale n’avait vu aucune preuve d’implication terroriste dans le financement du convoi.

Le directeur de la criminalité financière de la GRC, Denis Beaudoin, a déclaré aux parlementaires lors d’une réunion du comité des finances de la Chambre des communes le 7 mars que l’activité terroriste n’était pas sur leur radar.

« CANAFE s’est présenté devant notre comité », a déclaré le député conservateur Philip Lawrence à Beaudoin. « Ils ont fourni des informations intéressantes sur le flux d’argent lors de la collecte et le financement des manifestations — ils n’ont vu aucune preuve d’activité terroriste. Avez-vous vu des preuves d’activités terroristes dans le financement de ces manifestations et blocages illégaux ? »

« Non, je n’en ai pas vu », a déclaré Beaudoin.

3. Le convoi a été financé par des Canadiens, pas des étrangers

Selon les dirigeants des plateformes de financement participatif GoFundMe et GiveSendGo, la grande majorité des fonds donnés au Convoi de la liberté provenaient de Canadiens et non de sources étrangères.

« Nos dossiers montrent que 88 % des fonds donnés provenaient du Canada et 86 % des donateurs venaient du Canada », a déclaré le président de GoFundMe, Juan Benitez, au comité de sécurité publique des Communes le 3 mars.

Les dirigeants de GiveSendGo ont également déclaré que 63 % des fonds donnés à leur plateforme provenaient du Canada.

« La plupart des dons étaient inférieurs à cent dollars », a déclaré le cofondateur de GiveSendGo, Jacob Wells, lors de la même réunion. « C’est assez cohérent d’un bout à l’autre. »

4. Un responsable de CANAFE affirme que des gens exaspérés, et non des terroristes, ont financé le convoi

Le directeur adjoint du renseignement du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), Barry MacKillop, a également mis fin aux allégations selon lesquelles l’argent recueilli pour le Convoi de la liberté constituait du financement du terrorisme.

Selon MacKillop, les fonds provenaient des poches de Canadiens qui en avaient assez des mesures COVID-19.

« C’était leur propre argent. Ce n’était pas de l’argent qui finançait du terrorisme et ne constituait en aucune façon du blanchiment d’argent », a déclaré MacKillop au comité des finances de la Chambre des communes le 24 février.

« Ce sont des gens qui ont soutenu la cause avant qu’elle ne soit déclarée illégale. Il y avait des gens dans le monde qui en avaient marre de COVID et qui étaient bouleversés et ont vu les manifestations. Je crois qu’ils voulaient juste soutenir la cause. »

5. Aucun extrémiste étranger impliqué dans le convoi

Dans un autre témoignage devant le comité de la sécurité publique des Communes le 10 février, MacKillop a déclaré aux députés qu’il n’y avait aucun signe que ce qui se passait à Ottawa était une forme d’extrémisme violent à motivation idéologique.

« L’argent… ce qui se passe à Ottawa n’a pas été identifié à ma connaissance comme de l’extrémisme violent à motivation idéologique », a déclaré MacKillop.

6. Aucune arme à feu découverte lors de la répression

Le 24 mars, le chef par intérim de la police d’Ottawa, Steve Bell, a déclaré aux parlementaires devant le comité de la sécurité publique de la Chambre des communes qu’aucune arme à feu chargée n’avait été découverte lorsque la police est intervenue pour arrêter les camionneurs et leurs partisans.

« Il s’agit d’une question simple, chef par intérim. Des armes ont-elles été trouvées ? Des armes à feu chargées ont-elles été trouvées ? Oui ou non ? » a demandé le député conservateur Dane Lloyd.

« Non, aucune relative à une quelconque accusation », a déclaré Bell.

Avant l’aveu de Bell, plusieurs médias avaient répandu l’histoire selon laquelle des armes à feu chargées avaient été trouvées lors de la manifestation. Plus récemment, le journaliste pigiste Justin Ling avait publié un article dans le Toronto Star prétendant la même chose.

7. Tentative d’incendie non liée au convoi

Le Service de police d’Ottawa a officiellement contesté les affirmations des députés et des médias selon lesquelles la tentative d’incendie criminel du 6 février dans un immeuble résidentiel était liée aux manifestations du Convoi de la liberté.

De nombreux politiciens libéraux et néo-démocrates, dont le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, ont répandu la fausse affirmation selon laquelle les participants au convoi étaient impliqués dans la tentative d’incendier le bâtiment alors que des habitants se trouvaient toujours à l’intérieur.

« (Les manifestants) ont harcelé les employés des entreprises locales, à tel point que les entreprises ont dû fermer pendant trois semaines. Il y a eu une tentative d’incendie criminel et les portes ont été barrées à l’aide de menottes afin que, si un incendie s’y déclarait, des personnes brûlent vives à l’intérieur du bâtiment », a déclaré la députée libérale Jennifer O’Connell le 19 février.

Selon les déclarations de la police d’Ottawa, aucun suspect n’a été impliqué de quelque manière que ce soit dans les manifestations.

8. Les forces de l’ordre n’ont pas demandé l’invocation de la loi sur les mesures d’urgence

Contrairement aux affirmations du ministre libéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, la police n’a pas demandé au gouvernement fédéral d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour faire face aux manifestants du Convoi de la liberté.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a déclaré au sénateur Vernon White qu’il n’avait « jamais été question » de recourir à des pouvoirs d’urgence.

« Non, il n’a jamais été question de demander la loi sur les mesures d’urgence », a déclaré Lucki.

Mendicino a affirmé à plusieurs reprises qu’une telle demande avait été faite par la police et le gouvernement libéral l’a citée tout en essayant de justifier l’invocation sans précédent de Trudeau.

« Ce n’est qu’après avoir reçu l’avis des forces de l’ordre que nous avons invoqué la loi sur les mesures d’urgence », a déclaré Mendicino.

L’affirmation de Mendicino a encore été discréditée par le chef par intérim de la police d’Ottawa, Steve Bell, en mai, alors qu’il déclarait que les forces de police de la ville n’avaient pas demandé au gouvernement d’utiliser la loi.


 

9. Femme qui a dansé sur un monument aux morts n’était pas affiliée au convoi

La femme qui a été surprise en train de danser sur la tombe du Soldat inconnu pendant les manifestations du convoi de la liberté a admis qu’elle n’était en aucun cas associée aux camionneurs du convoi.

« Il n’y avait aucun lien établi avec les camionneurs du Convoi de la liberté », a déclaré la porte-parole du Service de police d’Ottawa, Carole Macpherson.

Le Premier ministre Justin Trudeau a qualifié l’incident de « profanation le 31 janvier et l’a lié au Convoi de la liberté.

« Je sais que vous vous posez des questions sur ce que vous avez vu dans notre capitale cette fin de semaine », a lu Trudeau à partir d’une déclaration préparée. « La liberté d’expression, de réunion et d’association est la pierre angulaire de la démocratie, alors que le symbolisme nazi, l’imagerie raciste et la profanation des monuments aux morts ne le sont pas. »

Source : TNC

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vendredi 10 juin 2022

Russie — Le rejet du processus de Bologne et les convulsions idéologiques de l'élite

Nous avions déjà rapporté que la Russie avait signalé sa volonté de sortir du processus universitaire européen dit « de Bologne ». Le processus de Bologne est un processus de rapprochement des systèmes d’études supérieures européens amorcé en 1998 et qui a conduit à la création en 2010 de l’espace européen de l’enseignement supérieur, constitué de 48 États. Cet espace concerne principalement les États de l’Espace économique européen ainsi que, notamment, la Turquie et jusqu’à présent la Russie. Il s’agit du processus de réforme du système d’enseignement supérieur au niveau international, qui a débuté en 1999 à l’Université de Bologne, dont il tire son nom. Cet accord a permis la mise en place d’un système presque unifié de reconnaissance et d’équivalence des qualifications universitaires. De nombreux États européens adhèrent au processus. Toutefois, depuis trois ans, on assiste à un abandon progressif de la convention.

Nous reproduisons ci-dessous l’opinion d’Alexandre Guelievitch Douguine sur le processus de Bologne. Douguine, né à Moscou le 7 janvier 1962, est un intellectuel et théoricien politique nationaliste russe. Il est l’auteur de nombreux essais. Il a été le conseiller du président de la Douma d’État Guennadi Selezniov, ainsi que de Sergueï Narychkine, membre dirigeant du parti Russie unie, pour les questions stratégiques et géopolitiques.


Parlons du rejet du processus de Bologne. Le point central est une question de principe. L’introduction du système de Bologne faisait partie d’un projet global : la pleine intégration de la Russie dans le monde global, ce qui signifie l’adoption sans restrictions de toutes les normes et règles de l’Occident. Il ne s’agissait pas seulement d’éducation, mais de la principale stratégie du gouvernement russe depuis 1991. L’adaptation de tous les niveaux de vie — éducation, économie, culture, science, politique, technologie, mode, art, éducation, sports, médias — aux normes de l’Occident moderne était le principal objectif de toutes les réformes. Cela s’appliquait à tout et constituait l’objectif principal des autorités, tant sous Eltsine que sous Poutine. La mise en œuvre du système de Bologne est un élément mineur de cette stratégie globale.

Bien sûr, il y a une différence entre les années 1990 et les années 2000. Sous Eltsine, l’acceptation totale des normes et modèles occidentaux s’accompagnait d’une intégration dans le monde global et d’une volonté de tout sacrifier pour elle, y compris la souveraineté et l’indépendance. La standardisation est donc allée de pair avec la dé-souverainisation.

Sous Poutine, la souveraineté a été proclamée comme la valeur la plus élevée, mais l’occidentalisation et la standardisation se sont poursuivies. Apparemment, suivant l’exemple de Pierre le Grand, Poutine a décidé d’utiliser la technologie occidentale pour renforcer le pays et, à un moment donné, en s’appuyant sur ces normes empruntées, de frapper un grand coup. Pierre lui-même a ouvert une fenêtre sur l’Europe pour les canons russes. Dans le même temps, Pierre brisait également la tradition russe, alors que Poutine a hérité d’une société dans laquelle la tradition était déjà brisée.

Si l’on accepte l’hypothèse selon laquelle Poutine poursuivait une stratégie consistant à copier le système occidental dans le but de renforcer la souveraineté russe, et il n’y a pas d’autre hypothèse intelligible, alors avec le début de l’OMU [Opération militaire en Ukraine] est venu le moment de vérité : il était temps de contre-attaquer, l’Occident, qui s’était entêté à essayer de nous arracher l’Ukraine en trompant et en hypnotisant la population naïve de la Petite Russie, était touché. Là encore, il y a un parallèle avec Pierre : celui qu’évoque la bataille de Poltava [contre la Suède en Ukraine en 1709], modèle que la Russie actuelle s’entête à poursuivre depuis février 2022. Tout s’emboîte.

Cependant, il y a une différence entre le XVIIIe siècle et le XXIe siècle : la technologie occidentale moderne est inextricablement liée à l’idéologie, la technologie elle-même porte un code clair de globalisme et de libéralisme. Ni les biens ni les objets ne sont idéologiquement neutres, et encore moins les méthodes d’enseignement et les disciplines universitaires, que la Russie actuelle a servilement copiées au cours des 30 dernières années. Au début, c’était un signe de défaite, puis un « plan astucieux » pour se concentrer et se préparer à une attaque en représailles. Maintenant, que faire de ces éléments, technologies et institutions que la Russie a copiés de l’Occident ? Pas seulement le système éducatif, mais tout le reste : les technologies de l’information, les institutions financières, les codes culturels, les mécanismes du marché, la mondialisation de la main-d’œuvre et de l’approvisionnement en énergie, et même la démocratie elle-même, le parlementarisme, les élections, les droits de l’homme, bref, tout…

Plus de médecins seront formés au Québec

Devant la pénurie de main-d’œuvre qui touche également le domaine de la santé, le Québec formera davantage de médecins afin de rééquilibrer l’offre et la demande de services médicaux, ont annoncé, vendredi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann.

Ainsi, pour les trois prochaines années, le nombre d’admissions au doctorat en médecine augmentera pour atteindre 1021 nouveaux étudiants au programme en 2024-2025.

« L’augmentation des admissions en médecine pour les trois prochaines années nous permettra d’améliorer la prise en charge des Québécois par un médecin, a déclaré Christian Dubé. C’est d’ailleurs l’une des priorités de notre Plan santé. Pour y parvenir, il faut s’assurer de la disponibilité de la main-d’œuvre clinique, et tout particulièrement des médecins. »

Graphique fourni par Christian Dubé
 
En plus de ces augmentations annoncées par Québec, les facultés de médecine de la province se sont engagées à augmenter le nombre de nouveaux étudiants dans le contingent régulier à 1050 pour 2025-2026.

« L’accès de la population québécoise aux services de santé dépend notamment de notre capacité à assurer une relève médicale adéquate pour les prochaines années […] Les capacités de formation et les places disponibles dans celles-ci sont sans cesse réévaluées et adaptées de manière cohérente avec les enjeux observés sur le terrain à travers le Québec », a précisé pour sa part Danielle McCann.

Combien formés à l’université anglophone McGill ?

Au Québec, le programme de médecine est offert par quatre facultés :

  1. Université Laval à Québec
  2. Université McGill (campus de Montréal et celui de l’Outaouais)
  3. Université de Montréal (campus de Montréal et celui de Trois-Rivières)
  4. Université de Sherbrooke (campus de Sherbrooke et celui de Saguenay)

Une université sur quatre (avec deux campus) qui forme des médecins est donc anglophone.

On ne connaît pas la répartition des nouvelles places en fonction des facultés de médecine. Or, on ne voit pas pourquoi le Québec paierait pour la formation de médecins anglophones, la langue officielle étant le français. En outre, former un médecin à McGill, c’est s’exposer à un risque plus grand que ce diplômé fortement subventionné par le contribuable québécois pendant ses longues études s’exile, les diplômés anglophones étant plus enclins à quitter le Québec.


Étude — Aucune perte d'apprentissage en lecture parmi les élèves en Suède pendant la pandémie

La pandémie de COVID-19 a entraîné des fermetures d'écoles dans le monde entier, avec un risque de perte d'apprentissage.

La Suède a maintenu les écoles primaires ouvertes, mais on ne sait pas si l'absence des élèves et des enseignants et les facteurs de stress liés à la pandémie ont eu un effet négatif sur l'enseignement et les progrès des élèves. Dans une étude (Anna Eva Hallin et al., 2022) dont les résultats sont publiés dans l'International Journal of Educational Research, les résultats d'évaluation de la lecture de 97 073 élèves suédois du primaire (de la 1re à la 3e année) ont été analysées pour étudier la perte d'apprentissage potentielle.

Les résultats ont montré que les résultats de décodage de mots et de compréhension de lecture n'étaient pas inférieurs pendant la pandémie par rapport à ceux précédant la pandémie, que les élèves issus de milieux socio-économiques défavorisés n'étaient pas particulièrement touchés et que la proportion d'élèves ayant de faibles compétences en décodage n'avait pas augmenté pendant la pandémie .

Les auteurs concluent que d'avoir gardé les écoles primaires ouvertes a été avantageux pour les élèves en Suède.

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L’Afrique du Sud dans la tourmente de la corruption

Le président sud-africain, sur la défensive après des accusations de corruption autour d’une affaire gênante de cambriolage, a éludé vendredi les questions sur cet épineux sujet lors d’une conférence de presse, après une nouvelle séance houleuse au Parlement.

« Le vol qui a eu lieu dans ma ferme de Phala Phala [Nord du pays] en 2020 fait l’objet d’une plainte et il faut laisser la justice suivre son cours », a répété Cyril Ramaphosa malgré les relances, accusant les journalistes de continuer à « glisser les mêmes questions sous une autre forme ».

« Je ne répondrai pas aux questions sur le sujet à ce stade, je suivrai les conseils qui m’ont été donnés », a ajouté le chef d’État, qui s’exprimait pour la première fois en conférence de presse sur ce qui est désormais appelé « le scandale de la ferme ».

La séance au Parlement qui devait être centrée sur le vote du budget a une nouvelle fois été agitée vendredi, après une session déjà houleuse la veille. Des députés de la gauche radicale qui perturbaient la séance par des interruptions répétées ont à nouveau été expulsés de force.

M. Ramaphosa, 69 ans, est visé par une plainte déposée la semaine dernière par l’ex-chef du renseignement, Arthur Fraser. Ce dernier l’accuse d’avoir dissimulé à la police et au fisc un cambriolage dans l’une de ses propriétés, au cours duquel l’équivalent de 3,8 millions d’euros en liquide a été trouvé caché dans du mobilier.

Le président à la tête d’une importante fortune personnelle a reconnu que de l’argent avait été volé, mais conteste le montant annoncé. Il nie avoir jamais volé d’agent à quiconque, a dénoncé de « sales coups » et des « intimidations ».

L’argent dérobé, dont le montant avancé est exagéré, était tiré de la vente d’animaux, a-t-il expliqué, dénonçant des « motivations politiques ».

Ces accusations interviennent alors que l’ANC, parti au pouvoir, doit décider d’ici décembre de présenter ou non Cyril Ramaphosa comme candidat pour un second mandat à la présidentielle de 2024.

M. Ramaphosa a déclaré qu’il se présenterait devant la commission « intégrité » du parti, qui a pour règle de suspendre systématiquement les membres faisant l’objet de poursuites pénales. Aucune date n’a été fixée.

Successeur de Jacob Zuma, poussé à la démission en 2018 après une série de scandales, l’actuel président est attendu sur le front de la corruption qu’il a promis d’éradiquer.

La médiatrice de la République a ouvert une enquête publique sur l’affaire. Le chef d’État l’a suspendue jeudi, dans le cadre d’une longue procédure de destitution déjà en cours.

Un passé controversé

En août 2017, Ramaphosa a été impliqué dans un scandale où il aurait entretenu plusieurs relations extraconjugales et aurait versé de l’argent à des individus pour taire l’affaire. 

Le président sud-africain a également été critiqué pour la conduite de ses intérêts commerciaux, bien qu’il n’ait jamais été inculpé d’activité illégale dans aucune de ces controverses. Sa fortune suscite des questions. Parmi les relations commerciales controversées : 

  • sa participation dans la Glencore (une importante entreprise anglo-suisse de négoce, courtage et d’extraction de matières premières),
  • des allégations de bénéfices illégaux à la suite d’accords de livraison de charbon à la société publique d’électricité Eskom, bénéfices illégaux qu’il a fermement niés.
  • son emploi au conseil d’administration de la minière Lonmin où il préconisa de traiter de la manière forte les mineurs grévistes peu avant le massacre de Marikana dans les locaux de la Lonmin à Marikana. Le 15 août 2012, il avait appelé à une action résolue contre la grève des mineurs de Marikana, grève qu’il avait qualifiée de conduite « ignoblement criminelle » et qui nécessitait une « action concomitante ». Plus tard, Ramaphosa admit et regretta son implication dans cette tragédie et déclara qu’elle aurait pu être évitée si des plans d’urgence avaient été élaborés avant la grève. 

Son fils, Andile Ramaphosa, a été reconnu coupable d’avoir accepté des paiements totalisant 2 millions de rands (environ 200 000 $) de Bosasa, une société de sécurité impliquée dans la corruption et la capture de l’État par la Commission Zondo.

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jeudi 9 juin 2022

Covid 19 à jamais pour Parcs Canada — deux touristes prennent un égoportait en pleine nature, masqués...

Comment rassurer les touristes internationaux (comme ce couple), comment les inciter à venir visiter le Parc de Banff ? Simple : rappeler que la Covid-19 sévit toujours au Canada et promouvoir par l’image le port du masque à l’extérieur au beau milieu de nulle part, alors que ce masque y est inutile.
 
Le gouvernement fédéral semble vouloir perpétuer l’état de sidération qu’il a imposé deux ans durant à cause de sa gestion de la pandémie Covid-19.
 

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lundi 6 juin 2022

Des personnes ayant la nationalité américaine réclament le statut de réfugié au Canada

Des enfants détenant la citoyenneté américaine font partie des quelque 10 000 migrants qui ont traversé de manière illégale la frontière canado-américaine à partir du chemin Roxham depuis sa réouverture, en novembre dernier.

Personnes se disant réfugiées accueillies par un gentil organisateur du service social canadien des frontières sur le chemin Roxham à l'entrée du Québec

Des documents obtenus par La Presse de Montréal en vertu de la Loi sur l’accès à l’information indiquent le pays d’origine des milliers de migrants qui sont arrivés au Québec en passant par le fameux chemin Roxham, situé à proximité du poste-frontière de Saint-Bernard-de-Lacolle.

Ces documents révèlent qu’au moins 137 enfants nés aux États-Unis et détenant ainsi la citoyenneté américaine font partie des 9632 personnes qui ont franchi la frontière d’une manière illégale entre le 21 novembre, date de la réouverture du chemin par le gouvernement de Justin Trudeau, et le 23 mars. Ces documents permettent donc d’établir pour la première fois que des personnes ayant la nationalité américaine réclament le statut de réfugié.

Bon nombre des migrants irréguliers qui ont été interceptés par les autorités canadiennes au cours des derniers mois étaient originaires de pays tels que le Pakistan, la Colombie, l’Éthiopie, Haïti, le Zimbabwe, le Yémen, le Cameroun, le Congo, le Chili, le Sri Lanka, le Rwanda, l’Angola, le Gabon, la Syrie, le Nicaragua et le Nigeria, entre autres.

Ces documents permettent aussi d’établir qu’une moyenne de 79 personnes par jour a traversé la frontière québéco-américaine durant cette période de quatre mois. Sur une période de 12 mois, une telle moyenne se traduirait par l’arrivée de près de 29 000 migrants illégaux.

Or, les autorités fédérales s’attendent à ce que cette moyenne quotidienne augmente avec l’arrivée du beau temps, comme ce fut le cas avant la pandémie de COVID-19, prévient-on en coulisses.

Quel sort est réservé aux mineurs qui détiennent la citoyenneté américaine et qui accompagnent leurs parents ayant une autre nationalité ? Le ministère de l’Immigration a indiqué à La Presse que les procédures habituelles s’appliquent et que leur demande est traitée de la même manière que les autres.

« Tous les demandeurs d’asile bénéficient d’une audience équitable à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, un tribunal quasi judiciaire indépendant. Chaque cas est évalué selon les circonstances qui lui sont propres, en fonction des éléments de preuve et des arguments présentés », a-t-on indiqué au Ministère.

Au préalable, les autorités canadiennes font les vérifications nécessaires pour s’assurer que les migrants interceptés ne posent pas une menace à la sécurité du Canada et pour déterminer si elles sont admissibles à présenter une demande d’asile. Ce filtrage de sécurité comprend des vérifications des données biographiques et biométriques comme la prise d’empreintes digitales. Par la suite, la démarche visant à obtenir une demande d’asile peut être entamée.

La reprise du flot de migrants irréguliers au chemin Roxham constitue une pomme de discorde entre Ottawa et Québec.

« Urgence de modifier l’Entente sur les tiers pays sûrs »

Selon le député conservateur Pierre Paul-Hus, l’arrivée d’enfants ayant la citoyenneté américaine confirme l’urgence de modifier l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis.

« C’est une situation qui démontre que les libéraux doivent réparer la brèche dans l’Entente sur les tiers pays sûrs. Quand des enfants nés aux États-Unis de parents immigrants demandent refuge au Canada, on voit bien qu’il y a un problème. Pourquoi les parents n’ont-ils pas demandé asile aux États-Unis pendant toutes ces années ? », s’est interrogé M. Paul-Hus.

Le Bloc québécois réclame la suspension de cette entente dans les plus brefs délais pour faciliter encore l’arrivée des soi-disant « réfugiés » pour les faire passer par les postes-frontière officiels.

« Ce qui est certain, c’est que ce ne sont pas les demandeurs qui sont le problème, mais bien le gouvernement qui refuse de prendre en main la situation. On anticipe l’arrivée de 35 000 personnes au chemin Roxham cette année et le Premier ministre reste les bras croisés, alors qu’il peut unilatéralement fermer le chemin Roxham en suspendant l’Entente sur les tiers pays sûrs », a affirmé le député Alexis Brunelle-Duceppe, porte-parole du Bloc québécois en matière d’immigration.

Permettre aux femmes, enfants et familles qui traversent actuellement par la porte de côté de traverser par une entrée officielle, sécuritaire et régulière, c’est quelque chose qui devrait aller de soi et de surcroît, qui est réclamé par les associations qui défendent les réfugiés.

Alexis Brunelle-Duceppe, porte-parole du Bloc québécois en matière d’immigration.

En vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs, seuls les individus qui présentent une demande d’asile à un poste frontalier officiel sont refoulés en territoire américain. En décembre, La Presse a rapporté qu’Ottawa et Washington avaient convenu de colmater la brèche qu’est devenu le chemin Roxham.

Les deux pays sont prêts à modifier cette entente de sorte que les autorités canadiennes auraient le pouvoir de refouler un demandeur d’asile aux États-Unis, peu importe s’il se présente à un point d’entrée officiel de la frontière canado-américaine pour faire cette demande ou s’il la dépose après avoir traversé la frontière d’une manière irrégulière.

Loin d’être prioritaire

Mais avant de mettre en œuvre cette nouvelle entente, le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, et le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, doivent adopter les règlements pertinents appliquant les changements. Leurs homologues américains doivent en faire autant. Et à Washington, ce dossier est loin d’être prioritaire, ce qui retarde l’entrée en vigueur des modifications.

Le mois dernier, le Premier ministre du Québec, François Legault, a réclamé qu’Ottawa procède sans délai à la fermeture du chemin Roxham, qui est devenu selon lui une « passoire ».

Mais son homologue fédéral Justin Trudeau a écarté une telle option au motif que cela ne ferait que déplacer le problème à un autre point d’entrée de la frontière.

« Si on fermait le chemin Roxham, les gens passeraient ailleurs. On a une frontière énorme. On ne va pas commencer à l’armer ou mettre des clôtures dessus », avait-il fait valoir. « S’il y a des gens qui vont arriver de façon irrégulière, on peut au moins les contrôler, on peut au moins faire des vérifications de sécurité, on peut au moins s’assurer qu’ils ne soient pas perdus à l’intérieur du Canada. »

Très généreux, le gouvernement Trudeau accueille environ les deux tiers des demandes d’asile. Selon la commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), près de 85 % de ceux qui ont essuyé un refus à leur première demande d’asile ont contesté les décisions devant la division d’appel de la commission. « Dans un grand nombre de dossiers, l’agence n’est pas en mesure d’engager des procédures de renvoi » pour diverses raisons, a déclaré la porte-parole de l’ASFC, Rébecca Purdy, dans un courriel à La Presse en 2019.

Quant aux personnes perdues dans la nature à l’intérieur du Canada, la plupart sont traçables : ils profitent souvent de services de l’État (leurs enfants vont à l’école publique subventionnée par exemple, ils perçoivent des prestations, voir le cas du terroriste Ahmed Ressam ci-dessous).

Ce laxisme dans l’expulsion n’est pas sans conséquence, le cas Ahmed Ressam

Les politiques d’immigration du Canada ont également des conséquences pour d’autres nations. Ahmed Ressam, le demandeur d’asile algérien qui avait l’intention de faire sauter l’aéroport de Los Angeles, est souvent cité comme un exemple de la façon dont le laxisme du Canada met en danger les États-Unis. Lorsqu’il a été arrêté alors qu’il tentait d’entrer aux États-Unis en 1999, Ressam vivait au Canada depuis cinq ans, même si la France avait prévenu le gouvernement canadien qu’il était un terroriste.

Ressam était entré au Canada le 20 février 1994, en utilisant un faux passeport français falsifié au nom de « Anjer Tahar Medjadi ». Lorsque les agents d’immigration de l’aéroport international Montréal-Mirabel l’ont arrêté et l’ont confronté au sujet du passeport falsifié, il a divulgué son vrai nom et a demandé le statut de réfugié. Dans ses efforts pour obtenir l’asile politique, il inventa une histoire selon laquelle il aurait été victime de sévices et de tortures de la part des autorités algériennes. Il a été libéré dans l’attente d’une audience et approuvé pour un maximum de trois ans de prestations sociales. Sa demande de statut de réfugié a été rejetée le 6 juin 1995 et son appel a été rejeté.

Le 4 mai 1998, un mandat d’arrêt a été lancé contre lui par Citoyenneté et Immigration Canada. Au moment où le mandat a été délivré, Ressam était en Afghanistan, participant à un camp d’entraînement terroriste. Il s’est par la suite soustrait à la déportation en utilisant un passeport canadien qu’il avait obtenu en mars 1998 en présentant un certificat de baptême ; il a utilisé un certificat vierge volé, le remplissant du faux nom, « Benni Antoine Noris ».

Il subvenait à ses besoins grâce à des larcins (vol des valises des touristes dans les hôtels, vol à la tire et vol à l’étalage) et grâce à des prestations sociales mensuelles de 500 $ canadiens. Il a été arrêté quatre fois, mais jamais emprisonné. En 1999, Ressam avait des antécédents criminels au Canada pour vol de moins de 5 000 $, un mandat d’arrêt pancanadien en instance pour l’immigration et un mandat d’arrêt à l’échelle de la Colombie-Britannique pour vol de moins de 5 000 $ canadiens.

S’installant dans l’est de Montréal, il a vécu avec d’autres immigrants algériens dans un immeuble d’habitations de l’avenue Malicorne, identifié plus tard comme le siège local d’une cellule liée au Groupe islamique armé, qui avait des liens avec Oussama ben Laden. Il a été recruté par al-Qaïda.

Il serait faux de supposer que Ressam n’était pas une menace pour son pays hôte, ainsi que pour les États-Unis où il comptait s’attaquer à l’aéroport de Los Angeles. Au cours de son procès, il a témoigné que lui et un associé, Samir Aït Mohamed, avaient comploté pour faire exploser une bombe dans un quartier de Montréal avec une importante population juive, mais avaient abandonné ce plan pour se concentrer sur l’attaque de Los Angeles.

Le continent immergé de la violence domestique par les femmes


Billet originel du 10 mai 2022

Johnny Depp (à gauche) et Amber Heard
Atlantico — Très médiatisé, le procès entre Amber Heard et Johnny Depp fait couler beaucoup d’encre, de surcroît outre-Atlantique. Cet effet de loupe est-il en partie dû au fait que l’opinion publique a, pour une fois, l’impression que la femme est aussi l’agresseur ?

Pascal Combe — Je pense que ce procès peut faire évoluer les esprits et permettre de mettre en avant une vérité que beaucoup ne veulent pas admettre, c’est-à-dire que les hommes peuvent aussi être victimes de violences conjugales. En effet, c’est sans doute une des raisons qui explique une telle médiatisation.

Remettons cependant les choses dans leur contexte. La violence existe sous quatre formes : physique, morale, sexuelle et financière. Je pense que Johnny Depp est violent, car il est alcoolique. De son côté, Amber Heard est violente, car elle a des troubles de la personnalité. Dans la plupart des pays, les féministes sont tellement puissantes que l’on ne parle pas de la violence des femmes, c’est une sorte de tabou. Ainsi, on ne connaît pas suffisamment bien l’existence des hommes battus, notamment en France. Cela s’explique par le fait que de nombreuses féministes se sont infiltrées dans la sphère politique. De ce fait, elles influencent les gouvernements et les instituts de recherche, tout comme les universités et les administrations. Ces femmes tentent de cacher les hommes battus et leurs enfants, ce que je qualifie de criminel puisque de nombreux hommes se suicident suite à ces violences, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Les féministes sont d’ailleurs très puissantes aux États-Unis puisque c’est de ce pays que vient le mouvement MeToo.

— Pourtant, oublie-t-on qu’il existe une réalité statistique non négligeable au sujet des hommes victimes de violences conjugales ? Comment expliquer que ce facteur soit trop souvent oublié ?

— 80 000 hommes sont battus en France chaque année. Pourtant, c’est selon moi le seul pays de la planète ou ne reconnaît pas l’existence des hommes battus. Comment l’expliquer ? Les féministes, qui sont désormais au pouvoir, cachent cette réalité et tentent de faire croire que les hommes sont violents à cause du patriarcat. Dès lors, les femmes violentes le seraient à cause du matriarcat, et cette vérité n’est pas bonne à dire pour de nombreuses personnes.

Lors de la libération de la femme, dans les années 1960, les institutions ont commencé à émettre des chiffres sur les femmes battues. Or, ces mêmes institutions n’ont pas voulu reconnaître l’existence des hommes battus, pour des raisons idéologiques, mais aussi financières. Il y a une quinzaine d’années, lorsqu’on a mis en lumière l’existence des hommes battus, il fallait aussi reconnaître que l’homme n’est pas violent à cause du patriarcat. Selon moi, la seule raison qui peut expliquer la violence est d’ordre médical, psychiatrique. C’est ce que l’on voit à travers le procès de Johnny Depp et Amber Heard. L’un des protagonistes est alcoolique alors que l’autre souffre de troubles de la personnalité.

— Dans quelle mesure les victimes masculines souffrent-elles d’une double peine en raison du manque de visibilité de cette problématique ? Les victimes masculines sont-elles trop souvent ignorées ?

— Les hommes ne souffrent pas d’une double peine, mais d’une triple peine !

La première peine réside dans le fait que les chiffres sont cachés, ce qui veut dire que les forces de l’ordre ne sont pas au courant que les hommes battus existent, faute de formation adaptée. Quand ces derniers veulent porter plainte, ils ne sont pas reçus. Il y a ainsi 5 fois moins d’hommes battus qui portent plainte que de femmes.

La deuxième peine se situe au niveau de la justice, qui ne connaît pas les chiffres. Si un homme battu porte plainte, bien souvent la femme en fait de même. Deux plaintes arrivent donc sur le bureau du juge, celle de l’homme et de la femme, qui se revoient la balle. Bien souvent, c’est l’homme battu qui est condamné. Nous le savons grâce aux chiffres de l’ONDRP et du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, que nous avons croisés. Selon ces chiffres, seulement 3 % des femmes violentes sont condamnées, contre 50 % des hommes.

Troisième peine, lorsque ces hommes sont condamnés, parfois injustement, ils sont contraints d’aller voir des psychologues ! Au sein de notre association Stop hommes battus, nous avons justement connu un homme dont le psychologue refusait de reconnaître son statut de victime.

En conclusion, les victimes masculines sont oubliées pour de multiples facteurs, notamment historiques. Seule une évolution profonde de la société pourrait permettre de changer les choses, et le procès entre Amber Heard et Johnny Depp pourrait permettre de lever ce tabou.

Source : Atlantico

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Real Women of Canada, Violence against women—a money grabber (en anglais).

Le 25 novembre et le 6 décembre, hier et aujourd’hui

dimanche 5 juin 2022

La menace stéréotypée n'expliquerait pas la différence de résultats entre les sexes en mathématiques (suite)

La menace stéréotypée a été proposée comme l’une des causes des différences entre les sexes dans la participation post-obligatoire aux mathématiques. 

Danaher et Crandall ont fait valoir, sur la base d’une étude menée par Stricker et Ward, que s’enquérir du sexe d’un étudiant après avoir terminé un test, plutôt qu’avant, réduirait la menace des stéréotypes et augmenterait donc la réussite des étudiantes. Selon eux, un tel changement pourrait permettre à près de 5 000 femmes de plus de recevoir des crédits en calcul intégral par an. Une étude effectuée sur un grand échantillon a reproduit l’étude de Stricker et Ward dans le contexte du Junior Mathematical Challenge du UK Mathematics Trust. Elle ne trouve aucune preuve de cet effet de menace stéréotypée. Elle conclut que la « solution miracle » consistant à déplacer les questions démographiques (êtes-vous un garçon/une fille ?) pour les déporter à la fin des questionnaires est peu susceptible de fournir une solution efficace aux inégalités entre les sexes dans l’enseignement des mathématiques. 

Source: PLOS ONE, Stereotype threat, gender and mathematics attainment: A conceptual replication of Stricker & Ward, par Matthew Inglis et Steven O’Hagan (2022)

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