mardi 30 avril 2019

Eschyle interdit, Finkielkraut insulté: sectarisme à l’université

Faut-il s’habituer à de telles scènes ? Après avoir été chassé de Nuit debout, puis agressé en marge d’une manifestation des « gilets jaunes », c’est désormais en plein Saint-Germain-des-Prés, dans l’une des écoles les plus prestigieuses de France, que le philosophe Alain Finkielkraut a été pris à partie. Une poignée d’étudiants « antifas » du groupuscule Sciences Po en lutte Institut Clément Méric (sic) ont voulu empêcher la tenue d’une conférence organisée à l’IEP de Paris par une association d’étudiants souverainistes de l’école, Critique de la souveraineté européenne, qui avait convié l’auteur de L’Identité malheureuse.

Ces fondamentalistes d’extrême gauche avaient appelé sur Facebook au « rassemblement contre la venue » d’un homme « dont les propos ouvertement racistes et sexistes sont aussi dangereux qu’intolérables ». « Il ne peut pas exister de dialogue lorsque des individus aussi profondément réactionnaire qu’Alain Finkielkraut, par leur propos et leurs idées, mettent nos vies et nos existences en danger », soutenaient ces activistes. Heureusement, la conférence eut bien lieu grâce à la détermination des organisateurs, et le soutien de l’administration de Sciences Po, qui, il faut le souligner, fut à la hauteur des enjeux de la liberté d’expression. Avec dignité, Finkielkraut exprima son désarroi : « Je suis fatigué, bouleversé, de ne pas pouvoir mettre le nez dehors sans que des gens veuillent me faire la peau. »

« Cela en dit long sur le climat dégradé de la vie intellectuelle française », a aussi constaté l’intellectuel. En effet, ce genre d’intimidations se multiplie : il y a un mois, une représentation de la pièce Les Suppliantes d’Eschyle, qui devait se tenir à la Sorbonne, a été annulée, sous la pression de « groupuscules antiracistes ». Motif : certains comédiens blancs se seraient rendus coupables de « blackface » en portant des masques noirs.

Répétition de la pièce d’Eschyle avec les masques

Cet inquiétant sectarisme intellectuel qui gangrène nos écoles est aussi le énième symptôme de l’américanisation de la vie universitaire française. Sur les campus américains, en effet, il est devenu banal de faire annuler la venue d’un conférencier jugé intolérable pour une minorité d’activistes, qui privatisent l’espace public au nom de la revendication du droit à un « safe space », un espace protégé de paroles estimées offensantes. Chaque année d’ailleurs, l’association conservatrice William F. Buckley Jr, à Yale, honore une figure publique qui a été « désinvitée » d’un campus. Hasard du calendrier, l’association recevait justement il y a deux jours son lauréat de l’année, qui n’était autre que l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger. À 95 ans, le diplomate a été réduit au silence par des étudiants de la New York University (NYU) qui l’ont traité de « nazi » et de criminel de guerre, lui qui a pourtant fui l’Allemagne hitlérienne pour échapper aux persécutions et a pourchassé des officiers de la Gestapo à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les étudiants lui reprochaient d’être le symbole de la « domination blanche notamment, », par dans son la implication, guerre du Vietnam.

Voilà qu’on traite des juifs de nazis, et qu’on prétend chasser le décrété « intolérant » au nom de la tolérance. « Je leur ai dit : “Les fascistes, c’est vous ; les années 1930, c’est vous ; les autodafés de livres, c’est vous” », a réagi vivement Alain Finkielkraut mardi soir. Dans les années 1960, c’était les commandos d’extrême droite qui intervenaient pendant la pièce de Genet Les Paravents, à l’Odéon. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le GUD qui perturbe pièces de théâtre et conférences. D’ailleurs, l’ancien trotskiste Edwy Plenel lui-même eut les honneurs de l’amphithéâtre principal de Sciences Po l’an dernier, sans qu’aucune protestation, et c’est normal, n’ait eu lieu. Il faut se rendre à l’évidence : ce n’est plus désormais l’extrême droite qui menace la liberté d’expression sur les campus, mais l’extrême gauche [qui continue de le faire comme par le passé].

Cet incroyable renversement de la liberté d’expression a été magistralement analysé par Mathieu Bock-Côté dans son dernier livre, L’Empire du politiquement correct (Éd. du Cerf). « Les sensibles et les offusqués réinventent à leur manière le blasphème en mettant en avant le droit de ne pas être offensés », souligne le sociologue québécois. La bataille qui a eu lieu mardi soir n’est qu’un épisode dans une guerre de longue haleine qui se mène au cœur de nos démocraties libérales. C’est l’honneur de la France de résister à ce nouvel empire et de défendre bec et ongles la liberté de penser, la faculté de débattre, et la possibilité d’une conversation qui fonde la vie civique.



Source : Eugénie Bastié


Maternelle : facture de quatre à neuf fois plus élevée par classe que celle estimée par François Legault

Il en coûtera de 500 000 $ à 1 million par classe pour agrandir des écoles de la grande région de Montréal et d’ailleurs dans le but d’offrir la maternelle 4 ans, promesse phare de la Coalition avenir Québec (CAQ). C’est une facture de quatre à neuf fois plus élevée que celle estimée par François Legault en campagne électorale.

En janvier, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a demandé aux commissions scolaires de lui envoyer des demandes d’ajout d’espace pour ouvrir de nouvelles classes de maternelle 4 ans. Cette opération est nécessaire parce que des commissions scolaires manquent d’espace et ne peuvent accueillir un grand nombre d’élèves supplémentaires dans les locaux actuels.

Des commissions scolaires ont soumis au ministre des modifications à des projets d’agrandissement ou de construction d’école qui avaient déjà été autorisés par le Ministère. Certaines lui ont envoyé également de nouveaux projets.

Québec refuse de divulguer le résultat de sa consultation. Il se contente de dire que les commissions scolaires ont fait jusqu’ici des demandes de financement représentant l’ajout de 467 classes. Rappelons qu’il faudrait des milliers de classes de plus pour réaliser la promesse de la CAQ.

Une recherche de La Presse sur les demandes d’ajout d’espace montre que la facture s’annonce élevée. Elle révèle également que le Premier ministre François Legault a largement sous-estimé le coût pour la construction de classes de maternelle 4 ans.

122 400 $


Coût moyen par nouvelle classe de maternelle 4 ans prévu par le Premier ministre François Legault en campagne électorale (pour la construction de 1250 classes)

Dans le cas de demandes d’ajout d’espace provenant de neuf commissions scolaires et concernant l’aménagement de 263 classes, les dépenses prévues s’élèvent à 240 millions. M. Legault disait en campagne électorale que construire 1250 classes allait coûter 153 millions.

Grande région de Montréal

À Montréal, la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) a proposé au ministre Roberge d’agrandir des écoles afin d’ouvrir 46 classes. Coût de l’opération : 44 millions.

Les 46 classes ne seraient toutefois pas suffisantes pour répondre à la commande du gouvernement, celle d’offrir la maternelle 4 ans à tous d’ici à la rentrée de 2023. La CSPI estime qu’il faudrait 150 classes de plus. La solution ? Construire de nouvelles écoles et revoir la répartition sur le territoire des classes de tous les niveaux en tenant compte des établissements déjà existants. La CSPI chiffre à environ 25 millions le coût d’une nouvelle école de 20 classes.

La construction de nouveaux établissements est de toute façon inévitable à la CSPI, maternelle 4 ans ou pas. Elle a besoin également de 156 classes supplémentaires pour répondre à l’arrivée massive de nouveaux élèves de 5 ans et plus.

À Laval, la commission scolaire a demandé 80 millions de dollars pour ajouter une cinquantaine de classes de maternelle 4 ans à des projets d’agrandissement d’école déjà approuvés par le Ministère.

La présidente Louise Lortie explique que la construction de classes pour les 4 ans implique également l’aménagement de locaux supplémentaires au service de garde, voire l’ajout d’un gymnase ou d’autres installations lorsque le nombre d’élèves supplémentaires le commande. « On n’en a pas mis trop épais, et ce n’est pas parce qu’on veut que ça coûte cher. On a juste respecté les normes du ministère de l’Éducation », explique-t-elle.

La commission scolaire fait face elle aussi à une forte augmentation du nombre d’élèves, principalement à cause de la forte immigration (le nombre de naissances ne faisant que baisser au Québec depuis près de 10 ans) Des dizaines de salles de classe modulaires, préfabriquées, doivent être installées pour répondre à la demande, faute d’espace dans les écoles.

Rappelons que l’utilité de la maternelle à 4 ans ne fait pas l’unanimité parmi les partis politiques et les experts.

Source


Voir aussi

Québec — La maternelle 4 ans n’a pas atteint ses objectifs, selon une étude

La maternelle à 4 ans au Québec, étude : peu d’effets positifs


Cours d'éducation à la sexualité, débat à venir à Télé-Québec






Cours d’éducation à la sexualité du Monopole de l’Éducation du Québec

L’entrée en vigueur du nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité crée de la résistance.

Depuis septembre 2018, une formation sur différents aspects de la sexualité et à la théorie du genre est imposée à près d’un million de jeunes des niveaux primaire et secondaire au Québec. Une fois de plus aucune échappatoire... Le Premier ministre Legault (que certains prétendent conservateur) a brutalement fermé la porte à toute forme de contestation.

Pourtant, pour des groupes de parents inquiets et des organisations religieuses, la question n’est pas réglée. Ce programme d’éducation à la sexualité particulier doit-il être imposé à tous les élèves ?

Invités

• Jean-Yves Côté, avocat à l’Association des parents catholiques du Québec
• Martin Dubé, professeur en secondaire 5
• Israël Poulin, père de famille opposé au programme d’éducation à la sexualité
• Nesrine Bessaïh, présidente de la Fédération du Québec pour la planification des naissances
• Rébecca Thérien, mère de famille opposée au programme d’éducation à la sexualité chez les tout-petits
• Lili Boisvert, militante féministe qui fait aussi des capsules pour Télé-Québec, elle anime l’émission Sexplora, produite par Urbania.
• Julie Lemay, sexologue M.A. à la commission scolaire des Patriotes
• Célestine Uhde, élève de secondaire 5

Un peu d’amalgames bien orientés de la part des producteurs

Les producteurs insinuent sournoisement dans leur communiqué annonçant cette émission : « selon le ministère de la Santé, les cas d’infections transmises sexuellement ont augmenté depuis 2002, soit peu de temps après l’abolition du programme de formation personnelle et sociale. »

L’ennui c’est que les infections transmises sexuellement ont augmenté un peu partout en Occident ces dernières années sans qu’on y ait aboli les cours d’éducation sexuelle (voir liens ci-dessous). Voyons si la production de l’émission osera ressortir cet amalgame simpliste lors de la diffusion de l’émission.

Voir aussi

L’absence de nouveau programme d’éducation sexuelle explique-t-elle la hausse des MST ?

Programme d’éducation à la sexualité du Québec : lutter contre « les effets nuisibles des versions traditionnelles » des rôles sexuels

Éducation à la sexualité : « les craintes des parents sont légitimes » (Ce texte aurait mené à l’exclusion de la professeure Nadia El-Mabrouk d’un colloque syndical à cause de ses positions sur la laïcité et l’éducation à la sexualité.)

Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?




dimanche 28 avril 2019

« Progrès » : Des centaines d’adolescents se voient administrer des bloqueurs de puberté


À Londres, la clinique Tavistock and Portman NHS Trust propose un « Service de Développement de l’identité de genre ». Cinq médecins viennent de démissionner « en raison de désaccords par rapport aux traitements subis par des enfants présentés comme transgenres ». Lancé en 2010, ce programme d’expérimentation prévoit de bloquer la puberté d’enfants entre 10 et 16 ans, afin de « faciliter dans un second temps l’attribution de l’autre sexe, par voie hormonale ou chirurgicale ».

Mais, selon les médecins, « des enfants éprouvant des difficultés au niveau de leur sexualité sont erronément diagnostiqués comme transgenres », et ces expériences ne présentent pas de « résultats positifs », d’autant que « leur réversibilité fait débat, au niveau physique et psychologique ». Le pédiatre Russel Viner dénonce également ces expérimentations : « Si vous supprimez votre puberté pendant trois ans, les os ne se renforcent pas au moment où ils devraient, et on ne sait absolument pas ce que cela peut provoquer sur le développement du cerveau ».

En 2013, 800 adolescents s’étaient déjà vus prescrire des bloqueurs de pubertés par cette clinique, dont 230 avaient moins de 14 ans. En 2018, « ils arrivaient à 300 prescriptions par an, alors que la page Web du programme indique que “les preuves scientifiques de l’efficacité du traitement offert sont encore limitées” ». Cette pratique « est de plus en plus répandue dans les pays comme la Belgique, la France, les États-Unis, ou l’Italie où l’Agence du médicament a décrété le médicament entièrement remboursable par le Service de santé national, le 25 février dernier. »

Source : Institut Européen de Bioéthique 12/IV/2019

Voir aussi

Trans — Médecins inquiets que des enfants s’exposent à des « dégâts à long terme » en raison de groupes de pression et de parents agressifs

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres

De plus en plus d'inondations à cause des « changements climatiques », vraiment ?

L’affirmation « On sait qu’avec les changements climatiques, ces phénomènes-là [les inondations] vont s’accentuer dans le futur », a indiqué mardi le populaire matinalier Paul Arcand, au FM 98,5. Et il n’est pas le seul à le penser. Remarquons au passage que plus personne n’ose vraiment parler de « réchauffement climatique » alors que nous sortons d’un hiver très long et que nous vivons un début de printemps froid qui devrait encore durer au moins 15 jours (voir le graphique ci-dessous).




Ce temps froid n’a pas empêché France 2 de parler dans le reportage ci-dessous de températures élevées qui expliqueraient les inondations... France 2 qui dit bien que les intempéries touchent surtout le Québec parvient à ne laisser parler que des anglophones et à parler du « Barrage Bell Falls » plutôt que du Barrage de la Chute Bell ». France 2 exagère aussi quand elle prétend que tout l’est du pays est touché, même au Québec c’est grandement exagéré. Dès qu’on s’éloigne des rives des cours d’eau, il n’y a plus d’inondation et certaines rivières n’ont pas grossi plus que d’habitude ce printemps (voir la Yamaska, la rivière Noire, la Saint-François, etc.)





« Ces phénomènes d’inondation, il est clair que ça va devenir exponentiel [à cause du réchauffement planétaire] », a déclaré sur les ondes de QUB radio la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, qui préside le Comité sur les changements climatiques de l’Union des municipalités du Québec.

La mairesse de Montréal n’a pas hésité à dire « On voit que l’effet des changements climatiques, les ravages, les impacts négatifs sont de plus en plus fréquents et de plus en plus forts. »



Radio-Canada titrait le week-end dernier que « les changements climatiques influencent [...] l’intensité des inondations ». Et même le Premier ministre fédéral Justin Trudeau a dit mercredi, lors d’une visite à des sinistrés de l’Outaouais, que ce genre de catastrophe naturelle allait arriver « de plus en plus souvent ».

Les faits

Il est vrai que l’on prévoit que le réchauffement climatique va rendre certains événements météo extrêmes plus fréquents, comme les épisodes de pluie intense — ce serait même déjà commencé. Il n’est donc pas déraisonnable de penser qu’au moins dans certaines régions du globe, les inondations surviendront plus souvent. C’est d’ailleurs le cas dans le nord-est des États-Unis, où l’on en compte plus qu’avant — mais il y a plusieurs autres secteurs du pays où c’est le contraire qui se passe, si bien que la tendance générale n’est pas claire.

Au Québec, cependant, « la crue principale, c’est celle du printemps », fait remarquer Dominique Paquin, climatologue au consortium de recherche Ouranos. Cela signifie que même si des inondations peuvent se produire en toute saison, le risque est nettement plus grand au printemps : dans les bases de données de Sécurité publique Canada, sur les 30 inondations dites « catastrophiques » répertoriées au Québec entre 1970 et 2014, plus de la moitié (17) sont survenues entre la fin de mars et le mois de mai.

Or dans les modèles climatiques et hydrologiques, il est loin d’être clair que ces crues deviendront de plus en plus fortes, indique Mme Paquin. En effet, si nos hivers se réchauffent, alors les épisodes de fonte deviendront plus fréquents de décembre à mars, et il restera moins de neige pour gonfler les rivières au printemps. Et c’est d’ailleurs, notamment, parce que le couvert neigeux était épais et n’avait pas fondu cet hiver que ces inondations ont eu lieu. 




D’ailleurs, à la suite des inondations de 2017, Ouranos avait publié un « questions-réponses » indiquant qu’« en moyenne, il n’est pas attendu dans le futur que les crues printanières deviennent plus importantes dans le sud du Québec notamment en raison d’une plus faible accumulation de neige durant l’hiver » qui s’explique par le réchauffement climatique (tant promis).

Ouranos a publié tout récemment une mise à jour de son « questions-réponses » pour tenir compte des dernières avancées scientifiques. « Pour les grands bassins versants comme celui par exemple de la rivière des Outaouais, le comportement à long terme, si l’on se projette dans 100 ans, est à la diminution des probabilités d’avoir des inondations », y lit-on. Il n’est pas impossible qu’à moyen terme, la baisse des crues printanières moyennes s’accompagne d’une hausse des crues extrêmes, mais ces résultats sont loin d’être certains.

Pour les bassins versants plus petits, cependant, on peut s’attendre à des risques d’inondation plus élevés parce que les épisodes de pluie intense seront plus fréquents. Il se peut tout de même que les crues moindres viennent contrebalancer cet effet.

Enfin, le Centre d’expertise hydrique du Québec — les spécialistes du débit des rivières au gouvernement — publie périodiquement un Atlas hydroclimatique du Québec méridional, dont la dernière version ne prévoit pas de tendance à la hausse pour les crues printanières (récurrence de 20 ans) dans le sud de la province. En fait, cinq rivières de l’extrême sud devraient voir une « diminution probable » de leurs crues d’ici 2050, et les autres seront stables. Une demi-douzaine d’autres connaîtront une « augmentation probable », mais elles sont toutes situées beaucoup plus au nord, au Lac-Saint-Jean et sur la Basse-Côte-Nord.

 
La rue Notre-Dame à Montréal en avril 1886


Cependant, ce même document prévoit des « augmentations probables » des « crues » d’été et d’automne pour le sud et l’est du Québec, puisque les précipitations extrêmes devraient augmenter. Rappelons toutefois que, comparés au printemps, les débits moyens sont beaucoup plus faibles pendant ces saisons.

Impact humain

On a parlé à juste titre du fait que plusieurs installations en zones inondables sont récentes. Au-delà de l’établissement humain en zone inondable, les pratiques d’aménagement du territoire peuvent être considérées comme des facteurs aggravants. Par exemple, l’imperméabilisation grandissante des sols consécutive à l’urbanisation et à certaines pratiques agricoles augmente le ruissellement de surface et limite l’infiltration de l’eau dans le sol alors que l’occupation des berges modifie leurs fonctions hydrologiques et écologiques. Pour l’éditorialiste Martin Croteau de la Presse, « après des crues sans précédent dans les années 70, le Québec s’est doté d’une loi qui devait empêcher la construction dans des zones inondables. Près d’un demi-siècle plus tard, on compte toujours plus de maisons aux abords des cours d’eau. Comment en sommes-nous arrivés là ? Selon les experts, c’est à cause de la gourmandise des villes et du laxisme du gouvernement. En effet, déplore un ancien ministre de l’Environnement, il suffit d’avoir “le bon numéro de téléphone” pour construire dans un secteur vulnérable. »

François Brissette, ingénieur hydrologue et professeur au Département de génie de la construction de l’École de technologie supérieure (ETS), rappelle au sujet de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où une digue végétale, un talus qui retenait le lac des Deux Montagnes, a cédé : « J’ose imaginer que la majorité des gens qui sont inondés présentement à Sainte-Marthe-sur-le-Lac sont au courant qu’ils ont construit dans le lac. Il y a 60 ans, autour du lac des Deux montagnes, on trouvait des chalets d’été. La ville a pris de l’expansion et les gens ont construit. Qu’a fait la ville ? Elle a construit des digues, elle s’est enclavée pour se protéger des inondations. Et qu’est-ce qui arrive aujourd’hui ? On a un haut niveau, une digue a cédé et le lac reprend sa plaine d’inondation, où il n’y aurait jamais dû avoir de maisons. »

Notons qu'à l’échelle des États-Unis, les dégâts causés par des inondations par rapport au PIB ne font que baisser depuis des décennies :

Le Verdict

En bonne partie faux, si pas totalement faux. Dans le sud du Québec, le principal risque d’inondation est associé à la crue printanière, et les meilleures expertises disponibles prévoient que les changements climatiques ne devraient pas l’augmenter d'ici la fin du siècle — en tout cas, pas pour les grands bassins versants, qui verront même leur risque diminuer. Dans les bassins versants plus petits, cependant, le risque pourrait augmenter, mais les crues moindres viennent contrebalancer cet effet.
Rivière Chaudière - Inondation à Saint-Joseph de Beauce, 31 juillet 1917


Sources : Le Soleil, Ouranos, La Presse, Météomédia, BANQ.

Ingrid Riocreux, les pulsions totalitaires des médias




La seconde en France regroupe habituellement des élèves de 15 ou 16 ans.

L'ouvrage de Michel Legris mentionné par Ingrid Riocreux est Le Monde tel qu'il est, publié chez Plon en 1976. Voici Michel Legris à Apostrophes face au rédacteur en chef du Monde de 1969 à 1985, André Fontaine, qu'il critique.



Qui croire Le Monde ou Le Monde ?

Le « journal de référence » (et un des censeurs de Facebook) relate le même événement de manière « contrastée » :


« Si le Parti peut manipuler le passé […] et si tous les autres acceptent le Mensonge [… il] passe dans l’Histoire et devient Vérité. Qui contrôle le passé contrôle l’avenir et qui contrôle le présent contrôle le passé. » Orwell, 1984

Source : Olivier Berruyer

Voir aussi






Facebook et le ministère de la Vérité

Les journalistes de grands médias sont devenus prestataires de services pour Facebook...

Aucun de ces médias ne sont de droite ou conservateur.




À lire et écouter Ingrid Riocreux sur le psittacisme et langage formaté et au service du « bien » et non plus du vrai des médias.

Voir aussi

Il écrit qu’« aucun homme dans l’histoire n’a accouché. », Facebook le bloque pour propos « haineux»

Médias: la nouvelle Inquisition ?

Cours de rhétorique et de décryptage des médias à l'école

Les Marchands de nouvelles

« Les journalistes manipulent avec une parfaite bonne conscience »

« L’école doit être conservatrice » rappelle Barbara Lefebvre

L'enseignante et essayiste Barbara Lefebvre est l'invitée d'Éric Morillot dans Les Incorrectibles sur Sud Radio.

L'occasion de nous parler de l'école, des programmes scolaires, des élèves captifs, du progressisme, l'Islam, la laïcité, Macron, la France, la nationalité et l'identité française et l'Europe.

Pour elle, M. Blanquer le ministre de l'Éducation en France, a tenu à sa nomination un langage conservateur. mais il ne changera rien sur le fond. Il n'aura à la fin de son mandat qu'une seule réalisation concrète : avoir fait des classes de 24 élèves (ou de 12 dans les banlieues immigrées, sans grand effet), mais le nombre d'élèves par classe n'est pas le problème fondamental dans l'enseignement. Il est prisonnier du président Macron et de son administration, l'Éducation nationale.



Voir aussi

Condorcet : « Il faut donc que la puissance publique se borne à régler l’instruction, en abandonnant aux familles le reste de l’éducation. »

Philosophie — Conférence sur Condorcet et l'instruction publique

Très faible impact du dédoublement très coûteux des classes en « banlieues difficiles »

Histoire — Léon XIII crut apaiser l’anticléricalisme républicain par le ralliement, au nom d’un “réalisme” chimérique

L'encyclique Affari Vos de Léon XIII (écoles du Manitoba : il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair)

France – La guerre des manuels sous la IIIe République

Mythe — C’est grâce à la République que l’enseignement est devenu obligatoire, public et gratuit (mais le laïc obligatoire, c'est vrai)

Jules Ferry : « nous avons promis la neutralité religieuse, nous n’avons pas promis la neutralité philosophique, non plus que la neutralité politique »

France — L’instruction gratuite et universelle ne date pas de Jules Ferry ni de la République

France — la « gratuité » de l’école laïque visait à assécher les écoles privées


samedi 27 avril 2019

Québec — Formation des enseignants en histoire

Extrait de la préface écrite en janvier 2019 par l’historien Gilles Laporte au livre La Mémoire qu’on vous a volée (de 1760 à nos jours) de Gilles Proulx.

Au moment d’écrire ces lignes, l’opinion s’émeut à propos d’une maison bicentenaire détruite à Chambly et ayant appartenu à un patriote de 1837. Pour l’expliquer, la ministre de la Culture ne trouve rien de mieux à répondre que « Quand tu as 5000 patriotes, tu ne peux pas classer 5000 maisons parce qu’il y a eu un patriote dedans. »

La ministre sait-elle seulement qu’il n’y a plus guère aujourd’hui qu’une centaine de maisons debout ayant appartenu à un patriote et que les seules vraiment protégées appartiennent à Parcs Canada [le fédéral] ?

Parmi ces forces à l’œuvre afin de miner notre rapport au passé québécois, je m’en tiendrai plus longuement à une seule que j’ai bien étudiée et qui joue un rôle crucial dans la transmission de la mémoire : l’enseignement de l’histoire dans nos écoles.

Soyons juste, depuis septembre 2017, les élèves québécois ont à nouveau droit à un véritable cours d’histoire axé sur les connaissances. L’histoire du Québec et du Canada est désormais vue chronologiquement sur deux années, en 3e et 4e secondaire. Ce redressement salutaire met fin à une des pires expériences pédagogiques jamais menées, qui a bien failli dégoûter toute une génération de son histoire.

Il s’agit donc d’un authentique succès qui laisse cependant en plan de nombreux problèmes dans 1'apprentissage de l’histoire à l’école. Le plus sérieux de ces problèmes concerne la formation des enseignants dans nos universités. Suivre deux ou trois cours d’histoire du Canada et être ensuite jugé apte à l’enseigner dans nos écoles, cela ne vous paraît-il pas absurde ? C’est pourtant la réalité au pays de Maria Chapdelaine.

Le programme actuel de formation des enseignants consiste en un baccalauréat [licence en Europe] de quatre années ou la moitié des cours sont consacrés à « apprendre à enseigner ». Au prix d’effrayantes redondances, le futur enseignant doit suivre quinze cours de « didactique », de « psychopédagogie », de « démocratie scolaire », d’« épistémologie » et autres « métacognitions ». Quant à la formation en histoire : tout au plus dix cours dont deux seulement sur l’histoire du Québec et du Canada.

J’ai moi-même enseigné l’histoire aux futurs enseignants. Chaque fois, j’étais pris du même vertige à la pensée qu’il s’agissait là du seul bagage de connaissances sur lequel ils allaient devoir compter.

Les enseignants actuels sont-ils préparés pour le virage des connaissances et pour transmettre le goût de l’histoire à nos jeunes ? De toute évidence non. Ce constat est d’ailleurs corroboré par les enseignants eux-mêmes.

Lors d’une enquête menée en 2017, la plupart des enseignants d’histoire interrogés ont confié avoir très peu appris durant leur formation universitaire, notamment dans les cours de didactique et de psychopédagogie. À l’inverse, quand on leur demande « Quels cours vous ont semblé manquer dans votre formation ? », les cours d’histoire arrivent en tête. L’impression qui s’en dégage est un climat de profonde morosité et de cynisme à l’égard de la formation reçue. Les enseignants se perçoivent désormais comme des techniciens à qui l’on demande de simplement gérer des classes, mais ni d’approfondir la matière ni de susciter la curiosité des élèves et encore moins de transmettre un héritage culturel commun. Aussi mal outillé, écrit Éric Bédard, « le maître qui se retrouve en classe devant ses élèves avec pour seul bagage ses quelques cours universitaires sur le passé québécois est donc condamné à suivre l’un des manuels approuvés par le ministère, rédigés le plus souvent par l’un des didacticiens spécialistes en pédagogie qui lui aura enseigné à l’université. »

Il y a pourtant quantité de bons candidats à l’enseignement : ceux notamment ayant complété un baccalauréat de trois ans en histoire. Mais malgré les demandes répétées, ces diplômés se voient forcés de reprendre à zéro dans le programme de quatre ans qui seul permet d’être initié aux mystères de l’approche socioconstructiviste et surtout d’assurer la mainmise des facultés de sciences de l’éducation sur la formation, quitte à alimenter le cynisme et même le décrochage d’enseignants démotivés.

La formation des maîtres et les réformes scolaires successives ont ainsi profondément transformé notre système d’éducation. Les connaissances n’ont plus grande importance : c’est le « cheminement » qui compte, comme si tout ce que l’on ne découvre pas soi-même n’avait aucune valeur « pédagogique ». Conséquence logique : la « mixité sociale » prévaut sur l’apprentissage. Plus question donc de regrouper les élèves par capacité d’apprentissage : chaque classe doit « refléter la société ». Il s’agit là d’une erreur fondamentale qui a bouleversé notre système d’éducation selon Émile Robichaud, car c’est l’école dans sa totalité qui devrait être un microcosme de la société et non chacune des classes. La classe est le lieu de l’apprentissage systématique : par conséquent, pour qu’un enseignement digne de ce nom soit possible, il faut que les élèves d’une même classe aient le même rythme d’apprentissage, sinon la classe perd son sens et les enseignants... font de la discipline.

Ironiquement, ces réformes successives visaient toutes à alléger l’enseignement afin de lutter contre le décrochage scolaire. Or, le taux de décrochage n’a pas bougé d’un poil et loin d’être allégé, l’enseignement se retrouve plutôt surchargé par des lubies pédagogiques et par de nouvelles missions confiées à l’école : citoyenneté, tolérance religieuse, sexualité ou éducation financière. La lubie pédagogique sans doute la plus tenace consiste à « initier l’élève à la méthode historique » par l’analyse de documents. Exit la connaissance des dates charnières, des grands personnages et des grands enjeux d’une époque, désormais c’est par l’analyse d’extraits de textes, d’illustrations d’époque ou de vidéos que le jeune « construit son rapport au passé et exerce sa citoyenneté [ ... ], son sens critique et sa créativité ».

L’analyse d’extraits d’une lettre de Marie de l’Incarnation ou d’une pièce au procès de Marie-Angélique suffit apparemment pour comprendre la « société en Nouvelle-France ». On mise ainsi sur les histoires particulières propices à monter en épingle des destins atypiques, mais qui annihilent l’impression que le jeune est l’héritier d’un parcours historique cohérent dans lequel il peut s’inscrire. En somme, il n’y a plus une histoire du peuple québécois, il n’y a plus que des récits de Québécois [Marie-Angélique était une esclave noire née au Portugal condamnée pour avoir incendié en 1734 un quartier important de Montréal : l’Hôtel-Dieu et 45 maisons]. Dans les faits, l’élève n’a alors ni l’érudition ni le recul nécessaires pour interpréter des documents et véritablement tirer profit de la « méthode historique ». Quant aux fameuses vertus « critiques » et « créatives », elles se résument le plus souvent pour l’élève à repérer dans un document ce que le prof souhaite entendre. Le résultat est au mieux une pure perte de temps.

Finalement, bien qu’il ait été revu dans le bon sens, le programme d’histoire actuel prescrit toujours la même épreuve uniforme certificative. Or cet « examen » ne sanctionne ni l’acquisition de connaissances ni le labeur accompli par l’élève durant l’année. Il consiste tout simplement... à analyser un document. Le jeune est donc convié à travailler sur un problème historique dont il n’a peut-être jamais entendu parler durant l’année ; à exercer son sens critique et sa créativité et, donc, en pratique, à repérer dans le document les mots-clés que l’examinateur souhaite voir apparaître.

Voir aussi

Le programme Histoire et éducation à la citoyenneté, un échec ?

Histoire du Québec : multiculturalisme expiatoire, esclavage et colonisation américaine d'esprits incultes