samedi 21 avril 2012

La CAQ vote pour l'abolition du programme ECR au primaire

Le premier programme de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a été adopté samedi par les quelque 600 militants réunis à Victoriaville en congrès de fondation.

Après un vibrant plaidoyer du député Éric Caire, les militants caquistes ont voté majoritairement en faveur de la disparition du controversé cours d'Éthique et de culture religieuse (ECR).

Un instituteur, M. Jean-François Roberge, qui enseigne le programme ECR dans une école primaire a défendu devant les militants l'imposition du programme qu'il trouve utile.

Dans une autre résolution, la CAQ désire imposer un cours obligatoire d'« économie, de finances personnelles et d'entreprenariat » en secondaire IV. C'est l'année de la double dose d'ECR. Il n'est pas impossible que cela surcharge la grille horaire en secondaire IV et qu'il faudra réduire l'envergure d'ECR.

[D'autres résolutions portant sur l'éducation ont été adoptées et une renvoyée à la commission politique, celle portant sur les frais de scolarité universitaire, nous y reviendrons dès que le libellé officiel de ces résolutions sera connu.]




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jeudi 19 avril 2012

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

Mise à jour du 19 avril 2012

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains (l'économiste  Martin Coiteux)

Défendre l’indéfendable… sans succès! (Nathalie Elgrably-Lévy de l'IEDM)




Les réactions continuent de paraître sur l'étude Fortin et Godbout (non publiée dans une revue scientifique à notre connaissance) sur le fait que les garderies à 7 $ se paieraient d'elles-mêmes. Le tout fondé sur un rattrapage (tout relatif, voir ci-dessous) des femmes québécoises (y compris celles sans enfants !) sur le marché du travail.



« C'est une étude totalement loufoque, a fait savoir Éric Duhaime au Journal de Montréal. Faudrait-il comprendre que si l'État investissait 100 milliards $ en programmes publics, il réglerait tout le déficit du Québec ? »

Le chroniqueur considère qu'il serait plus rentable de fournir des subventions pour les études aux femmes les plus démunies que de maintenir un programme universel qui profite surtout «aux couples millionnaires».

Pierre Lefebvre, professeur au département d'études économiques, de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, croit que, même si tous paient des impôts, « les familles les plus nanties sont proportionnellement les plus avantagées, écrivait-il en décembre 2011 (…) Dans les familles les moins nanties, on n'utilise pas ou peu les services à 7 $. »

David Descôteaux, chroniqueur à Argent estime qu'il faut soutenir les parents à la place de financer un système étatique qui sera appelé à augmenter à cause des revendications des éducatrices syndiquées et de la lourdeur administrative du programme.

M. Descôteaux pense qu'on pourrait arriver au même résultat si l'argent était versé aux parents qui pourraient l'utiliser avec plus de flexibilité.

« Ce qui envoie la mère sur le marché du travail, c'est le faible montant à verser pour la garderie, a-t-il affirmé. Pas les CPE ou le système de garderie en soi. »

Payer ailleurs

Le grand gagnant de ces avantages québécois serait le gouvernement fédéral.

Dans l'étude « Les garderies à 7 $, sont-elles une aubaine ? », publiée en 2010, les professeurs Claude Laferrière et Francis Montreuil de l'UQAM s'interrogent sur les répercussions d'un tarif réduit sur d'autres mesures gouvernementales. « Elle vous fera perdre de l'argent ailleurs », ont-ils fait savoir. D'une part, les frais de garde à 7 $ ne sont pas admissibles au crédit d'impôt québécois.

D'autre part, du côté fédéral, les familles risquent de payer plus d'impôts, de recevoir moins d'allocations familiales fédérales, moins de crédit de TPS et voir la prestation fiscale pour revenu de travail être réduite à zéro. « Cette politique fait perdre aux ménages à faible revenu des sommes importantes. Si le revenu familial se situe entre 30 000 $ et 45 000 $, le programme de garderie à 7 $ constitue une mauvaise décision financière », ont-ils calculé.

Même si depuis 2005, le Québec offre des mesures fiscales pour soutenir les familles monoparentales, les auteurs sont catégoriques.

« Chaque fois qu'un enfant est placé dans une garderie à 7 $ plutôt qu'à 26 $ ou 28 $, Ottawa reçoit un cadeau, ont souligné Claude Laferrière et Francis Montreuil. Pour l'année 2010, on peut évaluer ce cadeau à plus de 320 $ millions. »

Le professeur Luc Godbout a reconnu que le gouvernement fédéral en profite grandement. L'étude l'indique également. Néanmoins, selon les auteurs, le Québec en sort gagnant puisqu'il y a plusieurs avantages sociaux qui s'ajoutent aux rentrées fiscales, dont moins de familles sur l'aide sociale.

Le programme de services de garde a été lancé par le gouvernement du Québec en septembre 1997. En mars 2011, le programme accueillait 215 000 enfants d'âge préscolaire, soit seulement près de la moitié de tous les enfants québécois de cette catégorie d'âge. De ce nombre, 38 % fréquentaient des «centres de la petite enfance» (CPE), 43 % des services en milieu familial et 19 % d'autres garderies subventionnées.

Voir aussi


« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »




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Les contes de fée modernisés


France — « La grande braderie » des diplômes

« L’inventivité n’a plus de limite quand il s’agit de trouver les moyens d’accorder des licences à des étudiants qui n’ont pas le niveau », se moquait mercredi matin Éric Zemmour sur la radio française RTL, alors qu’à partir de la rentrée 2012, les notes éliminatoires seront interdites pendant les trois premières années à l'université.

« Profitez, jeunes gens, c’est la grande braderie ! Jadis, la verve populaire des parigots avait une expression imagée : trouvé dans une pochette surprise. Tout le monde est d’accord, le ministère veut lutter contre l’échec, l’UNEF [syndicat] veut lutter pour l’égalité : la belle et bonne alliance pour toujours plus de médiocrité ! »

L’« objectif officiel » des pouvoirs publics ? « Conduire 50 % d’une classe d’âge à la licence. Objectif de la droite comme de la gauche », cherchez l’erreur ! « Et des syndicats, bien sûr. Toujours plus d’étudiants signifie toujours plus d’emplois de profs et plus de budgets. » La réforme de l’autonomie des universités de Nicolas Sarkozy (« dont il est si fier ») ? Courageux mais pas téméraire, le président sortant « a pris la précaution d’en débrancher le principe de sélection prévue » !

Certes, « certaines universités sélectionnent discrètement, mais au niveau du master [maîtrise], c’est-à-dire après la licence [baccalauréat québécois]. Pendant trois ans, après le bac [DEC québécois], sans compter les éventuels redoublements, les étudiants seront donc laissés à leur médiocrité et à leurs illusions. On retarde une fois encore le moment où leurs yeux se désilleront. On prolonge encore la garderie débutée au primaire et qu’on a prolongé avec le collège unique dans les années 70 et jusqu’au bac dans les années 90 ».

Dire que « le même jour, une étude officielle du ministère de l’Éducation nationale s’inquiétait de l’affaiblissement continu des élèves du primaire en grammaire et en orthographe ».

Et Éric Zemmour de conclure, fataliste : « Pendant la campagne présidentielle, l’effondrement continue : la droite a poursuivi l’œuvre de démolition que la gauche avait commandé et qu’elle achèvera. »








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mercredi 18 avril 2012

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains

L'économiste Martin Coiteux, professeur au service de l'enseignement des affaires internationales à HEC Montréal, critique en détail l'études de Fortin, Godbout et Saint-Cerny qui prétend que les garderies se paieraient d'elles-mêmes puisqu'elles auraient contribuer à une augmentation de 5,1 milliards dans le PIB québécois grâce à l'arrivée de près de 70.000 « libérées des servitudes de la maternité » sur le marché du travail.

Il revient (mais cette fois avec des chiffres et des graphiques !) sur certaines questions que nous posions déjà : quel est coût d'opportunité ? pourquoi la comparaison avec l'Ontario et pas d'autres provinces ? pourquoi le programme des garderies serait la cause de ce rattrapage dans le taux d'emploi alors que même les femmes sans enfant au Québec ont vu leur taux d'emploi augmenter de beaucoup pendant la même période ?

La critique de Coiteux n'est pas exhaustive. Il s'est limité à deux problèmes particuliers : la méthodologie retenue, laquelle ignore le principe économique fondamental des coûts d'opportunité, et l'attribution au seul programme des garderies de toute l'augmentation du taux d'emploi des Québécoises depuis 1997.
« Lorsqu'un résultat est extraordinaire au point d'être magique, il faut généralement se méfier.

En l'occurrence, il n'est pas nécessaire de creuser bien longtemps pour s'apercevoir que cette conclusion digne du miracle de la multiplication des pains découle tout simplement d'une méthodologie fautive.

Les auteurs tiennent pour acquis que le programme des garderies à tarif subventionné aurait permis la création de 70 000 emplois, mais ne tiennent nullement compte des emplois qui auraient été créés en l'absence de celui-ci. Pourtant, si le gouvernement n'avait pas créé le programme des garderies, l'économie québécoise aurait quand même créé des emplois, tout simplement en utilisant à d'autres fins les quelque 2 milliards de dollars qui sont aujourd'hui consacrés chaque année à ce seul programme.

Combien de ces emplois alternatifs auraient été créés ? Nul ne peut le dire avec certitude. On peut cependant être certain d'une chose : cette création n'aurait pas été nulle. Elle aurait même pu être supérieure à celle induite par le programme des garderies. Il est donc méthodologiquement faux d'affirmer que le programme aurait créé au net 70 000 nouveaux emplois.

Cette méthodologie erronée ne constitue cependant qu'une partie du problème. Pour en arriver aux 70 000 emplois bruts du départ, les auteurs ont eu recours à deux hypothèses: l'augmentation du taux d'emploi des femmes québécoises aurait pris l'ascenseur en 1997 avec l'introduction du programme, et cette accélération n'aurait eu d'autre cause que le programme des garderies.

Pourtant, si on y regarde de plus près, on ne trouve aucune accélération de la tendance à la hausse du taux d'emploi dans le cas des femmes québécoises âgées de 25 à 44 ans. Une telle accélération n'a été observée que pour les femmes âgées de 15 à 24 ans, celles-ci étant moins susceptibles que les premières d'utiliser les services de garde. »

Matin Coiteux explique ainsi que les tendances observées au Québec n'ont guère été différentes de celles observées dans trois provinces de l'Atlantique n'ayant pourtant pas adopté ce programme :
« Plus important encore, les tendances observées au Québec pour chacun des deux groupes d'âge ont été presque identiques au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve. Pourtant, ces provinces n'ont jamais imité le modèle québécois des garderies.

Comment expliquer, par exemple, que les femmes âgées de 15 à 24 ans de ces trois provinces aient connu le même rebond de leur taux d'emploi que celui observé au Québec à partir de 1997 ? C'est que 1997 n'a pas été uniquement l'année du lancement du programme québécois des garderies; 1997 a été également l'année du lancement de la réforme fédérale de l'assurance emploi. Cette réforme aurait poussé un plus grand nombre de jeunes, incluant des femmes, à se trouver un emploi. Visiblement, c'est au Québec et dans les provinces de l'Atlantique que ses effets ont été les plus probants.

En somme, le taux d'emploi des femmes âgées de 25 à 44 ans n'a fait que suivre la tendance haussière stable observée simultanément dans trois provinces de l'Atlantique, tandis que celui des femmes âgées de 15 à 24 ans semble avoir réagi au Québec comme dans ces mêmes provinces à une réforme commune de l'assurance emploi. Comment peut-on alors attribuer 70 000 emplois bruts au seul programme des garderies ? »

Voici les graphiques sur lesquels Coiteux s'appuie pour écrire ces dernièrs paragraphes. Dans chaque cas, la moyenne mobile de 12 mois des données mensuelles est présentée et la source est Statistique Canada.

Taux d'emploi du Québec p/r au Nouveau-Brunswick (1991 à 2011)



Taux d'emploi du Québec p/r à la Nouvelle-Écosse (1991 à 2011)




Taux d'emploi du Québec p/r à Terre-Neuve (1991 à 2011)



Selon Coiteux, les similitudes entre le Québec et ces trois provinces de l'Atlantique sont frappantes. Comment attribuer alors à un programme inexistant dans trois d'entre elles toute l'augmentation du taux d'emploi dans une seule d'entre elles ?


Voir aussi 

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire





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lundi 16 avril 2012

Congrès de la CAQ : proposition d'abolir le cours d'ECR au primaire

En plus de ses positions déjà connues sur l'éducation et la santé, la Coalition avenir Québec soumettra à ses membres lors de son congrès de fondation des propositions visant à abolir le cours d'Éthique et culture religieuse.

Une proposition qui sera soumise aux membres vise aussi l'abolition du cours Éthique et culture religieuse au primaire.

« De nombreux parents émettent des doutes sur la pertinence de ce cours », note le cahier de proposition rédigé pour le congrès de vendredi et samedi prochain. Les heures libérées seraient plutôt consacrées aux matières de bases comme le français et les mathématiques.

Source : http://coalitionavenirquebec.org/upload/docs/documents/CAQ_2012_Cahier_du_participant_electronique.pdf




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dimanche 15 avril 2012

École américaine efface une partie d'une fresque pour cause de conservatisme parental

Une école américaine dans le Rhode Island veut faire effacer une partie d'une fresque parce que celle-ci représentait une famille traditionnelle. La peinture murale illustre les différentes étapes de la vie, les deux derniers stades sont l'obtention d'un diplôme et un couple hétérosexuel avec un seul enfant et deux alliances au-dessus des parents.

L'école a demandé à l'artiste d'effacer le couple hétérosexuel. Prétexte : cela ne représente pas nécessairement le parcours de tous les élèves.  Est-ce que l'obtention d'un diplôme représente-t-il vraiment la dernière étape de la vie des gens ? Quid des décrocheurs qui ne sont pas représentés et ainsi stigmatisés ? La vie s'arrête-t-elle à 18 ans ? On efface ainsi une grande partie de la vie pour faire plaisir à des minorités de plus en plus militante.

À force d'« ouverture », de refus de « stigmatiser », on nie la majorité et on aboutit à un mur blanc, le vide.

(vidéo en anglais)





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Professeurs militants « socialisent » leurs élèves captifs

Les gouvernements libéraux et péquistes (c'est kif kif dans le dossier scolaire) ont donné à l'école québécoise trois missions : instruire, socialiser et qualifier. Instruire, tout le monde est d'accord. Socialiser cela signifie le plus souvent endoctriner dans un sens particulier afin d'assurer le « vivre ensemble » progressiste, anticonservateur et multiculturel (pardon, interculturel !) Finalement le « qualifier » ressemble surtout à du mauvais français : on « qualifie » des élèves d'épithètes. Mais bon, ce mauvais français ne jure pas avec une école médiocre au niveau de la transmission des connaissances objectives et de qualité.

Richard Martineau revient ce matin sur la manière dont des professeurs ne se gênent pas pour embrigader leurs élèves captifs dans le dossier des boycotts des universités québécoises par une minorité d'étudiants militants. (Incidemment, si les universités étaient privées et décidaient chacune de leur frais d'inscription, on peut se demander si le Québec aurait connu ces longues manifestations assez surréalistes.)

« Un peu partout à travers la province, des profs organisent des manifestations ou descendent dans la rue pour appuyer les étudiants « en grève ».

Il y a quelques jours, des enseignants ont même affiché de grands carrés rouges dans les cours de 36 écoles secondaires de la Commission scolaire de Montréal.

S’il y a un signe que le débat a méchamment dérapé, c’est bien celui-là.

SIGNES OSTENTATOIRES

Que des étudiants ne veulent plus étudier, soit. C’est leur décision, et ils devront l’assumer jusqu’au bout.

(Comme a dit un de mes amis à sa fille : « Tu veux manifester contre la hausse des frais de scolarité ? Pas de problème. Mais si ta session est annulée et que tu dois la reprendre, TU paieras les frais toi-même. Il est hors de question que je paie pour TES décisions. » C’est ce qu’on appelait naguère, à l’époque lointaine où les parents osaient confronter leurs enfants, une leçon de vie.)

Mais que des enseignants refusent d’enseigner ou se mettent à faire du militantisme en classe est totalement inacceptable.

Un enseignant, ça enseigne. Point à la ligne.

[...]

Vos appartenances idéologiques, laissez-les chez vous.

Vous avez déjà de la difficulté à apprendre à nos enfants à lire, à écrire et à compter correctement, n’essayez pas en plus de leur enseigner l’ABC de la guérilla citoyenne.

[...]

On ne vous paie pas pour que vous tentiez d’empester nos jeunes avec vos idées, fussent-elles de droite ou de gauche. Le rôle de l’école n’est pas de permettre aux syndicats de propager leurs idées « progressistes » (je dirais plutôt : « immobilistes ») ou de faire du recrutement, c’est de permettre aux enfants d’acquérir des connaissances

[...]

UNE ÉCOLE ÉPUISÉE

Comme l’a déjà dit le philosophe français Alain Finkielkraut à la radio : « On ne demande pas à l’enseignant d’être un type sympa, un bon gars dévoué et coopératif, mais de très bien connaître sa matière. »

Le rôle d’un prof de maths est de bien enseigner les maths. Celui d’un prof de géo, de bien enseigner la géo. Vous voulez donner votre opinion ? Rédigez un blogue, publiez des lettres ouvertes dans les journaux, militez dans un parti et faites du porte à porte le week-end, mais cessez de considérez vos élèves comme un auditoire et le poste que la société vous a confié comme une tribune…

Pas étonnant que l’école soit en crise et court après son souffle. Elle veut « former des citoyens », « propager des valeurs », « élever les enfants » — alors que tout ce qu’elle devrait faire est de TRANSMETTRE le plus objectivement possible des connaissances. »

Voir aussi

Un peu d'endoctrinement syndicalo-socialiste avec votre ECR ?






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samedi 14 avril 2012

France — La « gauche » progressiste parle-t-elle encore aux ouvriers et au peuple ?



France Inter, Les Matins, 14/XII/2011

Christophe Guilluy
Géographe
Consultant spécialiste des nouvelles dynamiques sociales et territoriales
Vient de publier : Plaidoyer pour une gauche populaire (ouvrage colletif) éditions Le Bord de l’eau

Hervé Algalarrondo
Journaliste au Nouvel Observateur
Vient de publier chez Plon La gauche et la préférence immigrée




Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de "Fractures françaises".
France Culture - Les Matins - 27/X/2010

Christophe Guilly cite les travaux de Robert Putnam sur la perte de confiance dans les sociétés multiethniques. Dans un article retentissant publié en juin 2007, ce sociologue et politiste en arrive à formuler un certain nombre de conclusions inattendues de la part d'un « progressiste », et qu'on peut réduire à quatre thèses :
  1. Plus la diversité ethnique grandit, plus la confiance entre les individus s'affaiblit  ;
  2. dans les communautés les plus diversifiées, les individus ont moins confiance en leurs voisins  ;
  3. dans ces mêmes communautés, non seulement la confiance inter-ethnique est plus faible qu'ailleurs, mais la confiance intra-ethnique l'est aussi ;
  4. la diversité ethnique conduit à l'anomie et à l'isolement social.
Il va de soi que de telles conclusions, établies à partir d'une enquête conduite d'une manière exemplairement scientifique sur un échantillon d'environ 30 000 individus, ne peuvent qu'affoler les adeptes du « politiquement correct » en matière d'immigration (célébrée comme une « richesse ») et les partisans du multiculturalisme. D'où sans doute l'idée qu'il faut agir au plus tôt sur les enfants en les « socialisant » correctement par des cours idéologiques comme le programme d'éthique et de culture religieuse (ECR). Pour être honnête, il faut dire que Putnam qui est un « liberal » américain pense que ces difficultés liées à la diversité sont passagères et que, sur le long terme, l'immigration est une bonne chose (ou plutôt l'immigration passée, c'est-à-dire très majoritairement européenne, aux États-Unis aurait été une bonne chose).



Écouter une débat radiophique avec Robert Putnam (en anglais)




Éric Zemmour et Éric Naulleau reçoivent Christophe Guilly
Christophe Guilluy a publié « Fractures françaises » en 2010

Paris Première, le 14/IV/2012


Des banlieues aux zones rurales, des métropoles aux petites villes, dans quel état se trouvent les couches populaires, après vingt ans de mondialisation ? Dans Fractures françaises, Christophe Guilluy nous propose une leçon inédite de géographie sociale. S'appuyant sur sa discipline, il révèle une situation des couches populaires très différente des représentations caricaturales habituelles. Leur évolution dessine une France minée par un séparatisme social et culturel. Derrière le trompe-l'oeil d'une société apaisée, s'affirme en fait une crise profonde du " vivre ensemble ". Les solutions politiques et une nouvelle attitude sont possibles, pour peu que les nouveaux antagonismes qui travaillent la société soient reconnus et discutés publiquement. Il y a urgence : si la raison ne l'emportait pas, les pressions de la mondialisation qui élargissent les fractures sociales et culturelles risqueraient de faire exploser le modèle républicain.

En bon géographe qu'il est, l'auteur tente de démonter un certain nombre de clichés qui ont cours depuis quelque temps et qui appuient une conception politique, notamment développée par la gauche. Le principal de ces clichés tient dans une vision de la société française qui se résumerait, pour l'essentiel, à une césure entre une minorité de pauvres issus de l'immigration et concentrés dans plusieurs banlieues urbaines, et une majorité de Français relevant des « classes moyennes », vivant en zones périurbaines et rurales. Voir les choses ainsi tend à déplacer la question sociale vers la lutte contre les discriminations ethniques et la promotion des minorités. Il en résulte une conception largement favorable à la mondialisation et au multiculturalisme. La réalité, pourtant, est bien différente. Quand bien même, pour les élites, la « France populaire, industrielle et rurale a vécu » (p. 105), elle demeure bien vivace. Sa population augmente dans les zones pavillonnaires et les espaces ruraux. Loin de se confondre avec les fameuses « classes moyennes », elle cumule plutôt les indicateurs socioéconomiques défavorables. Les taux de pauvreté sont plus élevés dans le Cantal (21, 6%), la Corse (21,4 %), l'Aude (21,4 %) qu'en Seine-Saint-Denis (18 %). Cette France-là n'abrite guère les élites bénéficiaires de la mondialisation. Elle la craint plutôt et en souffre fréquemment avec les délocalisations.

Fractures françaises
par Christophe Guilly
chez Bourin Éditeur
à Paris, le 21 octobre 2010
206 pages
ISBN-10: 2849412015


Voir aussi

Un Québec de plus en plus divers, est-ce vraiment une bonne chose ?






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Les femmes qui ont plusieurs enfants vivent plus longtemps

Selon une recherche publiée récemment (mars 2012) dans la revue britannique Age and Ageing, les femmes qui ont des enfants vivent plus longtemps que celles qui n’en ont pas.

Ces résultats se fondent sur une étude de la communauté des habitants âgés de Dubbo, une ville de Nouvelle-Galles-du-Sud en Australie. Les chercheurs ont constaté une augmentation de la mortalité, toutes causes confondues, à un âge avancé, chez les femmes nullipares (sans enfants) alors que plus une femme avait eu d’enfants plus elle était susceptible de vivre longtemps.

L'étude s’est penchée sur l'association de la parité (le nombre de fois qu'une femme a donné naissance) et la mortalité à un âge avancé. 1233 hommes et 1571 femmes âgés de 60 ans ou plus se sont inscrits pour participer à l'étude en 1988-89. Chaque participant a déclaré le nombre d'enfants qu'ils avaient eus. La population étudiée était largement représentative de la population australienne née avant 1930 selon le sexe, l'âge, l'emploi, le statut socioéconomique, l'usage du tabac, la pression artérielle moyenne et d'autres variables. Tous les participants ont subi des évaluations psychosociales et de risques cardio-vasculaires au début de l'étude. Pendant les seize années suivantes, les dossiers d'hospitalisation et de décès ont été surveillés en permanence. En outre, une enquête postale a été organisée tous les deux ans afin de confirmer l’état de santé des participants.

Les chercheurs ont examiné les liens entre la parité et les variables suivantes: âge, tabagisme, consommation d'alcool, indice de masse corporelle (IMC), lipides et lipoprotéines sériques, diabète, hypertension, débit expiratoire de pointe, maladies cardiaques ou AVC préalables, fibrillation auriculaire, note aux tests de dépression, taux d’activité physique quotidien et auto-évaluation de la santé.

L'étude a démontré que la mortalité, toutes causes confondues, diminue en même temps que la parité croît. La mortalité est la plus élevée chez les femmes nullipares (femmes sans enfants), elle diminue progressivement jusqu'à ce que les femmes aient trois enfants ou plus. Les femmes ayant six enfants ou plus bénéficiaient d’un risque de mortalité de 40 % inférieur à des femmes nullipares.

Les résultats de cette étude confirment ceux de recherches effectuées en Norvège et en Israël, mais elle contraste avec une étude menée en Angleterre et au Pays de Galles et publiée en 2005 qui suggérait que, à la fois, les femmes nullipares et celles ayant eu cinq enfants ou plus avaient des risques supplémentaires de décès. L'étude Dubbo n'a produit aucune preuve statistiquement significative qui relierait la mortalité masculine au nombre d'enfants engendrés.

Pour le professeur Simons qui a dirigé l’étude, « les résultats contradictoires de notre étude et ceux de l’étude menée en Angleterre et au Pays de Galles il y a quelques années ne peuvent pas facilement s’expliquer. Il est possible que ces différences soient liées à la conception de l’étude ou à des aspects sociodémographiques de la population étudiée. »


Source : Age et Ageing, 29 mars 2012 (Simons et al.)

Voir aussi

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l'obésité de leurs enfants

Les enfants de mères au foyer sont en meilleure santé

Couverture de L'Actualité Éloge de la vie en solo et sans enfant

L'importance de l'amour des parents, et plus particulièrement de la mère

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis

Québec — À nouveau une légère baisse de la fécondité et de la natalité pour 2011