samedi 3 décembre 2022

Après la chute de 40 % de son action, Disney limoge son directeur général « woke » (m à j)

Le nouveau directeur général de Disney, Bob Iger, a déclaré qu’il était très important « d’être à l’écoute du public » et de ne pas avoir de « mépris » pour les spectateurs.

Bob Iger, PDG de Disney nouvellement réintégré, a déclaré qu’il souhaitait mener un effort pour « calmer le jeu » en ce qui concerne les récentes controverses culturelles et politiques qui ont embrasé la société.

Chris Rufo, membre du Manhattan Institute, a partagé une vidéo exclusive qu’il a obtenue du DG de Disney s’adressant aux employés lors d’une réunion publique, où il a appelé au « respect » du public et à ne pas « mépriser » ses opinions.

Lorsque le personnel de Disney lui a posé une question sur le fait de « ne pas faire de déclarations politiques », M. Iger a d’abord insisté sur le fait que des gens se faisaient une idée fausse au sujet de l’entreprise, que certaines questions « ont été qualifiées de politiques » et qu’il n’était pas nécessairement sur le fait de politiser ces questions.

« Est-ce que j’aime que l’entreprise soit mêlée à une controverse ? Bien sûr que non. Cela peut être une source de distraction et avoir un impact négatif sur l’entreprise. Et dans la mesure où je peux travailler pour calmer les choses, je vais le faire », a-t-il ajouté.


Billet originel du 22 novembre

Bob Iger, celui qui a attiré Star Wars (La Guerre des étoiles), Pixar et Marvel chez Disney, en plus de défier la domination de Netflix parmi les plateformes de diffusion en continu, remplacera le directeur général Bob Chapek, celui-là même qui lui avait succédé en 2020 et dont le mandat de deux ans a été marqué par des conflits, des faux pas et une performance financière en baisse.

Bob Iger, à Los Angeles, le 6 novembre 2021

Cette annonce survient deux semaines après que les performances financières trimestrielles de Disney ont été bien en deçà des attentes de Wall Street en matière de bénéfices et de revenus, faisant chuter les actions de 12 %. Les actions de The Walt Disney Company ont baissé de 40 % cette année.

Mais ce sont les résultats du groupe sur le marché de la diffusion en continu qui ont déçu les marchés et ont fait perdre à l’action de Disney plus de 40 % depuis le début de l’année. Les plateformes Disney+, ESPN+ et Hulu ont en effet engrangé une perte opérationnelle de près de 1,5 milliard de dollars.

À l’ouverture des marchés, lundi, les actions de la société ont bondi de 8 %, la nomination de M. Iger prenant effet immédiatement.

Le mandat de directeur général de M. Chapek a également été marqué par ce que beaucoup considéraient comme des erreurs.

En 2022, le premier avait été au cœur d’une polémique concernant une loi jugée anti-LGBT en Floride.

La société s’est retrouvée mêlée à une bataille publique avec le gouverneur Ron DeSantis, après que l’État d’origine de Disney, la Floride, a promulgué une mesure interdisant l’enseignement de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre dans les écoles primaires jusqu’à la troisième année, une loi que certains ont surnommée « don’t say gay ». 

M. Chapek est resté silencieux publiquement au début, ce qui a déclenché un tollé chez les employés. Lorsque M. Chapek a ensuite dénoncé la mesure, cela a mené à une réaction politique des élus conservateurs et des médias incitant au boycottage et qualifiant Disney de « woke ».

 

Source : Presse canadienne

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vendredi 2 décembre 2022

Netflix, l’endoctrinement par le divertissement

Dans son essai L’Empire Netflix publié aux éditions de la Nouvelle Librairie, le journaliste Édouard Chanot nous fait découvrir les coulisses d’une industrie qui a fait de la propagation du wokisme l’une de ses spécialités.

Uniformiser le monde au nom... de la diversité

En 2022, Netflix peut compter sur 221 millions d’abonnés répartis partout sur la planète pour leur imposer « une seule vision du monde » dont le propre est de l’uniformiser au nom… de la diversité. C’est le paradoxe américain par excellence : répandre la démocratie partout grâce à des moyens peu démocratiques. Ou plutôt répandre le marxisme culturel grâce au capitalisme. En bref, coloniser les esprits au nom de la décolonisation.

Jusque dans les bidonvilles de l’Inde où des gens se partageront un abonnement pour regarder des séries sur leur portable, dans son ensemble, Netflix est féministe, multiculturaliste et écologiste à l’américaine.

« Netflix contribue résolument à délimiter le périmètre des interdits moraux. Sur la plateforme, les militants woke devenus managers, scénaristes, réalisateurs ou producteurs de séries ouvrent la fenêtre de nos esprits à leurs propres jugements, autrefois impensables et demain populaires », analyse Édouard Chanot.

Révolution culturelle, révolution gestionnaire

« Chez Netflix, la révolution culturelle doit être permanente », mais aussi la révolution managériale qui permet à la première de prendre forme. Forte de son milliard d’heures de visionnement par semaine en 2018, la plateforme prône une concurrence démesurée entre ses employés bien qu’elle soit devenue l’un des symboles de l’esprit pantouflard occidental. Les employés de Netflix n’ont pas vraiment le temps de jouir de leur propre produit.

Pour conserver son poste dans cette boîte, il faut « performer » sans relâche et se soumettre à toutes sortes de pratiques comme les « évaluations 360 », c’est-à-dire des repas à huit collègues durant lesquels les « modérateurs » doivent identifier les « attitudes toxiques ». Tout est calculé, mesuré et monitoré pour maximiser le rendement. Sous le soleil de la Californie, « les enfants des hippies sont devenus de redoutables capitalistes ».

L’algorithme est roi

Autre constat du journaliste dans son bref ouvrage mais particulièrement dense et éclairant: les algorithmes contribueraient à façonner un art sur mesure en fonction des profils des utilisateurs, ouvrant ainsi la voie à des créations « à la carte » combinant leurs préférences. Serait donc en train de naître une manière de scénariser tenant moins compte des passions et aspirations humaines intemporelles que des attentes psychologiques immédiates d’un public hypnotisé.

Netflix aspire à cibler de manière toujours plus précise ce que vous avez envie de voir à tel moment de la journée, il aspire à vous connaître pour vous vendre une ambiance.

« Netflix ne saurait être réduit à une simple plateforme de streaming [diffusion par internet]. C’est un mastodonte du data [données], qui a fait basculer l’intelligence artificielle dans la consommation et la production cinématographiques. »

Par ailleurs, l’auteur note que l’entreprise américaine semble avoir entamé son déclin, devant maintenant redoubler d’efforts et d’ingéniosité pour que ses adeptes continuent à lui offrir autant de « temps de cerveau ». Aucune entreprise ne peut arrêter de courir dans le marché contemporain. Comme quoi le confinement n’aura pas été si bénéfique pour Netflix, ou du moins pas plus que pour HBO, Disney+ et Amazon Prime; ses principaux concurrents dans cette course au divertissement à la maison.

Source : Causeur

L’Empire Netflix,
par Édouard Chanot,
paru à la Nouvelle Librairie,
à Paris,
le 23 septembre 2022,
70 pp.,
ISBN-13 : 978-2493898371

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Les salles de cinéma françaises n’attirent plus grand monde. Elles subissent une baisse de 30 % de la fréquentation par rapport à 2019 et des ventes estivales moins importantes que l’an passé, alors que le passeport sanitaire n’est plus demandé. Pire, le mois de septembre décroche le plus mauvais nombre d’entrées depuis 1980, hormis l’année 2020 marquée par les fermetures sanitaires. En octobre, la fréquentation a repris quelques couleurs avec 14,26 millions d’entrées sur le mois, mais cela reste moins bon que la période pré-Covid (19,8 millions, en octobre de 2019). Une situation catastrophique qui touche en premier lieu les films français.

Vers aucun film français dans le Palmarès des 10 meilleurs ?

Le premier film tricolore n’arrive qu’à la dixième place du box-office avec Qu’est-ce qu’on a tous fait au Bon Dieu ? qui totalise 2,4 millions d’entrées. Un résultat décevant pour le réalisateur Philippe Chauveron qui a annoncé qu’il n’y aurait pas de « Bon Dieu 4 ». Seuls 8 films français dépassent le million d’entrées alors qu’ils étaient 15 en 2016 et 16 en 2017 à franchir ce cap. 

Les échecs cuisants des productions françaises se comptent par dizaines et n’épargnent pas des têtes d’affiche. Certes, les films « Novembre » et « Simone » ont attiré deux millions de spectateurs, et certains critiques tentent de se rassurer en citant des exemples plus proches des 500 000 entrées, sans trop s’attarder sur les budgets et la réelle rentabilité de ces films… Mais, les dernières semaines ont leur lot de désastres financiers avec la nouvelle version de « Belle et Sébastien », « Jack Mimoun », « Plancha » ou encore « Pétaouchnok ». Pendant ce temps, « Black Adam » incarné par l’ancien catcheur Dwayne Johnson a dépassé les deux millions d’entrées et la vague « Black Panther 2 » a séduit plus de 2,4 millions de spectateurs en seulement deux semaines d’exploitation. Si le très attendu « Avatar : La Voie de l’eau » réalise un bon démarrage en décembre prochain, il pourrait tout simplement ne plus y avoir de films français dans le Top 10 du box-office national !

Pourtant, les studios américains ont retardé beaucoup de films à gros budgets, crise sanitaire oblige, laissant le champ libre à la concurrence, qui ne fait pas le poids. « Il y a eu moins de mégaproductions cette année et ceux qui étaient en manque de locomotives sont allés voir les quelques-uns qu’on a eus. Il y a eu une concentration du public sur ces films » confie à Valeurs actuelles Charles Vintrou, président du groupe des exploitants et des cinémas indépendants (GECI). En 2021, 43 % des films vus en France sont américains, contre 40 % de films français. Un résultat « presque » honorable, si l’on oublie que 247 films français sont sortis face à 78 américains… En réalité, trop de longs métrages français n’ont été vus par personne tandis que les productions É.-U. remplissent les salles… Devant ce désamour du public envers le cinéma français, quelques voix s’élèvent.

« Les gens ne veulent pas aller au cinéma pour se faire chier ! » et copinage

Invité le 12 octobre dernier à France Inter, Jérôme Seydoux, président du groupe Pathé, estime que pendant les douze derniers mois « l’offre des films français a été faible » et que les spectateurs « n’avaient pas envie de voir ces films ! ». Pointant du doigt un manque de qualité chez les professionnels du cinéma tricolore, il lance une vérité cinglante « les gens ne veulent pas aller au cinéma pour se faire chier ! » L’acteur Stéphane de Groodt, abonde, sur une chaîne d’information : « Il y a vraiment de grosses daubes. Alors, forcément, on décourage les gens ! » et se demande « comment certains de ces films ont pu être financés ? » Question posée à un distributeur français, habitué aux grands événements du 7e art, qui répond sous couvert d’anonymat : « Si on ne fait pas partie du sérail, on ne fait pas de films, car il y a beaucoup de copinage. On passe à côté d’excellents projets. Mais il faut être très habile [ou soumis] dans ce milieu pour ne froisser personne ».

« Quand j’allais au cinéma, c’était pour me divertir, j’allais voir Belmondo, Delon, ou de Funès… je ne vais pas payer pour voir Pierre Niney ! »

Pour Charles Vintrou, il y a trop de films « que l’on qualifie du milieu, sans grande ambition, dont on se dit qu’on les verra à la télévision ou sur Netflix. » Avec un coût moyen de 4,7 millions d’euros, la plupart des productions françaises ne peuvent rivaliser avec les budgets d’Hollywood pouvant dépasser les 200 millions de dollars. Mais c’est le public âgé de 15 à 24 ans, qui a le plus retrouvé le chemin des salles durant ces derniers mois. Or, « les gros films américains sont destinés à un public jeune et n’ont pas [n’a plus…] d’équivalent en France » remarque Jean Patrick Flandé de Film Media Consultant, agence spécialisée dans le placement de produits. Le nouvel « Astérix » et « Les Trois Mousquetaires », deux grosses productions françaises d’environ 70 millions d’euros, prévues pour 2023 et cofinancées par Pathé, sont très attendues par les patrons de salles. Philippe Borys-Combret, qui exploite plusieurs cinémas cannois, se réjouit de ces sorties : « Les films à gros budgets, très souvent marchent très bien. Et ça faisait longtemps que la France n’en faisait plus ». Entre les films d’auteur qui n’intéressent qu’une niche de spectateurs et les comédies lourdingues aux ficelles éculées, le cinéma français peine en effet à retrouver des couleurs. La faute à des scénarios trop encadrés, dont les thèmes sont souvent répétitifs. Plusieurs scénaristes évoquent leurs difficultés à présenter des projets novateurs. Dialogues coupés pour ne vexer personne et travail bâclé pour tourner au plus vite avec la personnalité du moment deviennent la norme.

La mort des héros [et de l’épopée]

Selon une étude du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) publiée en mai, 30 % des plus de 60 ans estiment que peu (ou pas) de films « ont donné envie d’aller au cinéma ». Un chiffre inquiétant, car cette tranche d’âge représente 1/3 du public dans les salles et qu’elle est plus tournée vers les films français. « Quand j’allais au cinéma, c’était pour me divertir, j’allais voir Belmondo, Delon, ou de Funès… je ne vais pas payer pour voir Pierre Niney ! » peste Catherine, retraitée qui se contente désormais de séries américaines. « Les scénarios y sont bons, et les acteurs sont beaux ! » juge l’ex-cinéphile. « Il y a peut-être des talents vieillissants et la nouvelle vague n’est pas encore là » constate Jean Patrick Flandé qui a connu cette époque où les films français « rivalisaient avec les américains. » Lorsque Jean-Paul Belmondo fait 918 000 entrées en 1987 avec « Le Solitaire », il comprend qu’il est temps de ranger son revolver de justicier. Aujourd’hui, faire 900 000 entrées est considéré comme un succès. Que dire également de l’empire cinématographique de Luc Besson qui s’est effondré dans une totale indifférence, alors que ses productions [en anglais et pas vraiment françaises ni même européennes] s’exportaient très bien dans le monde ?

Quand c’est l’État qui arrose

Selon l’IREF (Institut de recherches économiques et fiscales) chaque année, le cinéma français reçoit 500 millions d’euros de subventions, qu’il s’agisse d’aides directes ou d’incitations fiscales. Pour combler ce gouffre, les chaînes de télévision ont depuis 1984 des obligations d’investissement dans la production d’œuvres cinématographiques. Une taxe est également prélevée sur leur chiffre d’affaires pour soutenir le secteur de la production. Depuis un an, les services de médias audiovisuels à la demande (SMAD) doivent consacrer au moins 20 % du chiffre d’affaires qu’ils réalisent en France au financement de la production d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles européennes [ ? européennes ?] ou d’expression originale française. Les plateformes donnent également plus de 5 % de leur chiffre d’affaires réalisé en France au CNC. Même le simple spectateur met la main à la poche en allant voir un film puisque 10,7 % du ticket d’entrée est versé au CNC. Durant la crise du Covid, Roselyne Bachelot a déclaré fin 2020 avoir « apporté 1,1 milliard d’aides au monde du cinéma et de l’audiovisuel, donc à plus de 80 % au cinéma. » Une source du CNC glisse officieusement que l’établissement public a reçu « plus de 300 millions du ministère cette année ».

Les privilégiés veulent conserver leurs chasses gardées

Malgré un système très protégé et subventionné, un comité de professionnels du cinéma s’est réuni le 6 octobre à l’Institut du monde arabe, pour demander des comptes une fois de plus à l’État. Le retour de la redevance télé est réclamé. Le plan de financement France 2030 prévoyant la création de nouveaux studios numériques est décrié, car il menacerait tout un système de privilégiés qui n’ont pas envie de se caler sur des normes américaines. Cet appel au secours d’un vieux système à bout de souffle prônant « l’exception culturelle » a réuni plus de 1000 personnes avec la présence de Jack Lang.

Après avoir conspué Hollywood durant des décennies, Netflix est désormais le grand méchant loup pour une partie de la profession. Aucune remise en question ne semble effleurer l’esprit de ces rebelles des beaux quartiers, qui bien évidemment font de l’art, quand les autres font de l’argent. Le discours est rodé sans éviter une contenance hautaine et méprisante vis-à-vis du public. Devant 1000 personnes, Agnès Jaoui déclare lors de cette réunion : « Au cinéma je suis Dieu, à la télé je suis l’employée de patrons, eux-mêmes employés de patrons… ». Elle confie quelques jours plus tard à Ouest France au sujet des plateformes : « ce qu’on me propose comme réalisatrice ou scénariste pour travailler pour elles, c’est très mal payé. » Dans La Provence, Clovis Cornillac [bien connu pour ses opinions très à gauche] s’en prend même aux spectateurs qui « doivent être un peu moins flemmards ».

« Le cinéma est un art, et par ailleurs une industrie » disait André Malraux lorsqu’il se voit confier, en 1959 par Charles de Gaulle, les Affaires culturelles auquel le CNC est rattaché. Le Général souhaite « assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et favoriser la création des œuvres de l’art et de l’esprit qui l’enrichissent ». Avec l’arrivée des plateformes américaines, une fois de plus, la France est en retard dans cette révolution industrielle et artistique. Certes, des acteurs et des réalisateurs français commencent à franchir le pas, mais la belle famille du cinéma semble se déchirer sans trop se soucier de son public. Le cinéma, invention française et outil de « influence » de nombreux pays, mérite probablement des projets ambitieux, mais pour le « quoi qu’il en coûte », il est peut-être temps de dire : « coupez ! »

[On notera que les Américains font des films et feuilletons historiques se déroulant en France… : Marie-Antoinette, Les Liaisons Dangereuses (le feuilleton de cette année), Chéri, Cousin Bette, les Duellistes, etc.  La France, avec un passé épique qu’elle ignore, semble se concentrer sur la comédie diversitaire lourdaude et les films militants sur les passeurs d’immigrants illégaux.]

Source avec corrections éditoriales : Valeurs actuelles 

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La Passion d’Augustine et la « reprise en main du système éducatif par le gouvernement »

 

jeudi 1 décembre 2022

France — Comment donner envie de fuir l'école publique (y compris ses bons lycées)

C’est un secret de polichinelle Rue de Grenelle [ministre de l'Éducation]: longue, bien longue est la liste des ministres de l’éducation à avoir prêché la mixité sociale, tout en plaçant leurs propres enfants dans des établissements privés… Pap Ndiaye s’apprête à inscrire son nom au bas de cet inventaire peu glorieux : le ministre promet des mesures pour lutter contre la « ségrégation sociale » en janvier. Rien de bon ne peut sortir d’un tel projet. [Voir France — Le ministre de l'Éducation, Pap Ndiaye, a placé ses enfants dans une école privée élitiste pour avoir une « scolarité sereine »]

À l’origine de l’affaire, les mauvais comptes d’un « indice » imaginé par les services de la Rue de Grenelle : l’« indice de positionnement social » (IPS), qui vise à évaluer les chances de réussite d’un élève à partir de la profession de ses parents. La direction de « l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère » combine les situations du père et la mère à qui elle attribue des points pour déterminer le « score » de l’enfant – pour une fois, personne n’a songé à troquer les points pour des gommettes, des lettres ou des smileys ! L’élève dont la mère est agricultrice et le père artisan recueillera ainsi 99 points, celui dont la mère est professeur et le père ingénieur en comptera 179, etc. – le tout sur une échelle de 38 à 179.

Nombreuses sont les études qui soulignent l’influence de l’environnement dans lequel évolue un enfant sur sa réussite à l’école. Les liens entre le diplôme des parents – celui de la mère en particulier -, la présence ou non de livres dans la maison, l’implication des parents, les conditions de vie… et la trajectoire scolaire ont été établis depuis belle lurette, et ils n’ont au reste rien de vraiment surprenant, ni même de foncièrement répréhensible. Imagerait-on de reprocher aux parents leur appétit culturel, leur succès professionnel ou leur implication dans la transmission d’un bagage intellectuel et moral à leurs enfants ?

Ce qui ne cesse de déconcerter, en revanche, c’est l’incapacité croissante de « l’école de la République » - noyée sous le poids de la massification de l’enseignement hier, fracturée par la défaite de l’intégration [des immigrants et de leur descendance] aujourd’hui à donner à chacun, quel que soit son milieu d’origine, un socle fondamental ; à conduire chaque élève vers le meilleur des apprentissages à sa mesure. Années après années, les classements Pisa de L’OCDE soulignent les piètres performances du système français et son désolant triptyque : baisse du niveau des élèves, forte reproduction des inégalités et dépenses élevées… Les chercheurs internationaux ont pourtant établi noir sur blanc l’évidence : les pays qui ont choisi d’encourager l’excellence sont également ceux qui sont le mieux parvenus à soutenir aussi les élèves en difficulté. En vain. Rue de Grenelle, et dans les cercles « pédagos » qui hantent les couloirs de l’école, d’irréductibles idéologues s’accrochent mordicus à l’idée contraire, et n’ont qu’un mot à la bouche : lisser. Lisser les notes - en faire des groupes ou des lettres, voire les supprimer ; lisser les classes, lisser le niveau. L’« indice de positionnement social » est le fruit de cette obsession égalitariste, de ce génie du nivellement. Longtemps tenu secret, il a d’abord servi d’outil de redistribution au ministère. Puis, évidemment, s’est manifestée la logique de rétorsion inhérente à l’idéologie du lissage : depuis deux ans, à Paris, l’« IPS » sert d’arme anti-ségrégation sociale ». La réforme d’Affelnet, le système d’affectation en seconde, a singulièrement réduit le poids des notes dans la balance. D’abord en les réunissant par groupes de cinq, si bien qu’un 15/20 ou un 20/20 se valent pour le logiciel - inutile, à ce compte-là, de s’étonner de la désaffection pour les maths des élèves français… En minimisant, ensuite, leur importance face à d’autres mesures : critères boursiers et professions des parents du collège d’origine (l’IPS moyen) passent désormais avant le mérite personnel de l’élève. Pour parfaire cette opération de déconstruction, les deux lycées d’excellence que sont Louis-le-Grand et Henri-IV ne sont plus autorisés à sélectionner eux-mêmes leurs recrues – logique vengeresse, toujours.


Le lycée public Louis-le-Grand


Le résultat a été radical : le rectorat s’est félicité de voir la « mixité » augmenter d’un tiers en un an. Encore une poignée d’années à ce rythme, et la carte scolaire sera parfaitement « lissée » : Condorcet, Janson-de-Sailly, Fénelon, Carnot, etc. C’en sera tout à fait fini des lycées publics de bon niveau. En attendant, tous les collégiens ont déjà compris que les bonnes notes ne servaient plus à grand-chose. Leurs parents lorgnent le privé.

Le fameux indice IPS qui profile les élèves selon la profession de leurs parents ne manquera pas de souligner de plus en plus crûment à l’avenir ce phénomène d’« évitement » du public vers le privé, comme le nomment les sociologues de l’éducation nationale : on poussera des cris d’orfraie en constatant que les familles qui le peuvent se sont réfugiées dans les établissements sous contrat.

Or, au lieu de s’atteler à reconstruire, enfin, l’école publique autour de la promotion de la réussite - qui va de pair avec cette véritable bienveillance qui est encouragement et non pas condescendance -, d’y faire vivre le désir d’apprendre, la volonté de s’élever, la curiosité du monde et des autres, beaucoup voudraient déjà appliquer au privé les recettes mortifères qui ont sapé le public…

La faillite qui se produit sous nos yeux est d’autant plus inquiétante que le phénomène d’archipellisation de la société française qu’a décrit Jérôme Fourquet et la révolution numérique ne permettent plus, ou moins, cette intrication des classes, des statuts, des milieux, qui offrait au jeune professionnel une deuxième chance d’ascension. La France se plaint de ses élites. Encore faut-il qu’elle soit à même de faire grandir, demain, les talents qui l’emmèneront vers l’avenir.

Pas de sport

On prête à Winston Churchill, interrogé sur sa longévité, l’une de ces répliques délicieuses dont il avait le secret. « No sport ! », aurait répondu l’ancien premier ministre. Surtout, pas de sport, plutôt des cigares et du whisky ! recommandait-il. À sa façon, Michel Onfray a réitéré cette opération de désacralisation au milieu du concert de bien-pensance qui accompagne trop souvent les grands-messes du foot. « Johnny Halliday remplissait le Stade de France, ce qui ne suffit pas pour parler d’une performance républicaine », ironisait-il dans nos colonnes.

Les émeutes qui ont éclaté à Bruxelles après la défaite du Maroc contre la Belgique ne viennent malheureusement pas contredire son propos sur l’affaissement de la puissance fédératrice du sport.

[...]

            Source : Le Figaro

Mathieu Bock-Côté : « Si vous critiquez le multiculturalisme vous êtes raciste ! »

Essayiste et sociologue, Mathieu Bock-Côté décrypte les grandes tendances et les périls qui menacent la société occidentale, en particulier la tyrannie de la censure, la cancel culture, le multiculturalisme, l’avenir du débat public dans le monde occidental, dans ce grand entretien mené par le grand reporter Régis Le Sommier sur Omerta.


Hambourg — Écologistes se collent pendant concert classique à une barrière métallique...amovible

Ces deux écologistes allemands à la dégaine de gagnants se sont collés à une barrière métallique en plein concert classique pour protester contre… enfin…, l’humanité. Ils n’avaient pas remarqué que la barrière était amovible.

L’image ci-dessus a été prise 5 minutes après le début de leur « action ». Ils avaient alors été rangés avec leur barrière en coulisses.

Ci-dessous le début de l’« action » quand les deux militants croyaient s’accrocher à un objet fixe.

Témoignage d’un francophone présent dans la salle :

C’était à Hambourg mercredi dernier [23 novembre]. Ils étaient au premier rang et, une fois que l’orchestre était en place et accordé, ils sont montés sur scène, juste avant l’entrée du chef et de la soliste. Ils ont sorti leurs blousons pour que nous puissions admirer leurs gilets orange (pourquoi ces gilets, aucune idée…).

Julia Fischer et Tugan Sohkiev ont attendu patiemment et je me suis mis à hurler, un peu seul, Raus ! (dehors ! en allemand), suivi par d’autres spectateurs.

La grosse chose a alors voulu lire un texte et nous avons hurlé : Ruhe ! (silence). De telle sorte qu’elle fut inaudible.

La sécurité les a alors trainés en coulisse puisque la barrière d’une estrade de chef est toujours amovible. Ils ont voulu récupérer leurs sacs et leurs blousons restés à leurs places au premier rang, mais le type de la sécurité ne s’est pas arrêté et le rictus de douleur de ces deux terroristes constitua un moment de bonheur.

Le directeur de l’Elphi [la philharmonie de l’Elbe, la salle à Hambourg] a alors pris la parole pour présenter ses excuses et expliquer que la politique n’avait pas sa place dans cette salle.

Je retiens deux choses de ce moment :

  1. Je vis en Allemagne et y suis bien, MAIS la passivité des Allemands est terrifiante. Nous fûmes peu à réagir en hurlant et en empêchant ces gens de débiter leur propagande malsaine. Il est de notre devoir à tous d’empêcher (sans violence) ces gens et de stopper leurs exactions.
  2.  Le Sénat de Hambourg et la direction de l’Elphi ont décidé de ne pas porter plainte contre ces terroristes au motif qu’ils avaient payé leur entrée. Cette décision est grave, car elle laisse la place à de nombreuses autres actions de ce type ET elle se veut complaisante à l’égard de ces gens qui ne sont en rien des activistes (comme ils sont habituellement dénommés), mais bien des terroristes qui veulent nous imposer leur façon de penser.


mercredi 30 novembre 2022

Population allemande : -1,5 million d'Allemands, + 4,3 millions d'immigrants en 8 ans

Depuis 2014, le nombre de citoyens allemands a baissé de 1,5 million, mais le nombre d'immigrants venus s'installer en Allemagne a lui augmenté de 4,3 millions. Ce qui a fait gagner au pays près de 2,9 millions d'habitants en 8 ans. 

La population en Allemagne a augmenté depuis 2014, mais la proportion de personnes en âge de travailler a diminué. Cette évolution a été affaiblie par l'immigration, comme le rapporte l'Office fédéral de la statistique (Destatis). Au 30 juin 2022, 2 882 000 personnes de plus vivaient en Allemagne qu'à la fin de 2014. Cette augmentation est principalement due à la migration des réfugiés en lien avec la guerre et la violence en Syrie, en Afghanistan et en Irak en 2015/2016 et après le conflit en Ukraine. Mais il y a aussi des afflux réguliers en provenance d'autres États de l'Europe de l'Est tels que la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne. Ainsi, entre le 31 décembre 2014 et le 30 juin 2022, le nombre de personnes de nationalité étrangère a augmenté (+4 341 000).


Le décret instituant le plan Biden d’allègement de la dette étudiante déclaré inconstitutionnel

Le juge fédéral du Texas, Mark Pittman, a déclaré il y a quelques semaines que le décret instituant le plan du président Joe Biden visant à annuler des centaines de milliards de dollars de dettes d’étudiants était inconstitutionnel et devait être annulé.

Le plan d’allègement de la dette a déjà été temporairement bloqué par la Cour d’appel du huitième circuit des États-Unis, basée à Saint-Louis, pour examiner la demande de six États républicains visant à l’interdire. Le plan de Joe Biden a fait l’objet de plusieurs actions en justice par des procureurs généraux d’États.

Le juge Pittman, dans une décision de 26 pages, a écrit que la loi HEROES, — une loi qui offre de l’aide financière pour les prêts consentis au personnel militaire et sur laquelle l’administration Biden s’est appuyée pour mettre en place le plan d’aide — ne permettait pas la mise en place d’un programme d’annulation des prêts aux étudiants de 400 milliards de dollars américains. « Le programme est donc un exercice inconstitutionnel du pouvoir législatif du Congrès et doit être annulé », écrit le juge Pittman. 


« Personne ne peut nier de manière plausible qu’il s’agit soit de l’une des plus grandes délégations de pouvoir législatif à l’exécutif, soit de l’un des plus grands exercices de pouvoir législatif sans l’autorité du Congrès dans l’histoire des États-Unis », a déclaré le juge Pittman.

Le juge texan a affirmé que la loi « ne fournit pas au pouvoir exécutif une autorisation claire du Congrès pour créer un programme d’annulation de prêt étudiant de 400 milliards de dollars ». Il a noté que les avocats de l’administration Trump ainsi que la présidente de la Chambre Nancy Pelosi (démocrate de Californie) avaient estimé que le président Biden n’avait pas l’autorité légale pour mettre en œuvre l’annulation massive de la dette par décret. Mme Pelosi avait déclaré l’année dernière que le Congrès devait passer une loi pour annuler la dette étudiante. Elle a, cependant, déclaré plus tard qu’elle soutenait le programme et a félicité le président de l’avoir proposé. Le ministère de la Justice a fait appel du verdict.

Le Bureau du budget du Congrès, non partisan, a calculé que l’annulation de la dette permettrait d’éliminer environ 430 milliards de dollars sur les 1600 milliards de dollars de dettes d’étudiants et que plus de 40 millions de personnes pouvaient en bénéficier.

Le plan, annoncé en août, prévoit d’effacer jusqu’à 10 000 $ US de dettes d’études pour les emprunteurs gagnant moins de 125 000 $ US par an, ou 250 000 $ US pour les couples mariés. Les emprunteurs qui ont reçu des bourses Pell au profit des étudiants à faible revenu verront leur dette réduite jusqu’à 20 000 $ US.

De nombreuses personnes avaient averti l’administration Biden que cette initiative ambitieuse pourrait rencontrer des difficultés juridiques. Pourtant, lors d’un entretien en octobre, le président Biden s’était vanté devant un aréopage d’activistes d’avoir signé une loi qui propose l’annulation de jusqu’à 20 000 dollars de prêts étudiants fédéraux pour les bénéficiaires de la bourse Pell et de 10 000 dollars pour les autres emprunteurs. Il a ensuite affirmé le bobard en disant que « je l’ai fait adopter par un vote ou deux, et c’est en vigueur. » 

 
Bien sûr, comme souvent quand Biden donne sa version de l’histoire — de son arrestation alors qu’il tentait de rendre visite au défunt président sud-africain Nelson Mandela aux 17 000 miles qu’il a parcourus avec Xi Jinping — l’affirmation de Biden selon laquelle il a obtenu une remise de prêt étudiant grâce à une loi adoptée par la législation était un gros mensonge. Il a contourné la législature et utilisé une directive présidentielle pour faire payer les dettes d’un groupe de personnes, ceux qui ont fréquenté l’université, par un autre groupe de personnes, les contribuables.

Un sondage réalisé par le Wall Street Journal avant les élections de mi-mandat cette semaine a révélé que les groupes clés essentiels aux chances des démocrates pour ces élections de mi-mandat, comme les jeunes électeurs, soutiennent fortement le plan d’annulation des prêts étudiants, bien que le grand public soit divisé sur la question.

CNBC a rendu compte cette semaine d’une enquête récente qui a révélé que 73 % des bénéficiaires présomptifs du plan Biden prévoyaient de dépenser l’argent qu’ils n’auraient plus à rembourser à voyager, aller au restaurant et acheter des articles de nouvelles technologies.

Si Biden voulait vraiment aider les étudiants, il devrait chercher à diminuer les frais de scolarité ruineux des universités américaines. Paradoxalement, une mesure efficace pour ce faire serait de limiter l’accès aux programmes de prêts fédéraux.

Au fur et à mesure que le coût de l’enseignement supérieur augmentait, le nombre d’étudiants ayant besoin d’utiliser des prêts étudiants fédéraux a également augmenté. Parallèlement, le montant moyen emprunté par étudiant, ainsi que le montant total annuel emprunté, ont augmenté. La facilité d’obtention de ces prêts fédéraux conduit à une inflation des frais d’inscription.

Alors que le nombre total d’emprunteurs fédéraux s’élevait à 5,9 millions pour l’année universitaire 2001-2002, il est passé à 9,4 millions d’emprunteurs pour l’année universitaire 2016-2017, soit une augmentation de plus de 3 % par an. Au cours de la même période, le montant annuel total des prêts étudiants fédéraux empruntés est passé de 49 milliards de dollars à 94 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 4,5 % par an.

Alors que les prix continuent d’augmenter et que les remboursements des prêts étudiants grugent une partie croissante des salaires des diplômés, certains emprunteurs pourraient ne pas être en mesure de rembourser leurs prêts étudiants. Mais cela ne trouble pas les universités. En effet, lorsqu’un étudiant contracte un prêt universitaire, l’argent est versé directement au collège, ce qui signifie que le collège reçoit son argent immédiatement que l’emprunter rembourse ou non cet emprunt en fin de compte. L’emprunteur devient alors responsable du remboursement du prêt. Dans le cas d’un prêt étudiant fédéral, le gouvernement fédéral est responsable de s’assurer que l’emprunteur rembourse intégralement le prêt.

Dans un marché libre et non faussé, au fur et à mesure que les prix augmentent, la demande du bien en question à ce prix diminue. Mais dans l’enseignement supérieur, la généreuse disponibilité de prêts étudiants fédéraux permet aux candidats de combler l’écart entre ce qu’ils peuvent se permettre et le prix demandé par les universités. Les établissements post-secondaires peuvent donc continuellement augmenter le prix qu’ils exigent pour une année d’études.

Dans une étude de 2015, la Federal Reserve Bank de New York a constaté que chaque augmentation de 1 $ du montant maximal des prêts subventionnés entraînait une augmentation de 60 cents des droits d’inscription, tandis qu’une augmentation de 1 $ du plafond des prêts non subventionnés n’entraînait qu’une augmentation de 40 cents de ces frais de scolarité. 


Si la disponibilité des prêts étudiants fédéraux permet aux collèges d’augmenter les prix beaucoup plus rapidement que le rythme de l’inflation, le gouvernement peut peut-être utiliser son contrôle du marché fédéral des prêts étudiants pour aider à contrôler les coûts. Une stratégie pourrait être d’exiger des universités qu’elles n’augmentent pas le prix d’une éducation post-secondaire plus vite que l’indice des prix à la consommation. S’ils le font, soit leurs étudiants perdent tout accès aux prêts étudiants fédéraux, soit les étudiants ou les établissements devraient financer, de leur poche, l’excédent des frais de scolarité au-dessus du prix autorisé.

Supprimer complètement l’accès aux prêts étudiants fédéraux pour les étudiants d’une faculté pourrait réduire considérablement la demande. En conséquence, de nombreuses universités seraient probablement forcées de maintenir leurs prix dans la fourchette de prix recommandée ou risquer de faire faillite.

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Québec — 90 900 étrangers (et non 50 000) s'y sont établis en 1 an

C’est un total de 90 900 personnes provenant d’autres pays qui se sont établies au Québec du 1er juillet 2021 au 30 juin 2022.

La différence, ce sont les immigrants temporaires, des gens qui sont entrés au Québec pour diverses raisons – travailleurs agricoles, étudiants internationaux, travailleurs spécialisés, demandeurs d’asile. Pour l’ensemble du Canada, on en compte plus de 850 000.

Il y a ainsi un décalage important entre les chiffres sur l’immigration, utilisés dans le débat public, et le nombre réel de personnes qui s’établissent ici.

Le débat porte sur le nombre de personnes qui obtiennent, chaque année, le statut d’immigrant permanent.

C’est ce chiffre qui fait l’objet de désaccords entre la cible de Québec, 50 000, et celle d’Ottawa, 500 000, d’ici 2025. Ou encore, lors de la campagne électorale, entre le seuil de 50 000 défendu par les caquistes, celui de 70 000 des libéraux ou les 80 000 des solidaires. Et pourtant, ces données, qui ont pris valeur de symbole, ne décrivent pas adéquatement la réalité de l’immigration.

« On ne prend pas les bons chiffres », affirme l’économiste Pierre Fortin.

« Les chiffres officiels qu’utilisent Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec sont les chiffres de l’immigration permanente. Il faut ajouter à ces chiffres la hausse annuelle de l’immigration temporaire », explique-t-il.

L’Institut du Québec dit la même chose. Dans un rapport publié en juin, les auteurs constatent : « Bien que le gouvernement du Québec ait au cours des dernières années abaissé ses seuils d’accueil pour les immigrants permanents, la province a, en réalité, accueilli bien plus de nouveaux arrivants sur son territoire. »

Les données sur les seuils d’immigration ne sont évidemment pas fausses. Ce sont des statistiques officielles. Mais elles ne tiennent pas pleinement compte de l’ampleur de l’arrivée, sur notre territoire, d’un nombre additionnel de dizaines de milliers de personnes venues de l’extérieur, et donc des défis liés à l’intégration et à la prise en charge, ou encore les effets sur les équilibres linguistiques.

C’est comme si, en voulant mesurer le nombre de calories que l’on a absorbées dans une journée, on ne tenait compte que de l’apport calorique des aliments solides, mais qu’on oubliait de prendre en compte les calories provenant des liquides.

Le vrai chiffre de l’immigration, au sens des Nations unies, au sens de Statistique Canada et au sens de l’Institut de la statistique du Québec, c’est bel et bien la somme des deux types d’immigration, temporaire et permanente.

Pierre Fortin, professeur émérite de sciences économiques à l’UQAM

« C’est l’augmentation d’une année à l’autre du nombre de personnes qui entrent et habitent sur le territoire de la nation », ajoute l’économiste.


 

Difficile à estimer

L’image que l’on associe souvent à un immigrant, c’est celle d’une personne qui a fait une demande à partir de son pays, qui a obtenu une réponse favorable des autorités canadiennes et qui, un jour, arrive ici. Autrefois en bateau, maintenant en avion.

Mais dans les faits, une très forte proportion des gens qui obtiennent le statut d’immigrant étaient déjà ici, parfois depuis des années, en vertu de divers programmes, et ont finalement obtenu la résidence permanente. [C'est une stratégie pour immigrer ici pour ceux qui n'auraient pas été choisis s'ils avaient fait leur demande alors qu'ils étaient encore dans leur pays ou à leur arrivée ici. Ils viennent avec la ferme intention d'immigrer de façon permanente mais disent d'abord juste vouloir y étudier ou y travailler temporairement, puis font la demande d'immigration permanente.]

Ils n’arrivent donc pas au Canada ou au Québec, ils changent de statut, et de colonne dans les statistiques.

« Il y en a encore qui sont choisis à l’extérieur, mais ce que je comprends, c’est que les gens ont peut-être un meilleur profil s’ils sont déjà ici. Je pense que c’est intéressant de prendre des gens qui sont déjà ici parce qu’ils sont intégrés », explique Stéphanie Valois, présidente de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration.

Le nombre d’immigrants permanents est assez stable, selon les plus récentes données de Statistique Canada : de 50 000 à 56 000 dans les années 2010, 44 866 en 2018-2019, avec l’arrivée de la CAQ au pouvoir et son engagement de réduire le seuil à 40 000, une chute à 33 295 et à 33 673 durant les deux années marquées par la pandémie, une remontée à 62 798 en 2021-2022, en raison d’un rattrapage post-COVID-19.

Pendant ce temps, un autre processus est en jeu, celui des immigrants temporaires qui entrent au Québec et en sortent. Leur nombre est plus difficile à évaluer en raison du caractère non permanent de leur présence. Les statistiques officielles mesurent toutefois le solde de ces arrivées et de ces départs. En quelques années, le solde des immigrants temporaires a explosé, passant de 12 671, en 2016, à 63 076, en 2019.

Le fait que le nombre de personnes qui entrent ainsi au Québec soit supérieur au nombre de ceux qui partent fait en sorte que le bassin de résidents non permanents augmente d’année en année.

L’ancien ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) Jean Boulet a déclaré en juin qu’il y avait 177 000 immigrants temporaires, au Québec, en 2021.

Ce chiffre se décompose ainsi : 23 795 titulaires de permis de travail du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), 62 270 détenteurs de permis de travail du Programme de mobilité internationale, et 90 800 étudiants internationaux.

Cependant, ce chiffre ne tient pas compte des personnes résidant temporairement au Québec qui ne sont pas titulaires de permis, « comme les enfants des titulaires de permis, les conjoints qui n’ont pas demandé de permis, les demandeurs d’asile qui n’ont pas de permis, les personnes dont le permis initial est expiré et qui sont en attente d’un renouvellement avec permission de travailler ou non », souligne le porte-parole du MIFI Gabriel Bélanger.

Le sommet précédent avait été atteint en 2019, avant la pandémie, avec 167 435 personnes. Il était de 102 125, en 2016.

Si le nombre des immigrants temporaires augmente, c’est parce que les gouvernements, tant à Québec qu’à Ottawa, souhaitent leur présence.

Dans son Plan d’immigration 2022, le MIFI vise notamment à « appuyer les employeurs de toutes les régions du Québec dans leurs démarches de recrutement de travailleurs étrangers temporaires, afin d’augmenter le nombre, de diminuer les délais avant leur arrivée et de faciliter les démarches pour répondre aux besoins de main-d’œuvre à court terme ».

Source : La Presse

Universités — L’exclusion des hommes blancs d’appels de candidatures fait l’objet de plaintes

Frédéric Bastien dont il est question dans le billet ci-dessous a été pris à partie par une enseignante de l'Université Laval le décrivant comme un « homme blanc médiocre». Il lui répond ci-dessous.


Un appel de candidatures à l’Université Laval (UL) pour le poste de titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire du Canada-Québec, qui exclut les hommes blancs, a incité un professeur, qui s’estime violé dans ses droits, à porter plainte à la Commission des droits de la personne du Québec et du Canada.

Campus de l'université Laval à Québec

« On est dans une dérive. On pense que combattre la discrimination par la discrimination, ce n’est pas une bonne façon de procéder. Ça va juste attiser les tensions, lance Frédéric Bastien, historien, professeur au collège Dawson et militant. C’est rare, un poste en histoire. »

Il estime qu’il aurait pu avoir les compétences nécessaires pour postuler : il possède un doctorat en histoire et a plusieurs publications à son actif, dont l’ouvrage La bataille de Londres.

On pense que combattre la discrimination par la discrimination, ce n’est pas une bonne façon de procéder. Ça va juste attiser les tensions. C’est rare, un poste en histoire. — Frédéric Bastien

Or, dans l’affichage de poste [...], l’Université Laval écrit [en gras] que « seules les personnes candidates possédant les compétences requises ET s’étant auto-identifiées comme membre d’au moins un de ces quatre groupes sous-représentés (femmes, Autochtones, personnes en situation de handicap et personne appartenant aux minorités visibles) seront sélectionnées ».

Extrait de l'appel à candidatures

« L’Université Laval ne peut déposer d’autres types de profils de candidatures tant que ses cibles de représentation ne sont pas atteintes, et ce, conformément aux exigences du Programme des CRC [chaires de recherche du Canada] », ajoute-t-on.

Quotas diversitaires

Ottawa a fixé des cibles de diversité à la suite d’un jugement de la Cour fédérale qui a fait l’objet d’un ajout en 2019. Celui-ci vise à réparer un déséquilibre historique dans la représentation des minorités. Les cibles pour décembre 2029 sont de 50,9 % pour les femmes, de 22 % pour les minorités visibles, de 7,5 % pour les personnes handicapées et de 4,9 % pour les Autochtones. Les universités s’approchent de l’objectif : des données du Programme des chaires de recherche du Canada montrent qu’en septembre 2022, la représentation pour les « femmes et personnes de minorités de genre » était de 44,3 %, de 24,9 % pour les personnes racisées, de 6,1 % pour celles ayant un handicap et de 3,8 % pour les Autochtones.

Pour y parvenir, des universités d’un peu partout au pays excluent dès le départ les candidatures d’hommes blancs aux postes de chaires de recherche financées par le fédéral. Cette situation avait été dénoncée par le gouvernement du Québec et l’opposition en mars dernier.

Du côté de l’UL, on prend le soin de préciser que « toutes les universités doivent se conformer à ces exigences ». « Avant le lancement de chaque concours de CRC, une évaluation est faite afin de savoir si des écarts restent à combler pour atteindre les cibles établies par le Programme [des chaires de recherche du Canada]. Si ces cibles sont atteintes, les CRC peuvent être attribuées à toute personne », explique la porte-parole Andrée-Anne Stewart.

Pour des questions de principe, Frédéric Bastien a acheminé le 31 octobre une plainte contre l’Université Laval et une contre le Programme des chaires de recherche du Canada aux commissions canadienne et québécoise des droits de la personne. « En faisant cela, elle a violé mes droits, écrit le professeur. En étant considéré comme un homme blanc, hétérosexuel, je ne pouvais postuler au poste en question, car les quotas pour les catégories indiquées plus haut n’étaient pas atteints. »

Matière à contestation 

Comme cette façon de faire génère de vifs débats, le professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal (UdeM) Stéphane Beaulac estime que le fait de porter plainte est une bonne nouvelle parce que « cela va permettre de régler la question » et de « tester le programme » [mettre à l'épreuve les critères discriminatoires du programme de financement].

« Il y a matière à aller contester ces affichages [de l'appel à candidatures]. Il y a de la poigne, juridiquement parlant », croit le spécialiste en droit constitutionnel. Mais pas nécessairement sur l’aspect discriminatoire, ajoute-t-il, parce que cela s’inscrit dans un programme expressément autorisé par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et par le régime législatif.

« Le concept clé, c’est celui de la proportionnalité. C’est là que la poigne [le levier] juridique se trouve, estime celui qui a lui-même été président du comité d’embauche à la Faculté de droit de l’UdeM pour deux mandats. C’est de dire que ça va trop loin parce que le processus est censé garder comme priorité absolue la compétence à remplir selon les fonctions de l’affichage. C’est donc de se priver d’entrée de jeu de plusieurs dossiers qui permettraient de voir, dans le marché de l’embauche, qui sont les personnes les plus compétentes. »

Contacté par Le Devoir, le Programme des chaires de recherche du Canada insiste sur le fait que les « objectifs d’équité et l’embauche stratégique sont considérés comme des pratiques exemplaires par la Commission canadienne des droits de la personne pour remédier à la sous-représentation historique et persistante » des minorités.

« Les hommes blancs sont admissibles à plusieurs postes de chaire de recherche à travers les universités canadiennes, ajoute la porte-parole Andrea Matyas. Le Programme des chaires de recherche du Canada n’exclut personne et se veut inclusif. C’est justement pour cette raison que des mesures sont prises par le programme pour assurer une représentation qui corresponde à celle de la population. »

Empiètement sur la vie privée

L’Université Laval ajoute de son côté qu’un candidat ne peut pas obtenir un poste à une chaire de recherche canadienne s’il ne remplit pas un formulaire d’auto-identification. Consulté par Le Devoir, celui-ci comprend des questions avec des choix de réponse détaillés sur le genre, l’orientation sexuelle, l’identité autochtone, l’appartenance à une minorité visible et la présence d’un handicap. « Il s’agit d’une condition du Programme lors de l’évaluation des dossiers par le gouvernement fédéral », précise Andrée-Anne Stewart.

Une situation que dénonce Frédéric Bastien, qui envisage de porter plainte contre ce formulaire. « C’est la sphère privée de l’individu qui est envahie par l’employeur », croit-il.

Source : Le Devoir