lundi 21 novembre 2011

Québec francophone : serions-nous cocus ?

Joseph Facal revient sur les derniers événements qui semblent indiquer un recul du français au Québec et au Canada.
Il faudrait être lâche ou de mauvaise foi pour ne pas admettre que le Québec français recule sur tous les fronts.

Des anglophones unilingues sont nommés à des postes de juge, de vérificateur, de cadre à la Caisse de dépôt [et l'anglais est la langue de travail dans la fonction public à Québec pour 14 % des postes]. L’affichage illégal est partout. Notre poids parlementaire chute à Ottawa.

Mais tout cela n’est que la pointe de l’iceberg. Les serveurs de restaurant sont maintenant insultés dans leur dignité quand le client exige d’être servi en français. 

Peu de français au centre-ville de Montréal... Cliquer sur l'image pour l'agrandir.


Chez ceux que cela préoccupe encore, le réflexe premier sera de blâmer nos dirigeants. Et il est vrai qu’il y a beaucoup de blâmes à distribuer.

Jean Charest est génétiquement indifférent à cette question. Christine St-Pierre est la ministre affectée au dossier linguistique la plus avachie et peureuse depuis le pathétique Guy Rivard en 1985.

L’Office de la langue française devrait être rebaptisé Orifice de la langue française tellement il consent à subir les derniers outrages avec placidité. Et si vous comptiez sur Stephen Harper ou les poteaux québécois du NPD pour défendre le français, votre naïveté est une maladie incurable.

Tout cela est aussi possible en raison de la complicité active ou passive de la population. Mais si nous sommes tous des cocus dans cette histoire, il y a quand même différentes façons de l’être.

Il y a d’abord le cocu innocent, qui ne se rend compte de rien, qui croit que sa femme est réellement partie se faire masser.  La grande majorité de la population entre dans cette catégorie.

Il y a ensuite le cocu content, qui a totalement intégré le logiciel du multiculturalisme et de la mondialisation. Pour lui, l’anglicisation du Québec vient avec la modernité et l’ouverture. Elle permet d’accéder à un stade supérieur de sophistication et seuls des dinosaures pourraient penser autrement.

Il y a aussi le cocu dépressif. Dans une récente chronique («Du Canadien à la Caisse», 16 novembre) qui ne risque pas de figurer dans ses 1000 meilleures, Patrick Lagacé, habituellement si perçant et que j’aime tant, incarnait cette attitude invertébrée. C’est celle du cocu qui va se soûler au bistrot en pleurnichant.

Il y a également le cocu pervers, qui participe avec délectation à sa propre humiliation. C’est le gars qui aime regarder sa femme se faire baiser par un autre. Cynique et manipulateur, il justifie tous les reculs au nom de la bonne entente parce qu’il craint qu’une crise linguistique ranime la flamme nationaliste.

Il y a enfin le cocu enragé, qui veut que ça cesse, qui se retient pour ne pas commettre l’irréparable, qui se bat pour retrouver sa dignité perdue. Combien en reste-t-il de ceux-là au Québec ?

Au cœur du recul actuel, il y a notre refus de voir et de nommer l’éléphant dans le salon. Cet éléphant est la dimension PO-LI-TI-QUE et collective de la question linguistique.

Si un peuple dort au gaz, s’il vote contre ses propres intérêts, s’il rate tous ses grands rendez-vous avec l’Histoire, s’il pense que fuir ses responsabilités n’a jamais de conséquences, tous ceux qui se fichent de lui en prendront bonne note.

Et cela donnera ce qu’on voit en ce moment.

Et pendant ce temps, le PLQ a augmenté le temps que les écoliers francophones apprennent l'anglais, leur a imposé un programme de multiculturalisme 101 avec la complicité du PQ, édulcoré l'histoire du Québec d'une conscience nationale mal venue. Quant à l'ADQ, elle voulait l'année passée encore plus d'anglais au primaire...




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Révolution tranquille, « un héritage épuisé et paralysant »

Extrait d'un article de Monique Jérôme-Forget, ex-ministre des Finances du Québec, tiré de l'ouvrage collectif La Révolution tranquille en héritage paru chez Boréal en octobre 2011.

« [...] est-il normal que la convention collective [des enseignants] contienne plus de 500 articles, comporte 274 pages, et que certains articles se déclinent sur 8 pages ? Il faut se demander si la mainmise des syndicats sur le réseau n’expliquerait pas le désintéressement de nombreux parents. Dans les années qui ont suivi le rapport Parent, sous le gouvernement Lesage, l’éducation fut l’objet principal des débats publics, alors que l’emprise syndicale sur le fonctionnement des écoles ne s’était pas encore manifestée. C’est à cette époque où l’éducation apparaissait à tous comme un enjeu vital et prioritaire que notre système d’éducation a donné ses meilleurs résultats. Est-ce un hasard ? Je ne crois pas.

Pour stimuler la réussite de tous ses élèves, une école doit se forger son propre ethos, une âme et une personnalité qui lui soit propre, et assez forte pour générer un sentiment d’appartenance et de fierté chez tous ceux qui la fréquentent. La passion des enseignants, leur implication, leur contrôle sur l’école constituent la clé du succès de celle-ci. [Mme Jérôme-Forget parlera plus loin de l'implication des parents et du fait qu'ils doivent sentir que l'école leur apparteint aussi] C’est ce que toute la littérature sur le sujet nous apprend, et ce qu’illustrent à merveille les quelques établissements, privés ou publics, qui en ont le secret. Hélas, il est pour une école extrêmement difficile, et donc exceptionnel, de se forger une telle personnalité dans un système aussi outrageusement centralisé et codifié.

[...]

Bien que plus rarement, j’ai quand même entendu alors que j’étais ministre des Finances la recommandation suivante : « Que les entreprises ou les riches payent. » Or, il y a de moins en moins de riches au Québec, beaucoup moins qu’ailleurs au Canada. Les ménages à faible revenu sont proportionnellement plus nombreux que dans le reste du pays, alors que c’est l’inverse pour les très grandes fortunes et même pour les revenus dépassant 100 000 $ par année. Comme aime à le dire Pierre Fortin, « le Québec est riche en pauvres, mais pauvre en riches ». Pensons par ailleurs à notre régime de service de garde à contribution réduite. Alors que j’étais présidente de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), une étude faite par un chercheur de l’UQAM, Pierre Lefebvre, démontrait que les plus grands bénéficiaires des garderies à cinq dollars étaient les familles les plus fortunées. J’endosse totalement un programme de garderies qui favorise le développement social et intellectuel des enfants [malheureusement plusieurs études prouvent que ce n'est pas du tout le cas : voir ici, ici et là.] Un tel programme permet à des parents, et surtout aux femmes, de pouvoir travailler avec un minimum d’appui de la société. Mais son financement et son fonctionnement sont-ils adéquats pour une société comme la nôtre ? Avons-nous les moyens de subventionner à raison de plus de 40 $ par jour tous les enfants en garderie dès la première année de leur existence, quelque soit le revenu des parents ? Même si ce programme fait l’envie de plusieurs parents dans le monde, ne devrions-nous pas le réexaminer et revoir son financement sans en compromettre l’esprit et l’accès ?

[...]

Du point de vue des parents, l’école québécoise se conjugue au singulier. C’est celle de leur quartier, que fréquente leur enfant. S’ils ne sont pas motivés, s’ils ne sont pas outillés pour s’approprier leur école et contribuer à son succès, ou si leur contribution n’est pas la bienvenue, l’apport inestimable des parents est gaspillé. Ni le réseau dans son ensemble ni même les commissions scolaires ne sont — on le constate maintenant — des institutions où l’implication des parents et de la communauté peut fonctionner. Notre système confère très peu d’autonomie à l’école, qui n’est pas libre d’employer les enseignants qu’elle souhaite ni d’organiser leur tâche à sa façon. Comment pourrait-elle, alors, être imputable aux parents ? Les bulletins, les évaluations et les méthodes d’apprentissage changent fréquemment sans que les parents soient mis dans le coup. Comment ces derniers peuvent-ils alors soutenir l’apprentissage de leurs propres enfants ? Il faut conférer aux écoles plus d’autonomie, à leurs dirigeants plus de responsabilité et d’imputabilité, et aux parents un rôle plus déterminant que la vente de chocolat.

[...]

Par exemple, l’accroissement des coûts de la santé ne peut être soutenu exclusivement par les impôts comme c’est le cas actuellement. La poursuite du statu quo nous condamne à un réveil brutal dans un avenir pas trop lointain, ou à des années de rationnement des services d’ici là. Ainsi, pendant longtemps, on a maintenu sous contrôle les dépenses en diminuant le nombre de médecins qui, faute de se trouver un emploi dans un environnement de leur choix, quittent la province. Le Québec les a éduqués pendant sept à dix ans, parfois plus, et il se permet de les laisser partir. C’est une approche qui coûte cher à la société. C’est une approche viciée car elle s’appuie sur cette idée de centraliser à outrance les décisions. Plusieurs pays ont reconnu et corrigé cette erreur. Le Québec tarde à le faire. J’ai toujours trouvé aberrant que le ministre de la Santé soit tenu personnellement imputable en chambre pour chacune des situations navrantes résultant des erreurs d’un professionnel dans un si vaste réseau. Il faudra décentraliser certaines décisions et la gestion du réseau pour permettre au citoyen de dicter ses besoins[.]

[...]

De décennie en décennie, la médecine repousse les limites de sa capacité d’intervenir pour soulager la douleur et limiter les handicaps sans pour autant guérir durablement ses patients. Or l’effet net, qui n’a rien à voir avec une explosion du nombre de personnes âgées — qui n’a pas encore eu lieu —, est que les coûts de la santé augmentent de 5 à 6 % par année, alors que notre économie ne s’accroît que de 2 à 3 % par année. La conclusion qu’il faut en tirer est aussi simple et brutale que l’arithmétique que je viens d’évoquer: seule une augmentation notable de notre productivité, capable d’impulser une croissance plus rapide de toute l’économie, saura nous éviter un rationnement toujours plus strict des soins disponibles.

Quatrièmement, la productivité est l’aspect le moins  reluisant de la performance économique du Québec depuis la Révolution tranquille. Les statistiques sur la productivité du travail indiquent qu’au Québec elle a progressé au rythme moyen de 1 % par année au cours des cinq dernières décennies. Le Canada dans son ensemble a progressé deux fois plus vite, les États-Unis, trois fois.

Cinquièmement, si le financement des garderies doit être revu, celui des universités mérite que l’on regarde la situation bien en face. Qui bénéficie d’une formation universitaire et qui doit en payer la facture ? Plusieurs études ont été menées sur le sujet. Il faut penser maintenant à inclure toutes les parties dans cette discussion et à dépolitiser le débat. Il s’agit d’un débat vital pour l’avenir du Québec, et la partisannerie n’y a pas sa place.

Au-delà des politiques publiques et des débats entre politiciens, les attitudes populaires face au rôle de l’État sont appelées à se modifier, sans quoi nos institutions continueront de s’éparpiller sans cesse jusqu’à ce que la dette nous explose au visage ou que tous les contribuables se soient exilés. »
Voir aussi

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits »

Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire





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vendredi 18 novembre 2011

La liberté scolaire n'existe que lorsque l’État n’a pas le monopole de l’enseignement ni celui de la délivrance des diplômes

Jean de Viguerie, professeur émérite des universités, nous donne ici une interview sur l’histoire de la liberté scolaire en France. Historien spécialiste des XVIIe et XVIIIe siècles, il a consacré plusieurs livres de référence sur les éducateurs de cette période. Il vient de publier aux éditions du Cerf « Les Pédagogues ; essai historique sur l’utopie pédagogique ». Ses analyses des fondateurs de l’éducation nouvelle et de leurs épigones se distinguent brillamment de celles des chercheurs en « sciences de l’éducation », dont la pertinence est trop souvent amoindrie par un jargon abscons et un prisme court-termiste idolâtrant par principe les ruptures. Or l’enseignement est une affaire de tradition plus encore que d’innovation ; une affaire d’observation et d’humilité, avant que d’être une matière à révolution et à système.

Question — Qu’entendez-vous par liberté scolaire ?

Jean de Viguerie — La liberté scolaire existe vraiment dans un pays quand l’État de ce pays n’a pas le monopole de l’enseignement ni celui de la collation des grades (ndlr : la délivrance des diplômes).
Toutefois une telle liberté ne peut avoir son plein effet que si le gouvernement du pays et les collectivités locales aident les familles à payer les frais de scolarité des écoles de leur choix. Si l’aide est suffisante, si la rémunération des maîtres leur permet de faire vivre convenablement leurs familles, la liberté scolaire est pleinement réalisée. Ce n’est pas le cas aujourd’hui en France et dans la plupart des pays. Le but est d’obtenir partout cette pleine liberté. Le meilleur moyen de l’obtenir est de prendre dans toute la mesure du possible la liberté qui nous est laissée.

« La vérité vous rendra libres. » La liberté scolaire est inséparable de la vérité et dela compétence. Lesmaîtres des écoles libres doivent réunir savoir et compétence. « Un enseignement libre, écrivait le philosophe catholique Étienne Gilson, suppose un personnel qualifié pour le donner. » Et le même philosophe disait encore : « Si nous ne préparons pas ce personnel, qui donc enseignera dans nos écoles ? »

Enfin la liberté scolaire ne signifie pas isolement et repliement sur soi. Une école vraiment libre n’a aucune peine à entretenir des relations amicales et de bon voisinage non seulement avec les familles de ses élèves, mais aussi avec la population et les autorités locales. Elle se fait connaître à tous. J’ai vu une école indépendante inviter à dîner pour le dixième anniversaire de sa fondation les maires de l’arrondissement, le conseiller général et le sous-préfet. Tous sont venus, et tous ont assisté ensuite au concert donné par les élèves.

Question — Pouvez-vous nous présenter quelques grands défenseurs de la liberté scolaire ?

La défense de la liberté scolaire date du moment où cette liberté a été contestée par l’État et parfois supprimée. A partir de la Révolution française la plupart des États ont revendiqué le monopole de l’instruction publique, ou, dans les meilleurs des cas, la surveillance étroite des écoles. Il a fallu se battre pour la liberté scolaire, se battre contre l’État.


Les défenseurs de la liberté scolaire sont très nombreux aux XIXe, XXe et XXIe siècles. J’en ai cité plusieurs dans mon livre L’Église et l’éducation. Je voudrais ici en présenter trois de façon plus complète et plus détaillée que je n’ai pu le faire dans ce petit ouvrage.

Mon premier exemple est celui de Charles de Montalembert (1810-1870).

Le combat de Montalembert est également le combat de ses amis, les abbés Henri Lacordaire et Félicité de Lamennais, et de leur journal L’Avenir. Les trois hommes dénoncent à la fois le concordat de 1801 et le monopole de l’Université. Ils s’attaquent en somme au système instauré par Napoléon. Ils demandent la séparation de l’Église et de l’État, la renonciation de l’Église au budget des cultes, et la liberté pour l’Église de créer des écoles sans l’autorisation de l’État. « L’Église libre dans un État libre », cette formule de Montalembert est le résumé de leur pensée.

La Monarchie de Juillet [note du carnet : 1830-1848] n’est pas favorable à l’école libre. C’est le moins que l’on puisse dire. La Charte de 1830 signée par le roi Louis-Philippe prévoit, dans son article 69, de pourvoir « dans le plus court délai possible » à plusieurs objets dont la « liberté d’enseignement ». Mais ni le gouvernement, ni les chambres ne semblent pressés de légiférer à ce sujet. Montalembert et ses amis décident d’agir.

jeudi 17 novembre 2011

Projet de loi fédérale C-304 visant à abroger des sections liberticides de la Loi

Un projet de loi, C-304, a été introduit pour modifier la Loi canadienne sur les droits de la personne en abrogeant les articles 13 et 54 afin d’assurer qu’il ne soit pas porté atteinte à la liberté d’expression protégée par la Charte canadienne des droits et libertés. Ces articles de loi ont servi à poursuivre Maclean's et des journalistes comme Ezra Levant (pour avoir publié des dessins de Mahomet!), Mark Steyn (pour un article sur l'islamisation de l'Occident) et plusieurs pasteurs et commentateurs conservateurs chrétiens (sur des sujets liés le plus souvent à l'homosexualité).

C'est ainsi qu'en février 2007, le père de Valk éditeur de Catholic Insight (3 500 abonnés) reçut une lettre de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP). L'enquêtrice Sandy Kozak l'informait que son magazine « était mis en examen pour textes haineux » envers des homosexuels. Le crime du père de Valk : avoir défendu l’enseignement de l’Église sur le mariage au cours du débat sur le mariage homosexuel au Canada, en citant largement la Bible, le catéchisme de l’Église catholique, et les encycliques du Pape Jean-Paul II. Dans d'autres articles, le père de Valk s'opposait au programme des activistes homosexuels en matières sociales, mais, selon le prêtre catholique, « sans s'attaquer aux personnes ».

Ce projet de loi a reçu l'assentiment du gouvernement conservateur.

L'article 13.(1) est celui qui attire toutes les foudres des critiques.
13. (1) Constitue un acte discriminatoire le fait, pour une personne ou un groupe de personnes agissant d’un commun accord, d’utiliser ou de faire utiliser un téléphone de façon répétée en recourant ou en faisant recourir aux services d’une entreprise de télécommunication relevant de la compétence du Parlement pour aborder ou faire aborder des questions susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable sur la base des critères énoncés à l’article 3.

Il est important de noter qu'il ne s'agit pas de punir des propos haineux ici, mais la possibilité que des propos puissent être interprétés par un quidam de telle sorte qu'il conçoive un certain mépris envers un groupe fondé sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial, la situation de famille, l’état de personne graciée ou la déficience.

La liste des griefs à l'encontre de cet article et de son traitement par des quasi-tribunaux, qui délivre « un simulacre de justice » selon ses critiques, est longue :

Non seulement les critères de sélection des commissions des droits de l'homme sont-ils à géométrie variable selon le groupe de plaignants et le groupe visé (les chrétiens étant une cible facile), mais les règles de procédure et la structure des commissions pour les droits de la personne ne respectent pas les règles traditionnelles de procédure équitable :
  1. des tiers étrangers aux présumés délits peuvent malgré tout se joindre à la requête et se plaindre.
  2. Les commissions ont parfois permis aux plaignants d'accéder aux dossiers de celles-ci et de diriger les travaux d'enquête.
  3. La vérité n'est pas une défense.
  4. Les accusés ne peuvent pas toujours confronter leurs accusateurs.
  5. Les normes habituelles pour s'assurer de la validité d'une preuve n'ont pas cours.
  6. La preuve par ouï-dire est permise.
  7. Le gouvernement finance les accusateurs, l'accusé doit se défendre à ses propres frais.
  8. Les accusateurs ne peuvent être condamnés aux dépens s'ils perdent.
Hier lors de la période des questions, le député conservateur Brian Storseth (Alberta) a déclaré :
« Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui afin de parler de mon projet de loi sur la protection des libertés, intitulé Loi modifiant la Loi canadienne sur les droits de la personne. Ce projet de loi vise à abroger l'article 13 de la Loi, car il va à l'encontre des fondements sur lesquels repose la société canadienne. Il ne s'agit pas uniquement des libertés qui sont extrêmement chères à tous les Canadiens, mais également de celles dont dépend notre société pour s'épanouir et devenir mature.

    George Washington a un jour dit ceci : « Si nous sommes privés de la liberté d'expression, alors, muets et silencieux, nous pouvons être menés, comme des moutons, à l'abattoir. » La liberté d'expression est à la base même de toutes les autres libertés. Sans liberté de parole et d'expression, à quoi servent la liberté de réunion ou la liberté de religion ? La liberté d'expression est le seul véritable moyen dont disposent les sociétés libres et démocratiques pour lutter contre le sectarisme et l'ignorance.

    Il faut veiller à protéger et à accroître nos libertés fondamentales. Il ne s'agit pas simplement d'une question idéologique. Il s'agit d'une question qui touche tous les Canadiens également. C'est pour cette raison que j'exhorte tous les députés à prendre position et à appuyer le projet de loi C-304, mon projet de loi sur la protection des libertés. »


Le ministre fédéral de la Justice et procureur général du Canada, Rob Nicholson, a répondu à Brian Storseth en ces termes :
« Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord féliciter le député de Westlock—St. Paul d'avoir présenté cette mesure législative et de montrer sa détermination à promouvoir et à protéger la liberté d'expression de tous les Canadiens.

    Le gouvernement croit que l'article 13 n'est pas un moyen approprié ou efficace de combattre la propagande haineuse. Nous pensons que le Code criminel est le meilleur outil pour poursuivre les auteurs de ces crimes.

    Je demande donc à tous les députés d'appuyer le projet de loi C-304 et les modifications que le gouvernement proposera pour renforcer les dispositions du Code criminel relatives à la propagande haineuse. Les députés de l'opposition devraient écouter ce que disent les médias. En effet, le magazine Maclean's, le National Post, et même le Toronto Star, pensent que cet article devrait être abrogé. »

Il reste cependant à voir quels renforcements du Code criminel le gouvernement conservateur compte imposer contre la « propagande haineuse ».


Ezra Levant et Brian Storseth sur C-304 (en anglais)

Voir aussi

Extirper l'hérésie et le blasphème ?

Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?



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Théorie du genre : les Français désavouent leur ministre de l'Éducation

Le magazine français Valeurs actuelles consacre un dossier à l'idéologie du genre, sous le titre « Luc Chatel désavoué » et publie un sondage :


Le ministre français de l'Éducation nationale, Luc Chatel, ne peut plus faire semblant d'ignorer les problèmes que pose l’enseignement de la « théorie du genre » au lycée (fin du secondaire et cégep). C’est la principale conclusion du sondage réalisé par l’Ifop pour Valeurs actuelles. Ses résultats sont clairs : 55 % des Français contestent le caractère « non scientifique » de cette théorie, 54 % jugent que l’intitulé du chapitre de biologie concerné est « source de confusion pour des adolescents », 61 % estiment que députés et sénateurs sont fondés à demander une mission d’information parlementaire. Enfin, 55 % souhaitent que l’épreuve de biologie du baccalauréat ne porte pas sur ce sujet controversé.

Plus embarrassant encore pour la majorité de centre droite, ses électeurs, dont les suffrages seront si précieux l’an prochain, sont à chaque fois plus sévères que l’ensemble des Français : 57 % des sympathisants du parti au pouvoir, l'UMP, jugent qu’une approche sociologique de l’identité sexuelle n’a pas sa place dans un cours de biologie de première, alors que 51 % des Français n’y sont pas hostiles.

Quoi qu’on en pense, une nette majorité se dégage pour demander au ministre de réagir, soit en intervenant auprès des éditeurs pour qu’ils retirent ou corrigent les manuels contestés, soit en transmettant une circulaire corrective aux enseignants. En un mot, les Français donnent raison à tous ceux qui déplorent que l’Éducation nationale ait cédé sur ce sujet aux revendications d’une minorité militante.

Théorisée aux États-Unis dans les milieux féministes extrémistes, la théorie du genre, s’inspire des écrits de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. » Nourris des travaux des philosophes Michel Foucault et Jacques Derrida, ses épigones américains en sont venus à dissocier le genre (masculin ou féminin) du sexe (homme ou femme). Ils professent que « les genres masculin et féminin sont exclusivement le produit de préjugés socio-culturels sans rapport avec la dimension [biologique et] sexuelle de la personne », résume Pierre-Olivier Arduin, directeur de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon.

En dissociant radicalement les comportements sexuel ou social d’une réalité biologique, « cette idéologie consiste à nier l’influence du corps sexué sur la construction de l’identité », poursuit Elizabeth Montfort, juriste et philosophe, dans un livre synthétique et complet : Le Genre démasqué (Peuple libre, 2011).

C’est cette théorie qu’enseignent désormais les manuels scolaires de sciences de la vie et de la Terre (SVT) aux lycéens de première [première année de cégep] ES [économie] et L [littéraire]. « L’identité sexuelle est la perception subjective que l’on a de son propre sexe et de son orientation sexuelle », lit-on dans le manuel Hachette. Chez Bordas : « L’identité sexuelle dépend d’une part du genre conféré à la naissance, d’autre part du conditionnement social […]. Si, dans un groupe social, il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels.  »

Les conséquences dans l’ordre social de ce révisionnisme anthropologique sont à proprement parler révolutionnaires : « Toutes les sociétés humaines ont pris acte des deux genres pour distribuer les rôles, certaines matriarcales, d’autres patriarcales. Toutes ont perçu que l’animus se distingue de l’anima, et que les deux font une paire complexe au sein de la même psyché. La dépréciation de cette évidence vise à diaboliser la notion même d’altérité », soulignait récemment Denis Tillinac dans Valeurs actuelles.

Dans son livre, Elizabeth Montfort dresse la liste des revendications des théoriciens du genre : « Les gender feminists proposent de déconstruire la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, parce que la femme y est maintenue dans un état de domination et soumet ainsi les enfants à un déterminisme “naturel”. La nouvelle famille doit être polymorphe (recomposée, monoparentale, homoparentale…), bref ! choisie. La reproduction doit également être déconstruite pour être choisie : l’enfant ne se reçoit pas, il se désire, il se programme. »

Les partisans du genre réclament donc le droit pour les couples homosexuels de se marier et d’accéder à la procréation médicalement assistée ainsi qu’à la “gestation pour autrui” en attendant, ultime fantasme des gender feminists, que soit mis au point l’utérus artificiel censé libérer la femme des servitudes de la grossesse (le généticien britannique John Haldane a forgé dès 1923 le terme “ectogénèse” pour désigner la reproduction humaine hors de l’utérus féminin).

Bien qu’il s’en défende, Luc Chatel a mis le doigt dans un engrenage. Il vient d’ailleurs de concéder une autre victoire aux théoriciens du genre : à la rentrée prochaine, les élèves de terminale L étudieront « la notion d’homoparentalité » dans le cadre d’un nouvel enseignement, “Droit et grands enjeux du monde contemporain”. « Après avoir constaté l’absence de définition de la famille, on montrera par une analyse juridique et historique qu’elle a profondément évolué et qu’elle est devenue multiforme (famille biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire élargie) et on proposera aux élèves d’en rechercher une définition », précise le Bulletin officiel de l’Éducation nationale du 13 octobre.

Cette innovation est revendiquée par l’Association des familles homoparentales (ADFH). Constatant que la première mouture de ce programme excluait toute référence aux “familles” homoparentales, l’ADFH est intervenue auprès de la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), dirigée par Jean-Michel Blanquer. Bien qu’elle ne compte que 600 adhérents, son lobbying a payé : « Les experts de la Dgesco ont finalement accédé à notre demande », se réjouit l’ADFH, qui « veillera à ce que le thème de l’homoparentalité soit traité de manière correcte et approfondie dans les manuels ».

Et tout cela avec un Sarkozy qui promettait de rompre avec l'esprit des soixante-huitards...

Voir aussi

Homoparentalité au programme des littéraires en France

France — La polémique autour des manuels de sciences qui font la promotion de la théorie du genre ne faiblit pas

Essai historique sur l'utopie pédagogiste

On déplore aujourd'hui en France et dans bien d'autres pays la faillite de l'éducation officielle. 

Jean de Viguerie, dans cet essai, éclaire parents et professeurs sur les origines du désastre. Les principaux responsables sont les pédagogues.

Les innombrables réformes de l'enseignement, accomplies par les pouvoirs publics depuis un demi-siècle, ne représentent que la cause immédiate.

Les pédagogues contemporains bien connus, Freinet, Ferrière, Piaget, Meirieu, se réfèrent toujours à ceux des siècles passés, comme Érasme, Comenius et Jean-Jacques Rousseau. Le système utopiste, mis au point au cours du temps, est devenu aujourd'hui doctrine d'État et réglemente l'enseignement dans une grande partie du monde. On doit en démasquer le mensonge.

L'utopie pédagogique annonce la « réussite de tous » mais, en même temps, elle proscrit les véritables moyens d'apprendre et dévalue le savoir. Elle se targue de placer l'enfant au cœur du système scolaire — l'enfant « sujet » et non « objet » — mais en même temps elle lui refuse l'intelligence innée, la mémoire et l'appétit de savoir. Elle s'empare de lui, le façonne et le manipule. Toute la faillite vient de là. Libérons l'enfant de sa tutelle oppressive en en dénonçant l'utopie.

Table des matières
Introduction
1. Érasme
2. Coménius
3. Les pessimistes
4. Locke
5. Jean-Jacques Rousseau
6. Condorcet
7. Victor Considérant, disciple de Charles Fourier
8. Les pédagogues de l'« éducation nouvelle »
9. Philippe Meirieu
Conclusion
Bibliographie

Les pédagogues
Essai sur l'utopie pédagogique
par Jean de Viguerie
paru aux édition du Cerf
Paris, octobre 2011
160 pages

L'auteur

Jean de Viguerie est professeur émérite des universités françaises. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'Ancien Régime et la période révolutionnaire.





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France — « Personne ne doute que vos enfants soient heureux et instruits »... Et pourtant parents traînés en justice par l'État

Sylvie et Régis Martin-Rodriguez avec leur avocat, Cédric Plantavin. Photo PQR/Laurent THEVENOT
Sylvie et Régis Martin-Rodriguez
avec leur avocat, Cédric Plantavin.
« Nous avons peur de servir d’exemple ». En décidant d’instruire leurs enfants à la maison, comme la loi les autorise, Sylvie et Régis Martin-Rodriguez ne s’attendaient certainement pas à se retrouver un jour devant un tribunal. C’est pourtant ce qui leur arrivera cet après-midi à Bourg-en-Bresse, où ils vont comparaître en correctionnel.

Ce couple éduque lui-même ses deux enfants, Tom, 11 ans et Lilou, 8 ans. Deux enfants particulièrement intelligents et éveillés, tout le monde vous le dira. « Même l’inspecteur l’a écrit, rappelle Sylvie Martin-Rodriguez. Dans l’un des courriers, il a dit “Personne ne doute que vos enfants soient heureux et instruits”... Alors pourquoi est-on là ? »

La question mérite d’être posée puisque ce qui est obligatoire en France, c’est l’instruction, pas l’école. Simplement, la contrepartrie à cette liberté consiste en des contrôles de plus en plus tatillons de l’Éducation Nationale, via l’Inspection d’académie, afin de vérifier que les enfants ne sont pas, par exemple, embrigadés dans des sectes. (Il existe bien d'autres embrigadement idéologiques que les sectes religieuses.) La volonté est légitime, le traitement de ce genre d’affaires par l’administration plus contestable.

Passible de 6 mois fermes et 10 000 $ d’amende

Pour la famille Martin-Rodriguez, c’est en 2009 que les problèmes vont démarrer. Le 16 juin, un inspecteur passe dans la vallée de la Valserine pour contrôler les enfants. « Il a souhaité tester directement les connaissances de nos enfants, ce qu’il n’a pas le droit de faire » explique Sylvie, qui ne s’oppose pas au contrôle lui-même des méthodes d’instruction, mais aux modalités de ce contrôle qu’elle estime contraires à la loi.

Voilà ce que l’avocat de la famille allait plaider tout comme les modalités puisque Sylvie Martin-Rodriguez explique « qu’elle n’a jamais reçu la mise en demeure » pourtant obligatoire avant cette citation au Procureur de la République. Reste qu’ils sont inquiets puisqu’ils encourent jusqu’à 6 mois de prison ferme et 10 000 dollars d’amende.

Menace de l'État de retirer les enfants 

« Nous vivons un cauchemar jour après jour. Ce qu’il semble y avoir derrière, c’est aussi la menace de nous retirer nos enfants » poursuit encore Sylvie Martin-Rodriguez.

Ce douloureux cas individuel est même en passe de devenir le symbole de beaucoup de parents pour une éducation en dehors du cadre de l’Éducation nationale.

Coup de théâtre, le procureur veut étudier le dossier

Dès le début de l'audience au tribunal, l’étude du « dossier » des parents Rodriguez prit un tour assez inattendu, avec le renvoi de l’affaire par le tribunal au 22 mai prochain.

le procureur Guérin s’était expliqué : « J’ai reçu un peu tard les conclusions de leur avocat. Son dossier est très sérieux, très charpenté, il y a de très bons arguments et il soulève plusieurs problèmes juridiques. Le dossier mérite une étude suivie… »

Pris de cours, les époux Martin-Rodriguez entourés d’un petit comité de soutien descendu du Pays de Gex, ont mis un peu de temps à savoir si la chose était positive ou non. Avant d’être rassurés par leur défenseur.

Lionel Tarlet, l’inspecteur d’académie n’aura pas dit grand-chose sur ce report. La procédure judiciaire est le fait de son prédécesseur, mais il l’assume. « Il y a un décret du 5 mars 2009 que nous devons faire appliquer… »

Pour le quidam, ce décret ne dit pas grand-chose. Mais pour l’avocat des parents, cette petite phrase a un sens, qui va en leur faveur. « Je considère que c’est bon signe » expliquait Me Plantavin qui traite par ailleurs sept affaires du même genre dans l’Hexagone. « C’est la première fois que l’Éducation nationale française évoque ce décret. Jusqu’alors, elle se basait sur un texte de 1999. Ce décret de 2009, c’est justement là dessus que nous bâtissons nos conclusions. »

Bref, les parents Martin-Rodriguez vont donc pouvoir continuer d’enseigner à Tom et Lilou quasiment jusqu’à la fin de l’année scolaire officielle. Sans être « embêtés » par une convocation au tribunal, entre des trafiquants de drogue ou des escrocs.

Et sans anticiper sur le devenir de l’affaire, on se dit que si le tribunal prend encore six mois avant de se décider, c’est aussi qu’il considère qu’il n’y a pas urgence ou mise en péril grave pour l’éducation des deux enfants.




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mercredi 16 novembre 2011

Euthanasie — comité d'experts de la SRC partial ? Outil politique pour justifier un choix préétabli sur un sujet sensible ?

Radio-Canada a fait grand cas d'un rapport d'un comité de la Société royale du Canada (SRC) qui recommande au gouvernement fédéral de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté. L'article en ligne sur le site de Radio-Canada et le sujet au téléjournal de 22 heures de ce mardi 15 novembre se contentaient de reproduire les propos de ces experts, sans interroger les opposants à ce rapport controversé. Nous pensons qu'il est bon qu'on entende ces autres voix.

Parmi les opposants, La Euthanasia Prevention Coalition du Canada (EPCC). Celle-ci a déclaré mardi que le comité de six experts qui a rédigé le rapport de la Société royale du Canada était « partial ».

« Je dénonce depuis deux ans la composition de comité partial, dès le début j'ai été très inquiet », a déclaré le président de la EPCC, M. Schadenberg, ajoutant qu'un comité d'experts représentant les deux côtés de la question aurait été plus utile, même si son travail avait débouché sur deux rapports distincts.

M. Schadenberg a déclaré qu'il n'était pas surpris que le groupe d'experts ait choisi de ne pas retenir un certain nombre d'études, dont une publiée l'an dernier qui révélait que 32 % des euthanasies en Flandre (Belgique) avaient été effectués par des médecins sans demande explicite ou même le consentement des patients.


L'éthicienne Margaret Somerville interrogée sur ce rapport (en anglais)

Selon M. Schadenberg, il faudrait davantage mettre l'accent sur le besoin d'améliorer les soins palliatifs pour tous les Canadiens afin qu'ils prennent une décision éclairée en fin de vie.

L'éminent bioéthicien américain Wesley J. Smith se rallie à ce constat et déclare que, pour ce que qui est du comité de la SRC, « les dés étaient pipés en faveur de l'euthanasie  au Canada ».

Dans un communiqué de presse émis en octobre, la SRC avait prétendu que le rapport serait « équilibré, exhaustif, indépendant, libre de tout conflit d'intérêts et fondé sur une connaissance approfondie de la recherche publiée se rapportant aux questions qui ont été posées. »

Smith a souligné que la « partialité [du rapport] n'est même pas subtile. »

« Les "commissions d'experts" qui conseillent sur des questions de politiques publiques sensibles sont généralement des outils politiques conçus pour arriver à une conclusion prédéterminée afin de préparer la mise en œuvre d'un changement politique souhaité », a-t-il ajouté.

Le professeur de philosophie de l'Université Queen's, Udo Schuklenk, qui a présidé le comité, est un philosophe pro-euthanasie notoire.

Dans un essai où il expliquait pourquoi il était athée, Schuklenk a soutenu que les religions « gênent » « la prise de décision de notre fin de vie » , car les religions « rejettent toutes les demandes de nombreux mourants de mettre fin à leur vie dans la dignité ».

Smith a critiqué la décision de la Société royale canadienne de choisir Schuklenk comme président alors qu'il est de notoriété publique que Schuklenk avait des convictions claires en faveur du suicide assisté. Pour le professeur Smith, la sélection de Schuklenk indiquait d'emblée les conclusions attendues de ce comité.

Le comité comprenait également Sheila McLean, qui a plaidé en faveur de la légalisation du suicide assisté dans son livre "The Case for Assisted Suicide", Jocelyn Downie, auteur de "Dying Justice", un livre exhortant la dépénalisation de l'euthanasie et le suicide assisté, et Johannes J.M. van Delden, un chercheur néerlandais sur l'euthanasie.

Me Pierre Deschamps, spécialiste en droit de la santé, a qualifié d'«extrême» la position des experts signataires du rapport, entre autres choses parce qu'elle ne limite pas la pratique de l'euthanasie aux malades en phase terminale.

« Cela ouvre la porte à une situation où tout un chacun qui serait fatigué de la vie et qui aurait plus de 18 ans pourrait demander à ce qu'on l'aide à se suicider », dit Me  Deschamps, qui avait consulté hier un résumé du rapport. Me Deschamps souligne aussi que les auteurs du rapport semblent placer l'autonomie de la personne au-dessus de toutes les autres valeurs qui participent au tissu social de la société.

Or, « en société, dit-il, il y a des balises et des contraintes ».

La spécialiste du droit de la santé à l'Université McGill, Margaret Somerville, a aussi exprimé « une forte opposition » aux conclusions du rapport, qu'elle a qualifié de « manifeste pro-euthanasie ». Margaret Somerville, qui est elle-même membre de la Société Royale du Canada, conteste en particulier les données du rapport quant à l'absence d'abus dans certains pays où l'euthanasie et le suicide assisté sont légalisés, soit aux Pays-Bas et en Oregon.

Entretemps, au Québec

Entretemps, au Québec un sondage récent d'Environics révélait que 81 % des Québécois craignent que, si l’euthanasie est légalisée, on ne mette fin à la vie des malades sans leur consentement. Une majorité dans toutes les régions du Canada choisit également d’investir davantage dans les soins palliatifs et dit craindre que des personnes âgées se sentent contraintes d’accepter l’euthanasie pour diminuer les frais des soins de santé si l’euthanasie était légalisée au Canada.

L'association Vivre dans la dignité a mené une analyse indépendante exhaustive des quelque 427 mémoires et présentations orales à la Commission sur mourir dans la dignité. « Les chiffres sont clairs. Parmi les mémoires et présentations faites devant la CSQMD, 99 % considèrent que les soins palliatifs constituent le choix digne pour les Québécois en fin de vie. De plus, 60 % sont totalement opposés à l’euthanasie et au suicide assisté. « Seulement un tiers (34 %) des personnes qui ont participé aux auditions étaient favorables à l’euthanasie. »




Sources (partielles) :  Vancouver Sun, Le Devoir et Vivre dans la dignité.




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Conférence sur l'éducation par Marybeth Hicks


On nous annonce une conférence de Marybeth Hicks sur l'éducation qui aura lieu samedi prochain, le 19 novembre.


Conférence sur l'éducation et la famille
Avec Marybeth Hicks
Samedi 19 novembre 2011
à 14 h 00
Salle de spectacle L’Entrepôt
2901, boul. St-Joseph,
Lachine H8S 4B7
10 $ par personne



La conférence se déroulera en anglais avec traduction simultanée en français.

Pour toute information et pour confirmer votre présence:

Jocelyne Gibert
450-967-9922

jocegibhotmail.com
Service de garde sur place (gratuit)

Marybeth Hicks, auteur et chroniqueuse en matière familiale au Washington Times, nous entretiendra de son livre : Bringing up Geeks: How to Protect Your Kid’s Childhood in a Grow-up-too-fast World.


Image of Marybeth HicksDans un monde aux valeurs superficielles, de pression des amis sur les adolescents et au consumérisme débridé, le monde a besoin de plus de AEPE (Geek en anglais)  : d'authentique, enfants à plein potentiel et enthousiastes. Aujourd'hui, la « culture sympa » a changé la façon dont les enfants grandissent. Plutôt que de jouir d'une enfance innocente, tout en développant des caractèers forts et authentiques, les enfants d'aujourd'hui peuvent devenir cynique, même blasés, s'ils absorbent certaines messages néfastes d'une culture dominante populaire qui encourage le matérialisme, des comportements à haut risque, et les droits de l'âge adulte mais les responsabiltés d'une adolescence dans cesse prolongée.

Auteur et mère de quatre enfants Marybeth Hicks propose une autre voie, elle montre aux parents comment ils peuvent aider leurs enfants à acquérir l'enthousiasme nécessaire pour poursuivre leurs passions, pas simplement la dernière mode, ainsi que la confiance nécessaire pour résister à la pression des autres enfants et éviter des comportements destructeurs, comment cultiver l'amour de l'étude qui les aidera à exceller à l'école et dans la vie et, enfin, la maturité pour apprécier la famille ainsi que leurs amis et prendre de bonnes décisions morales.




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La « droite » française [et la CAQ ?] ne saisit pas qu’elle est plus à gauche que les gauches de nombreux pays

Pour Philippe Nemo, la France de 2011 souffre d'un nombre attristant de problèmes, qu'elle ne pourra résoudre qu'en se délivrant de l'idéologie qui a provoqué la plupart d'entre eux en aveuglant les Français : le socialisme.

Dans le présent recueil, Philippe Nemo a rassemblé quelques-uns des articles qu'il a consacrés ces dernières années à cette question. Ils portent sur les problèmes institu­tionnels qui brident la démocratie dans notre pays, sur la censure pratique et légale qui empêche les débats sociétaux, sur l'immigration qui menace de défaire le lien social, sur l'État-providence qui mine l'esprit de responsabilité, sur la fiscalité dont la France détient quasi­ment le record mondial, ou encore sur la crise profonde que connaît notre éducation scolaire et universitaire. Mais Philippe Nemo reste raison­nablement optimiste. L'emprise du socialisme sur la gestion du pays est un phénomène récent (il remonte seulement aux années 1980) et donc superficiel. Quand le pays aura trop souffert, quand les intellectuels critiques lui auront expliqué les raisons profondes de la paralysie et de la régression qu'il subit, il se réveillera du socialisme comme d'un mauvais rêve.

Le peuple a perdu son pouvoir au profit de la haute fonction publique et les syndicats

Le drame français se situe moins dans le niveau pourtant exorbitant de sa dette publique que dans des institutions qui empêchent la démocratie d’effectuer son travail salutaire de contrôle des élus et qui empêchent l’économie privée de s’adapter au changement. Le peuple a perdu son pouvoir au profit d’une « double oligarchie », la haute fonction publique et les syndicats, explique Philippe Nemo dans un ouvrage admirable de lucidité sur le mal qui ronge la France, le socialisme. Car il précise d’emblée que, conséquence du monopole d’Etat sur l’école et les médias, « la droite française ne se rend pas compte qu’elle est plus à gauche que les gauches des grands pays européens et anglo-saxons ».

L’auteur analyse et décrypte ce qu’il nomme la perversion du jugement moral et l’intériorisation des principes socialistes sur les sujets devenus tabous chez nos voisins tels que l’école, l’immigration ou l’État-providence.

Le premier drame, c’est la « suppression du parlement ». Le président décide de presque tout, il nomme le premier ministre et le parlement est à son service. Les députés ne peuvent être élus qu’avec l’investiture d’un grand parti. La véritable élection se fait dans l’état-major du président actuel ou futur. Le président nomme et tient en main ses députés. « C’est le rétablissement d’un pouvoir absolu, plus étendu, à maints égards, que celui des rois de France sous l’absolutisme », selon ce spécialiste des civilisations. L’impuissance du parlement signifie « que la société civile ne peut tenir en échec l’appareil de l’État ». C’est l’État au contraire qui « impose à la société ses volontés ». Le statut de la fonction publique a facilité le changement. De fait, les fonctionnaires sont devenus majoritaires à la Chambre des députés et ils ne sont incités ni par leur culture ni par leurs intérêts corporatifs à exercer quelque contrainte que ce soit sur la fonction publique.

La deuxième composante de l’oligarchie, ce sont les syndicats et groupes activistes, deux groupes pourtant peu représentatifs. L’Élysée [la présidence française] et les « partenaires sociaux », représentent respectivement 12,5 % des électeurs et 5 à 10 % des salariés. Cette seconde oligarchie n’a cessé de monter en puissance. On a cédé à ses revendications et on lui a assuré son financement. Car aujourd’hui, « l’argent dont disposent les syndicats est principalement d’origine publique », selon l’auteur. Cette prise de pouvoir ne figure nullement dans la Constitution. Et il n’est inscrit nulle part dans cette dernière « que les décisions du parlement et du gouvernement ne sont exutoires que si elles ont trouvé grâce aux yeux de ces groupes privés et minoritaires », assure Philippe Nemo.

Transfert de richesses non vers les pauvres, mais vers le secteur public

Cette structure doublement oligarchique s’est traduite par une croissance incessante du secteur public tandis que les économistes s’étonnaient des rigidités à la baisse des prélèvements obligataires. Ce transfert de richesses ne va pas des riches aux pauvres, mais il est horizontal, du secteur privé au secteur public.

Les particularités institutionnelles de la France ne subsistent souvent qu’en raison d’obstacles massifs au débat public. Le manque de pluralisme des opinions empêche le développement d’une économie du savoir et la concurrence des idées. Pourtant c’est la source naturelle de l’innovation et de la croissance. « La paralysie intellectuelle est le fruit d’une logique potentiellement obscurantiste qui rappelle l’Inquisition », explique l’auteur dans un chapitre absolument brillant. On a créé en France un dispositif judiciaire qui présente d’indéniables analogies avec ce tribunal. Pour l’auteur, nous sommes revenus à la période d’avant le XIIe siècle lorsque Abélard fit la distinction entre péché et crime. Grâce à lui, les sentiments intimes étaient placés hors de portée du droit pénal. Grâce à lui la science pouvait se développer.

Mais depuis quelques décennies, les lois de censure se sont multipliées avec les lois Pleven (1972), Gayssot (1990), le décret de 1993 et la loi sur la Halde (2004). Des propos non seulement publics mais aussi privés devenaient punissables. L’État s’arrogeait le droit d’intervenir dans le contenu des conversations privées, pouvoir auquel, jusqu’à cette date, seuls des régimes totalitaires avaient prétendu. Il devint également un délit de porter atteinte par des propos publics ou privés à l’honneur» ou à la «&nbp;considération ». La France impose aux juges une mission de discernement idéologique. On entre dans une totale insécurité juridique. Ce qui frappe dans cette police des idées, c’est son caractère crypto-religieux, selon l’auteur. Les socialistes espagnols et allemands ont pu, pour des raisons de justice et d’efficacité économique, supprimer l’impôt sur la fortune. En France, selon Nemo, « celui qui suggère une telle mesure passe pour un ennemi juré des pauvres et un personnage asocial qui ne mérite pas qu’on lui parle ».

L’analyse des « vices éthiques » de la fiscalité française vaut également le détour pour la présentation de ses mécanismes, une fiscalité conçue comme « une atteinte sans contrepartie à la propriété et au travail de chacun ». Celui qui gagne son argent honnêtement à la sueur de son front est opprimé par le fisc. C’est immoral, car depuis Locke, on sait que les droits naturels de l’homme se déclinent en trois termes, la vie, la liberté et les biens. L’être de l’homme est donc indissociablement lié à son avoir. C’est pourquoi l’impôt confiscatoire n’est pas seulement une entrave à l’économie, mais « il transforme l’homme », selon Philippe Nemo. Cette politique de spoliation nuit à tout le pays puisque le progrès est toujours apporté par des individus qui ont été libres d’explorer des voies nouvelles.

Le réveil de la France est possible, mais pour l’auteur il viendra « quand la pauvreté induite par la collectivisation de tous les ressorts de la vie sociale sera devenue insupportable ».

Source partielle : Le Temps

La France aveuglée par le socialisme,
par Philippe Nemo,
aux éditions François Bourin,
Paris,
paru le 4 novembre 2011,
416 pages,
ISBN-10 : 2849412783


Voir aussi

« Extirper l'hérésie et le blasphème » ?

Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?



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