samedi 18 novembre 2023

Accusé Napoléon, défendez-vous!

« Napoléon sur le champ de bataille d’Eylau », d’Antoine-Jean Gros, 1807. Les combats entre Français et Russo- Prussiens firent près de 60 000 victimes, dont au moins 12 000 morts.


Thierry Lentz, dans les colonnes du Figaro Magazine, défend Napoléon trop souvent caricaturé. Dictateur, misogyne, ingrat, infidèle, raciste, antidémocrate : notre époque n’a pas de mots assez durs pour juger l’Empereur. À raison ? Le directeur général de la Fondation Napoléon répond précisément aux principaux griefs qui lui sont faits.

Fossoyeur de la Révolution ?


McGill et Université de Montréal, même combat. Vraiment ?

Un texte de Christian Dufour paru sur Meta.

J’ai été frappé par l’alignement total du recteur de l’Université de Montréal (UdeM), Daniel Jutras, sur les positions des universités anglophones dans le dossier de la hausse des frais de scolarité des étudiants de l’extérieur du Québec. 

Cet alignement était tout particulièrement évident dans une entrevue que M. Jutras a donnée récemment à Patrice Roy sur les ondes de RDI, avec le principal et vice-chancelier de l’université McGill, H. Deep Saini.

Cet appui sans réserve du dirigeant de la plus grande institution universitaire francophone ajoute de la crédibilité à l’opposition des universités anglophones à un projet gouvernemental présenté comme mesquin, inutile et irréaliste, pour ne pas dire xénophobe comme on ne se gêne pas pour le répéter à l’envi dans le reste du pays.

Est-il permis de voir un lien entre cet appui inespéré de M. Jutras et le fait que, jusqu’à sa récente nomination comme recteur de l’UdeM, il avait fait toute sa carrière à McGill où il a œuvré de 1985 à  2020 – 35 ans! —,  entre autres comme vice-doyen, directeur de l’Institut de droit comparé et doyen en droit ?

Avec l’appui du recteur Jutras, les universités anglophones réussiront-elles à imposer leur argumentaire sur les trois points suivants dans ce débat important pour le monde universitaire québécois et le français à Montréal ?

1. Il faut associer le moins possible le niveau des frais de scolarité à la situation du français (dont tout ce beau monde se préoccupe infiniment, comme de bien entendu…)

2. C’est carrément la réputation internationale Montréal qui est en jeu — on s’en inquiète, paraît-il jusqu’à Hong Kong que l’on aurait cru plus préoccupé par les visées liberticides de Xi Jinping… [Note du carnet: Surtout la très célèbre Concordia, alma mater du professeur Fabrikant qui y a tué ses collègues connue pour son militantisme pro-palestinien de longue date, voir les émeutes de 2002 contre la visite de Netanyahou et Police obligée de départager les étudiants juifs et arabes à Concordia (M. à j. coups de feu sur deux écoles juives)]

Le professeur Valery Fabrikant de Concordia emmené après avoir tué 4 de ses collègues en 1992

3. Les  universités anglophones sont en péril… [Note du carnet : en quoi est-ce grave ? Pourquoi ne pas les franciser ?]

Rappelons que, s’il y a péril en la demeure, c’est au sujet de la langue d’usage dans l’ouest du centre-ville de Montréal qui est en train de redevenir l’anglais comme dans les bonnes vieilles années 1950. Et s’il y a une université en danger, c’est l’UQAM, menacée de se faire damer le pion par Concordia (cf.  sur ces sujets les textes du chercheur Frédéric Lacroix).



vendredi 17 novembre 2023

France : de 1932 à 1939, une politique d'immigration de gauche fermée et inflexible

Quelle a été vraiment la politique des gouvernements en matière d'immigration sous la IIIe République (1870-1940), période où le régime républicain s'est enraciné ?


Lors de la crise économique des années 1930, les pouvoirs publics français entendent assurer une « protection de la main-d’œuvre nationale ». Cette préoccupation n'est pas nouvelle sous la IIIe République. Certaines réglementations d'inspiration analogue, mais de portée beaucoup plus modeste, avaient déjà été adoptées par le passé. Puis, lorsque la crise de 1929 atteint très durement la France, les gouvernements successifs et le Parlement durcissent le droit en vigueur. La loi d'août 1932 fixe le principe d'une proportion maximale de travailleurs étrangers dans le privé, à préciser par décret secteur par secteur.

 

Le président du Conseil des ministres, Léon Blum (au centre), et le ministre de l'Intérieur, Roger Salengro (2e en partant de la gauche), lors du défilé du Front populaire le jour de la Fête nationale, en 1936, sur la place de la Nation, à Paris. Le Front populaire réunit les trois principaux partis de la gauche : la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), le Parti radical et le Parti communiste (qui : soutient les deux premiers sans y participer directement) ainsi que de nombreux autres mouvements de gauche et antifascistes.

Ces législations prises en réaction à la crise ne concernent pas seulement le monde ouvrier. L'époque est très préoccupée par le sort des classes moyennes. À la demande des représentants des médecins (qui se plaignent de la concurrence des médecins russes et roumains et craignent de voir arriver en nombre des confrères allemands, souvent juifs, fuyant le nazisme), l'exercice de la profession est subordonné à la naturalisation pour les médecins diplômés à l'étranger (lois de 1933 et 1935). Certains, parmi les intéressés, qui doivent impérativement travailler tout de suite pour gagner leur vie, sont obligés de se contenter de fonctions de secrétaire médical, quoique surqualifiés. Puis ceux-ci déposent une demande de naturalisation lorsqu'ils ont les trois ans de résidence requis par la loi. D'autres reprennent des études. Les avocats, très nombreux à la Chambre et au Sénat, obtiennent, pour leur profession, des dispositions encore plus draconiennes. Les avocats étrangers ne peuvent plus exercer que s'ils ont été naturalisés depuis dix ans, ce qui revient à interdire le barreau aux confrères venus d'Europe centrale.

Un sentiment de méfiance

En 1935, par ailleurs, à l'initiative de l'Action française, puissante au Quartier latin à l'époque, une partie des étudiants parisiens en médecine et en droit multiplient grèves et monômes pour protester, fréquemment en termes insultants, contre la présence d'étudiants étrangers (souvent des Juifs originaires d'Europe centrale et balkanique qui ne pouvaient pas accéder aux facultés de médecine dans leurs pays) et soutiennent qu'ils sont trop nombreux parmi eux. Le jeune François Mitterrand semble avoir participé à un ou deux de ces rassemblements. Les gouvernements de l'époque ne leur donnent pas satisfaction (ils n'institueront jamais de numerus clausus d'étudiants étrangers) et se déterminent en fonction des attentes des représentants des professions libérales, non de l'activisme de l'Action française au Quartier latin. Cette agitation n'en demeure pas moins l'indice d'un climat.

La législation se durcit à mesure que la crise économique s'approfondit et qu'un sentiment de méfiance envers les étrangers gagne du terrain, aggravé par des faits d'actualité : le président de la République Paul Doumer est assassiné par un Russe en 1932 ; Alexandre Stavisky, l'escroc à l'origine du scandale qui ébranle le pays en 1934, est né en Ukraine, alors province de l'Empire russe, et il se trouve qu'il est juif, fait qui sera exploité par des journaux comme L'Action française ; le roi de Yougoslavie est assassiné par un Bulgare soupçonné d'avoir agi pour le compte d'ultranationalistes croates, à Marseille lors d'une visite d'État la même année. Le ministre des Affaires étrangères, Louis Barthou, présent aux côtés du souverain, est tué dans l'attentat.

Arrive le Front populaire. À l'égard des étrangers, le gouvernement de Léon Blum arrête les rapatriements forcés de mineurs polonais et italiens. Les cas d'expulsion pour activité syndicale jugée trop virulente diminuent, sans disparaître. Le ministre de l'Intérieur, le socialiste Roger Salengro, en maintient la possibilité pour les « manquements très graves à la réserve qui s'impose à tout étranger recevant l'hospitalité de notre pays » (circulaire du 27 juillet 1936). Dans les « manquements très graves » , le ministre de Léon Blum inclut les cas d'activité syndicale ou politique qui auraient un caractère vindicatif ou s'accompagneraient d'actes de violence. Après des incidents à Moyeuvre-Grande (Moselle) lors des grandes grèves de juin 1936, de nombreux ouvriers sidérurgistes étrangers sont ainsi expulsés par le gouvernement du Front populaire. Interrogé par un député communiste qui critique en termes posés sa décision, le ministre de l'Intérieur la justifie par « l'attitude particulièrement violente des intéressés qui, parfois, ont manqué de la correction la plus élémentaire à l'égard des autorités locales » , ce qui « justifie pleinement » leur expulsion. « Si le gouvernement entend rester fidèle à tous les principes humanitaires et faire tout spécialement honneur aux traditions d'hospitalité, il ne saurait tolérer que les étrangers abusent de l'asile qui leur est offert, en intervenant dans les conflits politiques et sociaux » , ajoute Salengro (JO des débats du 1er octobre 1936).

Son successeur Place Beauvau, le socialiste Marx Dormoy, s'il manifeste sa sollicitude envers les réfugiés politiques qui fuient l'Allemagne nazie, est intransigeant envers l'immigration clandestine. Il donne pour instruction aux préfets de « refouler impitoyablement tout étranger qui cherchera à s'introduire sans passeport ou titre de voyage valable ou qui n'aura pas obtenu de visa consulaire s'il est soumis à cette formalité » (14 avril 1937).

Le gouvernement du Front populaire autorise les étrangers au chômage à chercher du travail en dehors du département de leur domicile (cette faculté avait été supprimée en 1935). Le ministre de l'Intérieur invite ses services à moins de raideur dans ses rapports avec les étrangers à l'occasion des procédures de renouvellements des cartes. L'obligation scolaire de 6 à 14 ans est étendue aux enfants étrangers. L'école publique, aussi bien d'ailleurs que l'école libre, ne refusait nullement de scolariser les enfants d'étrangers jusqu'alors, mais il n'était pas possible de contraindre les parents récalcitrants à prodiguer une instruction à leurs enfants. Ce cas de figure était très rare, mais pas inexistant (« notre fils va nous prendre de haut s'il a de l'instruction » , entendait-on parfois). Le Parlement ratifie la convention de Genève de 1933, signée par la France, qui étend le bénéfice du passeport Nansen (du nom de l'ancien haut-commissaire aux réfugiés de la Société des nations qui l'a fait adopter) à de nouvelles catégories d'apatrides. Et un certificat de nationalité en faveur des réfugiés allemands qui ont fui le régime hitlérien est institué.

Ces changements notables coexistent avec une continuité sur les questions centrales de la politique d'immigration. Sous le Front populaire, l'immigration de travail dans l'industrie demeure, on l'a vu, aussi faible qu'auparavant. Et le gouvernement de Léon Blum ne stoppe nullement la généralisation des quotas de travailleurs étrangers dans les différents secteurs de l'économie nationale. D'accord avec la loi de 1932 « protégeant la main-d’œuvre nationale », l'exécutif à direction socialiste poursuit son application avec minutie. La seule journée du 20 décembre 1936, dix décrets sont promulgués instituant « la proportion de travailleurs étrangers qui pourront être employés » dans les fabriques de bouchons et objets en liège des Bouches-du-Rhône (la part est fixée à 30 % au maximum, et ne devra pas dépasser 20 % six mois plus tard, délai qui vise, peut-on supposer, à laisser aux entreprises le temps de licencier des travailleurs étrangers s'ils sont trop nombreux et de recruter des Français pour les remplacer) ; dans les laiteries et fromageries du Cher (10 % seulement de travailleurs étrangers autorisés, proportion qui doit être réduite à 5 % six mois plus tard) ; dans le BTP du Loiret (en raison de la pénurie de travailleurs nationaux constatée là, le quota est au contraire relevé de 5 % à 15 % pour les entreprises de mosaïque et de carrelage), etc.

Aucun parti politique national ne semble, à l'époque, avoir protesté. Le PCF lui-même, qui se distinguait par sa défense des travailleurs étrangers dans les années 1920, a changé de discours en même temps qu'il a rompu son isolement à gauche et renforcé son poids à la Chambre et dans le pays lors des législatives d'avril-mai 1936. Sa doctrine de lutte des classes se double désormais d'un ultrapatriotisme jacobin ainsi que d'une prétention à incarner le peuple en lutte contre les oligarques aussi bien que contre les agents supposés de Mussolini en France. « Nulle xénophobie ne nous anime lorsque nous crions « La France aux Français » » , déclare Maurice Thorez lors d'un meeting au Vél' d'Hiv', le 28 septembre 1937.

Une extrême fermeté


En revanche, les étrangers, lorsqu'ils ont du travail, bénéficient des réformes sociales du Front populaire (généralisation des quinze jours de congés payés à tous les salariés, systématisation des conventions collectives, réduction du temps de travail hebdomadaire de 48 à 40 heures à salaire inchangé).

Le Front populaire tombe en avril 1938. Les radicaux-socialistes se détournent des socialistes et communistes et forment un gouvernement avec la droite modérée. Le radical Édouard Daladier s'installe à Matignon. Le risque d'une guerre avec Hitler devient obsédant et domine toute la vie politique. Il s'agit, pour Daladier, de réarmer la France et préparer le pays à un conflit. Au nom du salut public, vieille idée chère à la Révolution française et familière à l'univers intellectuel des républicains d'alors, Daladier obtient des députés le vote des pleins pouvoirs. Il a ainsi le droit de légiférer lui-même, par des décrets-lois (l'équivalent des ordonnances sous la Ve République). Près de cent sont promulgués en un an, avant les accords de Munich (30 septembre 1938) aussi bien qu'après. Six d'entre eux durcissent au maximum la réglementation sur les étrangers. La constitution d'une association étrangère est soumise à autorisation préalable, afin d'interdire les partis politiques étrangers déguisés en associations (cette restriction au droit d'association des étrangers restera en vigueur jusqu'en 1981). Après Munich, l'internement administratif des étrangers suspects est autorisé et un premier centre ouvre (février 1939).

Au même moment, la guerre d'Espagne s'achève : plus de 450 000 Espagnols franchissent en quelques semaines la frontière française après la chute du réduit républicain en Catalogne et la victoire des nationalistes. Prises de court face à une telle masse, les autorités françaises désarment les soldats, surveillent les anciens des Brigades internationales et ouvrent des camps d'internement à la frontière. Puis les préfets répartissent ces réfugiés dans des camps disséminés dans tout le sud du pays. Sept mois plus tard, la Seconde Guerre mondiale commence.

Considérée dans toute sa durée, la IIIe République, au cours de ses 70 ans d'existence, a manifesté une extrême fermeté, et, à l'occasion, a été implacable, envers les étrangers présents sur son sol. Sa raideur a cependant été nuancée, ou contrebalancée, par un accès qu'on peut estimer aisé à la nationalité française sous réserve de manifester des efforts d'assimilation afin de mériter la qualité de Français, jugée hautement désirable. Sur ce sujet, indissociable du patriotisme, puissant à l'époque, la IIIe République a toujours été fière, confiante en elle-même et certaine de son bon droit.
 
Source : Le Figaro 

mardi 14 novembre 2023

Aucune preuve que le réchauffement climatique entraîne une croissance économique plus faible

Davis Barker a publié un article dans Econ Journal Watch qui démonte une étude largement citée qui prétend démontrer que des températures plus élevées entraînent une croissance économique plus faible. C’est assez dévastateur, mais les méthodes utilisées dans l’étude de référence visée semblent tellement mauvaises qu’il est étonnant qu’elle ait pu être prise au sérieux.

Il a résumé son étude dans le Wall Street Journal :

Selon un célèbre article publié en 2012 par les économistes Melissa Dell, Benjamin Jones et Benjamin Olken, le changement climatique nuit à l’économie. Cet article figure parmi les 1 % les plus importants de toutes les publications économiques universitaires quant au nombre de citations, et il a fait l’objet d’une couverture médiatique élogieuse. Les auteurs enseignent respectivement à Harvard, à Northwestern et au Massachusetts Institute of Technology, et ont reçu certaines des plus hautes récompenses de la profession. Je me suis penché de plus près sur leur étude, et elle ne tient pas la route.

L’étude affirme que les températures élevées freinent la croissance économique dans les pays pauvres. Cette affirmation s’effondre lorsque l’on examine leurs définitions. Les auteurs étudient la période 1961-2003 et attribuent à chaque pays une désignation binaire de « pauvre » ou de « riche » selon que leur produit intérieur brut par habitant était inférieur ou supérieur à la médiane des pays en 1960.

Mais certains pays ont vu leur situation changer radicalement à l’époque.

La Corée du Sud est « pauvre », selon les auteurs. En réalité, elle était très pauvre au début des années 1960 et est ensuite devenue très riche. Lorsque j’ai simplement reclassé la Corée du Sud en tant que pays pauvre de 1961 à 1976 et riche de 1977 à 2003, les résultats de l’étude disparaissent presque complètement. Lorsque j’ai permis aux classifications de tous les pays de changer lorsqu’ils passaient au-dessus ou au-dessous de la médiane du PIB par habitant, les résultats ont complètement disparu. Toute étude dont les résultats s’effondrent après un changement de spécification aussi simple ne devrait pas être publiée dans une revue universitaire à comité de lecture.


J’ai également constaté que des circonstances économiques inhabituelles influençaient grandement les résultats des pays. Le PIB par habitant du Rwanda a chuté de 63 % en 1994, année du génocide. Il se trouve que cette année-là a été plus chaude que la moyenne, ce qui a trompé le modèle en montrant que les températures élevées entraînent une baisse du PIB. L’élimination de 16 observations inhabituelles de pays et d’années sur 4 924 a permis d’éliminer l’effet principal rapporté par l’étude. D’autres aspects apparemment arbitraires de leur technique, lorsqu’ils ont été modifiés, ont affaibli ou éliminé leurs résultats.



J’ai étendu les données utilisées par les auteurs aux années 2003 à 2017 et j’ai ajouté des pays supplémentaires à l’échantillon. J’ai constaté à nouveau que le fait de classer correctement les pays en tant que pauvres ou riches avait pour effet d’éliminer les conclusions de l’étude. En revenant à la source originelle de leurs données, j’ai découvert que des températures mensuelles sont disponibles, bien que les auteurs n’aient utilisé que des données annuelles sur les températures. Si les températures élevées réduisent réellement la croissance du PIB, il semble probable que cet effet soit le plus important au cours des mois les plus chauds de l’année. Je n’ai trouvé aucune preuve à l’appui de cette hypothèse dans les données originales ou étendues. J’ai également utilisé un ensemble de données complètement différent sur le PIB par pays et je n’ai trouvé aucun effet de la température sur la croissance.

Les défenseurs du climat ont besoin de preuves que les températures élevées réduisent la croissance économique pour faire avancer leurs politiques. Les économistes responsables ont constaté que les températures élevées n’ont que de faibles effets sur le niveau du PIB. Si les températures augmentent comme le prévoit le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat — en supposant qu’il n’y ait aucune atténuation des émissions de CO2 — alors, selon les économistes responsables, le PIB mondial en 2100 sera inférieur d’environ 2,6 % à ce qu’il serait s’il n’y avait pas d’augmentation de la température. Avec une croissance économique normale, le PIB par habitant en 2100 sera cinq fois plus élevé qu’aujourd’hui. Une réduction de 2,6 % du PIB en 2100 signifierait une croissance du PIB multipliée par 4,9 au lieu de 5, ce qui n’est pas vraiment une catastrophe. Mais si les chercheurs parviennent à démontrer que des températures plus élevées affecteront le taux de croissance du PIB, alors les effets de la chaleur d’ici 2100 pourraient être significatifs. C’est pourquoi les chercheurs pro-climat [alarmistes] souhaitent tant trouver un effet négatif de la température sur la croissance.

Econ Journal Watch, qui a publié ma réfutation, a contacté les auteurs de l’étude de 2012 pour leur donner l’occasion de réagir à mon travail. Ils ont refusé. Il est étonnant que d’éminents économistes, travaillant dans des universités et disposant de vastes ressources leur permettant de rassembler des preuves, aient choisi d’ignorer ma critique. Mais les médias grand public ignoreront tout ce qui révèle les faiblesses de la recherche sur le climat, et les revues universitaires continueront à publier des travaux de piètre qualité qui confirment le dogme de l’hystérie climatique.

David Barker a enseigné l’économie et la finance à l’université de Chicago et à l’université de l’Iowa. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université de Chicago et a travaillé comme économiste à la Banque fédérale de réserve de New York. Il dirige actuellement une société immobilière et financière dans l’Iowa. immobilière et financière dans l’Iowa et est membre du Conseil de surveillance des universités publiques de l’Iowa.

lundi 13 novembre 2023

Vivarium Novum, le dernier collège universitaire où tout se passe en latin

Non loin de la ville de Frascati, que la légende dit fondée par le fils d’Ulysse et de la sorcière Circé, s’élève la somptueuse villa Falconieri. Un joyau de la Renaissance italienne. Ses pensionnaires, entre 16 et 25 ans, sont népalais, mexicains, ukrainiens… Ils ont troqué, le temps d’une année scolaire, leurs téléphones intelligents et jeux vidéo pour Sophocle, Cicéron et Platon. À l’Accademia Vivarium Novum, le règlement est clair : on ne vit, on ne parle qu’en latin, ou en grec ancien pour les plus avancés. La vue est imprenable depuis ces collines de l’est de Rome. Un peu plus haut, dans une villa similaire, Cicéron a écrit les Tusculanes il y a 2000 ans. Il fait si beau en ce lundi midi qu’une cinquantaine d’étudiants déjeunent dans les jardins, sous le regard fier du directeur, Luigi Miraglia. « Da mihi salem, quaeso », entend-on au milieu des éclats de rire. Traduction : « Est-ce que tu peux me passer le sel ? »
 

C’est une merveille d’excentricité, un projet défiant tout sens commun. Le seul endroit au monde à proposer une immersion pareille. Des écoles de ce genre ont existé, bien sûr, celle-ci en prolonge l’esprit. Dans la Grande Grèce — partie sud de l’actuelle Italie — avaient fleuri celles de Pythagore, de Parménide, de Zénon. L’Accademia Vivarium Novum est la dernière du genre. Ou la première d’une nouvelle Renaissance ? Les directeurs de l’institution ne cachent pas leur ambition : « Notre projet est de réunir les villas des environs, presque toutes délaissées. Et d’en faire un campus mondial de l’humanisme, avec un centre d’art classique, une bibliothèque… », explique le Belge Julien Claeys Boúúaert, chargé de littérature latine. Il se réjouit qu’au bout d’un mois seulement, les nouveaux venus s’expriment déjà avec aisance. Il faut dire que même le jeu de Scrabble est en latin. On joue le jeu, à fond.
 

France — Diffusion d'une enquête édifiante sur les dysfonctionnements de l’Éducation nationale scandalise internautes et enseignants

Une situation de plus en plus préoccupante. Alors que Gabriel Attal a été nommé ministre de l’Éducation nationale il y a quelques mois, il doit faire face à de nombreux enjeux. Si le harcèlement scolaire est un sujet de plus en plus discuté sur les plateaux de télévision et dans les cours d’école, les professeurs sont en premières lignes face aux dysfonctionnements de l’Éducation nationale. Ce dimanche 12 novembre 2023, le magazine "Zone Interdite" présenté par Ophélie Meunier a mis en lumière bon nombre de ces dysfonctionnements.


Comme l’affirme Ophélie Meunier en préambule, en enquêtant sur l’Éducation nationale, les équipes d’M6 ont été "choquées" : "Nous ne nous attendions pas à une telle pagaille". L’état des lieux et catastrophique : violences de plus en plus grandissante de la part des élèves, salles de cours délabrées, professeurs "payés à ne rien faire" ou absents, chaos administratif… rien ne va.
"Le naufrage de l'Éducation nationale"

Pour les besoins de leur enquête, les journalistes de "Zone Interdite" ont dû s'infiltrer en caméra cachée dans un collège, lycée et rectorat. La raison de cette discrétion ? Après un an de négociations, le ministère de l'Éducation nationale a tout simplement refusé d'autoriser les équipes à filmer. Et pour cause...

Infiltrée dans un lycée général de Bordeaux en qualité de surveillante, Julie, journaliste, a tout de suite pris la mesure de l'urgence de la situation. Dès 8h du matin, des élèves attendent devant une salle de cours, car leur professeure d'italien est absente. Et cela dure depuis trois semaines. L'après-midi, Julie tombe une nouvelle fois sur ces élèves. Cette fois, c'est leur professeur d'histoire qui est absent.

Lui aussi infiltré dans un collège difficile, Robin a dressé le même constat dès son premier jour : 11 professeur sont absents. Par conséquent, des dizaines d'élèves errent dans les couloirs du collège pour éviter de finir en salle de permanence.

Sur X, cette pénurie de professeurs pointée du doigt par les équipes de "Zone Interdite" a scandalisé la Toile. Pour beaucoup d'internautes - dont certains eux-mêmes professeurs - l'émission de M6 ne fait que stigmatiser la profession, soulignant l'absence des professeurs...

Mais les téléspectateurs ont très vite découvert les raisons de cette pénurie de professeurs. Pour comprendre, une journaliste de "Zone Interdite" s'est infiltrée dans un rectorat, au sein du service chargé de remplacer les professeurs absents. La journaliste infiltrée y a fait la connaissance d'une fonctionnaire complètement dépassée par les nombreux coups de téléphone qu'elle reçoit chaque jour. Des appels de proviseurs qui recherchent d'urgence des professeurs remplaçants. Face caméra, la fonctionnaire l'avoue : elle a fini par filtrer les appels de parents d’élèves. Sa journée se finit à 16h30.

Une désorganisation administrative qui s'ajoutent aux techniques de recrutement lunaires au sein de l'Éducation nationale. Face à la pénurie, des candidats absolument inexpérimentés sont engagés. Certains n'ont même jamais enseigné ou passé le concours pour devenir professeur. Là encore, devant M6, de nombreux internautes ont été scandalisés par l'illustration de cette réalité frappante...

dimanche 12 novembre 2023

Vivre-ensemble — Une école juive à nouveau ciblée par des coups de feu à Montréal


L’école juive Yeshiva Gedolah, qui accueille des enfants d’âge primaire dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges — Notre-Dame-de-Grâce — Outremont, a de nouveau été la cible de coups de feu dimanche matin. L’établissement a été visé trois jours plus tôt, dans un contexte de tensions liées au conflit entre Israël et le Hamas.

Des tirs ont été entendus vers 5 h par plusieurs citoyens. Un véhicule aurait ensuite été vu en train de quitter rapidement les lieux. Des policiers ont trouvé des impacts de balle et des douilles. Aucun individu ne se trouvait dans l’établissement au moment de l’évènement, a précisé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Les élèves étaient attendus sur les bancs d’école dimanche. Les cours ont été annulés. Le SPVM a érigé des périmètres de sécurité et a déployé des enquêteurs et des techniciens en identité judiciaire afin d’éclaircir les circonstances des évènements.

« C’est un geste odieux et nous n’accepterons pas que Montréal soit le théâtre de tels actes », a déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante sur la plateforme X. « Il faut absolument combattre l’antisémitisme. Tous les Montréalais et toutes les Montréalaises ont le droit de se sentir en sécurité », a-t-elle ajouté.

« C’est horrible »

L’évènement a également été dénoncé avec fermeté par des représentants de la communauté juive de Montréal. « C’est horrible. C’est une continuité des actes de terreurs qui ont commencé dans ma synagogue à Dollard-des-Ormeaux », s’est exclamé Henry Topas, directeur régional de l’organisation juive B’nai Brith Canada pour le Québec, rencontré par La Presse devant l’école.

Mardi, la synagogue de la congrégation Beth Tikvah et les locaux de la Fédération CJA, un organisme qui représente les Juifs de Montréal, ont été la cible de deux cocktails Molotov, mardi. Les engins incendiaires ont été tirés en pleine nuit sur ces deux établissements situés l’un à côté de l’autre, dans un quartier résidentiel de l’Ouest-de-l’Île.

Un cocktail Molotov a visé la synagogue de la congrégation Beth Tikvah mardi.

Jeudi, ce sont deux écoles juives, dont l’école Yeshiva Gedolah, qui ont été visées par des coups de feu. Ce sont des employés des écoles qui ont remarqué les dommages aux bâtiments à leur arrivée au travail jeudi matin.


Hausse importante des « crimes de haine »

À la suite de l'attaque initiale du Hamas le 7 octobre, les crimes de haine contre les juifs et les musulmans à Toronto ont explosé, faisant plus que doubler le total pour toute l'année 2022 en seulement trois semaines, comme l'indique la police.

Sources : la Presse et Reuters

Voir aussi 

Police obligée de départager les étudiants juifs et arabes à Concordia (M. à j. coups de feu sur deux écoles juives)

Norvège — Les écoles chrétiennes menacées par le budget prévisionnel 2024

Présentée dans le budget prévisionnel 2024, la forte réduction des subventions menace directement les écoles chrétiennes en Norvège. Elles expriment de grandes inquiétudes quant à leur avenir.

Certaines pourraient fermer. Les écoles chrétiennes de Norvège ont découvert avec grand étonnement le plan du gouvernement. Présenté le 6 octobre, le budget prévoit en effet une réduction des subventions aux établissements scolaires de 4,3 millions d’euros. D’ici cinq ans, le gouvernement projetterait ainsi d’économiser environ 42 millions d’euros, selon le quotidien Vart Land.

« C’est très grave »

Cette réduction de subventions concerne au moins 110 établissements chrétiens. Conseillère principale de l’Association des écoles chrétiennes libres, Sidsel Høland Olausson exprime son désarroi: «C’est très grave et cela signifie que les écoles doivent licencier du personnel. Nous imaginons également que des écoles devront fermer à cause de cela».

Par ailleurs, l’ancien Ministre des Finances (janvier 2020 et octobre 2021), Jan Tore Sanner incite le gouvernement «à retirer la proposition et à proposer un ajustement dans le budget». Le parlementaire du Parti conservateur pointe le «manque de dialogue» avec les organisations d’écoles indépendantes. Selon lui, la proposition envoyée aux établissements en janvier 2022 est «peu documentée et mal formulée».

Source

Les activistes de la cause transgenre et de l'ultraféminisme ont pris une place considérable dans Wikipédia, instances dirigeantes comprises

Factuel. media et « Le Point » proposent une enquête conjointe sur Wikipédia.

L’activisme transgenre est-il compatible avec l’histoire du cyclisme ? Cette question, en apparence farfelue, a provoqué un débat houleux entre contributeurs de Wikipédia. Il était question de Robert Millar, grimpeur écossais, quatrième du Tour de France 1984. Aujourd’hui âgé de 65 ans, Robert Millar (ci-contre lors du Tour de France 1993) se fait appeler désormais Philippa York. Après son retrait des pelotons, en 1996, le coureur a déclaré vouloir « changer de genre ».  C’est sous ce nom qu’il apparaît dans Wikipédia.

Bien entendu, aucun passionné de cyclisme ne se souvient d’une quelconque Philippa York qui aurait brillé un jour dans le peloton professionnel masculin. Malgré tout, des contributeurs sont montés au front ces dernières années, dans le but d’effacer toute référence à « Robert Millar » de la page. Ils agissaient sous pseudonyme, comme c’est souvent le cas sur l’encyclopédie en ligne.

La bataille entre contributeurs a été acharnée. Les uns effaçaient Robert Millar, les autres le réinscrivaient. « “@Nattes à chat”, je vois que tu as annulé le nom du coureur entre parenthèses sous sa photo », déplore « Cymbella » le 17 décembre 2019 en rappelant quelques principes de base de l’encyclopédie. « Le nom de Philippa York n’est pas cité dans les ressources relatives au sport, l’utiliser seul pour désigner le coureur s’apparenterait à un non-respect des sources et à une réécriture de l’histoire. »

Idéologie diffuse

 « Philippa York est une personne et une seule », rétorque « Clairegris » un an plus tard, alors que la page a été une énième fois modifiée. « Robert Millar » est un deadname [un morinom], considère-t-elle. Il doit disparaître ! « Le fait que ma rédaction de sa page est (sic) été vandalisée avec de telles justifications scabreuses (parce qu’il n’y a pas d’autre terme) me donne [re-sic] envie de vomir. » Et la contributrice anonyme de lancer : « C’est bel et bien Philippa York qui a gagné le grand prix de la montagne du Tour de France 1984. » Une affirmation que même Philippa York ne soutient pas. Elle est bien placée pour mesurer l’écart considérable qui sépare les performances des hommes et celles des femmes, à haut niveau, dans les sports d’endurance. Différentes études concluent à un différentiel de puissance de 35 % à 40 %, soit le gouffre séparant un vainqueur du Tour de France d’un honnête amateur.

samedi 11 novembre 2023

Le Totalitarisme sans le goulag, le nouveau livre de Mathieu Bock-Côté

Sur l'antisémitisme supposé du Front National lire Bruno Gollnisch, ancien député à l’Assemblée Nationale et au Parlement européen, ancien Vice-Président du Front National et membre du Conseil National du RN.


 
 Billet du 14 octobre
 
Les Occidentaux ont voulu se faire croire après la chute du communisme que l’histoire du totalitarisme était derrière eux, qu’elle ne les concernait plus. Au pire redoutaient-ils l’apparition d’un totalitarisme doux, à visage humain, mais ils ne le croyaient pas vraiment, ne le prenaient pas au sérieux. Et pourtant, le totalitarisme revient. Dans l’incrédulité générale, puisqu’il revient sans goulag, car il n’en a plus besoin. Et il revient sous une forme paradoxale.

Nos sociétés veulent croire que ce qu’elles appellent « l’extrême-droite » les menace existentiellement, comme si elle sortait des enfers pour les y ramener avec elle.

Cette catégorie politique fanto­matique, indé­fi­nis­sable, manipulée et instru­men­talisée, sert essentiel­­lement à étiqueter tous ceux qui s’opposent au régime diversitaire. Mais pas seulement : toute personnalité de gauche n’adhérant pas à la doxa ambiante est désormais frappée de cette marque de l’infamie.

La lutte contre la prétendue « extrême-droite » justifie aujourd’hui une suspension progressive des libertés, le retour de mécanismes d’ostracisme et un contrôle social croissant, prétendant éradiquer le mal du cœur de l’homme. En d’autres mots, ce n’est pas « l’extrême-droite » qui nous menace, mais la lutte contre « l’extrême-droite » qui nous conduit au totalitarisme. Je sais cette thèse contre-intuitive. Je me donne la mission ici de la démontrer.

Mathieu Bock-Côté

SOMMAIRE
 
Introduction. Le retour de la question totalitaire

Chapitre 1. L’extrême-droite introuvable
  • La France, l’extrême-droite et la culture du cordon sanitaire
  • L’enjeu d’une définition : argument géographique et argument idéologique
  • Détour par l’extrême-centre macronien — une redéfinition de l’argument géographique au temps du peuple factieux
  • L’extrême-droite comme tradition idéologique
  • En quoi les thèmes de l’extrême-droite sont-ils d’extrême-droite ?
  • Faut-il parler au diable ? Faut-il aller chez lui ? Que dit-on d’un homme lorsqu’on dit qu’il est d’extrême-droite ?
  • L’extrême-droitisation comme technique de verrouillage du débat public
Chapitre 2. L’institutionnalisation du mensonge : no pasarán, le réel ne passera pas !
  • Du sentiment d’insécurité, ou l’accusation de paranoïa lancée à ceux qui découvrent la diversité compliquée
  • De la récupération politique : que faire du fait divers ?
  • L’art de nier l’existence des peuples, ou le rôle très particulier du démographe lyssenkiste dans le régime diversitaire
  • Nous sommes tous des immigrés, ou l’abolition du peuple historique : retour sur l’exemple québécois
  • De l’inexistence des sexes : le rôle du sociologue du genre
  • La théorie de la discrimination systémique — ou comment le régime diversitaire justifie une ingénierie sociale permanente
  • Une esthétique de la laideur, ou l’inversion du beau et du laid
  • Fonction de la novlangue inclusive
  • L’intelligence artificielle et le devenir de l’homme avatarisé
Chapitre 3. Les prochains prisonniers politiques d’Occident ou la radicalisation de l’extrême-centre
  • Surveiller et punir : logique de la peine de mort sociale
  • La fin de la vie privée dans un monde connecté
  • Interdire l’extrême-droite
  • Le rôle des procès politiques et le prochain registre des propos haineux
  • Interdire la critique de la théorie du genre
  • Retour sur la pandémie et réflexions sur les nouvelles modalités du contrôle social
  • Vers un contrôle politique des médias : la propagande d’État au nom du consensus scientifique et pour lutter contre la désinformation
  • Le sort des dissidents, et la punition des réfractaires
  • De l’URSS à l’EURSS ?
Conclusion. Un totalitarisme à visage humain ? Portrait de l’homme dissocié
  • Penser contre les commissaires politiques