samedi 19 août 2023

Ce traité toujours en vigueur qui favorise l’immigration des Algériens en France: l'héritage secret du général De Gaulle

L’accord du 27 décembre 1968, qui facilite l’immigration des Algériens en France, a eu raison de ce qui avait été le cœur de la politique algérienne du général de Gaulle : éviter la submersion de la France par l’immigration. Extrait du Figaro Histoire.

Alors que se succèdent crises et rebondissements dans les relations franco-algériennes sous l’égide d’Emmanuel Macron et de son homologue Abdelmadjid Tebboune, l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, a jeté en mai dernier un pavé dans la mare en révélant, dans une note destinée à la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique), l’existence d’un traité international dont l’opinion française ignorait tout : celui qui lie depuis le 27 décembre 1968 la France à la République algérienne et institue pour ses ressortissants un système préférentiel de séjour et d’immigration.

De Gaulle en Algérie, décembre 1960


Destiné à favoriser l’immigration de travailleurs algériens en France, celui-ci a institué en effet un titre de séjour qui leur est propre et qui n’a jamais été, à ce jour, remis en question : le certificat de résidence administrative, valable dix ans pour tout immigré algérien titulaire d’un visa de plus de trois mois ; il a dans le même temps facilité pour les mêmes Algériens le regroupement familial en les dispensant de l’exigence d’intégration dans la société française. Permettant aux étudiants de transformer leur visa en titre de séjour permanent, il prévoit en outre la régularisation de tout Algérien sans papier pouvant attester de dix ans de résidence en France, ou de son mariage avec un conjoint français. Toutes dispositions exorbitantes du droit commun, mais impossibles à changer par la loi puisque, en vertu de la hiérarchie des normes, les traités internationaux, dans l’ordre juridique français, l’emportent sur la législation.

Le pays a dès lors appris avec stupeur que les lois françaises successives sur l’immigration ne concernaient jamais les Algériens, alors même qu’ils constituent la première nationalité étrangère en France.

« Les contestations juridiques du programme [ECR] ont miné la confiance du public »

Georges Leroux est un des pères du programme contesté d’éthique et de culture religieuse (ECR) qui a été imposé (pardon « offert ») aux élèves du Québec en 2008, qu’ils soient inscrits dans des écoles publiques ou privées. Le tout censément afin d’imposer le respect de la « diversité » en forçant l’enseignement d’un programme unique gouvernemental à la place de la diversité de programmes préexistants : catholiques, protestants ou laïques. Ce professeur militant a été jusqu’à défendre ce programme « audacieux » plusieurs fois devant les tribunaux.

Il reconnaît dans les colonnes du Devoir que la stratégie des parents de contester ce programme en justice a porté ses fruits malgré les ressources importantes de l’État québécois pour imposer ECR.
Les multiples contestations juridiques du programme ont miné la confiance du public, selon lui. « Ça nous a fait perdre beaucoup de temps. Ça a donné l’impression que quelque chose n’allait pas dans cette maquette-là », dit-il.
Le même article du Devoir relate ces propos de Mireille Estivalèzes de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal :
La professeure est convaincue que ce programme faisait l’affaire de la majorité silencieuse. Elle reconnaît qu’il a été contesté de toutes parts — y compris jusqu’en Cour suprême —, pour les mauvaises raisons, selon elle. Les catholiques le trouvaient trop multireligieux, les religieux le trouvaient trop laïque, les athées le trouvaient trop religieux, les nationalistes identitaires y voyaient une promotion du multiculturalisme à la Trudeau…
Il s’agit apparemment d’une croyance qui relève de la foi, car Mme Estivalèze ne fournit aucune preuve alors que, d’une part, mécontenter les catholiques, les religieux, les athées et les nationalistes cela fait beaucoup de monde et, d’autre part, que plusieurs sondages ont montré que la majorité des parents — malgré la propagande gouvernementale et médiatique en faveur du programme ECR — n’appuyait pas l’imposition de ce programme contesté.

54 % contre l’imposition du programme ECR

En octobre 2008, un autre sondage Léger-Marketing indiquait que 72 % des Québécois étaient en accord avec cette proposition : « Seriez-vous d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse ? » Enfin, en mai 2009, la même question à nouveau posée par Léger-Marketing recueillait désormais 76 % d’appui dans la population (voir les résultats du sondage). Ces deux sondages n’ont été publiés par aucun journal québécois alors que tous ont reçu un communiqué portant sur ceux-ci.

On a aussi l’impression que Mme Estivalèzes pense que les opposants ne pouvaient tous avoir raison en même temps (et donc que les critiques étaient infondées). Or, le même programme peut être trop relativiste, trop multiculturaliste, trop multireligieux et trop teinté de vague religiosité en même temps selon la perspective propre de chaque parent, car les parents ont diverses perspectives. Et c’est pourquoi ce carnet a toujours milité pour rendre ce programme optionnel ou l’éliminer.

Mme Estivalèzes affirme encore que « le programme d’ECR présentait les religions comme un sujet d’étude et n’avait rien à voir avec du prosélytisme ». Si elle prétend par là que le programme ECR ne présentait que des faits sur les religions, qu’il était neutre, froid et encyclopédique, elle est contredite par Georges Leroux qui le dit très clairement : « Dans l’univers très riche des programmes formulés selon des compétences, nous ne travaillons pas à partir de contenus prédéterminés : les jeunes ne recevront pas dans ce programme des connaissances encyclopédiques sur telle ou telle religion, ou doctrine morale ». L’important dans le programme ÉCR, ce sont les « compétences » et les « visées éducatives ».

Quelles sont ces visées éducatives ? Selon le rapport Proulx (p. 90) qui a servi de base théorique à l’imposition de ce programme, il s’agit de développer « l’ouverture et la tolérance ».  Dans le programme, l’accent était mis sur les « attitudes » et les « comportements » que les enfants doivent adopter à l’égard de la diversité religieuse, et non sur la transmission de connaissances, car ces connaissances ne faisaient même pas partie du programme comme tel, mais elles n’étaient qu’au strict service des compétences d’ouverture à la diversité.

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vendredi 18 août 2023

Pour le gouvernement québécois, le sexe est une catégorie sociale, la biologie abolie

Comme d’habitude, les réformes du gouvernement (même censé être de droite ou du moins centriste) sont l’occasion d’un détournement par les coteries les plus militantes à gauche.


Source : programme du primaire et du secondaire

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La CAQ (censément de droite), ce gouvernement dur avec les conservateurs qui défend les travelos et les nus anti-blancs dans un musée

Québec — Nouveaux articles au Code civil portant sur les mères porteuses (GPA)

Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale…

Québec — Cours d’éducation à la sexualité ou comment endommager une génération en une seule prise…

Unanimisme — L’Assemblée nationale se porte à la défense des travelos lecteurs de contes pour enfants

Ministre de la condition féminine défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et « vos yeules ! » 

La « personne » enceinte — Loi sur les normes du travail du Québec, article 81.4 (oui, oui, sous la CAQ)

François Legault : « Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique »

DPJ — acharnement et impunité de la DPJ. Qui protège les parents contre la DPJ ?

Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l’État comme protecteur de l’intérêt de l’enfant   

Les batailles pour « déconstruire » les normes se livrent dans tous les domaines, y compris à l’école

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

Québec — contrairement aux promesses électorales, un record d’immigrants (plus de 100 000/an) [m à j]

 

L'afflux de « demandeurs d'asile  » dans le pays exerce une pression sur le réseau scolaire québécois

L'afflux de demandeurs d'asile dans le pays exerce une pression sur le réseau scolaire québécois. Au Centre de services scolaire de Montréal, le nombre d'élèves inscrits en classes d'accueil s'élève à 4400 en prévision de la prochaine rentrée. En comparaison, à la même période l'année dernière, en 2022, on comptait 2547 élèves inscrits dans ces classes.
 

«Cela demande une réorganisation des locaux, des tâches des enseignants et des services; sur le recrutement, aussi bien des enseignants que pour les services complémentaires; sur la capacité d’accueil des écoles et sur le transport scolaire», indique un porte-parole du CSSM.

Les classes d'accueil - officiellement appelées classes d'intégration linguistique, scolaire et sociale - sont des lieux de passage, le temps que la maîtrise du français de ces élèves soit suffisante pour qu'ils puissent intégrer une classe ordinaire.

En plus de leur apprendre le français, les professeurs des classes d'accueil font office de guides dans la nouvelle société d'accueil de ces enfants.
 

 

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jeudi 17 août 2023

Classer les classements mondiaux des universités… et les déclasser

Bien que très critiqués par les experts, les classements mondiaux des universités se sont imposés, avec des effets parfois pervers sur la gestion de ces établissements.

L’université de Paris-Saclay qui a bondi en un an dans le classement de Shangaï après la fusion des établissements qui la composent dorénavant, sans que l’enseignement dispensé ne soit devenu meilleur (ce n’est même pas un critère direct du classement de Shangaï)

Depuis le milieu de la décennie 2000, de nombreux dirigeants des universités, particulièrement en Europe, attendent chaque année avec une certaine nervosité l’annonce de leur position dans divers classements mondiaux. Les classements les plus connus sont celui dit de Shanghai, produit depuis 2003 par l’université Jiao Tong de cette ville (et depuis 2009 par Shanghai Ranking Consultancy, une organisation indépendante) et, en Angleterre, celui du Times Higher Education.

Les experts en scientométrie et en évaluation ont fortement critiqué ces classements dès leur apparition. Malgré cela, et pour des raisons obscures, bon nombre de présidents d’université continuent non seulement de les prendre au sérieux, mais se fixent même comme objectif de grimper dans ces classements, sans trop se soucier de comprendre ce qu’ils mesurent vraiment sur le plan académique.

L’autrice, Elisabeth Gadd, de l’université de Loughborough, au Royaume-Uni, et présidente du groupe de travail sur l’évaluation de la recherche de l’International Network of Research Management Societies, nous y apprend que leur équipe a analysé de près tous les classements et que, selon ses critères de transparence, gouvernance et validité des mesures, peu de classements sont bien classés. Se montrant ouvert à ces organisations, le groupe de travail leur a demandé de s’autoévaluer, ce qu’elles ont toutes refusé, sauf l’équipe du CWTS, qui produit le classement de Leyde ! Comme quoi les évaluateurs n’aiment pas être évalués…

Certains gestionnaires d’université veulent influer sur les classements

L’article détaillant les travaux d’Elisabeth Gadd et ses collègues, paru en 2021, réitère et synthétise les critères auxquels devraient se conformer ces classements. De telles critiques finissent parfois par trouver des échos concrets. Ainsi, un rapport d’experts sur les universités en 2030 pour la Commission européenne affirme que l’enseignement supérieur devrait enfin aller au-delà de la manie d’évaluer sur la base de classements jugés « beaucoup trop simplistes ».

Le rappel de ces critiques est bienvenu. Cependant, le texte d’Elisabeth Gadd dans Nature laisse de côté un aspect rarement discuté, mais très important : les effets des classements sur les pratiques académiques. On sait que certaines universités modifient leur gestion pour se conformer aux critères des classements. Plus grave : certains gestionnaires veulent influer sur les classements. Par exemple, ils écrivent aux professeurs de leur université en leur demandant des noms de contacts internationaux afin qu’ils puissent les intégrer à la base de données du classement du Times Higher Education, qui inclut une partie fondée sur un sondage d’opinion. Ces gestionnaires espèrent ainsi augmenter la probabilité que les personnes choisies pour classer les universités connaissent bien la leur.

On sait aussi que pour améliorer la position d’une institution dans le classement de Shanghai, il suffit que ses chercheurs indiquent tous la même adresse d’affiliation. Ainsi, la pseudofusion d’institutions diverses sous le nom d’« université Paris-Saclay » s’est aussitôt traduite par la présence de ce label en quatorzième position du classement de 2020 ! Qui peut croire que les activités réelles des chercheurs ainsi « fusionnés » aient surpassé celles de leurs « concurrents » d’autres organismes après moins d’un an d’existence ?


                                                                                                    Source : Pour la Science n° 526 — août 2021


Le palmarès de Shanghai

Ce classement des supposées « meilleures » universités mondiales est actuellement très en vogue et semble attendu chaque année avec impatience par de nombreux dirigeants d’universités. Il est composé de la somme de six mesures dont quatre ont un poids de 20 % chacun ;

  1. membres du corps universitaire ayant reçu un Nobel ou une médaille Fields (pour les mathématiques) ; 
  2. nombre de chercheurs de l’institution parmi la liste des « plus cités » de Thomson Reuters ; 
  3. nombre d’articles de l’institution publiés dans les revues Nature et Science ; 
  4. nombre total d’articles recensés dans le Web of Science de la compagnie Thomson Reuters.

    Deux autres mesures ont un poids de 10 % chacun : 
  5. nombre d’anciens étudiants ayant reçu un Nobel ou une médaille Fields ; 
  6. ajustement des résultats précédents selon la taille de l’institution.

Notons d’emblée que ces critères favorisent la recherche de haut vol, mais n’évalue pas l’enseignement des premiers cycles ni l’insertion des étudiants dans la vie professionnelle.

Des dizaines de chercheurs parmi les plus cités au monde ont changé leur affiliation principale pour des universités d’Arabie séoudite au lieu de leur employeur principal, bien qu’ils ne soient souvent que des chercheurs invités ou des boursiers de recherche dans l’institution saoudienne. Cette affiliation trompeuse a renforcé la position de ces établissements séoudiens d’enseignement supérieur dans les tableaux de classement mondial des universités qui tiennent compte de l’impact des citations des chercheurs d’un établissement. Source

Le classement de Shanghaï a pris des éléments qui lui étaient le plus accessibles, des éléments objectifs comme le nombre de prix Nobel, de médailles Fields. Ce sont par ailleurs des éléments qui existent beaucoup dans les sciences exactes, mais beaucoup moins dans les sciences humaines et sociales.

Le classement de Shanghaï prend aussi des mesures d’articles qui valorisent beaucoup les revues en langue anglaise. Les pays où il y avait beaucoup de publications dans les langues nationales sont ainsi défavorisés. De fait, tous ces critères défavorisaient les universités francophones.

Il est tout à fait évident que l’indice final de ce palmarès se fonde sur la somme de plusieurs mesures hétérogènes, car le nombre de publications dans Science et Nature n’est pas commensurable au nombre de prix Nobel. Chose plus surprenante, il a été montré que les données sur lesquelles il est fondé sont difficilement reproductibles [cf. R.V. Florian]. On pourrait aussi mettre en cause le choix d’un indicateur comme le nombre d’articles dans Science et Nature quand on sait que ces deux revues ont un très fort biais américain : 72 % des articles parus dans Science en 2004 ont au moins une adresse américaine, et cette proportion est de 67 % dans la revue britannique Nature. 

Surtout, au regard du critère de l’inertie [la qualité d’une université ne peut radicalement varier en un an par exemple], il y a lieu de se poser de sérieuses questions sur la validité d’un indice qui fait varier la position d’une université de plus de 100 rangs dans le palmarès par le seul fait d’attribuer à l’université de Berlin ou à l’université Humboldt le Prix Nobel d’Einstein obtenu en 1922 ! 

Sans parler du fait que l’on peut se demander si la qualité d’une université en 2006 peut être influencée de la sorte par des travaux effectués plus de 80 ans auparavant. On a noté plus haut que certains voient dans ce classement la preuve qu’il faut construire de gros regroupements d’universités pour être plus « compétitifs ». 

Or, c’est oublier que le California Institute of Technologie (Caltech) se classe au 6e rang dans le classement de Shanghai alors qu’il est une institution de très petite taille (environ 300 professeurs et un peu plus de 2000 étudiants). Et l’université de Princeton, elle aussi de taille relativement réduite avec environ 5 000 étudiants, qui se classe en 8e position. Vu sous cet angle, cela ne conforte sûrement pas l’idée de grands regroupements et pourrait plutôt inciter à conclure que « small is beautiful »…

En fait, seule une psychosociologie des dirigeants universitaires et autres fonctionnaires ministériels haut placés pourrait expliquer un tel engouement pour un classement qui n’a, en réalité, aucune valeur scientifique. Il est aussi probable que l’importance soudaine accordée à ce classement, soit un effet des discours sur l’internationalisation du « marché universitaire » et de la recherche de clientèles étrangères lucratives qui viendraient ainsi combler les revenus insuffisants provenant des gouvernements. 

De nombreux dirigeants universitaires qui envoient des délégations en Chine semblent y voir, en effet, un « marché » potentiellement lucratif qu’il ne faudrait pas laisser aux seules universités américaines. Enfin, il sert aussi de façon stratégique les acteurs qui veulent réformer le système universitaire et se servent de ces classements de façon opportuniste pour justifier leurs politiques. En fait, il est même probable que, dans l’éventualité où les universités françaises se seraient très bien classées, il aurait été plus difficile de justifier les réformes actuelles et les décideurs auraient alors jeté un regard plus critique sur un tel classement qui, à l’inverse, aurait été bien reçu par ceux qui s’opposent aux réformes.  (Sources : Érudit, Le Figaro).

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L’importance (l’artifice) du critère « nombre d’élèves internationaux » utilisé notamment dans le QS World University Ranking favorise les universités anglophones ou celles prêtes à s’angliciser. Voir le cas des Pays-Bas : Les Pays-Bas veulent décourager les étudiants internationaux d’y étudier.

L’importance du passeport canadien dans l’attrait du « nombre d’élèves internationaux » qui influent sur certains classements internationaux : Canada — 800 000 étudiants étrangers à la fin 2022, une augmentation de 31 %. Et un passeport canadien avec ça ? 

mardi 15 août 2023

Professeurs d'université reviennent aux examens papier, aux dissertations manuscrites et aux oraux pour lutter contre l'utilisation du ChatGPT

  • Les éducateurs ne savent toujours pas quoi faire du ChatGPT d’OpenAI.
  • Alors que certains professeurs l’ont adopté comme outil, d’autres trouvent des moyens de lutter contre son utilisation.
  • Certains optent pour des examens écrits et des dissertations personnelles afin de réduire la tricherie.
Le nombre croissant d’étudiants qui utilisent le programme d’intelligence artificielle ChatGPT comme raccourci dans leurs cours a conduit certains professeurs d’université à reconsidérer leurs plans de cours pour le prochain semestre d’automne.


Le programme ChatGPT d’OpenAI progresse chaque jour. Le robot conversationnel a obtenu la meilleure note à un examen de Biologie de placement avancé (donné à la fin du secondaire) et a réussi une première année à Harvard avec une moyenne générale de 3,34 (sur 4, proche d’un A —).

Depuis son lancement, les enseignants, les administrateurs et les étudiants s’interrogent sur le rôle de l’IA dans l’éducation. Si certaines écoles ont choisi d’interdire purement et simplement l’utilisation de ChatGPT, d’autres explorent les moyens d’en faire un outil d’apprentissage.

Alors que les vacances d’été touchent à leur fin, certains professeurs d’université cherchent désormais des moyens de lutter contre l’utilisation de l’IA générative, en rendant leurs examens « à l’épreuve de ChatGPT », selon un article de Fortune et de l’Associated Press.

Poser aux étudiants des questions telles que « Dites-moi en trois phrases ce qu’est le cycle de Krebs en chimie » ne fonctionnera plus. Cela ne fonctionnera plus, car ChatGPT recrachera une réponse parfaitement correcte à cette question », a déclaré à Fortune Bill Hart-Davidson, doyen associé du College of Arts and Letters de l’université de l’État du Michigan.

Des professeurs inquiets ont déclaré à Business Insider qu’ils prévoyaient de revenir aux devoirs manuscrits et aux examens oraux pour éviter l’utilisation de l’IA générative.

« Je prévois être médiéval avec les étudiants et de revenir aux examens oraux », a déclaré Christopher Bartel, professeur de philosophie à l’Appalachian State University, à Business Insider en janvier. « Ils peuvent générer du texte par IA toute la journée dans leurs notes s’ils le souhaitent, mais s’ils doivent être capables de le prononcer, et ça, c’est une autre paire de manches. » Dans certains pays européens, cette tradition ne s’est pas perdue y compris dans les sciences. Une bonne partie des examens dès les premières années étant des oraux (en « colloque singulier » comme on dit en médecine).
 
Examen oral en médecine

 
Un professeur d’écriture canadien a déclaré à Fox News qu’il envisageait de personnaliser davantage les devoirs afin de réduire l’utilisation du ChatGPT dans les dissertations.

Les changements apportés aux devoirs scolaires interviennent alors que les enseignants s’interrogent sur la meilleure façon d’intégrer les outils d’IA dans leurs classes. Alors que certains professeurs demandent à leurs étudiants d’utiliser ChatGPT pour générer des idées de projets, certaines écoles ont carrément interdit l’utilisation de l’IA pour éviter les cas de malhonnêteté académique.

L’utilisation de ChatGPT a chuté de près de 10 % entre mai et juin, et certains techniciens pensent que c’est parce que la plupart des étudiants sont partis en vacances d’été. Si les étudiants sont les principaux utilisateurs du programme, les experts pensent que cela pourrait causer des problèmes à OpenAI.

« Si ce sont des écoliers, c’est un véritable signal d’alarme quant à l’importance du prix », a déclaré l’analyste Internet Mark Shmulik à Business Insider. « Si la baisse du ChatGPT est ebin due aux étudiants en vacances d’été, cela implique un public plus restreint et moins de cas d’utilisation. »

Malgré la controverse, certains enseignants utilisent eux-mêmes des robots d’intelligence artificielle pour rationaliser leur travail. Shannon Ahern, professeur de mathématiques et de sciences dans un lycée de Dublin, a expliqué à Business Insider qu’elle utilisait ChatGPT Plus pour rédiger des plans de cours, générer des feuilles d’exercices et trouver des questions de quiz, ce qui lui a permis de gagner des heures de travail.

En ce qui concerne la tricherie, certains enseignants ne voient pas les choses changer, avec ou sans l’IA.

« Je craignais que mes élèves ne l’utilisent pour tricher et plagier », explique Mme Ahern. « Mais je me suis souvenue que les élèves ont toujours triché, qu’il s’agisse de copier les devoirs d’un camarade de classe ou de demander à un frère ou une sœur de rédiger une dissertation, et je ne pense pas que le ChatGPT changera cela.

Les autorités russes proposent de supprimer l'obligation de fournir des informations sur les transports en anglais

Le ministère des Transports russe supprime l’obligation de dédoublement des informations en anglais sur les schémas et panneaux de signalisation du métro, du monorail, des téléphériques et des funiculaires, de même que pour les messages sonores, par exemple, lors de l’annonce des stations et des arrêts. 


Le ministère explique cette décision par les plaintes des citoyens, « la situation socio-politique du pays » et « la surcharge informationnelle imposée aux passagers ».

Le ministère des Transports a publié sur regulation.gov.ru des projets d’amendements aux arrêtés départementaux réglementant les « règles standard » pour l’utilisation des métros, monorails, funiculaires et tramways aériens.

La plupart des amendements concernent la mise en conformité des documents avec la législation dans le domaine des transports, mais la norme qui modifie les règles d’information « sonore et visuelle » des passagers est intéressante.

Les transporteurs étaient jusqu’à présent tenus de reproduire en anglais toutes les informations figurant sur les diagrammes, les panneaux, les inscriptions et les annonces dans les stations. 

Le ministère des Transports propose de supprimer cette obligation, en laissant la décision aux régions, « en tenant compte des nombreux appels des citoyens et des autorités locales, compte tenu de la surcharge d’information importante pour les passagers et compte tenu de la situation sociopolitique » (citation tirée de la note explicative). Il est toujours possible de reproduire les inscriptions et les annonces dans d’autres langues, en tenant compte des « particularités régionales » : dans le métro de Kazan, par exemple, les stations sont également annoncées en tatar.

Comme l’a expliqué le ministère des Transports à Kommersant, les exigences actuelles ont été incluses dans les règles standard comme obligatoires en préparation de la Coupe du monde de la FIFA 2018. « L’objectif principal de la norme était d’aider les touristes étrangers à s’orienter dans les métros des villes accueillant les matchs », a expliqué le ministère. « Le projet d’ordonnance n’annule pas et n’interdit pas aux régions de dupliquer les informations en anglais dans les transports. Au contraire, les sujets sont libérés des exigences inutiles de duplication de l’information là où elle n’est pas nécessaire ».

Ajoutons qu’avec les applications modernes disponibles sur les téléphones cellulaires, il est facile de traduire des plans, des panneaux et même des bribes de conversation.

Depuis l’année dernière, les parlementaires ont exprimé diverses idées visant à restreindre l’utilisation de l’anglais. Ainsi, en juin 2022, Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération, a suggéré de « prendre des mesures » pour lutter contre l’utilisation excessive d’anglicismes. En avril 2023, le député Sultan Khamzaev (Russie unie) a proposé d’exclure l’anglais du programme scolaire. En mai de cette année, le président de la Douma, Vyacheslav Volodin, a qualifié l’anglais de « mort ».

Les citoyens de la fédération pourraient percevoir à tort les amendements comme une « volonté non clairement exprimée des autorités » de supprimer l’anglais de tous les panneaux et projets, craint le président de l’Union des passagers, Kirill Yankov.

« Ils peuvent avoir peur de paraître politiquement inconscients et se précipiter les uns après les autres pour supprimer les inscriptions en anglais, même dans les endroits où elles sont nécessaires », estime l’expert. Selon lui, à Moscou, Vladivostok et dans d’autres villes où il y a encore des touristes anglophones, la duplication devrait être laissée, et à Samara, par exemple, elle n’est pas nécessaire. Il rappelle qu’en 2023, le flux de touristes étrangers en Russie a été divisé par dix, et que ceux qui continuent à venir viennent principalement de la CEI (onze pays de l’ex-URSS).

« Nous ne devrions dupliquer l’information que là où elle est vraiment utile, là où il y a des personnes compétentes qui peuvent le faire avec compétence », déclare le concepteur Ilya Birman (qui conçoit des schémas de transport et des systèmes de navigation). Les créateurs et concepteurs de schémas (à l’exception de celui de Moscou) ne savent généralement pas comment séparer les langues pour que l’une n’interfère pas avec l’autre, explique l’expert.

Dans le métro de la capitale, le MCC (métro circulaire, ex-train), le MCD (Réseau express régional) et le monorail ont cessé d’annoncer les stations en anglais en 2021, a déclaré le service de presse du métro de Moscou à Kommersant, à la suite de la baisse du nombre de touristes due à la pandémie, ainsi qu’aux « plaintes des passagers quant à la surcharge informationnelle ».

« Nous avons ainsi optimisé le flux global d’informations que reçoivent les passagers », a expliqué l’entreprise. « L’absence d’informations redondantes permet d’ajouter des informations supplémentaires aux panneaux, d’indiquer davantage de rues et d’objets socialement importants ».
L’entreprise unitaire d’État a fait remarquer que la modification des règles reste à la discrétion du gouvernement de Moscou.

Oleg Iaouchev, directeur du métro de Nijni Novgorod, a fait remarquer qu’aucun habitant de Nijni Novgorod ne s’est plaint du dédoublement en anglais dans le métro, et que la société n’a pas l’intention de le supprimer. « Nous avons mis en place ce système d’information relativement récemment, après avoir dépensé beaucoup d’argent. Pourquoi devrions-nous l’enlever maintenant ? — Les touristes dont l’anglais est la langue maternelle viennent dans la ville. La langue est largement parlée et nous sommes accueillants. Bien sûr, s’il y a une directive ordonnant de tout enlever et de ne laisser que le russe, nous obéirons. Mais il ne faut pas aller jusqu’à la folie ».

« S’il y a un ordre, nous nous y conformerons », a déclaré à Kommersant la société Metroelectrotrans, basée à Kazan, notant qu’il n’y a pas eu de demandes de la part des citoyens pour annuler la réplication des noms des stations en anglais. Récemment, la société a mis à jour les panneaux avec le schéma des lignes : ils indiquent les noms des stations en russe, en tatar et en anglais (en petits caractères), et les wagons continuent d’annoncer les arrêts en trois langues. Mais à Kazan, les bus ont déjà cessé d’annoncer les arrêts en anglais. D’après le message du bureau du maire de Kazan, le contrat avec les transporteurs sur les services de transport prévoit « de l’information audio sur les noms des arrêts de bus dans deux langues nationales : le tatar et le russe ». L’anglais n’est pas mentionné dans le contrat.

lundi 14 août 2023

Le gouvernement allemand envisage d'interdire l'AfD, le parti nationaliste à 21 % dans les sondages

Alice Weidel et Tino Chrupalla, co-présidents de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).
 
Les partis de gauche appellent à « défendre la démocratie » alors que le parti AfD progresse à 21 % dans les sondages d’opinion.

Les partis traditionnels allemands débattent de l’opportunité d’interdire l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), alors que le parti nationaliste atteint 21 % dans les sondages.

 
La plupart des instituts de sondage placent l'AfD à 21 % des intentions de vote


Frank-Walter Steinmeier, le président allemand, a averti dans un discours à l’agence de renseignement intérieur du pays que « nous avons tous entre nos mains la possibilité de remettre à leur place ceux qui méprisent notre démocratie ».

Son discours au château où la constitution allemande d’après-guerre a été créée a été largement perçu comme un soutien à une interdiction après que Thomas Haldenwang, le chef de l’espionnage intérieur, a mis en garde contre « l’influence croissante de l’extrême droite » au sein du parti.

M. Haldenwang a déclaré : « Nous voyons un nombre considérable de protagonistes dans ce parti qui répandent la haine contre tous les types de minorités ici en Allemagne ».

Cette déclaration intervient alors que l’influence croissante de Björn Höcke, chef de file de l’AfD dans l’État de Thuringe, à l’est du pays, a suscité des mises en garde. 

M. Höcke, un ancien professeur d’histoire, est connu pour son langage proche de celui d’Hitler. Lors de la conférence du parti qui s’est tenue à Magdebourg en août, ses alliés ont balayé l’ensemble des listes européennes.

Fait rare, le respecté magazine d’information Der Spiegel s’est immiscé dans le débat en publiant un éditorial intitulé : « Bannissez les ennemis de la constitution ! » (voir ci-dessous).

 

Le codirigeant des sociaux-démocrates d’Olaf Scholz a également déclaré qu’une interdiction devrait être envisagée si l’AfD est classée comme un groupe « d’extrémistes de droite avérés » par l’Office fédéral pour la protection de la Constitution.

Friedrich Merz, chef de file de l’Union chrétienne-démocrate, a toutefois averti que « l’interdiction des partis n’a jamais résolu les problèmes politiques ».

L’AfD en pleine ascension

L’Institut allemand des droits de l’homme, une organisation non gouvernementale de gauche, a déclaré la semaine dernière que « l’AfD a atteint un degré de dangerosité tel qu’il peut être interdit en vertu de la Constitution ».

L’Allemagne a une histoire mouvementée en matière d’interdiction de partis, Otto von Bismarck, premier chancelier du pays, ayant interdit les sociaux-démocrates pour déloyauté à l’égard du Kaiser. Le terme social-démocrate recouvrait une réalité plus radicale que le terme actuel, Karl Marx était notamment un membre fondateur de la social-démocratie (au centre de l’illustration ci-dessous).
Fondateurs et dirigeants du Parti social-démocrate, Marx au centre, Lassalle en bas à droite (lire ce qu'en pensait Marx)

Lorsque les nazis (le Parti national-socialiste des travailleurs allemands de son nom officiel) sont arrivés au pouvoir, ils ont interdit tous les autres partis.

La République démocratique allemande (Allemagne de l’Est communiste) a également interdit les partis qui n’étaient pas affiliés au parti de l’unité socialiste au pouvoir.

La constitution allemande d’après-guerre, soucieuse d’éviter cet excès d’autoritarisme, a rendu difficile l’interdiction d’un parti sur le plan juridique. Les tentatives d’interdiction du parti néo-nazi NPD en 2003 et en 2017 ont toutes deux échoué devant la plus haute juridiction.

Volker Boehme-Nessler, politologue, a déclaré qu’il ne pensait pas que le parti remplissait les critères juridiques stricts pour procéder à une interdiction.

Il a averti qu’une tentative ratée ne ferait que donner à l’AfD un élan supplémentaire dans la campagne électorale, a-t-il déclaré au radiodiffuseur de l’est de l’Allemagne, MDR (Mitteldeutscher Rundfunk, le diffuseur de l’Allemagne « centrale » à noter qu’il y a bien un diffuseur de l’Allemagne occidentale [WDR], du Nord [NDR], du Sud-Ouest [SWR], mais aucun diffuseur de l’Allemagne orientale, peut-être parce qu’elle est occupée par la Pologne ?)

« On ne peut pas simplement interdire un parti qui obtient 20 à 30 % d’approbation dans plusieurs États, a-t-il ajouté.

Les Allemands sont également divisés sur la question de l’interdiction du parti, 47 % d’entre eux étant favorables à une telle mesure et 47 % y étant opposés.

L’interdiction est plus populaire à l’Ouest et parmi les Verts libéraux.

dimanche 13 août 2023

Canada anglais : moitié des sondés pour que l'hymne national dise « sur des terres autochtones » plutôt que « pays natal »

 
Un récent sondage réalisé par Research Co a révélé que les Canadiens anglophones sont divisés sur les révisions à apporter à la version anglaise du « Ô Canada ».

Selon le sondage publié vendredi, 41 % des Canadiens anglophones sont favorables à la modification du début du « Ô Canada », qui passerait de « Our home and native land » (notre foyer et notre terre natale) à « Our home on native land » (notre foyer sur le territoire des autochtones). En revanche, 44 % d’entre eux ne sont pas d’accord avec la modification proposée.

En février dernier, lors de la rencontre NBA All-Sta à Salt Lake City (Utah), la chanteuse canadienne Jully Black a interprété « O Canada » en chantant « notre foyer sur le territoire autochtone » au lieu du traditionnel « notre foyer et notre terre natale ». En mai, Bonnie Crombie, mairesse de Mississauga (Ontario), a également exprimé son soutien au changement de paroles en anglais.

Ce ne serait pas le premier changement à la version anglaise. Le 31 janvier 2018, un projet de loi est adopté pour modifier les paroles anglaises afin d’assurer la parité entre les sexes. Les paroles « true patriot love in all thy sons command » (plus de « fils ») sont remplacées par « true patriot love in all of us command » (mais « chez tous »).  La version française, de ce qui est à l’origine un chant patriotique des Canadiens français, n’a pas changé et parle depuis 1880 de « Terre de nos aïeux » où « Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant, Le Canadien grandit en espérant. Il est né d’une race fière. »

Le sondage a également révélé que 55 % des Canadiens anglophones âgés de 18 à 34 ans sont favorables à la modification des paroles du « O Canada » en remplaçant « and » par « on ». Toutefois, la proportion est plus faible chez les personnes âgées de 35 à 54 ans (42 %) et chez les personnes âgées de 55 ans et plus (28 %).

« Des majorités de Canadiens anglophones d’origine sud-asiatique (68 %), autochtone (64 %) et est-asiatique (51 %) approuvent la modification proposée de l’hymne national », a déclaré Mario Canseco, président de Research Co. Mario Canseco, président de Research Co., a déclaré dans un communiqué de presse publié vendredi.

« Seuls 36 % des Canadiens anglophones d’origine européenne sont du même avis. »

Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, en 2018, les paroles de l’hymne national en anglais ont été modifiées pour éliminer la référence à « tous tes fils ».

À l’échelle du pays, 48 % des Canadiens anglophones sont d’accord avec cette modification (+6 depuis un sondage similaire mené en février 2018), tandis que 34 % (-14) ne sont pas d’accord et que 17 % (+7) sont indécis.

Lorsqu’on leur demande laquelle des deux versions de l’hymne national ils préfèrent, près de la moitié des Canadiens anglophones (47 %, -7) choisissent » in all thy sons command”, tandis que 38 % (+4) choisissent « in all of us command ».

Les hommes anglophones (52 %) sont plus susceptibles que les femmes anglophones (43 %) d’exprimer une préférence pour l’ancienne version du « O Canada ».

Les Canadiens anglophones qui ont voté pour le Parti conservateur aux élections fédérales de 2021 sont plus susceptibles de préférer la version « fils » de l’hymne national (67 %) que ceux qui ont voté pour le Parti libéral (43 %) et le Nouveau Parti démocratique (NPD) (36 %).

Un diplôme d’études secondaires suffit pour enseigner dans les écoles du Québec, juge le ministère de l’Éducation.

À se rappeler quand la presse publiera les marronniers habituels sur les écoles « illégales » ou les parents (souvent universitaires) qui osent enseigner à leurs propres enfants. 
 
La pénurie de main-d’œuvre dans le réseau scolaire force le gouvernement à embaucher des dizaines de milliers de profs non qualifiés, année après année. 
 
Une situation qui plombe la qualité des services éducatifs au primaire et au secondaire, a prévenu la vérificatrice générale du Québec à la fin mai.
 
 
Au moins trois profs non légalement qualifiés ne détenant qu’un DES se sont vu confier une classe l’an dernier dans le réseau public, révèle une demande d’accès à l’information. Pas moins de 541 enseignants n’avaient en poche qu’un diplôme d’études collégiales. «Afin que la tolérance d’engagement soit délivrée, l’employeur doit faire la démonstration que la personne détient un diplôme d’études secondaires ainsi que des études supérieures [terminées ou non]», précise même le document émis par le ministère de l’Éducation. 
 
La pénurie de main-d’œuvre dans le réseau scolaire du Québec a forcé le gouvernement à embaucher plus de 30 000 enseignants non qualifiés, ce qui plombe la qualité des services éducatifs au primaire et au secondaire. Plus du quart du personnel enseignant qui a œuvré durant l’année scolaire 2020-2021 n’était pas légalement qualifié. Ce sont majoritairement des suppléants et près de 27 000 d’entre eux n’avaient aucune autorisation pour enseigner. 
 
 «Le ministère ne dispose d’aucune information sur leur profil scolaire», signale le rapport du Vérificateur général déposé à l’Assemblée nationale jeudi. 
 
Ces derniers ont travaillé 8,3% des jours totaux de l’ensemble des enseignants. 
 
La vaste majorité des 3778 autres profs non légalement qualifiés ayant une tolérance d’engagement détenaient un baccalauréat ou une maîtrise provenant d’une autre discipline que l’enseignement. Il s'agit là peut-être d'une fausse crise : il suffirait de permettre à ces diplômés de l’université d'être plus facilement qualifiés (faut-il vraiment une longue maîtrise qualifiantes en en enseignement au secondaire pour ceux-ci ? Ce n'est pas le cas dans de nombreux pays européens...)