mercredi 21 juin 2023

Immigration — Forte crise du logement en Australie, comme au Canada

L’Australie souffre d’un énorme problème de logement. Mais la cause n’est pas liée à un soudain manque d’offres de logement.

L’Australie est un chef de fil mondial de la construction de logements

La base de données de l’OCDE sur le logement abordable montre que l’Australie a construit beaucoup plus de logements par habitant que la plupart des autres pays de l’OCDE : L’Australie s’est classée au quatrième rang des pays de l’OCDE pour la construction de logements en 2020.

Selon l’OCDE, le taux de construction de logements en Australie est resté inchangé par rapport à 2011.

Un des plus vastes programmes d’immigration au monde

Le problème fondamental ne réside pas dans la difficulté de l’Australie à construire des logements, mais dans le fait qu’elle a mis en œuvre l’un des plus vastes programmes d’immigration au monde, garantissant ainsi que la demande de logements dépasse toujours l’offre.

Au cours des deux décennies qui ont précédé 2001, la migration nette à l’étranger (NOM) de l’Australie s’est élevée en moyenne à 95 000 personnes par an, tandis que la croissance démographique a été de 217 000 personnes par an en moyenne.

Au cours de la période de 20 ans qui s’achève en 2021, le solde migratoire de l’Australie a été en moyenne de 182 000 personnes par an pour une croissance démographique moyenne de 320 000 personnes par an. Et cette période inclut l’immigration nette enregistrée pendant la pandémie.

La pénurie de logements ne fera que s’aggraver si les prévisions agressives du budget fédéral de mai en matière d’immigration se concrétisent.

Le budget prévoit que la migration nette de l’étranger atteindra 400 000 pour la toute première fois en 2022-23 avant de ralentir à 315 000 en 2023-24. Elle se modérera ensuite pour atteindre un niveau historiquement élevé de 260 000, où elle se maintiendra pendant toute la durée des projections.

L’Australie souffre d’une pénurie de logements apparemment insurmontable

Climat — Désormais notre sort est scellé (Greta Thunberg 5 ans plus tard)


Il y a cinq ans Greta Thunberg gazouillait : « Un éminent scientifique spécialiste du climat avertit que le changement climatique anéantira toute l’humanité si nous ne cessons pas d’utiliser les combustibles fossiles au cours des cinq prochaines années ».

Même l’interprétation la plus généreuse — selon laquelle, en ne mettant pas fin à l’utilisation des combustibles fossiles à cette date (c’est-à-dire aujourd’hui 21 juin 2023), nous sommes condamnés à un avenir funeste, que nous avons franchi le point de non-retour fatal et que notre fin est scellée — est aussi absurde que l’interprétation moins généreuse du tweet ci-dessus, lequel aurait d
ailleurs récemment été supprimé. Il serait archivé ici : 





 

Faire des études post-secondaires en anglais conduit souvent les francophones à travailler en anglais et à préférer travailler en anglais

L’Office québécois de la langue française (OQLF) vient de publier une étude sur les usages linguistiques en milieu de travail des jeunes de 18 à 34 ans, qui montre que plus des trois quarts (77 %) de l’ensemble des jeunes francophones préfèrent travailler en français. Mais ce pourcentage chute à 40 % si ces derniers ont fait leurs études post-secondaires en anglais.

L’étude s’appuie sur un vaste sondage effectué en 2021 auprès de 6008 répondants ainsi que sur des groupes de discussion. Ce qui est observable chez les jeunes francophones l’est aussi, mais à un degré bien supérieur, chez les jeunes allophones qui ont pourtant eux aussi fréquenté l’école secondaire française. Moins de 5 % des allophones qui ont fait leurs études post-secondaires en anglais préfèrent travailler en français, contre 41 % qui optent pour l’anglais, 27 % qui préfèrent travailler dans les deux langues et 28 % qui n’affichent aucune préférence.

Confirmant certaines données d’études antérieures, cette enquête de l’OQLF montre que ces préférences se traduisent dans la langue qui est effectivement utilisée au travail. S’ils ont fait leurs études post-secondaires en français, les jeunes francophones travaillent le plus souvent dans leur langue dans une proportion de 87 % contre 55 % s’ils ont fait le même parcours en anglais. Plus du quart de ces derniers travaillent le plus souvent en anglais. Pour les jeunes allophones qui ont choisi le cégep ou l’université de langue anglaise, une majorité travaille le plus souvent en anglais (53 %), à peu près le même pourcentage (55 %) que les anglophones qui ont toujours étudié dans leur langue.

Sans surprise, le portrait de la langue ou des langues parlées par les jeunes au travail est différent selon qu’on se trouve sur l’île de Montréal ou dans des agglomérations comme Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke. Seule Gatineau présente une situation semblable à celle qui prévaut dans la métropole.

Ainsi, à Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke, la proportion des jeunes pour qui le français était la seule langue parlée régulièrement au travail variait de 62 % à 69 %. Sur l’île de Montréal, ce pourcentage chute à 36 % et la moitié des jeunes y travaillent dans les deux langues.

Pour les jeunes francophones, le fait d’avoir une connaissance de l’anglais est perçu comme un minimum pour obtenir un emploi dans plusieurs domaines. Certains d’entre eux estiment toutefois que le fait d’être un francophone unilingue ne devrait pas empêcher quelqu’un d’accéder à un emploi ou d’obtenir une promotion. D’autres font remarquer que les immigrants francophones sont mal informés sur l’importance du bilinguisme pour décrocher un emploi.

Certains jeunes estiment que le bilinguisme au travail est porteur de possibilités sur le plan personnel alors que d’autres s’en inquiètent, « rappelant que cette exigence peut représenter un obstacle professionnel pour de nombreuses personnes », rapportent les auteurs de l’étude.

À l’heure actuelle, 18 % des cégépiens font leurs études en anglais et la majorité d’entre eux proviennent du réseau secondaire français. Cette étude de l’OQLF amène de l’eau au moulin de ceux qui militent pour que la loi 101 soit étendue au cégep. À tout le moins, elle conforte le gouvernement caquiste qui, avec la Loi sur la langue commune (loi 96), a plafonné le nombre de places au cégep anglais, qui allaient en croissant.

Source : Le Devoir
 
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Les universités anglaises du Québec (pourquoi existent-elles ou sont-elles accessibles aux étrangers ?) font fortune en offrant un diplôme et la citoyenneté canadienne à la clé. Elles anglicisent Montréal.
 

Selon ce mémoire, déplacement de la clientèle de langue française vers l'anglais à Montréal:
  • perte de 11,8% de l'effectif pour les universités françaises;
  • gain de 19,8% pour les universités anglaises.

Michigan — La gauche woke se sent trahie par la mairie musulmane qui interdit le drapeau LGBTQ

Peinture murale de la ville
Dans la ville de Hamtramck au Michigan à majorité yéménite et bangladeshie, la gauche blanche a fait élire un maire musulman en grande pompe en 2021, mais s’étonne maintenant qu’il a décidé d’interdire les drapeaux LGBT sur la voie publique.

En 2015, de nombreux résidents libéraux de Hamtramck, dans le Michigan, ont célébré que leur ville ait attiré l’attention internationale pour être devenue la première aux États-Unis à élire un conseil municipal à majorité musulmane.

Ils considéraient le changement de pouvoir et la diversité comme une réprimande symbolique, mais significative de la rhétorique islamophobe qui était un thème central de la campagne du candidat républicain à la présidence, Donald Trump.

Cette semaine, beaucoup de ces mêmes résidents ont regardé avec consternation un conseil municipal maintenant pleinement musulman et socialement conservateur adopter une loi interdisant aux drapeaux de la fierté d’être hissés sur les propriétés de la ville qui avait — comme beaucoup d’autres qui volaient à travers le pays — était destinée à célébrer la communauté LGBTQ +.

Les résidents musulmans qui remplissaient l’hôtel de ville ont éclaté de joie après le vote unanime du conseil, et sur les pages de médias sociaux de Hamtramck, les railleries ont été implacables : « Ville sans drapeau », lit-on dans un message, souligné avec des émojis d’un biceps fléchissant. 💪

Dans un monologue tendu avant le vote, le membre du conseil Mohammed Hassan s’est justifié en criant aux partisans LGBTQ + : « Je travaille pour le peuple, ce que la majorité des gens veut. »

[…] « On se sent trahi. » « Nous vous avons soutenu lorsque vous avez été menacé, et maintenant nos droits sont menacés, et c’est vous qui menacez. »

« Quand on était au pouvoir on leur a laissé faire l’appel à la prière 5 fois par jour au haut-parleur. Aujourd’hui, il n’y a pas de réciproque quand les rôles sont inversés. »

Pendant environ un siècle, les catholiques polonais et ukrainiens ont dominé la politique à Hamtramck, une ville de 28 000 habitants. En 2013, les immigrants bangladais et yéménites en grande partie musulmans ont supplanté les Slaves, bien que la ville reste le foyer d’importantes populations de ces groupes, ainsi que d’Afro-Américains, de Blancs et d’Américains bosniaques et albanais. Selon le recensement de 2020, environ 30 % à 38 % des habitants de Hamtramck sont d’origine yéménite et 24 % sont d’origine asiatique, en grande partie bangladaise.

Le maire Amer Ghalib, 43 ans, qui a été élu en 2021 avec 67 % des voix pour devenir le premier maire yéménite américain du pays, a déclaré jeudi au Guardian qu’il essayait de gouverner équitablement pour tout le monde, mais a déclaré que les partisans LGBTQ+ avaient attisé la tension en « forçant leur imposer leur ordre du jour aux autres ».

En 2021, la BBC se félicitait du caractère multiculturel de cette localité :

Une promenade dans la rue principale de Hamtramck, dans le Michigan, ressemble à un tour du monde.

Un magasin de saucisses polonaises et une boulangerie d’Europe de l’Est côtoient un grand magasin yéménite et un magasin de vêtements bengali. Les cloches des églises résonnent en même temps que l’appel à la prière islamique. « Le monde en deux kilomètres carrés » : Hamtramck est à la hauteur de son slogan, avec une trentaine de langues parlées sur une superficie de 5 km² […]

Ce mois-ci, cette ville du Midwest de 28 000 habitants franchit une étape importante. Hamtramck élit un conseil municipal entièrement musulman et un maire musulman, devenant ainsi la première ville des États-Unis à avoir un gouvernement musulman américain.

Autrefois confrontés à la discrimination, les résidents musulmans sont devenus partie intégrante de cette ville multiculturelle, dont ils représentent désormais plus de la moitié de la population.

Et malgré les défis économiques et les débats culturels intenses, les habitants d’Hamtramck issus de différents milieux religieux et culturels coexistent en harmonie, faisant de la ville une étude de cas significative pour l’avenir de la diversité croissante en Amérique.

Le diffuseur gouvernement britannique notait cependant :

En juin [2021], lorsque le gouvernement de la ville approuve l’installation d’un drapeau de la Gay pride devant l’hôtel de ville, certains habitants sont furieux. Plusieurs drapeaux de fierté accrochés à l’extérieur d’entreprises privées et de maisons sont arrachés, y compris celui qui se trouve à l’extérieur d’un magasin de vêtements rétro du centre-ville appartenant à Mme Majewski. « Cela envoie un message vraiment alarmant aux gens », dit-elle.

La marijuana est également devenue une source de controverse. L’ouverture de trois dispensaires à Hamtramck suscite la consternation de certains membres des communautés musulmane et polonaise-catholique.

D’autres résidents s’inquiètent du manque de participation politique des femmes dans les communautés musulmanes conservatrices.

Quillette : « Au Canada, demander des preuves est désormais considéré comme du "négationnisme" »

Les affirmations sensationnelles de 2021 selon lesquelles des tombes d’enfants indigènes non marquées avaient été découvertes en Colombie-Britannique semblent désormais douteuses. Mais le dire pourrait bientôt être considéré comme une infraction pénale. Texte de Jonathan Kay dans Quillette.

Cela fait maintenant plus de deux ans que le Canada a été secoué par des allégations selon lesquelles 215 tombes anonymes d’écoliers autochtones avaient été découvertes sur le terrain d’un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique. Il n’y avait pas de corps ou de restes humains, mais des données de géoradar (radar à pénétration de sol) indiquant des dislocations du sol régulièrement espacées. Mais on ne s’en serait pas douté à la manière dont l’histoire a été rapportée à l’époque. Un titre de Global News annonçait la « Découverte de restes humains sur le terrain du pensionnat de Kamloops ». Un autre, dans le Toronto Star, déclarait : « Les restes de 215 enfants ont été retrouvés ».

Élèves amérindiennes au pensionnat de Kamloops

Je faisais partie des nombreux Canadiens qui ont cru à ces titres. Les sévices racistes perpétrés par les pensionnats canadiens des XIXe et XXe siècles, créés pour « civiliser » les peuples indigènes et les dépouiller de leur culture, sont largement débattus depuis des décennies. Compte tenu de cette sombre histoire, il n’était pas difficile de croire que certains des prêtres et des éducateurs qui dirigeaient ces écoles n’avaient pas seulement fait preuve de cruauté et de négligence (ce que l’on savait déjà), mais qu’ils avaient également commis des actes de massacre contre des enfants sans défense.

Sans attendre que les preuves tangibles sortent de terre, les drapeaux ont été mis en berne, les célébrations de la fête du Canada du 1er juillet ont été annulées, Justin Trudeau s’est agenouillé devant les caméras et la nation tout entière est entrée dans une période collective d’autoflagellation sans précédent. Avant la fin de l’été, Justin Trudeau s’est engagé à verser plus de 300 millions de dollars de nouveaux fonds aux communautés autochtones, afin qu’elles puissent mener à bien la sinistre tâche consistant à fouiller la terre à la recherche de cadavres d’enfants. La Presse canadienne l’a ensuite qualifiée d’histoire de l’année.

Vingt-quatre mois plus tard, beaucoup de choses ont changé. Pendant toute cette période, on n’a pas trouvé une seule tombe, un seul corps ou un seul ensemble de restes non marqués à Kamloops, ni dans aucune des autres communautés des Premières Nations qui ont effectué des levés similaires au géoradar.

Cela ne signifie pas que des tombes et des corps ne seront pas découverts à un moment indéterminé dans l’avenir. Mais étant donné que les données radar initialement annoncées auraient indiqué aux groupes autochtones et aux enquêteurs médico-légaux l’emplacement exact des restes humains présumés, le fait que deux années se soient écoulées sans qu’aucune preuve matérielle n’ait été déterrée ne peut être qualifié que d’étrange.

Comme je l’ai noté dans un article récent pour un magazine britannique, et ici à Quillette, c’est un sujet dont beaucoup de Canadiens polis ont peur de parler. En 2021, la découverte supposée de ces 215 tombes anonymes a pris l’allure d’un récit national sacré. Souligner les lacunes de ce récit qui se sont développées depuis, comme je le fais ici, ressemble à un sacrilège séculaire.

mardi 20 juin 2023

Crise climatique — Le Sahel reverdit

Le sahel

Climatiquement sinistrée dans les années 1980, la zone enregistre depuis plusieurs années des pluies abondantes et des récoltes records.

Le 10 mai 2023, le ministère malien de l’Agriculture a mis en ligne un communiqué très positif sur la récolte de céréales en 2023-2024. Cette saison encore, elle devrait battre celle de l’année précédente (de 6 % exactement), « sous l’effet d’une expansion des superficies plantées, d’une météorologie favorable et d’une distribution améliorée des engrais aux producteurs ». Le Mali exporte désormais 10 à 15 % de ses céréales vers les pays voisins. En décembre 2022, le gouvernement a même décidé de les bloquer dans l’espoir de ralentir la hausse des prix en interne !

Les disettes subsistent au Sahel, mais beaucoup moins désormais à cause du climat qu’en raison de l’insécurité, qui gêne le travail des agriculteurs. C’est le cas au Niger. Dans ce pays, classé parmi les plus pauvres d’Afrique, les récoltes battent des records : + 69 % pour les céréales en 2022 par rapport à l’année précédente, avec une hausse d’un tiers de la superficie totale des cultures emblavées. L’insécurité alimentaire est causée par les islamistes et le manque d’engrais, bien plus que par la sécheresse.

L’anomalie climatique des années 1970 et 1980

Pour les spécialistes, ces informations n’ont rien de surprenant. Le grand public a gardé du Sahel une image surannée, fixée dans les années 1980 : une immense zone subsaharienne inexorablement grignotée par le sable et les dunes, faute de précipitations. « L’Afrique de l’Ouest a effectivement connu un épisode de sécheresse brutal de 1968 à 1993 », explique Luc Descroix, hydrologue à l’Institut de recherche pour le développement. « C’est du passé. Nous avons désormais des données robustes qui nous permettent de dire que la pluviométrie est revenue à son niveau moyen de long terme. »

Bonne nouvelle supplémentaire, le retour de la pluie au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad va se pérenniser, sous l’effet du changement climatique. « Les terres se réchauffent plus vite que l’eau dans le golfe de Guinée, explique Luc Descroix. Cela rend la mousson plus puissante. »

Le phénomène est comparable à ce que les météorologues appellent un « épisode cévenol », ou les marins un « thermique », mais à l’échelle d’un continent. Schématiquement, l’air surchauffé du Sahel monte, ce qui pompe vers l’intérieur de l’Afrique des masses d’air océanique, relativement plus fraîches et surtout chargées d’humidité. « On est parti pour des moussons efficaces au moins jusqu’en 2100 », résume Luc Descroix. À tel point que le Sahel connaît parfois maintenant des inondations !

L’analyse des séries de photos satellites confirme « une tendance au reverdissement à l’échelle régionale comme résultat de l’amélioration des conditions pluviométriques à partir des années 1990 », expliquent des chercheurs français et africains dans une étude parue en 2021 dans la revue Physio-Géo. La période 1968-1994 était « une anomalie sèche », aux causes encore mal comprises.

Quand la surpopulation fait reculer la famine

Luc Descroix fait beaucoup de terrain. Il se trouvait en Guinée lorsque Le Point l’a interrogé. Il explore sur place un autre phénomène, encore plus contre-intuitif qu’un reverdissement lié au réchauffement climatique. Le recul de la famine serait parfois la conséquence, et pas seulement la cause, de la hausse de la population au Sahel. « On observe un reverdissement accéléré dans les régions les plus peuplées », relève l’hydrologue.

Il a une hypothèse, assise sur ses observations, à confirmer : « Les paysans, plus nombreux, ont les moyens de passer d’une agriculture extensive à une agriculture intensive réfléchie. Rien de nouveau. On pourrait comparer certains secteurs du Sahel aux zones de culture en terrasses de Toscane. La terre est ingrate, mais, avec un travail important, elle peut nourrir beaucoup de monde. »

En deux décennies, dans de nombreuses zones rurales du Sahel, la population a doublé et les rendements ont triplé, amorçant une boucle vertueuse. « Il y a de la main-d’œuvre pour travailler, de la pluie pour faire pousser des acacias qui fixent l’azote et de l’argent pour acheter des intrants. Résultat, la sécurité alimentaire s’améliore. Les terres sont très médiocres, mais, avec un travail intensif, elles nourrissent 400 habitants par kilomètre carré », soit une densité quatre fois supérieure à celle de la France, plus proche de celle des Pays-Bas.

La surpopulation n’épuiserait-elle donc pas forcément une terre spontanément nourricière ? « L’idée fait son chemin, mais elle ne fait pas encore consensus, sourit Luc Descroix. Disons que je fais figure d’afro-optimiste… »

Source : Le Point

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Oscar du meilleur film — Plus aucun film historique avec une distribution reflétant la réalité ?

À partir de 2024, pour être nommé comme meilleur film aux Oscars, un film devra absolument inclure un acteur principal ou important second rôle issu d’un groupe « racial ou ethnique » sous-représenté, une intrigue principale qui met en scène un groupe sous-représenté ou 30 % de la distribution doit provenir de 2 groupes ou plus sous-représentés.

Le film biographique Oppenheimer de Christopher Nolan, très attendu, qui sort cet été ne pourrait donc pas être nommé à l’Oscar du meilleur film pour des raisons raciales. 
 
Le célébrissime film Le Parrain n’aurait sans doute aucune chance d’être couronné aujourdhui.
 
Traduction de ces critères en français ci-dessous (dans l’encadré).

« C’est complètement ridicule », a déclaré un réalisateur d’Hollywood au New York Post. « Je suis pour la diversité, mais vous obliger à choisir certains types de personnes si vous voulez être nommés ? Cela rend tout le processus artificiel. La personne qui convient au rôle doit l’obtenir. Pourquoi devriez-vous être limité dans vos choix ? Mais c’est le monde dans lequel nous vivons. C’est de la folie ».

Richard Dreyfuss partage cet avis.

 

En discutant des nouvelles normes d’inclusion dans l’émission « The Firing Line » sur PBS le mois dernier, l’acteur chevronné a fustigé ces règles : « Elles me font vomir ».

Décrivant le cinéma comme « une forme d’art » et « une forme de commerce », l’acteur de « Rencontres du troisième type » a ajouté : « Personne ne devrait me dire, en tant qu’artiste, que je dois me plier à l’idée la plus récente de ce qu’est la moralité ».

Un initié de l’industrie a déclaré au New York Post : « Leur objectif n’est pas de disqualifier des films, mais plutôt de célébrer et d’encourager les progrès vers une plus grande représentation et inclusion dans l’industrie ».

L’un des plus grands producteurs d’Hollywood a déclaré au Post que très peu de personnes dans l’industrie sont favorables aux nouvelles règles — mais, contrairement à Dreyfuss, elles ne s’expriment pas par crainte de la culture du bâillon qui sévit.

« Tout le monde pense que l’Académie est allée trop loin. Il est ridicule de nous dire que nous devons réglementer notre travail », a-t-il déclaré. « Nous en parlons entre nous, mais cela ne vaut pas la peine d’en parler publiquement. »

Les lauréates du meilleur film de ces dernières années répondent déjà à ces critères.

Dans « Tout, partout, tout à la fois » (au Québec) ou « Everything Everywhere All at Once » (dans l’Hexagone, si, si !), qui a remporté le prix 2023, Michelle Yeoh est à la tête d’une distribution essentiellement asiatique.

« CODA », un resucé du film français La Famille Bélier, qui a remporté le prix en 2022, est centré sur une famille de sourds à Gloucester, dans le Massachusetts. « Nomadland », qui date de 2021, tourne autour du personnage de la veuve de Frances McDormand qui parcourt les États-Unis dans une camionnette.

« Parasite » (2020) se concentre sur deux familles sud-coréennes.

Le lauréat de 2019, « Le livre de Green » (Québec) ou « Green Book: sur les routes du Sud » (Paris), a suscité la controverse parce qu’il a été accusé de « nourrir les Blancs de racisme », mais il a tout de même été retenu.

Mais d’autres films sélectionnés cette année pourraient ne pas être retenus.

 

« À l’Ouest, rien de nouveau » n’aurait pas été nommé », a déclaré le réalisateur du film sur la Première Guerre mondiale, dont les acteurs sont des hommes blancs qui correspondent à la vérité historique.

Angleterre — une élève met en doute l'assertion d'un camarade de classe «s'identifiant à un chat», sa prof la qualifie de «méprisable» (autres cas)

Selon le Daily Telegraph britannique, d’autres élèves du même établissement et d'autres écoles s’identifieraient aussi comme des animaux, devant des enseignants mal outillés pour gérer ce comportement des élèves. 

Dans une école du Pays de Galles, une élève s’identifiant comme un chat refuserait notamment de répondre aux questions de son enseignant en anglais, préférant miauler, selon ce qu’aurait relaté une camarade de classe au «Telegraph». 

«Et les enseignants ne sont pas autorisés à être agacés parce que c’est vu comme de la discrimination, aurait-elle ajouté. C’est dérangeant de s’asseoir dans une classe et d’avoir quelqu’un qui miaule à l’enseignant au lieu de répondre à ses questions.»

Car si les écoles auraient établi des protocoles pour adresser la question d’identité des élèves transgenres, la question de ceux qui s’identifient comme des «furry» – des animaux anthropomorphes – ne devrait pas être adressée par le département de l’Éducation britannique, qui invite plutôt les enseignants à appliquer le «bon sens», malgré le sujet délicat.  

«Les enseignants devraient gérer la situation sous des lignes directrices prédéterminées, a martelé Tracy Shaw. Si un enfant se présente à l’école en s’identifiant comme un chat ou un cheval, cela devrait immédiatement soulever des drapeaux rouges.»


Billet du 19 juin

Des parents se sont plaints après l’apparition d’un enregistrement sur lequel un enseignant traite ses élèves d’homophobes et leur suggère d’« aller dans une autre école ».

Une enseignante de l’Église d’Angleterre a déclaré à une élève qu’elle était « méprisable » après qu’elle a refusé d’accepter que sa camarade de classe s’identifie comme un chat.

La jeune fille de 13 ans et son amie ont été réprimandées par leur professeur au Rye College, dans l’East Sussex, vendredi, à la fin d’un cours de 8e année sur « l’éducation à la vie », au cours duquel on leur a dit qu’elles pouvaient « être qui elles voulaient être et que la façon dont elles s’identifiaient ne dépendait que d’elles ».

La dispute, qui a exaspéré les parents, aurait été déclenchée par l’un d’entre eux qui aurait demandé à un camarade : « Comment peux-tu t’identifier comme un chat alors que tu es une fille ? »


Vidéo de présentation du collège (en anglais)

Leur professeur leur a dit qu’ils seraient signalés à un responsable et qu’ils n’étaient plus les bienvenus à l’école, qui fait partie de l’Aquinas Trust, un réseau de 11 écoles de l’Église d’Angleterre, s’ils continuaient à exprimer l’opinion selon laquelle seuls les garçons et les filles existent. [Matthieu 19:4 : « Il répondit : N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme » et notamment « Marc 10:6 : “Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme ;”]

« Elles se sentent vraiment mal, elles sont folles ».

Le Daily Telegraph de Londres a écouté un enregistrement de l’échange houleux réalisé par l’un des élèves, dans lequel l’enseignant commence par dire « comment oses-tu — tu viens de bouleverser quelqu’un » en « remettant en question son identité ».

L’élève a répondu : « S’ils veulent s’identifier à un chat ou autre, c’est qu’ils vont vraiment mal, qu’ils sont fous ».

L’enseignant demande ensuite aux filles « d’où vous vient cette idée qu’il n’y a que deux sexes », ajoutant : « Ce n’est pas une opinion ».

L’enseignante précise que « le genre n’est pas lié aux parties avec lesquelles on est né, le genre est lié à la façon dont on s’identifie, et c’est ce que j’ai dit dès le début du cours ».

Elle a ajouté qu’« il y a en fait trois sexes biologiques parce qu’on peut naître avec des parties du corps masculines et féminines ou avec des hormones » et qu’« il y a beaucoup de genres — il y a le transgenre, il y a l’ » agender » qui sont des personnes qui ne croient pas du tout qu’elles ont un genre ».

Les filles ont déclaré qu’elles n’étaient « pas d’accord avec cela » et qu’il n’était « pas possible » d’avoir une identité agenre « si vous avez un vagin, vous êtes une fille et si vous avez un pénis, vous êtes un garçon — c’est tout ».

L’enseignant s’est interposé en haussant le ton : « Que voulez-vous dire par vous ne pouvez pas l’avoir ? Ce n’est pas une loi… Cisgenre n’est pas nécessairement la façon d’être — vous parlez du fait que le cisgenre est la norme, que vous vous identifiez à l’organe sexuel avec lequel vous êtes né, c’est en gros ce que vous dites, ce qui est vraiment méprisable ».

L’enseignant a suggéré qu’elles étaient homophobes et confuses, ce que les filles ont nié. Lorsque les élèves ont déclaré que leurs mères seraient de leur côté, l’enseignante a répondu : « Eh bien, c’est aussi très triste ».

L’enseignant a déclaré que « si vous n’aimez pas cela, vous devez aller dans une autre école », ajoutant : « Je vous dénonce auprès de [l’école] » : L’enseignant a déclaré que « si vous n’aimez pas cela, vous devez aller dans une autre école », ajoutant : « Je vous dénonce auprès [de la direction], vous devez avoir une véritable conversation éducative sur l’égalité, la diversité et l’inclusion parce que je n’ai pas l’intention de l’exprimer dans mon cours ».

La suppression du débat

Le Daily Telegraph de Londres a contacté l’école et la fondation pour obtenir des commentaires.

Le parent de l’élève qui a pris l’enregistrement a exprimé sa colère en ligne et a remercié « ceux qui ont été gentils et ont apporté leur soutien » à sa fille.

Un parent d’un autre élève de 8e année de l’école qui a reçu la même leçon a déclaré au Telegraph : « Je comprends ce que l’enseignante voulait dire : “Je comprends ce que l’enseignante voulait dire, mais ce qui me dérange, c’est qu’elle mette fin au débat d’une manière aussi menaçante et agressive, ce qui, selon moi, n’est pas approprié dans le cadre d’un enseignement.

“Quel que soit le sujet, l’éducation devrait servir à sensibiliser aux différents points de vue afin d’élargir la compréhension d’un sujet. Il ne devrait pas s’agir d’un cas d’endoctrinement”.

La fondation de l’Église d’Angleterre qui gère l’école, ainsi que d’autres établissements de l’East Sussex, du Kent et du sud-est de Londres, aurait demandé à ses enseignants, au début de l’année, de “rééduquer” ceux qui utilisent un “langage négatif” tel que “c’est de la folie” et “arrêtez de vous comporter comme une fille”.

Un porte-parole du Rye College a déclaré : “Nous nous engageons à offrir à nos élèves une éducation inclusive. Les enseignants s’efforcent d’écouter les opinions des élèves et les encouragent à poser des questions et à s’engager dans la discussion. Ils s’efforcent également de répondre aux questions avec tact et honnêteté.

“Nous nous efforçons de maintenir les normes les plus élevées dans l’ensemble de l’école. Nous allons revoir nos procédures et travailler avec les personnes concernées pour veiller à ce que de tels événements ne se reproduisent plus à l’avenir”.


Source : The Daily Telegraph

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Canular ? Une collégienne australienne s’identifierait à un chat, l’école la soutiendrait (2022, Herald Sun)

lundi 19 juin 2023

Religion et philosophie — Le Pari de Pascal (naissance de Blaise Pascal, il y a 400 ans)




Qu’avez-vous à perdre à tenir un pari qui ne vous coûte rien et qui risque de vous faire gagner l’infini ? Il faut parier, vous n’avez pas le choix, vous êtes embarqué. Ne pas parier que Dieu existe, c’est parier qu’il n’existe pas. Sur quoi pariez-vous donc ? Pesons le gain et la perte. En prenant le pari de croire que Dieu existe, si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Inversement, si vous pariez qu’il n’existe pas, vous perdrez tout s’il existe, et rien s’il n’existe pas. Pariez donc qu’il existe sans hésiter.

(Extrait du film Blaise Pascal de Rossellini)

Québec — Cours d'éducation à la sexualité ou comment endommager une génération en une seule prise...

Se rappeler que ce qui suit se passe au Québec sous un gouvernement que l’on prétend de droite et nationaliste. Texte de Jean-François Lisée…

Dans un service de garde de Montréal, un jour de mars, une dizaine d’enfants de cinq ans reçoivent une invitée spéciale venue leur parler de genre. Comment sait-on qu’on est une fille ou un garçon ? Les parents sont invités. Une mère enregistre.

« Les filles sont des filles et les garçons sont des garçons à cause de nos cellules », répond une enfant.

« C’est vrai qu’il y a une partie qu’on dit biologique ou génétique qui fait de toi un garçon ou une fille, répond l’intervenante. Après ça, comment, toi, tu le sais, personnellement, que tu es un garçon ou une fille ? »

Une enfant tente de l’éclairer. À l’accouchement, « les docteurs, ils savent si c’est un garçon ou une fille. Pour un garçon, ils le mettent dans une serviette en bleu, pour une fille, la serviette est rose ».

S’ensuit une discussion sur les préférences de couleurs. L’intervenante les recentre : « La question […], c’est personnellement, comment tu le sais […] que tu es un garçon ou une fille ? »

« Parce qu’on n’a pas de pénis ! crie une petite fille. Mais on va pas montrer notre vulve à tout le monde ! »

L’intervenante insiste : « Si je te dis, est-ce que tu es un garçon ou une fille, et est-ce que tu y crois vraiment fort, comment tu le sais ? »

« J’ai pas de pénis ! » crie à nouveau la fillette.

Ce n’est pas compliqué. Mais ça devient lassant. Les enfants s’ennuient et le disent clairement. L’intervenante n’est pas prête à abdiquer. « Qu’est-ce qui fait que tu es une fille ? C’est parce que tu te sens une fille. […] T’as pas besoin de me le prouver, je te crois. […] C’est un sentiment qui est à l’intérieur de toi. » Et à la volée : « Donc […], c’est quoi le plus important ? »

Ils n’ont que cinq ans, mais ils ne sont pas des tarés. Ils ont compris ce que veut l’intervenante. Une enfant répond : « Que tu le sentes en toi. » Bingo ! « C’est vraiment une belle réponse », dit l’intervenante.

La mission est accomplie. Ces enfants croyaient qu’on était fille ou garçon parce qu’on était nés ainsi. Ils le pensent sans doute toujours. Mais ils viennent de comprendre qu’une figure d’autorité insiste pour qu’ils distinguent la biologie et le sentiment intérieur. Ils n’ont pas fini de l’entendre.

La théorie du genre devenue certitude

Depuis quelques années, nos enfants, à partir de l’âge de quatre ans et pendant tout leur parcours préscolaire, primaire et secondaire, apprennent que les sexes n’existent pas. Qu’il y a une infinité de possibilités et de choix, non seulement pour l’orientation sexuelle et l’identité de genre, mais aussi pour le sexe lui-même.