mercredi 18 octobre 2023

Les statistiques sur les meurtres de femmes autochtones contredisent le discours progressiste

Statistique Canada a publié la semaine dernière un important rapport sur les meurtres de femmes et de jeunes filles autochtones. Ce rapport devrait avoir un impact significatif sur les politiques publiques au Canada, mais il est presque certain qu’il n’en aura pas parce qu’il va à l’encontre du discours « woke » sur les meurtriers des femmes indigènes et sur les raisons de ces meurtres.

Le rapport contient plusieurs conclusions fascinantes, dont voici la plus importante : dans la plupart des cas (86 %), « la personne accusée de l’homicide était également autochtone » (extrait du rapport reproduit ci-dessous).


En bref, la plupart des femmes autochtones assassinées ont été tuées par des hommes autochtones (et parfois par une autre femme autochtone).

Cela ne rend pas ces meurtres moins tragiques ou moins dignes de faire l’objet d’une enquête et de poursuites. En effet, la police porte des accusations dans presque autant d’affaires de meurtre où la victime est autochtone (87 %) que d’affaires où la victime n’est pas autochtone (90 %).

Cependant, le fait que près de neuf meurtres de femmes autochtones sur dix soient commis par d’autres autochtones signifie que le discours « progressiste » selon lequel ce sont des hommes blancs méchants qui tuent les femmes autochtones est faux.

La plupart des meurtres de femmes autochtones sont des crimes commis par des autochtones contre d’autres autochtones.

Cela signifie que presque toutes les solutions proposées jusqu’à présent par les libéraux de Trudeau, par des universitaires et par l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées sont vouées à l’échec parce qu’elles cherchent à résoudre le mauvais problème, à savoir le racisme systémique des Blancs.

 
On se souvient peut-être que lorsque le rapport final de l’enquête de 54 millions de dollars du GTIM a été publié en 2019, il a perpétué les stéréotypes « progressistes » selon lesquels des hommes blancs ont assassiné la plupart des victimes autochtones et que la police blanche n’a pratiquement rien fait pour lutter contre ces crimes.

Le rapport final de l’enquête a même qualifié la situation de « génocide canadien » et la commissaire en chef, Marion Buller, a déclaré qu’un « génocide planifié, fondé sur la race, l’identité et le sexe » (p. 13) était en cours au Canada contre les femmes autochtones.
 

Trudeau a fait sienne cette théorie du « génocide ».

Buller et Trudeau perpétuaient de la sorte un bobard, un mythe qui entrave la vraie réconciliation. Tant que les responsables « progressistes » maintiendront que le privilège blanc est à l’origine de la mort des femmes autochtones, ils alimenteront l’idée fausse répandue selon laquelle les femmes autochtones sont le plus souvent les victimes de prédateurs non autochtones. Et tant que cette désinformation sera répandue, la réconciliation sera impossible.

La réalité, cependant, contredit ce discours de la gauche diversitaire repentante.

Avant la mise en place de l’enquête du GTIM, la GRC a indiqué au gouvernement Trudeau que dans les cas de meurtres de femmes autochtones dont elle s’occupait, au moins 70 % des victimes étaient tuées par des hommes autochtones.

La commission d’enquête s’est toutefois efforcée de discréditer ce chiffre.

(Extrait du Rapport final volume 1 b, p. 237)

En effet, dans son rapport final, elle brocarde « la statistique souvent citée selon laquelle les hommes autochtones sont responsables de 70 % des meurtres de femmes et de filles autochtones [car elle] n’est pas fondée sur des faits ». 

 
Or, comme vient de le démontrer Statistiques Canada, ce chiffre était au contraire fondé sur des faits et sous-estimait le chiffre réel.

Une autre statistique révélée par le dernier rapport est que « la durée moyenne de la garde à vue lorsque la victime était une femme ou une fille autochtone était de 11,4 ans, soit trois ans de moins en moyenne que lorsque la victime était non autochtone (14,4 ans). C’est trois ans de moins, en moyenne, que lorsque la victime n’était pas autochtone (14,4 ans) ».

J’entends déjà les gémissements : « Vous voyez, vous voyez, les femmes autochtones victimes valent moins aux yeux de notre système judiciaire plein de préjugés ».

Mais, depuis 1999, les juges ont été contraints de prononcer des peines plus légères à l’encontre des criminels autochtones, l’idée invoquée pour ce laxisme serait les difficultés générales liées à l’enfance autochtone — éclatement de la famille, abus d’alcool et de drogues, pauvreté et séquelles des pensionnats.



Ainsi, comme la plupart des victimes autochtones de meurtre sont tuées par d’autres autochtones et que les tribunaux sont contraints de prononcer des peines plus légères à l’encontre des criminels autochtones, l’une des conséquences involontaires est que les meurtriers de femmes autochtones (lesquels sont très majoritairement des autochtones) sont donc en moyenne condamnés à des peines plus courtes.

Cet écart est le résultat du racialisme dans le système de justice pénale — un racialisme pro-indigène, et non anti-indigène.

« Il est difficile pour des jeunes [du hors-contrat] d'accepter de passer 20 épreuves terminales quand les élèves du public n’en ont que 6 »

Selon l’association Créer son école, beaucoup d’écoles ont fermé suite à la période Covid. Les écoles Montessori et proches de la nature continuent d’avoir la faveur des parents.

Si des écoles ont fermé, d’autres ont ouvert leurs portes avec succès comme à Paris, le lycée Ipesup en 2022.

À la rentrée 2023, 66 écoles hors contrats ont dû mettre la clé sous la porte. Un chiffre révélé par l’association Créer son école qui tenait le mercredi 6 septembre sa conférence de rentrée dans une école Montessori à Paris, boulevard Sébastopol. À cette occasion, Anne Coffinier, sa présidente dénonçait «le traitement discriminatoire et inégalitaire», réservé aux bacheliers hors contrat, tout en soulignant malgré tout la forte croissance de ces établissements. En effet, à la rentrée 2023, 108 nouvelles écoles indépendantes ont vu le jour. En 2023, la France compte 1847 établissements hors contrat, dont 1102 écoles primaires et 745 établissements secondaires (collèges et lycées).

Pourquoi tant d’écoles ont-elles fermé? «Il y a d’abord l’inflation», rapporte Anne Coffinier. Car ces écoles peuvent être chères pour les familles, entre 3000 et plus de 10.000 euros par an selon l’évaluation du Figaro Étudiant. L’association dénonce par ailleurs, un traitement «inégalitaire et discriminatoire». Pour décrocher leur bac, les élèves du hors contrat n’ont pas le droit au contrôle continu. Ils doivent passer un examen dans toutes les matières à la fin de l’année. «Il est difficile pour des jeunes d’accepter de passer 20 épreuves terminales quand les élèves du public n’en ont que 6», regrette la présidente de Créer son école. Cette année, par ailleurs, les bacheliers du hors contrat, ont dû faire face à de nombreux dysfonctionnements dans l’organisation du bac. Notamment à cause d’épreuves insuffisamment préparées, ou d’enseignants mal informés. Mais selon Créer son école, les dépôts de bilan s’expliquent aussi par des trésoreries fragilisées après le covid dans certains établissements. Des fermetures administratives ont également été ordonnées à l’encontre de certaines écoles, principalement musulmanes.

Les écoles religieuses sont minoritaires

Dans le même temps, 108 nouvelles écoles hors contrat ont été créées cette année. L’association souligne un «niveau élevé» de création d’établissements pour la rentrée 2023. Elle reconnaît cependant, «un infléchissement indéniable», par rapport à l’année passée. De fait, 172 établissements scolaires avaient été lancés en 2022. Régulièrement suspectées de favoriser le prosélytisme islamique, [toutes] les écoles hors contrat sont souvent inspectées. Pourtant, parmi les établissements créés cette année, on ne retrouve que 11% d’écoles religieuses. Et parmi elle, une seule est musulmane. «En réalité la plupart des projets de création d’école musulmane font l’objet d’un tir de barrage de l’administration et n’obtiennent pas les autorisations nécessaires pour aboutir», indique Anne Coffinier.

Les écoles ancrées dans la nature ont le vent en poupe

Parmi les écoles qui voient les jours à la rentrée, 48% d’écoles sont implantées dans des communes de moins de 5000 habitants. «Cela correspond à un désir post-covid, de quitter les grandes villes pour beaucoup de familles», explique Anne Coffinier. Au primaire, de nombreux établissements se fondent sur des pédagogies innovantes comme Montessori, ou Steiner. On retrouve ainsi 28 écoles proposant un fort ancrage dans la nature, comme les écoles en forêt, 26 écoles spécialisées en langues (régionales, bilingues ou internationales), et 18 qui s’adressent à des publics spécifiques (personnes en situation de handicap, élèves précoces etc.). Cette année 63 % des écoles repose sur des pédagogies alternatives, 22 % sont exclusivement Montessori, 13 % sont des écoles classiques et 2 % sont démocratiques.

Lors de la conférence, Tsui Lin, la toute première école franco-chinoise était invitée à présenter son établissement. David Pechoux, son directeur, détaille sa méthode. «Nous sommes aussi une école de la nature, explique-t-il. Certains cours sont donnés dans un parc où poussent des bambous et des bouleaux. Nos élèves suivent le programme, mais la moitié des cours sont donnés en chinois et l’autre en français. Cela procure à nos élèves une forte ouverture d’esprit». Autre exemple de création, l’école Notre-Dame des Champs, près de Provin. Cet établissement, qui s’inspire de la méthode créée par Maria Montessori et de la méthode de Singapour, impose un uniforme à ses élèves. «Une blouse, que les élèves sont fiers de porter», souligne Sandrine Parnois, la directrice du projet. Le dernier établissement invité à se présenter était l’école Papin à Paris, qui accueillait Créer son école pour sa conférence. Dans cette école typiquement Montessori, dirigée par Véronique Campbell, les élèves peuvent apprendre par eux-même à l’aide de matériel adapté, comme des jeux éducatifs en bois.

Toute nouvelle école privée est forcément hors contrat

Toutes ces nouvelles écoles n’ont pas nécessairement choisi d’être indépendantes. En France, de fait, les nouveaux établissements privés sont hors contrat d’office. Avant de pouvoir demander à passer sous contrat, elles doivent justifier de cinq années d’existence. Si leur demande est acceptée, leur liberté pédagogique sera restreinte, mais leur financement pris en charge par l’État à plus de 50%. «Dans la pratique, ces demandes sont souvent refusées, indique Anne Coffinier, car l’État ne souhaite pas investir davantage dans l’enseignement privé».

mardi 17 octobre 2023

Les Occidentaux sont en train de se suicider par dénatalité

Les Européens sont en train de se suicider par dénatalité. Les peuples dont les générations ne se reproduisent pas sont condamnés au vieillissement et du même coup guettés par un esprit d'abdication, de "fin de siècle".

Raymond Aron

17 octobre 1983 : Décès de Raymond Aron



lundi 16 octobre 2023

La course aux étudiants anglophones et les cris d'orfraie des universités anglophones choyées

Partie du campus de McGill
 
L’annonce par le gouvernement du Québec d’un rééquilibrage du financement des universités entre institutions francophones et anglophones a, sans surprise, donné lieu aux discours habituels criant à l’injustice et mené l’éditorialiste en chef de La Presse à parler de « chasse aux étudiants anglophones »1, ce qui est non seulement exagéré mais probablement dangereux dans le contexte actuel. Texte d'Yves Gingras, Professeur à l’UQAM.

Comme il s’agit d’une politique universitaire, il faut plutôt souligner qu’elle consiste à revenir au statu quo ante, c’est-à-dire à une juste redistribution entre l’ensemble des universités québécoises des revenus provenant des étudiants étrangers. Cela était en effet la norme avant que le gouvernement libéral de Philippe Couillard ne modifie cette règle pour plaire aux universités anglophones qui en tiraient non seulement l’essentiel des bénéfices, mais en profitaient doublement à travers les programmes d’infrastructure qui continuèrent à inclure les étudiants étrangers dans le calcul des « pieds carrés ».

Ce changement s’est fait au détriment des universités francophones qui se sont tues en échange d’une compensation partielle déclinante sur quelques années. Depuis la fin de ce « cadeau », les universités anglophones empochent la majorité des revenus pendant que les universités francophones restent sous-financées.

Redistribuer la « rente linguistique »

Sachant que 1) les universités québécoises sont entourées des États-Unis et du ROC (Rest of Canada) et donc de centaines de millions d’anglophones unilingues et que 2) le choix d’une université est fortement lié à la distance à parcourir pour s’y rendre, la course à « l’internationalisation » a créé une véritable « rente linguistique » pour les universités anglophones du Québec. Car il est évident que les anglophones unilingues de Toronto ou de Boston ont peu de chance de choisir l’Université de Montréal ou l’UQAM et iront plutôt à McGill ou à Concordia. Seuls les naïfs croiront que c’est seulement la « qualité » des universités qui est en jeu. L’un des effets pervers de cette rente a d’ailleurs été d’inciter HEC à offrir des cours en anglais pour s’en accaparer une partie, aussitôt suivie par l’ESG de l’UQAM qui voulait elle aussi sa part du « gâteau anglophone ». C’était alors la « course » – et non pas la « chasse » – aux étudiants anglophones.

La politique annoncée de redistribution de la « rente linguistique » est en fait analogue à celle adoptée en 1980 par le gouvernement de P. E. Trudeau qui, avec sa politique énergétique, avait choisi de limiter la « rente pétrolière » de l’Alberta – qui ne lui a jamais pardonné. Tout comme il considérait que « l’or noir » de cette province devait profiter à l’ensemble des Canadiens, de même la nouvelle formule de financement doit faire en sorte que les revenus générés par les étudiants étrangers profitent (comme avant) à l’ensemble des universités québécoises, lesquelles devraient d’ailleurs former un système cohérent et unifié au service de l’ensemble des citoyens la Province.

La mission première des universités subventionnées par les deniers publics étant de répondre aux besoins de formation des résidants et d’ainsi assurer le développement de la société, on ne voit pas pourquoi l’État devrait surinvestir dans une institution dont la majorité des étudiants ne sont pas résidants du Québec.

Selon les statistiques les plus récentes (2022), c’est d’ailleurs le cas de McGill, dont 51,2 % des étudiants ne sont pas résidants du Québec. Ces chiffres peuvent par contre expliquer que McGill soit la seule université de la province à être membre de l’Association des universités américaines. Et la rhétorique de « l’ouverture à la diversité » ne peut faire oublier que l’État n’a pas vocation à subventionner des étudiants qui viennent au Québec dans le seul but de bénéficier d’un rabais substantiel de leurs droits de scolarité pour ensuite retourner aux USA ou dans le ROC. Quant à l’idée qu’en haussant les droits de scolarité des non-résidants, ils iront à Toronto plutôt qu’à Montréal, il faut avouer qu’elle est curieuse car si la qualité est équivalente, il n’y aucune raison de « brader » les prix pour attirer les étudiants.

Dans cette controverse mal engagée, l’erreur de communication du gouvernement dans cette annonce a sans doute été de mélanger l’annonce d’un nécessaire rééquilibrage du système universitaire avec la question linguistique et l’immigration, donnant ainsi du grain à moudre à ceux qui seront heureux de sortir la rengaine de « l’anglophobie ». Cette confusion explique peut-être aussi la « stratégie » de la direction de McGill qui, par le plus grand des hasards, s’apprêtait à annoncer – plus de 50 ans après le mouvement « McGill Français » – un plan de 50 millions de dollars pour la promotion du français dans son institution ! Bien sûr, le plan a aussitôt été mis sur la glace, sous prétexte d’avoir appris le choix du gouvernement, comme s’ils ne savaient pas déjà ce qui se discutait en coulisses.

Espérons seulement que Québec tiendra bon face aux divers chantages qui invoqueront une fois de plus « la perte de talents » et le « déclin du Québec » et qu’il mettra enfin de l’avant une politique de financement universitaire qui sert vraiment les intérêts de la population québécoise qui, rappelons-le, est à plus de 80 % francophone. Rappelons aussi au gouvernement que le Québec s’est doté en 1968 d’un réseau public d’universités couvrant tout le territoire pour justement répondre aux besoins des francophones qui sont encore – il ne faut pas l’oublier – sous-scolarisés au niveau universitaire.

«Autocensure», «peur», «lâcheté», «attaques», «violence»... les enseignants face aux « jeunes »

En France, 38 % des professeurs ont déjà été menacés ou agressés en « zone d'éducation prioritaire » (euphémisme cachant le plus souvent les banlieues à forte population immigrée). Parfois, l'adresse des enseignants est divulguée.


Notre-Dame de Paris : retour des vitraux restaurés

En façade, Notre-Dame semble tout entière de pierre. Sur le toit, un savant mélange de matières s'opère. Le bois de la charpente se lève. Le fer de l'échafaudage se dresse pour la flèche. À l'intérieur, le plastique des bâches protège encore les chapelles. Derrière le corset de métal qui habille les murs, une autre matière commence à percer.

À 25 m de hauteur, les verres retournent sur les fenêtres des baies hautes pour raconter des scènes de l'évangile et l'histoire de la construction. Le fondateur, l'évêque Maurice de Sully, peut être observé. Il a posé la première pierre de la cathédrale en 1163 et qui la tient dans ses mains. La Vierge Marie reprend sa place à l'arrière de l'édifice. Les maîtres verriers utilisent les mêmes techniques de pose que leur ancêtre du Moyen Âge. Un métier et un vocabulaire : le plomb étamé du sertissage, les clavettes, les vergettes et les rosettes que l'on replie en forme de rose pour maintenir l'ensemble. Une verrière au fond dans l'axe est la première qu'on voyait en entrant. Au lendemain de l'incendie, elle restait intacte avec les décombres à ses pieds. Quelques jours plus tard pour une raison de sécurité, tous les vitraux des 39 baies hautes ont été déposés laissant pleuvoir sur les filets de protection une lumière blanche, jamais vue. Huit ateliers en France et un en Allemagne sont intervenus pour nettoyer et prendre soin de ces œuvres de dix mètres de long, salis par l'incendie, mais surtout par la suie des bougies, la respiration de millions de visiteurs et par le temps.

Leur fabrication date du milieu du XIXe siècle au moment de la grande restauration par l'architecte Viollet-le-Duc. L'esprit et les couleurs vives voulues par les bâtisseurs médiévaux que l'on veut conserver. Quelques panneaux restent à reposer dans la baie. Jésus revient au côté de la Vierge Marie. Un petit détour pour voir un trésor, qui se cache dans une chapelle en cours de restauration, termine ce voyage dans la lumière de Notre-Dame de Paris. Il s'agit d'un vitrail parmi les plus anciens. Il date de 1225, il y a 800 ans. C'est une représentation d'Adam et Ève, comme un retour aux sources pour un nouveau départ.

Même reportage, sur X (plus rapide quand nous avons visionné le reportage) :


France — Les ratés de l’éducation sexuelle à l’école primaire

Des parents pointent le contenu de séances d’éducation à la sexualité dispensées dans certaines écoles primaires.

 
Des parents parlent de leurs enfants « en état de choc » après des séances d’éducation sexuelle à l’école


Lorsque Stéphanie a récupéré son fils à la sortie de l’école en mai dernier, il était en état de sidération. Sur le chemin, Milan, 9 ans, est resté mutique, lui d’habitude si prompt à raconter sa journée. À la maison, sa mère lui a tendu une feuille et un crayon : « Écris, si c’est plus facile pour toi », l’a-t-elle encouragé. Sur le papier qu’il a tendu tout penaud à sa mère, trois mots en petites lettres attachées : « Fellation, clitoris, film porno. » Estomaquée, Stéphanie a tenté de comprendre et découvert qu’avait eu lieu ce jour-là une séance d’éducation sexuelle dans la classe de CM2 (8/9 ans) de son fils. « Aucun parent n’avait été prévenu, s’agace-t-elle. J’ai fini par avoir un rendez-vous avec la maîtresse et la directrice de l’école. Elles ont commencé par me dire que Milan avait dû mal comprendre, puis la maîtresse s’est défendue en disant que ces mots avaient été prononcés par d’autres enfants de la classe. »

Dans une autre école publique, sous couvert de « cours d’éducation à la pudeur », le fils de Valérie, lui, a appris en CM1 (7/8 ans typiquement) « comment se masturber, l’éjaculation, les rapports sexuels par l’anus et le vagin, qu’il pouvait aimer les garçons ou devenir une fille ». À sa mère, le petit garçon de 9 ans a expliqué que, lorsqu’avec ses copains ils s’étaient bouché les oreilles pour ne pas entendre, l’enseignante avait menacé de les envoyer dans le bureau du directeur. Quand Valérie est allée trouver ce dernier pour obtenir des explications, il lui a répondu qu’elle était la seule à se plaindre. Ce qui était vrai. 

  « Il arrive que des enfants soient exposés à des contenus inappropriés »

« Les autres parents n’étaient pas au courant, leurs enfants n’avaient pas osé leur en parler, justifie la mère de famille. Mais quand la nouvelle s’est ébruitée dans l’école, ils ont tous interrogés leurs enfants qui ont confirmé leur malaise. »L’affaire est remontée jusqu’à la mairie. On a dit à Valérie que ces séances étaient destinées à lutter contre l’inceste, les grossesses précoces et à promouvoir l’égalité homme-femme. « Sauf qu’à aucun moment il n’a été question de ça », souligne-t-elle.

Depuis une loi de 2001, trois séances annuelles d’éducation à la sexualité doivent être dispensées depuis le cours préparatoire jusqu’à la terminale. La circulaire Blanquer de 2018 (à laquelle renvoie celle de Pap Ndiaye en 2022) précise que ces enseignements doivent avoir lieu « dans le plus grand respect des consciences », qu’ils doivent être « pleinement adaptés à l'âge des enfants », « sans dimension sexuelle stricto sensu à l'école élémentaire » et « portés à la connaissance des parents d'élèves lors de la réunion de rentrée ». Si certaines écoles respectent ces préconisations, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas. Comment expliquer cette discordance ? 

« La valeur juridique d’une circulaire est faible et dans les faits ces séances sont réalisées sans cadre académique clair, ce qui donne lieu à de nombreuses dérives », pointe Sophie Audugé, délégué générale et porte-parole de SOS Éducation. Chaque intervenant – enseignant, infirmière scolaire, ou association extérieure à l’établissement – agit donc à sa guise. « Il arrive que des enfants soient exposés à des contenus inappropriés et à des discours idéologiques élaborés par des associations militantes. Parfois sans que l’établissement sache exactement ce qui a été dit en classe, poursuit Sophie Audugé. Ces interventions mettent au premier plan le plaisir sexuel, la prévention est passée au second plan. Ces nouveaux principes émanent d'un document de l’OMS, “Standards européens pour l’éducation à la sexualité” et sont diffusés dans les guides et les sites internet estampillés “Éducation nationale” ou “ministère de la Santé” dans lesquels on trouve par exemple un kamasoutra revisité avec des personnages enfantins. »

Pour le docteur Maurice Berger, pédopsychiatre et vice-président du REPPEA (Réseau de professionnels pour la protection de l’enfance et l’adolescence), ces fameux standards européens posent un réel problème. « Ils ne respectent pas les différents stades du développement affectif de l’enfant. Un enfant se pose des questions sur la sexualité à son propre rythme. Lui parler de ces sujets avant qu’il questionne les adultes et alors qu’il n’est peut-être pas prêt à entendre certaines informations constitue une intrusion traumatique dans sa vie affective. » Le spécialiste déplore également que ces standards fassent la promotion du plaisir sexuel à un âge où les enfants ne peuvent pas le comprendre car ils en sont à une période où ils ont avant tout besoin de tendresse dans leur famille. « Ainsi, montrer à l’âge de six ans, comme le fait le film Le Bonheur de la vie projeté dans certaines classes, comment une fille peut provoquer une érection chez un garçon, puis parler de l’orgasme féminin, est complètement décalé et court-circuite les étapes de l’évolution psychique de l’enfant. » C’est ce qui est arrivé à la fille de Benoît, scolarisée en CM2 dans une école publique de Montpellier. « Une infirmière a expliqué aux filles comment donner du plaisir aux garçons en leur enseignant en détail l’art de la masturbation. Ma fille est revenue de l’école en état de choc », raconte ce père de famille, qui tient à préciser qu’il ne pratique aucune religion et ne fait pas de politique. Car c’est bien souvent le reproche adressé à ces parents et aux associations telles que SOS Éducation, Parents vigilants ou les Mamans louves, qui remettent en cause le contenu de ces séances : « extrémistes » (de droite) ou « intégristes » (catholiques ou musulmans). « Je n’ai pas d’idées politiques et je suis agnostique, se défend Benoît. À l’école, on peut leur faire des cours de biologie mais sans idéologie. Le reste appartient aux parents qui savent comment s’adapter aux questions de leurs enfants. »

C’est le point de vue défendu par Inès Pélissié du Rausas, docteur en philosophie, auteur de Dis, maman, d’où viennent les bébés. « Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. L’école primaire peut faciliter leur tâche en enseignant les différences morphologiques, le sens du respect entre les filles et les garçons. Mais avant la puberté, ce n’est pas à elle de leur parler, qui plus est en public, de ce qu’ils ont de plus intime. » Cette spécialiste de la première éducation affective et sexuelle dispense des formations aux parents qui sont, il est vrai, parfois démunis en la matière. « Il est important de favoriser la conversation parents-enfant autour de ces thèmes. En cas de coup dur, l’enfant saura qu’il peut en parler avec eux, alors qu’un intervenant disparaît généralement après son intervention », fait-elle valoir. 

Les parents d’élèves peinent à se faire entendre

Benoît a obtenu gain de cause auprès du directeur de l’école qui s’est engagé à ce que de tels propos ne soient plus tenus aux enfants. Mais d’autres parents d’élèves peinent à se faire entendre ou, craignant des représailles, préfèrent ne rien dire. Ils ne sont pourtant pas des cas isolés puisqu’un sondage IFOP-SOS éducation publié le 4 septembre dernier, révèle que 68 % d’entre eux n’approuvent pas la décision de faire de l’éducation à la sexualité un enseignement prioritaire dès l’âge de 6 ans.  

De son côté, à la suite d’une enquête réalisée en 2022 par l’Inspection générale et révélant que moins de 15 % des élèves bénéficiaient d’une éducation sexuelle à l’école, le ministère de l’Éducation nationale a confié au Conseil supérieur des programmes (CSP) le soin d’élaborer avec précision le contenu de ces enseignements. Pour l’heure, les associations qui l’ont demandé sont auditionnées par le CSP. « Écrire un texte de référence pour que ces enseignements soient encadrés et transparents est une bonne chose », indique le docteur Pascale Morinière, la présidente de la confédération des Associations familiales catholiques (AFC) qui a été reçue le 10 octobre dernier par Mark Sherringham, le président du CSP. Au cours de son audition, elle a notamment demandé que « ces enseignements n’abordent pas les pratiques sexuelles ou les questions de genre, soient fondés sur la science et non sur l’idéologie et qu’ils respectent le développement affectif et psychologique de l’enfant ». Elle a également insisté sur « la nécessité d’une transparence vis-à-vis des parents » ainsi que sur « le respect dû à leur liberté de conscience ».

Le CSP devrait rendre sa copie en janvier prochain. Le sujet est d’autant plus sensible que ce programme aura un caractère contraignant.

*Des prénoms ont été changés.

Source : Le Journal du Dimanche

dimanche 15 octobre 2023

Les Australiens rejettent par référendum une initiative source de fracture raciale selon ses opposants

Les Australiens ont clairement rejeté samedi une proposition de réforme des droits des Aborigènes, soumise par référendum, à l’issue d’une campagne acrimonieuse qui a creusé les divisions raciales dans le pays-continent.

Plus de 60 % des électeurs se sont opposés au projet Voice to Parliament, près de 74 % des bulletins ayant été dépouillés samedi. La défaite n’est pas officielle mais n’est pas contestée. D’après Sky News, ce pourcentage de 60 % pourrait encore monter puisque le vote par correspondance et anticipation n’était pas encore totalement dépouillé et qu’il était le plus opposé à The Voice.


Le Premier ministre de gauche, Anthony Albanese, a attribué cet échec à la campagne menée par ses opposants politiques contre la mesure proposée.

Le projet prévoyait de créer un conseil consultatif — surnommé La Voix — auprès du Parlement et du gouvernement pour émettre des avis sur les lois et les politiques publiques qui concernent les populations autochtones, Aborigènes et insulaires du détroit de Torres. Les citoyens aborigènes d’Australie représentent environ 3,8 % des 26 millions d’habitants du pays.

Les partisans d’un changement constitutionnel en Australie se sont dits dévastés par l’échec, samedi, du référendum.

Vote du oui concentré dans les districts urbains progressistes

Tous les États australiens ont voté contre cette initiative. Le vote en faveur de ce référendum s’est concentré dans les circonscriptions urbaines progressistes (« teal seats » ci-dessous), alors que les circonscriptions avec les plus fortes concentrations d’aborigènes ont voté contre. Voir ci-dessous.




Alliance hétéroclite contre la Voix

Les partis conservateurs australiens, le Parti libéral et le Parti national, forment une coalition de longue date. Ils ont tous deux fait campagne contre la Voix au motif qu’elle diviserait le pays en fonction de la race. Certaines personnalités du parti ont néanmoins déclaré qu’elles soutenaient la Voix, notamment le Premier ministre libéral de l’État de Tasmanie, Jeremy Rockliff, et l’ancienne ministre libérale des affaires étrangères, Julie Bishop.

Le groupe de pression conservateur Advance Australia s’est positionné comme un contrepoids aux groupes de défense d’intérêts de gauche lors des dernières élections, avec des campagnes menées principalement sur les médias sociaux. Advance Australia gère également des groupes de discussion sur Facebook pour amplifier le contenu anti-Voice. La sénatrice conservatrice aborigène Jacinta Nampijinpa Price  (ci-contre) a soutenu la campagne d’Advance Australia.

Certains partis politiques populistes, dont One Nation de Pauline Hanson, qui détient deux des 76 sièges du Sénat australien, ont déclaré qu’ils s’opposaient à la Voix parce qu’ils craignaient qu’elle ne confère des pouvoirs supplémentaires aux dirigeants indigènes. L’unique sénateur du « Palmer United Party » du milliardaire minier Clive Palmer a qualifié la Voix de « raciste ».

Certains dirigeants autochtones s’opposent à la Voix parce qu’ils estiment qu’elle compromet leur objectif de conclure un traité mettant fin à une guerre d’occupation qui a débuté avec l’arrivée des Européens en 1788. Warren Mundine, ancien président du parti travailliste, qui est autochtone, a fait campagne contre la Voix en affirmant qu’un résultat négatif améliorerait les chances d’aboutir à des traités locaux (et non nationaux). Warren Mundine  a également accusé cette proposition d'« inscrire dans la Constitution une division entre les Australiens selon leur race » lui rappelant la ségrégation raciale qu'il a connue enfant dans les années 1950 et 1960. Pour Mundine, le plus important est de se pencher sur les milliards déjà dépensés dans les affaires aborigènes, de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. La sénatrice Lidia Thorpe, qui est indigène, a quitté le parti de gauche des Verts pour devenir indépendante en février en raison de son soutien à la Voix, déclarant que le parti l’avait empêchée de défendre le « Black Sovereign Movement ».

Un Brexit aux antipodes ?

Si l’on ajoute au rejet de La Voix, la victoire nette des conservateurs en Nouvelle-Zélande, il s’agit d’une journée importante pour les droites des Antipodes. La plupart des partisans du non ont déclaré qu’ils étaient opposés à tout principe qui diviserait les Australiens en fonction de leur race. Plusieurs figures du Non étaient d’ailleurs des aborigènes.

Le débat est assez similaire à celui du Brexit. Les partisans du Oui ont fini par le dépeindre comme une bataille du bien contre le mal, affirmant que les partisans du Non usaient de mensonges et d’autres formes de magie noire pour séduire les électeurs. L’un des partisans du oui, Ray Martin, a fait remarquer que toute personne votant pour le non était « un dinosaure ou une tête de nœud » si elle « ne se donnait pas la peine » de se renseigner sur les questions en jeu. Thomas Mayo, un autre militant du Oui, a déclaré ce soir que « nous avons vu une campagne du Non dégoûtante, une campagne qui a été malhonnête, qui a menti au peuple australien et je suis sûr que cela apparaîtra dans l’analyse ».

La campagne en faveur du oui n’a jamais précisé la forme que prendrait cette nouvelle « voix ». Cette imprécision a été exploitée par la campagne du non, dont le slogan était « Si vous ne savez pas, votez non ». Le système australien de vote obligatoire a convoqué aux urnes un grand nombre de ceux qui considéraient toute cette entreprise comme une distraction inutile. Aucun prix pour deviner de quel côté ils ont penché. Mais c’est un tel choc pour le système australien, car la campagne du « oui » avait commencé par s’attendre à une victoire facile. Il y a un an, les sondages prévoyaient une victoire facile pour le Oui. 


Le commentateur australien Andrew Bolt a commenté la campagne autour du référendum concernant The Voice en ces termes : « À Noël, j’ai dit à ma femme que je devrais démissionner cette année parce que je ne comprenais plus ce pays », a déclaré M. Bolt. Il a ajouté qu’à l’époque, les sondages révélaient que près de deux tiers des Australiens soutenaient la proposition, tandis que les grandes entreprises injectaient des millions de dollars dans la campagne en faveur du « oui ». « Personne n’osait dire non — bien sûr, l’intimidation était tellement forte — mais il s’est passé quelque chose d’incroyable », a-t-il ajouté. « Au cours de l’année écoulée, les sondages ont montré que la Voix est passée de deux tiers de soutien à près de deux tiers d’opposition ». M. Bolt a déclaré qu’il avait trouvé ce changement de tendance « inspirant », car il montre que les Australiens ne peuvent pas être « achetés » avec de l’argent ou intimidés.

Comme pour l’indépendance de l’Écosse et comme pour le Brexit, l’arrogance de la campagne menée par le gouvernement, qui a convoqué toutes les grandes entreprises et les médias en faveur du Oui, a recruté des électeurs dans l’autre camp. Peter van Onselen, universitaire et commentateur partisan du oui, résume la situation : « En tant que défenseur des traités depuis des années, je suis plus que furieux de voir à quel point le camp du oui a bâclé son argumentaire sur cette question. Mais je ne vais pas édulcorer ses échecs et accuser de manière simpliste la campagne du non d’avoir remis en cause la proposition. C’est le pluralisme démocratique en action. Il y a des raisons légitimes de voter non et quiconque envisage de le faire ne mérite pas d’être qualifié de raciste, d’idiot ou de dinosaure ».

La journaliste australienne Peta Credlin a déclaré : « Albanese a essayé d’exploiter la bonne volonté de presque tous les Australiens à l’égard des Aborigènes, ainsi que notre instinct louable de vouloir mettre fin aux désavantages des indigènes, pour provoquer un changement profond de notre système de gouvernement, basé sur l’idée que la colonisation de l’Australie était fondamentalement injuste. C’est pourquoi il doit échouer, et c’est pourquoi plus son échec sera important, mieux ce sera à long terme ».

La part du « oui » (en vert) a constamment chuté dans les sondages au fur de la campagne référendaire

The Spectator appelle à la démission du Premier Ministre

Rowan Dean, rédacteur en chef de l'édition australienne du Spectator, a commenté l'événement :

Anthony Albanese est désormais reconnu comme un Premier ministre fourbe et paresseux, entouré d'un groupe de bras-cassés qui lui servent de ministres. Ils ont gaspillé 18 mois du temps précieux des Australiens et des centaines de millions de dollars de nos impôts sur ce projet nombriliste, clivant et futile.

Ils ont déchiré des familles. Ils ont déchiré les lieux de travail. Ils ont semé la haine et la division dans toute la nation, comme jamais l'Australie n'en avait connu depuis des décennies.

Ce mandat de Premier ministre est un échec total.

M. Albanese devrait démissionner aujourd'hui et convoquer immédiatement des élections. Lui et ses collègues sont manifestement complètement déconnectés du grand public australien. Ils ont semé le chaos dans cette nation par leur orgueil et leur arrogance à un moment où les difficultés économiques s'accumulent. Le Premier ministre n'a même pas pris la peine de lire les détails de ce qu'il voulait nous infliger et a ensuite eu le culot, dans son discours de défaite, de se moquer de ceux d'entre nous qui ont exigé des détails sur les 26 pages de la déclaration d'Uluru. [...]

Les Australiens méritent beaucoup mieux. Les Australiens aborigènes méritent beaucoup mieux.

Les contribuables ont besoin de savoir où sont passés les milliards de dollars consacrés aux affaires indigènes. Nous devons nous débarrasser de toutes les absurdités symboliques, des accueils, des reconnaissances de territoire, des cérémonies stupides, des traités, des commissions "vérité" et de l'incessant changement de nom de notre pays.

L'Australie a besoin de toute urgence d'un nouveau gouvernement et d'une nouvelle façon de penser. Et dans les années à venir, attendons tous avec impatience et enthousiasme un Premier ministre de coalition, Jacinta Nampijinpa Price.

Réaction favorable du sociologue (eurasien) Eric Kaufmann:

samedi 14 octobre 2023

Les Amérindiens contre la reconnaissance des Métis ontariens (« des personnes aux origines douteuses ») comme autochtones

Les Amérindiens ontariens protègent leurs privilèges et leur part du gâteau. (Voir Les programmes destinés aux autochtones et les versements fédéraux contribuent à creuser les déficits du Canada [des dizaines de milliards de $]).

Le dépôt en juin du projet de loi fédérale C-53 qui enchâsserait dans la Constitution canadienne les droits de la Nation métisse de l’Ontario (MNO) a créé une profonde commotion auprès des Premières Nations de la province, qui demandent son annulation pure et simple. Elles reprochent notamment à Ottawa de ne pas les consulter sur les revendications d’une organisation dont elles nient toute légitimité.

Ottawa a créé un conflit qui ne cesse de s’intensifier depuis que le controversé projet de loi C-53 a été adopté en deuxième lecture à l’unanimité en juin.

Ce projet de loi, fruit de plusieurs accords, fournit un cadre légal permettant à la MNO de représenter les communautés métisses se trouvant sur le territoire ontarien, ce qui soulève une vive opposition des Premières Nations ontariennes.


« Parce que ces soi-disant Métis n’ont aucune assise identitaire sérieuse », clame Jason Batise (ci-contre), directeur général du Conseil tribal Wabun, composé de six Premières Nations situées dans le Nord de l’Ontario. « Nous n’acceptons pas leurs revendications sur nos territoires ancestraux. »

Les dirigeants des Premières Nations de l’Ontario considèrent l’accord d’autonomie gouvernementale de la MNO avec le Canada comme représentant une véritable « menace existentielle ». Le Conseil tribal Wabun a donc décidé de prendre les devants en se tournant du côté des tribunaux pour demander un contrôle judiciaire remettant en question l’existence des Métis dans l’Est ontarien.

« Le Canada ne peut pas sans notre accord reconnaître comme Autochtones des personnes aux origines douteuses. Leurs revendications n’ont aucun lien historique et on ne comprend pas pourquoi le gouvernement fédéral ne nous consulte pas », souligne M. Batise.

Margaret Froh (ci-contre), présidente de la MNO, a souligné que la loi C-53 est le fruit d’efforts qui remonte à plus de 200 ans. « La réalité, c’est que des communautés métisses ont existé et nous en sommes les fiers descendants », affirme-t-elle en entrevue.

Elle tient à préciser que l’entente avec le fédéral ne s’applique que sur la gestion des affaires internes et l’autodétermination. « L’accord ne concerne pas le territoire, mais uniquement notre droit à nous de gouverner selon nos coutumes et les services à l’enfance », dit-elle.

Mme Froh se dit consternée par ce « négationnisme » touchant les communautés métisses de l’Ontario. Pour la présidente, toutes les communautés autochtones du pays devraient accueillir cette législation comme un événement positif. « Il n’y a pas de hiérarchie à faire entre les peuples autochtones du Canada, qui incluent les Premières Nations [Amérindiens], les Inuit [Esquimaux] et les Métis. »
 
De plus en plus de Canadiens se définissent comme Métis
 
Depuis la décision de la Cour suprême en 2003 dans son arrêt Powley, un grand nombre de Canadiens se sont définis comme Métis grâce au test de Powley, qui établit une liste de 10 critères, comme les liens ancestraux ou l’appartenance à une communauté, afin de déterminer si une personne peut bénéficier des droits accordés aux Métis.

Notons que la Nation métisse de l’Ontario a voté en mars l’exclusion de 18 % de ses membres qui avaient menti sur leurs ascendances pour obtenir notamment des droits de pêche et de chasse.

« Ces soi-disant Métis veulent les ressources alors qu’ils ne partagent pas la réalité et les traumas des Nations métisses historiques », déclare le chef Wilfred King de la Première Nation Gull Bay en Ontario.
 
« Les Autochtones du pays doivent s’organiser avec du sous-financement chronique [ceci est très discutable], et voilà qu’il va falloir partager les enveloppes avec de faux Métis. »
 
L’arrêt Powley
 
La Reine c. Powley, 2003 CSC 43 (communément appelé l’arrêt Powley) est un arrêt de la Cour suprême du Canada portant sur le droit ancestral de chasse des peuples métis, et plus particulièrement sur la définition des droits ancestraux métis qui se retrouve à l’article 35 (1) de la Loi constitutionnelle de 1982.
 
En 1993, Steve et Roddy Powley, père et fils de Sault-Sainte-Marie, ont été accusés de possession d’un orignal qu’ils avaient abattu hors saison et sans permis. Les deux hommes ont plaidé non coupables au motif qu’en tant que Métis, ils avaient un droit de chasse autochtone qui n’était pas soumis aux lois ontariennes sur le gibier.

La Cour de justice de l’Ontario a donné son accord et a rejeté les accusations. Le procureur général de l’Ontario a fait appel de cette décision devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario, qui a confirmé les acquittements et rejeté l’appel.

Le procureur général de l’Ontario a de nouveau fait appel devant la Cour d’appel de l’Ontario, qui a également confirmé les acquittements et rejeté l’appel. Enfin, l’Ontario a fait appel de la décision devant la Cour suprême du Canada, qui a confirmé à l’unanimité les décisions des juridictions inférieures.

Dans son sens constitutionnel, le mot Métis (avec une majuscule) ne vise pas toutes les personnes d’ascendance mixte autochtone et européenne au Canada. Il désigne plutôt des personnes issues de peuples distincts qui, en plus de leur ascendance mixte, possèdent leurs propres coutumes, façons de vivre et identité collective reconnaissables et distinctes de celles de leurs ancêtres des Amérindiens ou des Esquimaux. En outre, la Cour suprême, à travers l’arrêt Powley, précise que ces peuples ont pris leur essor avant que les Européens ne consolident leur emprise sur le territoire.

Source : Radio-Canada

Universités anglo-saxonnes : importantes réactions structurées au correctivisme diversitaire

Eric Kaufmann (ci-contre) est un sociologue de renommée internationale. Il est un universitaire canadien, jusqu’à récemment professeur de science politique au Birkbeck College de l’Université de Londres. Il est spécialiste de l’orangisme en Irlande du Nord, du nationalisme, de la démographie politique et religieuse. Il a des origines multiraciales.

Dans un article paru dans le Daily Telegraph de Londres, l’ancien directeur des études politiques de l’université Birkbeck explique pourquoi il franchit le pas en créant un nouveau centre d’apprentissage.

Le professeur Eric Kauffmann explique qu’il souhaite créer un environnement plus équilibré, où « il n’y a pas de honte ou d’embarras à avoir un point de vue minoritaire ».

De toutes les personnes qui prétendent mener « une guerre contre le travail », le professeur Eric Kaufmann est sans doute celle qui est allée le plus loin, en créant une faculté universitaire dédiée à cette activité. Après une carrière de 20 ans à l’université Birkbeck de Londres — dont les cinq dernières années ont été marquées, selon lui, par de multiples « harcèlements en meute sur Twitter » et des enquêtes d’une « crédibilité nulle » en raison de ses opinions —, l’ancien responsable des sciences politiques a annoncé la semaine dernière le lancement du tout nouveau Centre pour la Science sociale hétérodoxe (CHSS), où la liberté d’expression ne sera pas « déformée par l’idéologie », comme c’est désormais le cas, selon lui, sur les campus de tout le Royaume-Uni.

Basé à l’université de Buckingham, son premier cours, « Wokisme : les origines, la dynamique et les implications d’une idéologie d’élite » sera lancé en janvier sous la forme d’un programme en ligne de 15 semaines ouvert à tous, et sera suivi d’un master en septembre. L’accès au matériel pédagogique coûtera 80 livres sterling (jusqu’à 480 livres sterling pour les étudiants qui souhaitent participer à un séminaire de 90 minutes avec le professeur Kaufmann). Les thèmes abordés comprendront les origines du libéralisme, la montée du « socialisme culturel » dans les années 1960 et la « dynamique de l’opinion publique » qui anime les groupes qui « soutiennent les idées woke », comme « faire pression sur l’éditeur de JK Rowling pour qu’il cesse de la publier ». La maîtrise se concentrera sur « l’intersection entre la gauche woke et la droite populiste » et coûtera environ 7 700 livres sterling par an.