samedi 29 décembre 2012

Aux États-Unis comme au Canada, plus on est croyant plus on est généreux

Un tout récent sondage Gallup, publié le jour de Noël, indique que 77 % des Américains se disent chrétiens (52 % protestants, 23 % catholiques et 2 % mormons).

Bill Donohue, président de la Catholic League, a fait paraître récemment  un communiqué commentant le dernier rapport de The Chronicle of Philanthropy, un bimensuel qui traite de tout ce qui toute à la charité aux États-Unis.

Selon le rapport de The Chronicle of Philanthropy sur les dons charitables aux États-Unis : « Comment l’Amérique donne ». Il est sorti en août dernier. Sa découverte principale c’est que plus une ville ou un État est religieux, plus ils sont généreux. A contrario, plus une région est sécularisée, plus pingres sont ses habitants. Les États les plus généreux sont l’Utah et l’Idaho, les deux comportant un grand nombre d’habitants mormons. Des États de la Ceinture biblique[1] figurent dans la liste des dix premiers. Pour ce qui est des villes, Salt Lake City (Utah) et Memphis (Tennessee) sont au coude à coude. Les États les moins généreux, qui occupent les six dernières places sur la liste, sont le Connecticut, le Rhode Island, le Massachusetts, le Vermont, le Maine et le Nouveau Hampshire. Les deux villes les plus radines sont Boston (Massachusetts) et Providence (Rhode Island). Ces données sont cohérentes avec d’autres études. Cela suggère que la croissance des « sans religion » – ceux qui ne sont rattachés à aucune religion – pourrait constituer un passif social pour notre nation. Cela indique aussi que ceux qui vivent dans les régions que l'on prétend les plus progressistes du pays, sont précisément ceux qui en font le moins individuellement pour lutter contre la pauvreté et aider leurs concitoyens : ils semblent préférer que l'impôt mettent aussi les autres à contribution et que l'État intervienne.

Il en va de même au Canada, plus on est croyant plus on donne de l'argent et du temps et pas uniquement aux activités et organismes religieux.

 Rappel d'un de nos billets de 2010 à ce sujet :


L'été dernier, Statistiques Canada a publié une longue enquête sur le don, le bénévolat et la participation.
Alors que moins de 20 % des Canadiens vont fréquemment à l'église, ces personnes pratiquantes sont nettement plus enclines à faire des dons à des organismes de bienfaisance et sans but lucratif et à faire des dons nettement plus importants à des organismes religieux et non religieux que ceux qui ne vont pas régulièrement à l'église.

En effet, alors que le montant moyen des dons faits par les personnes actives sur le plan religieux était de 1 038 $ en 2007, il n'était que 295 $ pour ceux qui n’avaient pas assisté à des réunions ou services religieux chaque semaine. C'est au Québec que le don moyen est le plus faible : 219 $ par rapport à une moyenne de 437 $ au Canada alors que l'Alberta donne le plus en moyenne par habitant de 15 ans et plus : 596 $.

Les personnes qui assistent aux services religieux chaque semaine sont également beaucoup plus susceptibles que les autres de faire du bénévolat (66 % et 43 %, respectivement). C’est au Québec que ce taux est le plus faible (37 %). De même, les bénévoles caractérisés par une pratique religieuse hebdomadaire tendent à consacrer un plus grand nombre d’heures au bénévolat (232 heures comparativement à 142 heures). Les personnes caractérisées par une pratique religieuse hebdomadaire représentent 17 % des Canadiens, mais sont à l’origine de 35 % de toutes les heures de bénévolat en 2007. Elles fournissent 85 % de toutes les heures de bénévolat consacrées à des organismes religieux et 23 % des heures consacrées à des organismes non religieux.


[1] Alabama, Arkansas, les deux Carolines (Nord et Sud), Géorgie, Kentucky, Louisiane, Mississippi, Missouri, Oklahoma, Tennessee, Texas, et une partie de la Floride, de l’Illinois, de l’Indiana, de l’Ohio, de la Pennsylvanie, de la Virginie et de la Virginie Occidentale.




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L'impôt sur les riches censuré en France parce qu'individuel... l'impôt sur le revenu québécois le serait-il aussi ?

Le Conseil Constitutionnel français a infligé samedi un camouflet au président socialiste François Hollande en annulant la taxation à 75 % pour les plus riches contribuables, la mesure la plus emblématique et contestée de son gouvernement.

Le Conseil a estimé que la taxe de 75 % sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros prévue pour deux ans et contenue dans le budget 2013, méconnaissait le principe d'égalité des charges.

Elle est en effet « assise sur les revenus de chaque personne physique » alors que l'impôt sur le revenu est prélevé « par foyer ».

Concrètement, explique-t-on au Conseil, avec cette taxation, un ménage, dont chaque membre percevrait un revenu de 900 000 euros, se trouverait exempté, tandis qu'un autre, dont un seul membre gagnerait 1,2 million d'euros et l'autre rien, devrait l'acquitter, ce qui constituerait à l'évidence une « rupture d'égalité au regard de la faculté contributive ».

Notons que l'imposition par personne physique au Québec (plutôt que par ménage comme en France) serait donc « censurée pour méconnaissance de l'égalité devant les charges publiques ». En effet au Québec, si une mère (père) reste au foyer pour s'occuper de ses enfants et aider ainsi son mari (femme) en lui permettant de travailler plus et de gagner plus d'argent, ce ménage sera plus taxé qu'un ménage ayant les mêmes revenus mais où les revenus sont partagés entre les deux conjoints... Pourquoi ?

Notons que cette mesure socialiste est très critiquée : elle est ressentie comme confiscatoire, comme née d'un ressentiment improductif et elle rapporte très peu (si elle n'encourage pas plus d'exilés fiscaux et donc en fait ne diminue les rentrées fiscales).





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vendredi 28 décembre 2012

Les chrétiens et les juifs dans l'Occident musulman


La coexistence pacifique des trois communautés musulmane, chrétienne et juive (les gens du Livre pour les musulmans) en El-Andalous est une vision de l'histoire coutumière des promoteurs du « vivre-ensemble » et des livres scolaires occidentaux. Ce n'est pas nécessairement sans arrière-pensées politiques dans un Québec et une Europe comptant des minorités musulmanes croissantes.

Que disent les historiens et les textes musulmans ?

Bernard Lewis

« Le mythe de l’innocence de l’islam en matière de racisme est une création occidentale, au service d’un but occidental. Ce n’était pas la première fois qu’un islam mythique et idéalisé fournissait les verges destinées à châtier les défauts de l’Occident. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières avaient loué l’islam pour son absence de dogmes et de mystères, l’absence de prêtres et d’inquisiteurs, ou autres persécuteurs, lui reconnaissant ainsi de réelles qualités, mais les exagérant pour en faire un outil polémique contre les Églises et le clergé chrétien. Au début du XIXe siècle, les juifs d’Europe occidentale, émancipés récemment mais encore imparfaitement, en appelèrent à un âge d’or de légende en Espagne musulmane, âge de tolérance et d’acceptation complète dans une harmonieuse symbiose. »

(Bernard Lewis, Race et esclavage au Proche-Orient, p. 393)


« Ce n’est que depuis peu de temps que chrétiens et musulmans déclarent rechercher la tolérance et combattre l’intolérance. Pendant la plus grande partie de leur histoire, ces deux civilisations n’ont pas considéré la tolérance comme une valeur, ni l’intolérance comme un objet de réprobation. Jusqu’à une époque relativement moderne, l’Europe chrétienne ne prisait ni ne pratiquait elle-même la tolérance, et son absence chez les autres ne la scandalisait pas particulièrement. Ce dont elle accusait l’islam, ce n’était pas d’imposer sa doctrine par la force – pratique tenue pour normale et naturelle – mais de répandre des doctrines fausses. De même, du côté musulman, les protestations de tolérance, devenues courantes aujourd’hui dans la bouche des apologistes musulmans et plus encore dans celle des apologistes de l’islam, représentent, elles aussi, un phénomène nouveau et d’origine non islamique. Ce n’est que tout récemment que certains défenseurs de l’Islam ont commencé à soutenir que leur société avait toujours accordé une égalité de statut aux non-musulmans vivant en son sein. Une telle affirmation n’est reprise par aucun des porte-parole de l’islam intégriste, et l’histoire démontre qu’ils ont raison. »

 (Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, pp. 452-453)


« Inhérente au système, institutionnalisée dans le droit et la pratique, la discrimination représente une donnée permanente et nécessaire de la société musulmane. En revanche, la persécution, c’est-à-dire la répression violente et systématique, fut rare et atypique. »

(Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, p. 456)

[Il faut se rappeler que pendant longtemps les musulmans seront minoritaires tant au Levant, en Égypte qu'en Espagne, ils n'avaient pas intérêt à massacrer leur main-d'oeuvre, mais à lentement les assimiler.  En 1099, soit lors de la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, la majorité des habitants de Palestine et de Syrie étaient encore vraisemblablement chrétiens.]


« L’islam a souvent été décrit comme une religion égalitaire ; à bien des titres, elle l’est effectivement.

[…]

Globalement, la mobilité sociale était bien plus grande en Islam que dans l’Europe chrétienne ou l’Inde hindouiste. Toutefois, cette égalité des chances et de statut comportait des limites de taille. N’étaient membres à part entière de la société que les hommes, libres et musulmans. Ceux à qui l’une de ces trois qualités faisait défaut – c’est-à-dire les femmes, les esclaves et les mécréants – n’étaient pas des égaux. Ces trois inégalités fondamentales – entre maître et esclave, homme et femme, croyant et incroyant – n’étaient pas seulement un fait admis, elles étaient inscrites dans la Loi divine qui en fixait aussi les modalités. »
(Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, pp. 456-457)


« Les musulmans ont-ils le droit de vivre sous un gouvernement chrétien ou bien doivent-ils émigrer ? La réponse est sans équivoque : ils doivent partir, hommes, femmes et enfants, tous sans exception. Ce gouvernement est tolérant ? Leur départ n’en est que plus urgent, car le danger d’apostasie est plus grand. […] « Mieux vaut la tyrannie de l’Islam que la justice des chrétiens. »

(id., p. 470)

« Il n’est pas permis à un musulman de masser un juif ou un chrétien, de ramasser ses ordures, ni de nettoyer ses latrines. Ce genre de métier convient mieux au juif et au chrétien, car ce sont des êtres vils. Un musulman ne soignera pas l’animal d’un juif ou d’un chrétien, ni lui servira de muletier, ni lui tiendra l’étrier. S’il s’avère qu’un musulman le fait, il convient de le dénoncer sans retard. »

 (id., p. 485)

Le livre des fatwas occidentales

Faute de documents, l’histoire sociale et économique de l’Islam médiéval est obscure. Il arrive néanmoins que cette pénombre soit percée de rais de lumière. C’est le cas pour l’Occident musulman grâce à une pléiade d’éminents juristes dont les nombreuses consultations fourmillent de précieuses realia introuvables ailleurs. Ainsi en est-il du Kitâb al-Mi’yâr al-mugrib wa-l-gami’ al-mu’rib ’an fatawa ahl Ifriqiya wa-l-Andalus wa-l-Magrib faisant l’objet de cette première analyse thématique. Cet énorme corpus de consultations juridiques rendues par les juristes de l’Occident musulman médiéval compilé par al-Wansarîsî (v. 1430-1508), contribue à faire connaître mieux le monde musulman. De cet ensemble de 12 volumes de l’édition lithographiée à Fès (fin XIXe siècle), dont une réédition récente a été effectuée, l'auteur a retenu 2144 fatwas offrant quelque intérêt historique. Elles ont été analysées aussi succinctement que possible et classées sous le nom des muftis qui les ont rendues. Elles sont donc presque toutes datables à un demi-siècle près pour ce qui est du lieu, une certaine circonspection est de rigueur, sauf indication explicite, car les jurisconsultes se sont souvent déplacés au cours de leur existence et les plus célèbres sont interrogés de près ou de loin.

L’ouvrage de Vincent Lagardère, Histoire et société en Occident musulman au Moyen Âge, présente ces 2144 fatwas – non commentées – issues du Kitâb al-Mi’yâr, corpus de consultations juridiques rendues par les juristes de l’Occident musulman médiéval compilé par le juriste maghrébin al-Wansarîsî. Constituées de deux parties (la question et la réponse), certaines de ces fatwas permettent d’appréhender les rapports entre les différentes communautés religieuses.

jeudi 27 décembre 2012

Après les drogues et le SIDA, le tabou des violences dans les couples homosexuels

Selon Slate.fr, site que personne ne pourra soupçonner d’« homophobie », « la violence conjugale est un véritable problème chez les homosexuels ».

Sujet tabou (il ne faudrait pas « réactiver les clichés », hein, même si ceux-ci n’en sont pas), il faut chercher dans les notules d'une étude de Statistique Canada qui indique par exemple qu’en 2004, 15 % des homosexuels ont été victimes de violences « conjugales » contre 7 % des « hétéros »… À quand une campagne gouvernementale dans les médias contre ces couples violents et peu stables.

Des chiffres corroborés par ce questionnaire du site communautaire Yagg dont 84 % des participants ont déclaré être lesbiennes : 18 % d’entre eux auraient subi des violences conjugales… Les drogues , le SIDA, les violences entre adultes, drôle d’environnement pour accueillir des enfants, drôle de comportement sexuel à banaliser dans les écoles !


Voir aussi

Sondages : Les États-Uniens surestiment grandement le nombre d'homosexuels

Étude révèle que les enfants vivant avec des homosexuels accusent un retard scolaire

Autre étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels (Étude de Mark Regnerus)

mardi 25 décembre 2012

L'université Stanford nomme un aumônier auprès des athées

L'aumônier John Figdor a un doctorat en théologie de l'Université Harvard. Il conseille ceux qui en ont besoin et visite les malades. Il travaille également avec des étudiants de Stanford dans le cadre du Bureau de la vie religieuse.

Oui, mais, voilà, cet aumônier est un athée.

« Les gens sont décontenancés quand je le leur dis » de déclarer John Figdor. « Mais les étudiants athées, agnostiques et 'humanistes' connaissent les mêmes difficultés que les étudiants religieux: la maladie, le deuil dans la famille, ils se posent des questions sur le sens de la vie, etc. - et je voudrais qu'il ait un sympathique non-théiste à qui parler. »

Jeremy Jimenez (à gauche) et l'aumônier John Figdor écoutent le conférencier Dave Fitzgerald
 lors de son allocution intitulée « Le Guide des Fêtes du païen » à Stanford le 3 décembre 2012.

Source

Voir aussi

La laïcité, une nouvelle religion ? (Vincent Peillon, ministre français de l'Éducation)

C'est officiel : l'écologisme est une religion (congé religieux accordé par juge à un écologiste athée)





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samedi 22 décembre 2012

Le massacre à l'école primaire Sandy Hook dans le Connecticut

Nous publions ci-dessous des extraits d'un entretien avec Xavier Raufer, spécialiste en criminalité, en terrorisme et en insécurité urbaine. Cette tuerie est un incident tragique et nous nous associons à la douleur des familles. Un massacre des innocents en décembre...

— La récente tuerie dans l’école primaire de Newtown relance le débat sur le contrôle des armes à feu. La disponibilité de ces armes, notamment des armes de guerre, explique-t-elle ces épisodes meurtriers ?

Xavier Raufer  — La dernière tuerie en date n’a « relancé le débat sur le contrôle des armes à feu » que dans les médias et, de façon factice, chez des politiciens américains incapables de résoudre ce problème. À ce propos, il est inquiétant que sans exception, les grands médias d’« information », quotidiens, radios, télés, énoncent ensemble, au même instant et sans nulle nuance, précisément la même idée, formant ainsi une vaste Pravda collective.

— Même si certains médias le manipulent, le problème existe…

XR — Oui, et pas seulement aux États-Unis ! Mais pour les médias c’est toujours la même rengaine : les tueries entre gangsters à Marseille ? Les Kalachnikov ! On n’en sort pas. Les massacres de masse aux États-Unis : les armes ! Rien d’autre. Or les armes ne tuent jamais – une kalachnikov posée sur la table prend juste la poussière – ce sont ceux qui en usent : gangsters à Marseille, bombes humaines aux États-Unis, qui posent problème. Mais non : la fascination médiatique pour la quincaillerie est absolue.

[On lira avec intérêt sur ce sujet le livre de John R. Lott Jr., More Guns, Less Crime: Understanding Crime and Gun Control Laws, Third Edition (Studies in Law and Economics).]

—   Des lois plus restrictives voire la « prohibition » des armes à feu ne feraient-elles pas baisser le nombre de tueries aux États-Unis ?

XR — Dans l’affaire des massacres de masse aux États-Unis, le paramètre des armes n’est ni l’explication, ni la solution. Que les médias d’information s’interrogent : pourquoi n’y a-t-il absolument aucun massacre de masse au Brésil et au Mexique, qui comptent vingt fois plus d’armes incontrôlées que les Etats-Unis ? Un autre phénomène devrait nous interroger : des massacres dans des écoles surviennent parfois en Chine – mais sans armes à feu, plutôt avec des explosifs ou des armes blanches.

[Le taux d'homicide aux États-Unis en 2011 était de 4,8 homicides pour 100.000 habitants, il était de 10,2 en 1980. Ce taux a commencé à augmenter dans les années 60 et à décliner avec les années 90, il semble correspondre à l'influence des baby-boomers dans la population. Le taux de possession d'armes à feu n'a pas baissé entretemps aux États-Unis. Le taux d'homicide au Canada était de 1,74 en 2011 (il était de 2,61 en 1980) et de 4,24 pour le Manitoba.]

—  Certes, mais la disponibilité des armes à feu n’augmente-t-elle pas la gravité des autres crimes ?

XR —  Bien sûr. Dans West Side Story, les bandes s’expliquent à coups de couteaux. Que ce soit désormais à l’arme de guerre ne fait aucun bien aux statistiques criminelles.

—  Si ce n’est pas la disponibilité des armes, quel est donc le facteur déterminant dans les tueries de masse aux Etats-Unis ?

XR —  Ce qui provoque ces massacres aux Etats-Unis ne tient pas à l’accessibilité des armes – qui est à l’évidence, un facteur aggravant – mais à l’essence de la société américaine en général, au psychisme de quelques individus en particulier. Esquissons une comparaison avec un drame psycho-social français : l’alcoolisme. Ce phénomène est très profondément enraciné, terriblement long et difficile à réduire. Pour autant, l’alcoolisme est-il réductible à la seule accessibilité de l’alcool ? Vous avez vu, les États-Unis et la prohibition ? Voilà ce qu’il faut méditer, au lieu de s’hypnotiser sur des outils homicides.


—  L’existence de bombes humaines désocialisées comme Adam Lanza, le tueur de Newtown, est-elle un phénomène spécifiquement américain ?

XR —  Là est le sujet. Pratiqué par des solitaires frustrés ou enragés, éduqués mais coupés de la société, le massacre de masse peut s’appuyer sur un prétexte idéologique ou millénariste. Certains vont aussi prendre pour objet phobique une école, des minorités, etc.

Mais l’origine psychologique n’est pas garantie : parfois, la biologie s’en mêle. Le premier massacre de masse moderne – 15 morts, 32 blessés – est perpétré en août 1966 à l’Université d’Austin (Texas) par Charles Whitman, 25 ans. Abattu par la police, Whitman évoque dans son testament d’étranges élans homicides. Son autopsie révèle une grosse tumeur dans un secteur cérébral régulant l’agressivité.

À ce jour, ces massacres de masse prennent l’ampleur d’un phénomène de société dans des pays riches marqués par un « protestantisme sociologique » provoquant un conformisme et une bienséance insupportables. Toute expression forte ou dissidente y fait horreur. Toute négativité en est bannie : les églises n’y montrent plus le Christ crucifié – odieuse vision d’une incorrecte torture. Exemple : l’Amérique blanche suburbaine du Colorado où, en 1999, deux élèves du lycée Columbine abattent 13 de leurs condisciples et en blessent 32, avant de se suicider. Désormais, Newtown.


—  Une société trop policée est donc criminogène ?

XR — Évidemment ! L’être humain n’est pas un robot. L’homme jeune est aventureux, souvent outrancier de propos ou d’actes (“il faut bien que jeunesse se passe”…). Etouffez-le dans le politically correct et la bienséance gnan-gnan – vous aurez inévitablement 999 moutons bêlants – et une bombe humaine. Tout ça est su depuis des siècles – Pascal : “Qui veut faire l’ange, fait la bête” – mais plus présent dans la culture catholique que protestante – sans doute l’une des origines profondes de toute l’affaire.



[Débat animé à la chaîne CNN sur le sujet (le présentateur Piers Morgan est Britannique)]

[...]

—  Outre Atlantique, les faits divers, la télévision et le cinéma semblent illustrer une certaine obsession américaine pour le meurtre. Comme l’expliquez-vous&nbsp?

XR — L’acte fondateur des Etats-Unis, c’est la Guerre de sécession. Or, loin des superbes batailles bien rangées, des charges de cavalerie du général Lee, ce fut à 90 % une atroce guerre de voisinage, terriblement sanglante et durable. Songez qu’elle s’achève en 1865 et qu’en 1882 encore, le soldat sudiste Jesse James braque toujours des banques, explicitement au nom de la cause perdue (sudiste) !

Avant cette guerre, il n’y avait que peu d’armes aux États-Unis. Le nécessaire pour les ours, les pumas – ou les Indiens. Que vos lecteurs anglophones lisent les deux fascinants livres mentionnés ci-après, ils seront édifiés1. Ces massacres ont donc pour origine un séculaire traumatisme originel. L’arme à feu, la mort, sont enfouis au plus profond de la psyché américaine. Réduire ce drame à une simple affaire de quincaillerie est quand même désolant.

[Le président américain Obama a confié à son vice-président Joe Biden une mission sur la réglementation des armes à feu, il devra mettre en avant des recommandations d'ici le mois prochain. Biden a toujours été pour une réglementation plus stricte des armes à feu. Nous sommes d'accord avec Biden que l'intervenant qui appelle son fusil son  « bébé » dans la vidéo ci-dessus a des priorités étranges.]


Source




[1] Daniel E. Sutherland, « A savage conflict », UNC Press NC, USA 2009 et T.J. Stiles, « Jesse James, last rebel of the Civil War », Vintage, NY, USA, 2007







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Camil Samson sur la dette, la pression fiscale et la déconfessionalisation de l'école


Camil Samson du Ralliement créditiste, pendant la campagne électorale de  1970, se plaignait d'impôts et de taxes s'élevant à 30 % des revenus !

Camil Samson et l'école déconfessionalisée

Camil Samson, « l'homme du peuple » et fondateur du Ralliement créditiste du Québec en janvier 1970, s'est éteint mardi soir, à l'âge de 77 ans.





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Les évêques québécois appuient le collège Loyola dans sa poursuite contre le Monopole de l'Éducation

Lettre de Mgr Fournier, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec pour le Comité exécutif de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.

En 2008, le Collège Loyola a demandé d’être exempté de donner le cours obligatoire d’Éthique et Culture religieuse parce qu’il offrait déjà un cours équivalent dans le cadre de son programme éducatif catholique. La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport a refusé d’accorder cette exemption, estimant que le programme de Loyola n’est pas équivalent au cours d’Éthique et Culture religieuse  du fait qu’il est donné dans une perspective confessionnelle. Le Collège a contesté la décision de la ministre en Cour supérieure et le juge Gérard Dugré lui a donné gain de cause en juin 2010.

En tant qu’évêques catholiques du Québec, nous avons accueilli avec satisfaction ce jugement de la Cour supérieure. C’est pourquoi nous avons déclaré :
« Le développement d’un tel programme par Loyola fait valoir  le point de vue que la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun — les deux grandes finalités du cours d’Éthique et Culture religieuse — ne sont pas menacées quand on y est initié dans un cadre confessionnel sérieux. Connaissance de soi et respect de l’autre vont de pair et nul n’est mieux préparé à accueillir la différence en matière de foi et de croyances que celui ou celle qui a appris à trouver dans sa propre identité spirituelle et religieuse les fondements de l’accueil, du respect et du dialogue. » 
— Extrait du communiqué du 28 juin 2010 de l’AECQ
Mais le 4 décembre dernier, la Cour d’appel a renversé le jugement Dugré, estimant que la ministre a agi dans les limites de son pouvoir discrétionnaire et que sa décision était raisonnable, et ne pouvait donc pas être invalidée par la Cour supérieure.

Pour notre part, nous croyons que la ministre aurait dû utiliser son pouvoir discrétionnaire pour reconnaître la valeur de l’approche adoptée par le Collège Loyola dans son programme.

En outre, convient-il d’exiger du Collège qu’il mette le caractère confessionnel de son projet éducatif entre parenthèses pour quelques périodes par mois ? D’autant plus qu’il est prêt à donner à ses étudiants toute la formation pertinente concernant le pluralisme religieux et les grandes religions présentes au Québec, tel que le demande le ministère de l’Éducation.

La Cour suprême du Canada a déclaré en février dernier que  le programme d’Éthique et Culture religieuse ne porte pas atteinte à la Charte des droits et libertés. Mais au-delà des principes, il y a les conditions concrètes d’application et ce que vivent réellement les enfants et leurs parents, ainsi que les enseignants. Il faut faire l’impossible pour que tous se sentent reconnus dans leur différence et respectés dans leurs droits et dans leur conscience. Une société comme la nôtre, ouverte au pluralisme et à des modulations pertinentes, ne peut s’y soustraire.

+  Pierre-André Fournier
    Archevêque de Rimouski
    Président de l’Assemblée des
    évêques catholiques du Québec
    pour le Comité exécutif de l’AECQ
    21 décembre 2012






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mercredi 19 décembre 2012

Les femmes mariées moins sujettes à la dépression et à la violence conjugale

Selon une étude ontarienne, les femmes mariées échapperaient plus facilement à la violence conjugale, la toxicomanie et la dépression post-partum.

A l’hôpital Saint-Michel de Toronto au Canada, le docteur Marcelo Urquia a voulu connaître les avantages et les risques des différentes sortes de relations affectives après la naissance d’un enfant. Les chercheurs ont donc utilisé les données du ministère de la Santé portant sur 6375 femmes qui ont donné naissance à un seul bébé. Les questions posées à ces jeunes mères quelques mois après leur accouchement portaient sur leur statut marital, l’expérience de violence conjugale physique ou sexuelle durant les deux dernières années, le tabagisme, la consommation d’alcool et l’usage de drogue au cours de la grossesse.

Il en ressort que 10,6 % des femmes mariées connaissaient des soucis de violence conjugale ou avaient été confrontés à la drogue ou à la dépression. Mais, chez les femmes qui n’ont pas prononcé les vœux sacrés du mariage, ce chiffre grimpait à 20 %, et jusqu’à 35 % chez les célibataires. Et pire encore, ce mal toucherait 67 % de celles qui ont subi une séparation ou un divorce juste avant la naissance de l’enfant.

« Ce qui est nouveau dans cette étude est que, pour la première fois, nous avons examiné la durée de la cohabitation hors mariage et ont a trouvé que plus la cohabitation est courte, moins les femmes sont susceptibles de souffrir de violence conjugale, de toxicomanie ou de dépression post-partum lors de la période de conception, de la grossesse et de l’accouchement », a indiqué vendredi le professeur Marcelo Urquia sur le site internet de l'université.

« Nous n'avons pas noté cette particularité chez les femmes mariées, qui ont connu moins de problèmes psychosociaux quelle que soit la durée de leur vie commune avec leur conjoint. » Parce que plus d'enfants naissent de parents non mariés, le professeur Urquia a voulu approfondir les risques et les avantages associés aux différents types de couples.

On peut tout de même faire une remarque sur les conclusions de cette étude. On ne sait pas si le mariage est une cause ou un effet collatéral. En lisant les résultats, on aurait tendance à penser que le mariage résout les problèmes psychosociaux. Mais on pourrait très bien prendre le problème dans un sens inverse et se demander si le mariage n’était pas qu’un indicateur. On peut imaginer que les gens se marient plus volontiers s’il n’y a pas de problèmes psychosociaux. Mais, que le mariage soit la cause ou l'indicateur, pourquoi faudrait-il continuer à valoriser socialement et fiscalement la maternité pour les couples non mariés, alors que l'on sait que les mères de ces enfants sont plus sujettes à des problèmes psychosociaux...?

L'étude :

Marital Status, Duration of Cohabitation, and Psychosocial Well-Being Among Childbearing Women: A Canadian Nationwide Survey. Journal of Public Health.

Voir nos autres billets sur la santé.






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Belgique — l’écart entre élèves autochtones et allochtones reste criant

PISA est une enquête comparative internationale de grande envergure portant sur les compétences scolaires d’élèves âgés de quinze ans en mathématiques, sciences et lecture. Elle a lieu tous les trois ans.

Les professeurs Dirk Jacobs et Andrea Rea de l’institut de recherche GERME (ULB) ont analysé les résultats des élèves issus de l’immigration. En ce qui concerne la Belgique, les résultats de PISA 2009 apportent, par rapport aux éditions précédentes, quelques lueurs d’espoir. L’écart entre élèves autochtones et élèves issus de l’immigration s’est quelque peu réduit, grâce aux progrès réalisés par les élèves issus de l’immigration (les élèves immigrés « primo-arrivants » notamment).


Les performances scolaires des élèves issus de l’immigration dans l’enseignement technique et professionnel, surtout du côté francophone, sont toutefois encore nettement moins bonnes que celles des enfants autochtones.

(SE = ET, erreur-type. Plus l'échantillon est petit, plus l'erreur-type augmente. Ces diagrammes sont extraits de l'étude de l'ULB où, apparemment, l'on affectionne des abréviations absconses.)
Ce n’est un secret pour personne que le système scolaire belge se caractérise par une ségrégation très importante, tant du côté néerlandophone que du côté francophone. A la ségrégation liée à la classe sociale à laquelle appartiennent les parents s’ajoute de plus en plus une ségrégation ethnique liée à l’origine nationale des parents. Ce dernier phénomène est surtout le résultat d’un processus de désertion de certaines écoles urbaines par les élèves « belgo-belges ».


Pour les auteurs, la ségrégation scolaire, socioéconomique et ethnique dans l’enseignement (et les caractéristiques des différents corps enseignants qui y sont liées) constitue l’un des éléments clés de la problématique de l’inégalité des chances en Belgique.

Malgré la politique d’inscription imposant de fortes contraintes de mixité sociale aux parents belges qui visent à garantir l’égalité des chances selon ses promoteurs, la ségrégation demeure important. Pour forcer l’hétérogénéité sociale et ethnique, les auteurs recommandent avant tout d'effacer les barrières entre enseignement général et enseignement qualifiant (professionnel) car c'est par là que les populations se divisent : les élèves immigrés et issus de l'immigration étant orientés vers le secteur professionnel à la fin du primaire étant donné leurs faibles résultats.

Les sociologues de l'Université libre de Bruxelles en appellent en conclusion à de nombreux efforts pour intégrer cette immigration dont ils se félicitent par ailleurs : « Des efforts parallèles et complémentaires, tant au niveau des pratiques pédagogiques, des mentalités des acteurs du terrain (et des parents!) qu’au niveau des investissements financiers et humains sont nécessaires pour améliorer la qualité de notre système d’enseignement dans sa globalité. »

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