mercredi 5 janvier 2011

Anglicisation de Laval : le mythe des enfants de la Loi 101 ?

Laval au Nord de Montréal s'anglicise rapidement, les clients se font aborder en anglais par les commerçants. Un grand nombre de ces anglophones ne sont pas de souche, mais issus de l'immigration.

N'a-t-on pas trop fondé d'espoir dans la capacité de l'école à franciser les immigrants ?


Voir aussi 

Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?





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L'ÉCR irrite aussi des gens peu pratiquants

La Tribune de Sherbrooke rapporte (la version en ligne n'est que partielle)  :
Le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) n'est pas boudé que par des personnes très pratiquantes. Affirmant se rendre à l'église qu'une fois l'an à Noël, un père de famille d'Austin, Martin Venne, déplore son contenu ainsi que sa nature obligatoire.

À trois reprises ces dernières années, M. Venne a réclamé que sa fille aînée soit exemptée du cours d'éthique et culture religieuse, mais en vain. L'automne dernier, il a demandé une révision de la décision rendue par la Commission scolaire des Sommets (CSS) après avoir essuyé un nouveau refus. Sa démarche n'a pas porté fruit.

« On s'est fait dire que toutes les demandes seraient refusées », indique le père de trois enfants, qui estime que les commissions scolaires pourraient se montrer plus accommodantes envers les familles réfractaires à cette matière scolaire.

Martin Venne indique que ce sont à la fois les « orientations du cours et ses objectifs » qui lui déplaisent. « Ce n'est pas l'aspect éthique qui me dérange [Note du carnet : pour le collège jésuite Loyola c'était un des points sensibles], mais plutôt le contenu religieux, car c'est un fourre-tout en matière de religion. C'est aussi un programme multiculturel dans lequel on dilue la culture de la majorité », affirme-t-il.

Ce père de famille est d'autant plus irrité qu'il a l'impression que la nature obligatoire de cette matière brime la liberté de religion conférée aux citoyens par la Charte canadienne des droits et libertés. « J'ai un profond dédain des manœuvres par lesquelles on nous soutire des droits existant depuis longtemps. On avait le droit auparavant d'exiger un enseignement religieux conformes à nos croyances. Aujourd'hui on n'a plus le choix », note-t-il.

Évidemment, M. Venne espère que la Cour suprême du Canada, qui entendra une cause en lien avec ce dossier dans les prochains moins, forcera le gouvernement du Québec à faire preuve de plus de flexibilité.

[...]

Le « préjudice grave »

Agissant à titre de secrétaire générale de la CSS, Lyne Beauchamp répète qu'il faut démontrer que le cours cause un « préjudice grave »  [en réalité pourrait causer un préjudice grave] pour qu'on soit en mesure d'autoriser une exemption.

Or, comme plusieurs autres parents,[ selon Mme Lyne Beauchamp], Martin Venne n'a pas été en mesure d'effectuer ce genre de démonstration quand il s'est présenté devant le conseil de la CSS l'automne dernier. [Il n'y a pas plus sourds que ceux qui  ne veulent pas entendre. Surtout quand le ministère a déclaré qu'il n'accepterait aucune exemption.]


[Rengaine : « ce n'est pas un cours de religion confessionnelle »]

 Par ailleurs, Lyne Beauchamp note que le cours d'ECR n'a pas pour objet d'enseigner la religion à proprement parler. [Enfin pas une religion traditionnelle.] « Nous ne sommes pas une commission scolaire catholique, mais linguistique. Forcément [?], il est plus question de culture religieuse que de religion », mentionne-t-elle,  [Il existe des pays et le Québec il y a quelques années où les écoles laïques enseignent des cours de religion ! Voir la Belgique, l'Autriche, l'Allemagne, l'Alsace, etc.] avouant cependant ne pas posséder le contenu du cours sur le bout des doits.





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Écoles privées qui n'enseignent pas le cours d'éthique et culture religieuse comme le désire le Monopole

Peu avant Noël, la Commission consultative de l'enseignement privé a publié son rapport annuel où se retrouve son avis de renouvellement ou non d'enseignement pour les écoles dont le permis arrive à échéance.

Voici les écoles qui n'enseignent pas le cours d'éthique et de culture religieuse selon les désirs du Monopole de l'éducation du Québec :
  • Académie Beth Esther inc., avenue Van Horne,  Montréal (Québec) H2V 1K4
    « Toutes les matières prévues au Régime pédagogique sont enseignées, mais les arts, le cours d’éthique et de culture religieuse ainsi que le cours d’éducation physique et à la santé sont toutefois intégrés aux études juives. »
  • Académie Lavalloise, boulevard des Laurentides Laval (Québec) H7K 2J8
    le permis de l’établissement n’a été renouvelé que pour une période d’un an, et plusieurs conditions lui ont notamment été posées : [...]
    − respecter les orientations du programme d’éthique et de culture religieuse;
  • Collège Charlemagne inc., rue Pilon, Montréal (Québec) H9K 1G4
    Les informations indiquent un écart important entre le temps prescrit et celui prévu dans la grille-horaire du secondaire pour le programme d’éthique et de culture religieuse.
    Notons ces indications qui nous paraissent exagérées (pourquoi un collège privé doit-il utiliser le seul format de bulletin approuvé par un Monopole gouvernemental ?) :
    Des modifications devront donc être apportées aux bulletins et aux bilans des apprentissages afin de les rendre entièrement conformes.
  • École Beth Jacob de Rav Hirschprung, avenue Glendale, Outremont (Québec) H2V 1B3
    Toutefois, le cours d’éthique et de culture religieuse est modifié et ne respecte donc pas entièrement les visées du Programme de formation de l’école québécoise. En outre, les cours d’éthique et de culture religieuse et d’hébreu intégrés aux services éducatifs ne sont pas enseignés par du personnel enseignant qualifié.
  • École Montessori International, boulevard de l’Acadie Montréal (Québec) H4N 2S1 et chemin du Bas-de-Sainte-Thérèse Blainville (Québec) J7A 0A3
    Les bulletins comportent cependant certaines lacunes; on note que le programme Éthique et culture religieuse n’y est pas évalué. Enfin, aucun bilan des apprentissages n’est élaboré, et le matériel didactique utilisé n’est généralement pas celui approuvé par le Ministère.
  • École Montessori Ville-Marie inc., boulevard Gouin Ouest  Montréal (Québec) H4K 1B2, 760, rue Saint-Germain Montréal (Québec) H4L 3R5 et rue Roland-Forget Laval (Québec) H7E 4C1
    Le Ministère a alors signifié à l’organisme les conditions suivantes : faire appel à du personnel enseignant possédant les autorisations légales pour enseigner; respecter les exigences relatives à l’évaluation des apprentissages et, finalement, respecter les orientations du programme d’éthique et de culture religieuse et son contenu
  • École première Mesifta du Canada, avenue Ekers, Mont-Royal (Québec) H3S 1C6
    Les grilles-matières transmises indiquent que l’Art et le cours d’éthique et culture religieuse sont intégrés aux études juives.
  • École Sainte-Famille (Fraternité St-Pie X) inc., boulevard de la Rive-Sud, Lévis (Québec) G6V 7M5
    Le matériel didactique utilisé est celui approuvé par le Ministère, à l’exception du matériel pour les programmes Éthique et culture religieuse au secondaire et Monde contemporain.
    (parmi les programmes les plus idéologiques imposés par le Monopole).
  • L’École arménienne Sourp Hagop, rue Nadon Montréal (Québec) H4J 1P5
    De plus, le programme d’éthique et de culture religieuse n’est pas enseigné de la manière prévue dans le Programme de formation de l’école québécoise. Les bulletins, tant ceux de l’éducation préscolaire que ceux de l’enseignement primaire et de l’enseignement au secondaire, s’écartent des orientations ministérielles.
    [Peut-être sont-ils ainsi compréhensibles ?]
  • L’école St-Georges de Montréal inc., Le Boulevard
    Montréal (Québec) H3Y 1R9
    Au secondaire, le programme d’éthique et de culture religieuse est entièrement intégré au cours d’anglais
  • Yechiva Gedola-Merkaz Hatorah, chemin Deacon Montréal (Québec) H3S 2P4
    Les grilles-matières transmises montrent que le programme d’éthique et de culture religieuse n’est pas offert au primaire et que les arts ne sont pas enseignés dans toutes les classes. Au secondaire, le programme d’éthique et de culture religieuse et le programme Monde contemporain ne sont pas enseignés et les arts ne sont pas non plus offerts.
Il ne s'agit pas de toutes les écoles qui ne se conforment pas aux vœux du Monopole de l'Éducation du Québec en matière d'imposition du cours d'ECR. Il existe des écoles de notre connaissance dans ce même rapport qui n'enseignent pas ce programme controversé et qui ne sont pas épinglés par les fonctionnaires, c'est également le cas d'école dont le permis n'arrivaient pas à échéance et ne font donc pas l'objet d'une fiche de la part des commissaires de l'enseignement privé et de ses inspecteurs.

Notons aussi cet étrange reproche adressé à une école de Montréal :
Les droits de scolarité dépassent les maxima pouvant être exigés par un établissement agréé pour le primaire, puisqu’un don sans reçu d’un minimum de 1 500,00 $ et d’un maximum de 2 500,00 $ est exigé des parents des élèves du primaire.
En quoi cela regarde-t-il le Monopole de l'Éducation si les parents veulent payer plus pour l'éducation de leurs enfants ?


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mardi 4 janvier 2011

Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

Le journal La Presse de ce mardi 4 janvier nous dresse le portrait de l'évolution de la population scolaire ces dix dernières années :
Le portrait a bien changé dans les écoles de Laval au cours des dernières années. La commission scolaire est débordée par la vague d'immigration qui déferle sur l'île Jésus depuis 10 ans. La pauvreté et les tensions raciales font désormais partie du paysage scolaire. Six enseignants témoignent de leur réalité.

À l'école primaire Saint-Norbert, au cœur du quartier Chomedey, les classes de maternelle sont remplies, parfois aux trois quarts, d'enfants d'immigrés qui ne parlent pas un mot de français. La tâche est titanesque pour les enseignants, qui se plaignent d'une décision qu'a prise la commission scolaire il y a huit ans: supprimer les classes d'accueil à la maternelle.

Selon les enseignants, la commission scolaire de Laval est submergée par la vague d'immigration qui déferle sur l'île Jésus depuis 10 ans. « Ça augmente continuellement. Et avec le métro, les déménagements Montréal-Laval sont devenus plus fréquents que l'inverse », souligne une enseignante, qui travaille en classe d'accueil à Saint-Norbert, et qui a préféré conserver l'anonymat.

Selon des chiffres du ministère de l'Immigration du Québec, entre 1998 et 2007, 21 000 nouveaux arrivants ont posé leurs valises à Laval. «Pas nécessairement des gens qui débarquent au pays: il y a aussi un exode vers la banlieue d'immigrés installés à Montréal depuis quelques années», explique le porte-parole Claude Fradette.

Ils sont d'origine roumaine, libanaise, marocaine, algérienne, haïtienne.

[...]

Environ 15 % de ces Lavallois d'adoption ont le statut de réfugié.

[...]

L'école Saint-Norbert reflète cette nouvelle réalité et ressemble donc beaucoup à certaines écoles de Montréal. « Quand je dis à des gens de Montréal que je travaille à Laval, les gens disent : " Ah, une belle petite école tranquille. " Mais non! C'est comme à Montréal dans certains quartiers difficiles », raconte notre enseignante.

Et c'est d'autant plus difficile que la Commission scolaire de Laval ne semble pas avoir pris acte de ce changement. « Chaque année, on commence avec cinq ou six classes d'accueil et on augmente à une douzaine en cours de route. Chaque année, on commence au minimum et il faut réinventer la roue », dit une autre enseignante de Saint-Norbert, qui travaille elle aussi en classe d'accueil depuis des années.

Il y a quelques années, la Commission scolaire a même songé à fermer toutes les classes d'accueil. On voulait intégrer les enfants au secteur ordinaire en ajoutant un volet francisation. Une aberration, disent les profs. « Il a fallu se battre, monter des dossiers. Les enfants qui ne connaissent pas le français seraient un boulet dans les classes régulières », souligne une enseignante.

Les enseignants notent également un changement de mentalité chez les immigrés qui s'établissent à Laval. « Il y a 10 ans, nos enfants étaient motivés, ils voulaient apprendre. Le prof était vu comme une figure d'autorité. Aujourd'hui, on a des enfants différents, qui ont un rapport différent avec l'autorité, dit l'une des deux profs. On a beaucoup plus de problèmes de discipline. »

Conflits entre Québécois de souche et jeunes arabes

Un vent sec et glacial souffle en cet après-midi de février 2010. Ce jour-là, le terrain de l'école secondaire Saint-Maxime a l'air d'un champ de bataille. Environ 200 élèves et des dizaines de policiers de l'escouade anti­émeute, matraques à la main, se font face. Quelques policiers sont atteints par des morceaux de glace et des pierres.

Les élèves interrogés ce jour-là sont unanimes: un conflit entre Québécois de souche et jeunes d'origine arabe est à l'origine de cette escalade de violence.

[...]

« Une simple dispute au sujet d'une fille peut se transformer en affrontement ethnique », croit Julie Bossé, qui enseigne les mathématiques.

« L'affrontement avec les policiers était un jeu, pour eux », enchaîne son collègue, qui préfère garder l'anonymat. Les élèves ont avant tout un problème avec l'autorité, et d'abord avec les policiers, ajoute-t-il.

[...]

Pour les deux profs, le plus grave problème des élèves de Saint-Maxime ne se trouve pas dans la cour d'école ou dans les corridors, mais bien dans les salles de classe. « Nos élèves sont extrêmement faibles en général », résume Julie Bossé.

Dans son palmarès annuel publié par le magazine L'actualité, l'école Saint-Maxime était classée au 423e rang provincial sur 477 en 2008. « En fait, notre plus grande difficulté, c'est la langue. Pour au moins 50% de la clientèle, le français n'est pas la langue maternelle, ni même la deuxième ou la troisième langue, dit l'autre enseignant. On observe alors qu'il n'y a pas de bagage culturel commun. Pour une élève afghane qui ne sait pas lire ou écrire en français, les fables de La Fontaine ne veulent pas dire grand-chose. »

Immigration et pauvreté à Laval

Le visage de Laval a beaucoup changé au cours des dernières années avec la vague d'immigration qui y a déferlé. Et cette nouvelle réalité se reflète notamment dans les écoles.

Leurs boîtes à lunch sont presque vides, quelques-uns n'ont qu'un sandwich au ketchup. Certains n'ont pas de manteaux ou de bottes d'hiver et leurs parents ne peuvent acquitter la facture d'électricité. Plusieurs élèves de l'école élémentaire L'Escale vivent dans des conditions comparables à celles d'un pays du tiers-monde.

« Ici, c'est les Nations unies ! » lance Silvia Arantio, qui enseigne depuis 10 ans dans l'école de 325 élèves du quartier Saint-François.

Les pupitres de sa classe sont occupés par 23 enfants de six nationalités. Ils sont philippins, algériens, asiatiques. Environ 40% d'entre eux sont d'origine haïtienne.

Tricotées serré, les familles de ces élèves s'entassent souvent à 12 ou 15 dans un bungalow, dans des quartiers aux noms bucoliques: de l'Harmonie, de la Joie, de la Rosée.

Mais derrière le mirage banlieusard, la pauvreté est omniprésente. « Très souvent, les enfants n'ont pas déjeuné le matin, se sentent faibles et n'ont pas de vêtements d'hiver. Parfois, ils passent deux ans avec des chaussures de pointure 9 même s'ils devraient porter des 7 », décrit Mme Arantio.

Pour les enseignants de L'Escale, l'éducation ne se fait pas seulement devant un tableau noir, mais aussi à la maison. Il faut dire que les familles vivent souvent dans des conditions de grande austérité. «Les Haïtiens envoient souvent de l'argent à leurs familles en Haïti, surtout depuis le tremblement de terre alors qu'ils ne peuvent pas payer leur électricité», souligne Michel Gingras, aussi professeur à L'Escale, au service de la Commission scolaire depuis 20 ans. « On fait de l'éducation à tous les points de vue. Même pour l'hygiène. Ce n'est pas rare qu'on dise à des jeunes de sixième année de retourner à la maison prendre une douche », dit Silvia Arantio.

[...]

Laval est selon lui victime de sa réputation. « C'est la ville des extrêmes entre riches et pauvres. Le plus triste, c'est que ça ne s'améliorera pas. Il faut faire de l'éducation auprès des familles, parce que la pauvreté se transmet d'une génération à l'autre », prévient M. Gingras.

Secteur en mutation, lente ghettoïsation

Native de Saint-François, autrefois un quartier ouvrier blanc et francophone, Silvia Arantio a vu le secteur se muer avec les années en une sorte de prolongement du quartier Montréal-Nord. Les familles haïtiennes se sont en quelque sorte ghettoïsées.

Il y a quelques années, Saint-François était le terrain de jeu des gangs de rue dans l'île Jésus. La situation s'est améliorée dans les dernières années, de l'avis même des policiers. En fait, les problèmes se sont déplacés dans d'autres quartiers de Laval. Le quartier demeure extrêmement pauvre, et tente de peine et de misère de devenir plus prospère.

[...]




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samedi 1 janvier 2011

Espagne — « sain relativisme » du programme d'éducation à la citoyenneté admis par le gouvernement

Lors du recours engagé par des parents « objecteurs » contre le cursus obligatoire d'Éducation à la citoyenneté (EpC) en Espagne, une audience devant le Tribunal constitutionnel a permis d'en savoir un peu plus sur la philosophie qui anime l'État espagnol conduit par le socialiste Zapatero. Le procureur du gouvernement a ainsi dévoilé les présupposés idéologiques qui sous-tendent l'imposition dudit programme, dans ces arguments rapportés par Profesionales por la Etica, l'association qui défend les intérêts des parents. Ces présupposés sont clairs :
  • « La conception philosophique présupposée par la démocratie est le relativisme, qui n'est rien d'autre que l'autre nom de son pluralisme idéologique inhérent. » (Disons que ce soit le cas, c'est là une philosophie qui s'appliquerait à l'État afin de garantir une certaine impartialité devant la pluralité des conceptions de la vie bonne, mais à quoi servirait-il  qu'il oblige que chacun de ses jeunes citoyens devienne relativiste et limite donc dans les faits le pluralisme qu'il prétend défendre ?)
  • « La démocratie n'a pas à demander pardon d'être un régime essentiellement relativiste, sainement relativiste. »
  • « Aujourd'hui l'objection vise l'éducation à la citoyenneté. Demain on trouvera des objecteurs contre les sciences de la nature parce que dans leur cadre, on explique la théorie de l'évolution, incompatible avec la lettre du récit biblique de la Création. »
  • « Le principe pluraliste d'un État démocratique exige qu'on ait des citoyens capables de jugements moraux autonomes » (c'est-à-dire, qui ne soient pas soumis à une morale transcendante, qui leur soit extérieure et supérieure).
  • La Constitution ne permet pas que l'on puisse « considérer l'éducation ou les vertus civiques comme le monopole des parents »
Les allégations du Procureur général
Pourtant, la Constitution espagnole grave dans le marbre le droit des parents d'être assistés afin que leurs enfants reçoivent la formation religieuse et morale qui soit en accord avec leurs propres convictions…

Selon Leonor Tamayo, l'une des responsables de Profesionales por la Etica, ces déclarations permettront aussi d'appuyer le recours de 321 personnes qui contestent l'EpC devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) en montrant la volonté d'endoctrinement dont se rendent coupables les pouvoirs publics espagnols.

« Nous ne pouvions espérer que ce soit la représentation de l'État elle-même qui reconnaîtrait par écrit et devant le Tribunal constitutionnel que l'éducation à la citoyenneté est une morale d'État destinée à former les élèves au relativisme éthique », a déclaré Mme Tamayo : c'est pourtant chose faite.

Reste à attendre ce que diront les juges. Ils auront également en tête ce dernier argument du représentant de l'État : celui-ci a déploré que les instances antérieures ne se soient pas penchées sur la possible « collision » entre la liberté idéologique des parents et celle de leur fille. Car les mineurs aussi ont droit à la liberté de croyance, assura-t-il : ils ont le droit d'être soutenus dans leur droit de ne pas partager les convictions de leurs parents, et de « ne pas avoir à souffrir leurs actes de prosélytisme » (comme l'écrit le journal de centre-gauche El Pais), les pouvoirs publics devant les aider en la matière face à leurs tuteurs, à ceux qui ont leur garde ou ceux qui exercent sur eux la puissance paternelle…

Ne sachant pas ce que pense la fille, a conclu le Procureur général, il n'est pas question de présumer de son accord avec ses parents : « Il paraît donc difficile d'octroyer aux parents la protection qu'ils demandent lorsqu'on a à ce point méprisé la liberté idéologique de la mineure ».

Voir aussi :

Télécharger le texte intégral des allégations en date du 27/12/2010 du Procureur général à la Cour constitutionnelle dans l'amparo (le pourvoi en protection) n° 4915/2010 (en espagnol).

Espagne — Plainte contre l’éducation à la citoyenneté devant le parlement européen



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Expulser la religion (et le choix) de la ronde des bambins

Extrait de l'éditorial du National Post du 28 décembre 2010 :


Lorsque l'État subventionne un modèle de garde des enfants, à l'exclusion des autres, il évince d'autres options, car la loi de l'offre et de la demande fait pencher la balance vers le choix le moins cher. Au Québec, la stratégie du gouvernement fut simple. À partir de 1997, il a offert de généreuses subventions aux organismes sans but lucratif communautaires et garderies réglementées, mais des subventions beaucoup plus faibles aux garderies à but lucratif non réglementées. Forçant ainsi ces garderies à but lucratif à se convertir en centres de la petite enfance à but non lucratif, afin de demeurer concurrentielles. Cela les a placés sous la coupe du gouvernement pour ce qui est des conditions de recrutement et, bien sûr, du programme de ces garderies.

Si le gouvernement du Québec réduisait ses subventions aux garderies, lesquels ont atteint 2 milliards de dollars en 2010-2011 (et venait également à éliminer une partie importante de sa bureaucratie pléthorique), il pourrait faire profiter tous les citoyens d'un allégement fiscal, ce qui donnerait aux parents la possibilité de choisir d’autres modes de garde – parmi lesquels celui de rester à la maison avec leur enfant – désormais plus abordables. Le gouvernement pourrait subordonner les subventions des garderies aux revenus des parents, plutôt que de fournir un système de garderie subventionnée au même prix pour tous et ainsi réduire les coûts associés au programme de garderie. L’État pourrait aussi mettre en place le fractionnement des revenus des parents afin de diminuer leurs impôts et leur permettre de choisir la forme de garde de leurs enfants qui les satisfait le mieux. Mais voilà, l’État verrait sans doute de nombreux tout-petits chanter des cantiques de Noël ou colorier des illustrations de menora. À Dieu ne plaise !

Affiche soviétique des années 30
« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Québec pourrait aussi de la sorte produire une génération d’enfants plus équilibrée et mieux équipée. Dans une étude publiée en octobre 2010 du CIRANO, un centre de recherche de Montréal,[Note du carnet : étude passée sous silence par les médias francophones] des chercheurs ont conclu que l’accent mis par Québec sur les garderies a en réalité conduit à de moins bons résultats d’apprentissage : « De plus en plus d’enfants d’âge préscolaire sont en garderie à un âge de plus en plus jeune… les résultats disponibles indiquent que cette politique n’a pas, en général, amélioré la maturité scolaire des enfants ni les compétences précoces d’alphabétisation, mais qu’elle a eu des effets négatifs sur les résultats [des tests de vocabulaire en images] des enfants de 5 ans et probablement négatifs sur les enfants de 4 ans. »

Pour les familles, faire le choix d’une garderie non subventionnée ou travailler moins d'heures pour qu’un ou les deux parents puissent s'occuper de leurs enfants eux-mêmes représente une perte de revenus disponibles. Bien sûr, cela signifie également que les enfants seront élevés dans le respect des valeurs de leurs parents, dans un cadre familial où ils ont leur mot à dire, et où, apparemment, ils apprennent en général mieux.

Bien évidemment, nous comprenons qu'il doit y avoir des limites quant au type de pratiques religieuses encouragées dans les garderies subventionnées: peu de Québécois, par exemple, seraient d'accord qu’un établissement financé par l'État apprend aux très jeunes enfants que leurs parents iront en enfer s’ils ne vont pas régulièrement à l'église. Mais les restrictions que Mme James veut mettre en œuvre semblent même englober les activités religieuses les plus inoffensives.

La dernière expression de l’État-Nounou québécois doit nous servir de rappel : « on ne rase jamais gratis ». Quand nous abandonnons le libre choix, nous devons tous payer, y compris – malheureusement – nos enfants.

Liens connexes

Québec's Childcare Universal Low Fees Policy 10 Years After: Effects, Costs and Benefits#

L'impact sur le développement cognitif des enfants âgés de 4 et 5 ans de la politique de garde à 5 $ du Québec

Le « scandale des garderies religieuses »

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

Détériorations des aptitudes sociales, comportementales et sanitaires dans les garderies québécoises




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Allemagne — Rebond inattendu des naissances

Cela faisait bien longtemps qu’il n'y avait pas eu de bonnes nouvelles en matière de démographie et de natalité en Allemagne. Et pourtant, petit miracle, entre janvier et septembre 2010, la courbe de la natalité a grimpé de 3,6%. Selon les chiffres préliminaires de l’Institut Fédéral des Statistiques installé à Wiesbaden, l’Allemagne a concrètement mis 510.000 enfants au monde au cours de la période. L’an passé, au long de ces mêmes mois, il n’y avait eu que 492 000 nouveaux-nés. Ces 3,6% d’augmentation ne représentent que 18.000 nouveaux nés de plus mais ils sont un signe favorable et peut-être une raison de retrouver un certain optimisme sur le futur de la population et du dynamisme d'un pays en voie de vieillissement accéléré.

Car c'est depuis les années 60 que la natalité allemande dégringole dangereusement. L’année dernière, le nombre des naissances en Allemagne a atteint des records de faiblessse. Au cours de l’année 2009, seuls 665.000 enfants sont venus au monde en Allemagne, soit 17.000 de moins qu’en 2008, et même pas la moitié du taux de l’année 1964...

En 2004, le Comité d’études des relations franco-allemandes affirmait dans une note sur la démographie allemande que le taux de natalité allemand (1,37 enfant par femme), l’un des plus faibles du monde, ne suffisait plus à renouveler les générations ce qui signifie que la population allemande non seulement vieillit mais qu'elle va diminuer.  

L’augmentation des naissances récemment enregistrée, même symbolique pour le moment, est d’autant plus étonnante que le pays compte toujours moins de mères potentielles. Chaque année, 300.000 femmes supplémentaires quittent le groupe des 15-45 ans étant en âge d’avoir des enfants.

Tout en préconisant de manier ces nouveaux chiffres avec la plus grande prudence, la Sueddeutsche Zeitung s’interroge: comment expliquer une telle augmentation des naissances quatre ans après l’introduction en Allemagne d'une l’allocation parentale, l’Elterngeld, visant justement à relancer les naissance? De même, comment se fait-il que le nombre de naissances explose au beau milieu d’une crise économique qui, il est vrai, affecte beaucoup moins l'Allemagne dont la croissance reste forte et le chômage contenu? Si les Allemands avaient décidé de repousser ou d’abandonner leurs projets d’enfants au début de la crise, en novembre 2008, les chiffres récemment publiés auraient été clairs… À vrai dire, il est bien trop tôt pour interpréter scientifiquement ces chiffres, qui ne disent encore rien d’une éventuelle tendance de long terme. Mais c'est en tout cas une très  bonne nouvelle pour l'avenir de l'Allemagne et d'un pays qui semblait tout simplement avoir perdu son élan vital.

Les dernières statistiques n'indiquent pas combien de ces nourrissons en 2010 sont nés de femmes d'origine étrangère. Toutefois, le plus récent rapport fédéral et local sur l'éducation publique démontre clairement la montée spectaculaire de la proportion d'immigrants dans les zones urbaines. C'est ainsi qu'à Francfort-sur-Main près de 72 pour cent de tous les enfants de moins de trois ans ont désormais un parent d'origine étrangère.


Sources Slate et MorgenWeb




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Father Raymond J. de Souza: Quebec worships the idol of secularism

Just before Christmas, Family Minister Yolande James announced regulations that would seek to ban religion instruction from daycare centres that take government money. Given that four-year-olds are unlikely to be studying theology, the Quebec government is out to stamp out religious expressions — prayers, songs, bible stories, manger scenes and even explanations for religious dietary practices.

Strangely, you can have a manger scene — you just can’t tell the children who the figures are. The scene is cultural, but Jesus is religious. In a Jewish or Muslim daycare, presumably the children could keep dietary laws but not be told why. Children could decorate a Christmas tree (cultural) but not sing Silent Night (religious). It’s easy to mock the silliness of Quebec society when it comes to religion — the nanny-state cracks down on the nurseries! — but violations of religious liberty are no laughing matter. Quebec’s antipathy to expressions of Jewish and Islamic faith, combined with a deep self-loathing of its Catholic heritage, makes for a toxic combination.

“In Quebec, secularism has become the new religion,” said Daniel Amar, executive director of the Quebec Jewish Congress.

That’s almost right. It’s secular fundamentalism that the Quebec government practises, touched by a totalitarian impulse that brooks no dissent, even from little children who might need help in colouring their religious pictures.

Our editorial board argued on Tuesday that Quebec’s massive subsidies for approved daycare spaces has effectively crowded out non-subsidized daycare. The economic argument is clear — subsidize one form of child care over all others, and soon there will effectively be just one form of child care. Daycare has been de facto nationalized in Quebec, and the national religion of intolerant secularism will now be imposed.

The cultural question is more troubling. So serious is Quebec’s government about imposing its view on all children that, concurrent with the new regulations, it will triple the number of inspectors to enforce them. Quebec will soon have 58 inquisitors dropping in on daycares to ensure compliance. One can only imagine the scene when the inquisition arrives, sifting through the sandbox in search of clandestine religious items. And who will write the code for the bureaucrats, ensuring that miscreant daycare workers don’t mention that la fête nationale was once upon a time Saint-Jean-Baptiste?

There is an economic cost to big government. There is also a cultural cost, if everywhere government goes alternative values and viewpoints must retreat. If government goes everywhere, including the care of babies, then not even babies are entitled to hear views that dissent from government dogma. Quebec has long since abandoned the neutral state in favour of the aggressively secular state. Where the Quebec state goes, religion must retreat, and there is no limit on where the Quebec state will go.

The heart of every culture is its attitude to the big questions of human life and existence. That’s why a sensible people leaves culture in the hands of the churches, the artists, the musicians and the writers. Only a deeply insecure society entrusts culture to bureaucratic inquisitors. And only bureaucratic inquisitors see threats emerging in the cradle.

Totalitarian states have always sought to control the kindergartens and the schools and the youth groups, all the better to ensure that the influence of parents on their own children is attenuated. There is the hard totalitarianism that comes by force of arms. Soft totalitarianism comes by way of subsidies, where first the family is embraced by the state, and only then is it suffocated.

The educational world in Quebec does not leave much room to breathe. On religious and cultural matters, the consensus position, as defined by the curriculum apparatchiks, must be taught without exception in all public schools, private schools and even at home. Until now, the preschoolers had escaped the stifling grasp of government. No longer.

As our editorial pointed out, the actual educational results of Quebec daycare are poor. Quebec’s nationalized daycares don’t teach little Quebeckers very much. Now they will ensure that the youngsters know even less.

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mardi 28 décembre 2010

Wikileaks — jeu d'influence des États-Unis sur les programmes scolaires français

Les diplomates américains veulent-ils influencer l'école française pour en faire un reflet de leurs préoccupations et de leur modèle multiculturel par la valorisation des minorités ethniques et religieuses récentes ? Tout porte à le croire, à la lecture d’un câble diplomatique classé confidentiel et dévoilé par Wikileaks.

Daté de janvier 2010 et intitulé, Stratégie d'engagement auprès des minorités (« Minority Engagement Strategy »), il entend notamment faire pression sur les enseignants et les programmes scolaires :

« De plus, nous continuerons et renforcerons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer le programme d’histoire enseigné dans les écoles françaises, pour qu’ils prennent en compte le rôle et les perspectives des minorités dans l’histoire de France ».

Version originale : «In addition, we will continue and intensify our work with French museums and educators to reform the history curriculum taught in French schools, so that it takes into account the role and perspectives of minorities in French history» (Source : Wikileaks).

Le diplomate prend également fait et cause pour les mesures de discrimination positive qui permet l'entrée de jeunes « défavorisés » à Sciences-Po sur la base de leur dossier (et donc leur origine ethnique le plus souvent) plutôt que leurs résultats au concours d'entrée de la haute école, ce qu'il nomme pudiquement « des mesures en faveur de l'intégration » :

« Les médias français restent très largement blancs, avec seulement une modeste amélioration de la représentation des minorités face aux caméras des principaux journaux télévisés. Parmi les institutions éducatives de l’élite française, nous ne connaissons que Sciences-Po qui ait pris d’importantes mesures en faveur de l’intégration. Alors qu’on note une légère amélioration de leur représentation dans les organisations privées, les minorités en France sont à la tête de très peu d’entreprises et de fondations. Ainsi, la réalité de la vie publique française s’oppose aux idéaux égalitaires de la nation. Les institutions publiques françaises se définissent encore par des groupes d’initiés et des politiques élitistes, tandis que l’extrême droite et les mesures xénophobes ne présentent de l’intérêt que pour une petite minorité (mais occasionnellement influente). »

« Cinquièmement, nous poursuivrons ce projet visant à partager les meilleures pratiques avec les jeunes leaders [des minorités] dans tous les domaines, y compris les jeunes leaders politiques de tous les partis modérés, telle sorte qu’ils disposent de la boîte à outils et de l’accompagnement nécessaires à leur progrès. Nous créerons et soutiendrons les programmes de formation et d’échanges pour enseigner les bienfaits durables d’une large inclusion aux écoles, aux groupes de la société civile, aux blogueurs, aux conseillers politiques et aux responsables politiques locaux. »

Au sujet de cet accompagnement des futurs leaders français, entendre des jeunes issus de l'immigration, nous vous renvoyons à l’entretien d’Ali Soumaré où ce dernier décrit ses contacts et entretiens avec le personnel de l’ambassade américaine à Paris.

L’auteur de ce câble diplomatique, Charles Hammerman Rivkin, ambassadeur des États-Unis d’Amérique en France et nommé par le président Barack Obama le 1er juin 2009, est d’ailleurs prêt à tous les moyens pour parvenir à ses fins. Il annonce lui-même la couleur : jeu d'influence auprès de notables et politiciens français, stratégie agressive de communication envers les jeunes issus de l'immigration, pression sur les médias.

Visite dudit diplomate à Villiers le Bel lors de l'inauguration d'une fresque sur Martin Luther King auprès des futurs dirigeants de la France « métissée » :







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