lundi 6 avril 2009

Des églises évangéliques se retirent de la Table de concertation protestante en éducation

Nous reproduisons ci-dessous la lettre de retrait d'une série d'églises évangéliques de la Table de concertation protestante en éducation au vu de la molesse de cet organisme à protéger la liberté d'expression et les convictions religieuses de parents protestants face au cours d'Éthique et de culture religieuse.
Montréal, le vendredi 27 mars 2009
M. Francis Pearson
Président de la Table de concertation protestante en éducation

Mme Danielle Lajeunesse
Directrice générale de la Table de concertation protestante en éducation

1450, rue City Councillors, bureau 520
Montréal
(Québec)
H3A 2E6

Retrait de notre membership de la TCPÉ

Madame Lajeunesse, Monsieur Pearson,

Nous confirmons, par la présente, le départ de l’Association des Églises Protestantes La Bible Parle du Canada (AEPEBPC) à titre de membre de la Table de Concertation Protestante sur l’Éducation (TCPÉ) et par le fait-même, la représentativité de monsieur Éric Lanthier à titre de représentant de l’ AEPEBPC sur la TCPÉ.

Il est important de vous informer que notre décision de quitter la Table remonte à plusieurs années. L’A.E.P.E.B.P.C. recherche davantage à s'associer à un groupe de lobbyistes, activistes et pacifistes. Ensuite, malgré plusieurs interventions de notre part, la Table n’a pas voulu s’objecter à l’approche étatique du MELS. Elle n’a pas réclamé le droit d’exemption des élèves ni leur droit de retrait dans le cadre du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR). Considérant que la liberté de choisir est fondamentale, nous n’avons pas été satisfaits de la position peu musclée de la Table dans ce dossier.

Ainsi donc, considérant le manque de ferveur de la T.C.P.É. à rallier les troupes pour se prononcer avec conviction sur le sujet, nous jugeons qu’il est préférable de nous retirer de la Table et ce, après 15 années de partenariat. Ainsi notre association d’Églises préfère s’associer à des organismes qui représentent et défendent davantage nos convictions, nos croyances et nos priorités en matière d’éducation et du droit des parents.

Toutefois, malgré ces insatisfactions, nous tenons à vous remercier pour avoir soutenu auprès du gouvernement le droit des parents d’avoir des écoles confessionnelles subventionnées. Nous sommes sincèrement reconnaissants pour cela et souhaitons que vous poursuiviez en ce sens.

Étant conscients que nous avons bénéficié des services de la Table jusqu’à ce jour, nous joignons à cette lettre notre cotisation finale pour 2008-2009. Soyez assurés que nous nous retirons dans un esprit pacifique et dans le respect des individus qui composent cette Table, et demeurons disposés à d’éventuels échanges.

Au nom de l’AEPEBPC, Madame Lajeunesse, Monsieur Pearson, nous vous souhaitons bon courage dans la poursuite des objectifs de défense du droit des parents en éducation.

Clermont Deschênes, président

Jeffrey Laurin, fondateur

Éric Lanthier, représentant sortant

dimanche 5 avril 2009

Le Devoir trouve cette revue inquiétante, peut-elle dès lors vraiment être mauvaise ?


Louis CornellierLouis Cornellier, ci-contre, le professeur de littérature un peu confus qui défend bec et ongles le cours ECR et qui signe tant de pages dans le bulletin paroissial du Plateau Mont-Royal, j'ai nommé Le Devoir, s'est doctement prononcé sur la revue Égards qu'il trouve inquiétante.

Cette revue peut-elle dès lors vraiment être mauvaise ?

Son verdict :
Ils sont contre l’étatisme, la social-démocratie, la gauche, la théologie de la libération, l’ONU, le pacifisme, l’avortement et le mariage homosexuel,. Ils sont pour l’Église catholique, Jean-Paul II, la famille traditionnelle, la société civile, les écoles chrétiennes, la société de classes, la propriété privé, Soljenitsyne, Israël, et, plutôt fédéralistes, ils sont tentés par l’ADQ qui, toutefois, les a déçus. « Ils  », ce sont les collaborateurs d’Égards, la nouvelle « revue de la résistance conservatrice », qui plaide ouvertement en faveur d’un « œcuménisme de droite ».

À droite, le Québec avait ses populistes, ses démagogues et ses néo-libéraux. Il devra désormais compter avec les intellectuels d’Égards, qui incarnent une droite cultivée, très réactionnaire et fière de l’être. Multipliant les envolées lyriques antimodernes et les provocations à l’air du temps, les Richard Bastien, Luc Gagnon, Jean Renaud et leurs collègues traquent la « décadence » à coups d’arguments moraux et d’appels à la tradition.

Tranchants, ils ne craignent pas la pensée intempestive et ne ménagent surtout pas les susceptibilités modernes. Par exemple, l’abbé Raymond Gravel, « figure emblématique du prêtre alternatif contemporain », et Pierre Falardeau, qualifié de « barbare sans cervelle » qui a le mérite d’avoir « du chien », passent sous leurs fourches caudines.

Jean Renaud, un ancien des Éditions du Beffroi, assurément le plus profond et le plus impénitent de ces réactionnaires, défend le courage et la ténacité de Georges W. Bush et va même jusqu’à écrire qu’un « alignement intellectuel et politique sur l’Amérique conservatrice apparaît nécessaire à la droite canadienne-française si elle ne veut pas sombrer dans un verbalisme schizophrénique stérile ».

Qu’on ne s’y trompe pas : malgré ce que certains esprits progressistes superficiels pourraient croire, ces gens, qui savent écrire, n’ont pas que de mauvais arguments et ne sont pas des imbéciles. C’est ce qui est le plus inquiétant.
17 avril 2004 (page F9) du journal Le Devoir.


Le Devoir n'aime pas Égards, abonnez-vous y !




mardi 31 mars 2009

Réal Gaudreault, la réforme pédagogique et le règne de l'incompétence

Capsule 13



« Le cours Éthique et culture religieuse serait la pièce maîtresse et ultime de la réforme scolaire entreprise il y a une dizaine d’années. Pourtant, cette réforme était, selon les ministres péquistes de l’époque, l’outil à tous les maux de notre système d’éducation. Mais voilà, la réforme est un échec lamentable, un vrai gâchis selon certains spécialistes. Insatisfaits d’avoir tout gâché, nos savants penseurs de l’éducation nous reviennent en plus avec un cours de religion d’État. Wow! »



Capsule 14



« Le Québec apprécie plus que nulle part ailleurs l’incompétence. Pour s’en convaincre, notons que des neuf derniers ministres de l’Éducation depuis 1992, aucun n’a été enseignant dans une école. Plusieurs spécialistes de l’éducation au Québec s’opposent en bloc à cette réforme pédagogique qui a tout gâché. Toutefois, nombreux aussi sont les politiciens et technocrates qui persistent et signent afin que le Québec s’enfonce davantage dans la médiocrité. À quand le jour où on mettra tout ce beau monde à la porte une fois pour toutes? »

lundi 30 mars 2009

Les prétendus « sages » qui décident pour nous se préparent-ils à une défaite judiciaire ?

M. Denis Watters a coordonné les équipes de rédaction du cours controversé d'Éthique et de culture religieuse. L'an dernier, la ministre de l'Éducation (MELS), Michelle Courchesne, l'avait mandaté pour faire une tournée de la province afin de calmer les inquiétudes des parents à l'égard de ce cours. On ne peut pas dire que sa mission ait réussi. Depuis le 1er juillet dernier, Denis Watters n'est plus à l'emploi du ministère de l'Éducation.

Il y a quelques semaines déjà, Denis Watters déclarait au sujet des procès intentés contre le fait que le gouvernement – avant même d’avoir entendu les parents concernés – avait décidé de n’accorder aucune exemption aux cours d’éthique et de culture religion : « J’attends avec impatience la suite dans ce dossier. Je suis certain que la cause se rendra jusqu’en Cour suprême. »

En Cour suprême, avec les sous des 72 % de parents qui disent qu’il existe une autre solution plus tolérante : accepter le choix en matière d’éducation morale et religieuse.

Aujourd’hui, dans un article d’autopromotion dont le Devoir a le secret, celui-ci faisait l’éloge de son ancien journaliste et collaborateur occasionnel Jean-Pierre Proulx en laissant ses colonnes ouvertes au même Jean-Pierre Proulx ! On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même...

Bien sûr, la lecture de l’article est insupportable de prétention quand on comprend que, pour M. Proulx, seule sa manière d’envisager le dialogue, le pluralisme et l’éducation morale est la bonne. Tout cela au nom de la « démocratie », conçue chez Leroux comme un règne de l'« égalité » décrétée par des philosophes qui orientent l'État, et du « respect le plus absolu de la diversité »... Faisant croire que ses préférences et celles de ses amis experts sont celles du Québec et qu’elles vont dans le « sens de l’histoire »MC, notion que l’on croyait reléguée aux oubliettes de l’histoire après la défaite cinglante des monopoles philosophiques et politiques d’inspiration communiste.

Mais il faut savoir se faire violence et lire jusqu’au bout la prose autocongratulatrice de M. Proulx pour noter, à l’instar de M. Watters, qu’il semble douter de l’issue des procès engagés contre l’imposition de son bébé, le cours ECR : « la Cour suprême du Canada a dans ses arrêts sur les accommodements raisonnables, avalisé la thèse de la «croyance sincère» [de ceux qui demandent une exemption pour des raisons religieuses], ouvrant ainsi la porte à des décisions imprévisibles. »

Eh, oui. Il se pourrait bien que les parents gagnent contre l’État qui bénéficie pourtant de moyens nettement supérieurs (ne fût-ce qu'en termes de nombre d'avocats engagés dans ces procès, de recherchistes, d'experts universitaires qui lui sont quasiment tous directement ou indirectement redevables : vous voulez faire partie d'un comité, M. le professeur, être chargé d'une mission prestigieuse ?)

Notons que M. Proulx apprend aussi à respecter ces parents consciencieux qui se préoccupent de l’éducation morale de leurs enfants et qui veulent donc soustraire ceux-ci au programme pondu par M. Proulx et ses acolytes : il ne s’agit plus « des catholiques les plus intégristes » comme Radio-Canada le disait, mais de « nos concitoyens ». Il faut dire que l’opposition à ce cours vient de partout : protestants, catholiques, athées et agnostiques du MLQ, coptes, musulmans, juifs orthodoxes, nationalistes, etc.

Terminons par une citation d’un autre apologiste du cours d’éthique et de culture religieuse, également abonné aux pages d’opinions du Devoir.
« […] on doit […] concevoir une éducation où les droits qui légitiment la décision de la Cour suprême [à propos de l’affaire du kirpan accepté car « croyance sincère »], tout autant que la culture religieuse qui en exprime la requête, sont compris de tous et font partie de leur conception de la vie en commun. Car ces droits sont la base de notre démocratie, et l’enjeu actuel est d’en faire le fondement d’une éthique sociale fondée sur la reconnaissance et la mutualité. C’est à cette tâche qu’est appelé le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse »

Georges Leroux, Éthique, culture religieuse, dialogue, Fides, 2007, pp. 45-46


Il serait ironique que les adeptes du programme d’ECR soient mis en échec par ce qu'ils vénèrent (le respect des Chartes comme principale balise morale, « la foi sincère comme base légitime et suffisante de l’objection de conscience »). Les meilleurs élèves du cours ECR seraient alors ceux qui ont, non seulement, « bien compris cette décision de la Cour suprême », mais qui l’appliquent « dans leur conception de la vie en commun » et qui donc demandent, leurs devoirs faits, de ne plus voir leurs enfants subir l’idéologie du programme gouvernemental conçu par les experts cooptés du Monopole de l'Éducation.

samedi 28 mars 2009

L'appropriation étatique du concept de culture publique commune au Québec

Début d'un article du sociologue Gary Caldwell dans la revue Égards.

L’APPROPRIATION ÉTATIQUE DU CONCEPT DE CULTURE PUBLIQUE COMMUNE AU QUÉBEC :

L’EXEMPLE DE LA COMMISSION BOUCHARD-TAYLOR ET DU COURS ÉCR


par Gary Caldwell, ÉGARDS, 21 mars 2009


Récemment, le concept de « culture publique commune » est réapparu au sein du discours public dans deux contextes particuliers : celui de la Commission Bouchard-Taylor (CBT) et celui du cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR), maintenant obligatoire dans toutes les écoles primaires et secondaires tant privées que publiques du Québec. Notre propos est ici de nous interroger sur la signification de la ré-émergence du concept, initialement apparu en 1986, réaffirmé en 1993-1994, finalement présenté sous forme de livre en 2001, mais largement négligé par la suite. Voir le concept invoqué avec tant d’aplomb par deux émanations de l’État est pour le moins intrigant. Dans son document préliminaire de consultation – en préparation des audiences publiques –, la CBT en parle même comme d’une expression courante, une affirmation plutôt surprenante ! Il se peut que dans des milieux spécialisés (universités, ministère de l’Éducation...) on ait parlé de culture publique commune depuis quelque temps déjà, mais affirmer que ces termes étaient une « expression courante » est nettement exagéré. De leur côté, les concepteurs et promoteurs du cours ÉCR parlent de la nécessité de créer une « véritable culture publique commune ». Rappelons que la CBT, dans son rapport, a réclamé la mise en œuvre du cours d’ÉCR. Pourquoi cet engouement soudain, et pourquoi de la part de l’État plutôt que d’un penseur individuel ou d’un universitaire ? Étant moi-même celui qui ai mis de l’avant le concept et défendu sa pertinence en 1988 et qui en ai proposé un contenu explicite provisoire dans mon livre de 2001, La culture publique commune : Les règles du jeu de la vie publique au Québec et les fondements de ces règles, je crois qu’il est légitime de ma part de vouloir commenter ce regain d’intérêt inattendu et le rôle qu’y joue l’État qui, en quelque sorte, mène le bal.

[...]


Lisez la suite dans le numéro 23 d'Égards.

vendredi 27 mars 2009

« Following the consultation, parents’ opinions were ignored »

Interesting article by the president of the Association of Catholic Parents of Quebec about the new Ethics and Religious Culture curriculum.
Parents have been up in arms about this course since the Québec government first made known its preliminary version in the fall of 2006. At that time, the Ministry of Education requested the Québec Assembly of Catholic Bishops, the Association of Catholic Parents of Québec, and other religious groups to give their opinion on the contents to the Committee for Religious Affairs. As President of the Association of Catholic Parents of Québec, I was outraged that, following the consultation, parents’ opinions were ignored. All parents consulted by the association had expressed their definite desire to maintain their right to oversee the courses. After all, its religious and moral content would be transmitted to their children.

Continued...
What a surprise, the Quebec Monopoly of Education ignoring parents' opinion! You don't say...

jeudi 26 mars 2009

« Notre » patrimoine religieux autochtone

Nous avons déjà parlé de la surreprésentation des spiritualités autochtones dans les manuels et cahiers d'ECR, apparemment pour respecter le programme officiel. Rappelons qu'en 2001, selon Statistiques Canada, 735 Québécois identifiaient leur religion comme étant une des spiritualités autochtones.

En sus de cette non-représentativité, il est intéressant de noter que, alors qu'on ne trouve pas de prières chrétiennes dans les manuels et cahiers, on en dénombre plusieurs autochtones (une micmaque et une cherokee ci-dessous). Ou comme le disait Mme Cloutier, coauteur des manuels Modulo où apparaît en grand la prière micmaque, les enfants sauront aussi que le Notre Père est une prière importante pour les catholiques, mais ils ne la liront pas dans leur manuel « parce qu'il aurait fallu autrement faire la même chose pour les autres religions »...

Le deuxième fait intéressant est le caractère exotique des spiritualités autochtones étudiées : une grande partie n'est pas issue de peuples autochtones installés au Québec. Or la justification de ce pan assez important du cours ECR est la présence d'autochtones au Québec et leur prétendue importance dans notre héritage spirituel (assertion non prouvée bien sûr). On comprend que pour les auteurs de ces manuels les spiritualités autochtones d'Amérique du Nord forment un tout, mais est-ce vraiment le cas ? Qu'y a-t-il de commun entre la spiritualité ancestrale des Hopis, des Haïdas, des Esquimaux et des Micmacs qui ne serait pas commun à celle des Indiens d'Amérique centrale ou des animistes sibériens ? Une fois les frontières du Québec abattues, pourquoi ne pas inclure des récits et des prières de ces peuples ? On comprend plus facilement que les auteurs du cahier d'activités Voyage pour les valeurs pour la 2e secondaire aient mis des guillemets autour de « notre » dans le titre du chapitre : « Notre » patrimoine religieux.


Enseignement des Hopis de l'Arizona — cahier d'activités LIDEC Voyage pour les valeurs pour la 2e secondaire, p. 152



Prière cherokee (chérokie) de la Caroline puis de l'Oklahoma — cahier d'activités LIDEC Voyage pour les valeurs pour la 2e secondaire, p. 153



Prière de Pilip, le Micmac

Prière micmaque (Gaspésie et Acadie) — manuel d'ECR Mélodie, publié par Modulo, destiné au 1er cycle du primaire, manuel B, p. 8



Haïdas de Colombie-britannique — page 73 du cahier d'activités d'ECR de LIDEC pour la 4e année de secondaire

« Youpi, ma religion à moi !»

« Situation d'apprentissage et d'évaluation (SAÉ) » proposée en 1re année du secondaire par les cahiers d'activités LIDEC Partons à l'aventure.

On demande ici aux élèves de s'inventer leur propre religion ou plus précisément (p. 88) : « À partir des multiples exemples vus en classe dans le chapitre 1, tu décides de fonder ton propre mouvement religieux pour répondre à ta quête de sens. Ce mouvement doit naître de ton imaginaire. »

On indique ensuite à l'enfant de 12 ans ce qu'il doit faire pour créer sa religion : « 
  1. Tu dois inventer un fondateur et un mythe fondateur ;
  2. Inventer un Dieu ou des dieux et nommer ses attributs ;
  3. Inventer un code moral ;
  4. Inventer un livre sacré ;
  5. Inventer quelques rituels ;
  6. Inventer quelques objets de culte
 »

Enfin, l'élève devra à « l'aide du résultat des évaluations, dresse[r] le portrait de [sa] religion : points forts, points faibles, chance de succès, respects des consignes, etc. »

Il s'agit bien ici d'un jeu. Sans doute bénin pour l'agnostique ou l'athée moyen, mais — et nous avons des témoignages de parents au sujet de cette activité — profondément choquant pour plusieurs croyants sincères. Pour eux, voudrait-on banaliser ou susciter l'insatisfaction auprès des jeunes par rapport à la religion que leurs parents croient vraie qu'on ne procèderait pas autrement.







Région de l'Outaouais : après-midi d'information sur le cours ECR

Dimanche le 29 mars à Gatineau
Après-midi d'information

Lieu : Salle Gatineau à 13h00
Maison du citoyen
25 rue Laurier, Gatineau


Information
Tél : 819 328-8979
Courriel : gatineau@coalitioncle.com


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La rapide baisse démographique et les écoles en région dite éloignée

Le Québec compte déjà près de 600 écoles de 100 élèves ou moins dans les différentes régions du Québec. Loin de ralentir, la chute démographique dans les régions éloignées est appelée à s'accentuer au cours des prochaines années. Le Conseil supérieur de l'éducation rendait public hier un avis intitulé L'éducation en région éloignée, une responsabilité collective.

La présidente du Conseil, Mme Nicole Boutin, a rendu public ce rapport aujourd’hui après qu’il ait été déposé à l’Assemblée nationale par la ministre du Monopole de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), Mme Michelle Courchesne.

Déjà difficile, le casse-tête des écoles en région se compliquera considérablement au cours des prochaines années. D'ici 2015, la chute de la clientèle devrait osciller autour de 20 % dans les régions éloignées.

Selon les données rendues publiques hier, les baisses du nombre d'élèves dans les écoles primaires et secondaires, entre 2006 et 2015, devraient osciller entre 15,3 % dans le Bas-Saint-Laurent et 27,6 % en Gaspésie (avec une diminution de 19,8 % sur la Côte-Nord, de 20 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean et de 21,7 % en Abitibi-Témiscamingue).

Or, ces régions qui représentent 10 % de la population mais 88 % du territoire québécois connaissent déjà des difficultés dans l'offre des services éducatifs. « Devant l'ampleur de ce qui s'en vient, on ne peut se contenter d'appliquer les mêmes recettes », fait valoir la présidente du Conseil supérieur de l'éducation, Nicole Boutin.

Le modèle moderne d'un enseignant devant une classe d'un seul niveau dans un village ne peut perdurer, fait valoir le CSE, soulignant néanmoins l'importance de maintenir des écoles à proximité des lieux de résidence des enfants, pour éviter une dévitalisation des régions. « Il faut sortir du cadre », ajoute Mme Boutin. Ainsi, les classes multiniveaux, déjà nombreuses, devraient se multiplier.

Les techniques de l'information et des communications sont aussi prometteuses, selon le CSE. Par exemple, dans une petite école secondaire, un cours de mathématiques spécifiques pourrait être offert en ligne. Au primaire, des enseignants de classes multiniveaux de très petites écoles pourraient se regrouper pour effectuer des projets en commun par l'intermédiaire d'Internet et de la visio-conférence.

Les mesures gouvernementales, souvent ponctuelles, pour soutenir les petites écoles en région gagneraient par ailleurs à être plus stables, indique le CSE. Le ministère de l'Éducation pourrait par ailleurs faire preuve d'une plus grande souplesse.

Certains villages ont opté pour l'école communautaire. En plus d'accueillir les élèves, les écoles deviennent de véritables centres communautaires où la bibliothèque municipale et d'autres services cohabitent sous le même toit.

Les défis sont les mêmes pour la formation professionnelle, collégiale et universitaire qui doit aussi s'adapter. En Abitibi-Témiscamingue, par exemple, on a opté pour la «formation à roulettes» : les enseignants en formation professionnelle se déplacent d'une ville à l'autre pour donner leur cours.