mardi 18 septembre 2007

Michel de Poncins : privatiser l'instruction

Nous reproduisons ci-dessous un large extrait d'un article de Michel de Poncins sur la nécessité de privatiser l'instruction.

La privatisation de l'enseignement au Québec ne permettrait-elle pas d'éviter les querelles stériles que suscitent actuellement les programmes imposés à toutes les écoles par des fonctionnaires non élus ? Ne rendrait-elle pas inutiles tant de témoignages devant la commission Bouchard-Taylor ? Peut-être la tenue même de ces consultations ? N'éviterait-elle pas les protestations des parents qui se sentent privés de la liberté d'enseignement religieux et inquiets de voir que l’État imposera à leurs enfants des programmes à contenu philosophique qu'ils désapprouvent ? N'aurait-elle pas empêché la fuite des parents mennonites chassés du Québec par le ministère de l'Éducation qui disait les « accompagner », tout en les menaçant d’une possible action de la Direction de la « protection » de la jeunesse ?
Il est clair que dans le domaine de l’éducation la responsabilité et le devoir des parents sont primordiaux. C’est à eux, dans le droit naturel, que revient la tâche de choisir l’éducation de leurs enfants et de la diriger. Dans l’accomplissement de cette tâche, ils essaieront de transmettre le meilleur de ce qu’ils ont reçu de leurs propres parents, en l’améliorant si possible puisque chaque génération apporte ses progrès. Dans cet esprit, toute intervention de l’État est malvenue.

Cela n’empêche pas que les parents fassent appel à ce que l’on peut considérer comme des sous-traitants c’est-à-dire les entreprises d’éducation à la fois écoles, maisons d’édition, répétiteurs, etc. En bonne logique d’économie de marché et si la liberté souhaitable régnait dans ce domaine, il y aurait un grand nombre d’entreprises d’éducation concurrentes à la recherche permanente de la meilleure qualité.

A l’inverse, il est facile d’observer, dans de nombreux pays, la véritable catastrophe qu’engendre la nationalisation de l’éducation. La France est un exemple emblématique de cette calamité.

Le premier aspect est l’immensité de l’administration en question. Il est coutume de dire que le service public de l’éducation nationale est en quelque sorte la dernière armée soviétique du monde, avec 1 260 000 membres du personnel et 14 000 000 d’élèves; l’effectif du personnel comprend un administratif sur trois enseignants.

Toute personne habituée au management peut comprendre qu’un tel ensemble est par nature impossible à gouverner ; s’ajoutent inévitablement les syndicats embusqués partout et jouant les véritables maîtres du système parfaitement ingérable. L’immensité de l’ensemble interdit à la fois de vraiment innover et d’innover en outre suivant les besoins diversifiés du terrain. Cette même immensité oblige à gouverner par des nuées de règlementations absurdes et inopérantes au niveau de la base. À titre d’exemple un proviseur du lycée ne choisit ni ses enseignements, ni ses élèves ni ses professeurs, même si son autorité s’exerce au moins sur les locaux, les horaires et les femmes de ménage… . Autre exemple : le « mammouth » est passé jusqu’ici à coté de l’utilisation massive de l’informatique !

Le caractère étatiste conduit à des objectifs parfaitement chimériques. L’on peut citer pêle-mêle : la mixité dans les établissements, le collège unique soi-disant prévu pour réaliser l’égalité des chances et dont la vanité est bien connue, la quasi-suppression de l’émulation avec souvent la renonciation à une vraie notation.

Voulant assurer l’uniformité générale de l’éducation, autre objectif chimérique, l’administration a créé artificiellement la carte scolaire qui oblige chacun à inscrire ses enfants dans un établissement voisin de son domicile. Comme tout système artificiel, cette répartition absurde est tournée par les riches et les habiles, les pauvres et les non-informés restant les victimes.

Dans la course à la catastrophe, il ne manque pas la diffusion d’idées révolutionnaires. Sur l’économie en particulier l’enseignement est largement tourné vers le marxisme et sur le plan historique la vérité est largement occultée, avec l’aide des éditeurs.

L’effet à la fois de l’obésité du « mammouth » et de l’orientation quasi marxiste de l’éducation est surtout nuisible aux faibles et aux pauvres. Les riches ou tout au moins les plus favorisés trouvent des moyens latéraux pour éduquer leurs enfants comme ils l’entendent même s’ils n’y arrivent pas toujours. Les pauvres et les faibles sont évidemment démunis devant le mammouth et la production massive d’illettrés les touche particulièrement. Un million deux cent mille salariés, généralement de base, souffrent d’illettrisme ; les patrons se plaignent de ce que des cadres ne savent pas rédiger un rapport.

Cet état désolant de la prétendue éducation prétendue nationale en France se retrouve dans tous les pays où, même si le mammouth est moins imposant, il existe une large nationalisation de l’éducation : c’est le cas en partie aux États-Unis et malgré une plus grande atmosphère de liberté qu’en France.

Ne voulant pas réformer l’éducation malgré quelques coups de menton, le pouvoir en France refuse la seule vraie réforme qui serait sa privatisation c’est-à-dire la reconnaissance officielle du jeu de l’économie de marché dans l’éducation.

Tout le monde se souvient des grandes manifestations pour la liberté de l’enseignement il y a plusieurs années ; malgré une immense démonstration populaire et après avoir simulé un retrait, le pouvoir s’est attaché à bétonner le service public et laïc de l’éducation. La liberté de l’enseignement avec son corollaire le bon scolaire n’aurait pourtant été qu’un début. La vraie formule est la privatisation de l’éducation en commençant par la vente des universités à des capitaux privés ou à des associations et ensuite par la même opération au niveau des grands lycées.

La privatisation de quelque système que ce soit dans le libre jeu de l’économie de marché conduit à un progrès de la qualité et, dans le temps, à la réduction de moitié des coûts. La privatisation de l’enseignement en France conduirait à des dizaines de milliards d’euros d’économie avec enfin, grâce aux bienfaits de la concurrence, le retour du pays dans le peloton de tête des nations civilisées.

Le raisonnement étendu au monde entier conduirait à une forte progression du PIB mondial qui est presque impossible à mesurer.

En France tout au moins ce serait la vraie rupture dans un domaine essentiel.

Michel de Poncins
Nous reviendrons dans les semaines à venir sur un ouvrage québécois publié il y a quelques années qui préconisait également la privatisation de l'école au Québec : Le Monopole public de l'Éducation de Jean-Luc Migué et Richard Marceau. Les auteurs tentaient d'y démontrer que la suppression de la concurrence au profit des règles mises en place par des politiciens et des bureaucrates aboutit au nivellement par le bas de l’école. La comparaison qu’ils établissent longuement entre l’école privée et l’école publique n’est pas tant une « défence et illustration » de l’école privée, qu’un plaidoyer contre la centralisation.

lundi 17 septembre 2007

Fin du financement des écoles confessionnelles... en échange d'une véritable liberté scolaire ?

M. Lisée est contre les subventions accordées aux écoles confessionnelles — pas les écoles privées, mais les écoles religieuses — comme il le signalait dans un article récent de L'Actualité :
« dans ma proposition, aucune école confessionnelle ne sera financée par l’État – ni publique, ni privée – ni chrétienne, ni juive, ni musulmane. »
Mais comment justifie-t-il que les parents religieux qui voudront envoyer leurs enfants dans l'école de leur choix devront payer deux fois pour l'instruction de ceux-ci ? Une éducation religieuse pour de nombreux parents ne se limite pas à un cours de religion hebdomadaire à l'école laïque. M. Lisée semble donc recommander la discrimination contre les parents les plus croyants qui ne se contentent pas d'un cours religieux dans une école trop laïque à leur goût et qui envoient leurs enfants dans une école religieuse. Discrimination justifiée pour M. Lisée par l'expression des convictions religieuses de ces parents. Hum... Est-ce vraiment conforme aux chartes de droits et libertés, en commençant par celle du Québec ?

M. Lisée préconise-t-il, au moins, en échange de la fin de cette subvention que le Monopole de l'Éducation du Québec n'impose plus ses programmes – comme le très controversé renouveau pédagogique – à ces écoles qu'on prétend pour l'instant privées et qui ne recevraient plus de subventions ? Serait-il en faveur d'une véritable liberté scolaire une fois que ces écoles ne recevraient plus la part des taxes et impôts payés, notamment, par les parents d'élèves qui la fréquentent ? Serait-il d'accord qu'il faut enfin laisser en paix des gens comme les évangéliques qui négocient depuis près de 15 ans avec le Ministère de l'Éducation pour avoir le droit d'enseigner ce qui est permis ailleurs au Canada ? Préconise-t-il qu'on laisse enfin les mennonites conservateurs de Roxton Falls avoir leur école non subventionnée au Québec, seule province qui le leur interdit, et que cette liberté élémentaire ne soit plus soumise à l'orwellien « accompagnement » du ministère ?

Que propose donc M. Lisée en échange de cette double taxation des parents qui désirent envoyer leurs enfants à l'école de leur choix ? Double taxation au seul motif qu’ils sont croyants et veulent une éducation plus complète que le simple cours religieux que M. Lisée espère voir conserver à l’école publique ?

Denise Bombardier et les « valeurs québécoises »

Lors des réunions de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements culturels et religieux, on a souvent entendu parler des valeurs québécoises chaque fois qu'il s'agissait d'imposer la laïcité ou le laïcisme dans les écoles (même privées) au Québec.

Denise Bombardier revient le 13 septembre 2007 sur ces « valeurs québécoises » qui sont mortifères selon elle. « Les Québécois risquent aussi de disparaître », « c'est le fruit des dernières quarante années » car « on a fait sauter toutes les institutions reliées à la religion ». « Maintenant, on en est à faire sauter la cellule familiale ».

« On finance des vasectomies et des revasectomies, tout ça avec nos fonds publics. » « On paie des avortements » « jusqu'à 24 semaines » et dans un cas d'espèce une même femme a avorté « 23 fois ». « On finance les gens pour ne pas avoir d'enfants, alors qu'on a un problème de survie collective. » Tout cela alors qu'on n'aide pas les parents qui désirent avoir un enfant par fécondation in vitro.

« On s'en va dans l'obscurité, et on sait ce qu'est l'obscurité, l'obscurité c'est la mort. »

Faut-il vraiment enseigner ces valeurs qu'on a baptisées québécoises — était-ce pour nous y faire adhérer par un patriotisme mal placé ? — à nos enfants, dans nos écoles ? Sont-ce les mêmes valeurs auxquelles se référait l’ancien ministre de l’Éducation, M. Fournier, quand il déclarait en novembre 2006, devant l’Assemblée nationale : « combien il est important pour [ces enfants] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde » ?

Écoutez l'entretien.

[Article sur le documentaire de Julie Snyder auquel Mme Bombardier fait allusion. On y apprend qu'au Québec les gens qui ne veulent pas avoir d'enfants obtiennent gratuitement des ligatures de trompes, des avortements et des vasectomies. Le tout entièrement payé par les contribuables. L'ancien Premier ministre du Québec, Bernard Landry, souligne que le Québec a le plus haut taux de ligatures et d'avortements en Occident. En revanche, les gens qui veulent des enfants et qui connaissent des problèmes de fertilité doivent payer pour la fertilisation in vitro. Autour de 24 000 $. Comme s'il s'agissait d'un caprice que le gouvernement n'a pas à satisfaire.]

dimanche 16 septembre 2007

Jean-François Lisée contre l'imposition du nouveau programme d'éthique et de culture religieuse

Surprise lors du téléjournal de Radio Canada vendredi 14 septembre 2007.

Le célèbre politicologue québécois, Jean-Francois Lisée, y a expliqué – à partir de la 7e minute – une de ses propositions en matière d'accommodements : revenir sur l'imposition du programme d'éthique et de culture religieuse, rendre ce programme optionnel et permettre aux communautés religieuses d'enseigner leur religion à l'école publique pendant les heures d’enseignement prévues dans la grille scolaire.

Bref, laisser le choix à la majorité des parents qui choisissent encore actuellement le cours de religion plutôt que le cours de morale et ne pas leur imposer le programme pluraliste religieux et moral que le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport voudrait voir enseigner dès septembre 2008 dans toutes les écoles du Québec, écoles primaires et secondaires, publiques et « privées ».



On remarquera que Mme Céline Galipeau, habituellement calme, s'offusque visiblement des biens modestes propositions de M. Lisée  et lance un véhément « on s'est battu contre ça » — à plus d'une reprise — c'est ce qu'on appelle sans doute une journaliste objective et laïque...

Cette entrevue fait suite à une article récemment publié par M. Lisée sur le site de L'Actualité où M. Lisée déclarait :
« Nous voici pourtant à un point de rupture. Nos penseurs gouvernementaux viennent de mettre un terme à l’enseignement religieux à l’école. Votre fillette n’aura pas de préparation à sa première communion. Des laïcs lui enseigneront l’histoire du petit Jésus, mais aussi celle de Bouddha, Allah et Yahvée. Si on veut du pur jus, il faut les envoyer à la paroisse, le dimanche. Eh oh ! Il y a le soccer, la piscine et le hockey. Pas que ça à faire, la religion ! Lorsque les 75 % de parents (dont un bon nombre de religieux convaincus) qui ont choisi l’enseignement religieux s’en rendront compte, le tollé sera pire que celui du bulletin non chiffré.

L’aménagement de la religion de la majorité (chrétienne) à l’école est donc sur le point de passer à la trappe. Au même moment, le religieux des minorités entre dans nos institutions publiques par la porte des accommodements: kirpan admis à l'école par décision de la Cour suprême du Canada, demandes d'exemption de leçons de flûte à bec ou, pour de jeunes musulmanes, de cours natation mixtes. Qu’on ne se surprenne pas que cela cause des remous ! »

France – malaise d'une modératrice au bac

Géraldine, agrégée d’histoire, a eu une rentrée « calme, très calme » au lycée Lakanal de Sceaux, dans la banlieue sud de Paris, loin de la mobilisation de l’an dernier contre les décrets Robien qui rallongeaient le temps de travail et instauraient la bivalence. Quelques postes de surveillants ont bien disparu, mais ce n’est pas trop grave dans ce lycée réputé. « Non, ce qui m’inquiète, c’est le bac. Nous avons eu 96 % de reçus en juin, mais en réalité, la moitié de la classe n’aurait pas dû l’avoir. On donne à ces jeunes l’illusion qu’ils ont le niveau et ils redoublent leur première année de fac. »

Géraldine, 43 ans, estime que depuis cinq à sept ans, la chute de niveau est drastique [sic]. « J’adore mon métier : me retrouver dans ma classe face aux élèves me plaît toujours autant, mais je ne m’y reconnais plus », explique-t-elle. Au fil des réformes, les exigences n’auraient cessé de baisser. Avec des programmes toujours plus lourds et des matières toujours plus nombreuses - « Pourquoi deux langues vivantes ?»

[...]

« Les secondes ressemblent de plus en plus à des collégiens, les terminales n’ont pas l’habitude du travail approfondi. »

Géraldine se sent en outre « complice » de ce système. En juin, elle a été « modératrice » au bac, chargée d’animer une équipe de correcteurs. « Nous recevons des consignes terribles, comme ne pas pénaliser l’orthographe et la syntaxe. Il fallait faire aussi en sorte que les copies d’histoire-géo atteignent 12 de moyenne. »

Source : Libération

vendredi 14 septembre 2007

Mais enfin, l'école c'est pas pour apprendre des mythes !

Le présentateur Richard Martineau soumettait à la question Mme Morse-Chevrier au sujet de son opposition au nouveau programme obligatoire d'éthique et de culture religieuse que le Ministère de l'Éducation du Québec veut imposer à tous les élèves du Québec, des écoles publiques et des écoles dites « privées », du primaire au secondaire.

Pour terminer son entretien, M. Martineau s'exclame :

— Mais enfin, l'école n'est pas là pour des mythes, des légendes, des croyances !

Imperturbable, Mme Morse-Chevrier de répondre :

— Mais si c'est cela que vous croyez, M. Martineau, vous devriez être contre le nouveau cours, car le nouveau programme enseigne des croyances et des mythes. Et beaucoup de parents ne veulent pas que cela soit enseigné à leurs enfants de cette façon-là.


La CLÉ organise une grande marche, le samedi 20 octobre 2007 à Québec

La Coalition pour la liberté en éducation organise une grande marche le samedi 20 octobre 2007 à Québec.

Horaire prévu

11 h 30 — Rassemblement : Parc de l'Amérique française
13 h 00 — Départ de la marche : Boul. René-Lévesque
13 h 30 — Rassemblement devant l'Assemblée nationale
13 h 30 à 15 h 00 — Animation, conférenciers, pétitions, musique
15 h 15 — Marche jusqu'au Parc de l'Amérique française
16 h 00 — Départ des autobus

La CLÉ dénonce le fait que le gouvernement du Québec imposera en septembre 2008 à tous les élèves du Québec de la première année du primaire jusqu’à la fin du secondaire un cours sur l’ensemble des religions : christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme, hindouisme, nouveaux mouvements religieux et même l'athéisme. Dire que toutes ces formes de religion ou de croyances sont légitimes comme l'affirme Mme Azdouz, rétribuée par le Ministère de l'Éducation et activement impliquée dans l'implantation de ces programmes obligatoires, ne peut qu'entraîner la confusion chez les élèves dont les parents tentent de transmettre une seule de ces formes religieuses.

Ce cours sera obligatoire, sans exception, dans les écoles publiques et privées, ce qui pour la CLÉ est contraire aux droits de liberté religieuse.

Cette manifestation sera organisée par la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) www.coalition-cle.org

Pour information au sujet du transport faites le 1-888-839-6236

Pour information au sujet du transport de Valcourt en autobus, contactez Sylvain Lamontagne au 450-532-5606.

jeudi 13 septembre 2007

Le Ministère de l’Éducation remercie le Journal de Montréal

M. Jean-Philippe Pineault, dont nous avions déjà dénoncé un article d’une rare mauvaise foi et d’une partialité insigne sur les mennonites et l'éducation en Ontario, a eu l’honnêteté de signaler cette fois-ci sa source d'inspiration en terminant son article par « Source : Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) ».

En effet, M. Pineault laisse tomber le masque du journaliste objectif dans sa description de parents qui expriment leur désapprobation face à un Ministère qui imposera sous peu à tous les enfants du Québec un programme empreint, selon eux, de relativisme moral. On a la désagréable impression que ce journaliste cherche à ridiculiser ces parents et qu'il considère que son rôle est de défendre le programme du Ministère quand il est trop sévèrement attaqué par des gens pour lesquels il n'a aucune sympathie. Citons deux exemples typiques du dernier article de M. Pineault :
« ce qui fait rager une nouvelle coalition de parents »

« Frustrés qu'on oblige leurs enfants à suivre le nouveau cours »
Voyez par vous-mêmes comme ces parents ont l'air enragés lors de cette conférence de presse...

Maintenant, il suffit de comparer ces « rager » et « frustrés » avec l’équanimité – telle que rapportée par le prisme de M. Pineault – des parents laïques qui s’opposent aussi à ce programme, mais uniquement au primaire :
« Le Mouvement laïc du Québec est en faveur de la disparition du cours de religion pour le remplacer par un cours de culture religieuse générale. « On a une réserve sur le fait de donner ce cours au primaire », affirme le président de l'organisme, Henri Laberge, qui croit qu'on aurait dû limiter le programme au secondaire. »
Aucune immixtion du journaliste dans cette relation-ci, aucun mot déplaisant de la part du reporter, là soudainement M. Pineault retrouve une plume neutre...


Évidemment, comme d’habitude, le Ministère de l’Éducation ne s’émeut pas des protestations de ces parents. En effet, quel choix ont-ils puisque le Ministère est juge, partie et monopole ?

On n’attend plus qu’un de ces communiqués où le Monopole nous dira qu’il « accompagnera » les parents de cette coalition quand il voudra dire qu’il s’affaire à les faire rentrer dans le rang, à les faire céder ou fuir comme les parents mennonites.

Ce qu'on nous concocte comme « école laïque »

Reportage de Radio Canada (ou, en cas de difficultés techniques, le même reportage mais avec publicité) sur ce qu'on nous concocte comme école laïque au Québec...

Ou comment préparer les professeurs au nouveau programme obligatoire d'éthique et culture religieuse, leur proposer des argumentaires pour répondre aux craintes des parents, les aider à limiter les demandes d'accommodements religieux. Bref, comment imposer à tous, mêmes aux parents récalcitrants, la laïcité telle que la comprend le Ministère de l'Éducation.

Soulignons les propos de Rachida Azdouz, psychologue à l'Université de Montréal, quand elle déclare (à partir de 8 minutes 17 secondes) :
« des parents arc-boutés sur leur pratique religieuse – on appréciera la neutralité laïque dans la description – ne sont pas disposés à permettre à leur enfant de mieux cohabiter avec les autres, car ils transmettent à leur enfant que leur croyance est la seule, l’unique et la meilleure. Et c’est là qu’intervient l’école et le rôle des intervenants scolaires c'est d'apprendre à cet enfant de composer avec des enfants qui ont d’autres croyances religieuses et dire qu’elle est tout aussi légitime que la leur ou, des enfants qui n’ont pas de croyances religieuses et que cette position-là est tout aussi légitime que la leur. »
D’une part, il est faux que des parents ou des enfants qui croient vraiment en leur religion – ceux qui croient qu’elle est la meilleure et l’unique – ne peuvent cohabiter avec d’autres enfants : le respect n’implique pas que l’on pense que l’autre puisse avoir raison. C'est plus facile, mais pas obligatoire. D’autre part, quel nom donner à l’intervention de l’école préconisée par Mme Azdouz si ce n’est le relativisme moral ? Car enfin que signifie dire que toutes les autres religions ou même l’athéisme sont légitimes, si ce n’est que tout se vaut ?

Autres déclarations révélatrices : celles du théologien (!) Jacques Racine qui participe à la laïcisation des écoles. Il rappelle que pour Québec la réussite des élèves ne doit pas être que scolaire (10:55) car
« les textes ministériels les plus récents nous rappellent que c’est de la réussite éducative dont il est question, et que cette réussite éducative signifie que l’école est responsable de faire en sorte que chaque élève puisse réussir sa vie et non seulement réussir ses examens. »
Bref, il s'agit de transmettre des valeurs morales communes à tous les élèves québécois, même si cela empiète sur les prérogatives des parents dont on ne demandera d'ailleurs pas vraiment l'avis. Car le gouvernement se soucie-t-il encore de ces géniteurs un peu gênants ? Alain Touraine remarquait déjà que « [l]es parents n'ont pas démissionné, ils ont été licenciés. »

Ces déclarations rejoignent celles de l’ancien ministre de l'Éducation Fournier qui déclarait en novembre 2006 à l’Assemblée nationale de Québec, lors du débat sur les écoles que Québec avait déclarées illégales, que la raison pour laquelle il ne fallait « pas perdre » les enfants de ces écoles était qu’il fallait s’assurer que ces enfants partagent les valeurs de la société québécoise : « il est important pour [ces enfants] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde. » Pardon ? De partager les valeurs québécoises qu'ils ne connaîtraient pas sans l'étude du programme officiel ? Mais cela implique donc bien la substitution de valeurs culturelles et morales par l'État ! Comme si les valeurs actuelles de ces enfants et de leurs parents posaient un problème aujourd'hui et devaient être changées...

Reportage sur l'instruction en famille en France

« On estime à 30 à 40.000 le nombre d'enfants qui ne vont pas à l'école... L'instruction leur est donnée à la maison par un précepteur comme autrefois.. ou par leurs propres parents.. La loi l'autorise et l'état procède même à des contrôles réguliers... »
Reportage au 20 heures de France 2