vendredi 24 mars 2023

Sport féminin: quand le réel reprend ses droits

Le Figaro nous apprenait jeudi que la Fédération internationale d’athlétisme vient de prendre une décision capitale, relevant du simple bon sens, mais qui exigeait beaucoup de courage.

Elle tient en une formule simple: les femmes trans ne pourront plus participer aux compétitions sportives féminines. 

Autrement dit, les hommes biologiques qui s’identifient désormais comme femmes, qu’ils aient connu ou non la grande opération de changement de sexe, ne pourront plus compétitionner parmi les femmes. Plus exactement, il en sera ainsi de ceux qui ont connu une «puberté masculine».

Biologie

Pour une raison simple: biologiquement, physiologiquement, un homme n’est pas une femme, et un corps d’homme n’est pas un corps de femme. Le corps n’est pas une enveloppe physique extérieure à l’identité profonde d’un individu. Un homme peut bien se dire femme, ou une femme se dire homme, si son corps dit le contraire, ce n’est pas un détail. 

Fondamentalement, pour les sportives, la participation de femmes trans biologiquement masculines était profondément injuste. 

Naturellement, notre société doit s’ouvrir et tendre la main à ceux qui se sentent étrangers à leur propre corps. Nous comprenons que l’humanité est complexe, et le respect des trans va de soi. 

Mais notre société ne saurait faire de «l’autodétermination de genre» la règle de la vie sociale, en abolissant les sexes. 

Que l’on soit obligé de le rappeler est lunaire, mais notre époque a depuis longtemps perdu la boule. 

Et il faudra désormais que d’autres organisations sociales appliquent la même règle. 

Injuste

Est-il normal d’intégrer des hommes biologiques s’identifiant comme femmes dans les maisons pour femmes en danger? Non. 

Est-il normal de les intégrer dans les prisons pour femmes? Non plus. 

Est-il normal qu’on assimile à un propos discriminatoire l’affirmation selon laquelle seules les femmes portent des enfants? Toujours pas. 

Il est temps que le réel reprenne ses droits.

Source : Journal de Québec

jeudi 23 mars 2023

Dépenses en infrastucture : 28 500 $ par étudiant de McGill (anglo), 357 $ par étudiant de l’UQAM (franco)

Les universités de langue anglaise obtiendront la part du lion du financement des infrastructures accordé par Québec, selon le Parti québécois (PQ).

À elles seules, les universités McGill et Concordia obtiendront au total 622 millions sur le 1,04 milliard qui sera consenti à terme par le gouvernement du Québec à toutes les universités dans la liste des projets en réalisation, peut-on lire dans le Plan québécois des infrastructures 2023-2033 déposé avec le budget mardi.
Campus de la McGill University


« Est-ce que le Premier ministre peut admettre que son budget en matière d’enseignement supérieur finance directement l’anglicisation du Québec ? » a demandé le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon au Premier ministre François Legault à la période de questions jeudi.

Le leader indépendantiste a calculé que, à titre d’exemple, si l’on reporte les investissements en infrastructures du Québec en fonction des effectifs inscrits, cela revient à 28 500 $ par étudiant de McGill et à 357 $ par étudiant de l’UQAM.

L’ensemble des universités de langue française se partage « un maigre 40 % », a-t-il dénoncé en notant que les constituantes de l’Université du Québec « obtiennent 5 % de la tarte ».

Le chef caquiste a éludé la question. Il a toutefois fait valoir que son gouvernement avait plafonné les places dans les cégeps anglophones à 17 % de la population collégiale. M. Legault a par ailleurs accusé le PQ de vouloir fermer la moitié des cégeps anglophones. En quoi serait-ce un mal dans une province qui se dit officiellement francophone, où le français est en déclin, l’anglais est devenu la langue d’immigrés allophones qui s’assimilent trop à l’anglais et la majorité de la clientèle des cégeps anglophones n'est pas d'origine anglophone ? Qu’est-ce que le chef caquiste essaie de dire ?
 
Partie du « campus » urbain de l’UQAM (Université du Québec à Montréal)

M. St-Pierre Plamondon en a même profité pour ironiser sur la campagne publicitaire actuelle du gouvernement en faveur de l’usage du français, où l’on voit dans un faux documentaire animalier une espèce menacée, le faucon, avec en voix hors champ une narration truffée d’anglicismes.

« Pendant que la CAQ met tous ses efforts sur le faucon pèlerin pour convaincre une population déjà convaincue de l’urgence d’agir en français, on est en train de passer à côté de questions essentielles comme la disproportion du financement octroyé aux universités anglophones. »

Le chef péquiste a aussi reproché au gouvernement de consacrer 200 millions par année pour financer la formation universitaire d’étudiants canadiens et internationaux inscrits dans les établissements anglophones.

Il a demandé au chef de la CAQ de reprendre la proposition du PQ, c’est-à-dire d’imposer un quota maximum de 20 % d’étudiants étrangers anglophones sur le total d’étudiants accueillis.

M. Legault a répliqué en reprochant au PQ de trahir ainsi l’héritage de la loi 101 de René Lévesque, qui prévoyait que les anglophones du reste du Canada inscrits dans les universités anglophones ici paieraient les mêmes droits de scolarité que les Québécois.  Comme si les choses n’avaient pas changé depuis et comme si René Lévesque ne pouvait pas s’être trompé sur ce sujet…
 

 

Les Québécois plus susceptibles d’avoir une vision négative des religions, d'abord l'islam, mais aussi le christianisme

Les Canadiens de partout au pays sont plus enclins à avoir une mauvaise opinion de l’islam que des autres religions étudiées (les cinq principales religions du monde). Au Québec, le quart des répondants (25 %) ont une opinion favorable de l’islam. À noter, le nombre de répondants favorables à l’islam dans les différentes régions du Canada ne dépasse jamais 37 % :


Au pays, les Québécois sont les plus susceptibles d’avoir une vision négative de la plupart des religions présentées. Cependant, le reste du pays n’est pas non plus à l’abri de ce genre de perspective, en particulier lorsqu’il est question de l’islam :


Les Québécois se disent également les plus défavorables au christianisme (37 % d’avis défavorables), mais cette mesure doit être nuancée par le fait que le mariage avec un chrétien/une chrétienne est l’option la plus favorable pour les Québécois (acceptable à 80 %). Un rejet de la théologie catholique, mais l’acceptation des chrétiens historiques le plus souvent non pratiquants ?

En utilisant un indice net de favorabilité, une comparaison du pourcentage des répondants ayant une vision positive et de ceux dont l’opinion est négative, on peut observer clairement que l’opinion des Canadiens par rapport à l’islam est plus négative que celle qu’ils ont des autres religions.


Les symboles religieux en public et au travail

mardi 21 mars 2023

François Legault : « Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique »

François Legault commentant les modifications à la loi sur la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse).

Moins de pouvoir aux parents biologiques et donc plus de pouvoir à qui si ce n'est l'État et ses fonctionnaires et juges ?

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 Ce n’est pas aux législateurs de décider ce qui est bon pour les enfants, c’est aux parents  

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Euthanasie — le Québec et son culte du consensus froissés

Comment Québec a privé les parents et les élèves d’un choix de cours de morale ou de religion à l’unanimité, encore une fois...

 

Québec — Trop d’hommes délaissent l’université et seront privés des bons emplois de demain, selon un ex-recteur

Trop d’hommes délaisseraient l’université et seraient privés des bons emplois de demain, selon un ex-recteur

Les hommes désertent les études universitaires, tournant ainsi le dos aux emplois payants de demain, s’inquiète l’ex-recteur de l’Université de Montréal, Robert Lacroix.

Durant sa carrière de plus de 50 ans dans le milieu universitaire, Robert Lacroix a vu peu à peu les hommes disparaître des cérémonies de collation des grades.

«Les emplois de demain vont relever d’une main-d’œuvre spécialisée et les hommes seront de moins en moins nombreux à pouvoir les exercer», résume au Journal l’ex-recteur et auteur de La sous-scolarisation des hommes et le choix de profession des femmes, qui paraît aujourd’hui aux Presses de l’Université de Montréal. 

Dans ce livre collectif, M, Lacroix rappelle qu'au cours des soixante-quinze dernières années, dans un grand nombre de pays industrialisés, trois phénomènes remarquables se sont produits dans le monde de l’éducation. D’abord, la diplomation universitaire des femmes a rattrapé celle des hommes pour ensuite, contre toute attente, la dépasser. Enfin, malgré ce rattrapage et ce renversement de tendance, les différences dans les choix disciplinaires et de profession des femmes et des hommes se sont cristallisées.

Retournement de situation

Avec 40 % des effectifs dans les universités québécoises, les hommes pourraient se retrouver dans la situation des femmes d’autrefois quand elles n’avaient pas accès aux études et qu’elles devaient se contenter d’emplois mal payés et sans possibilité d’avancement professionnel.

Alors que les bûcherons sont remplacés par des machines capables de débiter d’immenses arbres en quelques secondes et que les emplois dans les usines sont effectués par des robots, que restera-t-il aux gens qui ont quitté l’école après le secondaire, s’interroge M. Lacroix. 

Notons cependant que de nombreux emplois à col blancs pour lesquels on demande un diplôme sont également menacés par l'intelligence artificielle : la banque, l'assurance, le diagnostic en santé, la recherche documentaire dans le monde juridique, la gestion de portefeuille, le courtage, etc.

Déjà, trois emplois sur quatre exigent une formation postsecondaire, souligne l’économiste qui a dirigé l’UdeM de 1998 à 2005. Il faut, toutefois, se demander si ces diplômes sont vraiment toujours utiles : les rares journalistes de la presse écrite qui continuent de vivre de leur plume sont toutes diplômées, mais elles sont aussi devenues surnuméraires. Et sont-elles meilleures journalistes que les vieux de la vieille qui avaient appris le métier sur le tas ?  Les diplômées sont plus conformistes, plus progressistes certainement, mais sont-elles meilleures que leurs anciens ?

Dans ce livre écrit avec ses collègues économistes Claude Montmarquette (aujourd’hui décédé) et Catherine Haeck, auquel s’est joint Richard E. Tremblay, un expert du développement de l’enfant, M. Lacroix revient sur l’extraordinaire parcours des femmes dans la plupart des universités d’Occident. «En 30 ans, les femmes sont passées de 20 % des effectifs universitaires à une solide majorité. Au Québec, on parle de 62 %.»

Loin de dénoncer la scolarisation des femmes qu’il estime parfaitement justifiée, l’ex-recteur et ses collègues déplorent le décrochage masculin. Et que leur sort reste dans l’ombre.

«Nous avançons que la raison principale de cette quasi-indifférence est que les hommes ne semblent pas souffrir de cet écart, pour le moment.»  

 
L'avantage d'avoir un diplôme universitaire s'émousse sur le marché du travail

Agir tôt

Il faut s’attaquer aux difficultés d’apprentissage dès la petite enfance, croit l’ex-recteur. «On sait que les habitudes de lecture se prennent tôt dans la vie et que les différences s’observent même avant la naissance. C’est vers les milieux défavorisés des mères enceintes qu’on doit concentrer nos programmes d’intervention», soutient-il.

Robert Lacroix ne s’inquiète pas de voir les femmes délaisser le génie ou l’informatique. «Les femmes font des choix de carrière qui correspondent à leurs valeurs, leurs talents et leurs préférences. Si plus d’hommes se rendaient à l’université, on compterait chaque année 20 000 ingénieurs de plus au Canada.» 
 
Il ne resterait plus qu'à réindustrialiser le Québec alors... si les écologistes qui veulent sauver la planète le permettent.
 
Voir aussi
 
 
 

lundi 20 mars 2023

Universités — Québec paiera 1 millards de $ d’ici cinq ans pour angliciser Montréal


Un texte de Martin Maltais, Professeur en financement et politiques d’éducation, paru dans le Journal de Montréal.

Au cours des cinq prochaines années, on peut estimer que Québec consacrera près d’un milliard de dollars à l’anglicisation de Montréal.  

Seulement en 2022-2023, sur la base de la fréquentation universitaire de 2021-2022, près de 200 millions de dollars sont accordés en subvention à 3 universités anglophones (Tableau 1) pour que des étudiants de maîtrise et de doctorat non québécois, mais aussi des étudiants de 1er cycle non québécois «exemptés» contribuent à l’anglicisation de Montréal et du Québec.  

Comme je l’ai récemment écrit et dit sur différentes tribunes, je suis profondément convaincu que le destin du français est lié à celui de la science. Et ce destin, pour qu’il soit florissant, signifie que l’on doit d’abord cesser de subventionner un destin funeste.  


Davantage pour la recherche scientifique

Je tiens à être clair: j’aime nos universités anglophones et j’en suis fier. Je suis parfaitement d’accord à ce que des jeunes québécois fréquentent ces établissements et que nous en assumions une large partie des coûts. Je pense que c’est un enrichissement de pouvoir maîtriser plus d’une langue, particulièrement pour de jeunes adultes. Toutefois, lorsqu’il s’agit de personnes qui proviennent de l’extérieur du Québec, il est anormal que l’on accorde les mêmes frais et privilèges, peu importe la langue de fréquentation universitaire et, surtout, sans aucune contrepartie.

D’autant que concrètement, il s’agit de 200 millions de dollars par année qui permettent à des personnes de venir suivre un parcours essentiellement de 2e ou 3e cycle, en anglais, au Québec, aux frais des contribuables québécois. Ces personnes étudient en anglais, vivent en anglais. Cette activité contribue à angliciser Montréal et le Québec. Pourquoi ne pas prendre les mêmes ressources financières et les allouer exclusivement à une fréquentation en langue française? Ce serait plutôt l'occasion pour plutôt franciser davantage Montréal et surtout, la recherche scientifique au Québec! 

Gains rapides

Les emplois découlant des 2e et 3e cycles dépassent largement, et de plus du double, les «jobs payantes» souhaitées par le premier ministre. Alors, pourquoi les subventionner en anglais pour des non-Québécois? Ce chantier que je soumets permettrait de faire des gains rapides et à un coût nul pour la vitalité du français dans nos universités francophones à travers des parcours menant à des emplois payants: si la ministre de l’Enseignement supérieur et ses collègues concernés posent des gestes appropriés et rapides, bien sûr!  


samedi 18 mars 2023

Québec — avortement à 38 semaines de grossesse confirmé

Bébé né à 38 semaines de grossesse
Selon l’Institut national de santé publique du Québec, « Votre bébé sera considéré comme à terme à partir de 37 semaines et pourrait naître n’importe quel jour dans la période qui va de 37 à 42 semaines après votre dernière menstruation. » 

Les partisans pro-avortements aiment à dire que, malgré l’absence de limite à l’avortement au Canada, les avortements tardifs ne s’y pratiquent pas et que la question morale entourant ces avortements tardifs ne se pose pas. En effet, avant la Covid-19, le Québec envoyait les femmes enceintes au troisième trimestre aux États-Unis, puisqu’aucun médecin québécois ne voulait pratiquer ces avortements. Depuis, au Québec, une vingtaine de femmes se feraient avorter au troisième trimestre chaque année, soit après 23 semaines.

On vient  d’apprendre par la bande qu’une grossesse de 38 semaines a été avortée à Montréal. C’est en effet ce qui nous apprend un article du Journal de Montréal qui prétend que des partisans pro-choix auraient été « agressifs » au téléphone alors qu’ils appelaient l’hôpital où se pratiquait cet avortement, le mal nommé hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Le 1er février, des informations au sujet d’une femme enceinte de 38 semaines sur le point de subir un avortement à l’hôpital du Sacré-Cœur ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Le groupe pro-vie Campagne Québec-Vie (CQV) a donc envoyé un courriel à ses membres pour leur demander de prier pour que cet avortement n’ait pas lieu, a confirmé son président Georges Buscemi.  En soirée, plusieurs appels ont été reçus à l’hôpital. Selon les sources de la journaliste, des gens téléphonaient pour connaître le nom de la patiente, d’autres disaient vouloir adopter l’enfant. 

Le Journal de Montréal tente de justifier cet avortement au terme de la grossesse, alors que l’enfant est pleinement formé : « Ces histoires sont des drames humains. Toutes sortes de raisons poussent les patientes à faire ce choix (maladies, toxicomanie, violence, pauvreté, etc.) »

Dans une vidéo en ligne, une femme du groupe CQV dit avoir appelé à l’hôpital vers 18 h 30, et a réussi à parler à un employé du département d’obstétrique, qui lui a confirmé la procédure à venir.

« Elle m’a dit qu’effectivement c’était triste et que toute l’équipe aussi était triste de la situation, raconte Marie-Josée Rivest. J’étais sûre qu’elle allait mettre fin à l’appel, mais à ma grande surprise, elle ne l’a pas fait. » 

Mme Rivest a aussi demandé à l’employé de suggérer à la mère d’opter pour l’adoption, plutôt que l’avortement.

La journaliste ne se penche pas sur l’humanité de cette offre, sur la possibilité rendre légale cette adoption in extremis, non la gazetière s’inquiète plutôt que le public puisse être tenu au courant de ces avortements très tardifs alors que l’enfant à naître, à 38 semaines, est arrivé au terme de son développement intra-utérin. On comprend son inquiétude : comme nous l’apprend un sondage de 2020, la grande majorité des Québécois s'oppose à ces mises à mort de l’enfant à naître pratiquées pendant le troisième trimestre de grossesse.

Sondage 1er février 2020 : près de 66 % des Québécois sont opposés aux avortements tardifs et sélectifs

Il faut donc éviter que ce genre d’information ne s’ébruite et que le public ne réagisse. 

Pour ne pas faire son travail de journaliste, la folliculaire militante du Journal de Montréal invoque le secret : « Ce témoignage soulève des questions sur la confidentialité des dossiers médicaux. La direction du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal a refusé de dire si une enquête interne est en cours à ce sujet. “C’est un bris clair de confidentialité, réagit Me Patrick Ménard Martin, spécialisé en santé. C’est la sécurité même du patient et de l’équipe qui est remise en question.” 

Quant à la sécurité de l’enfant à naître tué alors qu’il était arrivé à terme… Motus.

Comment ce bébé complètement formé a-t-il été tué au fait ? Chut ! 

Voir aussi

Suisse : pas de dépénalisation de l’avortement (2023)

Affaire Gosnell : l’absence des médias autour d’un avortoir sanguinolent

La Chine veut réduire le nombre d’avortements réalisés “sans motifs médicaux” (2021)

Éric Zemmour : “Quand Joe Biden et le pape François jouent contre les évêques américains [lesquels condamnent l’avortement]”

Russie — aides aux familles, baisses des avortements, naissances en hausse en mars 2021

Sondage — Forte opposition au Québec et Canada aux avortements tardifs et sélectifs (2020)

La CAQ [dite conservatrice…] veut rapatrier les avortements tardifs jusqu’à présent pratiqués aux États-Unis (2020)

“Soin de santé” : ces femmes qui ont avorté à contrecœur

“Vérification des faits” par JdM : l’avortement est (et devrait continuer d’être ?) un soin de santé…

Belgique — 60 % des députés flamands contre l’allongement des délais de l’avortement à 18 semaines, 90 % des députés francophones pour (2019) [18 semaines… 20 semaines de moins que le bébé à naître tué à Montréal]

« Trop et trop vite » : des économistes mettent en garde contre la politique d'immigration libérale « pro-affaires »

La rhétorique du gouvernement ne correspond pas à la réalité en ce qui concerne les objectifs d’immigration plus élevés et les pénuries de main-d’œuvre, affirment trois économistes du travail. Pour ceux-ci, il faudrait envisager des mesures qui augmenteraient la prospérité économique par habitant plutôt que de viser une simple augmentation du produit national brut en termes absolus.

 
Mais Lisa Lalande (ci-contre), PDG de la Century Initiative, soutient que les économistes qui critiquent les objectifs plus élevés en matière d’immigration adoptent une « perspective très étroite » et devraient s’intéresser à d’autres mesures de la prospérité économique que le revenu par habitant.

Les trois économistes qui ont parlé au Hill Times ont déclaré qu’ils soutenaient l’immigration au Canada, mais pas la forte augmentation prévue de l’immigration économique. L'article a été publié le 16 mars, sa traduction suit.

La décision du gouvernement libéral d’admettre un nombre record d’immigrants pour combler une prétendue « pénurie de main-d’œuvre » a suscité des mises en garde de la part d’économistes ayant des années d’expérience dans l’étude de l’immigration au Canada.

Le gouvernement présente ce changement de politique comme un moyen de stimuler la croissance économique et « d’aider les entreprises à trouver des travailleurs ».

Or, selon les économistes interrogés par le Hill Times, rien ne prouve que le projet d’accueillir un demi-million de nouveaux résidents par an profitera au résident canadien moyen, même s’il pourrait aider les entreprises à la recherche d’une main-d’œuvre bon marché.

Les objectifs plus élevés en matière d’immigration — ainsi que l’augmentation du recours aux travailleurs étrangers temporaires et aux étudiants étrangers sous le gouvernement libéral — pourraient faire baisser les salaires des travailleurs les moins bien payés du pays, dont beaucoup sont des immigrants ou des réfugiés récents, selon eux.    

« En bref, les arguments avancés ne sont tout simplement pas étayés par les faits. Ce n’est même pas dans l’ordre des choses, ce n’est même pas proche », a déclaré Mikal Skuterud, économiste du travail à l’université de Waterloo et directeur du Forum canadien de l’économie du travail (Canadian Labour Economics Forum).

Le Hill Times s’est entretenu avec trois économistes ayant des dizaines d’années d’expérience dans la recherche sur l’immigration et l’économie du travail au Canada. Tous trois ont déclaré qu’ils ne pensaient pas que les mesures prises par le gouvernement pour augmenter ses objectifs en matière d’immigration et pour remédier à la « pénurie de main-d’œuvre » augmenteraient le PIB par habitant, une approximation du bien-être financier moyen de la population.

« Je pense que le gouvernement envisage d’en faire trop, trop vite », a déclaré Christopher Worswick, économiste du travail à l’université Carleton d’Ottawa, qui a publié de nombreux articles sur l’immigration et les revenus des immigrés.

Le pic d’immigration pourrait accroître l’inégalité des revenus


Le système d’immigration économique du Canada est censé donner la priorité aux candidats les plus qualifiés. En théorie, cela devrait permettre d’accueillir des immigrants ayant de meilleures compétences professionnelles et un meilleur potentiel de revenus que le résident canadien moyen, ce qui est censé augmenter la productivité de la main-d’œuvre et le PIB par habitant.

Cependant, la réalité est que les immigrants au Canada gagnent moins, en moyenne, que les travailleurs nés au Canada.

En 2016, les immigrants présents au Canada depuis dix ans gagnaient en moyenne 40 700 dollars, alors que la moyenne pour l’ensemble de la population était de 58 100 dollars, selon une étude réalisée en 2022 par Worswick, Skuterud et Matthew Doyle, économistes à l’université de Waterloo, qui ont utilisé des données de Statistique Canada.

Les immigrants économiques de cet échantillon gagnaient en fait un revenu supérieur à la moyenne de 62 500 dollars, mais leurs conjoints et les personnes à leur charge gagnaient beaucoup moins, ce qui faisait baisser la moyenne.

Aujourd’hui, certains signes indiquent que le gouvernement libéral pourrait aggraver le problème en s’apprêtant à abandonner le système de sélection des travailleurs hautement qualifiés pour répondre à la demande des employeurs qui recherchent des travailleurs moins qualifiés.

« Je m’inquiète beaucoup du langage utilisé par le gouvernement fédéral en ce qui concerne le niveau de compétence des immigrants », a déclaré M. Worswick.

Selon les économistes, ces signes comprennent les changements que le gouvernement va apporter à son programme d’entrée express, l’accent mis sur la résolution des soi-disant « pénuries de main-d’œuvre », l’augmentation des objectifs en matière d’immigration économique et une approche laxiste à l’égard du nombre croissant de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants étrangers.

Selon M. Worswick, l’augmentation du nombre d’immigrants admis impliquera de ratisser plus large parmi les candidats et de choisir des candidats dont les compétences professionnelles sont, en moyenne, moins rentables que celles des personnes qui seraient admises avec un objectif plus restreint.

« Vous faites venir des personnes qui contribueront moins en termes de PIB par habitant à la marge. S’ils se situent bien en dessous de la moyenne, vous aggravez probablement les inégalités salariales en les admettant plutôt qu’en ne les admettant pas », a déclaré M. Worswick.

David Green, professeur à l’école d’économie de l’université de Vancouver, critique également la décision du gouvernement d’augmenter l’immigration. Il a exposé ses arguments dans une tribune publiée dans le Globe and Mail en décembre, puis dans une interview accordée au Hill Times.

Le redressement commence par l'éducation et il ne s'agit pas de dépenser plus en éducation

Tiré d'un entretien entre le politologue Jérôme Fourquet et l'historien Pierre Vermeren paru dans Le Figaro du 10 mars 2023.

Pierre VERMEREN. - En tant que professeur, je pense qu’il faut commencer par le commencement, à savoir la formation et l’école. Il faut clairement repartir de zéro, parce que ce n’est pas avec des universités scientifiques vides et des classes prépa ingénieurs qui ferment à tour de bras, que l’on va réindustrialiser la France. De même, on ne sortira pas de la crise agricole sans ingénieurs agronomes en quantité. Le système scolaire est à bout de souffle, et non seulement on refuse d’y remédier, mais beaucoup le fuient. Bien des bourgeois envoient leurs enfants pour quelques trimestres dans des universités étrangères, exactement comme le font les Libanais, parce qu’ils imaginent que leur avenir ne sera probablement pas en France, mais loin de nos problèmes. Il faut faire en sorte que chaque élève acquière au moins un savoir minimum, ce que la IIIe République a très bien su faire avec infiniment moins de moyens. Cela suppose des exigences fermes dans le domaine de l’éducation: on en est très loin. À ce stade, le pays ne peut pas se relever en cinq ans, il faut voir sur le long terme. Ce sera l’affaire d’une ou deux générations, à condition de le vouloir. L’autre solution: le bateau ivre.

Jérôme FOURQUET . - Je suis tout à fait d’accord avec Pierre Vermeren, il faut partir des fondamentaux, c’est-à-dire l’éducation. Et il est nécessaire de poser un diagnostic général sur l’ensemble des secteurs en perdition. C’est un préalable nécessaire pour que des courants d’opinions et des responsables politiques s’emparent de ces sujets. Aujourd’hui tout le monde parle de la désindustrialisation, mais il faudrait que l’on comprenne vraiment quelle est la source du problème, et que des personnes décident d’y remédier. Si on veut être objectif vis-à-vis de nos dirigeants actuels, il est vrai que des mesures sur la politique de l’offre ont été prises, que ce soit par la baisse des impôts de production, ou le travail sur l’image de la compétitivité économique française, et ont porté quelques résultats encourageants. En effet, juste avant la crise du Covid, la balance entre les fermetures et les ouvertures des sites industriels était repassée dans le vert. Cela montre bien qu’on peut encore agir, mais il faut établir un constat lucide sur notre situation, avoir le courage d’affronter tous ces problèmes, et essayer de mobiliser le plus grand nombre des composantes de la société française dans un projet commun. Il y a quelques semaines, on a parlé dans l’actualité du cas d’un projet d’usine de pain brioché en Bretagne, qui se trouve confronté à une opposition des habitants. On voit donc que l’impératif de la réindustrialisation n’est pas encore partagé par tout le monde et que toute une partie des passagers du paquebot France n’a pas pleinement conscience que les cales se remplissent dangereusement d’eau.

vendredi 17 mars 2023

Québec — Roxham : ce n’est pas une crise de « réfugiés »

Un texte de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal.

Disons les choses clairement : ce n’est pas une vague de réfugiés qui traverse la frontière au chemin Roxham. C’est une vague massive d’immigrants illégaux, qui détournent le droit d’asile pour s’installer de force dans une société et bénéficier des avantages socio-économiques qu’elle offre. Un réfugié ne choisit pas sa destination en fonction des meilleurs avantages qu’elle propose pour s’y refaire une vie.

Roxham

Il se réfugie, le mot le dit, dans le pays sécuritaire le plus proche de chez lui, dans l’attente de repartir.

Si cet individu n’entend pas seulement trouver un refuge, mais changer de pays, ce qui se comprend et se respecte, évidemment, il doit respecter les procédures légales. Sans quoi, il y pénètre sans en avoir le droit et doit être refoulé à la frontière, puis retourné chez lui.

Évidemment, ce n’est pas du tout ce qui se produit en ce moment au Québec. Et Le Journal nous révélait cette semaine à quel point les autorités sont obligées de dépenser toujours plus pour ces migrants illégaux indifférents à nos lois.

Ils sont hébergés à l’hôtel. Ils seront pris en charge par les services sociaux. Ils créeront une pression de moins en moins soutenable sur les écoles et les hôpitaux. En fait, c’est déjà le cas.

On peut déjà se demander à quoi ressemblera Montréal cet été.

Verrons-nous les campements improvisés de migrants se multiplier, avec tous les problèmes sociaux qui accompagnent ces aménagements forcés de l’espace urbain?

Montréal

Le Québec, demain, pourrait connaître des problèmes semblables à ceux des pays européens.

Devant cela, évidemment, Ottawa ne fait rien: pire encore, il a institutionnalisé cette filière migratoire. Québec, de son côté, se contente de gérer un phénomène qui lui échappe et qui fragilise la cohésion sociale.

Les Québécois sont bafoués, mais qu’ils n’osent surtout pas le dire : on les traitera alors de racistes. Comme d’habitude.
 
[Joseph Facal s'interroge sur les coûts réels de cette immigration qui sont cachés:
 

Que sait-on exactement du rôle joué par la mégafirme de consultation McKinsey dans l’appareil fédéral?

Que sait-on des liens entre le gouvernement fédéral et Century Initiative, l’organisme de «charité» qui lui souffla dans l’oreille l’idée de doter le Canada d’une population de 100 millions d’habitants en 2100, d’où la hausse délirante des volumes d’immigration?

Que sait-on du coût réel des migrants arrivés par le chemin Roxham?

Il a fallu interroger l’Association des hôteliers pour apprendre qu’ils occupent 10 % de TOUTES les chambres d’hôtel dans la région métropolitaine! 10 %!

Voir aussi

Prof Michael Barutciski et le chemin Roxham : Trudeau ne comprend pas comment le droit international et national s'applique aux demandeurs d'asile [Ces gens qui veulent rentrer par Roxham peuvent être refoulés à la frontière]

Immigration irrégulière par Roxham — uniquement en aide de dernier recours, il en coûte 20 millions par mois à Québec 

Fonds publics américains utilisés pour amener des immigrants au chemin Roxham

Plus de 3000 migrants logés à l’hôtel à nos frais,  soit environ 10 % des 20 000 chambres de la région, selon l’Association hôtelière du Grand Montréal. Une vingtaine de ces hébergements de Montréal, Laval et la Rive-Sud sont pour les demandeurs du chemin Roxham.  Des sportifs se butent à des hôtels entièrement réservés par le fédéral pour les demandeurs d’asile, ce qui les oblige à changer leurs plans malgré la saison basse. «L’hôtelier est peut-être content de louer toutes ses chambres, mais moi, je ne peux pas accueillir personne quand il y a des tournois», regrette Andrée Bouchard, mairesse de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les participants doivent donc se tourner vers un hôtel en bordure de l’autoroute, ou encore se loger à Brossard, à 20 minutes de là, explique-t-elle. La facture pour héberger temporairement tous ces gens s’élève à plus de 90 M$ depuis l’élection de septembre 2021, selon des données obtenues par le quotidien Globe and Mail.