vendredi 10 janvier 2020

« National Assembly of Quebec » — le Québec officiellement bilingue

Le Québec prétend avoir une seule langue officielle : le français. Sauf que tout est accessible à la communauté historique anglophone (de plus en plus composée d’immigrants allophones en réalité) : les écoles, les cégeps, les universités, l'administration publique ("Press 9 for English"), les soins de santé avec un mégahôpital universitaire anglophone, les tribunaux, la presse, les lois, les dépliants publicitaires, la radio, la télévision, le marché du travail qui impose souvent l'anglais, etc.

Voici une jolie photo où une équipe ministérielle présente même un texte de loi en anglais en premier avec le titre de la National Assembly of Québec bien visible.



On comprend dans ces circonstances que les immigrants ne se sentent en rien obligés d’apprendre le français... Ils pourront l’apprendre s’ils le veulent. L'espagnol aussi, mais là à leurs frais. On comprend aussi que certains se disent qu’il vaut mieux étudier en anglais (le nombre d’inscrits au cégep en anglais ne fait que croître...).




Source


Québec — L'augmentation de la proportion du collégial anglais est continue

De deux billets de Frédéric Lacroix :

Voici une des conclusions phares du rapport quinquennal 2019 de l’OQLF [on la retrouve dans ce rapport de 2017 cité comme référence dans le rapport quinquennal] :

« Ainsi, même si n’encadre pas la langue d’enseignement au collégial, la Charte de la langue française, en réglementant la langue d’enseignement au primaire et secondaire, a pu favoriser le choix du français au collégial, autant chez les nouveaux inscrits de langue maternelle tierce qu’auprès de ceux qui ont le français comme langue maternelle ».

Le même rapport dit pourtant que ceux qui ont été scolarisés en français au secondaire faisaient le choix du collégial anglais au taux de 5 % en 1993. Ce taux était de 10 % en 2015, soit le double.

Il est clair que la Charte n’a pas les effets que l’OQLF lui assigne dans sa conclusion.

Mais ce n’est pas grave ; l’OQLF sait fort bien que la plupart des gens ne lisent que la conclusion. [En fait la plupart des journalistes qui eux ne relaient que ces conclusions.]

Ah, une autre chose ; le collégial anglophone en est rendu à 18,2 % du total des places au collégial en 2017. Il était de 16 % en 2010.



L’augmentation de la proportion du collégial anglais est continue.

Il loin d’être sûr qu’imposer la loi 101 au collégial, qui nous est présenté médiatiquement comme étant une mesure « radicale » (comprendre : mauvaise) sera suffisant pour sauver le français au Québec (personnellement, je pense que ce ne sera pas suffisant).

[Rappelons qu’en Belgique en Flandres, les universités, lycées, athénées et écoles françaises ont été fermés au XXe siècle malgré la présence d’une communauté historique nettement plus ancienne et enracinée que celles des Anglo-Montréalais. Rappelons que l’empereur Charles-Quint, né à Gand en 1500, a été éduqué en français... On observe l’usage du français littéraire à la cour de Flandre dès le milieu du XIIe siècle et l’emploi du français administratif a été également assez précoce dans les familles nobles des Flandres, avec des actes en français dès 1219. Le Québec n’a pas voulu suivre cet unilinguisme territorial, il lui en coûtera très cher.]

Mais une chose est sûre : sans elle, nous fonçons tout droit dans le mur. Et à grande vitesse.

Répartition de la fréquentation des cégeps à Montréal. Étudiants temps plein, inscrits au DEC. Formation préuniversitaire.



En 2021, le secteur de langue française sera devenu minoritaire.


% des places occupées par des anglophones dans les cégeps anglophones au préuniversitaire à Montréal.

Les anglophones [et assimilés de type canado-grecs, canado-italiens dont l’anglais est désormais la langue maternelle] sont minoritaires depuis 2001 dans leurs cégeps.

Un site internet pour progresser en labo de chimie

Quand innovation rime avec personnalisation des contenus pédagogiques et meilleures modalités de transmission.

« Peut-on se former au travail expérimental en chimie en s’installant face à un écran d’ordinateur plutôt que devant une paillasse de laboratoire ? De prime abord, l’idée peut surprendre. “J’entends et j’oublie, Je vois et je me souviens, Je fais et je comprends”, disait Confucius.



Si l’on se réfère à cette célèbre maxime, manipuler bain-marie et pipettes, balance, tubes et flacons semble bien plus évident pour qui veut progresser en sciences expérimentales que de consulter des vidéos ou des protocoles en ligne. Et il ne s’agit pas là de nier l’importance des séances de travaux pratiques.

À l’instar de Hofstein, Lagowski et Scheckler, nous sommes convaincues que l’expérimentation doit garder une place de choix dans les formations de chimie. Mais force est de constater que le temps dévolu à ces séances est de plus en plus limité dans les cursus, en partie pour des raisons financières et des contraintes de préparation.

Par ailleurs, les promotions de master sont de plus en plus diversifiées. Une tendance positive pour favoriser le dialogue entre les étudiants. Mais leurs bagages personnels sont différents, certains ayant beaucoup travaillé en laboratoire auparavant, d’autres non, ce qui suppose des rappels ou des mises à niveau.

Comment optimiser, dans ces conditions, le travail en laboratoire et rendre plus efficaces les échanges entre enseignants et apprenants ? Avec plusieurs enseignants issus de trois établissements de l’Université Paris-Saclay, nous avons décidé en 2014 de répondre à la question par le numérique, en concevant un site de ressources en ligne, Chimactiv.


Des usages personnalisés


Au départ, Chimactiv s’adressait à des cursus bien identifiés – ingénieur AgroParisTech, master Nutrition et Sciences des Aliments, master Chimie, pharmacien, master FESup (formation des enseignants pour le supérieur). Pour que les ressources puissent être partagées de l’un à l’autre, nous avons mis le site en accès libre.

Puis, au fil du développement, nous nous sommes aperçus que le public pouvait être bien plus vaste : Chimactiv couvre en effet un champ très large dans le domaine de l’analyse chimique, allant des notions fondamentales de niveau lycée jusqu’à des apports méthodologiques de niveau master avec des applications concrètes.

À travers une grande diversité de contenus — textes, photos, schémas interactifs, vidéos, diaporamas — dont certains sont téléchargeables, le site aborde cinq thèmes fondamentaux pour appréhender les séances expérimentales :
  • la sécurité dans un laboratoire de chimie
  • le B.A.BA des manipulations
  • l’analyse de médicaments
  • l’analyse d’aliments
  • la familiarisation avec les méthodologies expérimentales.

Il propose également des outils d’auto-évaluation (jeu-questionnaire et exercices) et reste interactif quel que soit le support de consultation (ordinateur, tablette ou téléphone intelligent), ce qui est un facteur d’attractivité.

Chaque enseignant peut librement organiser son scénario pédagogique et orienter ses élèves vers les ressources à consulter en amont de séances sur le modèle de la classe inversée. Il peut aussi s’appuyer sur ces ressources lors de cours, TD et TP, en les intégrant dans ses propres supports pédagogiques.

Quant aux étudiants, au-delà des instructions des enseignants, ils peuvent orienter leur navigation selon leurs besoins. Ainsi les étudiants peu familiers avec le laboratoire vont consulter les fiches relatives à la sécurité et la manipulation des produits chimiques à risque en amont des séances, alors que les étudiants ayant déjà de l’expérience s’abstiendront de cette consultation ou y passeront moins de temps.

De quoi arriver mieux préparés en laboratoire, comme l’ont déjà montré d’autres travaux sur la mise à disposition de ressources numériques, et donc alléger la charge cognitive qu’ils pourraient éprouver en séance expérimentale.

En ayant appréhendé en amont le protocole et les manipulations, ils se laissent en effet moins accaparer l’esprit par les tâches techniques — par exemple la préparation des dilutions si on leur demande de doser un composé dans un extrait — pour mieux se focaliser sur l’interprétation des résultats.

Ainsi, on évite que les participants se contentent d’un rôle de simples “exécuteurs de recettes de TP”. Le temps imparti à la pratique expérimentale augmente et les échanges en séance sont plus riches.

Vers une communauté en ligne ?


Les ressources sont également exploitées après des séances en laboratoire, pour aider à l’interprétation ou la valorisation des résultats (pour le tracé d’une droite d’étalonnage, ou la détermination de la concentration efficace d’un antioxydant par exemple).

L’utilisation en situation professionnelle est également observée comme l’illustre le témoignage d’une ancienne élève-ingénieur passée par le laboratoire de recherche d’une grande entreprise :
Je ne maîtrisais pas certaines techniques de laboratoire avant de commencer mon stage. J’ai donc consulté le site afin de comprendre et d’apprendre le fonctionnement des méthodes de chromatographies gazeuse, ionique, et de l’HPLC également. […] Et j’ai pu grâce à Chimactiv réviser les bases du “monde de la paillasse” que je n’avais plus eu l’occasion de fréquenter depuis plusieurs années.

Cet exemple signerait-il l’émergence d’une communauté d’utilisateurs plus large que le public initialement visé ? Sur les 228 répondants au questionnaire de satisfaction qui s’affiche sur le site, on constate que 7,5 % d’entre eux sont des professionnels hors enseignement travaillant en contrôle qualité, dans un service R&amp ; D ou au sein d’une unité de recherche.

Par ailleurs, si la réalisation du site a permis de fédérer une équipe interétablissements, Chimactiv est utilisé par des enseignants d’autres écoles et universités. Le but est de continuer à essaimer dans différents cursus, tout en se penchant de manière plus cadrée sur les usages du site et ses apports.

Dans cet objectif, Chimactiv fait partie des projets intégrés à la nouvelle chaire de recherche-action sur l’innovation pédagogique inaugurée par l’Université Paris-Saclay, afin de travailler main dans la main avec des chercheurs en sciences de l’éducation. »

Primé par le jury 2019 des Digital Learning Excellence Awards [C’est un prix franco-français, semble-t-il, malgré son titre en anglais...] dans la catégorie « éducation », le site Chimactiv, créé par une équipe plurielle, a bénéficié du soutien financier de l’Université Paris-Saclay (financements IDEX accordés lors des appels à projets « Former par le numérique » 2014, et « Initiatives pédagogiques – Transformer » 2016 et 2018).

Source : theconversation.com, « Innovation pédagogique, un site web pour progresser en labo de chimie ». Publié le 7/1/2020, par Valérie Camel et Marie-Noëlle Maillard. https://theconversation.com/innovation-pedagogique-un-site-web-pour-progresser-en-labo-de-chimie-120771

mardi 7 janvier 2020

Mathieu Bock-Côté : « Le progressisme ne tolère que lui-même »

Chronique de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro du 4 janvier 2020. À noter que, le même jour où paraissait cet article, le juge des référés ordonne la reprise de l’affichage de la campagne d’Alliance VITA par Mediatransports

La formule est désormais consacrée : la liberté d’expression ne serait pas celle de dire n’importe quoi. Reste à déterminer ce qu’est ce « n’importe quoi » et, surtout, qui peut le définir. L’espace public ne cesse de se rétrécir. Vu de l’étranger, par exemple, on ne peut que se demander quelle est la légitimité d’un organe comme le CSA, qui veille moins à l’éthique journalistique qu’à l’encadrement idéologique de la parole publique. Plusieurs de ses interventions, aussi ubuesques qu’orwelliennes, mériteraient d’être rassemblées dans une anthologie de la bêtise.

La campagne médiatique qui a révolté la mairesse de Paris, la socialiste Hidalgo
On refoule dans les marges ceux qui s’entêtent à ne pas célébrer l’esprit de l’époque. Dans une société démocratique normale, ils n’existeraient pas. On vient de le voir à nouveau avec l’étrange polémique entourant Alliance Vita, qui, dans les transports publics, faisait une campagne publicitaire anti-PMA et GPA, au nom de l’importance du père et de la mère. Cette campagne a scandalisé la Mairie de Paris. Anne Hidalgo l’a dit clairement : le point de vue exprimé par les affiches ne devrait pas être admis dans le domaine public. Il faudrait les retirer. Le progressisme est obligatoire.



La référence à la paternité et la maternité par Alliance Vita passe pour une provocation morbide. D’ailleurs, l’évolution du vocabulaire ne pousse-t-elle pas au remplacement de « père » et « mère » par « parent 1 » et « parent 2 » ? Hommes et femmes ne sont-ils pas appelés à s’effacer progressivement devant la fluidité identitaire, qui résisterait à son encadrement symbolique et juridique ? On ne naît plus homme ou femme : on se fait assigner un sexe à la naissance par un pouvoir médical encore marqué par la logique patriarcale. Chacun est appelé à s’en libérer. Qui ne voit pas le monde ainsi doit se taire.



En d’autres mots, ce qu’on appellera très imparfaitement le conservatisme n’a plus droit de cité. Il est réduit à une série de préjugés irrecevables. Lorsqu’il parvient néanmoins à se faire entendre, c’est que les mécanismes de régulation de la parole publique ont échoué. Normalement, une telle parole devrait être contenue dans les marges et ne pas rejoindre le commun des mortels, qui pourrait la croire alors normalisée. Les invariants anthropologiques ne doivent plus apparaître qu’à la manière des restes usés du monde d’hier. La promotion de la famille traditionnelle relève aujourd’hui du discours discriminatoire et haineux. Les gardiens de la révolution diversitaire ne rient pas.



Nulle surprise ici : le progressisme ne tolère pas qu’on ne voie pas le monde comme lui. Il s’offusque toutefois lorsqu’on lui reproche son fanatisme. Il se croit neutre. Il n’y aurait rien d’idéologique à faire la promotion du véganisme, du féminisme ou du multiculturalisme dans les transports publics. [Que dire de l’école nettement mieux maîtrisée par les progressistes et loin des yeux des parents !!!] On ne devrait y voir que des manifestations du progrès. En son temps, Herbert Marcuse avait théorisé la chose, en soutenant que la tolérance ne saurait valoir pour les idées contredisant les mouvements favorables à ce qu’il appelait l’émancipation. Aujourd’hui, une association étudiante nord-américaine explique que la liberté d’expression ne saurait justifier les discours « racistes, colonialistes, xénophobes, transphobes, homophobes, sexistes, misogynes, antiféministes, classistes ou capacitistes ».


Mais on aurait tort de croire que la censure s’appuie uniquement sur les pouvoirs publics. Les dernières semaines de 2019 ont été marquées par l’irruption dans l’actualité des Sleeping Giants, ces activistes numériques anonymes qui veulent priver de revenus publicitaires les médias permettant l’expression de pensées dissidentes. Ils misent sur la frilosité des annonceurs, toujours soucieux de ne pas faire de vagues et de ne pas attraper la « mauvaise réputation », en associant certaines entreprises de presse à la « haine ». Ils accusent ainsi de complicité phobique ceux qui s’y associeraient par la publicité.

Ils ont ainsi notamment eu pour cible Valeurs actuelles, accusé concrètement d’insoumission idéologique. C’est aussi dans cet esprit que certaines entreprises ont voulu, sans y parvenir, pousser les employeurs et commanditaires d’Éric Zemmour à se débarrasser de lui lors de la dernière campagne de diffamation massive le visant. Ces méthodes relèvent non seulement de l’intimidation commerciale, mais aussi du terrorisme intellectuel. On peinera à y voir autre chose qu’une tentative d’épuration idéologique témoignant d’une psychologie tyrannique.

Le progressisme rêve d’exercer un monopole sur le récit médiatique légitime et de contrôler toutes les représentations sociales admises dans l’espace public. On ne parlera du vieux monde que pour le maudire et on rêve ouvertement de mettre à mort socialement les nouveaux dissidents. Il ne nous est pas interdit de noter que le progressisme renoue dans l’enthousiasme avec sa tentation totalitaire. Comme si cela correspondait à sa nature.

Voir aussi

Colombie-Britannique — université annule conférence sur les violences antifa après menaces de violences par antifa

Le genre et l’université : une chape de plomb s’abat


Les jeunes filles d'origine asiatique, bonnes élèves du système éducatif français

Moins de redoublements, meilleur niveau scolaire, taux record de bacs généraux… Les enfants d’origine asiatique font mieux que les jeunes Français d’origine.

Les enfants d’origine asiatique sont les jeunes Français qui réussissent le mieux à l’école. C’est en tout cas ce qu’entend démontrer une étude de la sociologue du Cnam Yaël Brinbaum, parue en décembre 2019 et relayée par Le Figaro. Pour parvenir à ce résultat, elle a suivi un panel de 30 000 élèves entre 2007 et 2016, confrontant les résultats des enfants dont les parents sont nés en France avec ceux dont les deux parents sont nés à l’étranger.

Peu de réussite chez les descendants maghrébins, turcs et subsahariens

La prise en compte du sexe, en plus de l’origine migratoire, fournit quelques indications intéressantes. Ainsi, 92 % des jeunes filles d’origine asiatique obtiennent leur baccalauréat, contre 85 % chez les Français d’origine. Chez les garçons, 85 % des descendants d’Asiatiques ont leur bac, contre 75 % chez les jeunes Français d’origine. Autre indication, les garçons d’origine subsaharienne, maghrébine ou encore turque ont de grandes difficultés à obtenir leur baccalauréat, avec respectivement un taux de réussite de 61, 64 et 64 %. Les jeunes filles issues de ces régions font, elles mieux que les jeunes Français d’origine avec respectivement 84, 80 et 75 % de réussite. En revanche, elles obtiennent beaucoup moins de bacs généraux : – 15 points pour les filles d’immigrés maghrébins et — 22 points pour les filles originaires d’Afrique subsaharienne ou de Turquie.


Une différence d’éducation et de culture ?

Par ailleurs, les descendants d’immigrés asiatiques sont surreprésentés parmi les bacheliers scientifiques, rapporte l’étude, avec 36 % des filles et 42 % des garçons, contre seulement un quart des Français d’origine. A l’inverse les descendants d’immigrés subsahariens et turcs y sont minoritaires, avec 7 et 9 %. Pour deux connaisseurs des modèles éducatifs, Jean-Marie De Ketele et Bernard Hugonnier, cités par Le Figaro, ces différences s’expliquent par le culte de l’apprentissage par la répétition dans les pays asiatiques. Le travail y est également reconnu comme une valeur en soi et les élèves sont capables d’une forte persévérance dans l’effort. S’y ajoute une « forte pression exercée par les parents quant au travail scolaire, qui s’oppose à un certain laxisme occidental où l’objectif semble désormais de faire d’abord plaisir aux enfants », notaient-ils dans la Revue internationale d’éducation de Sèvres.

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Bobards — Incendies en Australie : cinq images qui ont trompé des milliers de personnes

Bon article de FranceTvInfo sur la manipulation d’images alors que, depuis le mois de septembre, l’Australie est en proie à d’importants feux de forêt. Si les dégâts sont bien réels (24 morts, huit millions d’hectares de végétation ravagés), ce n’est pas le cas de beaucoup d’images massivement partagées sur les réseaux sociaux. La cellule Vrai du Faux de franceinfo fait le point sur cinq photos qui ont trompé beaucoup de monde. Voir aussi L’Australie a-t-elle vraiment battu des records de chaleur ?

Ce kangourou qui fait un câlin

Parmi les « faux » qui circulent en ce moment au sujet des incendies en Australie, il y a cette photo, partagée plusieurs milliers de fois. On y voit un kangourou qui enlace une femme qui l’aurait prétendument sauvé des flammes.

Entre septembre et décembre 2019, cette photo a été partagée plusieurs milliers de fois sur les réseaux sociaux pour alerter sur la situation en Australie, en proie à de violents incendies. Elle date en réalité de 2016.  (CAPTURE D’ÉCRAN)


En réalité, cette photo est une capture d’écran d’une vidéo postée pour la première fois en octobre 2016, sur la page Facebook de « The Kangaroo Sanctuary », un refuge de kangourous australien. On y voit Abi, un kangourou orphelin visiblement très câlin, dans les bras d’une femme, probablement un membre du personnel du refuge. Rien à voir donc avec les incendies qui ravagent actuellement l’Australie.

Cette histoire de famille miraculée


Autre photo virale que l’on voit circuler au sujet des feux en Australie ces derniers jours : cette famille qui tente d’échapper aux flammes trouvant refuge dans l’eau.


Cette photo a été partagée de nombreuses fois au sujet des incendies qui ont ravagé l’Australie fin 2019. L’image date en réalité de janvier 2013. (CAPTURE D’ÉCRAN)

Les faits sont vrais sauf qu’ils remontent à janvier 2013. L’Australie avait à cette époque connu des températures extrêmes occasionnant de nombreux feux de forêt, comme ici en Tasmanie, dans le village de pêcheurs de Dunalley. La famille que l’on voit sur cette photo avait réussi à échapper aux flammes en se réfugiant dans l’eau.

Cette fillette avec un masque à gaz sur le visage et un koala dans les bras

Parmi les nombreux photomontages qui sont partagés comme étant de vraies photos, il y a celui-ci, montrant une petite fille devant un paysage en feu, avec un masque à gaz sur le visage et un koala dans les bras.



Compte Twitter @EnviriasCompte Twitter @Envirias (CAPTURE D’ÉCRAN)

Il s’agit en fait d’un photomontage réalisé par une photographe qui a voulu rendre hommage aux pompiers qui combattent actuellement les flammes en Australie. La photo est composée de plusieurs éléments (dont la fille de la photographe) ajoutés en postproduction, dont ce koala, pioché sur une banque d’images qui met à disposition divers fonds d’écran. L’autrice de ce montage a d’ailleurs mis à jour son billet Instagram pour insister sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une vraie photo : « Ce message est devenu viral. Prenez soin de mentionner qu’il s’agit d’un montage Photoshop (c’est pour cette raison que mon compte est connu », a-t-elle précisé sur son compte).


Cette vue du ciel au-dessus des flammes qui est en fait un coucher de soleil

Cette photo prétend avoir été prise au-dessus des nuages alors que les flammes séviraient en Australie juste en dessous. Cette photo a par ailleurs déjà été utilisée lors des incendies en Californie en août 2018.



Photo partagée par @miketomalaris sur Twitter le 5 janvier 2020. Elle est présentée comme ayant été prise au dessus des nuages pendant que l’Australie est ravagée par les incendies juste en dessous. (CAPTURE D’ÉCRAN)

Il s’agit en fait d’une photo aérienne prise le 22 juillet 2018 au-dessus de l’archipel d’Hawaï depuis un avion “volant en direction de l’île d’Oahu”, comme l’expliquait l’AFP dans cet article.

Cette photo satellitaire qui n’en est pas une

Les images satellites sont elles aussi très souvent détournées. Parmi elles, on trouve celle-ci, présentée comme étant une photo montrant l’ensemble des feux en cours en Australie.



Modélisation 3D réalisée par @anthony_hearsey (Instagram) et postée le 5 janvier 2020 sur son compte. (CAPTURE D’ÉCRAN)

C’est faux. Il s’agit en fait d’une modélisation 3D créée à partir d’un logiciel et non d’une photo. L’artiste qui en est à l’origine a compilé les données visuelles des incendies récoltées par la NASA (base de données FIRMS), entre le 5 décembre 2019 et le 5 janvier 2020. L’auteur de la data visualisation précise sur son compte : “L’échelle est un peu exagérée en raison de la lueur du rendu. Notez également que toutes les zones ne sont pas forcément encore en train de brûler”.

Voir aussi

Perspective : où y a-t-il des incendies aujourd’hui sur la Terre ? (août 2019)

L’Australie a-t-elle vraiment battu des records de chaleur ?




lundi 6 janvier 2020

Hongrie — vers un remboursement intégral de la fécondation in vitro

Pour stimuler sa population vieillissante, la Hongrie lance un « programme national pour la reproduction » visant à « soutenir financièrement les couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfants », 150 000 dans le pays. Le gouvernement souhaite stimuler le système de fécondation in vitro (FIV) et lutter contre l’infertilité.

À partir de juillet 2020, un régime de gratuité pour les FIV sera en place : les 30 % des 3300 euros restant à la charge des familles en traitement de PMA seront remboursés par la sécurité sociale. Par ailleurs, l’État va prendre le contrôle et assurer pendant 3 ans la gestion d’un certain nombre de cliniques privées qui s’occupent de fécondation in vitro. L’objectif étant de limiter rapidement les délais d’attente.


Ces mesures s’inscrivent dans une politique plus large visant à stimuler la natalité. En juillet dernier, un certain nombre d’avantages fiscaux ont été annoncés pour favoriser les familles.

Pour qu’en 2020, notre école ait 20/20 !

Les vœux d’Anne Coffinier, présidente d’ÉducFrance, pour 2020 :


C’est connu, notre système scolaire est mauvais élève. Pour qu’il obtienne 20/20… en 2020, il faut changer les choses en profondeur, et d’abord réintégrer l’école libre, c’est-à-dire sous contrat ou hors contrat dans le périmètre du débat éducatif. Ce qui n’est plus le cas depuis… 1984. Depuis, en effet, aucun homme politique n’ose se préoccuper officiellement de « l’école libre ».

Bien sûr, l’élite politique, de gauche comme de droite, scolarise ses enfants dans le privé. Mais c’est un péché honteux que l’on confesse péniblement. De l’école libre en France, on se méfie. Qu’elle gagne un élève aux dépens du public, et c’est « la République qui recule » ! Dans les discours, on l’accuse des maux les pires, du « prosélytisme religieux » au sélectivisme financier. Pourtant elle est rarement confessionnelle et guère plus chère que les écoles sous contrat des grandes villes. Plus de 60 % des Français voudraient y scolariser leurs enfants « s’ils le pouvaient ». Honte à eux ! Qu’on abolisse le peuple. Pour un Mélenchon, l’idéal serait même d’obtenir la fin du subventionnement par l’État de l’école privée sous contrat, au nom du dogme jamais réalisé dieu merci, « à école publique, argent public ; à école privée, argent privé ».

Alors, faisons en sorte que 2020 soit déjà l’année de la sortie de cette hypocrisie. Il revient aux hommes politiques attachés à nos libertés de se réemparer sans trembler du sujet de l’école libre. C’était une thématique de droite. Le meilleur moyen de servir efficacement l’égalité des chances : si l’on veut que tous les enfants réussissent, il faut qu’ils puissent choisir l’école qui leur convient au lieu de se voir infliger la même école pour tous. L’école publique a besoin de l’émulation des écoles libres pour avoir le courage de se réformer chaque fois que c’est nécessaire. Le niveau de l’école publique est d’ailleurs supérieur dans les départements où l’école privée est très développée, dans l’Ouest notamment. Nous avons collectivement besoin que des écoles vraiment libres se développent, qui soient des sentinelles du combat pour la résilience de l’excellence et de la civilisation françaises. Voilà qui peut passer par mille formes pédagogiques possibles, mais qui exige en revanche toujours une même cohérence éducative au niveau même de l’établissement, une vision commune, partagée par les responsables éducatifs et par les parents.

Le temps est aussi venu de relations plus apaisées entre l’État et la réalité vivante en forte expansion du monde des écoles vraiment libres. Que cette nouvelle année marque résolument la fin du primat de l’idéologie dans l’approche des questions scolaires. Non l’école publique n’est pas le bien par nature, quand l’école privée serait le mal relatif quant elle est sous contrat, et absolu quand est libre de tout contrat.

À l’heure où de plus en plus d’acteurs privés et publics cherchent à « tout changer » dans l’éducation, l’enseignement vraiment libre est porteur d’un potentiel de libération considérable pour l’école dans son ensemble. Utilisons-le sans tergiversations superflues. Voilà une bonne première bonne résolution pour l’année !

Anne Coffinier

Colombie-Britannique — université annule conférence sur les violences antifa après menaces de violences par antifa

À l’aube de 2020, l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) a encore du mal à trouver un équilibre entre la liberté d’expression et les risques de sécurité créés par les groupes dits antifascistes (antifa pour faire court) qui menacent de protester violemment contre les conférenciers auxquels ils s’opposent pour des raisons idéologiques.

Les « étudiants contre le sectarisme » vocifèrent contre des gens aux idées opposées aux leurs, pardon manifestent leur juste et sainte indignation contre des gens haineux et sectaires.
Le rédacteur en chef du Post Millennial, Andy Ngo, a vu son allocution annulée à l’Université de la Colombie-Britannique en raison de préoccupations sécuritaires et de la possibilité de violentes protestations de la part de groupes antifa. La présentation prévue de M. Ngo, ironiquement intitulée « Comprendre la violence antifa », devait avoir lieu le 29 janvier au Robson Square de l’UBC, au centre-ville de Vancouver.

Le Centre de défense des libertés constitutionnelles (JCCF), un groupe conservateur de défense des droits, a publié un communiqué de presse et une lettre de réclamation en bonne et due forme au nom du groupe d’étudiants du Cercle de la libre expression pour exiger que l’Université de la Colombie-Britannique reprogramme l’événement.

Selon la lettre, le  Cercle de la libre expression a reçu un appel téléphonique le 20 décembre de Ron Holton, chef des risques à l’Université de la Colombie-Britannique, qui déclarait : « [l] a raison de l’annulation est la préoccupation au sujet de la sécurité de notre communauté universitaire. » Le JCCF souligne qu’aucune préoccupation précise n’avait été mentionnée.

Le communiqué de presse indique que « le Cercle de la libre expression et l’UBC ont confirmé la réservation d’événements d’Andy Ngo avec un contrat en date du 25 novembre 2019 » et qu’ils avaient payé au campus des frais de réservation.

Dans sa réclamation, le JCCF affirme que l’annulation de l’événement « constitue une soumission  implicite au “véto du chahuteur”, ce qui ne pourra que pousser à davantage de menaces de la part de ceux qui s’opposent à la notion même de liberté d’expression. » Citant la « Déclaration sur la liberté universitaire » de l’Université de la Colombie-Britannique, la lettre, adressée au président de l’Université de la Colombie-Britannique, Santa Ono, menace d’intenter une action en justice contre l’université si l’événement n’est pas reprogrammé d’ici le 10 janvier 2020.

Normalement, lorsque la présence d’un conférencier suscite des inquiétudes sur le plan de la sécurité, que ce soit pour le conférencier ou pour les participants, on demande aux organisateurs de l’événement de payer des frais de sécurité supplémentaires. Ce montant est évalué par l’université. Les groupes qui organisent des manifestations n’ont jamais, à la connaissance du public, été tenus de payer des frais de sécurité. Dans ce cas-ci, l’événement a été annulé sans qu’on prévoie un plan de secours.

Un autre événement récent à l’Université de la Colombie-Britannique, mettant en vedette la critique féministe et professeure de littérature Janice Fiamengo, a été annulé puis reporté en raison de préoccupations liées à la violence et aux problèmes de maintien de l’ordre.

Les renseignements fournis au Post Millennial indiquent que Holton a informé Cercle de la libre expression que l’UBC attend de voir comment la conférence de Janice Fiamengo reportée au 15 janvier se déroulera avant d’approuver l’événement avec Andy Ngo.

La position publique de l’Université de la Colombie-Britannique sur la liberté d’expression à l’égard des orateurs dits « controversés » a été exprimée pour la dernière fois par le doyen en septembre, affirmant le principe selon lequel « des centaines d’années, les universités ont joué un rôle central en fournissant un forum où les idées peuvent être exprimées, débattues, et contestées, et où les participants peuvent acquérir une meilleure compréhension mutuelle. »

Andy Ngo a été victime de violentes attaques par le passé. Tant Antifa Vancouver que le groupe « Étudiants contre le sectarisme » de l’Université de la Colombie-Britannique ont affiché sur leurs pages Facebook publiques des messages encourageant d’autres attaques physiques sous forme de « laits frappés au béton », comme lorsqu’il avait été blessé à Portland, en Oregon.

Andy Ngo victime des « laits frappés » des « antifascites »

Laits frappés au béton et volonté d’exiler les « racistes » sur une île déserte


[…]

Andy Ngo a déclaré dans un communiqué de presse que « la réponse appropriée aux extrémistes violents qui menacent l’accès à l’information dans le monde universitaire est de ne pas céder à leurs demandes en annulant les conférences ». Il a ajouté : « Comme on le voit partout ailleurs, chercher à  apaiser les idéologues antifa ne fait que les encourager à redoubler d’efforts dans leurs revendications. Leur but est de faire taire l’opposition par la peur et l’intimidation. »

Le responsable principal de la gestion des risques pour l’université n’a pas répondu aux demandes de commentaires de la part du Post Millenial.

dimanche 5 janvier 2020

Le nouveau projet collectif des Occidentaux: disparaître sans laisser de trace

Sous couvert de vouloir diminuer notre empreinte carbone, l’idée même de laisser une trace de sa vie se trouve dévaluée dans les pays occidentaux, s’inquiète l’essayiste, Olivier Babeau dans le Figaro (extrait) :


La préoccupation environnementale prend aujourd’hui la forme du souci constant de minimiser son « empreinte ». Au-delà du carbone, ce sont plus généralement toutes les traces du passage des êtres humains sur terre qui sont vouées à disparaître, y compris celles qui ne sont pas une menace pour l’écosystème. C’est une nouveauté frappante de notre temps.

Dans l’Antiquité, il était essentiel pour chacun de laisser derrière soi des gens capables d’évoquer votre souvenir. On pensait que le mort conservait une forme d’existence aussi longtemps que quelqu’un se souvenait de lui. La recherche de la gloire était moins une vaine quête dictée par l’orgueil que le moyen très commode de devenir immortel. Tous les grands dirigeants, des pharaons aux présidents de notre République en passant par les rois, n’étaient préoccupés que de laisser les traces les plus éclatantes possible de leur règne ou de leur mandat. Le simple citoyen lui-même, autrefois, se rêvait bâtisseur. Il souhaitait, comme l’avait écrit le jeune Berlioz, « laisser sur la terre quelques traces de son existence ». Édifier une œuvre artistique en était le moyen. Proust aura écrit la sienne, on le sait, comme une « cathédrale de mots ». Les cathédrales, d’ailleurs, ne sont-elles pas aussi le produit du désir de leurs bâtisseurs d’envoyer à travers les siècles le témoignage de leur foi ? Laisser une trace, en bref, était la grande affaire des âges antérieurs. Il n’y avait rien de plus beau ni de plus enviable que de marquer son temps et la terre de son passage.

Le nouveau grand projet, c’est de ne pas en avoir. On revendique l’insignifiance. On « design » le rien. On organise le vide. À l’image, finalement, d’une époque qui ne croit plus depuis longtemps dans l’une de nos religions révélées, et qui a récemment perdu sa foi dans le bien-être matériel. Notre ferveur s’est réfugiée dans le culte de Gaïa. Un culte particulièrement naïf qui fantasme une dichotomie parfaite entre la nature et la culture. Il ignore que tant de choses dans notre environnement ont déjà été façonnées par des milliers d’années d’efforts humains : les paysages, les fruits (qui n’existaient pas à l’état naturel sous leur forme actuelle), les animaux (les chiens sont des loups sélectionnés)… Le culte de Mère Nature veut aussi ignorer tout ce que notre bien-être actuel doit à des milliers d’années d’effort pour contrecarrer la nature et s’abstraire de ses nécessités.

Le projet écologique est fondé sur une forme extrême de conception rousseauiste du monde : la société ne pervertit pas seulement l’homme, naturellement bon ; c’est l’homme lui-même qui pervertit la nature par sa seule existence. L’homme serait une sorte de virus sur terre, et toute trace humaine une forme de dépravation de la nature. Même les traces de pas sur la neige d’une montagne sont ainsi vécues comme une forme d’agression. Il s’agit d’ensauvager à présent ce monde que l’être humain a eu tant de mal à civiliser.

Le citoyen bien-pensant du XXIe siècle ne souhaite plus être conquérant de rien. Quand ils n’étaient pas des colonisateurs, les grands conquérants d’hier, pense-t-il, n’étaient après tout que des briseurs de l’harmonie originelle. Il culpabilise de tout ce qu’ont fait ses prédécesseurs et voudrait, presque littéralement, rentrer sous terre. Un bon citoyen, à la limite, est un citoyen mort qui n’encombre plus l’atmosphère avec sa respiration. La crémation ne suffit d’ailleurs plus : la dernière trouvaille est de proposer de transformer notre corps en compost. Une façon de s’excuser des nuisances de notre vie pour au moins gagner une utilité post mortem.

Que peut-il advenir d’une civilisation qui ne voit aucun objectif plus digne que de s’abolir ? Quelle force peut-il rester à une société qui rêve de s’éteindre en silence ? La volonté de supprimer l’empreinte n’est que le prolongement logique d’une volonté de nier l’héritage, ce générateur d’inégalités impossibles à compenser. Habités du fantasme puéril — et dangereux quand nous en avons les moyens technologiques d’omnipotence, nous ne voyons pas de paradoxe à vénérer la nature tout en affirmant que tout n’est que culture. Nous sommes entrés dans l’ère de la fluidité, qui prétend que tout se choisit. À l’individu sans racines ni attaches correspond une existence qui ne veut laisser nulle trace. Un individu interchangeable est jetable et recyclable. Une ride éphémère à la surface d’un lac. Un accident de l’Histoire réduit à l’état de note de bas de page dans le grand livre de la vie. Cette conception, notons-le néanmoins, semble circonscrite à un Occident las de trop de paix et de prospérité.