jeudi 12 décembre 2019

É.-U. — Taux de suicide des 10 à 14 ans a triplé au cours de la dernière décennie

Le taux de suicide chez les enfants âgés de 10 à 14 ans a presque triplé de 2007 à 2017, tandis que le taux de suicide chez les adolescents plus âgés a augmenté de 76 pour cent entre 2007 et 2017, selon de nouvelles données fédérales.

Selon un nouveau rapport du Centre national de statistique de la santé des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le taux de suicide chez les 10 à 24 ans a augmenté de 56 % au cours de la dernière décennie, alors que les décès violents (suicide et homicide) continuent d’être les principales causes de décès pour cette tranche d’âge.

En 2017, le suicide était la deuxième cause de décès chez les enfants âgés de 10 à 14 ans, les adolescents de 15 à 19 ans et les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans.

Entretemps, l’homicide se classait au troisième rang des causes de décès chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans et chez les adultes âgés de 20 à 24 ans, et la cinquième cause la plus fréquente chez les enfants âgés de 10 à 14 ans.

« Après une période stable de 2000 à 2007, les taux de suicide chez les 10-24 ans ont augmenté de 2007 à 2017, tandis que les taux d’homicides ont augmenté de 2014 à 2017 », explique le rapport.

« Le rythme d’augmentation du nombre de suicides a été plus élevé de 2013 à 2017 (7 % par année, en moyenne) qu’entre 2007 et 2013 (3 % par année) ».

Bien qu’il ait diminué de 2000 à 2007, le taux de suicide pour les enfants âgés de 10 à 14 ans a presque triplé entre 2007 (0,9 décès pour 100 000 personnes) à 2017 (2,5 décès pour 100 000 personnes).

Bien que stable de 2000 à 2007, le taux de suicide chez les adolescents américains âgés de 15 à 19 ans est passé de 6,7 pour 100 000 personnes en 2007 à 11,8 pour 100 000 personnes en 2017. Le rythme d’augmentation a été plus élevé de 2014 à 2017 avec une augmentation de 10 pour cent par an en moyenne.

« Non seulement le suicide tend-il à la hausse, mais le rythme d’augmentation s’accélère », a déclaré la coautrice du rapport, Sally Curtin, dans une interview accordée à NPR.

Les taux d’homicides chez les adolescents âgés de 15 à 19 ans ont diminué de 2007 à 2014, mais ont augmenté de 30 % pour atteindre 8,7 décès pour 100 000 personnes en 2017.

De 2000 à 2017, le taux de suicide chez les adultes âgés de 20 à 24 ans a augmenté de 36 %, passant de 12,5 décès pour 100 000 personnes à 17. Au cours de cette période, la plus forte augmentation (moyenne de 6 % par an) des homicides dans ce groupe d’âge s’est produite de 2013 à 2017.

Bien que le taux d’homicides chez les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans ait diminué de 24 % entre 2000 et 2014, il a augmenté de 15 % de 2014 à 2017 (12,1 décès pour 100 000 personnes).

Alex Crosby, médecin en chef au CDC, a déclaré à CBS News qu’il est impossible de distinguer un seul facteur qui pourrait être à l’origine de l’augmentation des décès violents chez les jeunes.

Colleen Carr, directrice de la National Action Alliance for Suicide Prevention, a déclaré à Medscape Medical News que davantage de recherche est nécessaire pour mieux comprendre les facteurs en jeu dans l’accélération des taux de suicide chez les jeunes et les jeunes adultes afin de renforcer les efforts de prévention.

« Il est important de reconnaître que le suicide n’est pas causé par un seul facteur, mais plutôt par une gamme de facteurs qui comprennent des problèmes de santé mentale, mais aussi par des facteurs situationnels importants que bon nombre d’entre nous connaîtront au cours d’une vie, y compris sociale, les problèmes physiques, émotionnels ou financiers », a déclaré M. Carr. Apparemment aucun problème « spirituel » ou métaphysique (à quoi bon, la vie n’a aucun sens) selon cet expert.

Glenn Thomas, directeur clinique des services communautaires pour la santé comportementale à l’hôpital pour enfants Nationwide dans l’Ohio, a déclaré à CBS Nouvelles que les taux de dépression ont augmenté d’une manière cohérente avec le taux de suicide.

Le suicide était la 10e cause de décès chez tous les Américains en 2017.


Espagne: la natalité à son plus bas niveau

Un total de 170 074 bébés ont vu le jour au premier semestre 2019 en Espagne, soit le niveau de natalité le plus bas enregistré dans le pays ibérique depuis 1941, indique, mercredi, l’Institut national de la statistique (INE). Le nombre des naissances a reculé de 11 292 bébés au premier semestre de l’année en cours, soit une baisse de 6,2 % par rapport à la même période de 2018, précise l’INE.

Naissance au premier semestre de chaque année (2011-2019)


En 2018, l’indice de fécondité en Espagne était de 1,26 enfant par femme (1,59 au Québec). Le taux de remplacement est fixé, rappelons-le, à 2,1 enfants par femme. La seule communauté autonome avec une fécondité supérieure à ce taux de remplacement est celle de Melilla, sur la côte marocaine.

Le chiffre des naissances de mères étrangères a représenté 21,5 % du total, contre 20,1 % l’an dernier. La natalité continue de diminuer pour la dixième année consécutive en Espagne, à l’exception de l’année 2014 qui a enregistré 427 595 naissances, soit 2 000 de plus qu’en 2013.

Concernant le nombre de décès, quelque 215 478 personnes sont mortes pendant le premier semestre 2019 dans ce pays ibérique, en baisse de 5,4 % par rapport au premier semestre 2018.

L’Espagne a enregistré ainsi un solde naturel négatif de 45 404 individus au cours des six premiers mois de 2019, soit un chiffre similaire à celui de l’année précédente, ce qui confirme la tendance négative affichée depuis 2015.



Affichette « C’est correct d’être blanc » cause expulsion d'un étudiant

Faculté de droit de l’Université d’Oklahoma City
Un étudiant à la faculté de droit de l’Université d’Oklahoma City a été expulsé après avoir distribué des affichettes sur le campus où l’on pouvait lire « Y a pas de mal à être blanc » ou « C’est correct d’être blanc ».

L’étudiant avait déjà été suspendu en octobre lorsque ces dépliants étaient apparus. Il a violé les termes de cette suspension en retournant sur le campus, a déclaré la police universitaire au journal local The Oklahoman. Un porte-parole de la faculté de droit a refusé mardi d’identifier l’étudiant expulsé, citant les lois fédérales sur la vie privée, mais l’université a publié une déclaration sur l’incident.

« L’université a mené une enquête auprès du département de la police d’Oklahoma City et a découvert que la personne responsable était un étudiant qui avait déjà suspendu pour avoir enfreint la politique scolaire », indique le communiqué. « L’étudiant impliqué a été expulsé pour avoir violé les termes de sa suspension. »

Selon la police du campus, rien ne permet de croire que l’étudiant expulsé présentait une menace physique pour l’université ou les étudiants.


« La raison pour laquelle vous examinez ce genre de choses est que vous voulez vous assurer que l’individu n’est pas une menace pour les autres étudiants », a déclaré le directeur de la police de l’Université d’Oklahoma City, Bill Citty, à The Oklahoman. « Il faut se pencher sur ce genre de problèmes potentiels ces jours-ci. Les gens s’inquiètent, les étudiants s’inquiètent, le personnel s’inquiète, les parents s’inquiètent. Vous devez vous en assurer. »

Les affichettes sont l’un des nombreux incidents liés à la race dans les facultés de droit ces dernières années. En octobre, le mot « Trump » et une croix gammée ont été peints à la bombe sur une entrée latérale de la fameuse faculté de droit de l’Université Yale. Ni l’école ni la police n’ont annoncé d’arrestation en lien avec ces graffitis anti-Trump. En 2015, des vandales ont placé du ruban adhésif noir sur les yeux des portraits de professeurs de droit noirs suspendus dans les couloirs de la faculté de droit de l’université Harvard. Les autorités n’ont jamais identifié les coupables.

Les dépliants sont apparus à l’extérieur et aux portes de facultés de droit d’Oklahoma City le 31 octobre. La police a rapidement commencé à rechercher « le coupable ». L’élève a été identifié par les administrateurs de la faculté de droit après avoir examiné les images de sécurité enregistrées ce soir-là. Une fois le dangereux coupable identifié, la police du campus a demandé à la police d’Oklahoma City de trouver et d’interroger l’étudiant, a rapporté The Oklahoman.

Afficher ces messages ne constituait pas un crime, ont constaté les enquêteurs. Cependant, le retour sur le campus pendant une suspension était un motif d’expulsion de l’étudiant. L’élève n’a pas été accusé d’intrusion.

À la suite de l’affichage des « Y a pas de mal à être blanc », le doyen de la faculté de droit Jim Roth a envoyé un message aux étudiants pour condamner ce message.

« Quoi qu’ait pu être les intentions de ce message, le message me rappelle une pensée à laquelle je sais notre communauté adhère : c’est correct d’être TOUT LE MONDE », indique la déclaration de Roth. « L’exclusion et la haine ne seront pas tolérées ici. Vous êtes accepté à la faculté de droit, peu importe comment vous priez, à quoi vous ressemblez ou qui vous aimez. Et vous le serez toujours. »

Cette acceptation n ne semble pas inclure les Blancs qui ne veulent plus être culpabilisés pour leur blanchitude...

Source

mercredi 11 décembre 2019

« À l’inverse des affaires de pédophilie dans l’Église catholique, les violences sexuelles en milieu sportif restent peu médiatisées »

Après huit mois d’enquête dans le milieu sportif, Disclose dévoile 77 affaires marquées par des dysfonctionnements graves. Révélations sur une faillite du monde du sport qui a fait au moins 276 victimes, la plupart âgées de moins de 15 ans au moment des faits.

Des rêves de podium brisés. De jeunes athlètes murés dans le silence. Des enfants traumatisés, n’osant plus courir, nager ou combattre. Des centaines de victimes démunies face à l’omerta, au déni et à l’ignorance de la grande famille du sport. Pendant huit mois, Disclose a enquêté sur les violences sexuelles en milieu sportif.

Cette plongée inédite dans le monde fermé des clubs amateurs et professionnels démontre la faillite de tout un système, des associations sportives aux fédérations, jusqu’aux services de l’État. De 1970 à nos jours, notre enquête révèle que 77 affaires ont été marquées par des dysfonctionnements majeurs. Football, gymnastique, équitation, athlétisme, mais aussi tir à l’arc, patins ou échecs… 28 disciplines sportives sont concernées.

[…] Parmi les failles mises au jour : l’absence de contrôle des éducateurs bénévoles, le maintien en poste d’encadrants sous le coup d’une procédure judiciaire ou déjà condamnés, le défaut de suivi sociojudiciaire et l’inaction de dirigeants ayant choisi d’étouffer le scandale plutôt que défendre l’intégrité de leurs licenciés. Au mépris des lois françaises.

La récidive. L’enquête révèle un premier chiffre alarmant, mettant directement en cause le suivi judiciaire des délinquants sexuels. D’après nos données, près d’une affaire d’infractions sexuelles sur deux est un cas de récidive. Par récidive, nous entendons une répétition de faits à caractère sexuel, dans sa définition courante et non juridique. […]

Le maintien en poste. Deuxième donnée inquiétante : dans 77 % des cas recensés, l’agresseur a soit poursuivi son activité malgré une procédure judiciaire en cours, soit retrouvé un poste dans le milieu sportif après une condamnation pour une infraction à caractère sexuel. Une situation qui augmente le péril de la récidive et fait courir des risques aux jeunes sportifs. Pourtant, un article de loi stipule précisément qu’une personne condamnée pour un crime ou un délit à caractère sexuel ne peut entraîner des athlètes ou encadrer une activité sportive. Il s’agit de l’article 212-9 du code du sport, un ensemble de lois et décrets applicables au domaine du sport. […]

Le soutien donné à l’agresseur. Dans 18 affaires, le club, la fédération, la collectivité locale ou l’institution scolaire ont pris fait et cause pour l’agresseur. Une défense souvent accompagnée d’un mépris pour la parole des victimes, voire de tentatives d’intimidation. Des condamnations pour des faits de violences sexuelles ou des décisions de justice ont parfois été remises en cause, certains soutiens allant même jusqu’à invoquer l’erreur judiciaire.

La négligence de signaux forts. Enfin, dans une dernière catégorie, nous avons recensé neuf affaires où des alertes, pas toujours de nature à être caractérisées sur le plan pénal, ont été prises à la légère avant que l’éducateur ne commette des agressions. Par exemple, un entraîneur passant la nuit seul dans une chambre avec un athlète. Ou un autre ayant pour habitude de prendre sa douche, nu, au milieu de ses élèves. Dans ces cas-là, les professionnels de la protection de l’enfance — brigade des mineurs et associations contre les violences sexuelles — recommandent d’alerter les autorités.

La justice. Dans 53 % des cas, les défaillances viennent de la justice. Avec des situations qui interpellent : comment se fait-il qu’une personne condamnée pour une infraction sexuelle sur mineur ne fasse pas systématiquement l’objet d’une interdiction d’exercer auprès d’enfants ? Pourquoi le suivi sociojudiciaire ne dure-t-il parfois que quelques années ? Quels critères conduisent à ce qu’une condamnation pour des délits ou crimes sexuels disparaisse des différents extraits du casier judiciaire ?

Les clubs et les fédérations. Viennent ensuite les clubs, à l’origine de dysfonctionnements dans 35 % des cas. Notre enquête révèle que les informations ne remontent pas toujours jusqu’aux fédérations, la préfecture ou la justice, souvent par volonté de protéger le club d’un scandale. […]

L’entourage des victimes. Il arrive aussi que les familles des victimes elles-mêmes éprouvent une réticence à parler. La reconnaissance et l’attachement à l’égard de l’entraîneur peuvent être des freins à la dénonciation. « Dans l’Église, on parle d’une emprise morale, mais c’est pareil dans le sport », souligne Marie Mercier, rapporteuse de la mission d’information sur les infractions sexuelles sur mineurs mise en place par le Sénat en 2019.

Les autorités. À l’inverse des affaires de pédophilie dans l’Église catholique, les violences sexuelles en milieu sportif restent peu médiatisées en France.

Le Télégramme

Faux autochtones et aborigènes, mais vrais opportunistes

Au Canada, selon plusieurs chefs autochtones, de plus en plus de personnes se font frauduleusement passer pour des membres de leurs communautés, ce qui les inquiète et les choque.

Ce fait ne semble pas limité au Canada, on a ainsi vu la candidate démocrate Elizabeth Warren qu’elle était d’origine amérindienne. Des tests ADN qu’elle a elle-même présentés suggèrent plutôt qu’elle pourrait avoir 1/1024 de sang indien (si tant est que les tests sont fiables à un si petit pourcentage), moins que la moyenne des Américains. L’université Harvard avait inscrit Warren comme Amérindienne dans ses formulaires fédéraux relatifs aux politiques de discrimination positive de 1995 à 2004. Dans une interview, Elizabeth Warren a déclaré qu’elle avait l’intention de présenter des excuses pour s’être étiquetée comme amérindienne à l’Université de Pennsylvanie et à l’Université de Harvard. Elle a donné la même réponse lorsqu’on lui a demandé si cela incluait le fait qu’elle avait déclaré être membre d’une minorité dans le répertoire de l’Association of American Law Schools.

Bruce Pascoe (photographié)
dénoncé dans la presse australienne
En Australie, l’auteur à succès Bruce Pascoe prétend aussi être en partie aborigène. Il est surtout connu pour son ouvrage Dark emu : Black seeds: agriculture or accident ? « qui réexamine les récits coloniaux des peuples autochtones en Australie et cite des preuves des débuts de l’agriculture, de l’ingénierie et de la construction de bâtiments ». L’ennui c’est que les sources qu’il cite dans son ouvrage — quand elles existent vraiment — affirment plutôt l’inverse. En outre son ascendance aborigène, sur lequel il insiste beaucoup, est sérieusement mise en doute. Voir Dark Emu Exposed qui confronte les affirmations de son livre avec les sources que Pascoe cite. Sur sa généalogie voir Is Bruce Pascoe an Aboriginal man ?. « Pascoe n’a pas d'ascendance aborigène et ses prétentions sont absurdes », a déclaré Michael Mansell via le Tasmanian Aboriginal Land Council, concernant la revendication de Pascoe quant à son héritage aborigène. « Nous n’acceptons pas du tout que M. Pascoe possède des ancêtres Boonwurrung », a déclaré Jason Briggs au nom du Conseil Boonwurrung. Il est allé plus loin pour dire que Pascoe « devrait parler de sa véritable ascendance et cesser de tromper et de bénéficier de l’intégrité culturelle de notre communauté ».

Le diffuseur public australien (ABC) a tourné un documentaire en deux parties basé le livre primé de Pascoe, Dark Emu. Il sera bientôt diffusé. Selon celui-ci, contrairement aux sources européennes, les Aborigènes n’étaient pas des chasseurs-cueilleurs primitifs, mais des agriculteurs perfectionnés avec une « industrie agricole » — des champs labourés, de grands villages et d’immenses greniers aériens. Tout cela réduit à néant par des hommes méchants aussi blancs que, euh, le visage de Bruce Pascoe. C’est le genre de sanglot de l’homme blanc que les progressistes « éveillés » adorent ces jours-ci. Pascoe a donc reçu le prix du Premier ministre de la Nouvelle-Galles-du-Sud pour le livre de l’année et un autre du meilleur écrivain aborigène. Le Conseil australien lui a décerné un prix pour l’ensemble de ses réalisations. Il a même été nommé professeur à la faculté indigène de l’Université de technologie de Sydney.

Les preuves que les Aborigènes étaient en fait des agriculteurs rassemblées par Pascoe sont pour le moins douteuses. Pascoe a ainsi affirmé que l’explorateur Thomas Mitchell a écrit qu’il avait « une fois parcouru neuf milles de céréales arrimés » — des gerbes de grains coupées et entassées pour les faire sécher. En fait, Mitchell, dans son Journal of an Expedition Into the Interior of Tropical Australia de 1848, écrivait qu’il avait « compté neuf milles le long de la rivière pendant lesquels nous avons traversé une plaine herbeuse qui atteignait la sangle de nos selles », et que « des tas secs de cette herbe, qu’on avait arrachée expressément dans le but d’en récolter les graines, gisaient sur notre chemin sur plusieurs kilomètres ». Pour le journaliste Andrew Bolt dans le Herald Sun, Pascoe cite mal ses sources. La prairie faisait neuf milles. Les « épis arrimés » n’étaient que des tas d’herbe qui jonchaient le parcours, comme on peut s’y attendre de la part des chasseurs-cueilleurs. Andrew Bolt lui a posé des questions à ce sujet, mais n’a obtenu aucune réponse sur ces interprétations « osées » des sources historiques. Pas plus que lorsque Andrew Bolt l’a confronté aux archives officielles sur ses aïeuls en Australie, tous Anglo-saxons sur plus de trois générations.


Andrew Bolt (en anglais) sur la généalogie de Bruce Pascoe et comment les médias (surtout ABC) le couvrent.

Entretemps, au Québec...

En entrevue, Raphaël Picard, ex-chef de la communauté montagnaise de Pessamit, au Québec, dénonce les Indian Lovers déconnectés de la réalité du terrain. Les faux Autochtones sont-ils en train de se multiplier au pays de l’érable ?

Le 5 novembre dernier, les Canadiens ont appris que la toute première élue autochtone de la Ville de Montréal était loin de l’être réellement... En août 2018, la mairesse de cette ville, Valérie Plante, avait confié à Marie-Josée Parent le prestigieux dossier de la réconciliation avec les Premières Nations. Mme Parent a toutefois été forcée de se retirer du dossier après que deux historiens aient révélé qu’aucun ancêtre amérindien ne figurait dans son arbre généalogique. Dans leurs recherches, ces derniers ont remonté jusqu’au XVIIe siècle pour en venir à cette conclusion catégorique. « J’ai été élevée dans cette culture, avec ces valeurs et cette vision du monde. [...] Nos identités à moi et ma sœur vont au-delà d’un arbre généalogique », s’est défendue la principale intéressée dans une entrevue accordée à Radio Canada.

Faux Autochtones au Canada : pour un grand chef, « ça frise l’escroquerie ou la fraude ». Raphaël Picard est l’un de ces leaders amérindiens pour qui le récent phénomène des faux Autochtones représente une menace pour la survie même des Premières Nations. M. Picard a été chef (2002-2012) de la communauté montagnaise de Pessamit, sur la Côte-Nord du Québec. Paru en septembre dernier, son dernier ouvrage, Nutshimit, est un roman ethnographique consacré à l’imaginaire de son peuple. « Certaines personnes voudraient implanter une nouvelle manière de définir qui est Autochtone. Pourtant, la Loi fédérale sur les Indiens le définit déjà. Il y a des critères et l’origine ethnique en fait partie [...] Certaines personnes qui travaillent avec les Amérindiens développent un sentiment d’appartenance envers eux. Des gens finissent par s’autodésigner Autochtones, comme Marie-Josée Parent. C’est un problème. Concrètement, nous ne sommes pas des sociétés ouvertes », souligne d’entrée de jeu M. Picard à notre micro. Le 28 novembre dernier, M. Picard a publié une lettre sur le site de Radio Canada critiquant ces « Indian Lovers qui décident et agissent au nom des Premières Nations ». Dans cette lettre, l’ex-chef distingue les Amérindiens vivant sur leurs territoires d’une certaine diaspora autochtone urbaine, qu’il juge déconnectée de la réalité du terrain. Questionné à ce sujet par Spoutnik, M. Picard a tenu à redire son indignation : « Ce qui se passe à Montréal est injuste et anormal. Il y a des gens qui n’ont jamais vécu dans des communautés autochtones et qui prennent des décisions en notre nom, souvent par opportunisme. Ces orientations ont des répercussions importantes sur nos communautés, mais sont prises sans que nous soyons consultés », s’indigne-t-il. Raphaël Picard considère que les enjeux affectant les Autochtones en région sont trop grands pour qu’ils soient confiés à des organismes sans véritable lien avec le terrain. De fait, une majorité de communautés autochtones souffre de nombreux problèmes sociaux que les pouvoirs publics ont beaucoup de mal à enrayer. Pauvreté, manques de ressources en tout genre, alcoolisme, toxicomanie et inceste sont quelques-uns des plus graves problèmes recensés.

 « C’est une question de représentativité. Nous ne pouvons pas accepter que des gens méconnaissant notre réalité gèrent des organismes en notre nom. [...] À Montréal, il y a deux types de personnes. Premièrement, il y a les vrais Autochtones — les Indiens inscrits —, que nous respectons. Mais deuxièmement, il y a ces Indian Lovers, des gens qui disent aimer les Indiens... Ces gens essaient de se mêler à la diaspora autochtone de Montréal pour faire avancer leurs propres intérêts », dénonce le chef montagnais. Intellectuel engagé, Raphaël Picard estime même que le grand projet de réconciliation des Autochtones avec les Canadiens d’origine européenne est un leurre. Depuis son arrivée au pouvoir en 2015, le Premier ministre Justin Trudeau a d’ailleurs beaucoup insisté sur l’importance de revaloriser l’apport des Premières Nations. « L’une des causes de cette déconnexion entre les élites urbaines et la réalité autochtone sur les réserves est le projet de réconciliation. La réconciliation est utilisée à toutes les sauces par des personnes qui veulent obtenir des subventions ou des avantages. Nous ne voyons jamais la couleur de cet argent sur nos territoires. En Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, la réconciliation a été un énorme piège. Le Canada n’échappe pas à cette imposture », poursuit-il. Faute d’un rapide changement d’approche, M. Picard estime enfin que le phénomène des faux Autochtones est appelé à s’amplifier dans les prochaines années. Il s’inquiète aussi beaucoup pour l’avenir de son peuple : « La mondialisation a un effet pervers sur nos communautés. D’ailleurs, le multiculturalisme ne fait pas l’unanimité parmi nous, car il sert à noyer les minorités comme la nôtre [...] Que fera-t-on de nos langues ? Si on ne fait pas quelque chose, d’ici quelques années plus personne ne les parlera », a tristement conclu l’ancien chef de Pessamit.


Voir aussi

Québec laïc — Le pont Samuel-de-Champlain bénit par un aîné amérindien

« Nos ancêtres, les Amérindiens »

Histoire — Montréal n’est pas un territoire agnier (« mohawk ») occupé

Les habitants de Montréal à l’arrivée des Français parlaient-ils agnier (mohawk) ?

Repentance permanente — Les manipulateurs de l’histoire québécoise sont parmi nous

Multiculturalisme : un groupe autochtone canadien en accuse un autre d’appropriation culturelle

Québec — Comment on aseptise notre histoire

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Proportion des pages consacrées aux différentes cultures religieuses dans deux manuels d’ECR du 1er cycle primaire

« Notre » patrimoine religieux autochtone

ECR — obsession pour les Amérindiens censément écologistes

Le faux « sang indien » des Québécois

Cérémonie, prière, danse sacrées dans une école laïque publique

Partialité idéologique de la juge en chef de la Cour d'appel du Québec (m-à-j)

Nouvelle plainte contre Mme Duval Hesler — Inventer un droit nouveau

La juge Duval-Hesler avec le conférencier Robert Leckey
à l’Association de juristes Lord Reading, le 24 septembre 2019
On apprend par ailleurs que la juge Duval Hesler fait l’objet d’une nouvelle plainte pour ses actions en marge de la contestation de la loi 21. L’Association Lord Reading a reçu, le 24 septembre dernier, le doyen de la Faculté de droit de l’université McGill, Robert Leckey, pour une conférence dont le titre était Advocacy Notwithstanding the Notwithstanding Clause (Plaider nonobstant la clause dérogatoire). « Ses propos sont un véritable mode d’emploi pour les juristes et autres partisans du gouvernement des juges qui souhaitent invalider la loi 21 malgré la clause dérogatoire et en dépit du fait que cette législation ait été votée démocratiquement par l’Assemblée nationale du Québec », explique Frédéric Bastien, qui a fourni au journal Métro une exemplaire de l’allocation de M. Leckey.

« Pour arriver à ses fins, M. Leckey propose ni plus ni moins d’inventer de toute pièce du droit nouveau », s’inquiète le professeur. Nicole Duval Hesler était alors dans l’assistance. Elle se trouve dans les photos de l’événement affichées sur la page Facebook de l’association. L’ancien député bloquiste Yves Rocheleau a porté plainte au Conseil canadien de la magistrature en lien avec sa présence.

En entrevue à Métro, M. Bastien souligne que la juge a le droit de s’informer concernant les arguments pour et contre la loi 21. Mais sa présence physique à une telle conférence porte atteinte à son apparence de neutralité, selon lui. Rappelons que des dizaines de plaintes ont déjà été déposées contre la magistrate, notamment pour ses commentaires au Procureur général du Québec, Me Éric Cantin, lors de l’audience sur la suspension de la loi 21. « Qui souffre davantage, les allergies visuelles de certains, ou les enseignantes qui perdent la possibilité de s’engager dans la profession qu’elles ont choisi ? » avait-elle demandé.

Soupçons de partialité du juge Nicholas Kasirer de la Cour suprême du Canada

Lors de la nomination de Nicholas Kasirer à la Cour suprême du Canada l’été dernier, l’Association de juristes Lord Reading s’est réjouie sur Twitter en diffusant le message suivant le 11 juillet 2019 : « The Society is thrilled at the nomination of our member, past speaker and good friend the Honourable Nicholas Kasirer to the Supreme Court of Canada. We know he will serve this country brilliantly! ». (« La Société est ravie de la nomination de notre membre, ancien président et bon ami l’honorable Nicholas Kasirer à la Cour suprême du Canada. Nous savons qu’il servira ce pays avec brio ! ») L’association Lord Reading avait déjà, à ce stade, présenté un mémoire contre la loi 21 en commission parlementaire. Depuis, elle s’est jointe à la contestation de ladite loi devant les tribunaux.

Pour l’historien Frédéric Bastien, la Cour suprême doit aussi clarifier le rôle que jouerait le juge Kasirer si, selon toute vraisemblance, la contestation de la loi 21 se rend en Cour suprême, ce qui pourrait arriver rapidement sur la question de la suspension de la loi et ce qui pourrait arriver plus tard sur la question du fond. Les liens entre le juge Kasirer et Lord Reading le mettent dans une position délicate pour entendre cette cause. Le juge Kasirer devait présenter la juge Duval-Hesler dans une conférence qu’elle devait donner le 10 décembre 2019 à Lord Reading et qui a été reportée. Cette organisation est au front contre la loi 21.



Billet originel du 6 décembre

Adoptée en juin 2019, la nouvelle Loi québécoise sur la laïcité de l’État (loi 21) doit maintenant passer le test des tribunaux. Mais voilà que la juge chargée d’examiner la loi est accusée de partialité.

Spoutnik a fait le point avec le plaignant, l’historien Frédéric Bastien, et Guillaume Rousseau, l’un des architectes de cette loi controversée.


C’est un rebondissement majeur dans le duel épique que se livrent partisans canadiens de la laïcité et du multiculturalisme au Québec. Conseiller du Premier ministre québécois sur la laïcité : « la question nationaliste revient ».

Le 1er décembre dernier, l’historien réputé Frédéric Bastien a déposé une plainte au Conseil canadien de la magistrature en lien avec la nouvelle Loi québécoise sur la laïcité de l’État. Selon lui, le juge chargé d’entendre la requête d’opposants à la loi ne serait pas impartial dans ce dossier. La juge en chef Nicole Duval Hesler doit prochainement rendre une décision concernant la suspension éventuelle de cette loi qui interdit le port de signes religieux aux juges, policiers, gardiens de prison et enseignants.

« J’ai porté plainte jeudi au Conseil canadien de la magistrature contre la juge en chef de la Cour d’appel du Québec, Mme Nicole Duval Hesler, dans la cause en appel qu’elle entend sur la suspension de la loi 21. La juge en chef a manqué à son devoir de réserve pour plusieurs raisons et elle devrait se récuser », a écrit l’historien et professeur au collège Dawson de Montréal sur sa page Facebook.

La juge Duval Hesler ferait preuve de « militantisme juridique », estime-t-il, ce qui le rendrait inapte à se prononcer sur la loi. « Mme Duval Hesler est une juge militante. C’est quelqu’un qui fait de l’activisme juridique en raison de son adhésion au multiculturalisme et de son rejet de la laïcité. D’ailleurs, presque tous les juges fédéraux au Canada partagent cette même vision, étant tous nommés par le gouvernement fédéral. Le jupon dépasse beaucoup... Elle viole son devoir de réserve », a tranché M. Bastien au micro de Spoutnik.

Professeur de droit à l’Université de Sherbrooke et ex-conseiller du gouvernement Legault sur la laïcité, Guillaume Rousseau estime que des questions soulevées par son collègue sont légitimes. M. Rousseau est l’un des architectes de la loi 21 et en publiera prochainement une version annotée. Selon lui, le fait que le juge en chef ait plusieurs fois exprimé son désaccord avec la laïcité est matière à réflexion. Les principes de déontologie judiciaire déconseillent fortement à un juge d’exprimer publiquement des opinions politiques, rappelle-t-il. ​Pourtant, dans un texte juridique publié en 2011, Mme Duval Hesler écrivait que le multiculturalisme était un phénomène inéluctable qu’il était vain de remettre en cause. Rappelons que le multiculturalisme est perçu comme une idéologie fondamentalement opposée à l’interdiction des signes religieux au Canada.

« C’est donc dire que le discours sur les conséquences négatives du multiculturalisme ne peut mener nulle part. L’on ne saurait par diktat mettre fin au multiculturalisme, pas plus que l’on ne saurait ignorer le besoin d’accommoder nos minorités », écrivait notamment Mme Duval Hesler dans ce texte. Par ses commentaires et son attitude lors d’une récente audience, Mme Duval Hesler peut être perçue comme ayant exprimé un préjugé favorable envers les opposants à la loi, observe M. Rousseau. « Au cours de l’audience du 26 novembre 2019, les juges Duval Hesler et Bélanger se sont montrées beaucoup plus dures envers les avocats représentant le Procureur général et donc le gouvernement Legault. Ces mêmes juges se sont montrées beaucoup moins dures envers les avocates des appelantes et elles ont exprimé des opinions politiques défavorables à la loi 21 en pleine Cour », s’indigne le professeur. Selon les informations recueillies par Spoutnik, au cours de cette même audience, la juge Duval Hesler s’est déclaré « féministe », en faisant notamment valoir que la Loi affecterait particulièrement les femmes. La juge en chef a également comparé la loi à des « allergies visuelles » envers les signes religieux, des propos qui refléteraient des opinions politiques impropres à être exprimées à la Cour.


Frédéric Bastien se demande toutefois si cette vision ne serait tout simplement pas celle exprimée dans la Constitution canadienne : « Cette vision défavorable de la laïcité fait toutefois partie de l’ADN même du régime constitutionnel canadien implanté en 1982. La Charte des droits et libertés, qui a été intégrée à la Constitution, sert à imposer au Québec le multiculturalisme et le bilinguisme canadien. Les juges fédéraux sont le fer de lance de ce travail permanent visant à affaiblir l’identité québécoise. Le comportement de la juge en chef est un très bel exemple de cette logique du régime », analyse Frédéric Bastien. Le 10 décembre prochain, Mme Duval Hesler devait prononcer un discours à l’occasion d’une soirée de charité [pour collecter de l’argent] pour le compte de l’association Lord Reading, connue pour son opposition à la laïcité. Un autre élément faisant douter de l’impartialité du juge dans ce dossier épineux.

Personnalité pressentie pour devenir chef du Parti québécois (PQ), principale formation souverainiste au Québec, M. Bastien espère donc que la juge en chef décide de lui-même de se récuser, seule manière de changer la composition du tribunal. Quant à Guillaume Rousseau, anticipant un maintien de la magistrate, il espère que celle-ci respectera le droit du Québec à utiliser la clause dérogatoire, laquelle permet de mettre des lois importantes à l’abri du « gouvernement des juges ». « Si la Loi sur la laïcité de l’État était suspendue par la Cour d’appel, il s’agirait d’un immense recul pour la démocratie parlementaire et l’autonomie du Québec. Par le fait même, il s’agirait d’une victoire du gouvernement des juges », a conclu le professeur.

Cela fait des années que Frédéric Bastien, se penche sur le gouvernement par les juges et sur la Constitution canadienne de 1982. Son livre phare La bataille de Londres raconte comme un roman excitant les magouilles jamais révélées derrière le rapatriement de 1982 que le Québec s’est fait enfoncer dans la gorge. Il est allé fouiller dans les archives du Foreign Office de Londres, ouvrant des dossiers jamais consultés, pour raconter l’inédit. La Constitution de 1982 a redéfini le pouvoir des tribunaux. Il faut mesurer son impact sur l’identité au Québec, sur le multiculturalisme qui nous est imposé.

mardi 10 décembre 2019

Humour — Manuela retourne à l'école

Cette semaine, Manuela découvre son nouveau lieu de travail, une école. En écoutant la maîtresse lui expliquer comment appeler chaque chose de manière politiquement correcte, elle se dit qu’elle a bien de la chance d’être femme de ménage et pas enseignante.


Voir aussi

Ne dites plus... parlez pédagogiste...

Novlangue du jour : « fragilité blanche »

Novlangue : « dialoguer », « appropriation culturelle » et « ouvrir une discussion sur le privilège blanc »

Novlangue : « offrir » à tous les élèves et « avoir droit » à la place de « imposer » et « être obligé »

Novlangue : « Interruption volontaire de vie, sans demande du patient »

Novlangue — « migrant » le mot amalgame

Remplacement du mot « principes » par celui de « valeurs »

Novlangue — Exit les immigrants illégaux, fini les sans-papiers, désormais c'est migrant au statut précaire

Novlangue : « implanter des mesures d'appui au vivre ensemble »


Soumission à l'anglais des universités françaises

« Si les institutions publiques d’enseignement se donnent comme seule mission d’attirer des “clients” dans un marché international dont la langue d’attraction est l’anglais, pourquoi les Français devraient-ils les soutenir par leurs impôts ? »

L’universitaire québécois Yves Gingras (ci-contre), professeur d’histoire et de sociologie des sciences à l’Université du Québec à Montréal, juge que l’enseignement supérieur français manifeste une fascination ridicule pour l’anglais, qu’il tient pour la langue des vainqueurs.


Québécois, professeur invité en France chaque année depuis dix-huit ans dans différentes institutions d’enseignement supérieur, j’ai observé avec consternation au cours de cette période, une accélération de la soumission tranquille du monde universitaire, intellectuel et éditorial au nouvel impérialisme linguistique de la langue anglaise. Celle-ci s’impose d’autant plus facilement que ceux qui l’adoptent au nom d’une « internationalisation » ou d’une « globalisation » mal comprise croient naïvement que cela leur permettra de conserver leur empire intellectuel pourtant révolu. En fait, cette anglicisation rampante est surtout le signe d’un déclin marqué des intellectuels français qui pensent ralentir ou même renverser leur marginalisation en adoptant la langue dominante à laquelle ils ont si longtemps résisté quand ils se sentaient dominants. À ce titre, ils devraient plutôt se mettre au chinois…


Les maisons d’édition semblent avoir perdu la capacité élémentaire de traduire des titres pourtant loin d’être intraduisibles. Ainsi l’ouvrage Lost in math a été « traduit » par… Lost in math. Comment la beauté égare la physique, alors qu’un peu d’imagination linguistique aurait pu proposer « Beau, mais faux. Quand la physique s’égare dans les maths », qui rend très bien la thèse centrale du livre. Comble de l’absurde, des ouvrages rédigés en français sont présentés avec des titres en anglais, comme s’ils allaient être plus « cool » et plus vendeurs. Quelques titres récents glanés au hasard des librairies : The Game, Earth First!, Carbon Democracy, Bullshit Jobs, Reclaim, etc.


Bien que je suive cette évolution, que je juge scandaleuse, depuis longtemps, j’avoue avoir décidé d’écrire ce texte aujourd’hui après avoir vécu ce qui me paraît constituer un exemple de bêtise absolue. Invité à faire une conférence dans le cadre d’un programme d’une grande institution d’enseignement supérieur que la charité chrétienne m’interdit de nommer, on m’a suggéré de faire mon exposé en anglais, sous prétexte que deux ou trois personnes sur les vingt-cinq attendues n’étaient pas francophones. Étant bilingue, habitué à faire sans problème des exposés en anglais et écrivant très souvent des articles dans cette langue pour des revues spécialisées dans mon domaine de recherche, j’ai tout de même demandé à la personne qui m’invitait si les quelque vingt-trois personnes non anglophones étaient elles-mêmes vraiment capables de comprendre l’anglais, étant donné qu’elles étaient en toute probabilité françaises. Qu’une institution en soit venue à abdiquer, sans vraiment y réfléchir, l’enseignement dans la langue nationale, sous prétexte que moins d’un dixième des inscrits (ici 2 ou 3 sur 25) ne sont pas francophones, sans se demander si la majorité accepte avec plaisir une telle soumission, m’a laissé perplexe. Ce n’était pas un colloque international, mais bien, il vaut la peine de le répéter, une intervention dans une institution française, intervention à laquelle l’écrasante majorité des personnes inscrites étaient francophones.


La question se pose de savoir comment la nation française peut continuer à penser sa spécificité si ses institutions d’enseignement supérieur abdiquent la langue nationale aussitôt qu’un anglophone apparaît dans le décor. Ne serait-ce pas à cette personne d’avoir la courtoisie d’apprendre ou du moins de comprendre la langue du pays dans lequel elle considère utile et intéressant de venir étudier ? Du reste, ceux-ci maîtrisent parfois le français, mais personne ne s’avise de leur poser la question.


À moins bien sûr que la finalité des institutions publiques d’enseignement en France, d’abord créées pour former les citoyens, ne se soient transformée sans crier gare pour se donner comme seule mission d’attirer des « clients » dans un marché international de l’enseignement supérieur dont la langue d’attraction est l’anglais ? Cela serait légitime à condition d’être clairement dit et assumé. Cependant on se demande alors pourquoi l’ensemble de la population française devrait appuyer financièrement par ses impôts de tels organismes qui abandonnent leur mission originale et devraient dès lors relever du privé.

Mais peut-être y a-t-il aussi un élément non négligeable de pensée magique. Plusieurs dirigeants semblent croire qu’il suffit de s’appeler « Institute of Technology » pour devenir l’égal du célèbre MIT américain ou encore d’écrire sur le fronton d’un édifice « Paris School of Economics » ou « Toulouse School of Economics », pour se considérer l’égal des School of Business américaines. Plus tordu au plan linguistique est bien sûr la récente « Sorbonne université », qui écorche la syntaxe et l’oreille françaises, gardant tout de même une petite gêne en troquant le « y » pour le « é », évitant ainsi d’écrire plus logiquement ce dont ils rêvent vraiment : « Sorbonne university ».


Ainsi, pour reprendre une autre expression utilisée récemment par le président Macron, il peut être parfois utile de lancer un « wake up call ».


France — « Avant de coder, les élèves ont besoin d’apprendre les fondamentaux »

Beaucoup de professeurs des écoles ne s’estiment pas compétents, car ils n’ont pas reçu de formation sur le sujet. Et comme ils ont une éthique professionnelle, ils préfèrent enseigner des choses qu’ils maîtrisent » « Il faut apprendre à coder dès 10 ans. » En 2016, dans une interview accordée au média Acteurs publics, Cédric Villani, la vedette française des mathématiques, désormais député et candidat à la mairie de Paris, militait pour un apprentissage de la programmation informatique dès l’école primaire. Cet enseignement, déjà expérimenté dans plusieurs établissements depuis 2014, fait désormais partie des programmes de primaire et du collège [élèves âgés de 12 à 15 ans] depuis la rentrée 2016.

En primaire, les élèves apprennent à « programmer les déplacements d’un robot ou d’un personnage sur écran » ou à « construire une figure simple ». Mais la mise en place de ce nouvel enseignement n’est pas aussi facile que prévu. Selon une étude effectuée par plusieurs enseignants-chercheurs auprès de 578 professeurs des écoles en 2018, 45 % d’entre eux n’enseignent pas encore la programmation dans leur classe. En réalité, le chiffre serait même beaucoup plus élevé. « Il n’y a pas la moitié des instituteurs qui enseigne aujourd’hui le code à leurs élèves », confie un enseignant ayant travaillé à la mise en place de la réforme. Le ministère, qui affirme ne pas avoir de données officielles, admet à demi-mot que les chiffres évoqués correspondent à peu près à la réalité.
Code source en LOGO et résultat affiché
dans une fenêtre DOS.

Ce n’est pas une idée neuve, il y a plus de 30 ans, la mode était de programmer la tortue LOGO, cela n’a rien donné.


Pour JEAN-RÉMI Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), les élèves ont d’abord besoin d’apprendre les fondamentaux. Il s’est livré au Figaro.

LE FIGARO. – L’apprentissage de la programmation à l’école primaire, est-ce une bonne idée ?


Jean-Rémi GIRARD. – Non, nous avons autre chose à faire. Avant de coder, les élèves ont besoin d’apprendre les fondamentaux : l’écriture, la lecture, l’histoire, les mathématiques, les enseignements artistiques. On a passé des années à taper sur le code grammatical, et là, il faudrait enseigner le code informatique. « Le code pour tous » est un slogan stupide. Tout le monde ne va pas s’amuser à coder. Quand on voit les enquêtes sur le niveau de nos élèves, on se dit qu’on a peut-être d’autres priorités avant d’apprendre l’informatique dès le plus jeune âge.

Peu d’instituteurs enseignent le code, alors qu’il fait désormais partie du programme officiel. Pourquoi ? Apprendre le code aux élèves n’est pas jugé prioritaire par la plupart des collègues. Beaucoup de professeurs des écoles ne s’estiment pas compétents, car ils n’ont pas reçu de formation sur le sujet. Et comme ils ont une éthique professionnelle, ils préfèrent enseigner des choses qu’ils maîtrisent. Puis, globalement, l’école primaire est très mal dotée et servie en termes de matériel. Il y a quelques années, 15 % des écoles primaires n’avaient pas encore de connexion internet. Ce chiffre n’a pas dû changer beaucoup. Nous n’avons ni les postes suffisants, ni les logiciels, ni les bonnes formations pour que les professeurs des écoles s’emparent de ce sujet. Et, surtout, nous n’avons pas le temps : les programmes sont chargés, avec des matières très importantes. Nous n’avons pas la possibilité de papillonner, on ne veut pas que les élèves se retrouvent avec des lacunes qu’ils auront du mal à rattraper par la suite.

Tous les professeurs des écoles peuvent-ils être formés pour enseigner le code ? Beaucoup n’en ont pas envie, et la plupart n’ont pas le niveau. L’enseignement du code n’est pas du tout évalué au concours de recrutement de professeurs des écoles. Il n’est pas non plus proposé dans la formation continue. Il ne faut donc pas s’étonner que les collègues ne l’enseignent pas ou l’enseignent mal.


Éducation à la sexualité — le ministre Roberge cherche à restreindre encore plus le choix des parents

Le gouvernement québécois songe à encore resserrer les balises permettant de dispenser certains enfants des cours gouvernementaux d’éducation à la sexualité après avoir interrogé une commission scolaire où près de 200 jeunes ont été exemptés.

Dans les dernières semaines, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge (ci-contre), a demandé à son ministère de lui proposer des moyens pour modifier la façon de procéder quand des parents veulent que leurs enfants soient sortis de la classe lorsque certains contenus d’éducation à la sexualité sont abordés, a appris Le Journal de Québec Il s’agit bien sûr & amp ; mdash ; nous sommes au Québec & amp ; mdash ; de s’assurer que le choix des parents sera moins respecté.

M. Roberge a également demandé au ministère de documenter les pratiques des écoles qui ont eu à gérer plusieurs demandes de parents, selon une source bien au fait du dossier.

Depuis l’an dernier, les contenus d’éducation à la sexualité sont de retour dans toutes les écoles du Québec. Actuellement, les parents peuvent demander une dérogation pour des raisons religieuses à condition de prêter serment et de prouver le caractère « sérieux » de leur requête. La décision revient à la direction de l’école.

En novembre, Le Journal de Québec publiait un article indiquant que la grande majorité (192) des élèves dispensés fréquentaient la Commission scolaire Portages-de-l’Outaouais (CSPO). Dans l’ensemble du Québec, moins de 270 jeunes ont été exemptés.

« Ils ont trouvé la faille »

Le ministre a donc demandé des comptes à la CSPO, pour s’assurer qu’aucune étape de la procédure n’a été escamotée. Selon nos informations, M. Roberge a conclu que les balises ont été respectées par les écoles, mais qu’un groupe de parents a trouvé une « faille ». Ils échappent à l’emprise du monopole de l’éducation du Québec. C’est intolérable pour l’ex-instituteur Roberge.

Le Journal de Québec a pu obtenir les explications et les documents de la commission scolaire fournis au ministre à la suite d’une demande d’accès à l’information.

On peut y voir que plusieurs parents ont utilisé un format et des arguments semblables pour remplir leur demande. Ce n’est que normal : lors des refus systématiques d’exemptions au cours d’ECR, les commissions scolaires utilisaient bien des réponses préformatés établies à l’avance !

En entrevue, le président du groupe Parents engagés de l’Outaouais avait d’ailleurs dit au Journal avoir aidé de nombreux parents mécontents de l’approche choisie par Québec pour parler d’homosexualité et de la « réalité » [dixit le Journal de Québec] transgenre.

Mais comment évaluer le « caractère sérieux » de ces demandes ? La CSPO se posait la question en février. Le directeur des ressources éducatives a contacté le ministère pour avoir des précisions, peut-on lire dans les échanges de courriels.

« La direction n’a pas à investiguer sur les motifs de la demande d’exemption, lui a alors répondu un responsable du ministère. [L’école] doit s’assurer (et non juger) du caractère sérieux [...] en fonction de l’atteinte alléguée. »

Certains continuent de prétendre que la Coalition avenir Québec est un parti de droite ou même de centre-droite... Il applique exactement les mêmes règles restrictives et les mêmes programmes scolaires que le PQ et le PLQ.