dimanche 28 avril 2019

« Progrès » : Des centaines d’adolescents se voient administrer des bloqueurs de puberté


À Londres, la clinique Tavistock and Portman NHS Trust propose un « Service de Développement de l’identité de genre ». Cinq médecins viennent de démissionner « en raison de désaccords par rapport aux traitements subis par des enfants présentés comme transgenres ». Lancé en 2010, ce programme d’expérimentation prévoit de bloquer la puberté d’enfants entre 10 et 16 ans, afin de « faciliter dans un second temps l’attribution de l’autre sexe, par voie hormonale ou chirurgicale ».

Mais, selon les médecins, « des enfants éprouvant des difficultés au niveau de leur sexualité sont erronément diagnostiqués comme transgenres », et ces expériences ne présentent pas de « résultats positifs », d’autant que « leur réversibilité fait débat, au niveau physique et psychologique ». Le pédiatre Russel Viner dénonce également ces expérimentations : « Si vous supprimez votre puberté pendant trois ans, les os ne se renforcent pas au moment où ils devraient, et on ne sait absolument pas ce que cela peut provoquer sur le développement du cerveau ».

En 2013, 800 adolescents s’étaient déjà vus prescrire des bloqueurs de pubertés par cette clinique, dont 230 avaient moins de 14 ans. En 2018, « ils arrivaient à 300 prescriptions par an, alors que la page Web du programme indique que “les preuves scientifiques de l’efficacité du traitement offert sont encore limitées” ». Cette pratique « est de plus en plus répandue dans les pays comme la Belgique, la France, les États-Unis, ou l’Italie où l’Agence du médicament a décrété le médicament entièrement remboursable par le Service de santé national, le 25 février dernier. »

Source : Institut Européen de Bioéthique 12/IV/2019

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De plus en plus d'inondations à cause des « changements climatiques », vraiment ?

L’affirmation « On sait qu’avec les changements climatiques, ces phénomènes-là [les inondations] vont s’accentuer dans le futur », a indiqué mardi le populaire matinalier Paul Arcand, au FM 98,5. Et il n’est pas le seul à le penser. Remarquons au passage que plus personne n’ose vraiment parler de « réchauffement climatique » alors que nous sortons d’un hiver très long et que nous vivons un début de printemps froid qui devrait encore durer au moins 15 jours (voir le graphique ci-dessous).




Ce temps froid n’a pas empêché France 2 de parler dans le reportage ci-dessous de températures élevées qui expliqueraient les inondations... France 2 qui dit bien que les intempéries touchent surtout le Québec parvient à ne laisser parler que des anglophones et à parler du « Barrage Bell Falls » plutôt que du Barrage de la Chute Bell ». France 2 exagère aussi quand elle prétend que tout l’est du pays est touché, même au Québec c’est grandement exagéré. Dès qu’on s’éloigne des rives des cours d’eau, il n’y a plus d’inondation et certaines rivières n’ont pas grossi plus que d’habitude ce printemps (voir la Yamaska, la rivière Noire, la Saint-François, etc.)





« Ces phénomènes d’inondation, il est clair que ça va devenir exponentiel [à cause du réchauffement planétaire] », a déclaré sur les ondes de QUB radio la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, qui préside le Comité sur les changements climatiques de l’Union des municipalités du Québec.

La mairesse de Montréal n’a pas hésité à dire « On voit que l’effet des changements climatiques, les ravages, les impacts négatifs sont de plus en plus fréquents et de plus en plus forts. »



Radio-Canada titrait le week-end dernier que « les changements climatiques influencent [...] l’intensité des inondations ». Et même le Premier ministre fédéral Justin Trudeau a dit mercredi, lors d’une visite à des sinistrés de l’Outaouais, que ce genre de catastrophe naturelle allait arriver « de plus en plus souvent ».

Les faits

Il est vrai que l’on prévoit que le réchauffement climatique va rendre certains événements météo extrêmes plus fréquents, comme les épisodes de pluie intense — ce serait même déjà commencé. Il n’est donc pas déraisonnable de penser qu’au moins dans certaines régions du globe, les inondations surviendront plus souvent. C’est d’ailleurs le cas dans le nord-est des États-Unis, où l’on en compte plus qu’avant — mais il y a plusieurs autres secteurs du pays où c’est le contraire qui se passe, si bien que la tendance générale n’est pas claire.

Au Québec, cependant, « la crue principale, c’est celle du printemps », fait remarquer Dominique Paquin, climatologue au consortium de recherche Ouranos. Cela signifie que même si des inondations peuvent se produire en toute saison, le risque est nettement plus grand au printemps : dans les bases de données de Sécurité publique Canada, sur les 30 inondations dites « catastrophiques » répertoriées au Québec entre 1970 et 2014, plus de la moitié (17) sont survenues entre la fin de mars et le mois de mai.

Or dans les modèles climatiques et hydrologiques, il est loin d’être clair que ces crues deviendront de plus en plus fortes, indique Mme Paquin. En effet, si nos hivers se réchauffent, alors les épisodes de fonte deviendront plus fréquents de décembre à mars, et il restera moins de neige pour gonfler les rivières au printemps. Et c’est d’ailleurs, notamment, parce que le couvert neigeux était épais et n’avait pas fondu cet hiver que ces inondations ont eu lieu. 




D’ailleurs, à la suite des inondations de 2017, Ouranos avait publié un « questions-réponses » indiquant qu’« en moyenne, il n’est pas attendu dans le futur que les crues printanières deviennent plus importantes dans le sud du Québec notamment en raison d’une plus faible accumulation de neige durant l’hiver » qui s’explique par le réchauffement climatique (tant promis).

Ouranos a publié tout récemment une mise à jour de son « questions-réponses » pour tenir compte des dernières avancées scientifiques. « Pour les grands bassins versants comme celui par exemple de la rivière des Outaouais, le comportement à long terme, si l’on se projette dans 100 ans, est à la diminution des probabilités d’avoir des inondations », y lit-on. Il n’est pas impossible qu’à moyen terme, la baisse des crues printanières moyennes s’accompagne d’une hausse des crues extrêmes, mais ces résultats sont loin d’être certains.

Pour les bassins versants plus petits, cependant, on peut s’attendre à des risques d’inondation plus élevés parce que les épisodes de pluie intense seront plus fréquents. Il se peut tout de même que les crues moindres viennent contrebalancer cet effet.

Enfin, le Centre d’expertise hydrique du Québec — les spécialistes du débit des rivières au gouvernement — publie périodiquement un Atlas hydroclimatique du Québec méridional, dont la dernière version ne prévoit pas de tendance à la hausse pour les crues printanières (récurrence de 20 ans) dans le sud de la province. En fait, cinq rivières de l’extrême sud devraient voir une « diminution probable » de leurs crues d’ici 2050, et les autres seront stables. Une demi-douzaine d’autres connaîtront une « augmentation probable », mais elles sont toutes situées beaucoup plus au nord, au Lac-Saint-Jean et sur la Basse-Côte-Nord.

 
La rue Notre-Dame à Montréal en avril 1886


Cependant, ce même document prévoit des « augmentations probables » des « crues » d’été et d’automne pour le sud et l’est du Québec, puisque les précipitations extrêmes devraient augmenter. Rappelons toutefois que, comparés au printemps, les débits moyens sont beaucoup plus faibles pendant ces saisons.

Impact humain

On a parlé à juste titre du fait que plusieurs installations en zones inondables sont récentes. Au-delà de l’établissement humain en zone inondable, les pratiques d’aménagement du territoire peuvent être considérées comme des facteurs aggravants. Par exemple, l’imperméabilisation grandissante des sols consécutive à l’urbanisation et à certaines pratiques agricoles augmente le ruissellement de surface et limite l’infiltration de l’eau dans le sol alors que l’occupation des berges modifie leurs fonctions hydrologiques et écologiques. Pour l’éditorialiste Martin Croteau de la Presse, « après des crues sans précédent dans les années 70, le Québec s’est doté d’une loi qui devait empêcher la construction dans des zones inondables. Près d’un demi-siècle plus tard, on compte toujours plus de maisons aux abords des cours d’eau. Comment en sommes-nous arrivés là ? Selon les experts, c’est à cause de la gourmandise des villes et du laxisme du gouvernement. En effet, déplore un ancien ministre de l’Environnement, il suffit d’avoir “le bon numéro de téléphone” pour construire dans un secteur vulnérable. »

François Brissette, ingénieur hydrologue et professeur au Département de génie de la construction de l’École de technologie supérieure (ETS), rappelle au sujet de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où une digue végétale, un talus qui retenait le lac des Deux Montagnes, a cédé : « J’ose imaginer que la majorité des gens qui sont inondés présentement à Sainte-Marthe-sur-le-Lac sont au courant qu’ils ont construit dans le lac. Il y a 60 ans, autour du lac des Deux montagnes, on trouvait des chalets d’été. La ville a pris de l’expansion et les gens ont construit. Qu’a fait la ville ? Elle a construit des digues, elle s’est enclavée pour se protéger des inondations. Et qu’est-ce qui arrive aujourd’hui ? On a un haut niveau, une digue a cédé et le lac reprend sa plaine d’inondation, où il n’y aurait jamais dû avoir de maisons. »

Notons qu'à l’échelle des États-Unis, les dégâts causés par des inondations par rapport au PIB ne font que baisser depuis des décennies :

Le Verdict

En bonne partie faux, si pas totalement faux. Dans le sud du Québec, le principal risque d’inondation est associé à la crue printanière, et les meilleures expertises disponibles prévoient que les changements climatiques ne devraient pas l’augmenter d'ici la fin du siècle — en tout cas, pas pour les grands bassins versants, qui verront même leur risque diminuer. Dans les bassins versants plus petits, cependant, le risque pourrait augmenter, mais les crues moindres viennent contrebalancer cet effet.
Rivière Chaudière - Inondation à Saint-Joseph de Beauce, 31 juillet 1917


Sources : Le Soleil, Ouranos, La Presse, Météomédia, BANQ.

Ingrid Riocreux, les pulsions totalitaires des médias




La seconde en France regroupe habituellement des élèves de 15 ou 16 ans.

L'ouvrage de Michel Legris mentionné par Ingrid Riocreux est Le Monde tel qu'il est, publié chez Plon en 1976. Voici Michel Legris à Apostrophes face au rédacteur en chef du Monde de 1969 à 1985, André Fontaine, qu'il critique.



Qui croire Le Monde ou Le Monde ?

Le « journal de référence » (et un des censeurs de Facebook) relate le même événement de manière « contrastée » :


« Si le Parti peut manipuler le passé […] et si tous les autres acceptent le Mensonge [… il] passe dans l’Histoire et devient Vérité. Qui contrôle le passé contrôle l’avenir et qui contrôle le présent contrôle le passé. » Orwell, 1984

Source : Olivier Berruyer

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Facebook et le ministère de la Vérité

Les journalistes de grands médias sont devenus prestataires de services pour Facebook...

Aucun de ces médias ne sont de droite ou conservateur.




À lire et écouter Ingrid Riocreux sur le psittacisme et langage formaté et au service du « bien » et non plus du vrai des médias.

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Il écrit qu’« aucun homme dans l’histoire n’a accouché. », Facebook le bloque pour propos « haineux»

Médias: la nouvelle Inquisition ?

Cours de rhétorique et de décryptage des médias à l'école

Les Marchands de nouvelles

« Les journalistes manipulent avec une parfaite bonne conscience »

« L’école doit être conservatrice » rappelle Barbara Lefebvre

L'enseignante et essayiste Barbara Lefebvre est l'invitée d'Éric Morillot dans Les Incorrectibles sur Sud Radio.

L'occasion de nous parler de l'école, des programmes scolaires, des élèves captifs, du progressisme, l'Islam, la laïcité, Macron, la France, la nationalité et l'identité française et l'Europe.

Pour elle, M. Blanquer le ministre de l'Éducation en France, a tenu à sa nomination un langage conservateur. mais il ne changera rien sur le fond. Il n'aura à la fin de son mandat qu'une seule réalisation concrète : avoir fait des classes de 24 élèves (ou de 12 dans les banlieues immigrées, sans grand effet), mais le nombre d'élèves par classe n'est pas le problème fondamental dans l'enseignement. Il est prisonnier du président Macron et de son administration, l'Éducation nationale.



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Philosophie — Conférence sur Condorcet et l'instruction publique

Très faible impact du dédoublement très coûteux des classes en « banlieues difficiles »

Histoire — Léon XIII crut apaiser l’anticléricalisme républicain par le ralliement, au nom d’un “réalisme” chimérique

L'encyclique Affari Vos de Léon XIII (écoles du Manitoba : il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair)

France – La guerre des manuels sous la IIIe République

Mythe — C’est grâce à la République que l’enseignement est devenu obligatoire, public et gratuit (mais le laïc obligatoire, c'est vrai)

Jules Ferry : « nous avons promis la neutralité religieuse, nous n’avons pas promis la neutralité philosophique, non plus que la neutralité politique »

France — L’instruction gratuite et universelle ne date pas de Jules Ferry ni de la République

France — la « gratuité » de l’école laïque visait à assécher les écoles privées


samedi 27 avril 2019

Québec — Formation des enseignants en histoire

Extrait de la préface écrite en janvier 2019 par l’historien Gilles Laporte au livre La Mémoire qu’on vous a volée (de 1760 à nos jours) de Gilles Proulx.

Au moment d’écrire ces lignes, l’opinion s’émeut à propos d’une maison bicentenaire détruite à Chambly et ayant appartenu à un patriote de 1837. Pour l’expliquer, la ministre de la Culture ne trouve rien de mieux à répondre que « Quand tu as 5000 patriotes, tu ne peux pas classer 5000 maisons parce qu’il y a eu un patriote dedans. »

La ministre sait-elle seulement qu’il n’y a plus guère aujourd’hui qu’une centaine de maisons debout ayant appartenu à un patriote et que les seules vraiment protégées appartiennent à Parcs Canada [le fédéral] ?

Parmi ces forces à l’œuvre afin de miner notre rapport au passé québécois, je m’en tiendrai plus longuement à une seule que j’ai bien étudiée et qui joue un rôle crucial dans la transmission de la mémoire : l’enseignement de l’histoire dans nos écoles.

Soyons juste, depuis septembre 2017, les élèves québécois ont à nouveau droit à un véritable cours d’histoire axé sur les connaissances. L’histoire du Québec et du Canada est désormais vue chronologiquement sur deux années, en 3e et 4e secondaire. Ce redressement salutaire met fin à une des pires expériences pédagogiques jamais menées, qui a bien failli dégoûter toute une génération de son histoire.

Il s’agit donc d’un authentique succès qui laisse cependant en plan de nombreux problèmes dans 1'apprentissage de l’histoire à l’école. Le plus sérieux de ces problèmes concerne la formation des enseignants dans nos universités. Suivre deux ou trois cours d’histoire du Canada et être ensuite jugé apte à l’enseigner dans nos écoles, cela ne vous paraît-il pas absurde ? C’est pourtant la réalité au pays de Maria Chapdelaine.

Le programme actuel de formation des enseignants consiste en un baccalauréat [licence en Europe] de quatre années ou la moitié des cours sont consacrés à « apprendre à enseigner ». Au prix d’effrayantes redondances, le futur enseignant doit suivre quinze cours de « didactique », de « psychopédagogie », de « démocratie scolaire », d’« épistémologie » et autres « métacognitions ». Quant à la formation en histoire : tout au plus dix cours dont deux seulement sur l’histoire du Québec et du Canada.

J’ai moi-même enseigné l’histoire aux futurs enseignants. Chaque fois, j’étais pris du même vertige à la pensée qu’il s’agissait là du seul bagage de connaissances sur lequel ils allaient devoir compter.

Les enseignants actuels sont-ils préparés pour le virage des connaissances et pour transmettre le goût de l’histoire à nos jeunes ? De toute évidence non. Ce constat est d’ailleurs corroboré par les enseignants eux-mêmes.

Lors d’une enquête menée en 2017, la plupart des enseignants d’histoire interrogés ont confié avoir très peu appris durant leur formation universitaire, notamment dans les cours de didactique et de psychopédagogie. À l’inverse, quand on leur demande « Quels cours vous ont semblé manquer dans votre formation ? », les cours d’histoire arrivent en tête. L’impression qui s’en dégage est un climat de profonde morosité et de cynisme à l’égard de la formation reçue. Les enseignants se perçoivent désormais comme des techniciens à qui l’on demande de simplement gérer des classes, mais ni d’approfondir la matière ni de susciter la curiosité des élèves et encore moins de transmettre un héritage culturel commun. Aussi mal outillé, écrit Éric Bédard, « le maître qui se retrouve en classe devant ses élèves avec pour seul bagage ses quelques cours universitaires sur le passé québécois est donc condamné à suivre l’un des manuels approuvés par le ministère, rédigés le plus souvent par l’un des didacticiens spécialistes en pédagogie qui lui aura enseigné à l’université. »

Il y a pourtant quantité de bons candidats à l’enseignement : ceux notamment ayant complété un baccalauréat de trois ans en histoire. Mais malgré les demandes répétées, ces diplômés se voient forcés de reprendre à zéro dans le programme de quatre ans qui seul permet d’être initié aux mystères de l’approche socioconstructiviste et surtout d’assurer la mainmise des facultés de sciences de l’éducation sur la formation, quitte à alimenter le cynisme et même le décrochage d’enseignants démotivés.

La formation des maîtres et les réformes scolaires successives ont ainsi profondément transformé notre système d’éducation. Les connaissances n’ont plus grande importance : c’est le « cheminement » qui compte, comme si tout ce que l’on ne découvre pas soi-même n’avait aucune valeur « pédagogique ». Conséquence logique : la « mixité sociale » prévaut sur l’apprentissage. Plus question donc de regrouper les élèves par capacité d’apprentissage : chaque classe doit « refléter la société ». Il s’agit là d’une erreur fondamentale qui a bouleversé notre système d’éducation selon Émile Robichaud, car c’est l’école dans sa totalité qui devrait être un microcosme de la société et non chacune des classes. La classe est le lieu de l’apprentissage systématique : par conséquent, pour qu’un enseignement digne de ce nom soit possible, il faut que les élèves d’une même classe aient le même rythme d’apprentissage, sinon la classe perd son sens et les enseignants... font de la discipline.

Ironiquement, ces réformes successives visaient toutes à alléger l’enseignement afin de lutter contre le décrochage scolaire. Or, le taux de décrochage n’a pas bougé d’un poil et loin d’être allégé, l’enseignement se retrouve plutôt surchargé par des lubies pédagogiques et par de nouvelles missions confiées à l’école : citoyenneté, tolérance religieuse, sexualité ou éducation financière. La lubie pédagogique sans doute la plus tenace consiste à « initier l’élève à la méthode historique » par l’analyse de documents. Exit la connaissance des dates charnières, des grands personnages et des grands enjeux d’une époque, désormais c’est par l’analyse d’extraits de textes, d’illustrations d’époque ou de vidéos que le jeune « construit son rapport au passé et exerce sa citoyenneté [ ... ], son sens critique et sa créativité ».

L’analyse d’extraits d’une lettre de Marie de l’Incarnation ou d’une pièce au procès de Marie-Angélique suffit apparemment pour comprendre la « société en Nouvelle-France ». On mise ainsi sur les histoires particulières propices à monter en épingle des destins atypiques, mais qui annihilent l’impression que le jeune est l’héritier d’un parcours historique cohérent dans lequel il peut s’inscrire. En somme, il n’y a plus une histoire du peuple québécois, il n’y a plus que des récits de Québécois [Marie-Angélique était une esclave noire née au Portugal condamnée pour avoir incendié en 1734 un quartier important de Montréal : l’Hôtel-Dieu et 45 maisons]. Dans les faits, l’élève n’a alors ni l’érudition ni le recul nécessaires pour interpréter des documents et véritablement tirer profit de la « méthode historique ». Quant aux fameuses vertus « critiques » et « créatives », elles se résument le plus souvent pour l’élève à repérer dans un document ce que le prof souhaite entendre. Le résultat est au mieux une pure perte de temps.

Finalement, bien qu’il ait été revu dans le bon sens, le programme d’histoire actuel prescrit toujours la même épreuve uniforme certificative. Or cet « examen » ne sanctionne ni l’acquisition de connaissances ni le labeur accompli par l’élève durant l’année. Il consiste tout simplement... à analyser un document. Le jeune est donc convié à travailler sur un problème historique dont il n’a peut-être jamais entendu parler durant l’année ; à exercer son sens critique et sa créativité et, donc, en pratique, à repérer dans le document les mots-clés que l’examinateur souhaite voir apparaître.

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mercredi 24 avril 2019

Écologie — Les hommes ont-ils vraiment fait disparaître 60 % des animaux depuis 1970 ?

La chroniqueuse du Devoir, Josée Blanchette écrivait ce vendredi que « Des paléontologues nous informent que la plupart des mammifères et 40 % des insectes auront disparu dans 50 ans. » Elle ne cite pas de source. Mais ce genre de nouvelles circule depuis quelques mois à la suite d’un rapport du WWF, célèbre organisme écologiste.

Voici quelques manchettes sur le sujet tirées du seul site de Radio Canada en septembre et octobre 2018 .


Qu’en est-il ?

L’équipe à l’origine du rapport du WWF (le Living Planet Index) s’est appuyée sur des études antérieures dans lesquelles les chercheurs estimaient la taille de différentes populations animales, que ce soit par comptage direct, pièges photographiques, satellites ou par mesures indirectes comme la présence de nids ou de pistes. L’équipe a rassemblé de telles estimations pour 16 700 populations de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons, sur 4 000 espèces.

Différence entre effectif, populations, espèce

Il est important de comprendre la différence entre population, effectif et espèce. Les populations dont on parle ici désignent des poches d’individus d’une espèce donnée vivant dans des zones géographiques distinctes.

Cette étude ne concerne que 6,4 % des quelque 63 000 espèces de vertébrés qui existeraient, elles excluent les plantes, les insectes, les vers, méduses et éponges, espèces nettement plus nombreuses.

Pour déterminer les résultats du groupe dans son ensemble, l’équipe a ajusté ses chiffres pour prendre en compte les biais éventuels dans ses données. Par exemple, les vertébrés en Europe ont fait l’objet de plus d’études que ceux d’Amérique du Sud et les créatures en voie de disparition telles que les éléphants ont été étudiés de plus près (et ont été plus faciles à dénombrer) que des animaux très communs comme les pigeons.

Taille de populations en moyenne

Le WWF a constaté qu’entre 1970 et 2014, la taille des populations de vertébrés avait diminué de 60 % en moyenne. Ce n’est absolument pas la même chose que de dire que les humains ont tué ou fait disparaître 60 % des animaux — une distinction que le supplément technique du rapport indique explicitement. « Il ne s’agit pas d’un recensement de toutes les espèces sauvages, mais de l’évolution de la taille des populations d’animaux sauvages », écrivent les auteurs.

Pour comprendre la différence, imaginez que vous avez trois populations d’animaux dans une région géographique particulière : 5 000 lions, 500 tigres et 50 ours. Quatre décennies plus tard, vous n’avez plus que 4 500 lions, 100 tigres et cinq ours. Ces trois populations ont diminué de 10 %, 80 % et 90 % respectivement, ce qui représente une baisse moyenne de 60 %. Mais l’effectif total d’animaux est passé de 5 550 à 4 605, soit une baisse de seulement 17 %. Quant à la disparition d’espèces animales dans ce scénario, elle est nulle.

De même, il est trompeur de dire que l’homme a « tué plus de la moitié des populations d’espèces sauvages de la planète » (Washington Post) ou que l’on puisse nous reprocher d’avoir « éliminé 60 % des espèces animales » (Quartz) ou que « la population mondiale d’espèces sauvages a diminué de 60 % entre 1970 et 2014 » (USA Today). Toutes ces choses pourraient bien être vraies (mais c’est douteux, voir ci-dessous), mais ces déclarations ne peuvent se justifier en s’appuyant sur le rapport Index Living Planet du WWF.

Calcul du taux d’extinction surestimé ?

Notons également que les études sur le taux d’extinction de populations et d’espèces se basent sur des calculs indirects eux aussi, à savoir le taux de disparition de l’habitat des espèces en question. Or cette méthode est critiquée, car elle aurait tendance à surestimer le taux d’extinction.

Comme le mentionnait la revue Nature :

Malgré son importance, l’estimation des taux d’extinction est encore très incertaine, car il n’existe pas de méthodes directes avérées ou de données fiables permettant de vérifier les extinctions. La méthode indirecte la plus largement utilisée consiste à estimer les taux d’extinction en inversant la courbe d’accumulation aires-espèces [plus l’aire est grande plus le nombre d’espèces est important] et en extrapolant [techniquement en rétropolant] le nombre d’espèces sur la base d’habitats plus petits. Les estimations des taux d’extinction basées sur cette méthode sont presque toujours beaucoup plus élevées que celles réellement observées. Cette divergence a donné naissance au concept de « dette d’extinction », qui fait référence aux espèces « dont l’extinction est prévue » en raison de la perte d’habitat et de la réduction de la taille de la population, mais non encore éteinte pendant une période transitoire. Nous montrons ici que la dette d’extinction telle que définie actuellement est en grande partie une anomalie statistique, un artéfact d’échantillonnage, dû à une différence non reconnue entre les problèmes d’échantillonnage sous-jacents lors de la construction d’une relation aire-espèce (SAR) et lors de la rétropolation de l’extinction d’espèces à la perte d’habitat. Le résultat mathématique clé est que la surface requise pour voir disparaître le dernier individu d’une espèce (l’extinction) est plus grande, presque toujours beaucoup plus grande, que la zone d’échantillonnage nécessaire pour trouver le premier individu d’une espèce, indépendamment de la répartition de l’espèce et de son échelle spatiale. Nous illustrons ces résultats à l’aide de données provenant d’un réseau mondial de grandes parcelles forestières cartographiées et un certain nombre d’espèces de passereaux dans la partie continentale des États-Unis. Nous montrons que la surestimation peut être supérieure à 160 %. Bien que nous concluions que les extinctions causées par la perte d’habitat nécessitent une perte d’habitat plus importante que ce que l’on pensait auparavant, nos résultats ne doivent pas conduire à de la complaisance par rapport à l’extinction de populations animales liée à la perte d’habitat, extinction qui constitue une menace réelle et croissante.

Dans un article similaire dans Ecology « Une étude empirique sur les raisons pourquoi la relation entre les espèces et leur habitat surestiment l’extinction des espèces », les auteurs se sont penchés sur la richesse aviaire totale, la richesse en oiseaux forestiers et la richesse en habitats ouverts (agricoles, urbanisés par l’homme) et l’ont comparé au couvert terrestre naturelle restant dans le sud de l’Ontario. La richesse aviaire (le nombre de populations) n’est pas maximale quand tout l’espace est couvert naturellement. En fait la richesse totale en espèces d’oiseaux culmine quand environ 50 % de la surface est constituée d’un couvert terrestre naturelle, certaines espèces « opportunistes » profitant de la présence des hommes pour s’établir.

Voir aussi

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?

Comment la science se trompe.... Dans The Economist du 26 octobre, un dossier sur l’évolution du système mondial de recherche scientifique : « How science goes wrong ». On y apprend notamment qu’un nombre important et croissant de publications souffrent de biais statistiques ou défauts méthodologiques qui devraient inciter à la prudence sur les conclusions, quand il ne s’agit pas d’erreurs pures et simples.

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne


mardi 23 avril 2019

Instruction à la maison: le nouvel encadrement rigide du monopole de l'Éducation contesté

Une mère de famille de la Montérégie qui fait l’école à la maison à ses deux garçons aux besoins particuliers craint de devoir les retourner à l’école à cause du nouvel encadrement proposé par le ministre de l’Éducation.

Julie Hémond, de Saint-Rémi, enseigne à ses enfants à la maison depuis deux ans et demi.

Norbert Delisle, 8 ans, a un TDAH, et Fernand Delisle, 9 ans, un syndrome de Gilles de la Tourette.


Le rythme scolaire ne leur convenait pas et leurs parents ne voulaient pas « les abandonner dans le système », résume Julie Hémond.

Depuis qu’ils sont à la maison, ils apprennent à leur manière, font différents projets et des sorties éducatives. Un suivi de leur progression est effectué plus d’une fois dans l’année.

Or, avec les nouveaux encadrements proposés par le ministère de l’Éducation Jean-François Roberge, ils devront entre autres se soumettre à des examens ministériels à partir de la 4e année du primaire.

Axé sur les examens du seul ministère, pas d'équivalence


Leur mère craint malheureusement qu’à ce stade-ci, ils échouent aux examens du ministère et soient forcés de retourner à l’école. Elle prévoit donc les retourner à l’école pour leur éviter ce stress, si rien ne change.

Sans la nouvelle loi, Julie Hémond aurait engagé un professeur titulaire vers la fin du secondaire pour s’assurer qu’ils réussissent leurs examens ministériels de secondaire 4 et 5, pour avoir leur diplôme.

Mais de les forcer si tôt à passer des examens ministériels va contraindre la mère de famille à orienter leur apprentissage en fonction des examens.

Elle dit en exemple que ses enfants connaissent l’histoire de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, du contenu appris habituellement plus tard dans un parcours scolaire.

« On retourne à ce qui ne marchait pas. C’est comme offrir à mes enfants la même chose qu’à l’école. Je suis aussi bien de les retourner là-bas (à l’école) », résume Julie Hémond.

L’Association québécoise pour l’éducation à domicile tente aussi d’amener le ministre à changer d’idée. « Là, c’est de dire qu’il faut faire exactement ce qu’on fait à l’école, et ce n’est pas la meilleure chose pour chaque enfant, individuellement », déplore Noémi Berlus, directrice de l’Association.

Selon elle, d’autres parents qui font l’école à la maison, comme Mme Hémond, craignent de devoir retourner leurs enfants à l’école ou choisiront de déménager en Ontario, où les contraintes sont moindres.

« Faciliter le suivi » et l'imposition d'un unique programme comme solution bureaucratique

Au bureau du ministre de l’Éducation, on indique que le nouveau règlement « facilitera le suivi des apprentissages ainsi que son évaluation. La grande majorité des parents qui font l’éducation à domicile avec leurs enfants s’acquittent de ces tâches avec brio », écrit Francis Bouchard, attaché de presse du ministre.

Une période de 45 jours est en cours actuellement pour que les gens transmettent leur avis au ministre sur les modifications proposées.