mardi 4 septembre 2018

France — Éducation sexuelle, la ministre qui fait « comme si »

Extraits d’une tribune du pédopsychiatre Maurice Berger parue dans Causeur. On comparera avec les méthodes et tactiques de chroniqueurs comme Richard Martineau et de sa femme Sophie Durocher, dès qu’ils parlent d’éducation à la sexualité et des opposants conservateurs à ceux-ci. Voir notamment Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe »   ou Richard Martineau : « L’école sert à extirper l’enfant de son milieu familial et à l’exposer à d’autres valeurs »

Madame Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, a hérité d’un cadeau particulier de la part de Madame Vallaud-Belkacem, ex-ministre [socialiste] de l’Éducation nationale : la généralisation du plan d’éducation à la sexualité dans les établissements scolaires. Face à l’inquiétude des parents, elle s’élève contre les « fake news » [intox, bobards] qui attaqueraient ce programme, en utilisant une méthode étonnante. Après les « en même temps », voici les « comme si »…

Comme si je n’existais pas

Depuis quelques jours, Madame Schiappa fustige une pétition signée selon elle par des personnes qui voient dans ce programme l’intervention de Satan et par des conspirationnistes. Oui, parmi les 35 000 signataires, quelques-uns disent voir là l’intervention du diable, mais la secrétaire d’État fait « comme si » cette pétition n’avait pas été lancée par des professionnels de l’enfance, dont des professeurs de psychologie clinique, un membre du Conseil scientifique de la Société française de psychiatrie de l’enfant, etc. ; « comme si » elle n’avait pas recueilli l’accord de 95 psychiatres et pédopsychiatres, 260 médecins, 35 pédiatres, plus de 1000 psychologues/psychothérapeutes et 1500 enseignants. [...]

Madame Schiappa argue que ce programme a reçu l’aval d’organisations sérieuses, « comme si » elle ignorait que, volontairement, il n’a été demandé l’avis d’aucun clinicien spécialiste du développement affectif de l’enfant. D’où le résultat médiocre et dangereux.

Madame Schiappa rassure les parents en répétant à l’envi qu’il n’y aura aucun enseignement à la sexualité infantile en maternelle. Tant mieux. Mais elle fait « comme si » cette décision était spontanée. Or ce renoncement résulte de notre vigilance. La preuve : en 2017, sur le site internet de l’Académie de Grenoble, cet enseignement était programmé en grande section et il a été retiré dès que nous l’avons révélé publiquement. Lors du Congrès 2017 des enseignants de maternelle, la Planification familiale a ainsi animé un atelier intitulé « L’éducation sexualisée [sic] : les petits aussi ! ».

Comme s’il n’y avait rien d’inquiétant

La seule garantie concernant l’abandon de cette éducation précoce serait que le gouvernement décide clairement de retirer des textes officiels toute référence aux « standards européens d’éducation à la sexualité » qui préconisent que cette éducation débute avant 4 ans. [Selon ces standards,] Entre 4 et 6 ans devraient ainsi être abordées les sensations liées à la sexualité (plaisir, excitation) puis entre 6 et 9 ans, les menstruations, l’éjaculation, le plaisir lié au toucher de son propre corps, les relations sexuelles. Ces « standards » figurent sur le site Canopé de l’Éducation nationale. Qu’est-ce qui empêche Madame Schiappa de supprimer toute référence à ce texte nocif ? Mystère.

Madame Schiappa évoque la nécessité de lutter contre les effets des films pornographiques. « Comme si » décrire les six positions de pénétration vaginale et les sept de pénétration anale, dessins ludiques à l’appui — sur le site « onsexprime.fr » du ministère de la Santé destinés aux mineurs à partir de 12 ans — était vraiment la meilleure méthode.

Madame la secrétaire d’État explique que les intervenants dans ce domaine ont été formés sérieusement. Elle fait « comme si » nous n’avions pas publié de nombreux témoignages qui montrent les méthodes étranges utilisées par certains de ces intervenants. Ainsi, les jours des interventions sont dissimulés aux parents ou indiqués comme « activités diverses » sur l’emploi du temps. On ment parfois sur leur contenu : « Amenez le carnet de vaccination de votre enfant » — qui ne sera pas ouvert — ou en CM2 : « On va parler de la reproduction animale alors qu’est passé le film Le miracle de la vie de Lennart Nilsson, qui montre un pénis éjaculant dans le vagin d’une femme filmé par micro-caméra et un accouchement avec vue en gros plan sur le périnée de la parturiente. Quant aux films de la série Le bonheur de la vie, toujours en CM2, ils comprennent un dessin animé montrant un personnage enfantin féminin caressant le sexe d’un personnage masculin pour lui provoquer une érection en expliquant que le pénis doit être en érection pour permettre la pénétration dans le vagin.

Comme si les parents n’avaient pas leur mot à dire

L’imagination de certains formateurs n’est jamais à court : # ils prendraient la décision de s’opposer à la présence de leur enfant à ces cours, ou mettre ces cours début juillet, juste avant les vacances pour que les parents ne puissent pas exprimer ensuite leurs protestations, etc. Tout cela se fait “comme si” ce n’était pas contraire à la circulaire 2003-027 du 17 février 2003 indiquant que les parents d’élèves doivent être “informés et/ou associés” au projet éducatif.

Madame Schiappa fait “comme si” cette éducation, dont le but explicite est un nouveau paradigme, une sexualité synonyme de plaisir, respectait le rythme de développement affectif de chaque enfant alors qu’il est indiqué dans les “standards européens” qu’on doit aborder les sujets décrits ci-dessus avant que l’enfant ne se pose des questions à leur propos. Résultat : nous recevons de nombreux témoignages d’enfants choqués, traumatisés, présentant des insomnies, des cauchemars, des refus de retourner en classe, etc.

Madame Schiappa fait “comme si”, tel qu’est fait le programme actuel, un adulte en position d’enseignant qui parle de sexualité, n’allait pas provoquer une excitation interne chez l’enfant. Ce qui le rend plus susceptible d’être la proie d’un prédateur éventuel.

Dans leurs témoignages, les parents se plaignent d’être dépossédés de leur rôle de parent concernant l’éducation sexuelle. Enseigner de telles choses à des enfants à l’insu, à la place ou contre l’avis des parents et vouloir ainsi le bonheur de l’espèce humaine, cela ne vous rappelle rien ?

[...]

Démographie : la CAQ raye le mot « natalité » de son site internet

Dans le dossier « Peur de son ombre » et « autocensure à l’ère du correctivisme politique ».

La CAQ a retiré en catimini le mot natalité de son site web pour éviter que sa promesse de 1200 $ par année pour les deuxième et troisième enfants soit associée à un bébé-bonus. (Lequel avait côté nettement moins, de l'ordre de 10 fois moins, que les CPE et la politique familiale actuelle mais avait abouti à une hausse de la natalité...)

« Un gouvernement de la CAQ soutiendra les personnes qui souhaitent agrandir leur famille. Parmi les solutions envisagées : une bonification du soutien pour le deuxième et troisième enfant, le rétablissement du programme de procréation assistée et un encadrement digne de ce nom pour l’adoption », peut-on lire sous l’onglet « natalité » d’une ancienne version du site web de la CAQ.


« Aider les familles »

Cet énoncé a été retiré le 29 août. Deux jours plus tôt, François Legault affirmait pourtant que sa promesse de donner jusqu’à 1200 $ par enfant à partir du deuxième enfant n’avait rien à voir avec un désir d’augmenter la population du Québec.

« Est-ce que le but de votre mesure est de stimuler la natalité ? » a demandé une journaliste. « Non, c’est d’aider les familles », a rétorqué M. Legault. « Le but, c’est vraiment d’aider les familles. Si ça a un impact dans le choix des familles d’avoir plus d’enfants, tant mieux, mais le but recherché, c’est de mieux aider les familles », a-t-il aussi affirmé.

Incompréhensible

Rappelons que la natalité québécoise est très mauvaise pour une communauté ultraminoritaire à l’échelle continentale. Qu’y a-t-il de mal à vouloir plus de gens nés au Québec et donc, a priori, facilement intégrables ?

Classification des partis politiques québécois selon la Boussole électorale
Rappelons en outre que le paysage politique à droite (nationaliste, pro-français, identitaire et non étatiste) est grand ouvert alors que tous les partis semblent se concentrer au centre-gauche qui ne peut que démobiliser les électeurs conservateurs au Québec.


Voir aussi

Québec — Jamais aussi peu de naissances depuis 10 ans, jamais autant de décès

Russie — généreuse prime à la naissance, allocation mensuelle et hypothèque moins chère pour les familles

Québec — « La légende noire du clérico-natalisme »

Étude sur les garderies qui se paieraient d’elles-mêmes : la multiplication des pains (l’économiste Martin Coiteux)

Russie — la démographie expliquerait-elle le retour au conservatisme ?

Démographie : même taux de natalité au Canada qu’au Québec, sans « politique familiale » (CPE + congés)

Étude suggère augmentation du nombre d’adolescentes transgenres est en partie un phénomène social

JANETTE(*) MILLER n’a pas été très surprise lorsque sa fille est devenue transgenre il y a cinq ans. Une féministe qui porte rarement des maquillages ou des robes, elle a élevé sa fille Rachel(*) à ignorer les stéréotypes de genre. Enfant, Rachel aimait la bagarre, adolescente, elle sortait avec une fille. Ce qui a choqué Mme Miller, c’est la déclaration de sa fille selon laquelle elle souhaitait que son corps devienne plus masculin en prenant de la testostérone et en pratiquant une mastectomie. « Elle n’a jamais une seule fois dit : “Je me sens garçon” », déclare Mme Miller. « Elle aimait être une fille. »

Après s’être renseignée sur les conséquences d’une transition médicale, Mme Miller a dit à sa fille « qu’elle pouvait s’identifier au sexe qu’elle désirait », mais qu’elle ne lui permettrait pas de prendre de la testostérone, dont certains effets sont irréversibles, pas plus que de subir une « Chirurgie haute » avant qu’elle n’ait 18 ans. Elles se sont déchirées à ce sujet pendant des mois.

En règle générale, les adolescents présentent d’abord des symptômes de dysphorie de genre, terme clinique désignant la détresse causée par le sentiment que son corps ne correspond pas à son sexe à l’enfance. Mais au cours des dix dernières années, les cliniques des pays occidentaux [notons que c’est un phénomène occidental] ont signalé qu’un nombre croissant d’adolescents commençait à éprouver une dysphorie de genre pendant ou peu après la puberté. Et alors que ces jeunes adultes étaient auparavant surtout des hommes, de plus en plus de jeunes femmes disent éprouver ce mal-être. En 2009, 41 % des adolescents référés au Service britannique de développement de l’identité de genre étaient des femmes ; alors qu’en 2017 69 % l’étaient.

Lisa Littman, professeur adjointe en sciences comportementales et sociales à la très progressiste Université Brown, était curieuse de savoir ce qui causait ces changements. Elle avait lu sur des forums en ligne les récits de parents qui décrivaient de nouveaux comportements : des adolescents sans antécédents de dysphorie de genre à l’enfance annonçaient qu’ils étaient transgenres après une période d’immersion sur des sites protransgenres ou après des annonces similaires de la part de leurs amis. Son étude suggère que ces enfants sont peut-être aux prises avec ce qu’elle appelle une « dysphorie de genre à apparition rapide ».

Pour son étude, Mme Littman a recruté 256 parents d’enfants dont les symptômes de dysphorie de genre sont apparus soudainement pour la première fois à l’adolescence. Ces parents, parmi lesquels Mme Miller, ont participé anonymement à un sondage en ligne comprenant 90 questions. Les conclusions de Mme Littman suggèrent qu’un processus de « contagion sociale entre camarades » pourrait jouer un rôle. Selon les parents interrogés, 87 % des enfants sont devenus transsexuels après avoir passé plus de temps en ligne, après des « épidémies » de dysphorie de genre dans des groupes d’amis, ou les deux. Dans un tiers des groupes d’amis, la moitié ou plus des individus sont devenus transgenres ; en revanche, seulement 0,7 % des Américains âgés de 18 à 24 ans seraient transgenres. La plupart des enfants qui ont déclaré être transgenres sont devenus plus populaires. Rachel, la fille de Mme Miller, dit que lorsqu’elle déclara à ses amis, qu’elle avait tous rencontrés en ligne, ils l’avaient félicitée : « C’était, comme s’ils me souhaitaient la bienvenue à la maison ».

Mme Littman pense que certains adolescents peuvent adopter l’idée qu’ils sont transgenres pour faire face à des symptômes liés à un problème sous-jacent différent. Près des deux tiers des enfants étaient diagnostiqués d’un ou plusieurs troubles psychiatriques ou développementaux avant l’apparition de la dysphorie de genre ; près de la moitié d’entre eux avaient subi un traumatisme ou s’était mutilé. Ceci est cohérent avec d’autres études sur la dysphorie de genre quand elle se produit pendant la puberté. Certaines personnes cherchent à oublier leur douleur émotionnelle en buvant, en prenant de la drogue, en se coupant ou en se privant de nourriture. Mme Littman suggère que, pour certains adolescents, la dysphorie de genre pourrait également rentrer dans cette catégorie.

Se déclarer transgenre semble aggraver les choses

Lisa Littman poursuit : « La constatation la plus fréquente est que la santé mentale de l’adolescent ou du jeune adulte et la relation parent-enfant se sont dégradées après la déclaration d’être transgenre ».

De fait, les adolescents transgenres rapportent une série de conséquences de leur décision, parmi lesquelles une méfiance manifestée envers elles par les personnes non transgenres (22,7 %), la réduction du temps passé avec des personnes non transgenres (25 %), la volonté de s’isoler de leurs familles (49,4 %) et celle de n’accepter d’informations sur le changement d’identité sexuelle qu’à partir de sources transgenres. Lisa Littman s’est interrogée sur la raison pour laquelle le nombre de jeunes filles parmi les transgenres au Royaume-Uni avait bondi de 41 % à 69 % entre 2009 et 2017. Elle a ainsi relevé que parmi ces adolescentes sans histoire ancienne de perturbation identitaire cliniquement établie, leur décision survenait « après une période d’immersion dans des sites internet de niches, consécutive à l’annonce de décisions similaires par des amies ».

L’apparition de troubles du genre, explique Lisa LIttman, « semble survenir dans un contexte d’appartenance à un groupe de pairs dans lequel une, plusieurs ou même toutes les amies disent être avoir pris conscience de leur perturbation ou être devenues transgenres dans le même laps de temps ».

Contagion et autres troubles mentaux

Près des deux tiers des adolescents transgenres dont les parents ont participé à l’étude ont été diagnostiqués d’au moins un trouble mental du développement préalable à leur affirmation d’une volonté de changement d’identité sexuelle. Par exemple, près de la moitié ont tenté de se blesser ou ont subi un traumatisme important. « La contagion par des pairs est associée avec des syndromes dépressifs, des troubles de l’alimentation, des agressions, des brimades ou l’usage de drogues », explique Littman. En matière de troubles de l’alimentation, elle cite en particulier les sites internet qui prônent des pertes de poids excessives, font de ces troubles des éléments d’identification, offrant des stratégies de contournement de l’action des parents et des médecins pour continuer à perdre du poids. « Si ces mécanismes sont mis en œuvre dans un contexte de troubles de l’identité sexuelle, cela complique grandement l’évaluation et le traitement des adolescents et jeunes adultes concernés », relève l’auteur de l’étude.

Côté statistiques, l’étude a établi que 76,5 % des parents considèrent que leur enfant transgenre commet une erreur. Selon son évaluation, 33,7 % des adolescents et jeunes adultes concernés avaient dit avoir sollicité une modification médicale ou chirurgicale simultanément à l’annonce de leur décision de changer d’identité sexuelle, ce qui est particulièrement inquiétant. 67,2 % ont dit à leurs parents qu’ils souhaitaient recevoir des traitements hormonaux, et 53,4 % qu’elles souhaitaient une opération chirurgicale. Près du tiers (31,2 %) ont évoqué l’argument du suicide pour convaincre leurs parents d’accepter leur traitement. 55,9 % estiment que leur changement de sexe résoudra leurs problèmes sociaux, universitaires, professionnels ou de santé mentale.

Critiques et réplique

L’étude a suscité de vives critiques. Certaines légitimes. Bien qu’il s’agisse d’une première tentative étayée de décrire un phénomène récent, il est qualitatif plutôt que quantitatif et repose uniquement sur des entretiens avec des parents et non avec les enfants. Mme Littman a publié des liens vers son enquête sur trois sites Web où les parents et les cliniciens avaient décrit l’apparition soudaine de la dysphorie des adolescents : 4thWaveNow, Transgender Trend et Youthtranscriticalprofessionals.

Se référant à ces sites comme « anti-trans », Diane Ehrensaft, directrice de la santé mentale dans une clinique du genre à San Francisco, a écrit que « ce serait comme choisir des sites du Ku-Klux-Klan ou de l’extrême droite pour démontrer que les Noirs forment vraiment une race inférieure ». La professeur Littman répond que 88 % des parents dans son étude ont déclaré que les personnes transgenres méritaient les mêmes droits que les autres, ce qui est conforme à l’opinion nationale. La recherche sociale, en particulier quand elle porte sur les enfants, utilise souvent une méthodologie similaire.

La réaction à la publication de l’étude a dépassé ce que l’on pouvait attendre d’une différence d’opinion ordinaire entre universitaires. Brown a retiré de son site Web un communiqué de presse annonçant l’étude de la professeur Lisa Littman, notant que PLOS ONE, la revue dans laquelle l’étude avait été publiée, cherchait à obtenir une « expertise supplémentaire ». Dans une déclaration ultérieure, l’université a déclaré : « Il existe une obligation supplémentaire de vigilance dans la conception et l’analyse de la recherche chaque fois qu’il existe des implications pour la santé des communautés au centre de la recherche et des études. Des parents et universitaires ont en conséquence accusé l’université Brown de céder à la pression des activistes trans.

Censurer la recherche dans ce domaine risque de nuire à la santé de nombre d’adolescentes en difficulté. Rachel, maintenant âgée de 21 ans, croit qu’elle s’est accrochée à une identité trans dans le but de faire face à une dépression bipolaire, après avoir été abusée sexuellement pendant son enfance. Après avoir reçu un traitement, sa dysphorie de genre a disparu. Si sa mère avait cédé quand sa fille avait 16 ans, comme plusieurs thérapeutes du sexe l’avaient exhortée, Rachel se serait lancée dans une transition médicale qu’elle ne souhaitait pas après tout.

Source : The Economist et l’étude sur PLoS One

(*) Les noms ont été changés.

Voir aussi

Jordan Peterson et les jeunes “trans” (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

Élève à la télévision : “J’en parlais avec mes amis trans à l’école...”

Urgence québécoise : “Adapter l’école aux écoliers transgenres”

Le genre et l’université : une chape de plomb s’abat


lundi 3 septembre 2018

États-Unis : les jeunes femmes adultes sceptiques envers le féminisme militant et l'avortement

Au début du mois d’août, Refinery29 a publié un sondage effectué auprès de plus de 2 000 femmes de la génération Y (nées entre 1983 et l’an 2000) en collaboration avec CBS News, en les interrogeant sur un éventail de questions politiques.
La plus grande partie de la couverture médiatique a porté sur le fait qu’un faible pourcentage de ces femmes âgées de 18 à 35 ans soutiennent le président Donald Trump.

Le sondage contient cependant aussi des résultats intéressants sur les attitudes des femmes du millénaire envers le féminisme et l’avortement. Le sondage a notamment révélé que seuls 46 % des femmes de la génération Y se disent féministes.

Refinery29 a publié un article ultérieur sur cette partie du sondage, pour y inclure des entretiens de suivi avec certaines femmes interrogées. Une femme a déclaré qu’elle croyait que les féministes accordaient trop d’importance à des questions telles que l’avortement et la contraception, tandis que d’autres ont déclaré qu’elles désapprouvaient la manière dont certaines féministes acceptent les choix provocateurs en matière de vêtements et la valorisation de la promiscuité sexuelle. Une femme a déclaré que les féministes modernes ignorent les besoins des femmes appartenant à des minorités. D’autres ont déclaré croire que la plupart des femmes se débrouillent bien sur le plan économique et que, par conséquent, les plaintes féministes sont dépassées. Le sondage a également révélé que seuls 28 % des femmes de la génération Y que l’avortement devrait être autorisé dans tous les cas [comme c’est le cas au Canada actuellement] tandis que 72 % pensent qu’il devrait y avoir des protections légales pour les enfants à naître.

Fait intéressant, la firme de sondage Pew et Gallup a posé des questions similaires sur l’avortement et a obtenu des résultats comparables parmi le grand public. Contrairement à l’opinion de nombreux commentateurs professionnels, les attitudes des femmes de la génération Y envers l’avortement sont globalement conformes à celles de la société en général. En outre, le sondage a révélé que le problème politique le plus important pour ces femmes était en réalité les soins de santé — et non l’avortement. Les résultats des sondages ont également indiqué que seuls 29 % des femmes du millénaire sont « heureuses » ou « satisfaites » de la présidence de Donald Trump. De même, seuls 30 % des personnes interrogées estiment que le pays va dans la bonne direction et que les femmes de la génération Y veulent que le parti démocrate prenne le contrôle du Congrès en 2018. D’une manière générale, le sondage Refinery29 concorde avec la plupart des sondages. Ces données montrent que la génération actuelle de jeunes adultes est sceptique face au féminisme militant et sympathique à l’instauration de protections pour les enfants à naître, même si les jeunes adultes sont moins enclins que les autres groupes démographiques à soutenir les candidats politiques républicains.

Québec — Que penser du nouveau programme obligatoire d'éducation à la sexualité ?

Que penser de l'éducation sexuelle obligatoire ?


Soirée d'information sur le nouveau programme pour le primaire et secondaire sur l'apprentissage en éducation à la sexualité.



Mardi le 4 septembre à 19 h 00

223, rue Saint-Charles Sud

Granby (Québec)

Animatrice : Josée PERRIER

Responsable du ministère des enfants

Église de la Victoire

France — Inertie de l'école publique et nécessité des écoles libres

[Note du carnet : les écoles libres françaises — non subventionnées — bénéficient de nettement plus de libertés que les écoles québécoises. Pas de programme de morale et de vision du fait religieux imposé contrairement au Québec avec son cours d'éthique et de culture religieuse imposé à tous les élèves ou de ses manuels officiels scrutés et nécessairement approuvés par le Bureau d'approbation du matériel didactique.]

Depuis l’arrivée de Jean-Michel Blanquer, le bon sens est revenu dans le discours de la rue de Grenelle. Et l’on pourrait croire que les écoles privées hors contrat sont moins nécessaires. C’est illusoire à vrai dire, parce que, dans un ministère gérant 12,4 millions d’élèves et 1,1 million de professeurs, il y a un pas difficile à franchir entre discours et réalité. L’Inspection, les syndicats, les inerties et l’hypercomplexité administratives et même certains membres du cabinet, gardiens de la ligne Hollande, font obstacle à ce que les idées marquées au coin du bon sens de notre ministre passent réellement dans les faits. Ainsi le latin et le grec n’ont pas été relevés, la réforme des programmes est anecdotique, celle du bac [DEC au Québec] et du lycée une usine à gaz coûteuse et liberticide, sans parler de celle de l’affectation des étudiants dans le supérieur, qui est un fiasco. La personnalité du ministre, manifestement brillant, n’y est pour rien. Les structures et les corporatismes sont tout.

S’impliquer dans l’éducation


Dans ce contexte, la Fondation pour l’école mène une action de longue haleine pour encourager les parents et la société civile à compter plus sur eux-mêmes que sur l’État, et à s’impliquer davantage dans l’éducation. La multiplication des écoles indépendantes est au cœur de ce processus de réappropriation du champ éducatif par les parents. Une autre école est possible que celle de l’Éducation Nationale. Nos enfants ne sont pas condamnés à boire son déprimant breuvage. Les ouvertures d’écoles indépendantes augmentent de 32 % l’an : une croissance exponentielle ! Les parents ont ainsi plus de chances de trouver une école adaptée aux besoins réels de chacun de leurs enfants. Une petite école Montessori catholique pour tel enfant désireux d’apprendre vite et par lui-même, sans subir le diktat des besoins moyens du groupe classe, une école utilisant tous les savoirs neuro-développementaux pour enseigner les enfants dys- ou hyperactifs, ou encore une école réservant beaucoup de temps à la pratique artistique, qui fait grandir aussi sûrement l’âme que les leçons de maths comme à l’Académie Anne de Guigné ou à celle de Liesse ! Une école au cœur de la France rurale dévitalisée pour rendre leur fierté à de jeunes ruraux en déshérence, à l’instar du Cours Clovis à La Fère…

La Fondation pour l’école fait tout pour garantir la qualité et la pérennité de ces écoles : outre les 3 millions (et même 5,8 millions en intégrant les subventions octroyées par ses fondations abritées) de subventions qu’elle alloue annuellement, elle forme avec soin les créateurs et directeurs d’école, elle pousse les écoles à la qualité en leur proposant de travailler à leur labellisation Qualité et en imposant le respect de sa charte de protection des mineurs.

Surtout, la Fondation investit dans la formation des équipes éducatives : à l’Institut libre de formation des maîtres (ILFM), elle forme instituteurs et éducateurs ; dans la toute récente Académie du Professorat, elle forme en mathématiques, français, histoire et géographie les professeurs en poste dans les collèges et lycées hors ou sous contrat ; à l’École professorale de Paris, c’est à l’agrégation et au Capes qu’on se prépare, avec un taux de réussite cette année de 100 % de reçus au CAPES de lettres, histoire et maths et 2/3 à l’agrégation de lettres modernes par exemple. Les récents rapports officiels sont clairs : la France doit relever sa formation initiale et continue de toute urgence si elle veut réussir la réforme de son école. Mais l’État n’est pas prêt à liquider l’héritage des IUFM, devenus ESPE, bien que sa nocivité soit reconnue du ministre lui-même.

Un rôle capital à jouer

Dans ce contexte, nos instituts de formation ont un rôle capital à jouer. Notre diplôme principal est reconnu au plus haut niveau (équivalant à un Master II [deuxième année de maîtrise]). Pour diffuser les meilleures pratiques pédagogiques au-delà des seules écoles indépendantes, nous avons développé une plateforme de partage de cours très performante, entièrement numérique et gratuite : www.laplateformeduprofesseur.com Elle répond au mot d’ordre « des cours, pas des discours ! » Nous avons créé des fondations à l’étranger (aux États-Unis et en Belgique, pour toute l’Europe) pour bénéficier de la forte dynamique internationale en faveur de la liberté scolaire et permettre aussi aux expatriés de soutenir la transformation du système éducatif de leur pays natal.

Enfin, c’est aussi un long travail politique que nous poursuivons. Au Sénat, en juin, nous avons sensibilisé des responsables politiques de tous bords à la nécessité de donner plus de place à la liberté scolaire pour assurer l’égalité des chances de chaque enfant, même peu scolaire ou faiblement soutenu par sa famille. Nous travaillons activement sur les solutions de type chèque-éducation permettant d’éviter la double imposition des familles investissant dans l’éducation de leurs enfants, au prix d’importants sacrifices. Pour toutes ces actions, nous comptons vraiment sur votre soutien fidèle.

Anne Coffinier
Directrice générale de la Fondation pour l’école.


vendredi 31 août 2018

Éducation à la sexualité : ThéoVox s'entretient avec M. Raymond Ayas

Cette semaine, ThéoVox s’est entretenu avec un invité qui maîtrise bien le nouveau programme d’éducation à la sexualité imposé par le gouvernement dans nos écoles. Il siège comme membre élu du conseil de l’établissement de l’école de ses enfants. Il est membre du comité de parent du Montreal English School Board et est également Membre de l’APCQ (Association des parents catholiques de Québec).

M. Raymond Ayas est activement impliqué dans le milieu scolaire et il ne tarit pas d’opinions sur ce programme d’éducation à la sexualité.



jeudi 30 août 2018

L’autonomie des écoles, un levier contre l’échec scolaire

Les meilleures écoles sont celles disposant d’une grande autonomie sur le recrutement des professeurs. Il faut offrir cette liberté à nos établissements pour redresser le niveau des élèves.

L’OCDE a récemment publié un rapport PISA qui tord le cou a plusieurs idées reçues. Cette étude insiste sur le fait que la qualité de l’école est d’abord celle de ses enseignants et que les écoles en milieu défavorisé parviennent à relever le niveau de leurs élèves en attirant les meilleurs d’entre eux plus qu’en réduisant la taille des effectifs des classes.

Le rapport montre aussi que les pays où les populations désavantagées bénéficient d’enseignants de qualité sont globalement ceux où les écoles ont une plus grande autonomie d’embauche, voire de licenciement, des professeurs. Ceci n’est pas le cas dans les pays du sud de l’Europe, où l’enseignement public est dominant, avec des enseignants bénéficiant d’un statut prévoyant leur avancement plus à l’ancienneté qu’au mérite et dans un cadre très contraint.

Selon cette étude, dans 13 des 19 pays les plus performants sur le plan scolaire, plus de 80 % des élèves de 15 ans étudient dans des écoles dont la gouvernance a la responsabilité de recruter ses enseignants, et dans 9 de ces 19 pays, de s’en séparer. Il y a des exceptions, et la plus notable est la Suède, qui dispose d’un vaste réseau d’écoles privées ou associatives dont les parents ont le libre choix au travers d’un bon scolaire. Mais le système scolaire suédois peine à faire face à un afflux considérable de migrants ces dernières années, jusqu’à 160 000 en 2016, l’équivalent en termes de population de 1,3 million pour l’Allemagne. [Notons aussi que les écoles privées suédoises — comme les Québécois (essayez de ne pas enseigner ECR !) — bénéficient de peu de liberté quant au programme d’enseignement.]

Expérimentation britannique

L’autonomie des écoles favorise tout à la fois l’adaptation des rémunérations en fonction de la performance, et peut-être plus encore des organisations plus souples et plus attentives aux besoins des élèves et aux préoccupations des enseignants. Les conditions de travail, la formation permanente, l’évaluation régulière et la participation au projet de l’école en sont les principaux exemples.

Le Royaume-Uni a amélioré de 9 points son classement PISA

Le Royaume-Uni a expérimenté l’intérêt de cette autonomie en favorisant l’émergence d’un nouveau type d’établissement : les académies. Indépendantes, mais subventionnées, elles représentent désormais plus du quart des établissements financés par l’État. Dans le même temps, le Royaume-Uni a amélioré de 9 points son classement PISA (moyenne des trois disciplines), tandis que le budget alloué à l’éducation par rapport au PIB diminuait de 21,54 % selon Eurostat.

Dans le classement PISA 2015, la France était 25e en moyenne et, au sens de l’OCDE, son système serait peu performant et inégalitaire. Ces résultats sont confirmés par le dernier Programme international de recherche en lecture scolaire, réalisé en 2016 auprès des élèves de 50 pays du monde, à la fin de leur quatrième année de scolarité obligatoire — en CM1 donc, pour la France. Celle-ci est en 34e position.

Écoles hors contrat (non subventionnées et libres)

Les efforts de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale pour faire bouger le « mammouth » sont courageux et encourageants. Mais suffiront-ils face aux terribles résistances intérieures qui risquent de s’y opposer ? Une vraie et profonde autonomie, nécessaire, a peu de chances d’être mise en œuvre dans un milieu sclérosé par son statut. Sauf peut-être à favoriser la concurrence qui l’obligerait à réagir pour survivre et encouragerait de nouvelles expériences éducatives, en même temps qu’elle susciterait une offre plus large pour s’adapter aux besoins des enfants.

À cet effet, l’État pourrait, sous un certain contrôle, accorder aux écoles hors contrat un montant par élève équivalent au coût supporté pour les élèves des écoles privées sous contrat. Ce qui serait justice, car l’État n’a pas à financer que « ses » écoles, mais faire en sorte que tous les enfants soient instruits dans le respect du choix éducatif de leurs parents.

Jean-Philippe Delsol,
Président de l’Institut de recherches économiques et fiscales (Iref).

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Chine — Taxer les couples de moins de 40 ans jusqu'à la deuxième naissance ?

Après la politique de l’enfant unique mise en place en Chine en 1979, assouplie depuis 2005, Pékin s’apprête à présent à renoncer à toute régulation des naissances, car c’est aujourd’hui le vieillissement de la population qui inquiète.

​Selon un journal juridique officiel, Pékin va mettre un terme à quarante ans de planification familiale avec un code civil qui ne fait plus référence à la limitation du nombre d’enfants par couples. La législation avait déjà été assouplie en octobre 2015.

Mais en dépit des efforts de Pékin, le taux de natalité reste désespérément bas. En 2017, la Chine a dénombré 1,6 enfant par femme — le même chiffre que le Québec où personne ne semble parler de natalité malgré des impacts linguistiques et culturels évidents liés à cet effondrement démographique —, bien au-dessous des 2,1 nécessaires au renouvellement de la population. Beaucoup de couples refusent encore aujourd’hui de donner naissance en raison du coût élevé de l’éducation ainsi que du sacrifice qu’enfanter constitue pour les travailleurs chinois.

Or, le vieillissement de sa population devient un enjeu de plus en plus pressant pour le géant asiatique. Depuis 1965, le nombre de seniors a grimpé de 4 à 10 %. Le nombre d’adultes en âge de travailler a baissé de près de 5,5 millions en 2017. Et la tendance va s’aggraver avec le temps : selon les estimations du gouvernement, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans devrait tutoyer les 487 millions en 2050, pour atteindre près de 35 % de la population totale.

Dans de nombreuses familles, il y a un seul petit-enfant pour quatre grand-parents. Résultat : une pyramide des âges déséquilibrée.
Avoir un bébé ? Ou deux ? Pourquoi pas trois ? Ou quatre ? Le Parti communiste semble décidé : les Chinois, eux aussi, pourront bientôt fonder des familles nombreuses. Dans les rues de Shanghai, la nouvelle est très bien accueillie. La mesure est envisagée pour 2020. Terminées, donc, les limitations de naissances instaurées il y a quarante ans. Car il y a urgence : la Chine vieillit et a besoin de bras pour travailler. Pour la sixième année consécutive, la population active a chuté : -5,5 millions de travailleurs en 2017, et le nombre des plus de 60 ans devrait doubler en vingt ans pour atteindre 35 % de la population.

Pour rééquilibrer sa démographie, Pékin compte donc sur ses familles, mais elles sont souvent réticentes. Ce jeune Chinois de 4 ans est fils unique. Comme la plupart des Chinois de la classe moyenne, ses parents n’envisagent pas de profiter de cette mesure. Signe de l’inquiétude des autorités : pour pousser ces familles à s’agrandir, des chercheurs proposent de taxer les couples de moins de 40 ans jusqu’à ce qu’ils aient au moins deux enfants.

Les élèves en difficulté plus nombreux en réalité, selon des profs

Dans les écoles publiques québécoises, la proportion d’élèves en difficulté est jusqu’à deux fois plus élevée que celle que donne le portrait dressé par le ministère de l’Éducation, selon certains enseignants.

C’est du moins l’un des résultats d’une enquête menée par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), dont « Le Journal de Québec » a obtenu une copie. Environ 8500 employés du réseau scolaire public ont participé à ce coup de sonde au printemps dernier, dont plus de 5000 enseignants.

Selon les chiffres officiels du ministère de l’Éducation, la proportion d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage — qu’on appelle les EHDAA dans le jargon scolaire — est d’environ 20 % au primaire et de 30 % au secondaire, dans le réseau public. Ces élèves ont besoin de services particuliers qui sont détaillés dans un plan d’intervention.

Or, davantage d’élèves devraient être identifiés comme tels par le ministère de l’Éducation, selon les enseignants interrogés. Ces derniers estiment que la proportion d’élèves en difficulté dans les classes ordinaires varie plutôt entre 32 % et 41 % en réalité. « C’est à peu près le double des enfants qui ont des besoins particuliers, selon les enseignants. C’est particulièrement préoccupant », lance Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’IRIS et coauteure du rapport de recherche Portrait de la situation dans les écoles du Québec.

Le nombre d’élèves en difficulté est en hausse

Certains élèves en difficulté ne seraient pas identifiés comme tels, parce que les services ne sont pas au rendez-vous, expliquent les enseignants interrogés. Selon eux, les longues listes d’attente pour des services en psychologie ou en orthophonie dans les écoles publiques privent ces élèves d’une évaluation en bonne et due forme.

« Le nombre d’élèves en difficulté est en hausse, et l’impact sur les conditions de travail est bien réel », ajoute Mme Couturier. Une majorité d’enseignants estiment que le nombre d’heures supplémentaires qu’ils consacrent à leur travail a augmenté au cours des cinq dernières années. Près du tiers des enseignants affirment vivre de l’épuisement émotionnel lié à leur travail.

Les compressions des dernières années en éducation ont aussi contribué à assombrir le portrait, peut-on lire dans le rapport de l’IRIS. L’Institut estime que le manque à gagner dans le réseau scolaire est de 1,4 milliard $, soit la somme qu’il aurait fallu investir en 2016-2017 afin de combler l’augmentation des coûts de système depuis 2003.

Bémol

Notons que l’IRIS est un organisme assez partisan qui préconise toujours plus d’interventions de l’État et ne remet pas en cause l’idée que les politiques étatistes et une certaine décomposition familiale pourraient être à la base de ces difficultés. Le Québec est fier de sa « modernité », il y naît beaucoup d’enfants hors mariage, le mariage n’est plus de mode. Le Québec aide beaucoup les familles monoparentales. Or on sait, notamment, que la décomposition familiale et les familles monoparentales s’accompagnent de problèmes sociaux et éducatifs (voir liens au bas du billet). Se pourrait-il que la « modernité » du Québec engendre ces difficultés en hausse ?

On pourrait bien sûr émettre d’autres hypothèses à cette hausse contemporaine du nombre d’élèves en difficulté.  On peut notamment considérer que le « complexe éducatif » — les syndicats d'enseignants, la bureaucratie — a tout intérêt à gonfler ce nombre afin d’attirer davantage de subventions et de faire grossir leurs rangs. Ensuite, il se pourrait que l’école québécoise elle-même crée des conditions qui augmentent dans une certaine mesure les élèves en difficultés par une pédagogie inefficace ou, par exemple, par une cadre peu propice à certains profils en particulier chez les garçons. Les raisons sont sans doute complexes et multifactorielles. Mais ce qui est frappant c’est que l’on parle très peu des causes de cette augmentation récente dans le nombre des élèves en difficultés, on se concentre plutôt sur la réponse facile : l’augmentation des dépenses.

Quant aux compressions des dernières années, il faut relativiser leur ampleur. Au cours des dix dernières années, les dépenses publiques en éducation de la maternelle à la fin du secondaire, en incluant les parcours professionnels et l’éducation des adultes, sont passées de 11,3 à 12,9 milliards $ en dollars constants, une hausse de 14,1 %. Cependant, durant la même période, le nombre total d’élèves dans le secteur public a diminué de 1,05 million à 983 000, une baisse de 6,5 % (voir Figure 1 ci-dessous). Ces chiffres excluent l’éducation supérieure et les subventions à l’école privée. Les dépenses réelles pour chaque élève (c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation) sont donc passées de 10 791 $ à 13 162 $, une hausse de 22 % en dix ans. Cette augmentation a un effet considérable sur les finances du Québec, puisque l’éducation est le second poste de dépenses en importance, derrière la santé. Pour juger de cet impact, notons seulement que si les dépenses réelles par élève étaient restées stables au cours de la période étudiée, les dépenses totales de l’État auraient été de 2,3 milliards $ moins élevées en 2015-16.



Le rapport élèves-enseignant dans les commissions scolaires est passé de 14,4 à 13,2 entre 2006-07 et 2015-16. Ce changement, qui peut sembler minime, a eu des impacts considérables sur les coûts récurrents en éducation.

La deuxième cause d’augmentation des dépenses est liée aux paiements de l’État dans les caisses de retraite des employés, qui ont bondi de près de 50 % en tenant compte de l’inflation lors de cette même période. La troisième raison est le vieillissement des employés : comme on embauche pour le moment relativement peu de nouveaux professeurs, la progression automatique dans l’échelle salariale au fil des années fait augmenter les coûts par employé.


Améliorer la situation selon ces professeurs

Afin d’améliorer la situation, les enseignants interrogés réclament une nouvelle diminution du nombre d’élèves par classe et encore plus de ressources pour les élèves en difficulté.

Selon les chiffres du ministère de l’Éducation, près de 20 % des profs ont reçu une compensation financière pour des dépassements du nombre d’élèves dans leur groupe en 2016-2017, une proportion relativement stable au cours des dernières années.

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