vendredi 16 septembre 2016

Storiavoce, webradio consacrée à l'histoire

Une nouvelle venue dans le paysage des webradios : Storiavoce a vu le jour le 6 septembre dernier.

Retrouvez-la sur http://storiavoce.com/

Les quatre grandes périodes (antique, médiévale, moderne, contemporaine), illustrées par des conférences de qualité.

Exemple d'émission : L’armée romaine dans la tourmente

Spécialiste d’Histoire militaire à l’époque romaine, Yann Le Bohec a publié un ouvrage sur les causes de la crise du IIIe siècle intitulé L’Armée romaine dans la tourmente (Éditions du Rocher, 2009). Longtemps occulté par la vision marxiste de l’Histoire, le domaine militaire est ici réhabilité et le domaine militaire est ici réhabilité et donne des clés d’explications incontournables dans la compréhension de l’époque romaine, de ses forces et de ses faiblesses, de ses crises et de ses renaissances.



Critique de l'ouvrage par Didier Paineau

L'Armée romaine dans la tourmente, un maître-livre sur une période clé
Ecrivains et auteurs : Yann Le Bohec
Thèmes : Histoire Essai

Yann Le Bohec est professeur d’histoire romaine à la Sorbonne. Il est spécialisé dans l’histoire militaire. Nous ne dirons jamais assez qu’il ne s’agit pas de relations d’exploits guerriers, mais de guerre dans son ensemble, qui va de la taille d’une épée à la plus fine analyse stratégique. Outre l’ouvrage présenté ici, le lecteur séduit, pourra toujours commander au Rocher, ce que le professeur y a fait paraître sur César ou les guerres puniques. Le professeur Le Bohec sait allier la clarté et la profondeur. La rigueur de sa problématique, la simplicité directe de son style et la franchise modeste de ses propositions, sont un enchantement. Il est à rebours de tant d’universitaires qui manient la langue de bois et semblent confondre profondeur et confusion.

La Paix Romaine

L’empire romain, né avec Auguste au début de notre ère, connaît une remarquable stabilité, épicée par les frasques réelles ou supposées de ses dirigeants. La situation bascule après la dynastie des Sévères (193-235). L’empire est attaqué au nord et à l’est, il est en proie à des désordres intérieurs majeurs (entre 235 et 268, seize empereurs se succèdent, quatorze finissent assassinés et on compte une quarantaine d’usurpateurs, nom communément donné aux vaincus!) et s’enfonce dans la crise économique et financière, la crise sociale et morale. Si de nombreux érudits se sont accordés à donner une origine militaire à cette crise, le mépris dans lequel est souvent tenu l’histoire militaire a laissé cette question dans l’ombre. Yann Le Bohec vient combler cette lacune.

Après avoir décrit les piliers de la Paix Romaine sous les Antonins, l’auteur explique la puissance de l’armée romaine, seule armée permanente au monde avec celle de la Chine. A 18 ans, les jeunes romains passaient devant le conseil de révision. On prenait les meilleurs, les esclaves étaient exclus et les pérégrins ne pouvaient entrer que dans les unités auxiliaires (ainsi que les citoyens recalés à l’entrée dans la légion). Si l’on était retenu, c’était parti pour vingt-cinq ans de service ! L’armée était très disciplinée, convenablement payée et disposait de tous les services nécessaires. En 193 on compte trente légions de 5000 hommes et autant d’auxiliaires répartis dans tout l’empire. C’est de l’infanterie lourde. La stratégie de l’empire romain n’est pas comparable aux stratégies de nos états aujourd’hui. Les états antiques n’ont pas nos moyens d’étude ni de contrôle, ni les statistiques, ni les sciences économiques n’existent… La stratégie romaine est donc globalement défensive, n’excluant pas les guerres préventives, sans doute depuis le désastre du Teutobourg en l’an 9 (voir sur le site l’article sur le livre du même auteur). Le limes qui protège l’empire est une expression assez anachronique et ne doit pas être vu comme une gigantesque barrière. Il est plus empirique, s’adaptant à la géographie, mur ici, fortin là pour contrôler une oasis et empoisonner les puits en cas d’urgence… Il n’est surtout pas un dogme ! L’armée est fière d’être romaine, elle repousse ses ennemis sans difficulté, elle « romanise » l’empire.


Les ennemis de Rome, de plus en plus forts

Yann Le Bohec innove en étudiant les ennemis de l’empire. Il commence par les Germains, et, en effet quelle évolution depuis le règne d’Auguste ! Elle tient en deux éléments principaux. Les Germains ont constitué des confédérations plus stables que les agrégats de peuples occasionnels de la période précédente : les Francs et les Alamans, bientôt complétés par de nouveaux venus, les Goths. Leur armement et leur tactique (phalange, attaque en « museau de porc » c'est-à-dire en triangle) viennent au secours d’une frénésie ancienne et redoutée.

Les Iraniens, eux aussi, ont évolué. Ils ont appris de leurs ennemis romains, sans doute par des transfuges comme nous le dit Hérodien… Ils se dotent d’une infanterie lourde ( ?) au sein d’une armée permanente sous la dynastie des Sassanides. La société est soudée autour d’une religion unique et forte, le zoroastrisme. Les tactiques s’améliorent, notamment la poliorcétique (technique de siège).

Il semble que les ennemis de Rome connaissent en plus un essor démographique. La force de ces ennemis et leur capacité de nuisance oblige l’empire à faire face de tous côtés et encourage des ennemis secondaires à plus d’audace comme les Bretons, les Daces et les nomades d’Afrique du nord…

La crise tous azimuts

Les guerres permanentes qui s’ensuivent provoquent l’inflation et la crise économique par la hausse vertigineuse de la solde des légionnaires et l’augmentation de leur nombre. En plus, le pouvoir central ne pouvant faire face partout, des provinces font sécession et tentent de prendre leur destin en main, Palmyre avec la célèbre reine Zénobie ou la Gaule de Postumus. Après 275, les « empereurs illyriens » rétablissent la situation. Mais l’armée a changé. Elle a plus recours à des étrangers, privilégie les armes de jet, l’épée longue, la lance, utilise de la cavalerie lourde, toutes techniques empruntées aux ennemis. Elle est moins disciplinée, par exemple les soldats romains pillent leurs propres compatriotes ce qui était impensable mais la logistique aussi s’est dégradée! La crise monétaire rend la paye incertaine et sa part en nature augmente.

Le redressement

Avec Dioclétien la situation se redresse mais il semble que les Romains s’adaptent sans penser une globalité qu’ils n’ont pas les moyens d’envisager. L’armée augmente en effectif, on renonce à une conscription dont la qualité s’est dégradée par ailleurs (on ne cherche guère à entrer dans une armée qui accumule les revers). Au début de l’empire les soldats n’avaient le droit de se marier, leurs compagnes avaient donc le statut de prostituées. Malgré tout des enfants naissaient, les castris (nés au camp) et, ainsi que les provinciaux, ont pris une part croissante dans les effectifs. Les « Italiens » sont devenus peu à peu largement minoritaires.

[...]

Didier Paineau


L'Armée romaine dans la tourmente,
par Yann Le Bohec,
aux éditions du Rocher,
collection L'Art de la guerre,
paru en mars 2009,
à Monaco,
nombreuses illustrations, bibliographie, sans index hélas,
320 pages,
21 euros


Remplacer le cours d’ECR par un cours sur le patrimoine québécois

Éric Lanthier dans le Héraut de (la rue) Prince Arthur suggère d'abolir le programme ECR et de le remplacer par un cours sur le patrimoine québécois. 

Nous le trouvons trop pessimiste quand il déclare que « les Québécois ont cessé de se battre contre ce cours qui ne plaît qu’aux adeptes du multiculturalisme ». Le simple fait que de nombreuses personnes continuent de vouloir l'abolir ou l'améliorer (Louis Cornellier du Devoir qui simplifie à outrance la position des parents religieux) montre bien la persistante insatisfaction des Québécois face à ce cours controversé. Les Québécois combattent ce programme non seulement en demandant son abrogation, mais également en ne l'enseignant guère dans les écoles et en continuant de vouloir en exempter leurs enfants de manière isolée (nous avons reçu cette semaine plusieurs demandes d'aide de parents qui voudraient que leur enfant en soit exempté, ils sont convoqués par le directeur de l'école (aux ordres) et se trouvent désarmés devant le Monopole de l'Éducation au Québec).

Le cours d’Éthique et de culture religieuse (ECR) ne fait pas consensus au sein des idéologues; il est contesté par les identitaires, par les croyants de foi athéiste, par les laïcistes intégristes et par les tenants du droit des parents de choisir un cours correspondant à leurs valeurs et à leurs croyances. Par l’usure des choses, les Québécois ont cessé de se battre contre ce cours qui ne plaît qu’aux adeptes du multiculturalisme.

Pour ma part, je suis un partisan du droit des parents. L’école n’appartient ni à l’État, ni à la société civile, ni aux employés qui y travaillent dans des conditions exécrables mais aux parents. L’école a toujours été l’extension du foyer. Le système scolaire est donc un outil collectif pour compléter le travail des parents et pour s’assurer que leur enfant soit équipé à vivre dans le présent siècle.

Base du nouveau programme

Au lieu d’endoctriner les élèves dans une vision du monde contraire à celle des parents, l’école devrait instruire les jeunes sur nos racines et sur notre patrimoine. Cette approche pourrait les aider à mieux comprendre notre contexte culturel.

La place d’ECR

Le cours d’Éthique et de culture religieuse (ECR) devrait être enseigné uniquement à la fin du secondaire pour donner strictement aux élèves des connaissances sur le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, l’islam, l’hindouisme et la spiritualité amérindienne. En ce qui concerne les autres niveaux du primaire et du secondaire, le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) [Note du carnet : il est devenu le Ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, MEES, en 2015] pourrait offrir aux élèves un cours sur le patrimoine québécois. Essentiellement, ce cours serait en trois volets : le patrimoine religieux, le patrimoine colonial et le patrimoine culturel. Ainsi, il répondrait aux grandes questions suivantes :
  • Pourquoi les fêtes de Noël, de Pâques et de l’Action de grâce font-elles partie du calendrier québécois?
  • D’où vient la fête de Noël?
  • Quelle est la différence entre la Pâque juive et les Pâques chrétiennes?
  • Pourquoi les chrétiens affirment-ils que Jésus est Dieu fait homme?
  • Pourquoi Jacques Cartier plantait-il des croix en Nouvelle-France?
  • Qui furent les premiers chrétiens en Nouvelle-France?
  • Pourquoi fuyaient-ils la persécution?
  • Comment se fait-il qu’il y ait des clochers dans tous les quartiers et dans tous les villages du Québec?
  • Pourquoi des rues et des municipalités portent-elles des noms de saints?
  • Quelle est la différence entre les protestants et les catholiques?
  • Comment les cabanes à sucre sont-elles apparues?
  • Comment danse-t-on les rigodons et les «sets carrés»?
  • Quels sont les vêtements d’époque québécois?
  • Quelle est l’histoire du hockey sur glace?
  • Depuis quand les Québécois s’adonnent-ils à la chasse et à la pêche récréatives?
  • Quels sont les mets typiquement québécois?
  • Qui sont les auteurs, les acteurs et les scientifiques qui ont marqué le panorama québécois?

Par ailleurs, ce cours permettrait aux enfants issus des communautés culturelles de comprendre la culture et le patrimoine québécois. Esquiver ces grandes questions ne serait qu’un mépris pour notre histoire et pour notre patrimoine. Il est temps qu’un leader politique se lève et rallie les élèves autour d’une compréhension commune des sources de notre réalité contemporaine. À défaut, ne sachant pas d’où on vient, on ne sait pas où l’on va…

mercredi 14 septembre 2016

« ECR — Il faut l'abolir »

Mathieu Bock-Côté préconise dans une chronique parue ce jour d’abolir le programme d’éthique et de culture religieuse imposé à tous les élèves du Québec (écoles privées ou publics pendant dix ans de leur scolarité), sans exception :

Pendant encore un mois, la course à la chefferie du PQ fera l’actualité. Et contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, on n’y parle pas que de référendum.

Récemment, Jean-François Lisée a ainsi proposé d’abolir le cours Éthique et culture religieuse (ECR) et de le remplacer par un cours d’éducation civique.

C’est une proposition fondamentale qui n’a pas trouvé l’écho qu’elle méritait.

Qu’est-ce que le cours ECR ?


Enseignement des religions ?

À ce qu’on veut nous faire croire, c’est un cours censé instruire la jeune génération sur les différentes traditions religieuses et spirituelles qui existent dans le monde.

S’il faisait vraiment cela, il faudrait l’en féliciter. Qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas, les religions façonnent notre monde et mieux vaut les connaître qu’ignorer leur histoire et ce qu’elles représentent.

Mais ce n’est pas ce que fait ECR. Au contraire : son objectif, c’est de présenter une vision fondamentalement positive des religions.

Il se donne une mission : faire accepter, tout accepter, au nom de la diversité. Niqab, hidjab, burqa, burkini, etc. : il est interdit de juger. Ou plutôt, il faut juger positivement ! On désamorce­­ l’esprit critique !

On ne se surprendra pas que les jeunes, aujourd’hui, adhèrent au multiculturalisme­­ : on les y endoctrine pendant tout leur passage à l’école. Ils répètent ce qu’on leur a appris en classe.

Dans Le Nouvelliste, le 8 septembre, un étudiant, Jeremy Normand, témoignait à propos de son passage dans le cours ECR. Il l’accusait de militer pour le relativisme culturel et de toujours pousser les étudiants à imaginer de nouveaux « accommodements raisonnables­­ ».

Ce n’est pas surprenant. Certains des concepteurs de ce cours l’ont déjà avoué : quand tous les Québécois auront passé par ECR, ils seront favorables à la logique des accommodements raisonnables.

On imagine la scène : l’enfant est à l’école. On lui pose une question. Par exemple, est-ce qu’une éducatrice en garderie peut porter le niqab ? Réponse. Il faut accommoder. Toujours accommoder.

Pour avoir une bonne évaluation dans ce cours, il faut faire preuve d’une bonne attitude devant la « diversité » et les religions. Ce n’est pas l’esprit­­ critique qu’on y cultive, mais l’esprit béat.

ECR ne vise pas à transmettre des connaissances, mais une idéologie et un programme politique. À défaut de convaincre les parents des bien-fondés du multiculturalisme, on décide de laver le cerveau des jeunes générations.

Propagande

Est-ce vraiment la vocation de l’école que d’être ainsi instrumenta­lisée par les promoteurs zélés d’une vision du monde militante ? Que dirait­­-on si les souverainistes décidaient à leur tour de soumettre l’école à la propagande ? On les dénoncerait vivement. Avec raison, d’ailleurs !

Brisons le tabou : toutes les pratiques religieuses ne sont pas également respectables. La burqa n’est pas respectable. Le niqab non plus. À tout le moins, nous n’avons pas à faire semblant de les respecter chez nous.

Qu’on enseigne l’histoire de l’islam, du christianisme, du bouddhisme, du judaïsme, c’est très bien. Mais qu’on l’enseigne rigoureusement, sans amour ni haine, sans préjugés positifs ou négatifs.

D’ici là, il faut urgemment abolir le cours ECR.

Voir aussi

Bock-Côté avril 2008 : « Éthique et culture religieuse — Un utopisme malfaisant »


ECR: femme en niqab, citations et étude à consulter

« Youpi, ma religion à moi !»

Après « Youpi, ma religion ! », « Ma religion de rêve »

vendredi 9 septembre 2016

Témoignage d'un étudiant du cours Éthique et culture religieuse

Comme tout étudiant du secondaire, j'ai dû suivre le cours Éthique et culture religieuse, mis en place en 2007.

Ce cours, supposément instauré pour favoriser l'ouverture à l'autre et le dialogue cache mal son objectif réel, soit celui de faire adhérer une génération entière aux dogmes du multiculturalisme tout en censurant le débat public.

Les enseignants chargés de ce cours prêchent un relativisme culturel excessif et révoltant. Toutes les pratiques religieuses sont mises sur un pied d'égalité et les étudiants sont sans cesse appelés à justifier des accommodements dits raisonnables.

Si un étudiant a le malheur de contester voire seulement de questionner l'indifférence de l'enseignant devant certaines pratiques religieuses rétrogrades, il est accusé de manquer d'ouverture d'esprit. En d'autres mots, il est taxé d'intolérance, de xénophobie ou de racisme.

Devant cette pression exercée par un adulte incarnant l'autorité, la plupart des étudiants cèdent et mettent de côté leur bon sens pour chanter en cœur les louanges du renoncement identitaire et de l'effacement collectif.

Bref, l'instauration de ce cours fut une erreur monumentale. Sa liquidation est une urgence capitale.

Jeremy Normand

Trois-Rivières

(publié dans Le Nouvelliste)

mardi 6 septembre 2016

« Quand on parle d’éducation au Québec, on ne parle pas d’éducation »

Lise Ravary revient sur l’éducation au Québec dans une chronique récente :

Quand on parle d’éducation au Québec, on ne parle pas d’éducation. On parle de justice sociale, de syndicalisme, de toilettes pour les élèves transgenres, de tablettes électroniques, de taux de réussite (la chose la plus facile à manipuler au monde), du cours d’ECR, etc.

Dernier ajout à cette liste : le burkini. Interdisons-le à l’école et n’en parlons plus.

Et lorsqu’on s’excite à l’Assemblée nationale, c’est pour dénoncer l’état des écoles, débattre de l’utilité des commissions scolaires ou décrier le manque de ressources pour les élèves en difficulté qui représentent 20 % de la clientèle des écoles publiques.

Il faudrait bien se demander pourquoi avant d’atteindre 50 %.

Le contenu, pas le contenant

Parfois, un enseignant courageux expose sur la place publique le désintérêt des élèves, les chicanes interethniques, la mièvrerie de certains programmes, l’irresponsabilité des parents qui sortent leurs enfants de l’école le temps d’un voyage dans le sud, l’impossibilité d’intégrer tous les élèves en difficulté ou l’indiscipline dans les classes, quand ce n’est pas carrément la violen­ce.

Mais personne en position de changer quoi que ce soit ne parle du contenu des cours. Que des contenants. Quels grands auteurs seront lus en classe cette année ? Comment parlera-t-on des conflits dans le monde, du terrorisme ? Combien se feront dire que tout est de la faute de l’Occident ?

En ECR, va-t-on leur enseigner l’importance de bien se laver avant le sexe oral comme on l’a vu dans le docu­mentaire-vérité Secondaire 5 de Guillaume Sylvestre ? (voir ci-dessous à 0 min 50 secondes, le prof en est hilare).




Comment régler le problème de l’analphabétisme qui mine le Québec, 50 ans après la Commission Parent ? Personne, à part Jean-François Lisée qui s’attaque aux « vraies affaires » dans son programme Pour une éducation de la vraie égalité des chances.

Et surtout, surtout, qui parle au nom des élèves « ordinaires » ? Ceux qui n’ont ni TDAH, ni dysphasie, ni handicap ou qui n’arrivent pas de Syrie complètement traumatisés ?

Au nom de l’élève moyen

Autour de moi, et même dans ma famil­le proche, les décrocheurs étaient des élèves moyens, ordinaires.

Pas super motivés, mais pas désintéressés non plus. Le genre d’étudiant qui reste tranquille, de crainte qu’on lui demande de faire un effort, et qui passe à la trappe quand l’enseignant est débordé par les cas lourds.

Les plus brillants, les mieux encadrés à la maison finiront toujours par s’en sortir. Les plus poqués auront toujours besoin d’une attention spéciale.

Mais ils ne seront jamais ignorés. Comme le sont les élèves moyens qui pourraient faire mieux, mais qui finissent par s’ennuyer à mourir et décrocher, du moins dans leur tête.

Le gouvernement veut réinvestir en éducation. Tant mieux. Mais quelle éducation ? Combien de temps va-t-on persister avec une réforme qui repose sur une série de mythes pédagogi­ques entretenus par les experts du ministère, mais auxquels les enseignants ne croient pas ? Va-t-on continuer à prétendre qu’il n’y a aucune différence entre les filles et les garçons ? Que des classes où le quart, voire le tiers des élèves ont des difficultés d’apprentissage ou de comportement, c’est bon pour la socialisation des élèves ordinaires ?

Sans oublier le grand tabou en éducation : le décrochage de ces parents qui s’attendent à ce que l’école élève leurs enfants à leur place.

La solution à tout cela ?


Les faibles en maths diront « cessons de financer les écoles privées », car ils n’ont toujours pas compris que d’intégrer dans le système public des dizaines de milliers d’élèves du privé, où les parents paient 40 % de la facture, coûterait plus cher à l’État.

lundi 5 septembre 2016

Robert Redeker : « L’école s’applique à effacer la civilisation française »

[Note du carnet : Nous partageons en partie l’analyse sans concession de la situation de Redecker ci-dessous, comme certaines des solutions proposées. Mais à l’inverse de l’auteur, il faudrait se demander si l’universalisme abstrait et idéologique républicain n’est pas précisément à la source du refus de la fraternité nationale et du mépris de l’identité française. 

Il va sans dire que la situation dans les écoles québécoises y est sans doute pire : on n’y apprend pas grand-chose de la civilisation française, même adaptée ici. Plus de classiques, peu de « sensibilisation » valorisante au passé des Français d’ici. On y enseigne tous les lieux communs de la pensée bobo postnationale : la théorie du genre et la lutte à l'hétérosexisme (cours d'éducation sexuelle mais pas uniquement), écologisme, immigrationnisme béat, multiculturalisme (ECR) et valorisation du passé autochtone parfois mythifié (« L’utopie dans le tipi »). Oui, aux couvre-chefs indiens dans les écoles, non à la sensibilisation au passé glorieux des colons français (ce serait exclure les immigrants, revanchard, etc.)]




En ne remplissant plus sa fonction traditionnelle de transmission, l’école de la République est devenue une fabrique de zombies et d’individus hors sol, explique le Robert Redeker dans L’École fantôme, un essai percutant dans lequel il analyse les causes de ce désastre et trace des voies pour l’avenir.

Robert Redeker est un philosophe à l’esprit lucide et au verbe tranchant. Il le paye depuis dix ans en vivant loin du monde sous garde rapprochée, suite à une chronique célèbre où il dénonçait les intimidations de l’islamisme. Auteur de nombreux ouvrages, il n’a cependant jamais cessé de publier du fond de sa retraite. Il livre aujourd’hui un terrible constat de ce qu’est devenue l’école en France. Crise de l’enseignement, crise de l’éducation, crise de la vie. Selon lui, il n’y a pas d’école sans une pensée de l’homme, de la société et de l’identité nationale, toutes notions qui ont profondément été bouleversées depuis 1981.

Le Figaro Vox — La question de l’école n’a-t-elle pas pris une dimension quasi ontologique en cette période de trouble ?

Robert Redecker — L’école de la République est un village Potemkine laissant croire, tel ce trompe-l’œil de propagande, qu’existe toujours, derrière ce mot, ce que les Français supposent être leur école. Par exemple, toute une propagande tente de faire croire, en dépit de l’aveuglante évidence, que le baccalauréat est encore un diplôme et un niveau, que l’école a encore des exigences intellectuelles. Même est le mot, qui a été sauvé, autre est la réalité, qui a été chamboulée. L’école en France a été assassinée, le fantôme de ce qu’elle fut porte son nom. Désignons les assassins. Le pédagogisme, avec à sa tête son âme damnée, Philippe Meirieu, et à sa solde toute la bureaucratie de l’institution. Najat Vallaud-Belkacem, via la réforme du collège, a parachevé le meurtre de l’école de la République avec une rage peu commune.

« L’enseignement doit être résolument retardataire », a dit Alain. Il ne prépare l’avenir qu’en plongeant l’élève dans le passé. L’école ne doit pas être explicitement ordonnée au progrès (social, humain, politique), mais à la conservation, qui passe par la transmission de contenus. Or, depuis 1981, réforme après réforme, l’école ne cesse de s’éloigner de sa raison d’être. Elle refuse désormais de transmettre le savoir, spécialement le savoir littéraire, devenant, selon le mot de Jean-Claude Michéa, « l’enseignement de l’ignorance ». Fabriquer des ignorants — en substituant à l’enseignement l’« apprendre à apprendre » — est désormais la pratique de notre système scolaire.

Voulue, planifiée, organisée, cette destruction poursuit obstinément un but anthropologique : la fabrication d’un homme nouveau, le remplacement du type d’homme tel qu’il existe dans les nations européennes depuis des siècles par un type inédit. Un homme hors-sol, déraciné, un zombie hébété. Un homme échangeable avec tous les autres hommes de la planète. Un homme aussi abstrait qu’un numéro : l’homme indéterminé. Un homme équivalent à tous les autres hommes — sur le fond de la confusion entre l’égalité et l’équivalence. Cette perspective rend compte de toutes les récentes réformes, puisque pour la réaliser il faut empêcher l’accès des jeunes générations à la haute culture, changer, à travers des dispositifs comme les ABCD de l’égalité, les cours en heures de propagande pour la transformation anthropologique. Les propos de Najat Belkacem laissent toujours paraître cette ambition : changer l’homme, changer la femme, faire émerger un homme nouveau et une femme nouvelle.

Vers quoi cette volonté politique se dirige-t-elle ?

L’école contemporaine est régie par la volonté de substituer la société à la nation et au peuple. La société à la place de la nation, que l’on hait ! La société à la place du peuple, que l’on méprise ! Cette école veut engendrer une société d’équivalents — non d’égaux — qui n’a besoin ni d’héritage, ni d’Histoire, ni de racines, dont la culture n’est plus que la culture de masse, l’inculture génératrice d’hébétude. C’est à la constitution de ce type de société que travaille la réforme du collège. Le démantèlement des matières au profit des enseignements décloisonnés et l’abandon des enseignements systématiques visent à former des humains intellectuellement déstructurés.

Toutes ces réformes combattent le rôle initial de l’école : conserver la civilisation. Précisons : la civilisation française, le type français d’homme et de femme, la manière française d’habiter le monde, d’être un humain, l’amour de la belle langue, l’attention portée aux mots, au bien parler. Elles s’appliquent à liquider le peu qui demeure de civilisation française dans l’enseignement. La volonté de transformer la société s’accompagne de la volonté d’effacer la civilisation française. Afin d’arracher les enfants de France à la terre de France, à son Histoire, car la terre et l’Histoire sont en France la même chose, l’Éducation nationale dépayse les décors des livres d’apprentissage de la lecture. Dans la région toulousaine, des enfants apprennent à lire dans un ouvrage, Zékéyé et le serpent python, dont le personnage principal, un garçonnet fictif, Zékéyé, vit au Cameroun. Il est fortement conseillé par tous les inspecteurs, ces sous-officiers zélés chargés de contrôler l’adhésion des maîtres à l’idéologie officielle. Ce dépaysement arrache les enfants à leur pays afin de les empêcher d’entrer en fusion avec son histoire et sa culture, afin de prévenir le risque d’enracinement dans cette histoire et cette culture.

Comment expliquer cet acharnement destructeur ? Par le sanglot du maître blanc, version scolaire du sanglot de l’homme blanc exhibé par Pascal Bruckner. La repentance, qui pousse à fausser les programmes scolaires, masque mal la haine. La haine d’une partie de la jeunesse pour la civilisation française est partagée par une fraction de l’élite politique, administrative, le monde du spectacle et, hélas, une partie des enseignants. Avec ses programmes actuels, basés sur la honte française d’être soi, l’école entretient cette haine. En enseignant la culpabilité de l’Occident, en sacrifiant les grandes figures de l’histoire de France, l’école empêche la fusion entre la jeunesse et la France, faisant involontairement le lit du terrorisme.

Quel diagnostic culturel portez-vous sur les dernières décennies ?

La vulgarité d’esprit, qui se fait sentir partout, jusqu’aux sommets de l’État quand Mme le ministre de l’Éducation parle de « bruits de chiottes » jusqu’à la télévision publique, quand une amuseuse ignare d’« On n’est pas couché » soutient faussement à l’antenne que Descartes s’est réfugié en Hollande pour fuir les persécutions religieuses catholiques sans que personne ne bronche. Cette épidémie de vulgarité, corollaire du double raz-de-marée, celui de l’ignorance, celui de l’insignifiance, renvoie à la crise de l’école.

Les Français ne parlent plus français. Il suffit de les écouter dans la rue. Il suffit d’écouter la radio, de tendre l’oreille aux propos des politiciens. Hollande s’exprime dans un français rachitique, au vocabulaire sommaire et à la grammaire simpliste, multipliant les fautes et les grossièretés (ainsi sa manie du redoublement du sujet). La langue française a été peu à peu remplacée par son ersatz, un faux français, une langue de supermarché ou d’aéroport. L’école est responsable de ce désastre. Il y a un lien entre la langue et la pensée. Quand on parle et écrit mal, pauvre, déstructuré, on pense et écrit mal, pauvre, déstructuré. La pauvreté de la langue entraîne la pauvreté de la pensée. L’affaiblissement de l’enseignement du français entraîne l’abêtissement des Français. Cet abêtissement est voulu par l’école. Nous risquons, à cause de la trahison de l’école, de devenir un peuple de chasseurs de Pokémons !

Le phénomène le plus significatif, symptôme de toutes les crises, index de toutes les décompositions, horoscope d’une plongée dans la barbarie, est la disparition de la langue française. La langue perdue ! La langue, que l’école refuse d’enseigner sérieusement. Songez à la récente habitude d’employer « juste » pour « seulement » ou « simplement » ; monument d’inculture collective autant que témoignage de l’échec de l’école, cette faute répercutée par tous les médias revient à employer en français le mot « juste » dans son sens anglais (« just ») et non dans son sens français. Ceux qui veulent rendre un peuple barbare savent qu’il faut au préalable le rendre syntaxiquement et lexicalement pauvre. Cet appauvrissement est la triste réussite de l’école de la République !

Que vous inspire l’enseignement de l’arabe dès le CP ?

Son effet le plus assuré sera de maintenir en France un peuple parallèle, hors de l’histoire de ce pays, hors de sa culture, en rébellion contre cette histoire et cette culture. Cet enseignement ne va pas éradiquer la haine de la France et de sa culture que l’on constate dans une partie de la population, mais au contraire (tout comme l’enseignement de l’Histoire des empires africains) va l’entretenir et l’attiser. Pour assimiler, il faut déraciner sans état d’âme. L’enseignement de l’arabe va en sens inverse. [Note du carnet: ajoutons que l'enseignera l'arabe à des jeunes berbères, mandingues ou peuls qui sont musulmans, mais pas arabophones...] Il serait beaucoup plus intelligent d’enseigner dès le CP le latin et le grec, ainsi que ces parties du génie national que sont les langues régionales.

Qui détient le pouvoir actuellement au sein de l’enseignement ?

Plutôt que des personnes, la vérité est : l’idéologie. L’idéologie poststructuraliste, celle de la French Theory et des cultural studies américaines, qu’on appelle parfois gauchisme chic. C’est un magma indigeste de clichés sur les minorités, de compassion victimaire, de haine de la haute culture et de repentance. Dans cette optique, le but de l’école n’est plus la transmission du savoir, d’un héritage national, mais la correction des inégalités ethniques et la promotion des minorités. Soit : construire le vivre-ensemble… Pour la première fois, un ministre et cette idéologie sont entrés en épousailles parfaites. Tout se passe comme si Najat Belkacem avait été sécrétée par cette idéologie, comme si elle en était l’incarnation humaine.

La droite n’a-t-elle pas été partie prenante dans cette entreprise de démolition ?

Encéphalogramme plat : la droite n’a aucune pensée sur l’école. Elle ne s’intéresse qu’aux coûts, laissant, même quand elle est au pouvoir, à la gauche la direction idéologique du système. Les uns et les autres désintellectualisent le métier de professeur pour le changer en assistante sociale, aide-psychologue, animateur socioculturel. Droite et gauche ne veulent plus que les professeurs enseignent. Que les professeurs professent. On aimerait — l’effondrement du niveau du lycée y travaille autant que les officines ministérielles de formatage, les IUFM devenus ESPE, s’en occupent — qu’ils fussent aussi incultes que leurs élèves. Les uns et les autres organisent, par les nouvelles missions qu’ils confient aux enseignants, le remplacement des hussards noirs de la République par les urgentistes du libéralisme.

Quelles sont vos solutions — et quelle est votre vision de l’avenir ?

Le but assigné aujourd’hui à l’école est l’apprentissage du vivre-ensemble. Celui-ci est une machine de guerre contre la fraternité, il est antirépublicain. Il conduit — comme l’attestent les propos sur l’Histoire tenus par Najat Belkacem cités dans le livre — à un enseignement clientéliste et communautariste conforme au semblant de politique mené par le Parti socialiste, la politique des minorités ethnico-sexuelles. La fraternité fusionne, le vivre-ensemble disjoint. On promeut le vivre-ensemble dans la mesure où l’on refuse la France. Puisque c’est le vivre-ensemble qu’il faut organiser, on n’enseignera plus rien. L’ignorance et le vide scolaires s’articulent parfaitement à la centralité destructrice du vivre-ensemble. Le vivre-ensemble ne détruit pas que la fraternité, préparant une société antifraternelle, il détruit également l’enseignement dans sa globalité, le savoir et la culture.

La mission de l’école : donner à chaque enfant l’héritage auquel il a droit, celui de la culture, celui de l’Histoire. De l’école doivent sortir des héritiers. Or, pour des raisons idéologiques, l’école de la République contemporaine fabrique volontairement des inhéritiers.

Que faire ? Rétablir la culture générale, qui est insupportable au système, car elle rend peu malléable. L’esprit est un os, a dit Hegel — quelque chose contre quoi tout bute. Quelque chose, comme le montre le cas Soljenitsyne, qu’on ne peut réduire en cendres. La culture générale est l’esprit en ce sens-là, un os. Cet horizon implique de rétablir le latin et le grec, l’Histoire, un enseignement systématique du français, de remettre au goût du jour l’analyse logique et grammaticale, de rendre toute sa place à l’apprentissage par cœur de la poésie. Soit : développer, via l’Histoire et la littérature, un enseignement qui fasse aimer la civilisation française.

L’École fantôme,
de Robert Redeker
publié aux Editions Desclée de Brouwer,
le 1er septembre 2016,
à Paris,
208 pp.,
17,90 €.




Voir aussi

L’école fantôme...

L'école fantôme...

Les éditions Desclée de Brouwer viennent de publier un essai de Robert Redeker intitulé L’école fantôme. Philosophe, Robert Redeker, qui vit sous protection policière depuis près d’une dizaine d’années en raison des menaces de mort qu’il a reçues à la suite de la publication d’un texte hostile à l’islamisme, est l’auteur de plusieurs ouvrages comme Egobody (Fayard, 2010), Le soldat impossible (Pierre-Guillaume de Roux, 2014) ou Le progrès ? Point final. (Ovadia, 2015).



« La destruction de l’École peut se dire en quelques mots : notre École est devenue une École-méduse, une École gélatineuse, aux professeurs et instituteurs changés en animateurs socio-culturels et gentils organisateurs du vivre-ensemble, bref en urgentistes du libéralisme. Quel est le sens de ce désastre ?

Il est un lieu commun de dire que la crise de l’École indexe une crise de la société. Mais il faut prendre au sérieux le propos de Péguy [dont c'est l'anniversaire de la mort, le 5 septembre 1914], qui se montre plus profond que les travaux des sociologues et les réflexions des journalistes, en la comprenant comme une crise de vie. C’est moins la société qui est en crise, que la vie. Nous traversons une crise de la vie humaine, une crise de l’homme. Non de la vie sociale, non de la vie biologique, qui à leur façon passent par une crise aussi, mais de la vie en tant que vie humaine. Autrement dit : c’est l’homme, dans l’humanité de sa vie, qui est en question dans la triple crise épinglée par ce livre, crise de l’enseignement, crise de l’École, crise de l’éducation. C’est parce qu’on ne sait plus ce qu’est un homme, ce qu’est la vie humaine, pas plus que ce qu’est la mort humaine, qu’on ne sait plus ce qu’est l’École, ce qu’est l’éducation. »




vendredi 2 septembre 2016

Québec — Lisée veut revoir le cours d’éthique et culture religieuse

L’aspirant-chef péquiste Jean-François Lisée veut faire table rase du cours d’éthique et culture religieuse enseigné dans les écoles du Québec.

Parti d’une bonne intention, le cours actuellement imposé aux élèves du primaire et du secondaire « renforce les stéréotypes » religieux, déplore le député de Rosemont.

Au Québec, la majorité des citoyens ne sont pas pratiquants, que ce soit les musulmans, les juifs ou les catholiques, plaide M. Lisée.

« Pourtant, ce qu’on apprend là-dedans, c’est qu’un juif c’est un pratiquant et qu’il a une kippa, et qu’une musulmane, c’est une pratiquante avec un voile », insiste-t-il, en entrevue avec le Journal de Québec.

« C’est excessif »

Les élèves passent dix ans, de la première année du primaire à la cinquième année du secondaire, à étudier les caractéristiques des différentes religions. « C’est excessif ! » renchérit le candidat à la direction du Parti québécois.

Jean-François Lisée propose de le remplacer par un cours d’« éthique et citoyenneté québécoise » qui permettrait aux élèves d’être mieux outillés pour faire face à la vie d’adulte.

Selon lui, les enfants et adolescents ont davantage besoin d’être sensibilisés aux valeurs de démocratie, d’égalité entre les hommes et les femmes, de laïcité, de liberté de conscience et de liberté d’expression.

Prévention de la radicalisation

Ce cours devrait également être l’occasion de prévenir la radicalisation chez les jeunes. Les élèves québécois doivent être informés des techniques de recrutement des djihadistes, pense le député de Rosemont.

Il suggère également d’y introduire graduellement des notions d’« économie personnelle » pour préparer les adolescents au monde de la consommation et du crédit.

« La question à se poser, ce n’est pas pendant dix ans comment apprivoiser les enfants aux différences religieuses, mais comment faire en sorte que les jeunes adultes québécois soient bien équipés pour être des citoyens en contrôle de leur réalité. »

La connaissance du « phénomène religieux » devrait plutôt faire partie des cours d’histoire, soutient M. Lisée. « Je bonifierais les cours d’histoire afin qu’on y aborde les différentes facettes des religions, mais, de façon objective et dans leur contexte historique. »


Sondage — les Européens insatisfaits du système de l'#éducation

Selon un sondage mené par l’IFOP, la majorité des Italiens (64 %), des Français (63 %) et des Allemands (54 %) sont mécontents de l’enseignement primaire et secondaire dans leur pays. Parmi les citoyens de ces États seuls 31 %, 28 % et 41 % respectivement se disent satisfaits. 9 % des Français et 5 % des Italiens et des Allemands ont répondu « je ne sais pas ». L’étude a été menée par l’IFOP à la demande de l’agence d’information et radio Spoutnik.

En Italie, le nombre de citoyens mécontents de l’enseignement primaire et secondaire est important chez les 18-34 ans — 62 % de mécontents contre 33 % de personnes satisfaites — et les plus de 35 ans — 65 % contre 30 %. 5 % des représentants des deux groupes ont répondu « je ne sais pas ».

En France il y a une différence notable entre les deux groupes : 53 % contre 37 % respectivement dans le premier — et 10 % de personnes sans réponse — et 66 % contre 25 % dans le deuxième — plus 9 % de « je ne sais pas ».


En Allemagne, on constate une différence notable entre les réponses des hommes et des femmes. 57 % de ces dernières sont mécontentes de la qualité de l’éducation primaire et secondaire, contre 38 % de personnes contentes et 5 % hésitantes. Chez les hommes cette proportion est de 50 %, 45 % et 5 % respectivement. 50 % des personnes sondées ayant moins de 35 ans sont contentes de la qualité de l’enseignement contre 47 % de citoyens non satisfaits et 3 % de « je ne sais pas ». Le groupe plus âgé est plus mécontent : 56 % contre 38 % et 6 % de personnes qui ne se sont prononcées.

En Allemagne de l’Ouest, il s’agit respectivement de 51 %, 44 %, et 5 % contre 61 %, 33 % et 6 % en Allemagne de l’Est. Berlin enregistre le plus grand nombre de mécontents : 74 % contre 24 % de personnes satisfaites et 2 % de « je ne sais pas ».

​Le sondage a été organisé par l’IFOP, l’institut français le plus ancien d’études de l’opinion publique, du 28 juin au 4 juillet 2016. L’échantillon était constitué de 3 006 personnes, dont 1000 Allemands, 1004 Français et 1002 Italiens âgés de plus de 18 ans. L’étude est représentative de la population du pays par sexe, âge et géographie. La marge d’erreur ne dépasse pas 3,1 % avec un intervalle de confiance de 95 %.

Source

lundi 29 août 2016

Ontario — Les conservateurs promettent de changer l'éducation sexuelle (Mis à jour)

Le chef du Parti progressiste (vaguement « conservateur ») de l'Ontario s'est excusé et dit qu'il n'a pas l'intention d'abolir le programme d'éducation sexuelle des libéraux s'il devient premier ministre.

Patrick Brown avait pourtant fait circuler une lettre à cet effet la semaine dernière dans la circonscription de Scarborough-Rouge River où se tiendra une élection partielle jeudi.

Dans une lettre ouverte aujourd'hui, il fait marche arrière et s'excuse : « Je pense qu'il est important d'admettre quand on fait des erreurs. J'appuie fortement un programme qui prend en compte le changement des attitudes et le monde dans lequel nos enfants grandissent. »

Le chef conservateur dit croire, entre autres, qu'il faut combattre l'homophobie et sensibiliser les jeunes aux concepts de consentement, d'intimidation et d'identité sexuelle. Exactement ce que lui reprochait le bureau du ministre de l'Éducation... Quelle force de conviction...!



Billet du 27 août 2016

Le chef du Parti progressiste conservateur en Ontario, Patrick Brown, dit qu’il se débarrassera du programme d’éducation sexuelle des libéraux ontarien si son parti remporte les prochaines élections provinciales

Dans une lettre publiée cette semaine, le chef de l’opposition affirme que les membres de son parti consulteraient les parents afin d’élaborer un nouveau programme.

Il a été mis à jour l’année dernière, pour la première fois depuis 1998. Lors de la rentrée scolaire 2015, plusieurs milliers de parents avaient manifesté pour dénoncer les changements.

En réaction, le bureau de la ministre de l’Éducation, Mitzie Hunter, a indiqué que l’Ontario a du retard comparativement aux autres provinces en ce qui a trait à l’enseignement de certains sujets comme la sécurité en ligne, le consentement et les relations saines. Réponse cousue de fils blancs ! Ce ne sont pas ce que les parents critiquent dans ce programme mais plutôt son aspect « rééducatif » en faveur de la théorie du genre, son approche hédoniste (il ne préconise pas du tout l’abstinence, insiste sur le plaisir et non plus les faits scientifiques, voir ci-dessous) et de servir souvent de porte-voix aux lobbies LGBT.

Bref, c’est toujours les mêmes recettes pour « rééduquer » les enfants des autres : on prétend avoir un retard dans un aspect consensuel et on oublie les aspects les plus controversés du programme pour faire passer les parents pour des ignares, des rétrogrades qui ne veulent même pas de « sécurité en ligne, de consentement ni de relations saines »...

Une porte-parole du gouvernement a aussi fait valoir que l’abolition du nouveau curriculum mettrait les jeunes à risque... Ah, ajoutons : il faut aussi jouer sur les peurs.

Rappel de 2010

À l’œuvre au secondaire, insister sur le plaisir dans l’éducation sexuelle

Comme le révélait le magazine Maclean’s en septembre dernier (You’re teaching our kids WHAT?), on assiste déjà à une nouvelle tendance dans les cours d’éducation sexuelle : l’insistance sur le plaisir sexuel plutôt que l’enseignement de la physiologie et des maladies sexuellement transmissibles. Les propriétaires de boutiques « érotiques » ontariennes voient une nouvelle clientèle : les professeurs d’éducation sexuelle qui demandent à ces commerçants de venir parler de sexe dans leur classe. Carlyle Jansen, une de ces propriétaires de boutique érotique a déjà présenté plus d’une douzaine d’ateliers dans les écoles ontariennes. Lors de ceux-ci, Mme Jansen encourage les jeunes adolescents à poser toutes les questions qu’ils veulent, qu’il s’agisse de masturbation, de la sexualité orale, de l’identité sexuelle, des sentiments homosexuels et des jouets sexuels qu’elle emporte avec elle afin d’illustrer ses propos. Comme le signale le magazine, les parents qui apprennent ce qui se passe en classe ne sont pas tous contents de cette présentation des choses.


Voir aussi

Ontario — Théorie du genre dans le nouveau programme d’éducation sexuelle

L’Ontario reporte sine die son nouveau programme d’éducation sexuelle (2010)

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »


Ontario — Ministre de l’éducation : les écoles catholiques devront enseigner le nouveau programme d’éducation sexuelle

Ontario — L’Archevêque d’Ottawa critique le projet d’éducation sexuelle : une « confiscation de l’autorité parentale »

Ex-sous-ministre responsable pour l’élaboration du programme d’éducation sexuelle au primaire accusé de pornographie juvénile (il a depuis lors déclaré qu’il plaidera coupable le 3 mars).