samedi 6 septembre 2014

Lutte contre les stéréotypes : le règne de l'indistinct

L'écrivain Denis Tillinac revient sur la nomination de l'égérie de la lutte contre les stéréotypes sexués, Najat Belkacem, au poste de ministre de l'Éducation en France.

Il y a de la cohérence dans cette frénésie éradicatrice, avatar sénile de la “déconstruction” soixante-huitarde. Elle tétanise Hollande et Valls, qui n’y adhèrent pas mais n’ont plus beaucoup de billes dans leur sac à malice. D’où leur aval, par pur opportunisme, à une approche syncrétiste de la vie sociale qui mixerait les corps, les cœurs et les esprits dans l’enfer de l’indifférencié.

Ses sectateurs comptent sur l’école “républicaine” pour accommoder les loupiots à leur sauce androgyne. Avis aux instits et aux parents “normaux” : l’entreprise camoufle derrière des “ABCD de l’égalité” faussement anodins la négation du distinguo le plus fondamental de l’histoire humaine, celui qui a vertébré, fertilisé et enluminé toutes les civilisations : l’altérité du masculin et du féminin.

Les “stéréotypes” vilipendés par la gauche, il ne faut pas les détruire, mais les consolider. Il faut inculquer au petit garçon le respect de la féminité incarnée par sa mère, aux fins qu’en prenant de l’âge il comprenne le sens de la pudeur, de la galanterie et autres délicatesses sans l’usage desquelles il sera au mieux un goujat, au pire un prédateur. Il faut apprendre aux petites filles que leur avenir sera foncièrement différent de celui d’un garçon de leur âge, en sorte qu’à l’adolescence elles puissent assumer leur féminité sans y laisser des plumes. Ça ne les empêchera  pas d’entrer à Polytechnique si elles sont bonnes en maths.

Certes, les gosses ont déjà pigé à la maternelle qu’ils seront des mecs ou des nanas. Un zizi qui pointe son nez, ça ne peut pas s’occulter, même en affligeant son propriétaire d’une jupe et en lui offrant à Noël une poupée plutôt qu’une épée. À l’heure des premiers flirts, les plus godiches découvrent sous la couette que le désir de la minette et celui du dadais ne sont pas tissés sur la même trame. Tôt ou tard, ils mesureront la différence à l’aune de la maternité: neuf mois dans un ventre, ça fait un sacré bail, et les abdomens masculins ne s’arrondissent qu’avec le concours de la gastronomie lourde.

Reste qu’en dévaluant l’altérité dans les cervelles enfantines, on aggrave le désarmement des psychismes et on gâche par anticipation les noces immémoriales de l’animus et de l’anima. De Mars et Vénus. De la Vierge et de son Fils. De Tristan et d’Yseult. De Roméo et de Juliette. Du Même et de l’Autre.

Autant dire qu’on prémédite sciemment le règne des barbares dans le culte de l’indistinct, avec en perspective une guerre des sexes sans merci. Rien de moins. Qu’une jolie femme aux yeux de velours soit commise à cette vilaine tâche ne doit qu’inciter davantage à la vigilance : la fraction de la gauche dont Mme Vallaud-Belkacem a choisi d’être le porte-voix, par conviction ou par arrivisme, rêve de hâter l’avènement d’une variante molle et dans le vent du Meilleur des mondes de Huxley. Ça fait froid dans le dos.






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« Trop de parents ont perdu confiance en l'école »

La porte-parole du collectif Ensemble pour le bien commun, mère de trois enfants, agrégée de lettres modernes et ancien professeur en lycée, réagit à la nomination de Najat Vallaud-Belkacem comme ministre de l’Éducation en France. Nous pensons que son diagnostic aura des échos auprès des parents québécois.

Quel signal cette nomination envoie-t-elle aux parents ?

Un signal inquiétant, car elle n’a à son actif que des actions de promotion des revendications LGBT et de préparation des mentalités pour les faire accepter. L’épisode des « ABCD de l’égalité » est révélateur : l’intention affichée, c’était l’égalité homme/femme.

C’est malin, personne ne peut être contre l’égalité homme-femme. Sauf que les contenus pédagogiques promouvaient l’indifférenciation. L’objectif réel des « ABCD de l’égalité » et du dispositif qui va prendre leur suite, c’est de poser le premier terme d’un syllogisme qui consiste à dire : « Un homme et une femme, c’est pareil ; donc un père et une mère, c’est pareil ; donc on peut avoir deux pères ou deux mères. »

Plus largement, Najat Vallaud-Belkacem est représentative de la dimension libérale-libertaire de la gauche ; avec le refus des limites naturelles et biologiques et l’accroissement du marché des désirs à satisfaire, cette nouvelle gauche pactise avec un libéralisme radical.

Son féminisme ne vous convainc pas ?

Malgré son sourire, elle a une conception du féminisme très étriquée ; c’est un féminisme des quotas. Dans la loi sur l’égalité femmes-hommes, par exemple, elle a réduit le congé parental quand il est pris par la mère seule et non par les deux parents : c’est une intrusion dans l’intimité des familles. L’État n’a pas à prescrire un fonctionnement normatif dans les soins à donner aux enfants ou la répartition des tâches ménagères.

On veut nous faire marcher au pas de l’oie ! J’aurais préféré des mesures qui permettent effectivement aux mères de travailler, comme l’ouverture de nouvelles crèches.

Sa nomination n’est-elle pas dans la logique de l’évolution d’une école qui se préoccupe plus d’égalité que de transmission ?

Oui, et c’est mettre les problèmes dans le mauvais ordre : l’égalité ne se décrète pas, elle est le fruit d’une éducation réussie. Aujourd’hui, on demande à l’école à peu près tout : faire des écocitoyens, « changer les mentalités », amener les élèves à s’interroger sur leur orientation et leur identité sexuelle… à peu près tout, sauf l’essentiel, qui est d’apprendre, de transmettre et de travailler. Or c’est bien par l’instruction et par l’effort que l’on peut atteindre l’objectif d’égalité.

Si l’égalité a pris toute la place, n’est-ce pas justement parce que la gauche a un problème avec la notion même de transmission ?

Oui, mais pas seulement. La pensée de gauche souffre de quatre contresens.

Le premier porte sur la transmission : il faut assumer que la relation du maître à l’élève est asymétrique ; la transmission du savoir est une chance pour l’élève et non une contrainte.

Le second porte sur le respect : que faut-il dire aux élèves ? Le respect que vous devez témoigner à vos camarades, ce n’est pas à raison de leur appartenance à telle ou telle catégorie, c’est à raison de votre responsabilité de créer du lien avec votre prochain, quels que soient par ailleurs ses traits distinctifs. La pensée de gauche fonctionne par segments de population : avec des programmes scolaires de lutte contre l’homophobie, les élèves apprendront peut-être que c’est mal de chahuter leurs petits camarades qui leur semblent efféminés (sans être homosexuels pour autant d’ailleurs !), mais alors les incivilités se déporteront sur ceux qui sont trop gros, ou sur ceux qui deviennent des souffre-douleur, parce qu’ils sont plus petits ou plus faibles. Mais si l’on demande aux élèves de pratiquer la vertu de gentillesse avec leur prochain parce qu’il est leur camarade, et pour cette seule raison, c’est beaucoup plus efficace. Dans le privé, la relation avec les parents et les élèves est aussi différente…

C’est le troisième contresens, en effet, sur le principe de subsidiarité. Sur les sujets qui touchent à l’intimité des enfants, donc évidemment en matière de sexualité, l’école ne devrait pas s’arroger le monopole de la parole légitime. Parce que, sur ces sujets-là, tout est fonction du degré de maturité de l’enfant, et les parents sont les mieux placés pour le connaître.

Dernier contresens, enfin, la volonté d’avoir des résultats uniformisés par classe d’âge alors que tous les élèves n’ont pas la même maturité ni les mêmes appétences. La tendance lourde de ces dernières années est celle d’une translation des élèves du public vers le privé, pour ceux qui le peuvent du moins. C’est un camouflet pour l’enseignement public. Or la caractéristique des établissements privés, c’est justement qu’on y valorise la transmission, la gentillesse envers les camarades, on y considère les parents comme les premiers éducateurs de leurs enfants, et les élèves bénéficient d’une attention individualisée. Et tout cela à moindre coût : les effectifs d’enseignants dans les établissements catholiques sont restés stables depuis cinq ans, alors qu’ils comptent 25 000 élèves de plus dans la même période et que les subventions publiques n’entrent que pour moitié dans leur budget.

Le succès du privé ne traduit-il pas surtout la crise de confiance envers une école qui, comme le disait Vincent Peillon, veut arracher les enfants à l’influence de leurs parents ?

De fait, trop de parents ont perdu confiance. Il faut méditer l’épisode des journées de retrait de l’école. Quoi que l’on ait pu dire de son initiatrice ou de certaines outrances, ça a été une réaction instinctive des parents. Des gens qui n’auraient peut-être pas été capables de déjouer les pièges sémantiques de Mme Vallaud-Belkacem, mais qui ont senti au fond d’eux qu’il y avait dans ces « ABCD de l’égalité » non pas des grands principes généraux et sympathiques, mais des éléments fondamentalement malsains. Quel désaveu pour l’école publique que ce vaste mouvement de désobéissance civile !

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Livres LGBTQ à l'école québécoise — Les gens dits « homophobes » ont droit à leur opinion, mais l'école rééduquera leurs enfants ?



 




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vendredi 5 septembre 2014

Épreuve uniforme de français : des résultats à la baisse

Monsieur Jacques Maurais vient de faire une mise à jour des statistiques portant sur les résultats de l’épreuve uniforme de français :

Selon la Programmation relative au suivi de la situation linguistique 2008-2013 (en ligne sur le site de l’Office québécois de la langue française), il était prévu de mettre à jour les indicateurs sur « les taux de réussite aux épreuves de français de différentes clientèles ». L’Office avait consacré un chapitre de son bilan de 2008 à la maîtrise du français : on y trouvait des tableaux et des graphiques présentant les taux de réussite à l’épreuve unique de français de 5e secondaire et ceux de l’épreuve unique de langue et de littérature du collégial.

Comme l’Office n’a pas produit de bilan en 2013 (et pour cacher le fait, les dirigeants préfèrent dire que l’Office n’a pas produit de synthèse), je me vois cette année encore contraint à faire le travail que l’Office n’a pas fait, en mettant moi-même à jour les indicateurs de maîtrise du français au collégial (ceux du secondaire ne sont pas facilement accessibles et ils n’ont pas été mis à jour depuis 2008, date du premier, et aussi du dernier, bilan produit par l’OQLF). Précisons que pour établir des « séries longues » de statistiques, il faut recourir aux données publiées dans le bilan de l’OQLF de 2008 puisque le site du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science n’offre pas les résultats à l’épreuve uniforme de français antérieurs à l’année scolaire 2009-2010.

Avec le dernier rapport mis en ligne par le Ministère (résultats de 2012-2013), nous avons des données qui s’étalent sur 16 ans. La conclusion saute aux yeux : la tendance de la réussite à l’épreuve de français est clairement à la baisse malgré une légère remontée en 2011 et 2012.



Le bilan de 2008 de l’OQLF explique en détail la grille de correction du Ministère et je me contente de renvoyer à ces explications (spéc. p. 165). Rappelons simplement que la grille comprend trois critères. Je ne présenterai ici que les résultats au critère « maîtrise de la langue » et au sous-critère « orthographe d’usage et orthographe grammaticale ».

Le taux de réussite au critère « maîtrise de la langue » affiche lui aussi une tendance à la baisse. Rappelons que pour réussir au critère de maîtrise de la langue, il fallait avoir au moins la cote C, soit 30 fautes ou moins. En d’autres termes, pour réussir, l’élève ne peut avoir plus de 30 fautes dans un texte qui contient en moyenne 900 mots.



L’orthographe grammaticale et l’orthographe d’usage constituent un sous-critère. Par conséquent, une note inférieure à C ne signifie pas un échec. L’évaluation se fait selon le barème suivant :
A = de 0 à 3 fautes
B = de 4 à 7 fautes
C+ = de 8 à 11 fautes
C = de 12 à 15 fautes
D = de 16 à 20 fautes
E = de 21 à 30 fautes
F = plus de 31 fautes
Dans le graphique qui suit nous faisons l’hypothèse que la cote C est un seuil et que les cotes A, B, C+ et C équivalent à la réussite. On voit que, sur 16 ans, les résultats sont à la baisse ici aussi.




Cliquer ici pour lire la mise à jour de l’année dernière

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Québec — Triplement du nombre d'heures d'anglais en une trentaine d'années

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »



 

Suisse – Un site Internet pour dénoncer les « profs gauchistes »

Polémique en Suisse après la mise en ligne ce dimanche par les jeunes de l'Union démocratique du Centre (UDC) d'un site Internet visant à dénoncer les professeurs classés trop à gauche. L'UDC, parti classé le plus à droite sur l'échiquier politique suisse, modèle affiché pour le Front National, souvent qualifié de populiste par certains observateurs, est le premier parti du pays. Le projet intitulé « Freie Schulen » (écoles libres) dénonce « l'influence politique unilatérale » prodiguée dans les écoles suisses, et prétend lutter contre « l'endoctrinement gauchiste en classe ». Plus précisément, les enseignants déviants sont accusés de « dénigrer des partis ou des hommes politiques » ainsi que de déformer les contextes politiques, historiques et économiques, nuisant ainsi au patriotisme suisse. Sur le site Freie-Schulen.ch – qui se veut une plateforme de débat interactive s'adressant aux élèves du secondaire et aux étudiants – on trouve un formulaire de réclamation où l'on peut rapporter un incident. Les témoignages sélectionnés sont ensuite publiés, l'anonymat des professeurs étant en principe préservé. À l'origine du projet, Anian Liebrand, le président des jeunes de l'UDC, se défend d'avoir créé une plateforme de délation. « Nous publions uniquement les messages dont on connaît l'expéditeur, qui sont pertinents et que nous avons soigneusement vérifié à l'avance », affirme-t-il dans la charte d'utilisation du site.

Des rubriques de « savoirs alternatifs » contre les « contenus pédagogiques de gauche »
 
 
Toujours pour lutter contre l'endoctrinement, le site propose également un volet « connaissances alternatives » visant à réinformer les étudiants subissant les « contenus pédagogiques de gauche ». On y trouve pêle-mêle différentes rubriques aux contenus hétéroclites : entre autres, un résumé patriotique de l'histoire suisse, une dénonciation de la mainmise de Bruxelles et de l'ONU sur le pays et une remise en cause du réchauffement climatique (sobrement intitulée Éco-fascisme et mensonge climatique). Un mélange composite, entre théorie du complot et ré-information, qui n'est pas sans rappeler le site Égalité et réconciliation d'Alain Soral. vL'initiative des jeunes agrariens a immédiatement provoqué un cortège d'indignation dans le pays. « Les profs sont terriblement choqués  » a affirmé un responsable syndical. Raphaël Pomey, journaliste au Matin.ch, s'interroge sur la légitimité de la méthode employée. « Que l'on veille à ne pas laisser les classes se transformer en salles de meetings politiques, pourquoi pas. Mais est-ce vraiment le rôle d'un parti de se substituer aux parents et aux associations de parents d'élèves pour contrôler cela ? Pas sûr. » Il relève un paradoxe, et non des moindres : « encourager des ados à “balancer” anonymement des adultes déjà constamment sous pression est un procédé assez étonnant de la part d'une formation politique qui se veut garante des valeurs traditionnelles. »





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mardi 2 septembre 2014

Victoire partielle et tardive pour une famille allemande qui instruit ses enfants à la maison

La famille Wunderlich en 2014
Allemagne – Voilà un an, quasiment jour pour jour, que la famille Wunderlich de Wembach lès Darmstadt dans la Hesse (centre-ouest du pays) a reçu la visite musclée de la police allemande. Vingt agents de police et de l’office de la jeunesse de Darmstadt se présentèrent le 29 août 2013 devant la porte du domicile des Wunderlich. Ils voulaient rentrer. Ils s’étaient munis d’un bélier. Ils auraient probablement cassé la porte si M. Wunderlich ne l’avait pas ouverte.

Quand Petra et Dirk Wunderlich refermèrent la porte après cette visite, leurs enfants n’étaient plus là. Les agents de l’Office de la jeunesse, aidés de la police, avaient enlevé leurs trois jeunes filles et leur garçon âgés alors de 7 à 14 ans.

Petra et Dirk Wunderlich refusaient que leurs enfants aillent à l’école. Ce couple est d’avis que l’école bride la créativité des enfants. En outre, l’éducation comprend l’inculcation de valeurs qui, selon eux, ne doivent pas être transmises par l’école.

Les enfants restèrent trois semaines dans un foyer gouvernemental. Les parents purent leur rendre à l’occasion du huitième anniversaire de la cadette. Après avoir accepté le 19 septembre 2013, lors d’une audience au tribunal local de Darmstadt, d’envoyer leurs enfants à l’école, ceux-ci ont été libérés et rendus aux parents.

L’Oberlandesgericht (tribunal régional supérieur) de Francfort sur le Main (centre-ouest du pays) a décidé cette semaine que les parents devaient recouvrer leur autorité parentale sans restriction. Ainsi, la Cour a annulé la décision de la Cour de district de Darmstadt de 2012 qui retirait aux parents leurs droits de garde, leur choix de l’école et de résidence des enfants.

Le tribunal régional supérieur reconnaît que les parents doivent toujours envoyer les enfants à l’école. Le tribunal continue de considérer que de ne pas envoyer les enfants à l’école menace le bien des enfants. Car, outre la « simple transmission de connaissances », la fréquentation de l’école permettrait aux enfants « de s’intégrer dans la société ». Les parents s'exposent toujours à des poursuites : conformément à la Loi sur l’Éducation de la Hesse ils pourraient faire face à des amendes ou à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois.

Toutefois, le tribunal supérieur a déclaré que retirer le droit de garde aux parents était une mesure disproportionnée. Enfin, une enquête des acquis scolaires a démontré que les enfants avaient un niveau d’instruction élevé et que leurs compétences sociales étaient satisfaisantes. En outre, les parents s’occupent bien de leurs enfants.

Le couple Wunderlich regrette que le tribunal continue de penser que l’enseignement à domicile mette en péril le bien-être des enfants. « Tant que ce mode d’instruction restera interdit, de déclarer Petra et Dirk Wunderlich, ces violences extrêmes » qu’ils ont dû subir se reproduiront encore et encore. « Et ce n’est tout simplement pas acceptable ! »

« Bien que nous ne craignions plus que nos enfants soient enlevés tant que nous vivons dans la Hesse, ce genre de chose peut encore arriver à d’autres personnes en Allemagne », a ajouté M. Wunderlich. « Nous craignons d’écrasantes amendes allant jusqu’à 75.000 $ et la prison. Cela ne devrait pas être toléré dans un pays civilisé. »

Le directeur du « rayonnement mondial » de la HSLDA, Michael Donnelly — qui était en Allemagne pour se rendre à un forum international sur la famille à Moscou où l’instruction à domicile devient de plus en plus populaire et est protégée par la loi — s’est entretenu de l’affaire avec la famille Wunderlich.

Il s’est félicité de la décision, mais s’est dit préoccupé par certains passages troublants de la décision. « Nous nous félicitons de ce jugement qui renverse un décision scandaleuse de la part d’un tribunal », a-t-il dit. « Mais cette décision ne va pas assez loin. Le tribunal a rendu à contrecœur la garde aux parents et a, en outre, signalé aux autorités locales qu’ils devraient poursuivre les Wunderlichs en justice ou leur imposer une amende. »

« Un tel comportement dans un pays démocratique pose problème », a déclaré Donnelly.

Sources : Die Welt et la HSLDA

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Allemagne — juge refuse la garde des enfants pour empêcher l'émigration des parents

Éducation, démographie : la surprenante Russie (Emmanuel Todd)





À qui appartient Ashya King : à ses parents ou à la médecine britannique ?

Marie Delarue s'interroge sur le cas d'Ashya King.
Ashya King, 5 ans, moribond, a été « enlevé » par ses parents. Soucieux de le soustraire aux traitements qui lui sont administrés par la médecine britannique afin de les remplacer par d’autres, indisponibles en Grande-Bretagne, ils ont traversé l’Europe du nord au sud avec leur enfant. Et avec un mandat d’Interpol aux fesses.

Il faut dire que les parents sont Témoins de Jéhovah. Une circonstance très aggravante. Le procureur de Cherbourg, où ils avaient débarqué par ferry, l’a assuré : « Même si on n’a pas le pouvoir de soigner les enfants contre le gré des parents, c’est une difficulté qu’on a avec les Témoins de Jéhovah notamment, on veut au moins entrer en contact avec eux et essayer de voir ce qui se passe. »

Vœu exaucé. Le contact a été établi et les parents interpellés dans un hôtel près de Malaga. Comme – ou mieux, on l’espère ? – des criminels endurcis, ils ont été transférés à Madrid pour y comparaître devant un juge. Le petit Ashya est dans un hôpital de Malaga, les autres enfants du couple à la garde de leurs aînés, majeurs.

Qui sont Brett King (51 ans) et Naghemeh King (45 ans), arrêtés par la police espagnole ? Que font-ils dans la vie ? Sont-ils de bons ou de mauvais parents ? Attentifs ou non au bien-être de leur enfant ? Peut-on, enfin, les réduire de façon caricaturale à leurs convictions religieuses – lesquelles, il faut le souligner, ne sont pas interdites ?

Le point crucial étant, assurent les médecins, la sonde gastrique par laquelle l’enfant est nourri, le père a publié une vidéo pour prouver que le petit Ashya ne manquait pas de soins. Et qu’il était de nouveau heureux, pour autant que sa tumeur au cerveau lui permette encore de l’être, au milieu des siens. « Il sourit beaucoup plus, il interagit avec nous, mais je voulais dire pourquoi nous l’avons retiré de l’hôpital », ajoute-t-il, expliquant que son épouse et lui avaient cherché à l’étranger « un traitement de radiothérapie utilisant des protons que le service public de santé britannique NHS n’offre pas pour l’instant ».

Cet enfant est mourant. Ses parents, désespérés, tentent une dernière chance, courent après une ultime thérapie. Est-ce criminel ? Et derrière cette question s’en profile évidemment une autre : à qui « appartient » cet enfant de 5 ans ? Est-il la propriété de ses parents ou celle de la médecine ? Et jusqu’où cette dernière est-elle autorisée à s’acharner sur un enfant manifestement condamné, dont l’ultime désir est sans doute de finir dans les bras de ses père et mère…




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lundi 1 septembre 2014

France — l'Éducation Nationale est-elle au bord du naufrage ?


La ministre
 Najat Belkacem
Pour la directrice générale de la Fondation pour l'École Anne Coffinier, l'école publique, abandonnée par l'État, agonise lentement mais sûrement. Une situation que la nomination de Najat Vallaud-Belkacem risque d'aggraver.

« Voici que Najat Vallaud-Belkacem est placée à la tête de l'Éducation nationale, elle qui est l'emblème même de l'idéologisation à outrance de l'école. La réalité dépasse la fiction. Alors que tous appelaient à un apaisement après les tensions suscitées par l'ABCD de l'égalité et sa paradoxale suppression-généralisation, une telle nomination interpelle fortement.

Le président cherche-t-il à faire mieux passer le tournant libéral qu'il a été contraint d'opérer en économie en donnant à sa base militante une compensation sociétale (notre pauvre école étant désormais ravalée au rôle de laboratoire sociétal, cessant d'être une institution consacrée à l'instruction des citoyens) ?

Il est fascinant de constater que c'est l'État lui-même, au plus haut niveau, qui aura tué l'école républicaine, en la détournant si ostensiblement de sa mission légitime qui est d'instruire.

Cette nomination porte en tout cas le coup de grâce à l'Éducation nationale. Ce n'est pas que la personne du ministre soit décisive: on sait depuis longtemps que c'est une marionnette à laquelle on ne consent de pouvoir que pour autant qu'il s'exerce dans le sens souverainement déterminé par les syndicats enseignants. Mais cette décision constitue tout de même un symbole qui démoralisera à coup sûr les derniers résistants de l'intérieur qui, envers et contre toute la bêtise technocratique qui les opprimait, instruisaient jour après jour leurs élèves avec un dévouement admirable, malgré les programmes aussi mal fichus que changeants et un cadre administratif infantilisant et oppressant.

Il est fascinant de constater que c'est l'État lui-même, au plus haut niveau, qui aura tué l'école républicaine, en la détournant si ostensiblement de sa mission légitime qui est d'instruire. Il n'y aura pas eu besoin d'un grand complot « ultralibéral » pour venir à bout de l'école publique. Cette thèse apparaît aujourd'hui pour ce qu'elle a toujours été : un fantasme sans fondement. Non, il suffit pour assassiner l'école républicaine d'avoir des responsables politiques et administratifs ne croyant plus au devoir sacré de transmettre, comme l'a montré en 2008 Philippe Nemo dans Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ?

Rien n'est plus urgent que de sanctuariser l'école, de la préserver des querelles politiques, pour lui laisser faire son travail : transmettre la culture d'une génération à l'autre par un travail lent et humble, selon des programmes scolaires progressifs, structurés et cohérents. Les professeurs ne doivent plus être évalués sur leur docilité à l'égard de circulaires politisées mais sur le niveau scolaire de leurs élèves. Mais c'est bien le signal contraire qui est passé par la nomination de Najat Vallaud-Belkacem, ou par le projet de supprimer les notes ou encore par l'improbable taux de réussite record enregistré cette année au baccalauréat. Pendant ce temps, l'école publique française agonise. Socialement, elle est la plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE. Elle est aussi la plus inapte à assurer la formation des élèves les plus en difficulté, qui décrochent plus que dans les autres pays. L'OCDE tire la sonnette d'alarme, mais le gouvernement refuse d'en tirer des conséquences. Il n'y aura pas de « choc Pisa » en France [note du carnet : contrairement à l'Allemagne] malgré nos piètres performances à ce test de référence.

Aucune réforme d'envergure ne se profile, bien au contraire. Force est de constater qu'il n'y a plus rien à attendre de l'Éducation nationale.

Aucune réforme d'envergure ne se profile, bien au contraire. Force est de constater qu'il n'y a plus rien à attendre de l'Éducation nationale. Il n'y a donc pas de raison d'immoler plus longtemps nos enfants sur cet autel au nom d'une fidélité à l'école publique, et à l'idéal qu'elle a pu incarner.

Dans un tel état de nécessité, il faut sortir des sentiers battus. Si le navire de l'Éducation nationale s'obstine à foncer dans les icebergs, il n'est point d'autre solution que de mettre à l'eau de multiples nefs. Les enfants d'abord ! C'est ce que font tous ces parents qui ont retiré cette rentrée leurs enfants de l'école publique pour le privé. Aucune lâcheté à cela, mais bien plutôt la réaction mûre et déterminée de parents qui se savent être les premiers éducateurs et responsables de leurs enfants, quoi qu'en dise le gouvernement.

Mais les places sont rares dans le privé, puisque l'État organise sciemment la pénurie de places en refusant de financer le développement des écoles sous contrat. Les parents sont ainsi conduits à ouvrir de nouvelles écoles libres. Soixante et une, c'est le nombre des nouvelles écoles indépendantes qui ouvriront leurs portes à la rentrée, contre trente-sept l'an dernier. L'essor des créations d'école est un signe d'espérance. Ce mouvement de la société civile n'est-il pas de bon augure sur la capacité du peuple français à se prendre lui-même en main et à innover dans le contexte de la défaillance croissante de l'État ? »

Source




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C'est la rentrée !






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dimanche 31 août 2014

Éducation, démographie : la surprenante Russie (Emmanuel Todd)

L'historien Emmanuel Todd a entrevu en 1976 la fin de l'URSS avec un essai au titre provoquant : La chute finale. Aujourd'hui, dans un entretien inédit avec Herodote.net, il prend à nouveau l'opinion à rebrousse-poil en annonçant la renaissance de la Russie et l'effondrement de l'Ukraine. Avec des chiffres que nos dirigeants auraient intérêt à méditer.

Herodote.net — Vous tentez de comprendre les sociétés humaines et entrevoir leur futur à travers leurs indicateurs démographiques. Depuis quarante ans, la Russie est l'un de vos terrains de chasse favoris. Cela tombe bien. Au moment où elle fait à nouveau trembler l'Europe, dites-nous comment vous la percevez.

Emmanuel Todd  En 1976, j'avais découvert que la mortalité infantile était en train de remonter en URSS et ce phénomène avait troublé les autorités soviétiques au point qu'elles avaient renoncé à publier les statistiques les plus récentes. C'est que la remontée de la mortalité infantile (décès avant l'âge d'un an) témoignait d'une dégradation générale du système social et j'en avais conclu à l'imminence de l'effondrement du régime soviétique.

Aujourd'hui, disons depuis quelques mois, j'observe à l'inverse que la mortalité infantile dans la Russie de Poutine est en train de diminuer de façon spectaculaire. Parallèlement, les autres indicateurs démographiques affichent une amélioration significative, qu'il s'agisse de l'espérance de vie masculine, des taux de suicide et d'homicide ou encore de l'indice de fécondité, plus important que tout. Depuis 2009, la population de la Russie est repartie à la hausse à la surprise de tous les commentateurs et experts.

 

C'est le signe que la société russe est en pleine renaissance, après les secousses causées par l'effondrement du système soviétique et l'ère eltsinienne, dans les années 1990. Elle se compare avantageusement, sur de nombreux points, à bien des pays occidentaux, sans parler des pays d'Europe centrale ou de l'Ukraine, laquelle a sombré dans une crise existentielle profonde.

La mortalité infantile

La mortalité infantile (décès avant l'âge d'un an pour mille naissances) est sans doute l'indicateur le plus significatif de l'état réel de la société. Il dépend en effet tout à la fois du système de soins et des infrastructures, de la nourriture et du logement dont disposent les mères et leurs enfants, du niveau d'instruction des mères et des femmes en général...

Le graphique ci-dessous témoigne des progrès spectaculaires accomplis par les trois pays issus de l'ancienne URSS depuis la fin du XXe siècle. La Russie, partie de très haut (plus de 20 décès pour mille naissances) a rattrapé l'Ukraine et se situe à peine au-dessus des États-Unis.

Plus déroutants encore sont les progrès de la Biélorussie, qui se situe désormais au niveau de la France (3 pour mille). Qui l'eut cru de ce « trou noir » au milieu de l'Europe, dirigé par un obscur autocrate ? On verra qu'en tous points la Biélorussie colle à la Russie. Les deux pays ont des structures familiales similaires et la Biélorussie, au contraire de l'Ukraine, se satisfait d'une indépendance restreinte.

Mortalité infantile comparée en Russie, en Ukraine, en France... (Herodote.net, 2014)

Herodote.net  Mais quelle fiabilité pouvons-nous accorder à ces statistiques ?

Emmanuel Todd  La plus grande qui soit. Les données démographiques ne peuvent pas être trafiquées car elles ont leur cohérence intrinsèque. Les individus dont on a enregistré un jour l'acte de naissance doivent se retrouver dans les statistiques à tous les grands moments de leur existence et jusqu'à leur certificat de décès. C'est pour cela que le gouvernement soviétique a cessé de publier les taux de mortalité infantile quand ils lui ont été défavorables.

Ça n'a rien de comparable avec les données économiques ou comptables que l'on peut allègrement trafiquer comme l'ont fait le gouvernement soviétique pendant plusieurs décennies ou les experts de Goldman Sachs quand ils ont dû certifier les comptes publics de la Grèce pour lui permettre d'entrer dans la zone euro...

Les cigognes retrouvent le chemin de la Russie

L'indice de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme) témoigne du renouveau démographique de la Russie même s'il est encore inférieur au seuil de remplacement des générations (comme dans tous les pays développés). Relevons dans les comparaisons ci-dessous l'effondrement de la Pologne catholique qui, visiblement, n'a pas profité de son entrée dans l'Union européenne.
 
Russie
Biélorussie
Ukraine
Pologne
France
Allemagne
[Québec
États-Unis
1993
1,7
1,8
1,8
2,0
1,8
1,4
1,6
2,0
1999
1,2
1,3
1,3
1,5
1,7
1,3
1,5
2,0
2005
1,4
1,2
1,2
1,2
1,9
1,3
1,5
2,0
2013
1,7
1,6
1,5
1,3
2,0
1,4
1,6]
1,9
Sources : World Population Data Sheet / INED, Population et Sociétés[/Institut de la statistique du Québec].


Herodote.net  Ce regain de vitalité de la Russie est donc une surprise pour vous ?

Emmanuel Todd  Oui, tout à fait. Dans Après l'Empire, un essai consacré aux États-Unis et publié en 2003, j'ai envisagé cette éventualité dans un chapitre intitulé « Le retour de la Russie » mais je n'avais aucune donnée statistique me permettant de l'étayer. Je faisais seulement confiance à ma perception de la société russe, de ses structures familiales et étatiques.

C'est peu dire qu'elle n'est pas partagée par mes concitoyens. Dans les dernières années, j'ai été exaspéré par le matraquage anti-russe de la presse occidentale et en particulier française, avec Le Monde au coeur du délire !

Herodote.net  Vous exagérez !

Emmanuel Todd  Pas du tout. Ces médias ont réussi à aveugler l'opinion sur le redressement spectaculaire de la première puissance militaire du continent européen ! Ce faisant, je ne crains pas de le dire, ils nous ont mis en situation de risque.

La CIA s'est elle-même laissée abuser par ses préjugés. En se focalisant sur le désastre démographique des dernières décennies du XXe siècle, elle a cru à la disparition prochaine de la Russie. De même que l'Union européenne, elle a mal évalué les nouveaux rapports de force entre la Russie et ses voisins et c'est comme ça que, de maladresse en maladresse, on a abouti à l'annexion de la Crimée et à la guerre civile en Ukraine.

Herodote.net  Vous oubliez Poutine, sa brutalité, son homophobie...

Emmanuel Todd  Sur l'homophobie, je ne suis pas compétent, même si je suis à titre personnel favorable au mariage pour tous. Le magazine Marianne m'a confié il y a quelques semaines l'analyse d'un sondage sur la sexualité politique des Français et j'avoue que ça m'a beaucoup amusé...

Plus sérieusement, c'est vrai que le président russe n'a rien d'un social-démocrate ou d'un libéral. Interrogé par Le Point en 1990, j'avais dit qu'il ne fallait pas imaginer que la Russie devienne un jour une démocratie à l'anglo-saxonne. Ses structures familiales et étatiques s'y opposent tout autant que la violence inscrite dans son Histoire.

Mais la « poutinophobie » ambiante nous a masqué l'essentiel, ce que révèlent de façon claire les indicateurs démographiques : la chute de l'URSS a accouché d'une grande société moderne et dynamique, avec notamment un haut niveau d'éducation hérité de l'ère soviétique, des filles plus nombreuses que les garçons à l'Université et un bilan migratoire positif qui atteste de la séduction qu'exerce encore la société russe et sa culture sur les populations qui l'environnent.

Cela débouche sur ce que je qualifie faute de mieux de « démocratie autoritaire » ; un régime fort et même brutal, qui a néanmoins le soutien implicite de la grande majorité de la population.

Les filles à l'assaut de l'Université

Le pourcentage de filles par rapport aux garçons dans l'enseignement supérieur est un indicateur intéressant du degré de modernité d'une société et de la place qu'y tiennent les femmes ou qu'elles sont appelées à y tenir (source : OCDE, 2013).

 Suède
Russie
France 
États-Unis
Allemagne
140 filles pour 100 garçons
130
115
110
83

[Note du carnet, dans le domaine de l'emploi des femmes, la Russie est également assez étonnante et loin des stéréotypes de pays rétrograde parfois entretenus dans nos médias :

C'est ainsi que la Russie a le double de femmes occupant des postes de haute direction par rapport aux États-Unis ou à l'Europe occidentale. La Russie a la plus forte proportion de femmes dans les postes de direction (43 pour cent), un chiffre relativement stable depuis 2004, selon le rapport de Grant Thornton International Business pour 2014.

]


Herodote.net  Permettez-moi d'insister mais un président issu du KGB, la police politique soviétique, ça n'a rien de très moderne.

Emmanuel Todd Et alors ? Le KGB et son avatar actuel, le FSB, sont des viviers pour les élites russes. Hélène Carrère d'Encausse a dit, en ironisant, qu'ils sont l'équivalent de l'ENA pour la France. Disons qu'ils participent de la nature violente du pays !

Le spectre d'Ivan le Terrible s'éloigne

Sur le chapitre des mœurs, on note de lentes améliorations en Russie, qu'il s'agisse des taux de suicide et d'homicide ou de l'espérance de vie masculine, longtemps plombée par l'alcoolisme et la violence.
 
taux de suicide (décès pour 100.000 habitants)
taux d'homicide (décès pour 100.000 habitants)
espérance de vie masculine
1998
35,5
22,9
61 ans
2010
30
10
64 ans
Pour rappel, le taux de suicide est de 16 pour 100.000 habitants en France (2008) ; le taux d'homicide est de 4,2 pour 100.000 habitants aux États-Unis et de 1 pour 100.000 habitants en France (2013).

Les graphiques ci-dessous représentent l'espérance de vie à 60 ans des femmes et des hommes. Ils témoignent du retard accumulé par l'URSS depuis les années 1950 et du redressement récent, qui demeure fragile.

Espérance de vie à 60 ans (Herodote.net, 2014)


Herodote.net  Vous nous assurez que la société russe se porte plutôt bien mais son économie, elle, va mal.

Emmanuel Todd  En matière d'économie, je ne veux pas trop m'engager. Notons simplement que les 1,4% de croissance de la Russie et son taux de chômage de 5,5% feraient pâlir d'envie le président Hollande. Et pour ne pas l'accabler, je ne dirai rien de l'indice de popularité de son homologue russe.

Mais il est vrai que la Russie vit pour l'essentiel sur une économie de rente fondée sur l'exploitation de son sous-sol et, de plus en plus, sur son agriculture. Pour le reste, elle s'en tient à une politique protectionniste destinée à protéger ce qui reste de son industrie.

Le pays a deux atouts : un territoire immense de 17 millions de km2 plein de richesses potentielles et une population de 144 millions d'habitants (2013) qui compte encore beaucoup de scientifiques de haut niveau, malgré le départ de 800.000 juifs pour Israël.

Ces deux atouts déterminent la stratégie de Poutine : protéger le territoire et ses ressources avec une armée performante, en attendant que l'économie mondiale achève sa transition vers l'Asie et les nouvelles technologies. On le voit mal faire un autre choix comme d'accueillir des industries de main-d’œuvre ou développer des entreprises exportatrices de biens de consommation.

Mais je m'en tiens là-dessus à des hypothèses. Ce qui, par contre, ne relève pas de l'hypothèse mais du réel, c'est le réconfortant redressement de la démographie russe. Il témoigne d'une santé qui ferait envie à de nombreux pays européens...

Cela dit, n'exagérons rien. Si par malheur, il devait arriver que je sois chassé de ma patrie, ce n'est pas en Russie que je me réfugierais mais aux États-Unis selon une tradition familiale bien établie !

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Histoire — chanson du 31 août, corps des troupes de la marine

Ce chant traditionnel de la Marine raconte l'histoire véritable d'un petit navire Français qui vainquit un navire anglais bien plus gros que lui.

Le corsaire Surcouf commandait La Confiance et il captura le navire anglais HMS Kent en 1800.

Ce chant à virer, qui est aussi un chant de guerre figurant au répertoire de la Royale, est l'un des plus célèbre de la marine française.

Le fait qu'il mette en scène la gloire monarchique, la lutte séculaire entre la perfide Albion (l'Angleterre) et la France, la hardiesse des marins français, et son appel à lever le verre avant et après le combat, tout cela n'est assurément pas étranger à son succès...



1. Au trente et un du mois d'août (bis)
Nous vîmes sous l'vent à nous (bis)
Une frégate d'Angleterre
Qui fendait la mer et les flots
C'était pour aller à Bordeaux.

Buvons un coup, buvons en deux,
À la santé des amoureux
À la santé du Roy de France
Et merde ! pour le roi d'Angleterre
Qui nous a déclaré la guerre.

2. Le capitaine au même instant (bis)
Fit appeler son lieutenant (bis)
Lieutenant te sens-tu capable
Dis-moi, te sens-tu assez fort
Pour l'aller crocher à son bord ?

Refrain.

3. Le lieutenant fier et hardi (bis)
Lui répondit : Capitaine, oui ! (bis)
Faites monter tout l'équipage
Hardis gabiers, gais matelots
Faites monter tout l'monde en haut.

Refrain.

4. Vire lof pour lof en arrivant (bis)
Nous l'abordâmes par son avant (bis)
À coup de hache, à coup de sabre
De pique, de couteau, de mousqueton
Nous l'avons mis à la raison.

Refrain.

5. Que va-t-on dire de lui tantôt (bis)
À Brest à Londres et à Bordeaux (bis)
De s'être ainsi laissé surprendre
Par un corsaire de quinze canons
Lui qu'en avait trente et si bons ?




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