Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 6 mai 2009
Après Denis Watters, Réal Gaudreault...
« Les collabos au régime pédago-totalitaire du MÉLS »
L'éthique et la culture religieuse. Obligatoire. Imposée. Pas le choix !
C'est ce que la cour de Drummondville va devoir infirmer ou confirmer. Aux gens qui croient que le cours ÉCR va favoriser l'ouverture, je réponds que le cours de morale ou de religion pouvait le faire. Et pourquoi parler des religions durant 11 ans ? L'imposition ! Voilà tout le problème ! Des milliers de parents veulent pouvoir refuser ou accepter le cours ÉCR. Rappelons que 72 % des parents sont d'ailleurs pour le libre choix (sondage Léger Marketing, octobre 2008).
Politiciens, amis, voisins, fonctionnaires, pouvez-vous respecter et même supporter les parents ?
Modifier des Chartes et des lois pour imposer un courant relativiste, c'est irrespectueux. Des consultations comme celle réalisée auprès de la Fédération des comités de parents, qui s'est faite à la hâte, de l'avis même de certains membres, ne signifient rien pour les parents du Québec. Prétendre, comme le font les Watters et compagnie, qui sont à la solde du gouvernement, qu'une Fédération représente sérieusement et officiellement les parents québécois pour des changements aussi majeurs est un outrage.
M. Charest croit qu'il y a un consensus sur ce cours. C'est faux ! Il attend d'ailleurs les résultats du procès de Drummondville. Trois juges différents ont même accordé depuis trois mois une injonction aux familles de Granby qui contestent le caractère obligatoire du cours. Les suspensions des élèves pour refus de se présenter au cours, refus motivés par les parents, ont donc été interrompues. Les fonctionnaires mis au pied !
C'est étonnant qu'il faille que de simples citoyens aillent aussi loin qu'une mise en demeure et même une injonction pour que le respect des parents devienne une réalité en matière d'éducation. La Convention des droits de l'enfant déclare à l'article 14.1 : « Les États parties respectent le droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion ».
L'article 26.3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 dit : « Les parents ont a priori le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leur enfant ». Nos convictions, philosophiques ou religieuses, ne sont pas respectées au Québec.
Même le Mouvement laïque Québécois dénonce l'imposition. Quand des commissions scolaires répondent que le régime pédagogique doit être respecté pour justifier les refus d'exemption, elles violent ces traités de l'ONU et bafouent allègrement les parents. Les différents exécutants de l'éducation sont-ils réellement tous conscients du sérieux de leurs gestes ? Soumis, ils collaborent au régime pédago-totalitaire.
Patrice Gagnon, parent et enseignant, Granby
Les enfants de l'État
Au temps d'une paix, dans le bon vieux temps, la famille vivait au rythme de la nature et des grands espaces. Les parents possédaient toute l'autorité et l'encadrement pour éduquer et guider leurs enfants selon les valeurs ancestrales. C'était bien sûr l'époque de nos ancêtres. En 1953, lorsque la télévision envahit nos demeures, soudainement le monde entier pénétrait dans nos salons comme des invités de marques. La famille Plouffe, La pension Velder, La Soirée du hockey nous rivaient à nos fauteuils hypnotisés que nous étions à ne rien comprendre à ce miracle de la technologie. Les insertions publicitaires déclenchèrent un phénomène nouveau qui modifia drastiquement nos habitudes de consommations en passant d'un besoin essentiel déterminé par les parents à un éventail de produits hétéroclites s'adressant à tous les membres de la famille mais toujours au frais bien sûr des parents. Cet impair aux traditions les déconcertait et ils y voyaient une intrusion dans leur autorité parentale mais le phénomène s'accentua avec l'influence des voisins et de l'école. La Révolution tranquille des années 60 (Peace and Love) modifia l'encadrement religieux et apporta la gratuité de l'enseignement supérieur. L'adolescent se retrouvait souvent plus libre et instruit que ses parents et ce déséquilibre aggrava davantage les rapports entre parents et enfants, si bien que l'État s'est arrogé le droit d'intervenir dans la vie de l'étudiant (du niveau secondaire) en légiférant pour lui attribuer une confidentialité totale qui lui permet maintenant d'avorter ou d'utiliser la pilule anticonceptionnelle à l'insu même des parents.
Avec les CPE, l'éducation des tout-petits est même prise en charge à la naissance et la société interdit le droit à la correction corporelle comme pour se donner bonne conscience. L'influence venant de l'extérieur de la maison, a libéralisé des comportements qui échappent davantage aux parents. Internet, par exemple, constitue un outil fantastique de références mais expose les enfants aux pédophiles, aux prédateurs sexuels et à toutes les formes de violences qui caractérisent notre époque, livré directement dans la chambre à coucher à l'insu, bien sûr, des parents qui souvent sont des néophytes de cette technologie. L'état se charge des grands-parents, des handicapés, des chômeurs, de la DPJ du B.S. et de l'orientation des croyances avec les cours d'éthique et de religions, limitant ainsi les responsabilités des parents à la conception de l'enfant. Nos gouvernements s'apprêtent même à subventionner l'insémination artificielle.
Ce libertinage social se paie par un taux de naissances qui régresse constamment : en 1900 le taux était de 39,5 par 1000 habitants par rapport à 9,8 en 2000. Notre société individualisée stérilise les couples contre les valeurs familiales ancestrales si bien qu'en extrapolant ces données, les naissances et les décès se croiseront pour une croissance de 0 dans 10 ou 15 ans. Le filet social que les gouvernements étendent dans la population ne fait finalement qu'étouffer la cellule familiale québécoise qui risque de disparaître à l'aube de ses 400 ans d'histoire.
Le peuple québécois aura été une société distincte tout au long de sa courte histoire.
Lucien Blais, Granby
mardi 5 mai 2009
Réal Gaudreault — peut-on faire confiance aux experts du MELS ?
Capsule 25 — Marilyn Manson dans les écoles publiques ?
Résumé de la capsule par Réal Gaudreault : « Les textes du chanteur américain Marilyn Manson sont reconnus pour faire la promotion de la violence sous toutes ses formes. Ils encouragent notamment le suicide chez les jeunes. Pourtant, en 1999, le ministère de l’Éducation du Québec distribue des affiches de ce chanteur dans toutes les écoles du Québec. Selon le MEQ, une batterie d’experts n’y voyaient rien de grave. Incroyable, non ? Aujourd’hui, ils veulent instruire nos enfants à la religion. »
Capsule 26 — Écoles de la réincarnation subventionnées par l’État
Résumé de la capsule par Réal Gaudreault : « En 2000, le P.Q. achève la déconfessionnalisation des structures scolaires au Québec. En 2002, le ministre de l’Éducation Sylvain Simard approuve et renouvelle la licence des écoles Rudolf Steiner (Woldorf), lesquelles ne suivent pas le programme du MELS. Non seulement cela, ces écoles subventionnées par l’État fondent leur pédagogie sur la doctrine de la réincarnation et du karma hindou. Plutôt étonnant, non ? »
[Note du carnet: nous ne sommes pas pour l'interdiction de ces écoles, nous nous insurgeons du deux poids, deux mesures appliqué ici par le Monopole de l'Éducation, crispation face à des parents auxquels on n'accorde aucune exemption au cours d'ECR, mais tolérance extrême et subventions pour des écoles au programme fort « original ».]
Ode au pluralisme religieux
Gageons que les parents athées vont particulièrement apprécier...


« La contestation du programme Éthique et culture religieuse est une avenue que les évêques ont jugée infructueuse. »
La ministre St-Pierre et monseigneur St-Gelais, en faveur du cours ECR, lors de la signature d'une entente sur l'utilisation des églises dont l'usage est appelé à changer
Geste inélégant de Mgr Veillette, directement exploité par le gouvernement
Cela ne devrait étonner aucun catholique, mais cela n'a pas du tout l'heur de plaire à son éminence l’évêque de Trois-Rivières.
Mgr Martin Veillette a donc décidé d'écrire le 28 avril 2009 au député d’État des chevaliers de Colomb à propos du cours d’Éthique et de culture religieuse.

Mgr Martin Veillette et Mme Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine en 2008 lors de la signature d'une entente sur le patrimoine religieux et l'utilisation d'églises (vides) dont le changement d'usage est envisagé
Mgr Veillette contre la liberté de choix !
Nous en sommes là : un pasteur catholique reprend la plus grosse association catholique du Québec parce que celle-ci ose dire que les parents devraient être libres de choisir une éducation morale et religieuse conforme à leurs convictions ! À leurs convictions !
Les slogans du gouvernement repris verbatim
Il faut bien le dire, on se sent gêné à la lecture de la lettre affligeante que Mgr Veillette veut voir envoyée aux 104 000 chevaliers de Colomb en règle (le tout, aux frais des chevaliers de Colomb bien sûr).
On a parfois l’impression de lire verbatim les arguments du Monopole de l’Éducation, le tout repris sans aucune distance par un membre du clergé à qui cette réforme, ne l’oublions pas, a été imposée : « «La contribution éducative attendue de ce programme se situe principalement sur le plan de la citoyenneté : « la reconnaissance de l'autre et la poursuite du bien commun » Il s'agit d'apprendre à vivre ensemble dans une société pluraliste. Nous souscrivons à cet objectif et invitons la population catholique à en reconnaître la pertinence. Les transformations qui ont profondément marqué notre société nous y incitent de façon pressante. Le dialogue autour de questions éthiques et religieuses pourra aider les jeunes de diverses croyances et convictions à surmonter les clivages idéologiques et à mieux se respecter mutuellement. »
C’est là le lot de clichés habituels pour faire passer la pilule alors que les Québécois vivent déjà ensemble pacifiquement dans une société pluraliste et qu’il n’est pas du tout certain que le relativisme et le subjectivisme qui marquent le programme d’éthique et culture religieuse amélioreront quoi que ce soit dans le « vivre-ensemble ».
La vigilance selon Mgr Veillette : militer en faveur de l'imposition du cours ECR
Le comble est atteint quand Mgr Veillette se félicite de ce qui se passe sur le terrain des paroisses et qui serait absolument remarquable. C’est vraiment vouloir noyer le poisson : ce n’est pas parce que depuis peu l’Église catholique organiserait des classes de catéchèses décentes, disons, qu’il faut se réjouir de l’imposition du cours d’éthique et de culture religieuse pendant 11 ans qui pourrait bien défaire les rares heures de catéchèse que l’Église organisera sur une population de jeunes élèves désormais fortement réduite.
Enfin, il est remarquable que Mgr Veillette considère que sa soumission molle est une position prudente alors que personne, pas même M. Georges Leroux, ne peut prévoir les conséquences de cette « déconfessionnalisation des mentalités » comme l’appelaient Serge Côté et Jean Turgeon du Comité national du plan de formation en éthique et culture religieuse lors du Colloque des directeurs d’école 2007.
Georges Leroux : « s'interroger sur quelque chose qui pourrait s'apparenter à de la folie [...] Actuellement, personne au Québec ne mesure l'amplitude du changement et ses conséquences réelles »
Les parents ont raison d’être prudents et moins passifs que Mgr Veillette
Comme d'éminents universitaires l’ont déjà dit et comme plusieurs témoins experts le répèteront la semaine prochaine à Drummondville, n’en déplaise à Mgr Veillette, les parents sont dans leur droit quand ils demandent l’exemption d’un cours de formation morale et religieuse qu’ils trouvent suspect ou même contraire à leurs convictions. Mgr Veillette devrait protéger son troupeau, ne pas le diviser et ne pas justifier sa soumission à une formation dont le caractère catholique est plus que douteux pour plusieurs spécialistes.
Défi majeur : déconfessionnaliser les mentalités
Se faire l’exécuteur de basses œuvres, créer la division
Il est inélégant pour Mgr Veillette de rappeler ainsi à l’ordre les chevaliers de Colomb alors que ceux-ci ont fait preuve de tolérance et de bienveillance envers des parents inquiets pour le bien-être de leurs enfants. Il est contreproductif pour l’évêque de Trois-Rivières de vouloir ainsi créer la division là où régnait une unanimité tolérante. On a la désagréable impression que Mgr Veillette s'est fait l’exécuteur des basses œuvres du Monopole de l’Éducation, ceci alors que des parents catholiques sont en procès contre un État qui envahit de plus en plus la sphère spirituelle (voir l’article 36 de la Loi sur l’instruction publique) et veut même mettre au pas les écoles catholiques privées (comme le collège Loyola également en procès contre le MELS) qui osent demander qu'ils puissent enseigner un cours d'ECR modifié afin qu'il soit compatible avec leur nature d’établissement privé de confession catholique.
La sortie précipitée de Mgr Veillette a d’ailleurs été immédiatement exploitée par les avocats du gouvernement qui se sont empressé d’ajouter sa lettre inopportune au dossier qu’ils présenteront à Drummondville la semaine prochaine pour empêcher toute exemption au cours gouvernemental d’ECR.
Dans quelle galère s’est donc laissé embarquer Mgr Veillette ?
Qu’est-ce qui a poussé Mgr Veillette à s’exprimer aussi rapidement pour exiger que sa lettre soit diffusée aux frais des chevaliers de Colomb ? Pourquoi ne pouvait-il attendre la conclusion du procès de Drummondville dans une semaine avant de prôner une soumission peu vigilante et peu prudente et semer un peu plus la division parmi les catholiques ?
N’a-t-il donc aucun dossier plus pressant à régler ? Ne pourrait-il pas plutôt s’assurer que les écoles catholiques subventionnées aient encore une vocation catholique par exemple et que les parents catholiques ne se voient pas poussés à fonder de nouvelles écoles catholiques, non subventionnées cette fois ? Ne peut-il concevoir la prudence envers le cours ECR qu’en termes de lettre militante en faveur de celui-ci ?
Ne peut-il s’occuper de certains prêtres de son diocèse, comme le père Lacaille qui critique ouvertement et radicalement le Pape Benoît XVI sur des questions comme le sacerdoce des femmes, l'avortement, l'euthanasie, le préservatif, l'œcuménisme, la théologie de la libération et la forme extraordinaire de la messe catholique. Voir la dernière charge à boulet rouge de ce « bibliste » contre les pirates vêtus de pourpre qui dirigeraient selon lui le Vatican, lettre complaisamment reproduite par le Devoir. Là, subitement, Mgr Veillette devient fort coi.
N’y a-t-il rien de mieux à faire pour un pasteur que d’être l’instrument du gouvernement et de diviser ses ouailles en prêchant non la liberté de choix, mais une prétendue « vigilance » qui n’est qu’une soumission molle qui pourrait bien avoir des conséquences graves pour les enfants de parents catholiques ?
lundi 4 mai 2009
Fair accommodation for Gabriel
I don't understand.
A boy named Mohamed successfully defended his right to recite his daily prayers at school, and another named Gurjab was accorded the right to wear his kirpan at school. But when our son Gabriel claims exemption from the ethics and religious culture course, the door gets slammed in his face – and all within the same education system. Well, Gabriel also has the right to claim reasonable accommodation! Gabriel at 11 is in the process of building his identity. Like thousands of other students his age, he is attempting to understand and to integrate the values his family is trying to instill in him – quite a challenge!
In the midst of this, the state, under the pretext of multiculturalism, wants to impose on him the study of an arsenal of spirituality and traditions. We object to this approach. As a family, we do not accept that the education system so disrespectfully challenge the values it is our right to transmit to our children. In spite of what is claimed, the ethics and religious culture course can not possibly integrate different nationalities and religions within this social project, as without identity, there can be no integration. This identity is not yet acquired by a child of Gabriel's age, and will not likely be acquired until the end of adolescence. For all of these reasons, we will continue to demand that our rights and our differences be respected in this education system which trains the adults of the future. Our request is just as important as those of Mohamed and Gurbaj, and of all those who have adopted this country as theirs.
Karl Santaguida, Montréal
Se prémunir du « Youpi, créer ma religion à moi ! », une saine prudence
«Le nouveau cours Éthique et culture religieuse n'a pas fini d'étonner. Que l'on se rappelle à titre d'exemple le cas de cet enseignant qui a demandé à ses élèves de dessiner un nouveau drapeau du Québec parce qu'il estimait que le fleurdelisé ne convenait plus, car on y discerne une croix. L'enseignant zélé avait cru déceler là une atteinte à la laïcité.
Le cours réserve d'autres surprises. C'est ainsi que l'on trouve une perle bizarre dissimulée dans un cahier d'activités destiné aux élèves de premier cycle du secondaire et dont le titre est Partons à l'aventure! La perle se nomme «Youpi, ma religion à moi!» Comme aventure, c'est du vrai de vrai.
On invite les jeunes (de 12 et 13 ans) à créer leur propre religion «comme moyen pour vérifier leur capacité à saisir les multiples facettes des mouvements religieux». On précise: «À partir des multiples exemples vus en classe dans le chapitre 1, tu décides de fonder ton propre mouvement religieux pour répondre à ta quête de sens. Ce mouvement doit naître de ton imaginaire.» Production attendue? Une description détaillée d'une religion inventée respectant la structure exigée.
Regroupés dans des équipes de quatre, les écoliers doivent faire appel à leur imaginaire pour réaliser le projet suivant: inventer un fondateur et un mythe fondateur; inventer un Dieu ou des dieux et en nommer les attributs; inventer un code moral; inventer un livre sacré; inventer quelques rituels; inventer quelques objets de culte.
Affront aux religions
On nous dit que ce cahier d'activités n'a pas été officiellement approuvé, donc que l'on ne doit pas prendre l'affaire trop au sérieux. Pourtant, il s'agit bien d'un outil de travail reconnu que l'on met à la disposition des enseignants et des jeunes. On y trouve un tas de trucs sur le vivre-ensemble et le dialogue. Certains éléments sont intéressants, mais le tout projette l'image d'un fouillis où s'entremêlent les bonnes intentions et la confusion. On ne réussit pas à trouver le fil conducteur qui assure l'unité de l'œuvre. L'ensemble est gentil, sirupeux, un peu gnangnan.
Quant à la perle bizarre, elle suscite une interrogation bien particulière, car elle équivaut à un affront atteignant toutes les religions. Pourtant, un des objectifs du cours est, nous dit-on, d'encourager une approche inclusive et tolérante envers les croyances. Or, pour en arriver à inventer une bizarrerie pareille, il faut au moins implicitement avoir assumé les trois postulats suivants: 1) toutes les religions se valent; 2) mises ensemble elles ne valent pas grand-chose; 3) aussi bien s'en moquer et en tirer un passe-temps.
Déferlement de religions!
Voyons la pratique et tâchons d'imaginer d'éventuelles conséquences. À quatre participants par équipe, il serait possible d'inventer cinq ou six religions par classe, chacune avec son ou ses dieux, son code moral, ses rituels. Des centaines de nouvelles religions pourraient ainsi émerger à l'échelle du Québec. Un vrai déferlement de religiosité. Même les adeptes du relativisme et du pluralisme normatif risqueraient d'être emportés par le courant. Les enseignants n'y pourraient rien, car il leur est interdit d'exprimer une opinion personnelle. Brouillard et confusion. Montée prévisible d'un sentiment de mépris envers tout ce qui est religieux. Est-ce là le but recherché?
On peut heureusement prévoir que le déferlement n'aura pas lieu, car les jeunes sont capables de faire preuve de sens commun, plus que ceux qui ont inventé ce jeu. On peut aussi faire confiance au sens critique de parents qui sauront faire oeuvre d'intelligence et de discernement. Il demeure qu'un dérapage aussi grossier sème l'inquiétude.Activité d'ECR sur le thème créer sa religion, ici les judoïtes
Potion du vivre-ensemble
Des parents se demandent si la potion magique que l'on fait ingurgiter à leurs enfants au nom du vivre-ensemble ne serait pas toxique. Ce qui incite certains d'entre eux à invoquer le droit d'exemption pour les jeunes dont ils ont la charge. Ils appliquent le principe de précaution. C'est une saine prudence qui les incite à agir ainsi.
L'un des grands esprits qui ont concocté le nouveau cours a affirmé avec assurance que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde l'équivalent d'un tel produit pédagogique. En découvrant le jeu «Youpi, ma religion à moi!», je suis enclin à croire qu'il a raison. Car il est sûrement hors du commun d'inventer pareil passe-temps dans le domaine religieux. C'est «le bout du bout», comme m'a dit l'un de mes amis, pédagogue renommé qui fut longtemps enseignant et directeur d'école.
»
« Le gouvernement devrait se prévaloir de la loi sur les consultations populaires »
«
Selon les sondages les plus fiables, les parents, en très grande majorité, sont en faveur de l’enseignement religieux et moral dans les écoles publiques et privées du Québec. Ceux-ci fréquentent rarement les lieux de culte mais tiennent à ce que leurs enfants soient élevés dans la tradition religieuse où leurs parents les ont élevés. Il y a là un grand paradoxe. Les Québécois n’en sont pas à leur premier.
Il y a quelques jours, Jean Charest, Premier ministre du Québec, déclarait tout à fait le contraire, suite à la marche tenue par des milliers de parents à Drummondville et qui dénonçaient l’imposition du cours Éthique et culture religieuse. Pour justifier l’imposition de ce nouveau cours, le Premier ministre affirmait, le plus sérieux au monde, que cette démarche reflétait un large consensus au Québec et était parfaitement légal.
En effet, il y a un consensus au Québec, mais il n’est pas autour du nouveau cours étatique d’Éthique et culture religieuse imposé par les Parlementaires à Québec. Il l’est au sujet de l’enseignement religieux catholique et protestant et de l’enseignement d’une morale naturelle. Les Québécois veulent ce type d’enseignement dans leurs écoles, et ils le veulent à plus de 80 %. Ils ne veulent pas autre chose. Les autorités politiques, toute partisannerie confondue, imposent, depuis quelques mois, exactement le contraire. Si la démocratie c’est la volonté du peuple, par le peuple et pour le peuple (Abraham Lincoln), le Québec est anti-démocratique et bafoue la volonté du plus grand nombre. Comment comprendre ce non respect des citoyens et ce chambardement imposé, contre la volonté d’une claire majorité? L’histoire politique récente du Québec fournit la réponse.
La Charte des droits et libertés de la personne régit, depuis plus de 25 ans, le fonctionnement de la société civile québécoise. L’énoncé original de cette Charte (1982), à l’article 41, était pourtant bien clair. «Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d’exiger que, dans les établissements d’enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre des programmes prévus par la loi.» Une telle formulation reconnaissait l’autorité primordiale des parents dans la transmission des valeurs religieuses et morales.
En juin 2005, l’Assemblée nationale adoptait majoritairement et à toute vapeur, la loi 95 qui modifiait l’article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne. L’article se lit maintenant ainsi : «Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d’assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l’intérêt de ceux-ci.»
Le libellé de la première version (1982) et celui de la deuxième version (1995) semblent à tous points semblables, pour qui ne fait pas attention. Dans la première version, les parents ont le droit d’exiger. Ils sont donc les premiers responsables. Dans la deuxième version, les parents deviennent les mandataires (ils n’exigent plus…ils s’assurent) d’une autre personne qui peut juger de ce qui est dans l’intérêt de l’enfant en matière religieuse et morale. Aucune personne n’étant nommée explicitement dans l’article modifié de la Charte, il va de soi que c’est l’État qui doit faire respecter cette règle et, forcément, celui-ci devient le détenteur d’un droit qui, il n’y a pas si longtemps, revenait exclusivement aux parents.
Jean Charest a raison. La démarche actuelle gouvernementale est parfaitement légale. Puisque son gouvernement, - avec la complicité de l’Opposition péquiste de l’époque - a changé la loi afin de faire légalement ce que les parents n’ont jamais voulu que leur gouvernement fasse dans les faits : leur enlever le droit fondamental d’élever leurs enfants selon leurs convictions religieuses et morales.
Le nouvelle article 41 de la Charte québécoise viole la liberté de conscience et va en contradiction avec les Chartes internationales de droits et libertés. Elle permet à l’État québécois d’imposer le contenu d’un cours d’éthique et culture religieuse, sans que les parents aient le droit de s’y opposer, sans que les parents aient le droit d’en soustraire leurs propres enfants, sans que les parents aient un droit de regard sur le contenu religieux et moral enseigné à leurs enfants.
L’État du Québec, par le biais du Ministère de l’Éducation, peut, dorénavant imposer, modifier, ajouter un contenu idéologique particulier dans les cours offerts, tant au niveau primaire que secondaire, sans que les parents puissent dire un seul mot. C’est, en d’autres termes, l’imposition d’une religion d’État, sans droit de regard venant de ceux qui sont les premiers concernés. L’État, unilatéralement peut décider ce qui doit être transmis comme valeurs religieuses et morales à tous les étudiants fréquentant les écoles du territoire québécois. Subrepticement, le Québec est tombé, sans le savoir et sans le vouloir clairement, en régime totalitaire. Contenu étatique; assistance obligatoire aux cours, aucune dérogation. Il y a des régimes politiques qui ont procédé ainsi dans l’histoire du XXe siècle. A chacun d’en dresser la nomenclature.
J'ai lu le contenu intégral du devis du cours Éthique et culture religieuse imposé par le Ministère de l’Éducation, tant au niveau primaire et secondaire. A mon sens, ce cours sème la confusion dans les esprits des jeunes, enlève aux parents un droit fondamental qui est la transmission des croyances familiales, met sur le même pied d'égalité «religion révélée» (surnaturelle) et ««religions dites naturelles», et surtout, permet au gouvernement d’imposer des philosophies et des contenus religieux qui ne relèvent pas de sa compétence et qui peuvent aller à l’encontre de la volonté des parents.
De toute façon, ce nouveau programme est voué à l’échec. Les professeurs sont mal préparés pour l’enseigner. Ceux qui essaient de le faire, en grande majorité, le font à contre cœur, souvent pour compléter une tâche régulière incomplète. On voit ici le sérieux du Ministère de l’Éducation qui accepte, que des incompétents livrent un contenu ténébreux, mal ficelé, souvent incohérent. Dans quelques années, le Ministère sera autorisé à dire que les jeunes ne veulent plus rien savoir de la religion et procèdera à l'abolition pure et simple de ce cours inadapté, allant à l’encontre des droits fondamentaux des parents.
Le Premier ministre peut bien dire que l’action de son gouvernement est légale et rejoint un consensus dans la population. Il a, avec la complicité de Pauline Marois qui se tient coi, l’habileté du politicien qui joue avec les mots. Les parents, d’une part, souhaitaient, à plus de 80 %, conserver le droit de choisir entre l’enseignement religieux catholique et protestant et le cours de morale naturelle. D’autre part, le consensus autour du cours Éthique et culture religieuse n’existe tout simplement pas. Et pour rendre légale l’action de son gouvernement, il a profité de la canicule de l’été 1995, en accord (pour une fois…) avec le Parti québécois, pour modifier la Charte québécoise, article 41, qui permet à l’État d’assurer la transmission d’une culture religieuse de son choix, enlevant ainsi aux parents le droit d’exiger qu’un enseignement soit fait, conformément à leurs droits fondamentaux.
Sur une question aussi fondamentale, le gouvernement devrait se prévaloir de la loi sur les consultations populaires. Et faire, dans les plus brefs délais, un référendum sur la question. De toute évidence, il pourrait avoir des surprises. La question référendaire pourrait être la suivante : Acceptez-vous que le gouvernement du Québec abolisse la loi 95 qui modifiait l’article 41 de la Chartre des droits et liberté de la personne et redonne aux parents le droit fondamental de choisir le type d’enseignement qu’ils leur convient dans le domaine religieux et moral ?
Les Québécois, pour une fois, pourraient bien être tentés de voter Oui !
Nestor Turcotte – MATANE
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dimanche 3 mai 2009
Création d'une école catholique non subventionnée à Québec ?
Le comité de fondation s’était déjà réuni le 25 janvier dernier pour discuter de la fondation de la future école qui portera le nom de Notre-Dame des Écoles de Québec. Le comité avait alors reçu la bénédiction du cardinal Marc Ouellet en sa cathédrale. Il a également l’appui de l’Association Notre-Dame des Écoles, fondée par le Mgr Ouellet pour promouvoir ainsi une éducation fidèle au magistère de l’Église catholique.
Interrogé sur les raisons qui ont poussé ces parents à envisager une école non subventionnée, M. Bertrand Cloutier, président du comité de fondation, a déclaré que la raison principale qui poussait ces parents à ce grand sacrifice financier était de créer un environnement où les valeurs évangéliques pouvaient être vécues et comprises par l'exemple. L'école serait ainsi le prolongement de la maison en matière d'éducation.
Pour M. Cloutier, cette initiative vise à créer un grand nombre de petites écoles à échelle humaine et à s'éloigner de la massification des écoles publiques ou privées subventionnées. À ce stade, l'ouverture de Notre-Dame des Écoles de Québec n'est pas prévue avant la rentrée 2010.
Si ces écoles se voudront plus humaines et chercheront à présenter une anthropologie digne de l'homme et de sa finalité, il ne sera pas question de compromettre la qualité d'enseignement dans les matières obligatoires.
En sus des matières obligatoires imposées par le Monopole de l'Éducation du Québec — contrairement à de nombreux autres pays démocratiques comme la France ou l'Angleterre les écoles privées non subventionnées québécoises sont tenues de suivre par le menu le programme du gouvernement — ces écoles enseigneront des cours de religion solidement ancrés dans la doctrine catholique et les quatre piliers de la catéchèse. Il faut sans doute lire ici, en filigrane, une critique de ce que sont devenues les écoles privées dites catholiques subventionnées où l'animation pastorale catholique a été remplacée par une animation spirituelle et à l'engagement communautaire qui réserve une partie congrue à une spiritualité de plus en plus diffuse devant un engagement communautaire souvent très politiquement correct.
Selon M Cloutier, qui est lui-même enseignant dans une école catholique subventionnée, il n'est pas exclu que d'autres cours s'ajoutent au programme officiel afin d'assurer aux élèves une éducation plus complète.
M. Cloutier s'est dit inspiré dans sa réflexion sur la refondation d'une école catholique par le livre Refonder l'école catholique de Jean-Daniel Nordmann publié il y a quelques années aux éditions Ad Solem.