mercredi 25 juin 2008

Cartes de la fête des Pères interdites dans les écoles écossaises

Le Daily Telegraph de Londres révèle qu’on a interdit à des milliers de jeunes écoliers de confectionner des cartes pour la fête des Pères à l'école de peur d'embarrasser leurs compagnons qui vivent avec des mères monoparentales ou des lesbiennes.

Cette politique politiquement correcte a été discrètement mise en œuvre dans les écoles « par respect » pour le nombre croissant de foyers monoparentaux et homosexuels.

Elle n'a été révélée que par le grand nombre de pères qui n'ont pas reçu leurs traditionnels cadeaux et leur carte faits à la main.

L'interdiction des cartes de la fête des Pères a été mise en place dans les écoles de Glasgow, Édimbourg, East Renfrewshire, Dumfries et Galloway et Clackmannshire. La confection des cartes et cadeaux pour la fête des Mères demeure toutefois autorisée.

La décision au sujet de la fête des Pères fait suite à une série d'autres mesures politiquement correctes dans les écoles primaires, parmi lesquelles celle de supprimer les références chrétiennes des cartes de vœux de fin d'année.

vendredi 20 juin 2008

« Privée d'excursion, elle traîne son père en justice et gagne ! », réactions de chroniqueurs

Deux réactions à la décision stupéfiante d'une juge québécoise qui a donné raison à une jeune adolescente privée d'excursion par son père pour avoir désobéi et avoir affiché des photos indécentes d'elle-même sur Internet.

Mario Roy écrit :
« Il est devenu courant pour un enfant privé de dessert ou de télé de menacer papa ou maman : « Je vais appeler la DPJ ! » la Direction de la protection de la jeunesse, bien sûr, dont le pouvoir est expliqué aux marmots à la garderie et à l'école dès qu'ils ne sont plus aux couches. Dorénavant, peut-être les tout-petits pourront-ils recourir aussi aux plus hauts tribunaux du pays...

[...]

L'affaire s'inscrit évidemment dans un contexte de divorce, de désaccord entre ex-conjoints, d'adaptation difficile de l'enfant à une famille reconstituée. Néanmoins, elle dit un certain nombre de choses sur les contradictions de l'État ainsi que sur la place dévolue au père dans ce qu'on appelle encore, faute de terme plus approprié, la famille.

[...]

Si la « délinquance » informatique de la pré-ado est réelle, peut-on blâmer un père d'avoir pris les moyens pour y mettre fin ? Pour coincer les prédateurs du web, l'État, lui, ne mobilise-t-il pas des hordes de policiers - efficaces, on vient de le voir à Montréal ? Alerté par le Conseil du statut de la femme, l'État ne dénonce-t-il pas les dangers de l'hypersexualisation, s'apprêtant à ensevelir ce fléau consumériste sous des argents considérables ? Les pères, eux, n'ont-ils rien à faire dans tout ça ? Ce père en particulier, qui a la garde légale de l'enfant, a-t-il surévalué ces dangers et été trop sévère ? Et même si c'est le cas, appartient-il à la justice d'en décider ?

L'affaire sous examen est exceptionnelle, assure Me Fortin [avocat de l'enfant], qui n'y voit pas une porte ouverte au «droit» pour un enfant de réclamer l'examen judiciaire des sanctions parentales. Or, c'est exactement ce que craint Me Beaudoin, qui se pourvoira en appel.

On verra bien.

Mais on sait déjà à quel point l'État et la justice - jadis boutés hors de la chambre à coucher ! - ont à nouveau envahi l'espace familial. Et on sait aussi que, lorsqu'un « droit » accède à l'existence, il demeure rarement inutilisé. »


Yves Boisvert pour sa part conclut sa relation de cette affaire par :
« Mais que reste-t-il de l’autorité parentale si elle peut être révisée sur toute question à la demande d’un enfant ? La Cour supérieure est-elle devenue une cour d’appel des punitions parentales ? On n’en aurait pas fini…

À moins de cas nettement excessifs ou mettant l’enfant en danger, les juges n’ont pas d’affaire dans la révision des punitions, même quand elles sont malavisées.

[...]


En attendant que la Cour d’appel nous éclaire, j’ai pour ma part caché le journal à mes enfants.

Abus d’autorité parentale, me dira-t-on. Je n’en disconviens pas. Mais comme j’essaie de l’expliquer en vain à mes enfants, une famille n’est pas une démocratie. »

Une décision judiciaire stupéfiante sur l’autorité parentale soulève des questions sur le droit des parents à choisir l’éducation de leurs enfants

Ottawa Citizen, le 19 juin 2008

Si vous empêchez vos enfants de regarder la télévision ou les privez de leur argent de poche, peuvent-ils vous traîner en justice ? Et avoir gain de cause ?

Ce scénario invraisemblable s’est réalisé alors qu'un juge de Gatineau a donné raison à une jeune fille de 12 ans qui avait défié son père après que celui-ci lui eut refusé de la laisser partir en excursion scolaire parce qu’elle n’avait pas respecté son interdiction d’utiliser l’Internet.

Des experts en droit de la famille et de la protection de la jeunesse se disent sidérés par le jugement rendu vendredi passé par la juge Suzanne Tessier de la Cour Supérieure.

« Cela semble incroyable » bredouille Gene Colman, avocat de la famille chevronné de Toronto il a fondé la Revue canadienne de droit familial. « Je n'ai jamais entendu parler de ceci auparavant. »

« En tant qu'avocat et en tant que parent, » déclare Fred Cogan, avocat de la famille à Ottawa, « je pense qu’il s’agit d’une ingérence de la part de l’État dans un domaine où les tribunaux devraient s’abstenir d’intervenir. »

« J'ai six enfants », ajoute M. Cogan. « Je ne désire certainement pas que les juges surveillent tout ce que je fais, ni que mes enfants puissent se précipiter au tribunal. »

Mais peut-être tout le monde devrait-il prendre un Valium. Il y a peu d’indices qui suggèrent que les tribunaux canadiens suivront l’exemple de la juge Tessier.

« Les juges des tribunaux de la famille sont peu enclins à statuer dans le domaine de l’autorité parentale » a dit Peter Dunning, chef de la direction de la Ligue pour le bien-être de l’enfance du Canada.

Joan Durrant, pédopsychologue clinique et professeure en sciences sociales de famille à l'université du Manitoba, nous a confié que les tribunaux préfèrent habituellement ne pas intervenir dans le domaine de la discipline parentale, même lorsqu'elle implique l’usage excessif de la force.

« Quelques cas assez graves ont débouché sur un acquittement parce qu’on a décidé que les parents avaient le droit de décider. » Selon Mme Durrant, dans les rares cas où des enfants ont trainé leurs parents en justice, il existe souvent des antécédents de conflit au sein de la famille : « il ne s’agit habituellement pas d’un incident isolé au sein de la famille. »

Cheryl Milne, avocat pour la Canadian Foundation for Children, Youth and the Law, a indiqué que le scénario de Gatineau pourrait bien être spécifique au Québec en raison du Code civil qui lui est propre. « Je ne peux pas imaginer qu’une telle cause soit entendue en Ontario. »

Même au Québec, la décision est pratiquement sans précédent. Kim Beaudoin, avocate du père – on ne peut l’identifier afin de protéger l'identité de sa fille – dit ne pas avoir pu trouver de jugement comparable.

Le père, divorcé, a la garde légale de sa fille. Il lui avait interdit l’accès à
internet après que sa fille ait clavardé sur des sites Web qu’il réprouvait. Elle a alors utilisé la connexion internet d'un ami pour afficher des photos d’elle indécentes, devait préciser Mme Beaudoin.

Après avoir découvert ceci, le père a appris à sa fille qu’elle ne participerait pas à l’excursion de trois jours que son école organisait. Selon Mme Beaudoin, la fille « a alors claqué la porte » et s’est réfugiée chez sa mère qui était disposée à la laisser partir en voyage.

Cependant, l'école ne voulait pas permettre à la fille d'aller en excursion sans l’autorisation des deux parents ou qu’un juge statue en sa faveur. C’est ce qui a incité la fille, soutenue par sa mère, à intenter une action judiciaire contre son père. Action qui a abouti au jugement.

Selon Mme Beaudoin, la juge Tessier a trouvé que priver la jeune fille de son excursion de trois jours constituait une punition trop sévère. Le fait que la fille vit désormais avec sa mère a également joué un rôle dans la décision de la juge, a-t-elle ajouté.

Le père, qui en appelle de la décision, était « atterré » par le jugement, selon Mme Beaudoin. Il refuse de reprendre sa fille chez lui « car il n'a aucune autorité sur elle. »

Mme Beaudoin a dit qu'elle était « vraiment, vraiment étonnée » par la décision. « On aurait dû conseiller à la mère de respecter la décision du père. Au lieu de quoi, le tribunal a encouragé une dispute familiale, où l’enfant sert à marquer des points. »

Mais Mme Beaudoin ne veut pas exagérer l'impact de cette affaire. « Je ne pense pas que la plupart des enfants poursuivront leurs parents. »

Cependant, Dave Quist, chef de la direction de l'Institut du mariage et de la famille Canada, pense que le passage à une société fondé sur les droits [des enfants] sape l'autorité parentale.

« L’idée qu’un État ou un tribunal, mandataire de l'État, puisse empêcher un parent d’élever son enfant comme il le juge bon me fait peur » d’ajouter M. Quist.

Il y a quatre ans, la Cour suprême a interdit que des châtiments corporels soient infligés à des adolescents et à des enfants de moins de deux ans. Mais elle a confirmé la « Loi sur la fessée », comme on la nomme, pour les autres enfants.

M. Quist s’inquiète que nous ayons perdu de vue le droit des parents à élever et corriger leurs enfants dans certaines limites. « Si les tribunaux commencent à se mêler de ce domaine, je pense que les enfants passeront du monde familial à celui de l’État impersonnel et froid ».

« Quelle est la limite si un enfant peut aller au tribunal pour exiger qu'il parte en voyage scolaire? À un moment donné, cela devient ridicule. »

M. Quist a rappelé que l’intervention trop zélée par des directions de la protection de la jeunesse est un problème croissant. « Plusieurs familles ont été détruites ou lésées par l'intervention de l'État plutôt que protégées comme unité. »

M. Dunning a déclaré que les services de protection de l’enfance ont commencé à accepter plus d'enfants à la suite de plusieurs enquêtes très médiatisées dans les années 90. En près de six ans, le nombre des enfants protégés en Ontario est passé d’environ 10 000 à presque 20 000, a-t-il ajouté.

Québec — Les examens du ministère à nouveau mis en cause

Nous en avions déjà parlé dans Du côté des cobayes de la réforme : « Des exigences en béton, mais des connaissances bidon », les examens du Monopole de l'Éducation sont décriés par plusieurs professeurs et un syndicat de l'enseignement (FSE-CSQ).

Nous reproduisons ici le communiqué de la FSE.
La FSE demande un ajustement important

Québec, le 19 juin 2008. – La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) demande au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) de revoir sérieusement ses examens de fin d’année, particulièrement ceux administrés en 6e année du primaire en mathématique, mais également certains autres comme les examens d’histoire et de mathématique de 3e secondaire.

Selon la FSE, qui a déjà fait plusieurs représentations au MELS à cet effet, ces examens doivent être revus, car ils ne sont pas toujours pertinents avec les programmes enseignés, sont souvent trop complexes pour les élèves et peuvent représenter une charge de travail hors de proportion pour les enseignantes et enseignants qui doivent les administrer.

Par exemple, l’épreuve de fin d’année de 6e année en mathématique, dont l’administration est obligatoire, prend 10 jours à compléter et est d’un niveau de complexité trop important pour les élèves de cet âge, de qui l’on attend un cheminement élaboré en plusieurs étapes pour la « confection la plus économique possible de dossards », sans jamais que ceux-ci soient certains du résultat de la voie empruntée. De plus, la grille de correction fournie par le MELS est imprécise et conçue pour une correction en cotes, alors que les notes sont exigées.

Autre exemple, l’examen administré à la fin de la troisième secondaire en histoire ne permet pas de rendre compte des connaissances apprises en cours d’année. Alors que le programme d’histoire de 3e secondaire couvre l’histoire du Québec, des premiers occupants à aujourd’hui, l’examen ne porte que sur la situation démographique des 25 dernières années. De plus, il évalue uniquement les compétences et prend cinq heures à compléter. Pourtant, les connaissances apprises et intégrées doivent avoir une place plus consistante dans l’évaluation, comme en témoignait la ministre Courchesne en réponse à une demande répétée de la FSE.

« Nous croyons que le MELS doit retourner plusieurs de ses examens à la planche à dessin pour qu’ils deviennent conformes aux contenus de formation et au degré de maturité des élèves à qui ils s’adressent. Voilà un exemple de plus que le ministère est déconnecté de la réalité de la classe, et que ses directives ne sont pas toujours réalistes. Il y a beaucoup de grogne dans les rangs des enseignants à cet effet, mais ce n’est qu’un autre exemple éloquent des dérives du MELS en ce qui concerne l’évaluation. Est-ce que le ministère de l’Éducation peut finir par comprendre ce que disent les enseignantes et enseignants à propos de toute la question de l’évaluation ? », a conclu Mme Johanne Fortier, présidente de la FSE.

Du côte des cobayes du Monopole : les parents de la Réforme ne peuvent plus aider leurs enfants

Constat intéressant de la part d'une jeune mère de famille universitaire dans le Devoir concernant l'impossibilité désormais pour les parents de la « Réforme » de vérifier les connaissances et compétences de leurs enfants et de les aider.
Ma fille a terminé cette semaine ses fameux «examens du ministère». Sans manuels — il a fallu les rendre à l'école et ils n'ont désormais qu'un rôle accessoire —, sans notes de cours détaillées à relire, ni même de matière précise à réviser, il s'est avéré quasi impossible pour moi d'aider ma fille à préparer ses examens du secondaire 1.

Je n'ai même pas pu consulter les différents tests qu'elle a subis au cours de l'année pour revoir avec elle la matière abordée, puisqu'au moment de «vider» son casier — un moment survenu avant les examens —, le bac à recyclage a accueilli la plupart des travaux en question; ma fille n'est pas conservatrice, dira-t-on. Interrogé sur le contenu des examens et la manière d'aider ma fille à réviser, le personnel de l'établissement (public) s'étonne de ma frustration : « Vous devriez savoir comment ça fonctionne, votre fille est une enfant de la réforme ! »

Des effets du renouveau sur les parents « réactionnaires »

En effet, depuis sa première année, nous vivons avec ce renouveau pédagogique qui table sur « une approche centrée sur le développement de compétences et non plus seulement sur l'acquisition de connaissances ». Je ne remettrai pas en question la pertinence de cette approche, je n'en ai pas les compétences (transversales). Il reste que, de mon point de vue de parent, le jargon et les stratégies de la réforme me renvoient périodiquement une image d'incapable ou pis, de réactionnaire (!), moi qui vient à peine de quitter l'université.
[...]

Le prétexte habituel : les temps ont changé

Confrontés à ma frustration de mère désireuse d'aider son enfant à préparer ses examens, le directeur, son adjointe, la professeure d'anglais, attrapés dans les couloirs de l'école, me confirment que les temps ont changé. On ne révise plus une matière acquise tout au long de l'année avant un examen.

[...]

Dans une brochure publiée en 2006 au sujet du renouveau pédagogique, le ministère de l'Éducation rappelle l'importance de l'engagement des parents pour favoriser la réussite des élèves. Je conçois bien que l'école favorise l'apprentissage de compétences et explique aux enfants comme les appliquer: dans une société aussi pragmatique que la nôtre, réfléchir pour réfléchir n'est pas très tendance, n'en déplaise aux philosophes. Mais si les parents pouvaient jadis facilement vérifier l'acquisition des connaissances, qu'en est-il des SAE [« situations d'apprentissage et d'évaluation » dans le jargon] ? Les bras ballants et le regard désolé, le directeur de l'école n'a su me dire comment aider ma fille à préparer ses examens.

Croiser les doigts ou brûler des cierges

Au fil des années, j'ai vu bien des profs désarmés par mes commentaires sur le caractère alambiqué et empreint de rectitude politique des critères d'évaluation. La réforme n'empêchera peut-être pas les bons élèves de réussir, c'est le cas de mon autre fille. Mais si un enfant a le malheur d'être moins motivé ou autonome, que se passe-t-il ?

Le constat est désolant: je n'ai pas pu aider ma fille à rattraper les compétences non acquises au cours de l'année. En 2008 au Québec, la seule chose que je peux faire, comme parent, c'est me croiser les doigts pour que mes filles « répondent suffisamment aux attentes » et « développent de façon satisfaisante leurs compétences ». Quand elles seront rendues au secondaire V, j'en serai quitte pour brûler des cierges...

samedi 14 juin 2008

Socialisation — Les écoles montréalaises plus violentes que le métro

Selon des données publiées par Statistique Canada, il y a eu plus de crimes violents commis dans les écoles de Montréal que dans le métro en 2006.

27 % des crimes violents commis par des adolescents de 12 à 17 ans, il y a deux ans, sur l'île de Montréal, ont été commis à l'école.

Selon les statistiques relevées, 21 % des infractions produites sur la propriété d'une école étaient en lien avec les drogues. Un peu plus, 24 %, ont eu lieu dans la rue tandis que 14 % se sont déroulées dans les installations du transport en commun, surtout dans les stations de métro les plus fréquentées.

De 1996 à 2006, une tendance générale à la baisse de la criminalité a été observée chez les jeunes de l'île de Montréal. Cette baisse est attribuable à une forte diminution des crimes contre les biens. Les crimes violents et les affaires relatives aux drogues ont quant à eux légèrement augmenté.

Les quartiers où l'on retrouve des gens ayant des revenus plus faibles, des études moins poussées et des résidents appartenant à une minorité visible sont ceux où le taux de crimes violents étaient le plus élevé.

jeudi 12 juin 2008

Espagne — Nouvelle victoire devant les tribunaux pour les objecteurs à l’éducation civique

Un tribunal d’Huesca suspend préventivement l’obligation d’un élève d’assister au cours d'Éducation civique.

Les objecteurs au programme d’Éducation civique sont heureux : le nombre de demandes de dispense dépasse les 35 000 pour l’Espagne (à quelques mois de la mise en œuvre de ce programme dans toutes les communautés autonomes) et les tribunaux viennent de se prononcer une nouvelle fois en faveur de leurs droits fondamentaux.

C’est ainsi qu’un jugement prononcé par le Tribunal du contentieux administratif nº 1 d’Huesca a suspendu, de manière préventive, l’obligation faite aux enfants des objecteurs d’assister au cours d’Éducation civique. La procédure judiciaire avait été entamée à la suite du refus par décision administrative du ministère aragonais de l’Éducation des demandes de dispense présentées par des parents d’élèves.

Le jugement affirme que la non-assistance au cours de la part des élèves (conformément au droit d’objection de conscience des parents) ne lèse aucun tiers ni ne nuit à l’intérêt public (argument que brandissait le gouvernement aragonais pour rejeter les demandes de dispense).

En outre, la décision du tribunal précise que le fait d’assister au cours en question aurait pour conséquence que les enfants des objecteurs « reçoivent un enseignement ou un endoctrinement contraire aux valeurs de leurs parents ».

Le juge d’Huesca a justifié son ordonnance en précisant que si on n’accordait pas la suspension préventive « l'efficacité d'un arrêt éventuel favorable aux parents » serait diminuée, car « le résultat qu’on cherchait à éviter se sera alors produit » et qu’il n’y aurait pas de réparation possible aux dommages causés.

Jaime Urcelay, président de Professionnels pour l'éthique, indique que la décision du tribunal d’Huesca est provisoire et devra être confirmée par un arrêt ultérieur. M. Urcelay rappelle également que la dispense d’assistance au cours d’Éducation civique a été accordée par une douzaine d’ordonnances de la Cour supérieure de justice d’Andalousie allant dans le même sens. Enfin, deux jugements de ce même tribunal andalou ont reconnu le droit à l'objection au programme d’Éducation civique, alors qu’un autre jugement a abrogé une partie des contenus polémiques du programme en considérant que ceux-ci nuisaient à la neutralité idéologique de l'État.

La ministre de l’Éducation, de la Culture et du Sport du gouvernement aragonais María Victoria Broto a déclaré ce 12 juin qu’elle fera appel de l’ordonnance du Tribunal du contentieux administratif nº 1 d’Huesca qui a suspendu, de manière préventive, l’obligation faite à leurs enfants d’assister au cours d’Éducation civique.

Dans des déclarations faites aux médias, Mme Broto a affirmé que, pour le ministère, « nous avons toujours considéré que l’objection de conscience ne pouvait s’appliquer en ce qui à trait au cours [d’Éducation civique] et que la Loi devait s’appliquer », d’autant plus quand « les contenus sont constitutionnels » et qu’il s’agit de « ceux au sujet desquels nous pouvons tous être d’accord ».

mercredi 11 juin 2008

Association de juristes pour l'exemption au cours d'éthique et de culture religieuse

Lettre ouverte de Me André Morais, secrétaire-trésorier de l'AJCQ, datée du 9 juin 2008.
Les responsables de l'Association des juristes catholiques du Québec (AJCQ, volet éducation) ont réévalué le rapport Proulx qui a servi de base au nouveau cours d'éthique et de culture religieuse.

En résumé, les recommandations du rapport Proulx sont basées sur un dirigisme étatique, pratiqué dans les États totalitaires ou dans les pays exerçant de la discrimination envers la démocratie scolaire.

L'application desdites recommandations doit évidemment être rejetée en bloc.

Nous demandons :
  1. Que l'article 93 soit réintégré dans l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (AANB).
  2. Le retour à la formulation de l'article 41 de la Charte québécoise tel qu'il se lisait avant juin 2005 : « Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'exiger que, dans les établissements d'enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre des programmes prévus par la loi. »
  3. Que la loi 95 soit amendée pour inclure l'option de cours confessionnels d'enseignement moral et religieux, ou d'enseignement moral (sans religion) là où le nombre le justifie.
Nous demandons que le cours d'éthique et de culture religieuse soit optionnel ou passible d'exemption.

Nous demandons que les écoles privées ne soient pas contraintes de donner des enseignements religieux ou moraux ou d'éthique et de culture religieuse, qui vont à l'encontre de leur orientation confessionnelle.

dimanche 8 juin 2008

ECR — Enseignement traditionnel de l’Église catholique sur le mariage bientôt condamné comme propos haineux ?

Le nouveau cours d'Éthique et de culture religieuse imposé à tous les élèves du Québec à partir de septembre 2008 a comme une de ses missions pour les enfants du primaire de
« Les amener à explorer la diversité des relations d’interdépendance entre les membres de différents types de familles. (p. 319) »
Il n'est pas clair ce que cela signifie (c'est normal, c'est un document du Monopole) : doit-on comprendre qu'il faudra parler aux enfants de 6 ou 7 ans des familles homosexuelles ? C'est possible.

Sera-t-il alors possible aux enfants ou aux professeurs d'exprimer librement la doctrine des religions du Livre (chrétienne, juive et musulmane) sur le sujet ? On peut fortement en douter quand on considère la tournure la plus récente des événements judiciaires en la matière.

En effet, des catholiques ont été condamnés pour propos haineux envers les homosexuels pour avoir promu l’enseignement traditionnel de l’église sur le mariage. Selon le site LifeSiteNews, un site catholique important, « Le climat social actuel est celui d’une nouvelle forme de censure et de contrôle de la pensée, et les commissions des droits de la personne sont utilisées comme police de la pensée ».

Extraits d'un article du Catholic Exchange sur le cas du père Alphonse de Valk, activiste pro-vie connu à travers le Canada pour son orthodoxie.
[Il] est actuellement l’objet d’une enquête par la Commission canadienne des droits de la personne (la Commission) — un organisme d’enquête quasi judiciaire créé par le gouvernement fédéral. La Commission utilise l’article 13 de la Loi sur les droits de la personne pour enquêter sur le prêtre. Le taux de condamnation des individus poursuivis devant le Tribunal des droits de la personne en vertu de l’article 13 - l’étape suivante du processus - est de cent pour cent. Aucun défendeur n’a été exonéré à ce jour.

La plupart des défendeurs finissent par payer des milliers de dollars en amendes et indemnisation, qui s’ajoutent à divers frais judiciaires. En outre, les défendeurs sont responsables de leur propre défense. En revanche, la Commission fournit une assistance juridique gratuite au plaignant.

Quel était le prétendu « acte haineux » du Père de Valk ?

Le Père de Valk a défendu l’enseignement de l’Église sur le mariage au cours du débat sur le mariage homosexuel au Canada, en citant largement la Bible, le catéchisme de l’Église catholique, et les encycliques du Pape Jean-Paul II. Chacun de ces documents contient l’enseignement catholique officiel. Et comme des millions d’autres personnes à travers le monde et les époques, dont plusieurs ne sont ni catholiques ni chrétiens, le Père estime que le mariage est une union exclusive entre un homme et une femme.

La réponse de Mark van Dusen, un consultant en médias et porte-parole de la Commission, m’a choqué. J’ai interrogé Van Dusen dans le passé et il m’a toujours frappé comme un homme honnête disposé à aborder des questions difficiles au nom de la Commission. S’il pense qu’une accusation contre la Commission est ridicule, il le dit clairement. S’il estime que la Commission et son personnel sont injustement entachés, il le dit de manière audacieuse.

Pourtant, Van Dusen n’a pas rejeté la question du revers de la main comme je pensais qu’il ferait. « Nous enquêtons sur les plaintes, M. Vere », a-t-il dit, « nous ne fixons pas l’ordre public ou la morale. Nous enquêtons sur la base des circonstances et des détails décrits dans la plainte. … Et si… après enquête, nous estimons qu’il y a suffisamment de preuves, alors nous pouvons transmettre la plainte au tribunal, mais la « haine » est définie dans la Loi en vertu de l’article 13 ».

En d’autres termes, les Juifs, musulmans, catholiques et autres chrétiens qui, pour des raisons de conscience, adhèrent à l’enseignement traditionnel de leur religion concernant le mariage, pourraient très bien être trouvés coupables de promouvoir la haine au Canada. Il en est de même de toute communauté de croyants au Canada qui n’adhère pas à cette redéfinition moderne de l’une des plus vieilles institutions du monde - une redéfinition que même la très laïque France rejette.

Plus de six mois se sont écoulés depuis que la Commission a notifié Père de Valk de la plainte. Il n’y a eu aucune indication que la Commission pourrait laisser tomber la plainte.

Père de Valk publie Catholic Insight, une revue canadienne qui « se fonde sur l’enseignement de l’Église et l’applique à diverses circonstances de notre temps ». Il est accusé par un militant homosexuel de promouvoir « un mépris et une haine extrême » envers les homosexuels.

Amendes contre autres personnes opposées à l'homosexualité

Pourtant, la plainte contre le père de Valk est juste l’une des nombreuses plaintes ayant fait l’objet d’enquêtes au cours des dernières années contre des chrétiens par les commissions des droits de la personne au Canada. En 2005, le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique a imposé une amende de plus de 1 000 $ à un conseil des Chevaliers de Colomb pour leur refus de louer leur salle à un couple de lesbiennes pour leur cérémonie de mariage.

Cinq ans auparavant, la Commission ontarienne des droits a imposé une amende de 5 000 $ à l’imprimeur protestant Scott Brookie pour son refus d’imprimer du papier à lettres sur le thème de l’homosexualité. Le Tribunal des droits de la personne de Saskatchewan a condamné Hugh Owans à des milliers de dollars d’amende pour avoir cité des versets de la Bible dans une lettre adressée au journal local. Et le maire Diane Haskett à London, en Ontario, a reçu une amende de 10 000 $ plus les intérêts pour avoir refusé de proclamer une journée de la fierté gaie.

Mgr Henry assigné pour avoir défendu l’enseignement moral catholique.

Les évêques du Canada n’ont pas non plus été épargnés. Mgr Fred Henry, l’un des plus ardents défenseurs du caractère sacré de la vie et du mariage, a été assigné devant une commission des droits de la personne pour s’être porté à la défense de l’enseignement moral catholique. Bien que la plainte ait finalement été retirée — non par la Commission, mais par le plaignant —, Mgr Henry a dû payer des milliers de dollars de frais de justice.

Ainsi, Mgr Henry sympathise avec le Père de Valk, dont il fait l’éloge comme un modèle d’orthodoxie catholique et de fidélité à l’enseignement chrétien. « Le climat social actuel est celui d’une nouvelle forme de censure et de contrôle de la pensée, et les commissions des droits de la personne sont utilisées comme police de la pensée, a déclaré Son Excellence ».


Révérend Boission condamné pour ses propos contre les homosexuels
Ezra Levant résume le cas de la sorte :

La semaine passée, un pasteur chrétien, le révérend Stephen Boission a été condamné à vie à ne pouvoir exprimer quoi que ce soit de « désobligeant » contre les homosexuels. Rien de « haineux », ni même quelque chose de défini par la loi comme l’« incitation à la haine ». Simplement une critique négative.

Un pasteur ne peut donc plus prêcher de sermons.

Mais il est obligé de s’excuser en public et de prêcher un faux sermon, on lui a commandé de renoncer à ses croyances religieuses les plus profondes et à s’excuser auprès de son tourmenteur [M. Lund] pour ce qu’il pense. [M Lund est un activiste homosexuel, farouchement antichrétien]

[La Commission des droits de l’homme de l’Alberta] a ordonné à ce pasteur d'annoncer publiquement à sa ville, Red Deer, qu’il renonçait à ses opinions religieuses [en matière de mariage et de sexualité], alors qu’il n'en est rien.

Voilà la Commission des droits de l’homme. Un groupe de 15 bureaucrates.

Du côté des cobayes de la réforme : « Des exigences en béton, mais des connaissances bidon »

Nous en avions déjà parlé dans Les bases manquent, les ambitions sont universitaires, des ratés qui deviennent de plus en plus évidents dans le dossier du nouveau programme d'histoire concocté par le Monopole de l'Éducation dont on sait à quel point il est grevé de toutes les tares du prêt-à-penser politiquement correct le plus navrant et si prévisible.

Plusieurs dépêches de presse cette semaine relèvent, maintenant, des couacs dans les évaluations proposées par le Monopole de l'Éducation dans le sillage de la Réforme ou du Renouveau pédagogique.

Examen de mathématiques de sixième

C'est ainsi que Michel Champagne et Guylaine Turcot, enseignants en sixième année à l’école du Plein-Cœur à Richmond, sont encore abasourdis par l’examen de mathématiques soumis à leurs élèves.

Le test était réparti sur 10 jours et, selon eux, beaucoup trop complexe. En lisant l’une des questions, les deux enseignants se sont eux-mêmes demandé par où ils devaient commencer. « J’ai des élèves qui ont pleuré, qui ont repoussé leurs choses. Une fois terminée, ils étaient vidés, épuisés » a relaté Mme Turcot à la Tribune de Sherbrooke.

Des professeurs d'autres régions du Québec se sont également insurgés contre cet examen de mathématiques qui va apparemment bien au-delà de la matière enseignée.

L'épreuve de 11 pages consiste en un exercice complexe, au cours duquel les élèves doivent préparer un bon de commande et fabriquer des dossards en dessinant un patron et en calculant la quantité de tissu nécessaire.

Le porte-parole de la Fédération autonome de l'enseignement, Yves Parenteau, a dit y voir « une autre belle illustration des dérapages de la réforme » pédagogique, qui illustre son « côté démentiel ». Il ajoute que ça ne ressemble en rien à un examen de mathématiques. Visiblement M. Parenteau n'a pas encore bien compris le bien-fondé des compétences transversales.

Certains professeurs ont même refusé de soumettre leurs élèves à l'examen, convaincus qu'ils sont que ceux-ci ne pourraient pas le réussir sans aide.


Examen de mathématiques de troisième secondaire

Les professeurs de mathématiques de la commission scolaire des Affluents, dans Lanaudière, ont refusé de soumettre leurs élèves de troisième secondaire à un examen du ministère de l'Éducation, parce qu'ils le jugent trop complexe et mal adapté à leur enseignement. L'examen n'est pas obligatoire, il s'agit d'un « prototype » fourni par le Ministère dans le cadre du renouveau pédagogique, implanté cette année en troisième secondaire.

Dans la première partie de l'examen, l'élève doit « résoudre une situation-problème » complexe. Il lui faut aménager un terrain de camping de façon optimale, en respectant les coûts tout en prenant en considération la superficie des tentes et des roulottes, l'espace à préserver entre les campements et la construction de trois terrains de jeux.

« Le Ministère fournit beaucoup, beaucoup de données, mais aucune n'est complète. L'élève doit se référer à la 12e donnée pour compléter la première. Les jeunes ne sont pas habitués à travailler de cette façon et on avait peur que cela cause préjudice », expliquait André Lachapelle, directeur du service des ressources éducatives de la commission scolaire des Affluents, à la Presse de Montréal.

C'est que l'examen du Ministère «ne correspond pas à ce qui a été enseigné dans les classes», dit Frédéric Pilon, président du Syndicat de la région des Moulins. «  Les prototypes d'épreuves permettent au Ministère d'apporter des corrections à la réforme. Mais les profs et les élèves ont un peu l'impression de servir de cobayes là-dedans », déplore-t-il.

Qui prépare ces évaluations ?

Ces incidents poussent le Professeur masqué à déclarer :
« Chez les partisans de la réforme, on entend souvent l'argument à l'effet que les programmes et les évaluations ne sont pas déconnectés de la réalité parce qu'ils ont été conçus par des profs. On vient de constater ici que ce n'est pas parce qu'une évaluation est conçue par des enseignants qu'elle est valable. Il faudrait peut-être d'ailleurs s'interroger sur les critères de sélection de ces profs. Qui plus est, dans les deux cas mentionnés, il faut remarquer que ces évaluations ont passé toutes les étapes de validation requises par le MELS. On aura beau dire qu'il s'agissait d'épreuves prototypes, il est quand même troublant de penser qu'il s'agissait d'évaluations qu'on suggérait de faire passer à une cohorte complète d'élèves. Quand certains critiques affirment qu'on prend ces derniers pour des cobayes, comment leur donner tort ? On peut se questionner fortement sur des expérimentations de la sorte. »