mardi 17 février 2026

Inde : Police démantèle un vaste réseau de faux diplômes utilisés notamment à l'étranger


Le 10 décembre 2025, la police de l’État du Kerala (Inde) a annoncé le démantèlement d’un réseau criminel de grande envergure spécialisé dans la fabrication et la vente de faux diplômes universitaires, dont les documents étaient utilisés par des candidats pour soumettre des demandes d’emploi ou d’admission universitaire tant à l’étranger qu'en Inde.

L’affaire a été déclenchée dans le district de Malappuram, après des signalements de documents suspects utilisés lors de démarches administratives et professionnelles. Les enquêteurs ont rapidement mis au jour une organisation structurée, active à l’échelle de plusieurs États indiens.

Au total, environ 11 personnes ont été arrêtées, dont le principal accusé, Dhaneesh, alias Dany, déjà connu pour des affaires similaires depuis 2013 : après avoir purgé une peine de prison, il aurait reconstruit et étendu son réseau de contrefaçon.

Fabrication et distribution des faux diplômes

Les perquisitions ont révélé que la production des faux diplômes se déroulait dans un centre clandestin de Pollachi (Tamil Nadu), où des imprimantes professionnelles, des logiciels de contrefaçon et des matériaux perfectionnées étaient employés pour reproduire des certificats à entêtes, hologrammes, signatures et sceaux falsifiés.

Une fois imprimés, ces documents étaient envoyés à un bureau central à Bengaluru (Karnataka) avant d’être distribués par un réseau d’agents vers différents États, notamment le Kerala, le Tamil Nadu, le Karnataka, l’Andhra Pradesh, le Maharashtra, Goa, Delhi et le Bengale occidental.

Les autorités ont saisi près de 100 000 faux diplômes émis au nom d’environ 22 universités indiennes ou étrangères, couvrant des domaines sensibles tels que la médecine, les soins infirmiers, l’ingénierie, l’informatique et d’autres filières professionnelles : ces documents étaient conçus pour ressembler au plus près les diplômes authentiques.

De nombreux éléments recueillis par les enquêteurs indiquent que des candidats les achetaient dans le but exprès de renforcer leurs dossiers de candidature à des emplois ou à des programmes d’études à l’étranger — souvent vers des destinations où la vérification de ces documents est moins rigoureuse qu'en Inde.

Selon la police, ces faux diplômes étaient vendus entre 75 000 et 1,5 lakh roupies chacun (environ 800 à 1 600 € ou 1100 à 2200 dollars canadiens) selon le domaine et le niveau de qualification.

Selon les déclarations d’autorités et de responsables politiques étrangers, le réseau aurait potentiellement fourni plus d’un million de documents frauduleux, bien que ce chiffre soit une estimation indicative basée sur l’ampleur de l’opération, et non un décompte exhaustif confirmé.

Faux certificat et faux tampons et sceaux.

Réactions en Australie et implications internationales

L’affaire a eu des répercussions au‑delà des frontières indiennes. En Australie, par exemple, le gouvernement a rétrogradé l’Inde dans une catégorie de « risque plus élevé » dans son système de visas étudiants, en invoquant des préoccupations concernant l’intégrité des documents scolaires et universitaires présentés par certains candidats indiens à des fins d’étude ou de travail.

Un sénateur australien a même affirmé sur les réseaux sociaux que ce scandale met en lumière des failles dans les contrôles de visas et l’évaluation des compétences, accusant certains candidats de postuler avec des diplômes achetés plutôt qu’acquis légitimement.

Suite de l’enquête

Les autorités poursuivent désormais plusieurs axes d’investigation :

  • Vérification des diplômes saisis auprès des universités et institutions concernées pour confirmer leur origine ou dévoiler des complicités internes.
  • Identification des utilisateurs finaux de ces documents, notamment ceux ayant soumis des candidatures à l’étranger ou pour des emplois nationaux.
  • Recherche de possibles complices ou intermédiaires, qu’il s’agisse d’agents de recrutement, de fonctionnaires ou de prestataires de services documentaires.

Sources : ArabTimes, The Hindu, Financial Express, OpIndia

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