vendredi 30 mars 2018

France — Nul djihadiste n’est sorti d’une école libre, mais les écoles catholiques et Montessori davantage contrôlées

Les écoles libres (dites aussi hors contrat) en France sont libres de choisir leur personnel enseignant, leur programme et leur pédagogie. Elles bénéficient de nettement plus de libertés que le secteur dit privé au Québec qui est très sévèrement encadré (voir Québec — Les écoles dites privées veulent plus de souplesse et le livre Le Monopole public de l’Éducation par Jean-Luc Migué et Richard Marceau).

Le Parlement français a adopté définitivement jeudi, par un vote « conforme » de l’Assemblée, une proposition de loi centriste qui renforce l’encadrement des écoles libres hors contrat, soutenue par le gouvernement comme un outil contre « l’embrigadement » islamiste. Le texte, issu du Sénat, a été voté à main levée dans les mêmes termes qu’à la chambre haute fin février, au terme de vifs débats.

À l’ouverture des discussions, mercredi, il avait affirmé que « le contexte actuel doit nous donner encore plus d’ardeur à voter une loi comme celle-ci », après le meurtre de Mireille Knoll et les attentats de l’Aude. À notre connaissance, tous les terroristes sont pourtant issus de l’école publique...

Anne Coffinier répond aux questions de Jean-Jacques Bourdin sur cette nouvelle loi qui renforce les contrôles de l’État sur le secteur scolaire indépendant. Mme Coffinier est directrice générale de la « Fondation pour l’école », fondation créée en 2008 et reconnue d’utilité publique par le Premier ministre (décret du 18 mars 2008), elle est destinée à venir en aide au secteur des écoles hors contrat.

Extrait n° 1


Anne Coffinier:
Les écoles musulmanes sont un peu contrôlées, les écoles catholiques et Montessori sont extrêmement contrôlées. [...] Se sert-on d’un contexte émotionnel et d’une vraie urgence qui est de tout faire pour éviter le péril islamiste pour couper les ailes à un mouvement d’écoles indépendantes qui dérange, tout simplement parce que ce n’est pas l’Éducation nationale ?

Dans Valeurs actuelles, Anne Coffinier revient plus longuement sur ce fait :

[O]n ne veut pas discriminer, on refuse de désigner les endroits particulièrement problématiques et l’on inspecte donc tout le monde de la même manière. En réalité, puisqu’on a peur d’inspecter les écoles musulmanes, on inspecte même bien plus les écoles catholiques et les écoles Montessori. Selon certains responsables d’écoles musulmanes, une minorité d’entre elles sont été inspectées. Les écoles catholiques, elles, ont toutes été inspectées. Certaines l’ont même été plusieurs fois.

Alors il faut maintenant être clair. Soit on nomme le problème pour le résoudre : on met en place des inspections systématiques et régulières pour déceler les foyers islamistes. Mais dans ce cas, il faut se concentrer sur les écoles musulmanes. Soit on n’ose pas dire le problème et on reste flou dans les mots comme dans le travail. Mais dans ce cas précis, on risque d’épuiser les capacités des inspecteurs qui ne tiendront jamais plus de deux ou trois ans à ce rythme.

Il faut bien comprendre qu’un professeur du public est inspecté tous les 5 à 7 ans. En ce moment, on mobilise une quantité colossale du corps d’inspection sur les écoles hors-contrat. Ça veut dire que les professeurs du public seront moins inspectés, qu’ils tarderont à avoir leurs avancements, qu’ils auront du mal à progresser… Donc les syndicats risquent de très vite monter au créneau.

Extrait n° 2




Anne Coffinier:
Les enfants juifs de banlieue, ce n’est un secret pour personne, sont obligés de quitter l’école publique et ils trouvent refuge dans les écoles hors contrat. C’est un fait. C’est-à-dire que le communautarisme [musulman] se développe de façon puissante, que l’antisémitisme se développe de façon puissante en banlieue dans le cadre de l’école [publique].

Anne Coffinier est revenue par écrit sur le renforcement des écoles hors contrat par l’État.

« La proposition de loi Gatel vient d’être adoptée. Pour les écoles indépendantes, le pire a été évité, et l’essentiel de nos demandes a pu être entendu dans les consultations auxquelles nous avons participé.

Mais on peut vraiment s’interroger en revanche sur l’utilité de cette loi au regard de l’objectif affiché de lutter contre les risques d’endoctrinement islamiste.

Le vrai problème réside-t-il vraiment dans les 0,5 % d’élèves scolarisés dans les écoles privées sans contrat, d’autant que les écoles sans contrat musulmanes représentent une toute petite partie des 1300 établissements sans contrat (moins de 0,5 %) ?

Sur le régime d’ouverture des écoles sans contrat :

En ce qu’elle rassure les maires en leur donnant plus de temps pour examiner les projets de création d’écoles, elle est positive. Le guichet unique pour les démarches administratives d’ouverture est aussi une bonne chose.

En revanche, cette loi impose des contraintes à l’embauche du corps professoral qui sont anachroniques et sans intérêt pour lutter contre la radicalisation islamiste, comme l’obligation d’avoir un niveau licence pour enseigner en maternelle ou en élémentaire, qui gênera en particulier nombre d’écoles Montessori, ou celle de n’embaucher que des professeurs européens, ce qui compliquera l’existence des écoles internationales en particulier.

Sur le contrôle des écoles une fois ouvertes :

Nous sommes tout à fait d’accord avec le principe d’inspections et de contrôles efficaces des écoles indépendantes. Nous notons toutefois que le régime actuel était déjà très complet (il prévoit la possibilité d’inspecter une fois par an les écoles, et plus, en cas de problème).

Ce qui a manqué jusque là, c’était la volonté de l’administration d’inspecter les écoles, notamment à cause du manque de moyens humains. Nous nous demandons donc si l’Éducation nationale aura les moyens d’inspecter chaque année ces écoles, quand on sait qu’elle n’arrive pas à inspecter plus souvent qu’une fois, tous les 5 à 7 ans, les professeurs de son propre réseau, bien que leur carrière en dépende.

Mais, nous le répétons, les inspections même renforcées ne nous posent pas de problème : les écoles indépendantes que nous soutenons n’ont rien à cacher, et nous invitons tous ceux qui le souhaitent à les visiter.

Il serait bon en revanche que ces inspections portent bien sur toutes les écoles, et en particulier celles qui se prêteraient plus à une instrumentalisation islamiste, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Il sera utile également que ces inspections se déroulent d’une manière plus respectueuse de la liberté pédagogique de ces écoles, sans chercher à plaquer indûment sur le secteur sans contrat les programmes et pratiques pédagogiques de l’école publique. Les contrôles doivent s’opérer d’une manière plus transparente, neutre et respectueuse du cadre légal.

Une loi inefficace au regard de la lutte contre les risques d’endoctrinement islamiste de la jeunesse :

Dans le contexte actuel, chaque secteur doit participer à la lutte contre le fléau de l’islamisme. Le secteur sans contrat comme les autres, bien sûr. Mais notre conviction, c’est que l’on passe à côté des vrais problèmes. Ce ne sont pas les 0,5 % d’élèves scolarisés dans les écoles sans contrat qui constituent les bataillons de terroristes en France !

Il y aurait donc bien mieux à faire :

  • traiter d’abord les écoles islamistes clandestines ou illégales,
  • contrôler les activités périscolaires (cours de soutien, clubs sportifs,…) développées dans l’ombre des mosquées militantes,
  • regarder de près les écoles musulmanes sous contrat — qui constituent de loin les plus gros établissements privés musulmans, sont financées sur argent public, et vivent pour bien d’entre elles en osmose notoire avec l’organisation des frères musulmans en France (UOIF).
  • N’oublions pas qu’aucun des terroristes qui ont ensanglanté la France n’est issu d’une école sans contrat.

En imposant un carcan administratif à l’essor des écoles indépendantes, ce sont la totalité des établissements scolaires sans contrat qu’on prend pour cible, alors que :

  • 3/5 d’entre eux sont non confessionnels,
  • une part infime est musulmane,
  • les établissements sans contrat ont d’excellents résultats académiques ou offrent une seconde chance à des enfants en échec dans le système ordinaire (petits effectifs, suivi individualisé, pédagogies adaptées),
  • ils sont un laboratoire d’innovation et d’expérimentation et apportent une émulation précieuse à l’Éducation nationale.
Il est urgent que l’administration se rende compte que l’école publique a besoin des écoles indépendantes et qu’elle en favorise l’essor.

Vidéo complète



Sur la fuite des juifs des écoles publiques

Pour le politologue Jérôme Fourquet, “Dans les entretiens que nous menions pour notre livre, les gens nous disaient : ‘On avait sorti nos gamins des écoles publiques car ils s’y faisaient ‘emmerder’, mais Merah est venu en tuer jusque dans la cour d’une école juive !’”

Bernard Ravet, ancien proviseur de collège dans les quartiers nord de Marseille, raconte — dans Principal de collège ou imam de la République ? – en avoir été réduit un jour à dissuader une dame juive d’inscrire son enfant dans son établissement public. Faute de pouvoir assurer sa sécurité au quotidien, écrit-il — le cœur lourd. Même scénario quand des familles juives de la Seine–Saint-Denis (le “93”), victimes de dégradations à répétition contre leur logement, se voient conseiller de quitter le quartier par les policiers auprès desquels ils ont porté plainte. Le géographe Christophe Guilluy, qui travaille avec les bailleurs sociaux, les propriétaires publics de logements sociaux subventionnés, témoigne que, dans les faits, beaucoup de bailleurs ne prennent désormais plus le risque de loger une famille ou une personne juive dans certains immeubles, où ils seraient en danger... Christophe Guilluy est notamment l’auteur de La France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires chez Flammarion.

Depuis des années, les Français juifs désertent en nombre certaines villes de Seine–Saint-Denis, pour d’autres quartiers où ils seraient plus en sécurité.

Les juifs quittent la Seine–Saint-Denis (nord de Paris), région très multiculturelle
Source : L’An prochain à Jérusalem ? (Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach, Éd. de L’Aube

Une partie de ces Français juifs de Seine–Saint-Denis [le département n° 93] a tiré la conclusion qu’il fallait déménager, aller dans des endroits où ils seraient plus en sécurité, dans le 17à Paris, à Saint-Mandé [le département n° 94], à Sarcelles [le 95]...



Un policier à une mère de famille juive du 93: « Madame, mais partez, ne restez pas dans ce logement : ils vous ont repérée »

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Toujours plus d’obligations : France — Instruction obligatoire dès 3 ans : quel intérêt à légiférer ?

Notons qu’au Québec, le programme unique et obligatoire d’Éthique et de culture religieuse a également et notamment été imposé pour éviter une nouvelle crise des accommodements nés de l’enrichissement culturel et ethnique récent au Québec. Il fallait “apprendre à ébranler la ‘suffisance identitaire’” des Québécois et leur “apprendre à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs”.

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jeudi 29 mars 2018

France — Instruction obligatoire dès 3 ans : quel intérêt à légiférer ?

La Fondation pour l’école réagit à l’annonce gouvernementale de l’abaissement de la scolarisation obligatoire des enfants de 6 à 3 ans :

J’ai décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et ainsi d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019 […] Il faut cesser de considérer l’école maternelle comme une option.
Emmanuel Macron. Assises de l’École Maternelle, 27 mars 2018.

Les Assises de l’École maternelle se sont ouvertes ce mardi 27 février sur cette annonce phare du Président, reposant sur une proposition du Ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

ENTRE INSTRUCTION ET SCOLARISATION, LE DEVOIR DE DISCERNER

La Fondation pour l’école rappelle à cette occasion que la liberté de choix donnée aux parents de scolariser ou non leur enfant au sein des établissements scolaires ne saurait être remise en cause, instruction et scolarisation ne pouvant être confondues. En France en effet, seule l’instruction est aujourd’hui obligatoire de 6 à 16 ans et non la scolarisation (article L131-1 du Code de l’Éducation : « l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans »).

Le cadre dans lequel cette instruction peut être offerte est fixé, lui, par article L131-2 : « l’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix ».

L’abaissement de l’âge de l’instruction à 3 ans ne peut remettre en question une liberté majeure : la liberté des parents à choisir le mode d’instruction de leur enfant.

EST-IL OPPORTUN DE LÉGIFÉRER POUR 2,4 % D’ENFANTS ?

Par ailleurs, le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans étant de 97,6 % (source INSEE), on peut légitimement s’interroger sur la pertinence à légiférer pour les seuls 25 000 enfants que cette nouvelle loi concernerait. S’il s’agit bien de s’adresser uniquement aux enfants élevés dans des environnements linguistiques et culturels différents, qui compliquent leur apprentissage du français, pourquoi ne pas apporter une réponse adaptée et spécifique à ce seul segment de la population ?

Plutôt qu’imposer un modèle unique et indifférencié à tous, il serait plus judicieux de proposer une scolarisation précoce aux seuls enfants effectivement concernés par un retard d’apprentissage de la langue préjudiciable pour leur entrée en CP [1re année du primaire].

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lundi 26 mars 2018

Démographie de l'Occident et de l'Afrique : avenir de l'immigration

Si tant d’Africains quittent et quitteront en plus grand nombre encore, leur continent, c’est que les promesses de l’indépendance n’ont pas été tenues. Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Pour évoquer l’échec de la coopération et les enjeux de la migration Sud-Noir et cet exode massif qui se profile, Alain Finkielkraut reçoit Serge Michaïlof et Stephen Smith.

Serge Michaïlof, chercheur à l’Iris, a été l’un des directeurs de la Banque mondiale et le directeur des opérations de l’Agence française de développement. Il a publié en 2015 chez Fayard Africanistan : l’Afrique en crise va-t-elle se retrouver dans nos banlieues ?


Stephen Smith est américain et a été journaliste spécialisé sur l’Afrique pour Libération et Le Monde de 1986 à 2005. Actuellement il enseigne les études africaines à l’université de Duke (États-Unis d’Amérique) Il vient de publier chez Grasset La ruée vers l’Europe : la jeune Afrique en route vers le vieux continent.

Écoutez l’émission :



Bibliographie

Africanistan
de Serge Michailof
chez Fayard, en 2015


Présentation de l’éditeur : En 2050, l’Afrique sera plus peuplée que la Chine, mais les jeunes en âge de travailler y seront trois fois plus nombreux et les emplois manqueront encore plus cruellement qu’aujourd’hui. Or le chômage massif de jeunes à demi scolarisés constitue l’une des principales explications de l’effondrement dramatique de l’Afghanistan, la Syrie ou l’Irak. Le Sahel francophone est une zone d’immense fragilité, dont les caractéristiques rappellent l’Afghanistan. Nous ne voulons voir que l’Afrique en progrès, celle qui offre de nouveaux marchés et regorge de matières premières. Mais l’Afrique en crise existe toujours et se comporte comme un cancer, envoyant ses métastases dans les pays voisins, et jusqu’en Europe. Bien naïf celui qui croira que la charité et les interventions militaires suffiront à éteindre l’incendie qui couve dans ces zones déshéritées. Nous ne pourrons rester longtemps indifférents : pour ne pas être nous aussi victimes de ces métastases, tentons de comprendre la réalité, et réfléchissons à ce qui peut encore être envisagé pour endiguer le feu et éviter que l’Afrique en crise n’arrive dans nos banlieues. Chercheur à l’IRIS, enseignant à Sciences Po et conseiller de plusieurs gouvernements, Serge Michaïlof a été l’un des directeurs de la Banque mondiale et le directeur des opérations de l’Agence française de développement (AFD). Son dernier ouvrage, Notre maison brûle au Sud (Fayard, 2010), a reçu le prix Jean-Michel Gaillard.

La ruée vers l’Europe : la jeune Afrique en route pour le Vieux Continent
[note du carnet : l’immigration africaine vers l’Amérique du Nord augmente aussi rapidement]
de Stephen Smith
chez Grasset, en 2018

Description
L’Europe vieillit et se dépeuple. L’Afrique déborde de jeunes et de vie. Une migration de masse va se produire. Son ampleur et ses conditions constituent l’un des plus grands défis du XXIe siècle.

L’Union européenne compte aujourd’hui 510 millions d’habitants vieillissants ; l’Afrique 1,25 milliard, dont quarante pour cent ont moins de quinze ans. En 2050, 450 millions d’Européens feront face à 2,5 milliards d’Africains. D’ici à 2100, trois personnes sur quatre venant au monde naîtront au sud du Sahara. [Note du carnet : si la tendance se maintient, les prévisions démographiques d’ici 32 ans sont probables, celles à 82 ans n’ont guère de sens.]


L’Afrique « émerge ». En sortant de la pauvreté absolue, elle se met en marche. Dans un premier temps, le développement déracine : il donne à un plus grand nombre les moyens de partir. Si les Africains suivent l’exemple d’autres parties du monde en développement, l’Europe comptera dans trente ans entre 150 et 200 millions d’Afro-Européens, contre 9 millions à l’heure actuelle.

Une pression migratoire de cette ampleur va soumettre l’Europe à une épreuve sans précédent, au risque de consommer la déchirure entre ses élites cosmopolites et ses populistes nativistes. L’État-providence sans frontières est une illusion ruineuse. Vouloir faire de la Méditerranée la douve d’une « forteresse Europe » en érigeant autour du continent de l’opulence et de la sécurité sociale des remparts — des grillages, un mur d’argent, une rançon versée aux États policiers en première ligne pour endiguer le flot — corrompt les valeurs européennes.

L’égoïsme nationaliste et l’angélisme humaniste sont uniment dangereux. Guidé par la rationalité des faits, cet essai de géographie humaine assume la nécessité d’arbitrer entre intérêts et idéaux.

Journaliste-écrivain et universitaire, Stephen Smith a tenu la rubrique Afrique de Libération (1988-2000) puis du Monde (2000-2005). Il a travaillé comme analyste pour les Nations unies et L’International Crisis Group. Depuis 2007, il est professeur à l’Université de Duke aux États-Unis, où il enseigne les études africaines. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages publiés en France, dont Négrologie : pourquoi l’Afrique meurt ou Oufkir, un destin marocain et d’ouvrages coécrits avec Antoine Glaser comme Ces Messieurs Afrique ou Comment la France a perdu l’Afrique.


Pornographie accessible en quelques clics à tous les mineurs

mercredi 21 mars 2018

Les jeunes femmes gagnent plus que les jeunes hommes dans les métropoles américaines

James Chung un analyste de Reach Advisors, une entreprise de recherche du secteur privé, a passé environ un an à analyser les données du recensement des États-Unis de 2008, en examinant les revenus des hommes et des femmes dans les régions métropolitaines des États-Unis. L’étude complète n’a jamais été publiée, seules quelques-unes de ses conclusions.

Parmi celles publiées en septembre 2010, on retrouve la suivante : « Les salaires médians à temps plein des jeunes femmes des grandes villes américaines dépassent de 8 % ceux de leurs jeunes homologues masculins ».

Une ventilation fournie pour le magazine Time fournissait des données pour quelques grandes villes. À Atlanta, les jeunes femmes célibataires sans enfant gagnaient 21 % de plus que les jeunes hommes célibataires sans enfant. À Los Angeles, les jeunes femmes gagnaient 12 % de plus que les jeunes hommes de leurs cohortes. Ces données ont également été publiées par NPR et CBS News.

L’American Enterprise Institute a publié ces chiffres dans un tableau (repris ci-dessous) qui illustre le fait que les jeunes femmes célibataires gagnent plus que les jeunes hommes célibataires.



Chung a déclaré à Politifact en 2014 qu’il n’avait pas mis à jour son analyse pour déterminer si ces chiffres avaient changé depuis 2008. Politifact ne connaît aucune source plus récente qui aurait tenté de recréer l’analyse spécifique de Chung. En outre, la méthodologie de Chung ne semble pas avoir été sérieusement critiquée.

Pew Research a publié une étude sur les tendances salariales pour toutes les femmes entre 25 et 34 (un groupe plus étendu et plus âgé). Comparé à tous les hommes du même âge, Pew Research a constaté que les femmes gagnent 93 % de ce qu’un homme gagne.

Notons que l’étude de Chung porte sur des revenus médians sur l’ensemble des salaires, elle ne compare pas les salaires par secteur d’activités.

La raison pour laquelle les jeunes femmes dans les régions métropolitaines gagnent plus que les jeunes hommes, c’est qu’elles sont 50 pour cent plus susceptibles d’avoir un diplôme universitaire. Selon Chung, « cela signifie donc qu’elles sont les plus nombreuses que les jeunes hommes dans les emplois de premier échelon dans notre économie de la connaissance. » Ces emplois sont bien payés.

Il y a quelques années déjà l’économiste Thomas Sowell répondait à quelques idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes (voir la vidéo ci-dessous). Thomas Sowell nous apprend ainsi que « la proportion des femmes parmi les cadres était plus grande pendant les premières décennies du XXe siècle que pendant les décennies du milieu du XXe siècle et tout cela avant le mouvement féministe. » Il y avait ainsi deux fois plus de femmes dans le Who’s Who en 1908 qu’en 1950 (alors en plein baby-boom). C'est la maternité qui a le plus grand impact sur les salaires, pas le mouvement féministe. Pour d’autres détails, voir la vidéo :



Source : Politifact 

Voir aussi

Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles.

Les gars, l’école et le Conseil du statut de la femme

Classement des écoles de l’Institut Fraser (2016) : les filles dominent désormais aussi en maths

L’État [et ses emplois à l’abri des aléas économiques] se féminise et se « diversifie »


samedi 17 mars 2018

Table-ronde sur « Le cours d’éducation sexuelle dans les écoles du Québec »

L’Entraide Bois-de-Boulogne
et le Rassemblement des chrétiens du Moyen-Orient
vous invitent assister à une table ronde sur

« Le cours d’éducation sexuelle dans les écoles du Québec »


Le Ministère de l’Éducation du Québec implantera en septembre 2018 un nouveau cours d’éducation sexuelle pour tous les élèves des écoles au Québec à partir de la maternelle. Le but avoué est de réduire les grossesses non désirées, les maladies transmises sexuellement, le refus de l’homosexualité et des familles alternatives, la lutte contre la transphobie.

De nos jours les parents qui veulent élever leurs enfants selon leurs principes religieux dérangent. Même nos écoles ont perdu leur autonomie aux mains des idéologues de la pédagogie. Le programme que nous propose le Ministère traite le sexe d’une façon souvent mécanique alors que nous enfants ont besoin pour s’épanouir d’une intégration de l’amour et de la sexualité. Pour en débattre :


M. Émile Robichaud : Éducateur, historien et ex-directeur d’écoles.
Mme Solange Lefebvre-Pageau : Infirmière, fondatrice et directrice du CIREF.
M. Raymond Ayas : Homme d’affaires et père de 3 jeunes enfants.


Soyez nombreux à participer à ce débat qui nous concerne tous.
Invitez vos enfants, vos petits — enfants, leurs professeurs.


Mercredi 21 mars 2018
Centre des loisirs de Saint-Laurent
1375, rue Grenet, salle 225
Montréal

19 h 30 Rafraîchissements
20 h Débat
21 h Discussion ouverte

(Le centre est indiqué en vert sur la carte ci-dessus)





jeudi 15 mars 2018

Israël a battu tous les records de fécondité en 2016

Alors que le taux de natalité du Québec (environ 10 ‰ pour 2017) et son indice de fécondité (1,5 enfant/femme en 2016) continuent leur baisse, le taux de fécondité israélien continue d’augmenter chaque année. Il est même devenu le plus élevé de tous les pays membres de l’OCDE.

L’Office Central Israélien des statistiques a publié ses chiffres démographiques : 181 405 enfants sont nés en 2016 (83 900 en 2017 pour le Québec légèrement moins peuplé qu’Israël), un nombre qui traduit un indice synthétique de fécondité de 3,11 enfants par femme israélienne (juives et non juives) et qui place Israël en tête des tous les pays membres de l’OCDE.

Et, fait encore plus inhabituel, sur les 181 405 enfants, 73,9 % sont nés de femmes juives, contre seulement 23,2 % de femmes arabes.

Comme la plupart des pays industrialisés, le taux de fécondité en Israël avait considérablement diminué entre les années 70 et le début des années 2000, passant d’une moyenne de 4 enfants en 1970 à 2,80 enfants en 2005. Cependant depuis 2006, le taux de fécondité en Israël est en hausse et dépasse maintenant l’Arabie saoudite, qui occupait auparavant la première place, avec une moyenne de 7,30 enfants par femme en 1979, mais qui est tombé à 2,70 depuis lors. D’autres pays connaissent des regains de fécondité, parmi ceux-ci l’Algérie et l’Égypte.

Cette augmentation du taux de fécondité en Israël intervient, il faut le souligner, malgré les baisses de la plupart des groupes démographiques non juifs du pays. Le taux atteint 3,16 parmi les femmes juives israéliennes dépassant pour la première fois dans l’histoire d’Israël le taux de fécondité arabe, qui est tombé à 3,11. La plus forte baisse a toutefois été enregistrée parmi les membres de la communauté druze qui affichait un taux de 6,10 en 1980, contre 2,15 en 2016.

Près de 7 % des bébés sont nés hors mariage. Quelque 4,6 % des nouveau-nés sont nés de grossesses multiples, dont 97 % étaient des jumeaux, selon le rapport.

En 2016, les femmes juives comptaient 3,06 enfants en moyenne, soit plus qu’en 1996 (2,59). En revanche, la femme arabe moyenne comptait 3,11 enfants, en baisse significative par rapport au chiffre de 4,35 en 1996 et à près de 6 en 1980.

Le taux de fécondité le plus élevé dans les communautés de plus de 10 000 habitants se trouvait dans la ville ultra-orthodoxe de Modiin Illit, avec 7,59 bébés par femme et le taux le plus bas, 1,91, dans la ville laïque du nord de Kiryat Tivon.

L’âge moyen auquel les femmes israéliennes ont leur premier enfant a augmenté d’un an et cinq mois depuis l’an 2000, et en 2016, il était de 30,4 ans, selon le rapport.


Voir aussi

Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ?


Québec — Jamais aussi peu de naissances depuis 10 ans, jamais autant de décès

École à la maison : ces profs qui ont choisi de déscolariser leurs enfants

Extraits d’un article de Marianne.

Chaque année, de plus en plus de parents décident de sortir leurs enfants de l’école et de se charger eux-mêmes de leur instruction. Parmi eux, beaucoup d’enseignants, rebutés par ce qu’ils ont vu de l’Éducation nationale. Et déterminés à expérimenter d’autres méthodes pédagogiques.

Huit heures du matin, un vendredi du mois de septembre. Dans la maison des Hérino, parents et enfants s’activent dans la cuisine, entre tartines, café et galettes de riz. Pourtant, des cinq membres de la famille, seul Rodolphe, 43 ans, doit partir à temps pour arriver à l’école. Il est professeur de physique-chimie dans un collège ; sa femme, Claire, est institutrice, en « disponibilité » depuis plusieurs années. S’ils le voulaient, leurs trois enfants, Martin, Marion et Antoine, pourraient aller se recoucher une fois le petit déjeuner englouti : aucun d’eux n’est scolarisé. Du tout, ni dans le public, ni dans le privé. Rodolphe reconnaît qu’il lui a fallu plusieurs années pour assumer le paradoxe : « Je vis d’un système que je refuse pour mes enfants. Au début, c’était très culpabilisant. »
En toute légalité

Un choix atypique, certes, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, pas illégal. Car si, depuis Jules Ferry, l’instruction est obligatoire, l’enseignement, lui, est libre, et chaque parent peut choisir le mode d’éducation qu’il estime adapté pour son enfant. Dès lors qu’il accède au fameux « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » — ce qu’un inspecteur de l’Éducation nationale est censé contrôler annuellement —, tout est possible. En 2015, près de 25 000 petits filous ont ainsi échappé à l’appel du maître, sans même avoir besoin de s’inventer une fièvre en posant le thermomètre sur le radiateur. Sur 8,1 millions d’enfants soumis à l’obligation scolaire, le chiffre peut sembler dérisoire. Sauf qu’il est en constante augmentation : en sept ans, il a même été multiplié par deux, au point d’alerter le ministère de l’Éducation nationale qui se dit désormais « préoccupé » par la tendance. D’autant que, dans le documentaire Etre et devenir (voir les vidéos avec la réalisatrice ci-dessous), sorti en 2014, qui retrace les parcours de familles pratiquant l’instruction à domicile, la proportion d’enseignants parmi les dissidents est pour le moins saisissante... Et un brin déstabilisante. Comment des professeurs, témoins privilégiés et acteurs principaux du système, sont-ils devenus des apostats de l’école ?

[...]



Sur le papier, Soline Lucas avait coché toutes les cases d’une scolarité exemplaire. Excellente élève, benjamine de sa promotion à la Femis, prestigieuse école de cinéma parisienne, elle se décrit comme un « pur produit de l’Éducation nationale ». « Mais, socialement, j’étais une handicapée de la vie, assène la trentenaire en guise d’introduction. Je n’ai pas profité de cette réussite scolaire. J’ai subi du harcèlement scolaire, des moqueries. J’ai été témoin de violences ordinaires et d’humiliations auxquelles je ne voulais pas exposer mes enfants. »

Très intéressée par les pédagogies alternatives, Soline commence par se mettre en quête d’une école Montessori pour ses petits garçons. Cette méthode, mise en place au début du XXe siècle par une pédagogue italienne, favorise l’autonomie des élèves : rarement assis derrière une table, ils sont en circulation constante dans l’espace, en fonction des activités qu’ils choisissent eux-mêmes d’entreprendre. « Pour moi, c’était la panacée ! » sourit-elle. Elle-même passe le concours de professeur des écoles, avec l’idée d’adapter ses enseignements dans cette direction. Double échec. Les écoles Montessori sont chères et trop éloignées du domicile familial. Quant aux résultats qu’elle-même obtient en tant qu’institutrice dans sa classe de moyenne section du XVe arrondissement de Paris, ils ne sont pas à la hauteur de ses ambitions. « Je n’arrivais pas à aller au bout de ce que je voulais mettre en place, reconnaît-elle franchement. Ils s’emmerdaient. Mais ils s’emmerdaient vraiment ! » Résultat : tout le monde est rentré à la maison, Soline comprise, son congé parental en bandoulière. C’est alors qu’a débuté pour la famille Lucas une expérience pour le moins radicale.

Car ce n’est pas pour faire l’école à la maison que les enseignants rencontrés par Marianne ont claqué la porte de l’Éducation nationale, mais pour tenter l’aventure de « l’apprentissage autonome ». Pas de programme scolaire, pas de matières séparées les unes des autres, pas de leçon, pas de contrôle, ni de notes : les enfants ne s’intéressent qu’à ce qu’ils veulent, et à leur rythme. L’idée peut sembler dingue, elle n’est pourtant pas nouvelle. Dès 1971, le penseur autrichien Ivan Illitch publie Une société sans école, un livre de référence chez les adeptes de la non-scolarisation. Farouche contempteur de la société de consommation, Illitch insiste sur les capacités d’apprentissage naturelles de l’enfant : « Ce n’est pas l’école qui apprend à l’enfant à parler, à jouer, à aimer, à se sociabiliser, qui lui apporte la connaissance d’une deuxième langue, le goût de la lecture », écrit-il.



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Une lubie pour riches bobos ?

Ce sont les parents eux-mêmes qui tempèrent les enthousiasmes. La tribu habite en rase campagne, à quarante minutes de voiture de Limoges. Claire a passé de longues heures à faire le taxi pour accompagner ses enfants à un stage chez un menuisier ou au cours de guitare ; le prix à payer pour éviter l’isolement social. Dans un avenir proche, les Hérino aimeraient développer une pratique plus collective, constituer « une communauté éducative », selon leurs termes, qui serait accessible à tous, y compris à ceux qui vont à l’école. « Pour qu’un enfant qui souhaite apprendre le russe, par exemple, puisse être soutenu dans son élan, explique la jeune quadragénaire. On ne dit pas que la déscolarisation est le meilleur choix pour tous. Il se trouve que, moi, ça m’a passionnée, parce que ça entrait en résonance avec ma vocation personnelle. Je le vis comme un cadeau non prémédité. »

Claudia Renau n’avait rien prémédité non plus. Professeur d’histoire-géographie dans la région parisienne pendant dix ans, puis dans un Espe — nouveau nom des IUFM — pendant cinq ans, elle découvre par hasard la déscolarisation en parcourant des forums Internet. Son mari, qui de son côté y songeait depuis plus d'un an, saute sur l'occasion et lui propose de n'envoyer aucune de leurs trois filles à l'école. «J'ai mis trois ans à accepter l'idée, j'avais pour ma part de très bons souvenirs de classe, admet Claudia. Mais mon mari était convaincu qu'avant 10 ans un enfant n'est pas assez solide pour faire face à ce que l'école a de corrosif. J'ai eu envie de lui faire confiance.»

Les souvenirs de son expérience personnelle en tant qu'enseignante ont fait le reste. Alors qu'elle est en poste en zone d'éducation prioritaire à Evry, Claudia découvre une souffrance à laquelle elle-même avait échappé : celle des élèves en grande difficulté. «C'était des adolescents vifs d'esprit, mais ils avaient de mauvaises notes. Je me souviens d'un garçon en particulier, qui a vraiment vécu son redoublement comme une punition. Je l'ai défendu, mais j'ai compris que je n'étais pas crédible parce qu'on estimait que j'étais trop laxiste. J'avais de la considération pour mes élèves, mais ce n'était pas au détriment de leur travail, au contraire ! Un enfant qui a de mauvaises notes va accepter d'être orienté dans une "voie de garage" et sortira de l'école convaincu de sa propre nullité. Et c'est révoltant.»

Depuis que la famille s'est lancée dans la «désco», de longues heures de réflexion et de discussion avec son mari ont rendu Claudia incollable sur les arguments que l'on oppose le plus souvent à sa démarche. Une lubie pour riches bobos ? Plutôt un choix de vie qui oblige à réviser ses priorités : les Renau vivent à cinq dans un appartement parisiende 45 m2 que Claudia a payé avec son salaire de prof. Les autres familles que nous avons rencontrées partagent un salaire ou puisent le minimum dans leurs économies, héritage ou vestiges d'un poste abandonné. Les authentiques «riches bobos», eux, auraient plutôt tendance à contourner le naufrage de l'école en inscrivant leurs enfants dans le privé.

Parmi les remarques les plus courantes, les parents pratiquant l'instruction à domicile entendent aussi - à raison - qu'ils sont des privilégiés bénéficiant d'un haut niveau d'instruction : tous les parents ne pourraient pas suivre leur exemple. «Mais que fait l'école de cette question de l'égalité républicaine dans un système qui, de manière structurelle, privilégie l'héritage ?» interroge Claudia Renau, faisant allusion aux études européennes (2) qui pointent les graves inégalités scolaires des petits Français en fonction de leur origine sociale.

"Comme des chercheurs"

Interrogé par Marianne, le ministère de l'Education nationale engage à «se détendre un peu», c'est-à-dire à modérer la portée de ces expériences qualifiées de «libertariennes» et d'«ultra-individualistes». «Nous n'avons pas d'hostilité à leur égard, affirme Olivier Noblecourt, directeur adjoint du cabinet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Mais l'école doit être capable de donner un cadre collectif, et de transmettre un certain nombre de valeurs aux enfants.» Du côté des «désco», personne n'a formulé le vœu de brûler l'école de la République, et les profs sont qualifiés, au choix, de «perles», de «guerriers» ou de «digues sans lesquelles le système scolaire abîmerait bien plus d'élèves encore». Cette poignée d'aventuriers intello, anticonformistes et décroissants convaincus, espèrent même pouvoir un jour faire bénéficier la collectivité de leurs réflexions.

Pour l'instant, l'Education nationale a tendance à tenir ce projet à distance, en renforçant plutôt le contrôle des familles qui pratiquent l'instruction à domicile. Pour l'institution, il s'agit évidemment d'éviter que certains parents ne partent en roue libre et ne privent leurs enfants de l'accès à la connaissance ; chez les adeptes de l'apprentissage autonome, ce «fliquage» est perçu comme une entrave à la fameuse liberté d'enseignement, inscrite dans la loi. «Il y aurait pourtant des choses à apprendre de nous, notamment sur les façons de préserver les capacités d'adaptation et d'innovation des enfants !» estime Soline Lucas. En termes d'expérience, cette maman de trois petits garçons non scolarisés en connaît un rayon : la famille vit en itinérance, dans une caravane, en mode carpe diem. «Il faudrait nous considérer comme des chercheurs», propose la jeune femme. Chercheurs ou savants fous, tous ont le mérite d'interroger les conditionnements... Et de bousculer les certitudes.

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mercredi 14 mars 2018

Mathieu Bock-Côté et l'école québécoise

Comment se porte le système d’éducation québécois 20 ans après la réforme ? Richard Martineau en discute avec Mathieu Bock-Côté.