vendredi 11 novembre 2011

Le Monopole de l'Éducation paie Google pour que son argumentaire arrive en tête

Le gouvernement québécois a payé Google pour s'assurer que son argumentaire apparaîtrait avant celui des associations étudiantes dans les recherches que les internautes pourraient faire sur le sujet des droits de scolarité dans les universités québécoises.

Une recherche sur Google basée sur les acronymes des principales associations étudiantes - FECQ, FEUQ et ASSÉ - fait donc apparaître un lien payant vers un nouveau site du ministère de l'Éducation, www.droitsdescolarite.com, où il y défend la hausse des droits de scolarité.

Selon la porte-parole du ministère de l'Éducation, Esther Chouinard, la création du site a été confiée à la firme Cossette pour un montant de 50 000 $.

Dave Leclerc a expliqué que le lancement de ce site s'inscrit dans un plan de communication plus large. Le comité chargé de conseiller le gouvernement en matière d'aide financière aux études avait demandé à Mme Beauchamp de bien informer les étudiants de son plan et des mesures d'aide disponibles pour assurer l'accessibilité aux études supérieures.

Le lancement du site Internet et l'achat des mots-clés constituent une partie de la réponse du ministère à cette recommandation, a indiqué M. Leclerc.

« C'était une demande du Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études, où siègent sept étudiants, a-t-il fait valoir. On ne fait pas de campagne à la télévision, on ne fait pas de campagne à la radio, on ne fait pas de campagne dans les journaux, qui sont les campagnes les plus dispendieuses. »

Joint au téléphone vendredi après-midi, le président de ce comité, Pierre Grondin, s'est dit plutôt satisfait du lancement du site du ministère. Selon lui, le gouvernement en a profité pour faire passer son message, mais l'information à transmettre y est aussi présente.

Jeudi, plus de 12 000 étudiants ont manifesté dans les rues de Montréal contre la hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement Charest.

Le lancement du site Internet au lendemain de cet événement relève d'un « certain hasard », selon Dave Leclerc.

Source : Presse Canadienne.

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jeudi 10 novembre 2011

Chèque éducation ou laisser l'argent aux parents ?

Le chèque éducation, aussi appelé bon scolaire, bon d'études ou chèque scolarité, est un système qui permet aux parents de financer directement l'école dans laquelle leur enfant sera scolarisé. Ils financent directement l'école de leur choix.

Milton Friedman a fait des chèques éducation un de ses principaux combats, en particulier dans Capitalisme et liberté (1962).

En France, les partisans de cette mesure se retrouvent d'une part dans les associations de parents et d'enseignants qui veulent promouvoir la liberté d'enseignement : SOS Éducation ou Créer son école. L'instauration du chèque scolaire a fait partie du programme de l'ADQ.

Toutefois, pour les libertariens, le chèque éducation est une demi-mesure, qui entérine la mainmise de l'État sur l'éducation. Il s'apparente à une tentative de « mimer » le marché plutôt que de laisser les acteurs décider réellement.

Pour William L. Anderson du Mises Institute : « Les bons scolaires ne sont rien d'autre qu'une autre forme du "socialisme de marché" d'Oskar Lange. Ils sont une tentative de "jouer au marché" en utilisant un matériel socialiste, quelque chose qui n'a pas réussi en Union soviétique et qui échouera à la fin ici ». 

Pour Murray Rothbard, les bons scolaires sont une extension de l'État-providence qui force les classes moyennes, ainsi que les personnes sans enfant ou celles qui éduquent leurs enfants à domicile, à subventionner aussi bien l'école publique que l'école privée : « De loin, le meilleur "chèque éducation", le seul dont on ait besoin, est le billet de banque gagné honnêtement, pas celui qu'on vole à autrui, même si autrui n'est qu'un simple contribuable. »

En outre, pour l'Alliance pour la séparation de l'école et de l'État, confier de l'argent du Trésor public, même indirec­tement, à des établissements privés et confes­sionnels ne pourra mener qu'à une emprise croissance du gouvernement sur les écoles non gouver­ne­mentales et, sans doute, sur le programme enseigné dans les écoles confes­sionnelles, de sorte que les écoles privées deviendront de plus en plus des copies conformes (plus chères) des écoles publiques. À noter que c'est déjà le cas au Québec dans les écoles  privées qu'elles soient subventionnées ou non. C'est ce qui conduit certaines personnes à prôner la fin du financement par l'État de l'éducation.

Enfin, pour certains le chèque éducation n'étant qu'une autre forme de subvention, comme l'éducation publique, on l'accorde à des groupes sociaux dont la contribution économique à la société est souvent déficitaire. Bénéficiant de cet effet d'aubaine, ces groupes ne perçoivent pas le prix de l'éducation de leur descendance souvent nombreuse. Pour les immigrants de pays où l'éducation est médiocre, il s'agit d'un bénéfice important et immédiat. La société subventionnerait de la sorte indirectement la naissance d'enfants dans des milieux qui accumulent souvent le plus de difficultés.

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Pas de bons points pour les classes hautes technologies ?


Démonter et remonter 25 chaînes de vélo en classe sans outils et sans se salir les doigts ? Disséquer une grenouille virtuelle sans scalpel ni paillasse ? Dialoguer en mandarin avec une collégienne de Fouilly-les-Oies ? Rien de plus facile ! Il suffit de faire appel aux TICE, ces technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement et de disposer d’autant d’ordinateurs que d’élèves. A la fin de la séance, le professeur, ou plutôt le moniteur, n’aura suscité aucune vocation de mécano, de chirurgien ou d’interprète, mais qu’importe, les élèves se seront fait plaisir.

Le récent rapport de la mission parlementaire « Réussir l’école numérique en 2012 » menée par Jean-Michel Fourgous est un véritable panégyrique de la « révolution numérique » qui va toucher tous les établissements scolaires. Car il ne s’agit plus d’apprendre à se servir d’un ordinateur, ce qui relève d’un simple savoir-faire, mais d’enseigner par le biais de ce nouvel outil. Il devrait donc être question de pédagogie, de savoirs, de méthodes, de connaissance, donc, in fine, de culture. Or il n’est question que d’investissements, de technologies, de matériels, de tests, de scores, d’information… Demain, par la grâce de l’informatique, tout sera parfait : manuels innovants, pratiques performantes, professeurs soulagés, parents conquis, élèves heureux, entreprises assurées de nouveaux marchés… La parfaite utopie, celle de Big Brother, est pour demain.

Faut-il, dans cette optique, penser que la technologie est LA réponse (notamment aux inégalités), et que les résultats aux tests suffisent à révéler la qualité de l’apprentissage ? Il semble bien que la réalité soit plus complexe.

En effet, ces TICE ne sont pas nées d’hier, et nos édiles se gardent bien de se référer aux nombreuses études qui, outre-Atlantique, remettent en cause cet outil magico-pédagogique que serait l’ordinateur en classe. Que disent ces études ?

— que les scores ne sont pas à la hauteur des investissements : ainsi, dès 2005, le district scolaire pilote de Kyrene en Arizona a investi 33 millions de dollars pour moderniser ses écoles, en les équipant de tableaux interactifs et d’ordinateurs. Or, depuis 2005, les scores du district aux tests nationaux en lecture et mathématiques stagnent, alors même que les résultats des élèves de l’État d’Arizona ont augmenté (New York Times, 04/09/2011).

— Que l’on ne sait pas très bien mesurer l’efficacité réelle des TICE, faute d’avoir conçu de bons outils d’évaluation. Si le QCM classique n’est pas la meilleure façon d’évaluer les compétences acquises devant un ordinateur, ne devient-il pas urgent d’engager une réflexion sur ces tests ?

—  Que l’argent étant une ressource limitée, les budgets alloués au numérique le sont au détriment d’autres options, tels les cours de musique, d’art ou d’éducation physique.

—  Que cette surenchère technologique profite plus aux fournisseurs qu’aux enseignants et aux élèves. Aux États-Unis, la vente de logiciels éducatifs pour les classes a représenté 1,89 milliard de dollars en 2010. On estime que les dépenses en matériel représenteraient cinq fois ce montant. En retour, les enseignants sont moins nombreux, moins bien payés et moins bien considérés. (voir « Une salle de classe sans prof » , in Courrier international, 14/03/2011).

—  Enfin et surtout, que les élèves apprennent mieux en interaction avec un professeur : ils peuvent formuler leur pensée dans leur propre langage, hasarder des hypothèses et recevoir des récompenses plus élevées que le simple « OK, bravo » émis par la machine.

Ces réflexions sur l’utilisation des nouvelles technologies éducatives ont le mérite de poser la question de notre rapport à la technologie. Tout ce qui est lent et compliqué n’a pas sa place sur le petit écran, que ce soit celui de la télévision ou de l’ordinateur. Celui-ci découpe les tâches en petites unités distinctes les unes des autres, reliées par le bouton « suivant » ; les menus déroulants rendent difficile tout retour en arrière, toute comparaison avec d’autres sources, mais cela importe peu dans une logique linéaire où le mieux est toujours devant…

« Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots [sur l’écran] et tout arrive : le poème, l’Énéide, le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque » écrit Michel Serres (« Petite Poucette, la génération mutante », in Libération, 03/09/2011). Certes. Mais si Michel Serres a encore des vers latins dans la tête, ce n’est pas à ses compétences en informatique qu’il le doit, mais bien à ses professeurs de latin ou aux heures passées dans les livres.

Aujourd’hui, selon une étude de l’association Sauver les lettres, un grand nombre de lycéens de 1re S [équivalent première de cégep spécialisation scientifique] ignorent la différence entre « or » et « donc » ! De plus, comme le remarque Michel Desmurget (TV Lobotomie, Max Milo, 2011), les étudiants ne savent ni définir les mots clefs pertinents ni hiérarchiser les sources d’information, limitant ainsi leurs capacités à mener des recherches de fond sur internet. Pour les générations nées avec l’informatique « grand public », la maîtrise de l’outil est loin d’être correcte.

Que devient le pédagogue quand tous les élèves de la classe sont rivés à leur écran ? Il n’est plus, comme le veut l’étymologie, « celui qui mène les enfants », qui les conduit sur le chemin du savoir, qui les motive, qui les aide à se surpasser. Les TICE emploieront, d’une part, des spécialistes en chambre qui concocteront des programmes et, d’autre part, des « moniteurs », voire des surveillants, plus formés pour rebrancher une souris que pour expliquer le carré de l’hypoténuse ou la religion romaine archaïque. Plus de maître fascinant par son savoir, passionné et passionnant. Plus d’élèves prometteurs ou turbulents, non plus. Seront-ils pour autant de simples machines programmées pour appuyer sur « Vrai » ou « Faux », puis sur « Suivant » ? Pour reproduire des contenus formatés par un inconnu ? On en viendrait à espérer que les crédits ne suivront pas!

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mercredi 9 novembre 2011

Corée du Sud — les garderies en anglais sont du gaspillage et néfastes au développement de votre enfant

Réaction en chaîne. La concurrence pour les bonnes places à l'université
se fait sentir jusqu'en garderie...
Les parents en Corée du Sud qui inscrivent leurs enfants dans des garderies privées qui enseignent l’anglais gaspilleraient leur argent et pourraient par là ralentir le développement éducatif de leurs enfants.

C'est le message qu'un groupe de pression en éducation, Monde sans souci au sujet de l'enseignement privé, tente de faire passer dans une société où la pression concur­rentielle pour réussir aux examens a créé une industrie des cours particuliers et une augmentation du nombre de garderies préscolaires qui offrent des cours d’anglais.

Un monde sans souci a distribué 200.000 exemplaires de leur dernière brochure « Quel gaspillage – l’éducation privée en anglais » dans l’espoir de convaincre les parents que leurs enfants sont susceptibles d'acquérir plus d'anglais s'ils commencent à l’apprendre plus tard. Le fascicule de 36 pages présente 12 mythes liés à un apprentissage précoce de l'anglais. La brochure comprend des contributions de spécialistes de l'éducation, de journalistes et de parents.

Des recherches effectuées en 2009 indiquent que les Sud-Coréens dépensent plus de 18 milliards de dollars annuellement sur l'enseignement privé, principalement dans des hagwons (학원), des écoles de bachotage ou de bourrage de crâne selon l’opinion que l’on s’en fait. Le gouvernement estime qu'il existe 95 000 hagwons dans le pays et jusqu'à 84 000 tuteurs privés. Les hagwons ouvrent leurs portes à la fin de la journée scolaire et les enfants s’y retrouvent en classe jusque tard dans la nuit.

Selon Kim Seung-Hyun, directeur des politiques de Monde sans souci, la demande pour ces cours privés du soir a comme cause la peur des parents qui craignent que leur enfant ne puisse pas obtenir une des rares places dans les meilleures universités du pays. Mais, selon M. Kim, les parents sont mal informés sur la valeur de ces écoles de bachotage.

« Nous pensons de ces cours du soir sont inutiles et mêmes parfois dangereux pour les enfants », déclare M. Kim. « Nous essayons de rassurer les parents et de leur épargner de l’argent et des efforts. C’est pourquoi nous avons publié notre fascicule. »
 Kim Seung-Hyun

Le message principal de la brochure consiste à dire que les très jeunes enfants font peu de progrès en anglais dans les garderies où on leur parle en anglais. « Un professeur qui a enseigné dans des hagwons à des enfants d'âge préscolaire pendant 10 ans nous a dit qu’un enfant qui apprend l’anglais à partir de huit ou neuf ans apprend en six mois ce qu'un enfant qui a suivi des cours d’anglais à partir de cinq ans a appris en deux ans», d’affirmer M. Kim Seung-Hyun.

Monde sans souci recommande que les enfants commencent à apprendre l’anglais à 10 ans quand les élèves maîtrisent mieux leur langue maternelle, font montre de plus de compétences cognitives et ont plus envie d’apprendre. Monde sans souci ne semble pas se pencher sur l’importance croissante du chinois dans la région et sur la raison pour laquelle l’anglais monopolise encore l’apprentissage des langues étrangères.

M. Kim déclare également que les études qui ont comparé le développement des enfants dans les garderies de langue anglaise à celui de leurs homologues inscrit dans des établissements préscolaires qui évitent l’utilisation d'une langue étrangère sont favorables à un apprentissage plus tardif.

« Les résultats démontrent que les enfants qui vont aux jardins d'enfants normaux ont de meilleurs résultats dans les tests de langue et de créativité. La quantité de temps et d'énergie que les jeunes enfants consacrent à l'anglais est néfaste à leur développement de compétences essentielles. »

On évalue que les parents coréens dépensent jusqu’à 1000 $ par mois en frais d’inscription dans les hagwons. Certains observateurs sont inquiets de la ponction que cela représente sur le budget familial.

Le taux de natalité en Corée du Sud de 1,19 enfant par femme, l'un des plus faibles parmi les pays industrialisés. Le gouvernement a tenté de freiner les dépenses qu’occasionnent ces hagwons depuis 2008 quand il a instauré un couvre-feu et une réglementation concernant les hagwons plus stricte, mais Kim affirme que ces mesures sont peu susceptibles de changer les comportements.

« Le rôle du gouvernement devrait être de changer l'environnement concurrentiel, et non pas d'essayer de changer l’attitude des parents. »

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Réaction contre l'imposition de l'année bilingue aux jeunes écoliers francophones québécois

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?




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mardi 8 novembre 2011

La Guerre de sécession revue et corrigée

« Cette année, les États-Unis commémorent le 150e anniversaire de la prise de Fort Sumter le 12 avril 1861, dans la baie de Charleston en Caroline du Sud, marquant le début d'une guerre appelée « Guerre de Sécession » en Europe et « Guerre civile » en Amérique (les partisans de la cause sudiste préfèrent l'appeler la « Guerre des États »). La guerre s'est achevée le 26 mai 1865, date de la dernière défaite des confédérés.

Aux yeux de beaucoup, la Guerre Civile a marqué la « seconde naissance des États-Unis », près d'un siècle après l'Indépendance : « Une seconde naissance de la liberté », d'après les mots mêmes d'Abraham Lincoln. Selon cette interprétation, Lincoln a défendu l'Union et les libertés, dans la continuité des Pères fondateurs.

Pour d'autres, cette guerre fut une révolution jacobine à la française, instaurant l'État moderne, avec son pouvoir centralisateur écrasant. Cette interprétation, politiquement incorrecte, fut celle de Lord Acton, le grand historien britannique du XIXe siècle, ainsi que celle de Gustave de Molinari en France à la même époque.

[...]

Mais la question douloureuse de l'esclavage et de la race ne fut pas seule en cause dans cette guerre. Au-delà de ce motif, le désaccord entre le Nord et le Sud avait commencé dès la naissance de la République. L'origine du désaccord fut d'abord économique et fiscal avant de prendre une tournure politique. Sur un plan économique, le Nord manquait cruellement de main d'ouvre pour son développement industriel en pleine expansion. De son côté, le Sud importait ses marchandises de l'Europe parce qu'elles étaient de meilleure qualité et moins chères que les marchandises produites dans le Nord. Le Sud était libre-échangiste et le Nord voulait taxer ces échanges à l'importation comme à l'exportation. Le Nord voulait reproduire l'ancien modèle britannique d'État centralisé et impérial alors que le Sud voulait moins d'État, moins de protectionnisme et moins d'impôts. Mais surtout, des questions constitutionnelles cruciales, laissées en suspens depuis la fin du XVIIIe siècle, avaient refait surface. Selon certains historiens, l'origine de la guerre fut liée aux droits des États et à la défense de leur autonomie par rapport aux lois de l'Union.

[...]

Le fait est que l'administration d'Abraham Lincoln a jeté des milliers de dissidents en prison dans les États du Nord, a fermé des centaines de journaux, a suspendu la règle de l'habeas corpus, et a annulé les réunions des assemblées législatives des États.

[...]

Enfin, on peut se demander si la lutte contre l'esclavage nécessitait une guerre civile. Selon Thomas Woods, dans son ouvrage The Politically Incorrect Guide To American History (2004), on ne peut minimiser l'acquis extrêmement important de l'abolition de l'esclavage, au terme de la Guerre Civile. Mais on est aussi en droit de se demander si l'abolition de l'esclavage ne pouvait pas s'accomplir sans aboutir à tant de morts, blessés ou portés disparus; à des dégâts matériels écrasants; à l'affaiblissement de la notion de la guerre civilisée et à la destruction de l'ordre constitutionnel en Amérique par le renforcement du gouvernement fédéral au détriment des droits autonomes des États.

Tous les autres pays du monde occidental qui ont aboli l'esclavage au XIXe siècle, écrit Thomas Woods, l'ont fait graduellement et pacifiquement. L'esclavage était politiquement moribond. Il n'est pas plausible de penser que l'esclavage aurait duré beaucoup plus longtemps, même avec l'indépendance du Sud. Avec l'abolition de l'esclavage dans le monde civilisé, la Confédération serait devenue un paria et leur isolement n'aurait pas résisté à l'inévitable pression morale internationale.

Damien Theillier est professeur de philosophie à Paris.

 »

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Économiques, les garderies à 7 $ ?

On nous suggère cet article car des «garderies à tarif élevé» pourraient être moins contrôlées idéologiquement (voir la polémique sur le Clair de la Lune tronqué et des poursuites judiciaires engagées) par l'État que les garderies à 7 $.

Grâce à plusieurs avantages fiscaux, les garderies à tarif élevé [terme obscur, sont-elles nullement subventionnées ?] peuvent se révéler plus intéressantes que les garderies à 7 $.

La plupart des jeunes parents commencent la recherche d'une place en garderie en consultant les listes d'établissements qui facturent 7 $ par jour. Quand ils se découragent d'être sur une longue liste d'attente, ils finissent par aller voir du côté des garderies plus onéreuses.

Plus onéreuses, dites-vous ? Pas si sûr ! Certes, quand les frais atteignent 30 ou 40 $ par jour, le déboursé est bien supérieur. Pourtant, avec les crédits d'impôt, la différence n'est pas si grande. Elle peut même réserver quelques surprises.

En effet, une place à 7 $ empêche le foyer de bénéficier de plusieurs avantages fiscaux. Au niveau provincial, le crédit d'impôt remboursable peut atteindre 75 % des frais de garde. Et contrairement à une crainte répandue, l'argent peut être versé très rapidement sur votre compte en banque. Le premier dépôt intervient dès le premier mois de fréquentation du service de garde. Pour un couple avec un enfant gagnant 40 000 $ annuels, le crédit d'impôt provincial tourne autour de 24 $ par jour pour une place à 35 $.

Au fédéral, l'un des deux parents peut déduire les frais de garde de ses revenus. Or, le revenu familial sert à calculer les prestations fiscales pour enfants et le crédit pour la taxe sur les produits et services (TPS). Dans notre exemple, le couple récupèrera encore 6 $ supplémentaire au fédéral, comparativement à un couple ayant inscrit son enfant dans une garderie à 7 $. Calculez : 24 + 6= 30. La place à 35 $ revient finalement à 5 $ par jour!

Ainsi, certains ménages peuvent trouver avantage à préférer une garderie à tarif plus élevé, mais qui lui coûtera moins cher après impôts. C'est le constat qu'ont fait le professeur en fiscalité Claude Laferrière, à présent retraité de son poste à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), et Francis Montreuil, professeur au département des sciences comptables de l'UQAM. L'an passé, les deux spécialistes ont dressé un portrait des ménages qui ont intérêt à se précipiter vers les garderies à 7$.

Trois groupes gagnent à envoyer leur progéniture dans les garderies à 7 $. Il s'agit des ménages dont le revenu annuel dépasse 50 000 $. Il y a aussi ceux dont le revenu familial est inférieur à 26 000 $ et qui ne paient pas d'impôt fédéral. Enfin, les ménages non admissibles au crédit et déductions pour frais de garde sont également gagnants.

Pour les autres, globalement les ménages ayant un revenu compris entre 26 000 $ et 50 000 $, mieux vaut chercher une place ailleurs... à condition de pouvoir avancer les frais de garde durant les deux premières semaines de chaque mois. En effet, c'est au milieu de chaque mois qu'est versé le crédit d'impôt provincial.

Évidemment, ces calculs sont strictement financiers, et ne tiennent pas compte de la qualité du service de garderie. Un critère à ne pas négliger pour évaluer la garderie, qu'elle coûte 7 $ ou davantage !






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L'État-providence québécois insoutenable sans les transferts fédéraux

Le Québec pourrait se diriger vers un désastre financier à cause de la faible fécondité (le « mini-baby boom » n'en a jamais été un et la natalité plafonne depuis près de 3 ans à 1,7 enfant/femme), des impôts élevés et un taux de la dette par rapport au produit intérieur brut qui est le cinquième plus élevé au monde, selon une nouvelle étude.

Selon l'Institut du mariage et de la famille du Canada, les importants paiements de transfert versés au Québec par le reste du Canada pourraient être la seule chose qui permettent d'éviter actuellement l’effondrement de l’État-providence québécois.

« Il y a de véritables raisons de s'inquiéter au sujet de la pérennité des programmes familiaux de la manière dont ils fonctionnent actuellement au Québec », lit-on dans une étude publiée lundi par l’Institut.

« Bien que les impôts au Québec soient déjà élevés, ils seraient probablement encore plus élevés en l'absence des importants paiements de transfert que cette province reçoit annuellement du gouvernement du Canada », ajoute le rapport.

L’étude de 28 pages rédigée en anglais et intitulée A Quebec family portrait indique également que les familles monoparentales et les ménages en union libre seront moins en mesure de gérer les effets du possible démantèlement de l’État-providence au Québec.

Certaines études indiquent en effet que les hommes mariés sont plus motivés à travailler fort et à gagner davantage d’argent pour leur famille et leur conjoint.

Le Québec a le pourcentage le plus élevé de couples non mariés au monde, toujours selon l'étude. Le recensement de 2006 indique que 34,6 % des couples québécois vivaient en union libre, contre 13,4 % dans le reste du Canada.

Le Québec a aussi le plus haut taux d'enfants en garderie, a noté l’auteure de l’étude, Andrea Mrozek.

« Ces choses se renforcent mutuellement, de déclarer Mme Mrozek. Vous avez un programme coûteux, il augmente les impôts, alors vous devez travailler pour soutenir un style de vie qui consiste à faire de l'argent pour joindre les deux bouts. »

Le rapport souligne le prix exorbitant des garderies et CPE ainsi que le programme déficitaire des congés parentaux. Les garderies n'avantageraient qu'une parties des familles. La qualité des garderies serait très médiocre, leur coût de plus en plus élevé. En outre, rien ne prouve que la politique prétendument familiale du Québec ait fait remonter le taux de natalité au Québec, car la natalité dans le reste du Canada a également augmenté ses dernières années, passant de 1,53 enfant par femme en 2004 à 1,68 en 2008, en l'absence de ces onéreux programmes. En outre, l'afflux d'une migration africaine traditionnellement féconde au Québec (alors que l'asiatique dans l'Ouest ne l'est pas) pourrait également expliquer la hausse de la natalité très légèrement plus haute au Québec qu'au Canada.

Avec la structure de population et la dette actuelles, les programmes sociaux très généreux du Québec sont menacés. Une restructuration importante semble inéluctable quand on considère le taux d'endettement et la difficulté de taxer encore plus les Québécois qui paient nettement plus d'impôts qu'ailleurs au Canada. Une famille avec un seul revenu annuel brut de 80.000 $ annuel paie 23.164 $ en impôts au Québec, comparés à  19.055 $ en Ontario et $17.593 $ en Alberta

Pour l'Institut, le gouvernement du Québec serait bien avisé de faire attention au peu de mariages au Québec et devrait songer à promouvoir à nouveau le mariage comme la norme culturelle afin d'éviter les inconvénients sociaux et fiscaux liés à l'instabilité des couples québécois actuels, surtout si les programmes gouvernementaux devaient cesser ou être réduits en raison de restrictions budgétaires qui semblent inévitables.





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lundi 7 novembre 2011

Propagande scolaire et le mutisme de la « droite »

Texte d'Éric Zemmour sur l'éducation en France.

On se souvient des cris d'indignation poussés par la droite lorsque François Hollande proposa l'embauche de 60 000 emplois dans l'Éducation nationale. À comparer au silence de mort — la veille de la Toussaint ! — lorsqu'on apprit que les familles homoparentales seraient désormais étudiées en terminale. Hypocritement, le ministère de l'Education précisait : « Cela ne signifie aucunement qu'elles aient une reconnaissance légale. » De même, seule la Droite populaire avait protesté contre l'introduction des théories du genre dans les cours de sciences naturelles ; et l'UMP s'était tue quand les nouveaux programmes d'histoire avaient exilé Louis XIV en fin d'année pour imposer l'étude d'un royaume africain dont l'existence n'était même pas assurée.

La droite française n'a-t-elle rien compris ni rien appris ? Elle a des réflexes gestionnaires, pas culturels.

Elle ne s'est pas encore aperçue que la gauche mobilisait la machine anonyme et tentaculaire de l'Education nationale au nom du « progrès » contre la « réaction ». Réseaux, lobbys, syndicats monopolisent des comités désignés on ne sait comment pour façonner des programmes qui endoctrinent les jeunes esprits malléables, afin de les monter contre leurs parents, selon les bonnes vieilles méthodes communistes. Visés en particulier : les enfants des classes populaires qui s'obstinent à rejeter les mérites tant vantés de la « tolérance » et du multiculturalisme.

Quand la machine de propagande de la gauche bien-pensante avance, le ministre [de « droite »] UMP regarde ailleurs, la droite se tait ou crie dans le désert. Bientôt, elle se verra imposer des lois que son électorat refuse. Si la droite n'est pas niaise, alors, elle est complice. Pour des raisons budgétaires, mais aussi pour répondre aux exigences du marché qui a besoin de consommateurs incultes, elle préfère les blablas sur l'homoparentalité ou la théorie du genre à la transmission de véritables savoirs. Funeste alliance de la droite libérale et de la gauche libertaire.




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Pour en finir avec le Gouvernemaman de Joanne Marcotte

L’État-providence devra rompre avec ses promesses, au Québec ou ailleurs en Occident, croit l’auteure Joanne Marcotte. La réalisatrice du documentaire « L’illusion tranquille » vient de publier l’essai « Pour en finir avec le Gouvernemaman » afin de dénoncer les effets pervers provoqués par l’État pourvoyeur.


L’ouvrage de Mme Marcotte brosse un portrait très sombre du Québec contemporain. Elle affirme que la province souffre d’immobilisme et qu’elle a sombré dans un état de dépendance méprisable.

« Personne n’est imputable des problèmes qui touchent le Québec. Pas plus les politiciens que la population », a indiqué l’auteure. Selon elle, c’est l’État-providence qui a entraîné cette déresponsabilisation.

On peut lire dans « Pour en finir avec le Gouvernemaman » que l’État providence a créé une culture de dépendance, de gratuité, de nivellement par le bas et de revendication. « Les indignés qui manifestent à Montréal et Québec en sont l’exemple parfait », a-t-elle noté.

Joanne Marcotte estime que le Québec est mur pour une nouvelle révolution. Elle affirme que les Québécois doivent réclamer des changements, car l’État n’a plus les moyens de répondre à tous les besoins de la population. « Au Québec, le gouvernement t’accompagne jusqu’à ta mort. Il t’accouche, garde tes enfants et choisit leurs écoles. Pendant ce temps-là, nos infrastructures sont dans un état lamentable », a-t-elle dit.

L’auteure somme les Québécois de ne pas attendre la venue de sauveurs comme François Legault ou Gilles Duceppe pour résoudre les problèmes de la province. Elle croit que la population doit réclamer les changements dont le Québec a besoin, car ils ne proviendront pas des politiciens ou des politiques publiques.

« Ce dont nous avons besoin c’est d’une transformation culturelle. On doit revoir nos valeurs, nos attitudes et nos croyances », a-t-elle indiqué. Pour y parvenir, elle propose de passer en revue tous les programmes administrés par Québec.

Dans l’épilogue de son livre, Joanne Marcotte identifie plusieurs solutions pour soulager la province des maux qui l’affligent. Le chapitre projette le lecteur dans le Québec de 2025. Cet État idéal n’offre plus de garderies à 7 $. Le réseau de CPE a été transformé en un ensemble d’organismes privés à but lucratif ou sans but lucratif.

Pour Michel Kelly-Gagnon de l'Institut économique de Montréal, ce livre constitue un « véritable Grand Reportage sur l’état (mais aussi l’État!) d’un Québec qui a perdu le sens de la liberté et de la responsabilité individuelles ces dernières décennies. [...] Ce n’est pas simplement une analyse isolée que nous propose Joanne, mais une sorte de réquisitoire collectif, appuyé de nombreux témoignages et citations de la part d’observateurs qui partagent le même constat. On sent que ce livre très accessible pourrait devenir le manifeste d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur. Et en le refermant, on se  prend à rêver à la vision optimiste du Québec de 2025, dynamique et enfin libéré de ses obsessions pathologiques, qu’elle nous présente en épilogue. »


Dans ce Québec de 2025, les sociétés d’État ne financent plus la culture et une loi a été votée pour interdire au gouvernement de hausser la dette québécoise. Le nombre de députés qui siègent à l’Assemblée nationale a été réduit de 125 à 75 alors que les commissions scolaires et les agences de la santé réduites à leur plus simple expression.

Malgré tous ses espoirs, Mme Marcotte demeure plutôt pessimiste sur l’avenir du Québec. « Certains jours, je me dis que les choses changent. Quand la population dénonce l’attitude des syndicats dans le dossier de la construction, par exemple. Mais de tels événements ne se produisent pas fréquemment », a-t-elle conclu.

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Espagne — le parti favori aux élections s'engage à supprimer le programme d'Éducation à la citoyenneté

Les élections générales espagnoles de 2011 se tiendront le dimanche 20 novembre 2011. Selon un sondage réalisé du 6 au 23 octobre auprès de 17.236 électeurs espagnols, le Parti populaire (PP) devrait largement l'emporter sur le Parti socialiste espagnol (PSOE) sortant. En effet, le parti de centre droit devrait obtenir 46,6 % du vote populaire (entre 190 à 195 sièges sur un total de 350) contre 29,91 % (116 à 121 sièges) pour le parti de gauche.

Dans son programme, le PP promet de remplacer le programme d'éducation à la citoyenneté (EpC en espagnol) qui a suscité de vives polémiques en Espagne pour son caractère idéologique et de le remplacer par une formation civique dont le contenu sera basé sur les valeurs constitutionnelles et la connaissance des institutions espagnoles et européennes.

Le remplacement de EpC par un programme plus neutre a été salué par plusieurs associations (ici, ) bien que certaines attendent encore de connaître précisément le contenu du nouveau programme que mettrait en place le PP.

Par ailleurs, le PP déclare dans son programme que
« Les parents sont les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants. C'est pourquoi le système éducatif doit prendre en compte les familles et se fier à leurs décisions. La liberté de choix est indissociable de ce droit. Nous souhaitons une éducation publique de qualité et une offre éducative plurielle privée ["d'initiative sociale" en espagnol] qui puissent répondre aux préférences philosophiques et pédagogiques des familles. Le respect des droits de la famille signifie que le contenu des programmes ne doit pas répondre à des projets idéologiques[1]. »

Voir aussi

Espagne — bilan désastreux pour les socialistes, il ne reste que l'idéologie et le chômage

Espagne — « sain relativisme » du programme d'éducation à la citoyenneté admis par le gouvernement

La cause ECR en Cour suprême du Canada suivie attentivement en Espagne

Espagne — Plainte contre l’éducation à la citoyenneté devant le parlement européen

L'Espagne poursuivie par des parents devant la Cour européenne

Espagne — La « loi de l'égalité » permettra de discriminer contre les écoles non mixtes




[1] Note du carnet: Est-ce possible dans l'absolu ? Tout choix dans les programmes des matières « molles » comme l'histoire, le français, la religion, la morale, peut sans doute être considéré comme le reflet de préférences idéologiques. La seule manière de l'éviter est de fournir un large choix d'écoles, de programmes et de pédagogies.