vendredi 14 juin 2024

Le refus idéologique par la gauche de parler de la réalité

Nicolas Mayer-Rossignol.— Moi, j'ai une synagogue qui a brûlé.
Journaliste.—  Qui l'a brûlée ?
—  J'ai pas envie de l'extrême droite au pouvoir.
—  Qui l'a brûlée ?
—  Je vous parle de l'instrumentalisation
—  Qui l'a brûlée ?
—  Un monsieur.
—  Il vient d'où ?
—  Un monsieur.


L’homme à l’origine de l’incendie de la synagogue de Rouen, vendredi 17 mai, a été abattu. Il s’agissait d’un Algérien de 29 ans qui faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. 
On ne voit pas le rapport avec l'« extrême droite »...
 

Voir aussi

Supplément histoire — Que faut-il penser de Pétain et de l'antisémitisme de la gauche ?

France — 90 % du vandalisme et profanations de lieux de cultes visent des églises (deux par jour !)

 



mercredi 12 juin 2024

Le nombre de passages clandestins du Québec vers les États-Unis bat des records

MOOERS, NEW YORK— Il est 4 h 40. Le soleil ne s’est pas encore levé sur Mooers, un petit village du nord de l’État de New York qui s’étire sur une large zone rurale, le long de la frontière.

En cette douce journée printanière, les oiseaux sifflent, accompagnant le démarrage des premiers tracteurs, habituellement maîtres des lieux d’un secteur paisible, parsemé de multiples fermes et résidences familiales.

Mais en ce matin du début de juin, comme tant d’autres depuis quelques mois, il n’y a pas que des écureuils et des lapins sur les sentiers et dans les bois voisins.

Tout de rouge vêtus, deux jeunes hommes sortent discrètement d’une forêt longeant la frontière canado-américaine. Une cinquantaine de mètres plus loin, trois autres en émergent eux aussi, marchant vers la route, téléphone à la main.

  • Parlez-vous anglais ?
  • Non, hindi

Ce sont quasiment les seuls mots que l’on arrivera à échanger avec ces migrants, dans la vingtaine à peine, qui viennent d’entrer clandestinement aux États-Unis à partir du Canada.

Ils se plantent alors dans le fossé, sans le moindre mouvement, en attendant vraisemblablement qu’on vienne les chercher.

Des migrants sont interpellés après avoir eux-mêmes appelé les autorités.

Un appel au 911 pour être transporté

Quelques instants plus tard, un troisième groupe surgit un peu plus loin sur le bord de la route, après avoir traversé la terre d’un fermier.

Téléphone à la main, l’un des migrants appelle sous nos yeux le 911, le numéro d’urgence des autorités américaines. Il ne parle pas, mais l’opérateur au bout de la ligne repère la provenance du coup du fil en décrivant le coin de rue précis à ses interlocuteurs. Là encore, personne ne bouge.

Quelques minutes plus tard, une fourgonnette blanche non identifiée s’approche et active ses gyrophares rouge et bleu. Une sirène retentit. Tour à tour, chacun lève ses bras, pose sac à dos et téléphone à terre, avant de se faire fouiller par un agent américain, visiblement excédé par la situation. Tous sont embarqués en un rien de temps.

 Zone privilégiée pour les passages clandestins


 Cette scène se répète plusieurs fois par jour, détaille peu après le major Nicholas Leon, responsable de l’unité d’intervention du shérif du comté de Clinton.

Pour une rare fois, les autorités américaines ont accepté d’amener un média patrouiller dans ce territoire frontalier sensible, appelé le secteur Swanton, situé au sud du village québécois d’Hemmingford.

Tout en surveillant les alentours, mains sur le volant, en quête de nouvelles traversées illégales, l’adjoint du shérif avoue son étonnement face à ce modus operandi.

    C’est un peu une surprise pour nous. Ils posent leurs bagages et attendent qu’on les emmène.
    Une citation de Nicholas Leon, adjoint du shérif du comté de Clinton (NY)

« Apparemment », explique-t-il, des passeurs leur conseillent cette stratégie au Canada, avant d’entrer dans ces bois. Et dès leur arrivée sur cette route américaine, poursuit l’agent, « ils ne font plus rien ».

Hausse de 400 % depuis janvier

samedi 8 juin 2024

La croissance à long terme de la Suède est menacée par la criminalité des gangs, avertit le chef de la banque centrale

La croissance à long terme de la Suède est menacée par la criminalité des gangs, avertit le chef de la banque centrale, Erik Thedéen. Celui-ci déclare que les entreprises seraient affectées si la confiance diminuait en raison de l’augmentation de la criminalité violente.
 
La scène d’une explosion à Uppsala en septembre. Le gouvernement s’empresse de renforcer la législation après l’augmentation significative des fusillades, des attentats à la bombe et des attaques à la grenade par des gangs.


Le problème croissant des fusillades et des attentats à la bombe commis par des gangs en Suède risque de nuire au potentiel économique à long terme du pays, a déclaré le directeur de la banque centrale.

Le gouverneur de la Riksbank, Erik Thedéen, a déclaré au Financial Times que l’un des plus grands atouts du pays était la confiance entre les gens et dans les autorités, mais que cette confiance « pourrait être remise en question » si la violence des gangs n’était pas traitée correctement.

Le gouvernement suédois a fait appel à l’armée pour aider la police à s’attaquer au problème et s’empresse de renforcer plusieurs lois après que les fusillades, les attentats à la bombe et les attaques à la grenade par des gangs ont augmenté de manière significative.

« Il s’agit d’une menace à long terme pour le potentiel de croissance de la Suède. C’est aussi une raison importante pour laquelle nous devons nous occuper de ce problème et y mettre un terme.... Si l’on considère les pays où la confiance n’existe pas, ce ne sont généralement pas des pays à forte croissance économique », a déclaré M. Thedéen.

Des niveaux élevés de confiance agissent comme un « amortisseur » dans l’économie et constituent un « atout extrêmement important lorsque l’on parle de productivité et de croissance économique », a-t-il ajouté.

Si la confiance s’érode, les entreprises devront faire face à des coûts de sécurité accrus et à des « avocats qui examinent chaque transaction, au lieu d’une poignée de main », a-t-il déclaré.

La mise en garde de M. Thedéen intervient alors que la Suède subit l’une des contractions économiques les plus profondes d’Europe, après que la forte inflation a conduit la Riksbank à relever fortement ses taux d’intérêt.

La banque centrale suédoise a maintenu son taux d’intérêt à 4 % à la fin du mois de novembre, mais annoncé qu’il y avait un risque de 40 % de procéder à une dernière augmentation de ce taux.

M. Thedéen a déclaré que la baisse de l’inflation lui avait permis de gagner du temps et d’attendre janvier avant de décider d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt. Mais il a averti que les taux resteraient probablement élevés pendant « une période assez longue ».

Les prévisions de la banque centrale suédoise montrent que les taux pourraient commencer à être réduits à partir de 2025. Mais une seule baisse à 3,75 % n’est garantie qu’au début de 2026, selon les estimations de la banque.

« Nous craignons qu’il y ait des pressions inflationnistes que nous ne comprenons pas entièrement.... 
La situation a été beaucoup plus grave que nous le pensions à partir de 2022 », a déclaré M. Thedéen.

M. Thedéen a ajouté que la banque centrale s’était engagée à atteindre son objectif de 2 % et qu’elle avait eu du mal à comprendre la dynamique qui avait conduit l’inflation à dépasser les prévisions de la Riksbank jusqu’à il y a quelques mois.

La Riksbank prévoit que l’inflation hors coûts énergétiques sera de 7,6 % cette année, avant de tomber à 2,9 % en 2024 et d’atteindre enfin son objectif de 2 % en 2025.

La banque centrale s’attend à ce que l’économie suédoise se contracte cette année et l’année prochaine, en raison de l’augmentation du chômage et de la faiblesse persistante du marché immobilier.

Les consommateurs ont réduit leurs dépenses alors que l’endettement des ménages atteignait des niveaux record avant que la Riksbank ne commence à augmenter les taux d’intérêt de zéro l’année dernière.

M. Thedéen s’est également dit « inquiet » de la santé des groupes immobiliers commerciaux, plusieurs d’entre eux, tels que la SBB, étant confrontés à des difficultés financières en raison de l’arrivée à échéance d’un grand nombre de dettes au cours des prochaines années.

« Certaines entreprises ont des bilans problématiques », a-t-il ajouté.

Source : Financial Times

vendredi 7 juin 2024

« Certaines populations d’immigrés viennent de pays dont la violence culturelle ne va pas disparaitre en passant la frontière »

Émission complète : 

De Crépol à Viry-Châtillon, des émeutes de banlieue à la délinquance ordinaire en passant par le harcèlement scolaire ou l'agression de professeurs, il ne se passe plus une semaine sans qu'on parle de la violence des jeunes. Ce phénomène est-il véritablement nouveau ? La violence a-t-elle toujours existé ? Quel est le profil de ces jeunes violents ? Quels sont les raisons qui les poussent à passer à l'acte ? Quelles solutions ? Pour y répondre, Eugénie Bastié reçoit Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne, Ruben Rabinovitch, psychanalyste, Maurice Berger, pédopsychiatre.


Voir aussi

« Les cas de violences entre les élèves sont nombreux à faire les manchettes, dernièrement ». Altercation et possible couteau : La police intervient dans une école primaire de Sainte-Julie...Des parents indiquent qu’un élève était en possession d’un couteau. L'événement s'est produit durant la récréation d'après-midi.

 

mardi 4 juin 2024

Canada — L'immigration indo-pakistanaise a quasiment quadruplé de 1996 à 2021


zzzz


Racialisation : première cérémonie de graduation des étudiants noirs de l'Université d'Ottawa

« Préparez-vous pour la première cérémonie de graduation des étudiant(e)s noir(e)s

La cérémonie de graduation des étudiant(e)s noir(e)s va rendre hommage et célébrer les réalisations des étudiants noirs diplômés de l'Université d'Ottawa. Cet événement vise à reconnaître leurs accomplissements, leur résilience et leur diversité culturelle tout en offrant un espace inclusif pour la célébration et l'autonomisation. »

Mardi 4 juin, de 14 h à 16 h



 

Source

dimanche 2 juin 2024

Que faut-il qu'un étranger fasse au Canada pour en être définitivement déporté...?

Résumé :
  • 2007: arrive du Nigéria comme réfugié avec un faux passeport.
  • 2010: Interpol informe le Canada qu’un jugement utilisé pour justifier son récit était faux.
  • 2015: expulsé et renvoyé au Nigéria.
  • 2015, 2 mois plus tard: retour au Canada avec passeport prétendument perdu.
  • 2024: sans statut au Canada, il était visé par un ordre de renvoi, mais neuf ans plus tard le processus judiciaire est toujours en cours.
  • 2024: condamné, pour avoir volé 59 véhicules accidentés à un encanteur (commissaire-​priseur) grâce à un stratagème complexe, à deux ans de prison à domicile, alors que la Couronne réclamait 30 mois de pénitencier. Il risque d'être déporté.
  • 2024: il fait appel.

Ekens Azubuike a été arrêté chez lui en 2020.

Détails:


Quelques heures de délibérations ont suffi au jury pour déclarer l’homme de 52 ans coupable de fraude de plus de 5000 $ à la mi-mai au palais de justice de Montréal. Mercredi dernier, le juge James Brunton de la Cour supérieure l’a condamné à deux ans moins un jour, de prison à domicile et à deux ans de probation.

En entrevue avec La Presse de Montréal, Ekens Azubuike se dit victime d’une « conspiration » de l’Agence des services frontaliers. Il accuse le juge d’être « biaisé » et d’avoir « protégé » l’État.

Il n’est pas question ici de vols de véhicule dans les rues, véritable fléau à Montréal. Le stratagème d’Ekens Azubuike était beaucoup plus élaboré. Les médias en avait d’ailleurs rapporté les grandes lignes en 2020. En résumé, il a acquis frauduleusement un lot de 59 véhicules vendus par un encanteur spécialisé dans la vente de véhicules accidentés rejetés par les compagnies d’assurances. Une fraude d’environ 300 000 $.

Pour ce faire, Ekens Azubuike a mis sur pied une société à numéro [sans raison sociale, sans nom d'entreprise] en utilisant l’identité d’une personne à son insu. Le fraudeur a ensuite falsifié un paquet de documents, dont une lettre d’avocate et des papiers d’identité. Sa société fantoche censément  spécialisée dans le transport de marchandises est devenue une cliente légitime de l’encanteur [vendeur aux enchères] COPART, une multinationale américaine présente à Montréal.

Entre décembre 2019 et janvier 2020, la société factice a acheté une cinquantaine de véhicules de COPART grâce à de fausses traites bancaires. Pendant cette période, Ekens Azubuike est même allé jusqu’à appeler COPART à plusieurs reprises sous un faux nom à consonance russe

Quand COPART a découvert que les traites étaient sans fond, il était trop tard. Des véhicules avaient déjà été livrés. En outre, le jour même de l'opération, l'entreprise bidon avait déjà vendu les véhicules à Ekens Foundation International. C’est par l’entremise de cette société appartenant à l’accusé que de nombreux véhicules ont pris la mer vers l’Afrique.

Selon la preuve présentée au procès, sur les 59 véhicules volés, 27 ont été retrouvés, dont 4 au port de Montréal dans un conteneur. Une quinzaine de véhicules qui étaient déjà dans un bateau en direction de l’Afrique ont pu être rapatriés. On ignore ce qui est advenu des véhicules manquants.

L’art du mensonge

Ekens Azubuike, qui se présentait sans avocat, n’a pas témoigné pour sa défense. Le juge Brunton le décrit comme un homme « peu sincère ». « Il est difficile de lui accorder de la crédibilité », a-t-il résumé.

C’est d’ailleurs par un mensonge qu’Ekens Azubuike s’est installé au Canada. En 2007, il est arrivé comme réfugié avec un faux passeport allemand en se disant persécuté au Nigeria en raison de sa participation à un mouvement séparatiste régional. Or, en 2010, Interpol a informé le Canada qu’un jugement invoqué par Azubuike pour justifier son récit était faux.

Le fraudeur a finalement été expulsé au Nigeria en 2015. À peine deux mois plus tard, il était de retour au Canada avec un passeport qu’il prétendait avoir perdu. Il déclara alors avoir été torturé pendant son séjour au Nigeria et souhaitait obtenir le statut de résident permanent pour motif humanitaire. Sans statut au Canada, il était visé par un ordre de renvoi. Mais le processus judiciaire est toujours en cours.

Le procureur de la Couronne Me Denis Trottier réclamait de 25 à 30 mois de pénitencier et la restitution de 136 000 $ à la victime. Il a relevé de nombreux facteurs aggravants, dont la préméditation, la complexité de la machination, le vol d’identité et le montant de la perte.

Il fait appel de sa condamnation

Le juge James Brunton se montre sévère à l’égard de la Couronne : il lui reproche de n’avoir fait aucune « réelle tentative » pour établir le montant de la fraude et de la perte subie par l’encanteur. Le juge souligne que l’encanteur a d’ailleurs décidé de mettre fin à une poursuite civile contre l’accusé. C’est pourquoi le juge a refusé d’obliger Azubuike à rembourser.

Pourquoi le juge a-t-il accordé une peine de prison à domicile à Ekens Azubuike ? Son analyse est résumée en un seul paragraphe. Le juge y souligne l’absence d’antécédent judiciaire de l’accusé [et son entrée au Canada sous faux prétexte ?!], son respect des conditions de remise en liberté, ses problèmes de santé et le fait qu’il ne soit pas un danger pour la société.

« Le Tribunal souligne que les ennuis de santé de M. Azubuike ne l’ont pas empêché d’orchestrer un stratagème frauduleux prolongé et prémédité qui inclut la contrefaçon de documents », affirme le juge Brunton.

Ekens Azubuike espérait toutefois une peine de moins de six mois pour éviter son expulsion du Canada. Or, son crime méritait une peine plus sévère, malgré les impacts sur son statut d’immigration, selon le juge.

Ekens Azubuike a porté le verdict en appel. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales dit être en train de l’analyser.


Source : La Presse de Montréal

samedi 1 juin 2024

Ottawa s'attaque au « racisme environnemental »

Le ministre fédéral Steven Guilbeault annonçait tout « fièr » [sic] :

Le Canada s’apprête à se doter de sa première législation contre le « racisme environnemental ». Le projet de loi C-226 de la chef du Parti vert, Elizabeth May, fera bientôt l’objet d’un dernier vote au Sénat. Il vise à éviter que des sites toxiques soient installés près des collectivités autochtones, des collectivités racisées ou marginalisées.

Il y a la contamination au mercure de la Première Nation de Grassy Narrows dans le nord de l’Ontario causée par des rejets d’eaux usées d’une usine de pâtes et papiers, les usines pétrochimiques qui entourent celle d’Aamjiwnaang dans le sud de l’Ontario, le gazoduc Coastal GasLink qui traverse les terres des Wet’suwet’en en Colombie-Britannique, l’ancien site d’enfouissement qui a pollué la communauté noire de Shelburne en Nouvelle-Écosse pendant 75 ans et même le dépotoir illégal de Kanesatake, au Québec, qui, bien qu’il appartienne à deux membres de la communauté amérindienne locale visée.

Il semble donc que peu importe si les dépotoirs s'installent près des communautés de pauvres blancs.

Conservateurs et bloquistes contre

Le texte législatif était toutefois loin de faire l’unanimité à la Chambre des communes. Il a obtenu l’appui des libéraux et des néo-démocrates lors du vote en troisième lecture, mais les conservateurs et les bloquistes s’y sont opposés pour des raisons différentes.

« Nous avons déjà un cadre réglementaire compliqué pour ce qui est de la réalisation des projets au Canada », avait fait valoir le député conservateur de l’Ontario Kyle Seeback, lors des débats en chambre. En comité parlementaire, son collègue Gérard Deltell avait rappelé que le projet d’oléoduc Northern Gateway de l’Alberta vers la Colombie-Britannique avait l’appui de plusieurs communautés autochtones avant qu’il soit stoppé par le gouvernement en 2016.

Le Bloc québécois aurait préféré que le concept de racisme environnemental soit remplacé par celui de justice environnementale. « Si nous instituons de nouvelles politiques fondées sur de nouveaux droits, tel le droit à un environnement sain, tout le monde devrait en jouir, sans exception », avait argumenté la députée Monique Pauzé.

Elle avait donné à titre d’exemple le quartier de Limoilou, à Québec, où les habitants respirent les poussières générées par le transbordement de minerais au port de Québec, de compétence fédérale, peu importe leur origine ethnique. « La particularité de ce quartier est d’avoir des revenus très bas », avait-elle souligné.


Source : La Presse

Ce qui ne va pas dans la formation des futurs profs

Extraits d'un long texte de Joseph Facal publié dans le Journal de Montréal cette semaine : 

Le 21 mai, dans nos pages, une chargée de cours à l’UQAM, Pascale Bourgeois, a fait sauter une bombe.

Elle s’en prenait à la faible qualité de la formation des futurs enseignants dans nos facultés d’éducation, à la faible qualité moyenne des étudiants aussi, et à leurs effets combinés sur tout notre système scolaire.


On trouve deux niveaux dans ce propos de Mme Bourgeois qui a soulevé l’ire du milieu.

À un premier niveau, elle ne fait que constater.

Il y a certes de formidables exceptions, mais les étudiants qui deviendront professeurs dans nos écoles primaires et secondaires sont, dans l’ensemble, de faible niveau, remarquablement peu curieux, et agissent en enfants gâtés plus qu’en adultes responsables.

C’est ainsi parce que les critères d’admission sont très bas et parce que ces jeunes sont eux-mêmes les produits du système éducatif et de la société tels qu’ils sont.

Les facultés d’éducation, dit-elle, réagissent en abaissant leurs exigences et en offrant des formations pauvres en contenu intellectuel, surtout axées sur des techniques de gestion de classe.

Comment en sommes-nous arrivés là? C’est le deuxième niveau de sa charge.

Dans sa lettre-coup de poing du 21 mai, Pascale Bourgeois ne se contente pas de montrer du doigt le peu de motivation et de curiosité intellectuelle de beaucoup d’étudiants qui se destinent à la profession d’enseignant.

Elle met aussi en cause la doctrine dominante dans les facultés qui les forment, ici comme ailleurs.

Les deux aspects sont liés dans un cercle autoreproducteur: ces étudiants sont partiellement le produit de cette doctrine éducative, qu’ils apprennent maintenant, et qui fondera leur pratique professionnelle ultérieure.

Doctrine

Je vous ai parlé samedi de la façon assez traditionnelle dont j’enseignais, qui était celle que j’avais connue comme écolier. Nous sommes rendus ailleurs et je n’y vois pas un progrès.

Que mange en hiver cette doctrine – appelée constructivisme, et dont il existe plusieurs variantes – qui domine désormais dans les facultés d’éducation? Voici en gros.

Chacun construit ses connaissances. L’enseignant est donc moins là pour transmettre un savoir objectif et préexistant, mais davantage pour accompagner l’enfant dans sa quête personnelle.

Tout est centré sur l’enfant et ses besoins. Tout devient personnel, donc subjectif et relatif, d’autant plus qu’il n’y a pas deux enfants pareils. C’est l’environnement scolaire qui doit s’ajuster à lui et non l’inverse.

Forcément, si les désirs ou les «besoins» de l’enfant priment, on marginalise, voire on évacue souvent, des notions comme l’efficacité, les moyennes de groupe, la validation par l’expérimentation, les évaluations comparées, etc.

Quand il arrive à l’université, ce jeune est tout étonné de voir qu’on n’y fonctionne pas comme à l’école qu’il connaît depuis la maternelle. Il se met alors à exiger que l’environnement s’adapte à lui... et obtient souvent gain de cause.

Cette doctrine prédomine non seulement dans les facultés d’éducation, mais au ministère, chez les conseillers pédagogiques, les syndicats, les organismes chargés de conseiller les élus, etc.

Dans le monde universitaire, ceux qui ne la partagent pas auront du mal à trouver des postes ou à obtenir du financement pour leurs recherches.

S’y opposer, c’est évidemment être «nostalgique», «réactionnaire», de «droite», «élitiste», adepte du «bourrage de crâne», etc.

On comprend donc la levée de boucliers suscitée par la décision de Bernard Drainville de créer un institut d’excellence qui recenserait les pratiques éducatives les plus efficaces en se fondant sur des données probantes.

Suites

Incidemment, pour ce qui est des résultats impressionnants des enfants québécois aux tests PISA, ils sont à prendre avec un grain de sel de gros calibre en raison des hauts taux de non-participation de beaucoup d’écoles publiques et de la difficulté à réconcilier ces scores avec des taux de diplomation beaucoup moins spectaculaires.

[Voir aussi:
 
PISA évaluerait-il plus l'intelligence que les acquis ?

  
 

 ]

Espérons que la sortie de Mme Bourgeois déliera les langues, secouera cette orthodoxie, permettra de faire entrer de l’air frais.

Il faut aussi souhaiter qu’elle ne subisse pas de conséquences fâcheuses pour avoir dit le fond de sa pensée.

La liberté académique et la loi 32, il faut que cela veuille dire quelque chose pour vrai.

Plus de lois raciales aujourd'hui en Afrique du Sud qu'au pic de l'apartheid ?

La législation raciale est bien vivante en Afrique du Sud. C'est une chose que la plupart des Sud-Africains savent, même si, étonnamment, ce n'est pas le cas de tous. Mais une grande partie du reste du monde pense que la discrimination par la loi a pris fin en 1994.


L'Index des lois raciales recense les nombreuses lois sud-africaines - à l'heure actuelle, uniquement les lois du Parlement - qui font (ou ont fait) de la race, de la couleur de peau ou de l'appartenance ethnique des sujets de droit des éléments pertinents en droit, généralement en créant des handicaps et des fardeaux raciaux. L'index couvre la période allant de la création de l'Union sud-africaine en mai 1910 à nos jours.

L'index est une initiative de l'Institut sud-africain des relations raciales (SAIRR).

L'index a été mis à jour pour la dernière fois le 24 octobre 2023, de sorte que toutes les références à son état actuel se rapportent à cette date.

À cette date, 141 lois du Parlement sud-africain pouvaient être considérées comme des lois raciales.

Au total, le Parlement a adopté 313 lois raciales entre 1910 et aujourd'hui.

37 % d'entre elles, soit 116, ont été adoptées pendant et depuis 1994.

Bien entendu, nombre de ces 313 lois ont été abrogées. Mais, à l'heure actuelle, il y a 141 lois du Parlement qui font référence à la race ou à la couleur de peau. Cela représente 45 %, soit près de la moitié, de toutes les lois raciales jamais adoptées.

Une partie de ces lois sont donc antérieures à 1994.

Quelques notes sur ces chiffres.

Pendant l'apartheid, l'année 1980 a été l'année où le plus grand nombre de lois raciales du Parlement figuraient dans le corpus législatif, à savoir 123 lois raciales.

Depuis 1980, le nombre de lois raciales du Parlement a commencé à diminuer régulièrement, reflétant le gouvernement du Parti national dans sa phase réformiste.

La législation raciale en vigueur en Afrique du Sud a atteint son point le plus bas en 1996, lorsqu'il n'y avait « que » 52 lois raciales du Parlement.

Mais depuis 1996, le nombre de lois raciales a augmenté de façon spectaculaire, l'année 1998, deux ans plus tard, étant la pire année de l'histoire de l'Afrique du Sud en termes de nombre brut de lois raciales adoptées.  Vingt (20) lois raciales ont été adoptées cette année-là par le nouveau corps législatif aux mains de l'ANC.

L'année 2000 est la deuxième année la plus prolifique en termes d'adoption de lois raciales dans l'histoire sud-africaine, avec 17 lois du Parlement qui font de la race une réalité juridique.

L'année 1976 arrive en troisième position, avec « seulement » neuf lois raciales adoptées au cours de cette année. 1976 est l'année au cours de laquelle le gouvernement de l'apartheid a adopté le plus grand nombre de lois raciales. 1998 et 2000 sont les années au cours desquelles le gouvernement ANC a adopté le plus grand nombre de lois raciales.

En 2007, on a atteint à nouveau le pic de 1980, avec un total de 123 lois raciales du Parlement dans le livre. Depuis, le nombre de lois raciales a grimpé jusqu'à atteindre le niveau actuel: 141 lois raciales adoptées par le Parlement sud-africain qui pourraient être décrites comme des lois « opérationnelles » ou « actives ».

Il convient toutefois de noter qu'il n'existe aujourd'hui aucune loi sur l'enregistrement de la population permettant de classer les Sud-Africains en fonction de leur race, de sorte que ce système discriminatoire est largement tributaire de déclarations des intéressés, comme l'est la discrimination « positive » aux États-Unis.

De la complexité du comptage des lois raciales

La construction de l'index des lois raciales a constitué un exercice complexe.

Cette complexité pourrait expliquer pourquoi l'Index des lois raciales est la première initiative de ce type dans l'histoire de l'Afrique du Sud. Après tout, l'Afrique du Sud est et a été un haut lieu mondial du droit racial depuis au moins un siècle, et pourtant aucune tentative n'a jamais été faite pour rendre compte de manière exhaustive des lois raciales en vigueur dans ce pays.

La Fondation Nelson Mandela a effectué un travail sur les lois raciales antérieures à 1994, mais ce travail n'a guère qu'effleuré la question et n'a répertorié que les « grandes » lois de l'apartheid. Après 1994, le professeur Koos Malan et le Dr James Myburgh ont également effectué un travail utile sur la comptabilisation des lois raciales importantes de la soi-disant nouvelle Afrique du Sud, mais ces exercices ont également omis un grand nombre de lois moins importantes.

Trouver toutes les lois raciales n'a pas été une mince affaire. Même aujourd'hui, il est possible que l'index omette certaines lois raciales du Parlement.

Toutefois, si on souhaite consulter l'index, il faut le faire de manière holistique. Si vous le faites sans enthousiasme, vous risquez de vous faire une fausse idée de la réalité du droit racial en Afrique du Sud.

Prenons un exemple.

La loi sur l'insolvabilité a été adoptée en 1936. Il s'agissait alors d'une loi non raciale du Parlement.

Toutefois, en 2003, la Loi sur l'insolvabilité a été racialisée par le biais d'un amendement.

Cet acte de racialisation ne change toutefois pas le fait que la Loi sur l'insolvabilité est une loi de 1936 qui contient des dispositions raciales.

En d'autres termes, la Loi sur l'insolvabilité est considérée comme une loi raciale antérieure à 1994 dans l'index, même si elle n'a été racialisée qu'après 1994.

Il s'agit là d'un élément à prendre en compte. L'autre concerne le double comptage.

Il y a eu, par exemple, une certaine confusion récemment autour de la Loi d'amendement sur l'équité en matière d'emploi (Employment Equity Amendment Act).

Pour ceux qui l'ignorent, cette loi modifie évidemment la Loi sur l'équité en matière d'emploi. L'amendement a considérablement aggravé les aspects raciaux de cette loi. Certaines personnes ont estimé que cet amendement aurait dû être comptabilisé comme une autre loi raciale.

Mais l'index exclut les lois portant modification, par nécessité.

Une loi d'amendement, dans 99 cas sur 100 - il y a des exceptions, reflétées dans l'index - ne fait qu'introduire de nouvelles dispositions dans des lois déjà en vigueur.

Si l'on comptait à la fois la loi modifiée et la loi qui la modifie, cela signifierait qu'une loi sur les races serait comptée en double. Et si on procédait ainsi, on surestimerait considérablement l'étendue de la législation raciale en Afrique du Sud.

Ainsi, chaque fois qu'une loi d'amendement racialise une loi non raciale, elle est comptabilisée comme une seule loi raciale, et chaque fois qu'une loi d'amendement racialise davantage une loi déjà raciale, comme la loi sur l'équité en matière d'emploi, elle n'est pas comptabilisée du tout.

Voir aussi

Les élections générales du 29 mai en Afrique du Sud, intentions de vote, listes en lice, bilan

Vivre-ensemble : chef du 3e parti (13 %) en Afrique du Sud chante « Tirez pour tuer, Tuez le Boer, tuez le fermier » devant stade comble

 
 
 
 

Uniformiser les universités de la « nation arc-en-ciel » au nom de l’« unité » ?

Afrique du Sud — volonté de spolier les terres et d’angliciser les écoles malgré la constitution

Déboulonner Gandhi

Il y a 155 ans — avril 1856, prophétie suicidaire de la nation Xhosa 

Zimbabwe : l’analyse radio-canadienne sur Mugabe d’« authentique héros » bâtisseur à « dictateur » (M-à-j)

Démographie : en 2050 pour un Européen proche de 50 ans, il y aura trois Africains de moins de 30 ans

Afrique du Sud — Déconfiture de l’école publique, succès de l’école privée

Discrimination raciale officielle dans les universités sud-africaines

Afrique du Sud – Pour la sixième année de suite, le taux de réussite aux examens de fin d’études secondaires diminue.

Curiosité du jour : augmenter de 25 % les notes de tous les finissants sud-africains ?

« Unir plutôt que diviser » ou comment imposer un monopole en jouant sur les sentiments (fermeture des écoles francophones au Canada au début du XXe siècle)

Les langues en Afrique du Sud depuis 1994 (écrit en 2010, ça n’a fait qu’empirer)