samedi 29 mai 2010

Éthique — la discrimination est-elle un droit ?

Tiré du carnet de Nicomaque, le blog de philo d'un prof de philo (quelques changements typographiques et grammaticaux) :

Question politiquement incorrecte... Généralement, il n'y a pas de débat là-dessus. En France, la Halde se charge de poursuivre au tribunal toute personne soupçonnée de discrimination. Pourtant, aux États-Unis, la question fait l'objet d'un débat.

Rand Paul, nouvelle star du Tea Party et fils du sénateur Ron Paul, s'est prononcé en faveur de la suppression d'une disposition du Civil Rights Act de 1964. Cette disposition interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l'origine nationale à l'entrée des restaurants, hôtels, théâtres cantines, et autres lieux publics. Crise de nerfs de la gauche américaine qui a demandé des poursuites et des excuses publiques.

Finalement Rand Paul sa tenté de clarifier sa position : « Laissez-moi préciser ma pensée : je soutiens le Civil Rights Act parce que je suis d'accord, comme une écrasante majorité, avec l'esprit de la loi, qui était de mettre fin à la discrimination dans la sphère publique et de mettre un terme à l'odieuse pratique de la ségrégation. Mais dans le même temps, a-t-il ajouté, je défends le droit de propriété, la libre entreprise et la liberté d'expression. »



En résumé : M. Paul a affirmé dans un entretien avec Rachel Maddow sur MSNBC mercredi soir qu'il soutenait les articles de la Loi sur les droits civils concernant les lieux publics, mais qu'il était sceptique s'agissant de son application à l'entreprise privée. Interrogé par Mme Maddow sur le fait de savoir si une entreprise privée a le droit de refuser de servir les Noirs, M. Paul a répondu, « Oui. » Ceci n'a rien à voir avec le racisme mais concerne le rôle de l'État. Un gouvernement n'a pas à interdire à un propriétaire de choisir ses clients ou à l'obliger de s'associer avec telle ou telle catégorie. Ce n'est pas son rôle.



Sur Fox News, jeudi dernier, on pouvait assister à un débat contradictoire sur le sujet entre deux animateurs de la chaine conservatrice : John Stossel et Megyn Kelly. En plus d'être une adorable poupée barbie, Megyn Kelly est diplômée en droit et en sciences politiques, spécialiste des questions juridiques (bio ici). Kelly joue l'avocate du gouvernement et Stossel, comme à son habitude, défend une position strictement libertarienne.

Dans ce débat, Megyn tente d'assimiler la discrimination au meurtre. Et elle argumente : doit-on empêcher la police de réprimer le crime sous prétexte de libre marché ou de propriété privée ? Stossel lui réplique que la discrimination n'a rien à voir avec le meurtre mais avec le choix individuel. Quand on choisit un ami ou un mari, on fait de la discrimination. Que ce choix soit critiquable ne justifie pas la coercition et la menace. Dans une société libre, chacun doit être libre de s'associer avec qui il veut, et tout commerçant doit être libre de servir qui il veut.

Selon Stossel, animateur de la même chaine, « si une entreprise privée veut dire « nous ne voulons pas de journalistes blondes ou d'animateurs moustachus », cela devrait être son droit. Allons-nous dire à l'association des étudiants noirs qu'elle doit accepter des personnes de race blanche, ou à l'association gay de softball qu'elle doit inclure des hétéros ? Le racisme est mauvais. Mais je ne fais pas confiance à l'État de décider quel type de discrimination est acceptable. »

Un commentaire amusant, sur un blogue : « Doit-on forcer un restaurateur noir à servir des membres du KKK ? D'après les gauchistes (« liberals »), oui. Les gauchistes sont-ils pro-KKK ?




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vendredi 28 mai 2010

Écoles privées épinglées au sujet du cours ECR

Pour une école libre a eu accès au rapport annuel de la commission consultative de l’enseignement privé rendu public en février 2010. On y retrouve les recommandations (ou non) de renouvellement de permis d’enseignement qui venait à échéance.

Voici une liste des établissements qui officiellement ne se conforment pas au programme d’éthique et culture religieuse.

Quatre remarques :
  1. Cette liste ne comprend pas tous les établissements (on n’y retrouve pas le collège Loyola, par exemple, qui n’enseigne pas le programme) car leur permis n’arrivait pas nécessairement à échéance cette année.

  2. L’inspection ne se penche que sur des aspects formels : les enseignants ont-ils suivi la formation ECR, le programme est-il sur la grille d’étude, sur le bulletin, les élèves sont-ils évalués, le matériel didactique est-il approuvé ou non ?

  3. Même l’école qui satisfait tous ces aspects formels peut très bien ne pas enseigner le programme ECR : nous connaissons deux écoles privées cette année qui ont vu leur permis renouvelé alors qu’en pratique elle ne donne pas le cours ECR, même si leur personnel a suivi la formation au programme ECR. Au primaire, la transversalité des matières et la liberté pédagogique des titulaires permettent facilement de ne pas enseigner le programme ECR comme plusieurs formateurs en ECR l'ont déploré récemment (lors d'un colloque l'ACFAS et d'une conférence du « Politburo » du MELS).

  4. Même l’école qui satisfait tous ces aspects formels peut très bien enseigner le programme ECR « à sa manière ». Comme la journaliste du Devoir qui s’était rendue « incognito » sous le prétexte d'y inscrire des enfants a pu le constater pour une des écoles évangéliques — l’Église-école Académie chrétienne Logos — qui a vu son permis renouvelé jusqu’à la fin de l’année scolaire 2010-2011 : « Pomela Thompson, la femme du révérend qui tient l'établissement, a avoué être en négociation constante avec le ministère. Si elle cède sur certains points, pas question d'enseigner le cours Éthique et culture religieuse en y faisant la promotion d'autre chose que la foi chrétienne. »
Académie Beth Esther (juive, Montréal)

« Les disciplines prévues au régime pédagogique sont enseignées, à l’exception du cours d’éthique et de culture religieuse. »


Académie culturelle de Laval (islamique, Laval)
« Dès la prochaine rentrée scolaire, il suivra une formation sur le cours Éthique et culture religieuse. »


Académie Kells (3 écoles à Montréal, Westmount)

« Ainsi, le cours d’éthique et de culture religieuse en est absent au 2e et au 3e cycle du primaire. Ainsi, la Commission estime que le programme d’éthique et de culture religieuse devrait être enseigné de façon distincte, et non intégré à d’autres disciplines. »


Académie Laurentienne (Val Morin)

« Par ailleurs, des corrections devront être apportées à certains aspects de son organisation pédagogique : deux disciplines artistiques devront être enseignées au primaire ainsi que le cours d’éthique et de culture religieuse. »

Même les bulletins doivent être uniformes et évalués selon l’approche par compétences dans les écoles privées du Québec :

« En ce qui concerne les bulletins, l’établissement contrevient à plusieurs prescriptions du régime pédagogique : notamment, toutes les disciplines prévues au régime pédagogique doivent être évaluées ; le libellé dans les termes usuels des compétences doit être utilisé ainsi que les pondérations établies par le Ministère. »


Académie Lavalloise (Laval)

« [l'école doit] respecter les orientations du programme d’éthique et de culture religieuse »


École Al-Houda (Dollard-des-Ormeaux, islamique)

« le directeur pédagogique [est le] seul à avoir participé au plan de formation en éthique et culture religieuse. »

L'école n'a pas vu son permis renouvelé, mais ce manque de formation du personnel enseignant n'en est pas apparemment la cause.


École communautaire Belz (Montréal, juive)

« Les enseignants n’ont reçu aucune formation particulière pour offrir le cours d’éthique et de culture religieuse, puisque les parents ont refusé d’y inscrire leurs enfants, et cette discipline n’est donc pas offerte. »


École privée Kinderville (Candiac, bilingue non subventionnée)

« Au 1er cycle du primaire, le programme d’éthique et culture religieuse n’est pas enseigné. »


École Sogut (Montréal, turque)

« soulignons, par ailleurs, que le bulletin proposé au secondaire n’utilise pas les formulations des compétences disciplinaires dans les termes usuels et que le programme d’éthique et de culture religieuse en est absent. »


L’École arménienne Sourp Hagop (Montréal, arménienne)

« Le programme d’éthique et culture religieuse n’est pas enseigné comme prévu ».




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Québec veut fermer une école juive trop religieuse

Radio Canada rapporte que « Québec menace de fermer l'Académie Yéchiva Toras Moché, une école de la communauté hassidique satmar de Montréal, parce qu'elle refuse d'enseigner plusieurs matières prévues au programme d'éducation. [Note du carnet : y compris le cours d'éthique et de culture religieuse.]

L'école, qui existe depuis les années 50 [depuis 1952], ne détient toujours pas de permis. Radio-Canada révélait l'an dernier qu'elle offre un enseignement presque exclusivement religieux à quelque 200 garçons, en contravention de la Loi sur l'instruction publique [Note à Radio-Canada : c'est une école privée, il s'agit plutôt du régime pédagogique et de la Loi sur l'enseignement privé]. »

Dans la requête déposée au tribunal par le Monopole de l'Éducation, on peut lire que des inspections effectuées en 2008 ont révélé de sérieuses lacunes.

« Parmi les matières qui doivent obligatoirement [pléonasme] figurer à la liste [...], seules les matières obligatoires langue d'enseignement et mathématique sont enseignées », peut-on lire dans le document.

Outre l'enseignement des matières obligatoires, le ministère déplorait le matériel pédagogique inadéquat et le nombre insuffisant d'enseignants qualifiés. C'est-à-dire des professeurs qualifiés du Québec (ou de l'extérieur et dont les diplômes sont considérés comme équivalents), or les Satmars ne fréquentent pas les facultés des « sciences de l'éducation » du Québec et ils n'acceptent pas d’enseignants provenant de l’extérieur de la communauté.

L'école refuse d'augmenter le nombre d'heures consacrées aux matières séculaires, affirmant que la charge de travail serait trop élevée. De plus, malgré le fait que le cours d’Éthique et de culture religieuse soit obligatoire depuis septembre 2008, l’établissement n’a pas l’intention de l’offrir. Par ailleurs, le calendrier scolaire, même s’il respecte le nombre de jours prescrits, n’accorde pas dix des treize congés dictés au régime pédagogique.

L'affaire sera probablement entendue en justice en octobre 2010. La direction de l'école a précisé qu'ils contesteront l'injonction en justice.





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France — Les écoles hors contrat se développent sans contrainte

Extraits d'un article de La Croix d'hier.


De nouvelles écoles sont créées un peu partout en France, à l'écart de l'éducation nationale, et sont souvent très peu contrôlées par l'État. [Note du carnet : un appel de la part de La Croix a plus d'uniformité et de contrôles ?]

Implanté à Bessay-sur-Allier, bourg de 1 500 habitants, le Cours Saint-Jean-Bosco accueille 21 élèves, de la grande section de maternelle au CM2 [5e année du primaire], réunis en trois classes. Cette école privée a été fondée il y a quelques années par un groupe de parents estimant que pas plus les établissements publics que les établissements catholiques sous contrat d'association avec l'État n'offraient de liberté de choix, s'agissant des méthodes pédagogiques et éducatives.

Ici, le travail en petits groupes offre « davantage de souplesse » et permet de porter aux élèves « une attention de tous les instants », assure Anne-Françoise de Solere, la directrice. On a opté pour la méthode syllabique d'apprentissage de la lecture, un temps bannie par l'éducation nationale, et on pratique abondamment l'analyse grammaticale. De même, plutôt que de fonctionner par cycles, on préfère « faire chaque jour un peu de chaque matière, en misant sur les vertus de la répétition ».

Si ces familles ont choisi de créer leur propre école, c'est aussi, souligne Anne-Françoise de Solere, qu'elles souhaitent « une continuité, sur le plan des valeurs, entre la maison et l'école ». Dans l'établissement sous contrat où elle enseignait précédemment, à peine deux professeurs sur dix étaient catholiques. « Je me sentais seule », confie-t-elle. Au Cours Saint-Jean-Bosco, au contraire, tout le monde, enseignants comme élèves, prend part à la prière du matin...

Un peu partout en France, des projets de ce type voient le jour. Difficile, cependant, de mesurer avec précision le phénomène. « Plutôt stable », avance-t-on au ministère de l'éducation sans donner de chiffres. « En progrès », assure-t-on à la Fondation pour l'école. « On compte - de la maternelle au baccalauréat - une quinzaine d'établissements hors contrat supplémentaires par an ; 460 écoles accueillent aujourd'hui un peu plus de 46 000 élèves », précise Anne Coffinier, la présidente de cette fondation reconnue d'utilité publique et qui œuvre en faveur du développement d'établissements « réellement indépendants ».

Pour voir le jour, ces écoles s'appuient sur la notion de liberté d'éducation : en France, l'instruction est obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans, mais les parents peuvent scolariser leur enfant dans l'établissement de leur choix, voire se charger eux-mêmes de transmettre les connaissances. « En matière de création d'écoles privées, la tradition française est extrêmement libérale », estime Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire. De fait, il suffit de procéder à une déclaration d'ouverture auprès du préfet, des autorités académiques et du procureur de la République, qui, le cas échéant, ont un mois pour s'opposer à la création de l'établissement. Le déclarant doit aussi indiquer, plans à l'appui, dans quels locaux ce dernier sera installé. Le maire, lui aussi, peut s'opposer au lancement de l'école, mais uniquement s'il juge les lieux non conformes en termes d'hygiène, de bonnes mœurs ou de sécurité publique. Pour le reste, souligne Bernard Toulemonde, « les contrôles interviennent a posteriori ».

« Effectués à l'initiative des inspecteurs d'académie, ils visent à garantir le droit de l'enfant à l'instruction, précise-t-on au ministère de l'éducation. Il s'agit notamment de s'assurer, en accord avec la loi d'orientation sur l'école de 2005, que les élèves maîtrisent en fin de collège le socle commun de connaissances. » D'autres contrôles s'attachent à vérifier la bonne conduite et la moralité des établissements, notamment l'absence de lien avec des groupes sectaires [Qu'est-ce qu'une secte ?]. Mais, comme le reconnaît un proche du ministre, ils ne sont pas réguliers. « Les inspections interviennent surtout lorsque l'établissement sollicite un contrat d'association avec l'État ou bien lorsqu'il y a plainte ou soupçon de dérive. »

[...]

Les partisans des écoles hors contrat préfèrent, eux, s'attarder sur « la grande diversité » de ces établissements. Certains attendent tout simplement d'avoir plus de cinq ans d'existence - le minimum requis - pour solliciter un accord d'association avec l'État. D'autres font clairement le choix de rester indépendants, souvent pour pouvoir transmettre des valeurs religieuses. « C'est le cas notamment de parents membres de nouvelles congrégations religieuses comme l'Emmanuel », note Anne Coffinier.

Pareille logique est à l'œuvre aussi dans la communauté juive. « La plupart de nos écoles sont sous contrat », explique Patrick Petit-Ohayon, directeur de l'action scolaire au sein du Fonds social juif unifié. « En plus des heures prévues pour chaque matière dans le programme de l'Education nationale, les élèves suivent, selon les niveaux, 4 à 8 heures d'enseignements juifs en plus. Mais certaines écoles fondées par des courants très orthodoxes préfèrent rester hors contrat et aller plus loin, en réduisant les enseignements généraux pour consacrer la moitié du temps de cours à des enseignements juifs, essentiellement l'apprentissage de l'hébreu et l'étude de textes de la Torah et du Talmud. Les parents font alors le choix de donner dans un premier temps à leurs enfants une culture majoritairement juive pour qu'ils puissent ensuite aborder la culture française et occidentale avec des éléments identitaires forts. »

D'autres écoles, elles, se construisent autour d'une pédagogie spécifique (Freinet, Montessori, etc.), parfois pour mieux prendre en compte les enfants surdoués ou ceux qui présentent des phobies scolaires. Il peut s'agir aussi de transmettre une langue et une culture, avec un enseignement bilingue. Cette diversité des écoles hors contrat se reflète aussi dans le montant des frais d'inscription, qui, d'après Anne Coffinier, s'échelonnent « de 70 € [90 $] par mois dans certaines écoles parentales à 1 000 € [1300 $] par mois dans certaines "boîtes à bac" ».

[...]




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jeudi 27 mai 2010

Super Pédago entend sourdre l’émergence des cultures nouvelles


Toute ressemblance avec des pédagogues français ou québécois serait purement fortuite.

Retrouvez Super Pédago sur Facebook et sur son carnet.




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mardi 25 mai 2010

Martineau et le conformisme actuel sur le climat

Richard Martineau revient dans un article sur « l'attitude religieuse » qui entoure le débat sur le climat. Attitude transmise aux écoliers.

Extraits :
Je citais une entrevue que le philosophe français Dominique Lecourt avait accordée au magazine Books :

« Ce qui est important dans la démarche scientifique, ce n'est pas le consensus, c'est la remise en question de ce qu'on accepte comme certitude, disait-il. Le consensus autour de la question du réchauffement climatique n'a rien de scientifique. Pourtant, ceux qui osent remettre ce credo en question se font traiter de fous. »

« C'est une attitude religieuse... »

Un mythe non fondé

Lecourt n'est pas seul dans son coin. De plus en plus de scientifiques osent penser à contre-courant.

C'est le cas de Serge Galam. Dans Les scientifiques ont perdu le nord, un essai publié chez Plon, ce physicien affirme qu'en science, l'unanimité n'est pas une preuve.

"La climatologie est une science jeune et pas du tout exacte, dit-il. L'effet de serre est bien plus compliqué qu'on ne le dit. Bien sûr que le CO2 y contribue, mais on ne parle quasiment jamais du méthane, de l'activité solaire, ni de la vapeur d'eau qui y contribuent encore plus...

« Derrière le consensus mis de l'avant par les militants verts, il y a le mythe d'une nature idéale, où la Terre débarrassée de l'homme aurait un climat qui ne bougerait pas. C'est faux. »

Seulement une hypothèse

Avant de lancer son livre-choc, Serge Galam a publié une lettre dans Le Monde qui a fait grand bruit.

« Que dit la science ? Elle constate à la fois un réchauffement et une augmentation de la quantité de CO2 dans l'atmosphère, un point c'est tout. Vouloir relier les deux constatations dans une relation de cause à effet n'a aucune base scientifique. Ce n'est qu'une supputation faite à partir de modèles limités qui laisse une grande place à la libre interprétation. »

Le géophysicien Jean-Louis Le Mouël partage le scepticisme de Galam. Pour lui, « le réchauffement du climat créé par l'homme n'est pas une vérité scientifique, mais une hypothèse, qu'il faudrait considérer et discuter comme telle ».

Même son de cloche du côté du géochimiste Claude Allègre, qui affirme que « les promoteurs de la thèse du réchauffement climatique apportent des réponses simplistes à un système complexe et prétendent prédire le climat dans cent ans, alors qu'on a du mal à obtenir une météo fiable à plus de trois jours... »

Toujours les mêmes

Je ne dis pas que ces scientifiques ont raison et que les écolos ont tort. Comment le pourrais-je? Je ne suis pas un spécialiste.

Je me demande seulement pourquoi on n'entend pas leur point de vue plus souvent.

[...]

Contrairement à ce que laissent croire les adeptes de la religion verte, ces hérétiques ne sont pas tous des coucous. Certains ont même plus de crédibilité scientifique que la plupart des commentateurs professionnels.

[...]

Malheureusement, aujourd'hui, on n'apprend plus le doute aux jeunes. On les gave de certitudes dès qu'ils ont l'âge de raison.


Voir aussi

ECR — « Une Vérité qui dérange » d'Al Gore en éthique.

ECR — obsession pour les amérindiens écologistes .

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne.





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Indice composite de l’apprentissage — Québec à la traîne

L’indice composite de l’apprentissage est une évaluation de l’état de l’apprentissage au Canada.

Produit par le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA), l’Indice composite de l’apprentissage (ICA) est l’évaluation annuelle de l’état de l’apprentissage tout au long de la vie au Canada. Il s’appuie sur une gamme d’indicateurs statistiques qui reflètent les nombreuses manières dont les Canadiens apprennent, que ce soit à l’école, à la maison, au travail ou au sein de la communauté.

L’évaluation de cet indice (sur 100) se base sur une analyse quantitative des quatre « piliers de l’apprentissage » établis par l’UNESCO :
  1. Apprendre à savoir :
    • Accès aux établissements d’apprentissage ;
    • Études universitaires ;
    • Poursuite d’études postsecondaires ;
    • Taux de décrochage au secondaire ;
    • Capacités de littératie des jeunes.

  2. Apprendre à faire :
    • Disponibilité de formation en milieu de travail ;
    • Participation à une formation liée au travail ;
    • Accès aux établissements d’enseignement professionnel.

  3. Apprendre à être :
    • Exposition aux médias ;
    • Apprentissage par la culture ;
    • Apprentissage par les sports ;
    • Accès aux ressources culturelles ;
    • Accès à internet à large bande passante.

  4. Apprendre à vivre ensemble :
    • Accès aux institutions communautaires ;
    • Bénévolat ;
    • Participation à des clubs sociaux et à d’autres organisations sociales ;
    • Apprentissage auprès d’autres cultures [facteur discutable, il défavorise les petites villes homogènes].

Voici les 5 grandes villes canadiennes qui se sont distinguées pour l’année 2010 :

Indice composite de l’apprentissage

Les premières villes québécoises, elles sont très loin dans le classement…
  • Gatineau : 19e sur 38
  • Québec : 29e sur 38
  • Laval : 33e sur 38
  • Longueuil : 34e sur 38
  • Montréal : 35e sur 38
  • Sherbrooke : 36e sur 38
  • Trois-Rivières : 37e sur 38
  • Saguenay : 38e sur 38
À l’échelle canadienne, voici comment se classe la province de Québec :

Indice composite de l’apprentissage

Voici comment se classe le Québec pour chacun des quatre « piliers de l’apprentissage » :

Indice composite de l’apprentissage

Source:
Conseil canadien sur l’apprentissage

Indice composite de l’apprentissage 2010 et Antagoniste




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« Je me sens porteur d’une certaine mission »
(rediffusion)

« Je me trouve extrêmement privilégié en ce moment, comme étudiant, d’être dans une époque qui est aussi charnière [...], d’en débattre, de discuter d'un cours comme celui-là et de devoir défendre ces visées-là, je me sens porteur d’une certaine mission », c’est en ces termes que s’exprime Marc-Olivier Toupin dans la séquence d’ouverture d’un reportage de Radio Canada.

Ce reportage est consacré au regard que portent sur le nouveau cours d'Éthique et de culture religieuse ceux qui devront l'enseigner à tous les enfants du Québec. Reportage bien sûr partial : il n'y aura aucune réplique aux opinions exprimées par les étudiants missionnaires alors que Radio Canada leur permet de répliquer aux propos des parents largement (76 %) opposés à l’absence de choix dans ce domaine et à ceux de M. Mario Dumont. On attendra en vain de la part de Radio Canada un reportage aussi complaisant et aussi long consacré aux regards de ceux qui sont opposés à ce nouveau programme imposé par le Monopole de l’Éducation.

Écoutez le reportage



Amusante, cette personne anonyme qui parle si longuement et qui nous décrit l’école comme lieu de savoir et non de croyances, sous entendu un savoir objectif, rien que du scientifique. Comme si l’éthique était un savoir objectif, même dans le meilleur des cas. Ne parlons pas de la forme adoptée dans un cours imposé dès l'âge de six ans ! Rappelons que l’éthique traite de savoir comment « bien agir », ce bien ne peut qu’être subjectif pour des gens qui chassent le religieux et le transcendant. Quant à l'aspect « culture religieuse », il sera le fruit d’une sélection qui, à nouveau, même dans les meilleures circonstances, ne peut qu'être subjective. Quelle place donner à cette doctrine, à ce fait historique, à cette légende amérindienne ? Pas une place proportionnelle au poids démographique des communautés religieuses actuelles au Québec, apparemment. Il y avait en 2001 moins de 1,6 % de musulmans, pratiquants et non pratiquants au Québec. Parlera-t-on de l'islam pendant 1,6 % du temps ? Et le judaïsme, la spiritualité amérindienne, chacun 1 ou 2 % ?

Selon un des étudiants interrogés « le danger pour le primaire, c’est pas que le cours se donne mal c’est que le cours ne se donne pas ». On apprend ainsi, un peu par la bande, ce qui se passera probablement dans les écoles primaires confessionnelles opposées à ce cours : grâce à la liberté pédagogique des professeurs qui trouveront sans doute qu’il leur manque du temps pour compléter l’enseignement du français ou des mathématiques, la matière ne sera probablement pas enseignée dans les faits, « faute de temps ». Nous avions posé la question ici au professeur Proulx en prenant l’exemple des mennonites de Roxton Falls, mais nous n’avions pas eu de réponse si ce n’est que les mennonites pouvaient se tourner vers les tribunaux s'ils n'étaient pas d'accord, alors que les mennonites conservateurs ne traînent personne devant les tribunaux. Comme le prof. Proulx, partisan de ce cours de culture religieuse, ne peut ignorer ce point fondamental de la doctrine mennonite, cette réponse était pour le moins surprenante. Il est possible que les partisans de ce cours obligatoire, comme le professeur Proulx, se soucient peu dans les faits des écoles primaires confessionnelles et qu’ils cherchent surtout à imposer ce programme à l’immense majorité des jeunes Québécois inscrits dans les autres écoles.

Il faut bien avouer à l’écoute de ces futurs enseignants qu’il est heureux que le plus grand danger ne soit pas que ce cours soit mal donné, car ces futurs professeurs sont parfois difficiles à suivre. Ainsi ce petit passage consacré à ce qui serait l’objectif du cours selon un de ceux-ci : « Ce cours-là est pas un cours où le jeune va être exposé à différentes visions du monde [bien sûr que si] et on va lui demander de choisir cette identité-là, choisis ton identité dans cette panoplie-là, non pas du tout ça va être de définir son identité ensemble et individuellement ? » Définir ensemble son identité ? Est-ce à dire d’être soumis à la pression du groupe et de se définir à travers « le dialogue » ?

Notez l’a priori relativiste d’un des étudiants : « L’important là-dedans c’est d’aller chercher un vocabulaire commun pour pouvoir dialoguer, dans le fond quand qué qu’on va regarder la culture religieuse, c’est pas pour trouver la meilleure voie, qu’est-ce qui est plus grand qu’un autre. Bon. Peu importe... C’est aller chercher qu’est-ce qui nous unit. Qu’est-ce qui est commun ? C’est seulement aller chercher un vocabulaire commun pour pouvoir dialoguer. » D'une part, ne pas s'intéresser à la meilleure voie semble quand même une lacune dans un cours consacré à l'éthique ou au « comment bien agir ». Mais on a compris, cette recherche du bien agir se fera dans le volet éthique, pas dans la partie descriptive des cultures religieuses. Dans cette partie-là, le but serait de rapprocher, de montrer que tant de choses nous unissent, de favoriser le dialogue, etc. Ou comme le disait le prof. Rousseau, partisan du nouveau cours, que les chrétiens prient en fin de compte le même Dieu que les musulmans. C’est bien ça ?

Et c’est cela « le savoir » selon ces enseignants missionnaires ? Uniquement ce qui rapproche, mais pas ce qui distingue ? Parce que cela pourrait empêcher le « dialogue »? Écouter à ce sujet ce qu’Alain Besançon disait sur le sujet : « Le rapport à Dieu des musulmans est radicalement différent de celui des chrétiens. » Quand on entend discourir les futurs enseignants de ce cours, on peut craindre qu'ils ne seront pas à la hauteur, que ce cours sera bâclé et qu'on ne fera passer qu’une bouillie pour chats relativiste.

Radio Canada nous soumet encore aux motivations d’une étudiante de 26 ans, partisane du nouveau cours obligatoire, et qui a visiblement conçu un ressentiment du fait d’avoir été obligée d’assister dans son enfance au cours de religion traditionnel. Elle devrait pouvoir comprendre ceux qui s’opposent au caractère obligatoire du nouveau cours. Mais non, apparemment pas. Elle déclare au micro comme elle a été « horripilée » par le cours de religion qui n’était qu’apprentissage par cœur et dogmatisme : il ne faut pas voler, il ne faut pas tuer. Sans jamais donner les raisons. On aurait alors voulu savoir en quoi le programme d’Éthique et de culture religieuse expliquera mieux aux enfants ces commandements qu’un cours de religion chrétienne bien enseigné et qui donnera des raisons. On ne le saura pas, Radio Canada a jugé bon de ne pas creuser.

« Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé. »
Nicolas Sarkozy
Discours au Latran
Jeudi 20 décembre 2007

Moldavie — 15 000 personnes manifestent pour le retour de la religion à l'école

Près de 15 000 personnes ont manifesté dans les rues de la capitale moldave, Chişinău (Kichinyov), le 8 mai, pour réclamer que des cours de religion soient ajoutés au programme scolaire.

De nombreux manifestants ont scandé des slogans rappelant que la religion continue d’être un élément clé dans l’identité de leur pays.

Le métropolite Vladimir, chef de l’Église orthodoxe moldave, a déclaré : « Nous voulons le retour de la religion à l’école après son exclusion par le régime totalitaire soviétique ».

L’Église moldave a demandé à ce qu’un cours de religion orthodoxe de base soit inclus dans le programme scolaire.

La manifestation du 8 mai a été la plus grande dans le pays depuis avril 2009 lorsque des protestataires prirent d'assaut le parlement à la suite de la victoire du Parti des communistes au pouvoir. Le Parti des communistes était accusé d'intimidation et de corruption au cours des élections qui venaient d'avoir lieu. Trois personnes perdirent la vie lors de ces troubles.

Aujourd’hui, 95 % des croyants en Moldavie sont orthodoxes.

L’Église orthodoxe de Moldavie constitue une Église autonome qui relève de l’Église de Russie, elle regroupe environ 1 300 paroisses et constitue la confession la plus importante de Moldavie.

Des représentants de l'Église orthodoxe de Bessarabie, sous la responsabilité de l’Église roumaine, et de sa concurrente de l'Église orthodoxe de Moldavie, qui dépend de l’Eglise russe, ont rencontré le premier ministre Vlad Filat pour demander l'organisation d'un référendum sur la question.




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