mercredi 16 juin 2010

La mère aux commissaires : « Qu'est-ce que ça vous prend comme préjudice grave ? »

Le conseil des commissaires de la Commission scolaire des Sommets (CSS) s'est réuni hier à Magog. Il a de nouveau refusé des demandes d'exemption du cours d'éthique et culture religieuse (ECR) au cours de son assemblée de ce mardi 15 juin 2010.

Trois familles du territoire de la CSS avaient demandé une exemption pour leurs enfants. Dans chacun des cas portés à l'attention des commissaires, la majorité d'entre eux a jugé que les parents n'avaient pas fait la preuve que des « préjudices graves et personnels » avaient été causés.

Notons tout d'abord que l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique (LIP) ne parle nullement de devoir prouver qu'un préjudice grave a été causé, mais qu'on en craint un et qu'on cherche à l'éviter  :
Pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d'un élève, d'un élève majeur ou d'un directeur d'école, l'exempter de l'application d'une disposition du régime pédagogique.
Présente à l'assemblée d'hier, une des mères concernées par ces décisions, Brigitte Meunier, a affirmé qu'elle considérait « absurde » la réponse obtenue compte tenu de la situation vécue avec son seul enfant inscrit au cours d'éthique et de culture religieuse.

Depuis son cours ECR, il refuse désormais d'aller à l'Église

« Je ne sais pas ce que ça prend pour qu'il juge que des préjudices sont causés. Mon enfant est rebellé en ce moment », a-t-elle déclaré à La Tribune après qu'elle eut quitté la salle.

En effet, le fils de Mme Meunier refuse catégoriquement de venir à l'église et de parler ou de voir les personnes de l'église qu'il connaît depuis qu'il est petit, en plus de se mettre à désobéir de différentes autres façons. Depuis quand ? Depuis qu'il a fait un projet en ECR sur le thème « les parents peuvent-ils obliger leurs enfants à aller à la messe » ! Voir la mise en contexte de ce projet !
Extraits de l'intervention de Madame Meunier

Nous avons trois enfants. Nous voyons ce que ce cours apporte de négatif dans notre vie à la maison. Notre fils aîné suit présentement ce cours en secondaire IV. Dans un travail pendant ce cours, il avait à se mettre dans la peau d’un avocat qui travaille en droit familial. Il doit défendre un jeune de 13 ans qui se demande si ses parents ont le droit de le forcer à assister à la messe.

Depuis qu’il a fait ce travail, il refuse de venir à l’église avec nous et ne veut plus voir les gens qui viennent à l’église. Maintenant, il nous dit que nous sommes de mauvais parents parce que c’est à cause de la religion que nous lui interdisons des choses aussi banales que de limiter le temps qu'il surfe sur Internet par exemple. C’est très difficile de le voir agir comme ça avec nous. Pourtant, d’autres parents pourraient établir les mêmes règles et ce serait correct parce qu’ils ne vont à aucune église ! Mais le pire dans tout cela c’est qu’il ne croit plus en Dieu et ne veut plus rien savoir de Dieu. Ils traitent les croyants d’hypocrites. Nous avons perdu le privilège de pouvoir parler avec notre enfant, car il s’est fermé à nous. Si nous ne pouvons pas forcer notre enfant à venir avec nous à l’église pourquoi avez-vous le droit de le forcer à suivre ce cours ?

Notre fille qui était en secondaire II l’an passé a dû de s’inventer un dieu en classe d'ECR. Elle n’a pas fait cet exercice. Il n’y a plus de morale quand tout devient correct selon ce que chaque personne pense.
« Dialogue » verrouillé

Outre les quelque vingt-cinq commissaires et observateurs de la CSS, près de 45 personnes se trouvaient dans la salle. Après les témoignages des parents qui demandaient l'exemption, l'assistance a eu le droit de poser des questions à ces mêmes parents, la seule occasion où il leur était permis de parler. Personne ne voulait poser de questions à ces parents éprouvés. Plusieurs témoins ont également dit connaître ces parents et ont déclaré n'avoir rien à demander à ces gens dont ils partageaient les inquiétudes, ils attendaient le déroulement de la séanece pour voir ce qui allait se passer et alors poser des questions. Pour un des jeunes hommes témoins des délibérations, le moment avait était choisi « par les commissaires-en-chef de façon à ce que notre droit de parole ne puisse pas être exploité pour défendre les parents. »

Les commissaires se sont bien gardés de permettre aux membres du public de s'adresser directement à eux, les commissaires, et de leur poser des questions ou de leur apporter d'autres témoignages. Quand un des commissaires favorables aux parents a voulu parler à ce moment, le président du conseil lui a demandé de s'abstenir de commentaires, la parole étant au public et les commissaires étant tenus à la neutralité !

Par la suite, tout au long de la soirée, à chaque fois qu'une personne a voulu intervenir, elle s'est vu demander de se taire, car elle n'était pas inscrite au préalable sur le rôle ! À plusieurs reprises, le président du conseil a cependant répété que l'assistance avait eu, à un moment donné, un droit de parole...

Réunion expéditive : il faut respecter la nature obligatoire du cours

Après ces témoignages, les « commissaires en chef » ont décidé de tenir une réunion à huis clos. Toute l'assistance a été obligée de sortir pendant une quinzaine de minutes. Le journaliste de la Tribune présent sur place nous a confié qu'il n'avait jamais vu une réunion de la CSS se dérouler de manière aussi expéditive et les commissaires être autant sur la défensive.

Avant de procéder au vote, un des commissaires a avoué qu'il était très favorable au cours ÉCR jusqu'à la fin de la semaine passée. Mais qu'au moment où il voulait se rendre à une messe à l'occasion du premier anniversaire du décès de sa grand-mère avec toute sa famille, sa fille (une adolescente qui aime bien le cours) a refusé de se joindre à eux, reniant les valeurs que sa famille lui avaient transmises. Refus maintenu même devant la peine de l'époux de la défunte, le grand-père encore vivant. Cela n'empêchera pas ce commissaire de voter contre l'exemption, pour des raisons « légalistes » comme nous l'expliquerons ci-dessous.

Ensuite vint le vote : dix (10) commissaires ont décidé que les parents n'avaient pas su les convaincre qu'il y avait dans leur cas un préjudice grave personnalisé, cinq (5) pensaient le contraire. Plusieurs commissaires tentèrent de justifier leur décision en s'en remettant au gouvernement, le gouvernement leur dictant leur conduite selon eux. C'est ainsi qu'un des commissaires a déclaré que plusieurs d'entre eux, à la lumière des témoignages d'un certain nombre de parents et de professeurs, n'étaient pas à l'aise face à ce cours mais, malgré ce fait, ils ne pouvaient pas légitimement voter contre l'imposition du cours ÉCR alors que celui-ci faisait partie des matières obligatoires du régime pédagogique... À quoi sert le droit d'exemption alors ?

L'auditoire était outré.

Proposition rejetée

Afin de résoudre le problème que représentent pour la commission les demandes d'exemption du cours d'ECR, un commissaire de la CSS, Stéphane Fillion, a fait une proposition lors de la réunion. Elle a été rejetée par dix commissaires contre six.

M. Fillion proposait qu'on permette d'exempter les enfants cette année dont les parents s'engageraient à obtenir l'avis d'un professionnel sur les préjudices que subiraient les enfants à cause du cours d'ECR.

Une autre commissaire, Réjeanne Miliot, a déclaré qu'il était trop tôt pour approfondir le débat entourant le cours. « Je veux qu'on attende la décision de la Cour suprême » a-t-elle soutenu. Il y aurait donc incertitude, mais même avec ce doute il ne lui est pas apparu sage d'être prudente et de balancer du côté de la prévention d'un préjudice potentiel.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Des enseignants veulent nous rendre Jean Charest sympathique...

Des enseignants — non contents de voir le Monopole de l'Éducation annoncer l'embauche de plus de 3 000 nouveaux enseignants pour faire baisser le taux enseignant/élève sans aucune preuve que cela améliorera les résultats — se sont fendus d'une adaptation lancinante de Dégénérations en alignant quelques couplets sur la Grande Noérceur mythifiée qui serait de retour, de clichés jargonneux (« reconnaître nos compétences » et « accès à l’enseignement »), de quelques piques stéréotypées contre l'Église catholique, le tout assaisonné de rimes pauvres.

Veulent-ils, par leurs vers de mirliton et leurs voix monotones, nous faire aimer Jean Charest et le Monopole de l'Éducation qui n'a pas encore cédé à leurs moyens de pression ? Cela ne marchera pas !



Des générations…

Nos arrière arrière grand-mères enseignaient pour une prière
Nos arrière grand-mères enseignaient pour des cennes noires
Et puis nos grand-mères, en s’mariant perdaient leur carrière
Mais nos mères se sont battues pour que nos droits soient reconnus.

Et puis toi, Jean Charest, tu veux nous ramener en arrière
Tu refuses de reconnaître nos compétences, not’ savoir-faire
Attention mon ami, tu vas voir qu’les temps ont changé
On n’est plus des missionnaires... On mérite pleinement not’ salaire.

Nos arrière arrière grand-parents allaient dans des écoles de rang
Nos arrière grand-parents allaient pas à l’école souvent
Et nos grand-parents, lâchaient l’école avant 12 ans
Mais nos parents se sont battus pour notr’ accès à l’enseignement.

Et pis toi, Jean Charest, tu veux qu’le peuple soit ignorant
En coupant tous les services tu abandonnes plusieurs enfants
Attention mon ami, la grande noirceur est bien finie
On r’viendra pas à Duplessis... L’école publique est bien en vie!

Nos arrière arrière grand-pères travaillaient fort sur la terre
Nos arrière grand-mères, c’était l’ménage pis les tourtières
Et nos grand-parents, écoutaient les curés tout l’temps
Mais nos parents s’sont révoltés pis not’ vie s’est améliorée.

Sauf que toi, Jean Charest, tu gouvernes seulement par décrets
Tu coupes les services publics, seuls tes amis reçoivent du fric
Attention mon ami, l’éducation pis la santé
On t’laissera pas les enterrer... C’est le coeur de not’ société.

Chorale et coeur [sic! écrit tel quel dans le PDF que nous avons reçu...] : L’équipe de l’école alternative Rose-des-Vents
Paroles : Marie-Josée Latour (enseignante)
Sur l’air de Dégénérations (avec l’aimable autorisation du groupe Mes Aïeux)
Programmation et mixage : Serge Lacasse





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Classique en anglais remplacé par une bande dessinée et un film émouvants et pro-gays

C'est la fin de l'année scolaire, un père nous informe du soulagement de sa fille à ne plus avoir à étudier la bande dessinée « Predo & Me » en cours d'anglais de secondaire IV. L'auteur, Judd Winick, y raconte comment lors d'une émission de télé-réalité en 1992, Real World 3, San Francisco, il a fait connaissance avec un jeune gay séropositif d'origine cubaine, Pedro Zamora. Activiste engagé dans la prévention du sida, Pedro devient l'ami de Judd. À travers cette amitié, ce dernier va prendre conscience de son ignorance de la maladie. Tout au long de la bande dessinée, l'homosexualité est banalisée et présentée de manière favorable. Le « mariage » homosexuel est également présenté comme normal (même s'il n'est pas reconnu en Californie !)

La classe a également été soumise au visionnement obligatoire en classe du film tiré de cet opuscule.

Le classique « Lord of the Flies » de William Golding était initialement prévu au programme (320 pages à lire sans images !) Ce dernier a été retiré de façon à faire place à la bande dessinée « Pedro & Me » et au film émouvant correspondant.

Ça se passe au Collège français de Longueuil en secondaire IV.






Plus d'images tirées de l'album ci-dessous.

L'instruction à la maison serait « antidémocratique » selon un éditorialiste du Devoir

Louis Cornellier (ci-contre) [1], [2], arbitre des essais québécois dans les colonnes du Devoir du samedi, pense que 1000 élèves instruits à la maison par leurs parents, c'est trop. Ils doivent aller « à l’école, comme tout le monde ».

Cornellier n'hésite pas à écrire que « scolariser son enfant à la maison est un geste antisocial, antidémocratique ». Antisocial ? De quel genre de socialisation bénéficient les enfants dans certaines écoles où ils sont confrontés à la drogue, la violence, où l'enseignement ou l'atmosphère sont démotivants et poussent au décrochage ? De quel type de socialisation peut-on parler quand l'école doit « ébranler la suffisance identitaire » des enfants ou doit viser à déstabiliser les systèmes absolutistes de croyance des parents et des élèves ?

Cela est sans importance pour le chroniqueur du Devoir : être instruit à la maison « prive[rait] les enfants d’une expérience sociale nécessaire à la vie en démocratie. L’école, c’est aussi pour apprendre à vivre avec les autres, avec ceux qui ne sont pas comme nous ; c’est aussi pour apprendre à respecter un cadre institutionnel qui ne fait pas toujours parfaitement notre affaire, mais sans lequel toute société démocratique s’effondrerait. » On en reste aux grandes déclarations de principe habituelles pour priver les gens de choix : il faut tous vivre ensemble sous le regard jaloux de l'État en suivant tous un même programme scolaire pour apprendre à vivre ensemble...

Malheureusement pour Corneiller, il n'existe aucune preuve que cette privation de liberté et de choix est nécessaire : le Québec est depuis des siècles une société accueillante et pacifique (voir le rapport du professeur Gary Caldwell) sans ce monopole complet de l'État souhaité par le chroniqueur jacobin du Devoir.

Admirons aussi le détournement du sens de « démocratie », il ne s'agit plus ici de laisser le peuple décider, mais de supprimer le libre-choix et d'appeler cette absence de choix, cette uniformité liberticide, cet étatisme généralisé, un geste « démocratique ». La démocratie ce serait paradoxalement l'absence de choix !

Louis Corneiller utilise, comme raison pour condamner l'instruction à la maison, la grosse ficelle habituelle : se concentrer sur quelques enfants d'une secte éduqués à la maison. En effet « En 2006, une enquête de Radio-Canada révélait que les résultats obtenus par les enfants scolarisés à la maison sur le territoire des Samares » où se trouvaient les enfants de la secte de l'Esprit-Saint. Apparemment, ces résultats étaient désastreux. On en fait grand cas. Belle généralisation. Faudrait-il restreindre le droit de tous les parents parce que certains parents sont irresponsables ?

Louis Corneiller, professeur de littérature au Cégep régional de Lanaudière, ne maîtrise d'ailleurs pas très bien le sujet quand il déclare que « les enfants doivent tout de même passer des évaluations annuelles visant à vérifier si l’enseignement reçu respecte les normes nationales. Or, nous apprend le reportage de La Presse, certains parents gardent leurs enfants à domicile, ne les envoient pas passer les évaluations de la commission scolaire et n’encourent aucune sanction. Un vrai scandale. » M. Corneiller pense qu'« évaluation » signifie uniquement évaluation faite à la commission scolaire, or ces évaluations peuvent être faites par des tiers et acceptées par la commission scolaire sans que l'enfant passe les examens de la commission scolaire. Les parents peuvent même apporter l'ensemble des travaux effectués par leurs enfants à la maison (ce qu'on nomme le « portefeuille ») et c'est sur la base de ce portefeuille que l'évaluation se fait.

Source : L'Action

Voir aussi Les enfants instruits à la maison aux États-Unis réussissent mieux que ceux des écoles publiques

Étude Quinze ans plus tard : les adultes canadiens diplômés de l'école-maison, 2009, par Deani A. Neven Van Pelt, Ph. D., Patricia A. Allison, M. Éd., Derek J. Allison, Ph. D.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mardi 15 juin 2010

Cours d'ECR : les enseignants « marchent sur des œufs »

Le Devoir publie un article intéressant sur la réception du cours ECR. Il est cependant incomplet, car la journaliste ne rapporte, par exemple, les impressions d'aucune institutrice du primaire. Or celles-ci doivent toutes enseigner ECR et nombreuses sont celles qui s'y opposent, se sentent mal à l'aise de l'enseigner ou préfèrent aborder d'autres matières qu'elles considèrent comme plus importantes (voir les allocutions sur ce sujet lors d'un colloque l'ACFAS et d'une conférence du « Politburo » du MELS).
[...] Enseignant de philosophie dans les cégeps puis d'histoire et du cours d'Enseignement moral et religieux au secondaire, Jacques Tobin reconnaît d'emblée le potentiel explosif d'un tel cours. La politique, la religion et le sexe, susceptibles de se retrouver dans son contenu, sont trois thèmes qui sèment la chicane au Québec, croit ce médiéviste et théologien de formation. « Il y a des éléments du programme qui sont très chargés émotionnellement et existentiellement », note cet enseignant du cours d'ECR à l'école secondaire Marguerite-De Lajemmerais, une école publique réservée aux filles dans l'est de Montréal.

Aborder les questions des menstruations ou de la séduction devant un auditoire plutôt multiethnique lui a valu des reproches de ses élèves qui l'ont sommé de se mêler de ses affaires. Et M. Tobin a suscité de plus vives réactions encore à la présentation du film C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée, dont il s'est servi pour parler de l'homosexualité et des valeurs du Québec dans les années 60-70-80. « Deux gars qui s'embrassent, c'était pour elles "dégueulasse" », a raconté M. Tobin, en admettant avoir reçu quelques appels téléphoniques de parents.
Malheureusement, la journaliste du Devoir ne dit pas ce que ce professeur a répondu à ses élèves quand elles ont manifesté leur dégoût pour l'homosexualité. « Neutre » s'est-il tu ou leur a-t-il fait, subtilement ou non, la leçon sur leur devoir d'ouverture envers les homosexuels et l'homosexualité ?
Traiter des questions religieuses dans un tel contexte plurireligieux est encore plus délicat. Il s'est heurté à de fortes réticences lorsqu'il a présenté en classe le récit d'Adam et Ève, comme un mythe fondateur. « J'ai souvent affaire à des Haïtiennes qui sont "évangélicales". [...] Ce qui anime leurs Églises, c'est une conception fondamentaliste des textes sacrés. C'est la même chose chez mes élèves musulmanes. Elles croient qu'on descend d'Adam et Ève alors que je leur dis que c'est de la pure littérature », souligne l'enseignant de 62 ans qui est à quelques jours de la retraite. « Je suis devant une morale fondamentaliste qui est sexiste et homophobe. Imaginez la confrontation. »
Est-ce que ce professeur est vraiment neutre quand il dit que des récits religieux sont « pure littérature » ? Est-ce là la posture professionnelle demandée par le Monopole de l'Éducation (même dans les écoles confessionnelles) ?
Jeune enseignant d'ECR à l'école Louis-Philippe Paré, à Châteauguay, Vincent Morissette n'a pas une telle hétérogénéité dans ses groupes-classes de 4e secondaire. Mais il reconnaît néanmoins devoir user de beaucoup de prudence. « Quand tu parles d'une religion qui n'est pas la tienne, tu as l'impression de constamment marcher sur des œufs », soutient-il. « Tu ne veux pas trop faire d'activités que les jeunes pourraient mal interpréter. Je me demande parfois si je vais avoir le coup de fil d'un parent qui pense que je vais endoctriner leur enfant. Au jeu du téléphone arabe, on ne sait jamais ce que les parents peuvent interpréter », a-t-il ajouté.
Est-ce que les parents peuvent assister au cours ECR de leurs enfants à l'improviste ?
Un cours pluraliste

Jacques Tobin donne partiellement raison aux parents qui craignent que le cours d'ECR ne contribue à un certain égarement de la foi de leur enfant. « Le cours nous plonge dans le pluralisme. Mais avec raison », a indiqué l'homme qui milite pourtant dans le camp de la laïcité « tout court » aux côtés de la députée Louise Beaudoin et du sociologue Guy Rocher.
Des militants laïcistes qui enseignent le programme ECR appuieraient donc l'imposition du cours ECR...
Mais le cours a un contenu factuel et n'est pas basé sur des croyances ou du prosélytisme, tient à dire M. Tobin.
Le programme ECR ne prescrit quasiment aucun contenu factuel, mais il impose l'ouverture et le dialogue, car « la pratique du dialogue mène à l’adoption d’attitudes et de comportements favorables au vivre-ensemble ».

Il est vrai qu'aucun prosélytisme religieux en tant que tel ne devrait être avoir lieu, mais on peut raisonnablement prétendre que le cours n'est pas sans a priori « multiculturalistes » ou même agnostiques. Pour un philosophe comme Georges Leroux qui défend l'imposition du cours ECR, l'État doit viser à déstabiliser les systèmes absolutistes de croyance des parents.
Au risque de tomber dans les clichés au-delà desquels bien des enseignants n'osent s'aventurer. « On étudie les rites funéraires, les fêtes, les valeurs des religions, de quelle façon un [chrétien ?] orthodoxe croit à Jésus, par exemple. On ne leur fait pas faire de réflexions si profondes sur la foi. »

Cela ne l'empêche pas de trouver le contenu de ce cours « qui veut plaire à tout le monde » beaucoup trop « frileux », car il ne propose pas l'option agnostique ou athée.
C'est faux : l'athéisme est au programme des deux dernières années du secondaire:
L’existence du divin

– Des critiques et des dénonciations : l’athéisme, l’idée de l’aliénation religieuse chez Marx, Freud et Sartre, l’idée de la mort de Dieu chez Nietzsche, etc.

(Programme ECR pour le secondaire, p. 543)

En outre, on l'aborde bien dans le matériel didactique utilisé.
« On a peur des parents catholiques, du lobby musulman, juif et des autres grandes religions qui se protègent. Le pluralisme, ça fait peur à pas mal de monde, et l'athéisme est perçu encore par beaucoup de monde comme quelque chose de négatif. Mais, en bout de ligne, mes élèves qui sont athées n'ont rien », a-t-il déploré. M. Tobin affirme néanmoins jouir, à l'instar de ses collègues qu'il respecte, d'une certaine liberté dans le choix des sujets et dans la façon dont il choisit de les traiter. Chacun fait à son idée.
Ce n'est guère rassurant pour les parents.
Pour sa part, Vincent Morissette consacre beaucoup de temps de cours à déboulonner des mythes et des préjugés.
On aimerait bien savoir lesquels ! En matière de comportements sexuels, par exemple, les préjugés homophobes des uns est la loi naturelle des autres. Tous les préjugés sont-ils d'ailleurs mauvais ? Peut-on même penser sans préjugés, sans hypothèses et principes encore non démontrés ? André Gide disait pour sa part que « les préjugés sont les pilotis de la civilisation »...
« Le but du cours d'ECR, et plus particulièrement du volet "culture religieuse", c'est de s'ouvrir sur l'autre. C'est un défi, on ne va pas s'en cacher », note le jeune homme qui constate que le cours plaît à bon nombre d'élèves.

Certes, le cours est perfectible. Et de l'avis de M. Tobin, sa plus grande lacune est le manque d'encadrement des professeurs, qui devant une telle étendue de contenu et de compétence à évaluer, sont parfois bien démunis[ :] « La formation, il faut insister, est déficiente. Il n'y a pas de budget. [...] Et dans un contexte où le débat sur les accommodements raisonnables n'est pas terminé, ils ont de vraies patates chaudes dans les classes », a-t-il assuré.
Faut-il comprendre que, lorsque ce débat sera terminé, les professeurs « neutres » connaîtront mieux ou pourront mieux appliquer la ligne gouvernementale à suivre dans ce cours qui ne ferait qu'exposer des faits de manière objective ? Hmm.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

lundi 14 juin 2010

France — baisse du niveau des élèves en mathématiques

La baisse du niveau en mathématiques des élèves français est avérée, tant par les comparaisons internationales que par les statistiques du ministère. Entre 2003 et 2006, la France est le pays de l'OCDE qui a le plus régressé pour les performances mathématiques de ses élèves de 15 ans. Pire, une étude de la Direction de l'évaluation et de la prospective du ministère de l'Éducation nationale a comparé des élèves de CM2 [5e année du primaire] à vingt ans de distance, promotion 1987 et promotion 2007 : le score moyen en mathématiques a baissé de sorte que 80 % des élèves de 2007 ont un score inférieur au score de l'élève moyen de 1987 ; ils sont 32 % à se situer au niveau des 10% les plus mauvais de 1987, et seulement 4 % à atteindre le niveau des 10% les meilleurs de 1987.

Pour Rudolf Bkouche, professeur émérite à l'université Lille-I, ancien professeur de mathématiques, qui a participé, en 2006, à l'ouvrage collectif Les Programmes scolaires au piquet (Textuel), « la baisse de niveau est déjà ancienne et s'explique parfaitement par l'évolution des programmes. Les élèves font de moins en moins de démonstration. En primaire, on retarde l'apprentissage de notions fondamentales, on diminue la part du calcul mental, et l'on adapte l'enseignement des mathématiques à l'usage de la calculatrice et de l'outil informatique. » Et les conséquences sont accablantes : « Aujourd'hui, un élève qui n'a pas mention bien à son bac S [D.E.C spécialisé en sciences] n'a pas un niveau correct en mathématiques. »

Un des principaux sujets de débat, lors de la réforme du primaire lancée par Xavier Darcos, concernait l'apprentissage des quatre opérations fondamentales, addition, soustraction, multiplication et division. Rudolf Bkouche, avec le Groupement de recherche interdisciplinaire sur les programmes (Grip), était de ceux qui plaidaient pour un apprentissage précoce, tel qu'il se pratiquait avant 1960. Le ministre avait dû reculer, concernant la division, qui sera abordée au CE2 [3e année du primaire] (les programmes de 2002 retardaient son apprentissage au CM2, soit deux ans plus tard).

Mais ce sont les méthodes qui sont essentiellement au cœur de la polémique. Les programmes de 2008 étaient accusés, notamment par Roland Charnay, formateur à l'IUFM de Lyon et coauteur des programmes de 2002, de « privilégier le seul entraînement» et donc «d'affaiblir la compréhension » [comprendre les fameuses compétences socioconstructivistes]. Au Grip, on estime au contraire que « demander aux enfants de construire eux-mêmes les savoirs mathématiques, cela s'apparente à du jeu de piste, pas à une démarche scientifique ».

Source : Le Figaro




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Ethics and Religious Culture: Why the Fuss?

Douglas Farrow is professor of Christian Thought in the Faculty of Religious Studies and Director of the recent project on Religion, Pluralism, and Public Policy at McGill. His lecture Ethics and religious culture: why the fuss? explores the interface between religious dialogue and public discourse in Canada on matters of ethical concern.

Listen to his lecture (1h27min):




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mercredi 9 juin 2010

Royaume-Uni — une loi draconienne contre les droits parentaux évitée pour l'instant

Le gouvernement britannique a dû abandonner la section se rapportant à l’éducation à domicile, dans son projet de loi Children, Schools and Families (CSF), juste avant la fin de la session parlementaire, et le déclenchement d’élections générales qui ont eu lieu le 6 mai dernier.

Selon un communiqué de presse de Freedom for Children to Grow, une prise de conscience politique majeure s’est produite cette année parmi les parents-éducateurs en Grande-Bretagne. Ils ont rapidement compris l’importance de parler à leur député. L’automne dernier, des centaines d’enfants et de parents ont exposé leur situation à leur député, dans un effort de lobbying à grande échelle des membres du parlement. Le 8 décembre dernier, des pétitions contre la législation proposée provenant de 331 circonscriptions ont été présentées au Parlement. Annette Taberner, membre du conseil d’administration d’une association, déclare : « En tant que communauté, nous sommes maintenant beaucoup plus conscientisés et actifs politiquement et nous ne retournerons pas à nouveau dans la complaisance. »

Ces derniers mois, ce projet de loi (comprenant une clause importante sur l’éducation à domicile) avait franchi plusieurs étapes en vue de son adoption par le Parlement britannique. Les nouvelles mesures limitaient sérieusement la liberté des parents à diriger l’éducation de leurs enfants et constituaient un bouleversement important pour les familles anglais qui instruisent leurs enfants à la maison.

Le projet de loi exigeait que tous les parents fassent une demande pour obtenir la permission d’éduquer leurs enfants à domicile. Ce projet établissait également un système de suivi compliqué et donnait beaucoup de pouvoir aux administrations scolaires et à l’État. Les autorités locales pouvaient ainsi révoquer l’inscription d’une famille qui fait l’école-maison pour différents motifs, notamment pour un « manque de collaboration » et dans l’éventualité où l’administration en place jugeait que l’éducation à la maison était préjudiciable au bien-être de l’enfant. Ce projet de loi aurait aussi permis d’instaurer des visites pour déterminer si l’éducation était appropriée pour les enfants. Une partie importante de la formulation même du projet de loi présentait l'instruction à la maison sous un jour suspect.

Le Family Education Trust, une organisation en Grande-Bretagne, qui publie et effectue des recherches sur des aspects en lien avec la famille déclare : « Les familles qui font l’école-maison ne font habituellement pas la distinction entre l’éducation et la vie familiale, les deux sont étroitement liées. C’est pour cette raison que plusieurs familles sont mal à l’aise avec ce que l’on voulait établir. Elles ont l’impression que leur vie familiale aurait été contrôlée, et que leurs enfants auraient été plus surveillés que ne le sont les enfants qui fréquentent l’école. »

Selon ce même organisme, « il n’y a pas d’utilité à l’inscription et au système de contrôle préconisés par ce projet de loi. Le cadre légal actuel respectent les traditions juridiques britanniques et les droits de l’Homme sur le plan international, et prend suffisamment en considération les responsabilités des parents, la vie privée de la famille ainsi que les droits de l’enfant. »

Ce projet de loi est le résultat du Rapport Badman de juin 2009 dont toutes les recommandations avaient été acceptées par le premier ministre britannique. Selon la HSLDA, la Grande-Bretagne n’est que le premier pays à expérimenter les répercussions de l’adoption de la Convention relative aux droits des enfants des Nations-Unis. Des lois qui réduisent les droits des parents en rapport avec l’éducation de leurs enfants sont une conséquence logique de l’application de ce traité international.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

lundi 7 juin 2010

Les Français veulent bénéficier d’un véritable choix pour l’école de leurs enfants.

Des solutions innovantes sont littéralement plébiscitées par les Français :
  1. 74 % des Français (échantillon représentatif de 1287 personnes, sondés par l’IFOP) pensent que l’échec scolaire diminuerait si l’État encourageait la diversification des types d’écoles accessibles à tous (différentes pédagogies et styles éducatifs variés).

  2. 87 % des personnes interrogées sont favorables à ce que les directeurs d’établissement scolaires aient des pouvoirs renforcés en matière de discipline, d’organisation des enseignements et de gestion de l’équipe des professeurs dans leur établissement.

  3. 81 % des personnes interrogées estiment que le directeur d’un établissement scolaire doit avoir la possibilité de recruter son équipe de professeurs par rapport à un projet éducatif bien défini pour disposer d’une équipe professorale soudée autour d’objectifs partagés par tous.

  4. 81 % des personnes interrogées sont d’accord pour dire que « seules les familles plutôt aisées ont la possibilité effective de choisir l’école dans laquelle leur enfant sera scolarisé ». Les ouvriers sont même 85 % à trouver que le choix de l’école n’est effectif en France que pour les familles plutôt aisées.

  5. 74 % des personnes interrogées souhaitent que l’Etat mette en place un système pour permettre à chaque famille de financer la scolarité de ses enfants, quel que soit l’établissement choisi. Il était précisé dans le sondage que « ce système pourrait être un bon scolaire, un ticket scolaire, un chèque éducation ou un crédit d’impôt. »

  6. Ils sont même 84 % chez les ouvriers et 85 % chez les sympathisants de gauche a vouloir la mise en place d’un tel système de financement de la scolarité pour toutes les familles.

  7. 65 % des personnes interrogées sont favorables à ce que l’ensemble des établissements scolaires publics et privés soit évalué par une agence indépendante incluant les différents acteurs de l’éducation, pour que les parents disposent d’une meilleure information.

Téléchargez le dossier de presse (90 ko)

Téléchargez le sondage IFOP (3 Mo)





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)