vendredi 11 juillet 2008

Devoir d'apologétique de Georges Leroux au sujet du cours d'éthique et de culture religieuse

Dans un de ses derniers « devoirs de philo », le Devoir donnait la parole au philosophe Georges Leroux pour qui le philosophe anglais John Locke aurait encouragé l'adoption du cours d'éthique et de culture religieuse. Rien de moins.

Citons d'abord le passage où Georges Leroux s'avance de la sorte :
Le rapprochement peut surprendre, mais dans la mesure où un cours comme « Éthique et culture religieuse » n'est possible que si la laïcité est acquise, il suppose une forme de tolérance. La laïcité exige en effet une séparation radicale de la sphère du religieux et de la sphère de l'État.

On peut dire qu'un État qui offre à ses citoyens la possibilité de connaître le pluralisme religieux ne peut le faire que s'il leur propose cette connaissance dans un espace qui est laïque et pour des raisons qui ont à voir avec le mieux-être de la société: il ne saurait la proposer pour leur salut éternel ou pour leur bien-être spirituel, car ces finalités dépendent, comme Locke le soutenait, de la liberté individuelle privée.

Si l'État proposait la connaissance des religions dans un espace confessionnel, même en suivant un modèle « communautarien », il romprait avec le principe de la séparation des pouvoirs, il introduirait la confessionnalité dans la sphère civile et étatique.
Comme le signale Roger Girard « Contrairement à la majorité des articles offerts dans le cadre du « Devoir de philo », le présent article laisse un arrière-goût de plaidoyer justificateur. »

Notons d'emblée deux paradoxes :
  1. George Leroux utilise un argument d'autorité en invoquant John Locke pour essayer de justifier l'imposition de ce cours alors qu'il s'agit d'une pratique réprouvée quand on veut assurer un bon dialogue et un meilleur vivre-ensemble. M. Leroux ne met donc pas en pratique les principes du cours qu'il défend avec ferveur. Tsk tsk.
  2. Contrairement à ce que laisse entendre George Leroux pour qui John Locke aurait été un précurseur du laïcisme québécois, John Locke désirait en premier lieu protéger les Églises de toute ingérence étatique, ce qui n'est évidemment pas le cas pour le cours d'ECR qui verra l'État imposer ce cours de morale et de religion jusqu'aux écoles confessionnelles ne recevant aucune subvention de l'État !
M. Leroux semble utiliser une définition bien étrange de la laïcité. Par laïcité, on entend habituellement le fait que l'État ne se mêle pas de religion, mais considère les religions avec une neutralité bienveillante (à l'inverse du laïcisme plus militant qui cherche à chasser la religion de l'espace public).

Dans le cas de M. Leroux, voilà que l'État laïque impose un cours portant sur les religions et en décide le contenu : quelles religions aborder, avec quelle fréquence, quels figures, fêtes et récits fondateurs mentionner ! C'est pour le moins contradictoire. Enfin, on sait que le Québec est toujours « en avance ».

Remarquons également que la variante de la « laïcité » québécoise mise en œuvre par l'entremise du cours d'éthique et de culture religieuse est sournoise : on y met sur le même pied toutes les religions en prétendant ainsi être neutre alors que l'effet est d'affaiblir les traditions religieuses actuelles du Québec et bien évidemment le catholicisme. Il y a actuellement peu de bouddhistes au Québec, mais il pourrait bien y en avoir plus après ce cours, d'autant plus que ce qu'on décrit comme une philosophie orientale peut sembler peu exigeante.

Ou comme le déclarait le rapport Bouchard-Taylor :
« En exposant les élèves à une pluralité de visions du monde et de modes de vie, l’État démocratique et libéral rend la tâche plus difficile aux groupes qui cherchent à [...] perpétuer un style de vie fondé davantage sur le respect de la tradition que sur l’autonomie individuelle et l’exercice du jugement critique. La neutralité de l’État n’est de ce fait pas intégrale. » (p. 135)
Flatteur « exercice du jugement critique » des jeunes enfants délivrés de la tradition ! En réalité, l'élève — car on parle bien ici d'enfants — ainsi coupé de la tradition familiale religieuse est plus facilement influencé par les modes idéologiques privilégiées par l'école et la société ainsi que les différentes sous-cultures actuelles, dont celles des adolescents et des médias qui leur sont destinés.

Roger Girard cité plus haut conclut sa critique de l'article apologétique de Georges Leroux ainsi :
La prise en charge de l’éducation par l’État comporte évidemment une nouvelle donne bien étrangère à Locke. S’il avait été confronté au défi contemporain de l’enseignement relatif à la religion, il aurait sans doute été séduit par le système français qui dresse une frontière bien claire entre le domaine civil et public et le domaine convictionnel et privé, se limitant à aborder le « fait religieux » au fil des diverses disciplines sans élaborer un programme distinctif à cet égard. Le système belge aurait pu répondre tout autant à ses critères au plan de la pratique de la tolérance, puisque le pouvoir public ne s’engage pas sur un contenu qui, dans la perspective lockienne, ne lui appartient aucunement.

[…]

Il trouverait peut-être alors le futur programme québécois, bien que paré des « meilleurs principes du monde », assez faible au plan du réalisme pédagogique et peu en mesure de répondre aux situations vécues dans les divers milieux.

[…]

Il serait sans doute surpris, lui qui faisait face à de graves intolérances politiques et religieuses, de constater l’emphase mise sur notre contexte de pluralité religieuse pour justifier tout un appareillage qui risque de déformer la réalité sociale et de détourner des enjeux éducatifs plus essentiels. Lui-même formé à la pratique médicale, il devait s’appliquer à approfondir le diagnostic avant de proposer un traitement. En fin de compte, quand on résiste à la tentation d’accorder aux propos de Locke une valeur universelle plutôt désincarnée, il est raisonnable de penser qu’il aurait pu tout autant privilégier notre régime d’options en vigueur depuis quelques décennies et qui, malgré ses difficultés organisationnelles, ne comportaient pas tous les torts dont ses détracteurs l’ont affublé.

mercredi 9 juillet 2008

Colloque « L’éducation chrétienne menacée au Québec : le nouveau cours éthique et culture religieuse »

La revue Égards, Campagne Québec-vie, la paroisse Sainte-Julienne et l’Institut Rocher organisent le 31 juillet un colloque sur le nouveau cours d'éthique et culture religieuse.
Colloque
« L’éducation chrétienne menacée au Québec :
le nouveau cours éthique et culture religieuse »
Église paroissiale Sainte-Julienne
(Diocèse de Joliette)
Jeudi 31 juillet 2008

09 h 00 — Accueil et café à la sacristie de l’église

10 h 00 — Messe en l’honneur de Notre-Dame-des-écoles, patronne des écoles catholiques du Québec (Abbé André Chevalier, curé de la paroisse Sainte-Julienne)

11 h 30 — « Bâtir sur du sable ou les vices cachés du programme d’éthique et de culture religieuse » (Gary Caldwell, sociologue et membre du comité de rédaction de la revue Égards)

12 h 30 — Repas champêtre

14 h 15 — « Une école moderne et ouverte » (Me Michel Pallascio, ancien président de la Commission des écoles catholiques de Montréal)

15 h 00 — « L’école catholique au Québec après le Concile Vatican II » (Luc Gagnon, directeur de la revue Égards et président de Campagne Québec-Vie)

15 h 45 — Pause

16 h 00 — « Un projet d’éducation catholique pour Sainte-Julienne : la fondation d’un centre culturel catholique » (Abbé André Chevalier)

16 h 30 — Discussion et pistes d’action

17 h 00 — Conclusion du colloque



[1] Inscription auprès de la revue Égards par chèque ou par carte de crédit (30 $ - repas inclus) : voir le formulaire.

[2] Possibilité de covoiturage en contactant Égards : Église Sainte-Julienne – 2417, rue Victoria – Sainte-Julienne, Québec – Tél. : 450-831-2321. Sainte-Julienne est située près de Rawdon dans la région de Lanaudière.


(Cliquer sur l'image pour en afficher une version plus grande)

mardi 8 juillet 2008

Terre-Neuve permet l'exemption à son cours de culture religieuse

Extrait d'une entrevue intéressante avec Bonaventure Fagan, président de la Canadian Catholic School Trustees Association, publiée dans l'édition du printemps 2008 de Famille Québec :
« 
Famille Québec : Qu'est-il arrivé dans les écoles publiques de Terre-Neuve depuis l'abolition de la protection constitutionnelle des écoles catholiques ?

— Toutes les écoles publiques sont non confessionnelles. Le Gouvernement a introduit un cours d'éducation religieuse qui couvre l'ensemble des religions, mais qui n'est pas obligatoire dans les écoles indépendantes. Dans les écoles publiques, les parents ont droit à l'exemption, mais peu de parents s'en sont prévalus.

Famille Québec : Comment les enfants ont-ils réagi à l'introduction de ce nouveau cours ?

— Au début, j'avais beaucoup d'appels de parents consternés. Maintenant, je j'en ai presque plus. Cependant les jeunes disent qu'ils n'y apprennent pas vraiment leur christianisme. Ils disent que les contenus des autres religions sont tellement nombreux qu'ils ne réussissent pas à les démêler.

Famille Québec : Quelle est l'opinion de l'Église catholique de Terre-Neuve face à cette situation ?

— Nos pasteurs nous ont appuyés à 100 % lorsque le gouvernement a cherché à nous enlever nos droits constitutionnels.

Malheureusement, ces droits ont été abolis tout de même. Aujourd'hui, les églises tentent de pallier à la situation en offrant dans les paroisses de la catéchèse. Cependant beaucoup de familles ne pratiquent pas et n'ont pas recours à ces cours. C'est encore un grand défi pour les paroisses, dix ans plus tard. Les paroisses manquent de connaissances pédagogiques et de ressources pour satisfaire le besoin d'éducation religieuse de l'ensemble des enfants.
 »

Réponse à une culpabilisation éhontée

Extraits d'une lettre adressée par M. Antoine Malek, président de l'Association de la communauté copte orthodoxe du Grand Montréal, à la ministre de l'Éducation  et reproduite dans l'édition du printemps 2008 de Famille-Québec :
« 

Madame la ministre, les Québécois méritent d'être félicités pour leur vivre-ensemble

Mardi dernier, à l'Assemblée nationale du Québec, et à la question : « Pourquoi la ministre s'entête-t-elle à implanter un cours (le nouveau cours controversé d'éthique et de culture religieuse) dont la majorité des gens ne veulent rien savoir du contenu qui est présenté présentement ?  » posée par l'opposition officielle, madame Courchesne répond :« ...nous devons offrir la possibilité de mieux se comprendre, au Québec, et de comprendre ces nouveaux arrivants... »

Madame la ministre, nous trouvons honteux [nous soulignons] que vous teniez ces propos qui peuvent laisser sous-entendre que les Québécois ne sont pas vraiment capables de bien vivre-ensemble. Nous trouvons honteux [idem] que l'ensemble de voter argumentation puisse culpabiliser les Québécois. Non, madame la ministre, les Québécois méritent d'être félicités pour leur civisme, leur accueil chaleureux et leur savoir vivre ensemble.

Madame la ministre, le Québec est déjà, et depuis fort longtemps, un modèle à suivre, parmi les nations. Plusieurs pays occidentaux étudient ce modèle québécois dans le but de l'appliquer, chez eux. Des milliers d'immigrants venant de pays sous régime totalitaire trouvent en cette terre un havre de paix, de respect et de sécurité qu'ils n'ont jamais imaginé.

[...]

Madame la ministre, je suis un immigrant, fier d'être Canadien et Québécois, fier de le dire et surtout fier de défendre la réputation de cette merveilleuse terre d'accueil. Il me ferait plaisir de vous l'entendre dire, à votre tour. Certes, comme dans toute société, des efforts sont déployés pour s'améliorer, mais l'argument invoqué pour justifier ce cours nous paraît injuste et blessant.

Madame la ministre, quels sont les vrais motifs pour lesquels l'État fait la promotion d'une nouvelle idéologie, celle qui impose aux élèves un cours sans le consentement de leurs parents ? N'utilisez pas le prétexte que les Québécois manquent de compréhension ou de vivre ensemble. S'il vous plaît, n'utilisez pas non plus le fait que les écoles publiques sont non confessionnelles, comme cheval de bataille. Le gouvernement du Québec doit comprendre que si on a enlevé le statut confessionnel aux écoles, on ne devrait pas abolir pour autant le droit d'éduquer dans le respect de sa confessionalité.

Respectueusement,

Antoine Malek
Président de l'Association de la communauté copte orthodoxe du Grand Montréal


 »

mardi 1 juillet 2008

Droits parentaux amoindris — Des parents en furie contre le DPJ

Extraits du Journal Le Jacques-Cartier, Information mensuelle sur la communauté de la MRC La Jacques-Cartier du 7 janvier 2008.

Le rôle du Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) est depuis plusieurs années contesté par nombre de parents et d’associations de citoyens. Du nombre, l’Association pour le respect des droits des enfants, des parents et des grands-parents du Québec (ARDEPGPQ) estime qu’on assiste parfois à un véritable « rapt d’enfants ».

« Depuis la création de l’association, il y a trois ans, les appels reçus proviennent en grande majorité de parents qui sont véritablement en guerre contre le DPJ. C’est David contre Goliath », déplore la présidente de l’ARDEPGPQ, Luce Bouchard. Cette dernière prétend avoir aidé des dizaines de parents qui se sont sentis lésés par le DPJ. Les David semblent nombreux et les plaintes s’accumulent, bien que plusieurs croient que celles-ci sont faites en vain, faute d’une oreille impartiale. L’ARDEPGPQ croit d’ailleurs qu'à l'occasion, le DPJ nuit plus qu’il n’aide au développement des enfants.

Droits parentaux amoindris, plus de droits à l'État

C’est que depuis l'été 2007, l'entrée en force de la Loi 125 a fait en sorte de « simplifier les règles de procédure applicables devant le tribunal, afin d’accélérer le traitement de certains dossiers tout en respectant les droits de l’enfant ». Les droits parentaux, par contre, s’en trouvent amoindris. Le temps qu’ils ont pour se reprendre en main étant écourté par le placement – et l’adoption – plus rapide de l’enfant en famille d’accueil. Et, une fois placé, il semble difficile pour les parents de garder contact avec leur(s) enfant(s)…

Cette Loi 125 [...] provoque néanmoins du mécontentement parmi les parents touchés. Les effets pervers des modifications qu’elle impose sont subis par certains parents dont les enfants sont pris en charge par le Directeur de la protection de la jeunesse. [Le règlement apparent d’un problème a donc eu comme effet d’en faire naître un autre.]

Grande frustration parentale

Outre l'aspect légal, il semble que d’autres éléments concernant les procédures auprès du DPJ amènent des frustrations chez les parents. Plusieurs d’entre ceux dont les enfants sont pris en tutelle critiquent le traitement des plaintes.

« En bout de ligne, on dirait que les plaintes ont pour seul effet de punir les parents, proteste Mme Bouchard. Les plaignants ont souvent l'impression de se retrouver sur une sorte de liste noire. En plus, l’endroit où on dirige nos plaintes importe peu, car ce sont tous des vases communicants. J’ai même reçu un appel d’une femme qui avait déposé une plainte au Protecteur du citoyen. Or, lors de sa rencontre avec celui-ci, à sa grande surprise, l’ombudsman avait invité trois représentants du DPJ pour recevoir la plainte. L’ombudsman couche-t-il dans le même lit que le DPJ ? »

Des parents en ont aussi contre la façon de procéder lorsqu'il y a des documents à signer. Il s'agit de formulaires qualifiés de complexes, qui nécessitent une connaissance approfondie de la législation en matière de droits de l’enfance. « Peu de gens comprennent tous les tenants et aboutissants des papiers qu’ils signent et les conséquences sont parfois graves. Certains parents avancent même qu’ils ont eu à signer des documents qui leur ont été soumis comme étant des copies des documents précédents, alors qu'il n'en était rien. À tel point, continue me Bouchard, que certains avocats suggèrent de ne rien signer provenant de la DPJ sans qu’ils aient eux-mêmes examiné lesdits documents. »

Les témoignages recueillis par QUÉBEC HEBDO concordent sur un point: l’enfant n’est pas consulté sur sa propre volonté de demeurer en famille d’accueil ou de revenir avec sa famille biologique. Selon deux témoignages de parents, le prétexte demeure le même : « ce pourrait être traumatisant pour l’enfant », dit-on auprès du DPJ. Pourtant, le fait d’être séparé de ses parents constitue déjà un stress énorme pour l’enfant.

Avocats de l'aide juridique médiocres ou apparemment complices de la DPJ

Un autre point décrié par les pères et mères qui livrent bataille contre le Directeur de la protection de la jeunesse est le manque d’efficacité des avocats de l’aide juridique dans ce genre de cause. De l'avis de la présidente de l’ARDEPGPQ, « ils donnent souvent l'apparence de se faire complices du DPJ. On reste sur l'impression que les avocats de l’aide juridique acceptent plusieurs mandats sans grande conviction, mais parce qu'au volume cela rapporte ». Certains parents désabusés avancent même que « les causes se règlent la plupart du temps dans les corridors ».

France — Les parents se méfient de plus en plus de l'Éducation nationale

Le médiateur de l'Éducation nationale présentait ce 1er juillet son rapport d'activité 2007 :

Depuis 2 ans, on remarque une saisine plus importante des usagers, c'est-à-dire des parents, des élèves ou des étudiants. Souvent, ils remettent en cause une décision d'orientation, une notation, la manière dont s'est passé un examen... En revanche, les personnels de l'Éducation nationale, qui peuvent par exemple contester une affectation ou un barème de points, font de moins en moins appel au médiateur.

Cette augmentation des saisines des parents serait due, dans un premier, temps à une meilleure connaissance du médiateur, qui était très peu connu auparavant. Mais c'est aussi un phénomène de société. Les gens ne veulent plus être passifs, ils veulent comprendre, prendre part à l'éducation de leur enfant au sein des établissements scolaires, qu'on leur explique les décisions concernant leur enfant. Les parents ont aussi une plus grande méfiance envers l'Éducation nationale.

lundi 30 juin 2008

Soirée d’information sur le cours d'ECR à Farnham, le lundi 7 juillet

Le lundi 7 juillet 2008

Soirée d’information à Farnham

sur le cours d’éthique et culture religieuse et « ses conséquences sur vos enfants »
19 h au sous-sol de l’église St-Romuald,
rue Yamaska, Farnham
Entrée gratuite.

Parents de toutes convictions, c’est à vous de décider le type d’enseignement religieux que vos enfants recevront à l’école et NON à l’État de décider pour vous.

Conférenciers

— Mme Marie-Josée Croteau, sociologue, présidente de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) ;

— M. Sylvain Lamontagne, parent membre de la CLÉ ;

— Me Jean-Yves Côté, avocat et co-concepteur du formulaire d'exemption ;

— Ainsi que des enseignants qui ont suivi la formation pour ce cours.

Le cardinal Ouellet sur le cours d'éthique et de culture religieuse

Le cardinal Ouellet s'exprimait récemment dans une entrevue accordée au journal La Croix au sujet du cours d'éthique et de culture religieuse qui sera imposé par le Monopole de l'Éducation à tous les élèves du Québec en septembre 2008.

— Quelles sont ces difficultés de l'Église que vous évoquez ?
— Depuis quarante ans, la vie religieuse au Québec a beaucoup changé. 80 % des Québécois pratiquaient, ils sont aujourd'hui de 5 à 10 %. L'enseignement religieux a été complètement éliminé. À partir de septembre prochain, l'État impose son cours d'éthique et de culture religieuse dans toutes les écoles, y compris catholiques. C'est une situation complètement nouvelle.

— Ne vaut-il pas mieux une culture religieuse pour tous, plutôt que rien ?
— Dans le respect de l'histoire et de l'identité collective, il aurait pu y avoir un autre système, davantage en continuité avec notre tradition : par exemple un enseignement de culture religieuse biblique et historique, au lieu de ce cours d'éthique et de culture où l'on enseigne sept ou huit religions. Un tel enseignement, de plus, ne porte aucun jugement et exige une absolue neutralité des professeurs, ce qui est à mon sens impossible.

— Pourquoi, alors, ne pas renouveler la catéchèse ?
— De grands efforts sont faits dans les paroisses pour cela, mais dans le contexte québécois, nous n'atteignons qu'une très petite minorité, parce que nous n'avons pas la culture de l'école du dimanche. Nous allons devoir sans doute la créer. La situation est différente dans le reste du Canada : en Ontario, province voisine de tradition protestante, il existe un système public financé par l'État, alors que chez nous, tout a été évacué.

vendredi 27 juin 2008

Novlangue et droit d'objection de conscience des enseignants

L'article 20 de la Loi sur l'instruction publique du Québec se lisait comme suit :

Liberté de conscience.

20. L'enseignant a le droit de refuser de dispenser l'enseignement moral et religieux d'une confession pour motif de liberté de conscience.

Mesure disciplinaire.

Il ne peut se voir imposer un congédiement, une suspension ou toute autre mesure disciplinaire parce qu'il a exercé ce droit.

Cet article a été abrogé par le projet de loi no 95 de 2005 qui déconfessionnalisait l'enseignement public.

Aujourd'hui, plus de dispense. En effet, comment un enseignant pourrait-il s'opposer à ce que l'État décrète être la neutralité et un projet important pour le Québec du XXIe siècle ? À savoir le cours obligatoire d'Éthique et de culture religieuse.

Plus de dispense, mais un accompagnement des enseignants qui ne se sentent pas prêts à enseigner cette matière, pierre angulaire d'un Québec « interculturel » pour reprendre la terminologie du rapport Bouchard-Taylor.

Voyez cette résolution émanant de la Commission scolaire de Montréal (extrait du procès-verbal de la séance extraordinaire du conseil des commissaires de la Commission tenue le 25 juin 2008), réunion à laquelle ne furent discutées que les demandes d'exemption au cours d'ECR et dans l'argumentaire desquelles était mentionné l'article 20 abrogé et où figuraient des témoignages d'enseignants qui dénoncent le cours d'ECR.

II est unanimement RÉSOLU :

de MANDATER la direction générale de vérifier si tous les enseignants se sentent suffisamment outillés et d'offrir du soutien aux enseignants qui ne se sentiraient pas prêts à enseigner cette matière;

Explosion du nombre d'écoles sans subvention, la ministre Courchesne se dit inquiète

Le nombre d’établissements scolaires qui ne reçoivent aucune subvention explose au Québec, une situation qui inquiète la ministre du Monopole, Mme Michelle Courchesne. Le Québec comptait 78 écoles non subventionnées il y a trois ans. Ce chiffre s’est élevé à 100 établissements pour l’année scolaire 2007-2008, soit une augmentation de 28 %.

Ces institutions diffèrent des écoles privées habituelles dont près de 60 % du financement est constitué de subventions gouvernementales alors que ces écoles ne vivent que des contributions payées par les parents ou des mécènes.

De plus en plus de parents sont prêts à se serrer la ceinture pour envoyer leurs enfants dans ces écoles où les frais d’inscription s’élèvent parfois à 18 000 $ l’an.

Promouvoir le secteur public

Selon la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, il y a « beaucoup » d’écoles privées non subventionnées. Selon le Journal de Montréal du 16 juin, Mme Courchesne croit qu’il y a un « travail à faire » pour promouvoir le réseau scolaire public.

Que faut-il comprendre par « promouvoir » ou « mettre en valeur » ? S’agira-t-il d’une autre campagne de communication gouvernementale payée par les contribuables pour les convaincre qu’ils se trompent comme c’est dans le cas pour le cours d’ECR ? Selon certaines indications, dans le cas de ce programme controversé, le Monopole a décidé de consacrer plusieurs millions de dollars à la promotion de ce programme imposé à tous les élèves malgré l’opposition de nombreux parents. Le Monopole a, en effet, produit un court métrage idyllique sur ce cours relativiste, organise de nombreuses réunions publiques aux frais des contribuables pour convaincre ceux-ci, la ministre devrait également écrire à tous les parents afin de les informer de ce que le Monopole a décidé d’imposer à leur enfant[1], et cela avec leurs sous.

« Pouvoirs limités » du Monopole selon le Journal de Montréal

Selon le journaliste du Journal de Montréal,
« la ministre de l'Éducation dispose de pouvoirs très limités pour accepter ou refuser d'émettre un permis à un nouvel établissement 100 % privé. En vertu de la Loi sur l'enseignement privé (LEP), la ministre doit délivrer l'autorisation dès que l'établissement démontre qu'il possède les ressources humaines et matérielles requises et adéquates, les ressources financières suffisantes, et que le régime pédagogique sera respecté. »

C’est nettement plus que ce que de nombreuses provinces imposent.

C’est d’ailleurs pourquoi les écoles mennonites conservatrices n’ont pas été déclarées « illégales » dans ces provinces contrairement à celle de Roxton Falls au Québec. Rappelons que le régime pédagogique du Québec impose le cours d’ECR ainsi que le très politiquement correct nouveau cours d’histoire et d’éducation à la citoyenneté.

On ne comprend donc pas trop bien ce que semble regretter le Journal de Montréal. De quels pouvoirs devrait encore disposer le Monopole de l’Éducation alors qu’il peut imposer le contenu d’une grande partie des matières enseignées entièrement aux frais des parents ? Faut-il comprendre que M. Jean-Philippe Pineault, auteur de cet article, regrette l’existence même des écoles non subventionnées ?

Crainte de la multiplication des écoles confessionnelles non subventionnées

Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron, dit craindre la multiplication d'écoles totalement privées à saveur religieuse. « On peut se poser des questions sur la qualité de l'enseignement qui y est dispensé », dit-il.

Comme si les écoles religieuses enseignaient par définition mal. Dire qu’à une époque les écoles jésuites étaient considérées comme d’excellentes écoles…

« Qualité de l’enseignement » des écoles confessionnelles non subventionnées

Mais peut-être le manque de qualité concerne-t-il la transmission de valeurs « modernes » ?

C’est ainsi que l’ancien ministre de l'Éducation Fournier déclarait en novembre 2006 à l’Assemblée nationale de Québec, lors du débat sur les écoles que Québec avait déclarées illégales, que la raison pour laquelle il ne fallait « pas perdre » les enfants de ces écoles — comme si ces enfants appartenaient à l’État — était qu’il fallait s’assurer que ces enfants partagent les valeurs de la société québécoise : « il est important pour [ces enfants] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde. » Pardon ? De partager les valeurs québécoises qu'ils ne connaîtraient pas sans aller aux écoles publiques et subir leur interprétation du programme officiel ?

Cette même volonté d’imposer à tous les enfants sans la moindre exception les « valeurs » décidées par le Ministère de l’Éducation, ses experts cooptés habituels dont on connaît les sensibilités « modernes » a d’ailleurs poussé Mme Malavoy du Parti québécois et M. Michel David du Devoir, deux phares du correctivisme politique, d’appeler à l’interdiction des écoles confessionnelles. Il faut, selon eux, interdire ces écoles confessionnelles qui ont le vent en poupe, car elles permettent, dans une certaine mesure grâce à des cours complémentaires et un personnel sélectionné par leurs soins, de transmettre des valeurs autres que celles décidées par le Monopole et prônées dans ses programmes obligatoires d’Éthique et de culture religieuse ou d’Histoire et d’éducation à la citoyenneté.

Pour 84 % des Québécois, le privé est une bonne chose

Cet appel à la suppression du secteur privé confessionnel apparaît alors que 84 % des répondants dans un sondage de 2005 de Léger Marketing affirmaient que la présence des deux réseaux d’enseignement est un avantage pour les parents qui ont le choix d’envoyer leur enfant [1] dans l’un ou l’autre. Donc, aux yeux de la population, les écoles privées conservent leur raison d’être parce qu’elles permettent aux parents de faire un choix en ce qui a trait à l’éducation de leur progéniture.


[1] Il est plus prudent d’utiliser le singulier quand on parle du nombre d’enfants des couples québécois, surtout ceux des Québécois francophones nés au Québec qui sont parmi les bas parmi les Québécois.